À peine entré en poste, le directeur général de l’Hôpital Notre-Dame de Hearst a quitté ses fonctions, quelques jours après que sa nomination a été décriée en raison de son unilinguisme anglophone.
Sarvesh Mohan « a démissionné de ses fonctions, à compter de maintenant », a indiqué par voie de communiqué, mardi, le conseil d’administration de cet établissement du Nord de l’Ontario.
« Nous lui sommes profondément reconnaissants pour son dévouement, son leadership et sa contribution à notre hôpital au cours de son passage. Nous le remercions sincèrement pour son service et lui souhaitons tout le meilleur pour l’avenir », ajoute l’hôpital.
Sarvesh Mohan avait été embauché en juillet à titre de directeur général par cette institution désignée en vertu de la Loi sur les services en français, qui sert une clientèle en majorité francophone. Originaire de l’Inde et arrivé en provenance de Cornwall, ce dernier ne parle pas français et avait pris ses fonctions à la mi-août.
L’absence d’un gestionnaire francophone à la tête de l’établissement de santé avait suscité de vives inquiétudes dans cette municipalité du Nord, composée à plus de 90 % de francophones.
« La capacité de l’hôpital à offrir des services en français est une responsabilité organisationnelle permanente qui ne dépend pas de la langue parlée par un seul membre de l’équipe de direction », s’était défendue la direction de l’Hôpital Notre-Dame au cours des derniers jours.
Des membres de la communauté avaient notamment interpellé le conseil d’administration.
« C’est une véritable gifle pour notre communauté », avait déploré à titre personnel le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Fabien Hébert, qui habite à Hearst et qui a travaillé au sein de l’institution il y a une trentaine d’années.
« C’est venu résonner dans ma fibre francophone de savoir qu’une institution comme Notre-Dame, qui est vraiment une institution phare au niveau du nord de l’Ontario, au niveau de la francophonie, se retrouve maintenant avec une direction générale anglophone », jugeait-il.
MISSISSAUGA – Ils ne sont encore que 90, mais pourraient rapidement être beaucoup plus nombreux. L’École élémentaire catholique Sainte-Kateri-Tekakwitha a accueilli mardi ses tout premiers élèves à Mississauga. Derrière cette nouvelle école de près de 300 places se dessine une francophonie du Grand Toronto en croissance, mais aussi de plus en plus diverse dans ses origines et ses parcours.
Tout est à construire à Sainte-Kateri-Tekakwitha : les traditions, les habitudes et surtout une nouvelle communauté scolaire.
Pour Vicky Marcotte, qui en prend la direction, cette première rentrée concrétise un rêve : « C’était mon rêve, dans le milieu de l’éducation, de lancer une école. C’est un établissement que les gens attendaient, que les gens voulaient. »
Son principe tient en une phrase : « Faisons l’école pour les enfants, plutôt que de demander aux enfants de venir dans notre école. »
90 élèves et d’autres inscriptions en cours
Pour cette première rentrée, 90 élèves sont inscrits, dont 27 en maternelle-jardin. L’école accueille les enfants jusqu’à la 6e année et dispose d’une capacité de près de 300 places.
Un démarrage loin de la capacité maximale qui n’inquiète pas Vicky Marcotte. La directrice dit avoir déjà vu une autre école passer d’une centaine à environ 400 élèves en quatre ans. À Sainte-Kateri-Tekakwitha, une quarantaine de dossiers d’inscription sont actuellement en cours de traitement.
Vicky Marcotte prend la direction de la nouvelle École élémentaire catholique Sainte-Kateri-Tekakwitha après avoir notamment dirigé celles de Saint-Jean-Baptiste et Sainte-Famille. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Le mouvement était encore visible le jour de la rentrée. Au cours de l’entrevue avec ONFR, la directrice a désigné deux parents présents au bureau pour procéder à des inscriptions, une situation fréquente, selon elle, durant la première semaine de classe.
L’établissement devient la quatrième école élémentaire de langue française du Conseil scolaire catholique MonAvenir à Mississauga. Plus de 16 000 élèves font cette année leur rentrée dans les 62 écoles du conseil. Le gouvernement ontarien a investi 21 millions de dollars dans la construction de la nouvelle école, selon la ministre des Affaires francophones, Natalia Kusendova-Bashta, présente sur place pour ce premier jour.
Une francophonie aux multiples visages
Les 90 premiers élèves ne viennent pas tous du même horizon. Certains fréquentaient déjà une école francophone de Mississauga, tandis que d’autres font leurs premiers pas dans le système de langue française. Plusieurs sont issus de l’immigration.
« La francophonie est partout », lance Mme Marcotte, qui évoque des élèves aux racines africaines, suisses, belges, libanaises, égyptiennes, françaises ou québécoises. Elle raconte aussi le parcours d’une famille originaire de Chine qui, depuis l’annonce de l’ouverture de l’école, suit des cours intensifs de français afin de rejoindre cette communauté scolaire.
La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Natalia Kusendova-Bashta, le député provincial de Mississauga-Erin Mills, Sheref Sabawy, et la directrice Vicky Marcotte (à droite) devant l’École élémentaire catholique Sainte-Kateri-Tekakwitha. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Une diversité également remarquée par Mme Kusendova-Bashta. « Je pense que le visage de notre francophonie ontarienne évolue constamment », observe la ministre, elle-même immigrante.
« Ce que nous avons en commun, c’est notre amour de la langue française et notre volonté d’éduquer nos enfants en français », résume-t-elle.
Le respect pour faire communauté
À cette diversité, l’école veut donner un socle commun, autour de la langue mais également des valeurs chrétiennes. La première que Mme Marcotte souhaite transmettre est le respect. « Ça s’applique à toutes les situations. Tu te respectes toi-même. Tu respectes les autres, peu importe qui tu rencontres dans l’école ou dans la rue. Tu respectes ton environnement. »
Elle y associe l’inclusion et l’entraide : « Nous devons être des modèles francophones et catholiques ici à l’école. »
Un choix partagé par Dominique Felesta, dont la fille fait son entrée en maternelle. Elle-même scolarisée en français, elle souhaite transmettre à son enfant la langue et sa foi. « Je veux qu’elle garde sa foi catholique. Ça donne de bonnes bases, de bonnes fondations », confie-t-elle.
Les élèves de maternelle font leur toute première entrée en classe à Sainte-Kateri-Tekakwitha. Parmi eux, la fille de Dominique Felesta. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Le français à trois minutes de la maison
Pour cette mère, l’ouverture répond aussi à une réalité concrète : Sainte-Kateri-Tekakwitha se trouve à trois minutes de chez elle, contre une quinzaine de minutes pour l’autre école francophone qu’elle envisageait.
« C’est une école catholique et française, évidemment. Moi aussi, j’ai fait toute ma scolarité dans des écoles francophones, alors j’ai décidé de faire le même choix pour ma fille », raconte-t-elle.
La proximité du français commence même avant la maternelle. L’école comprend un service de garde francophone de 73 places, déjà à pleine capacité selon la directrice. « Maintenant, les parents peuvent inscrire leur enfant dès le départ dans une garderie francophone. Ils vont poursuivre ici, puis ensuite à l’École secondaire Sainte-Famille », souligne Vicky Marcotte, qui aurait elle-même aimé avoir accès à un tel service lorsque ses enfants étaient plus jeunes.
Une école qui s’adapte aux enfants
La philosophie de la directrice se traduit aussi dans les salles de classe. Elles proposent plusieurs types de tables et de sièges ajustables, des tapis et des coussins, permettant de travailler assis, debout, seul ou en groupe.
« Peu importe la façon dont tu as besoin d’apprendre, tant que tu apprends, c’est ça le but de l’école », résume Vicky Marcotte. Enfant, ses bulletins soulignaient régulièrement qu’elle avait « la bougeotte », une caractéristique qu’elle considère aujourd’hui comme une force.
Intégrée à la nouvelle école, la garderie francophone de 73 places comprend des espaces pour les poupons, les bambins et les enfants d’âge préscolaire. Déjà à pleine capacité pour cette rentrée, elle permet aux familles d’amorcer un parcours éducatif en français avant même l’entrée à la maternelle. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Chaque élève dispose également d’un Chromebook, même si la directrice insiste : le numérique n’est pas « l’outil principal ».
Cette rentrée coïncide justement avec l’entrée en vigueur du nouveau programme-cadre ontarien de maternelle-jardin. Ancienne enseignante en littératie, Vicky Marcotte apprécie particulièrement le renforcement des apprentissages fondamentaux en français et en mathématiques.
« Ça aide les enseignants, ça les oriente », explique-t-elle à propos du nouveau continuum d’apprentissage, qui doit permettre de mieux déterminer ce qu’un enfant doit maîtriser avant de passer à l’étape suivante.
D’élève à enseignante
Cette première rentrée marque aussi un commencement pour Chloé Wilton. Sainte-Kateri-Tekakwitha représente son premier poste permanent au sein de MonAvenir, un réseau qu’elle connaît depuis l’enfance : elle a fréquenté Ange-Gabriel puis Sainte-Famille.
Chloé Wilton effectue sa première rentrée comme enseignante permanente au sein de MonAvenir. Ancienne élève d’Ange-Gabriel et de Sainte-Famille, école également dirigée par le passé par Vicky Marcotte, elle retrouve aujourd’hui cette dernière pour participer aux débuts de Sainte-Kateri-Tekakwitha. Photo : Mickael Laviolle
L’ancienne élève veut désormais transmettre à son tour cet attachement à la langue. « J’ai toujours eu un grand amour pour la francophonie et j’essaie vraiment de transmettre cet amour aux élèves », explique-t-elle. Pour y parvenir, elle compte notamment utiliser la musique francophone actuelle et faire découvrir des athlètes ou artistes francophones issus du conseil.
Une façon de donner des modèles à cette première génération d’élèves qui commence désormais à écrire l’histoire d’une nouvelle communauté scolaire francophone à Mississauga.
OTTAWA – À la fin de sa sixième année, Sophie avait un niveau de lecture correspondant à celui d’une élève de première année. Aujourd’hui âgée de 13 ans, l’adolescente atteinte de dyslexie sévère reçoit un soutien intensif au Consortium Centre Jules-Léger. Son parcours illustre les difficultés d’accès à l’orthophonie en français, un constat que partage Theresa Patenaude, orthophoniste bilingue à Ottawa.
« Il n’y a pas beaucoup d’orthophonistes francophones et, lorsqu’on en trouve, les services sont très dispendieux », raconte Tanya Lachapelle, la mère de Sophie.
« Quand Sophie a terminé sa sixième année, elle a été considérée comme analphabète, puisque son niveau de lecture correspondait à celui d’une élève de première année », poursuit-elle. Pour rattraper son retard, l’adolescente suivait au privé des séances de 45 minutes toutes les deux semaines. « J’ai des assurances, mais elles couvrent seulement 450 $. Après trois ou quatre séances, toute la couverture est déjà épuisée. C’est donc très coûteux, mais je n’avais pas le choix », confie sa mère.
Tanya Lachapelle, mère de Sophie, déplore le manque de services d’orthophonie en français et leur coût élevé dans le secteur privé. Photo : Amine Harmach/ONFR
Tanya Lachapelle affirme aussi avoir dû patienter sur une liste d’attente et multiplier les appels avant de trouver une professionnelle francophone avec laquelle sa fille se sentait en confiance.
Une liste d’attente trop longue
Theresa Patenaude confirme la forte demande pour les services en français, particulièrement dans le domaine de la lecture et de l’écriture.
« Ma liste d’attente était devenue si longue que j’ai dû la fermer. Cela me causait beaucoup de stress de savoir que tant de personnes attendaient », témoigne-t-elle.
Après avoir travaillé pendant huit ans dans un conseil scolaire anglophone, Theresa Patenaude a ouvert sa pratique privée en 2022.
« Au départ, je n’annonçais même pas que j’offrais des services en français. Lorsque j’ai mentionné une seule fois, dans un groupe professionnel, que j’offrais des services en français, le bouche-à-oreille s’est fait très rapidement. »
Lorsqu’elle a commencé à refuser des demandes, elle n’a trouvé que peu d’orthophonistes en littératie acceptant de nouveaux clients, particulièrement en français.
Des services qui varient selon l’âge
L’organisation des services destinés aux enfants d’âge scolaire varie d’un conseil scolaire à l’autre, explique l’orthophoniste.
« Les services ne sont donc pas les mêmes partout. Ils dépendent des décisions du conseil scolaire et du nombre d’orthophonistes disponibles », résume Theresa Patenaude.
Tanya Lachapelle affirme que le conseil scolaire de sa fille ne comptait que deux ou trois orthophonistes et concentrait surtout ses interventions sur les élèves de première et de deuxième année.
Theresa Patenaude, orthophoniste bilingue à Ottawa. Photo : gracieuseté
« Plus les enfants avancent dans leur parcours scolaire, plus ils perdent l’accès aux services. Pourtant, en sixième année, un enfant ne devrait pas avoir un niveau de lecture de première année », soutient-elle.
Sophie fréquentait une école francophone catholique. Devant l’ampleur de son retard, sa mère s’inquiétait de la voir poursuivre ses études secondaires sans soutien supplémentaire. Selon elle, aucune classe adaptée au profil de sa fille ne lui avait été proposée au sein de son conseil scolaire.
« La seule possibilité présentée aurait été d’accueillir Sophie comme élève invitée dans une classe destinée aux enfants autistes, même si elle n’est pas autiste », explique sa mère.
La famille avait également demandé si Sophie pouvait intégrer une classe destinée aux nouveaux arrivants, où les élèves ne parlant pas français bénéficient de davantage de ressources pour rattraper leur retard. L’école avait refusé.
« Je me demandais alors comment expliquer qu’une enfant ayant toujours fréquenté le système francophone, mais considérée comme analphabète, ne puisse pas recevoir un soutien semblable à celui d’un nouvel arrivant ayant le même niveau de lecture », confie Tanya Lachapelle. Elle reconnaît que cette comparaison est « délicate et très politique », mais précise que cette réflexion venait de sa fille aînée, alors âgée d’environ 15 ans.
La pandémie aurait aussi aggravé les difficultés de Sophie, qui était en première année au début de la COVID-19. Sa mère estime que l’enseignement en ligne lui a fait perdre de nombreux acquis.
Le Consortium Centre Jules-Léger, un tournant
Sophie vient d’entreprendre sa deuxième année au Consortium Centre Jules-Léger. Des orthophonistes y sont présents chaque jour et les classes comptent au maximum huit élèves.
Les progrès ont été rapides. En une année, l’adolescente est passée d’un niveau de lecture de première année à celui de quatrième année.
« Elle n’a pas encore le niveau attendu en huitième année et ne peut pas lire un roman, mais elle est maintenant capable de lire des instructions et elle essaie davantage de lire », se réjouit sa mère.
Créer des ressources en français
Theresa Patenaude dit avoir elle-même éprouvé de la difficulté à trouver des ressources concrètes, structurées et complètes en français.
Selon elle, les écoles ne disposent pas nécessairement des outils requis pour accompagner les élèves francophones éprouvant des difficultés en littératie.
« Les parents ne savent alors pas toujours vers qui se tourner ou doivent utiliser des programmes en anglais, puisque les ressources y sont beaucoup plus nombreuses. »
L’orthophoniste a ainsi commencé à créer ses propres outils, dont une application appelée Super Secret Code, ou Code Super Secret en français. Offert gratuitement pendant sa phase pilote, ce programme bilingue s’adresse d’abord aux lecteurs débutants et aux enfants éprouvant d’importantes difficultés.
Capture d’écran de l’application Code Super Secret. Photo : gracieuseté
Selon Theresa Patenaude, environ 120 personnes utilisent déjà l’application, offerte depuis le début du mois de juin seulement.
« Une application ne réglera donc pas tous les problèmes, mais c’est la contribution que je peux apporter dans un système complexe », conclut-elle.
OTTAWA – Un an après le début de ses activités, le Centre de planification des services de santé en français de l’Ontario amorce l’élaboration de son premier plan stratégique provincial 2028-2031, qui sera lancé à l’automne 2027. À cet effet, un comité consultatif de 34 membres tiendra sa première rencontre le 9 septembre. Cette nouvelle étape survient alors que deux organismes ont obtenu une désignation en vertu de la Loi sur les services en français.
« Notre premier plan stratégique sera lancé à l’automne 2027 et s’étalera sur quatre ans. Nous avons choisi cette durée en raison de la nouveauté du Centre, de l’évolution rapide du système de santé et des améliorations nécessaires pour les services en français », explique Natalie Aubin, directrice générale du Centre.
Un comité de 34 membres
Le comité, dont le mandat s’étendra de septembre 2026 à septembre 2027, réunira des représentants des communautés francophones, du secteur de la santé, du milieu universitaire et de la recherche ainsi que des patients-partenaires provenant des six régions de planification.
« Nous avons mené un processus de recrutement transparent au cours des derniers mois. Les membres retenus proviennent de différents secteurs de la santé et représentent les six régions de planification de la province », indique Natalie Aubin.
Bien que les grandes orientations du plan restent à définir, certaines priorités se dessinent déjà, selon Mme Aubin, notamment les soins primaires, la santé mentale et les soins de longue durée.
« J’ai surtout hâte d’entendre la voix des francophones de partout dans la province. Nous devons nous assurer que le plan est ancré dans leurs besoins et leur réalité. Le Centre possède une expertise, mais il faut aussi donner aux communautés et aux fournisseurs de soins l’espace nécessaire pour participer au développement du plan et de nos priorités », souligne Natalie Aubin.
Elle résume la première année du Centre comme une période consacrée au développement et à la stabilisation de la nouvelle structure provinciale.
« Cette année sera celle de la mobilisation et d’une action plus soutenue axée sur les résultats. Le Centre est encore très jeune, mais j’ai confiance que des bases solides sont maintenant en place. »
Le Centre compte une trentaine d’employés répartis dans les six régions de planification de l’Ontario.
Natalie Aubin, directrice générale du Centre de planification des services de santé en français de l’Ontario. Photo : gracieuseté
« Le budget annuel du Centre est de 3,85 millions de dollars et demeure stable pour le moment. J’espère qu’il pourra croître un jour », fait remarquer Mme Aubin.
Deux nouvelles désignations
L’appui offert par le centre aux fournisseurs dans les démarches de désignation a contribué à l’approbation de deux nouvelles désignations de service en Français.
Le Centre d’accueil Champlain, à Ottawa, a reçu une désignation complète pour les programmes relevant du ministère des Soins de longue durée. L’Hôpital régional de Pembroke a, pour sa part, obtenu une désignation partielle visant son service de radiologie au sein du département d’imagerie diagnostique.
Aussi depuis sa création, le Centre a pris part à plus d’une centaine de rencontres stratégiques, notamment avec le ministère de la Santé, le ministère des Affaires francophones, le ministère des Soins de longue durée et d’autres partenaires.
« Nous avons établi des relations de confiance solides qui serviront de base pour faire avancer la mission du Centre », affirme Mme Aubin.
Dans le cadre de ces échanges, le Centre dit avoir transmis, formellement ou informellement, des recommandations et des observations dans 11 dossiers jugés prioritaires au cours des 12 derniers mois.
La directrice générale donne comme exemple le développement d’un système centralisé d’accès aux soins. Selon elle, la variable linguistique permettant d’identifier les patients francophones n’avait pas été prévue au départ.
« Nous avons travaillé avec Santé Ontario pour nous assurer que la variable linguistique soit inscrite », affirme-t-elle.
Des résultats encore difficiles à mesurer
La directrice générale reconnaît néanmoins que les données permettant d’évaluer l’accès réel aux services de santé en français demeurent insuffisantes.
« La mesure, les données et leur disponibilité pour évaluer l’impact des services de santé en français demeurent une véritable problématique. Nous avons encore énormément de travail à faire », concède-t-elle.
Selon Natalie Aubin, les indicateurs de rendement linguistiques ne sont pas encore systématiquement intégrés aux différents secteurs du système de santé. Le Centre travaille avec Santé Ontario afin de rendre les résultats plus visibles et d’accroître la transparence, mais sa directrice générale qualifie ces pratiques d’encore « très embryonnaires ».
Une transition « trop rapide »
La création du Centre a entraîné la dissolution des six entités régionales de planification. Leur financement provincial, leur mandat et une grande partie de leurs effectifs ont été transférés à la nouvelle structure.
Jonathan Bussières, directeur général par intérim du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario. Photo :
Jonathan Bussières, directeur général par intérim du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario, estime que cette transition s’est déroulée dans un délai particulièrement serré.
« Les entités n’ont pas participé aux discussions et l’échéancier a été très court. L’annonce a été faite en juin 2025 et la transition devait être réalisée entre juin et septembre (2025). Dans ces conditions, ça ne pouvait pas être facile », témoigne-t-il.
Le Réseau du mieux-être, qui assumait auparavant un double mandat provincial et fédéral, comptait jusqu’à 12 employés. Il fonctionne maintenant avec l’équivalent de trois employés et demi après le transfert de la majorité de son personnel au Centre.
« Cela a un impact important sur notre organisme », reconnaît Jonathan Bussières.
« Après un an de travail avec nos collègues du Centre, je suis optimiste. Mais ce n’est pas un organisme seul qui changera les choses. Il faut la collaboration de plusieurs acteurs », souligne Jonathan Bussières.
« Trop tôt » pour juger
Normand Glaude, directeur général du Réseau des services de santé en français de l’Est de l’Ontario, juge lui aussi prématuré d’évaluer le Centre uniquement à partir des résultats déjà visibles.
Glaude Normand, président-directeur général du Réseau des services de santé en français de l’est de l’Ontario (RSSFE).
« Je pense que c’est trop tôt pour le dire, mais les signaux sont positifs. Il semble y avoir une meilleure conversation entre le Centre et le ministère dans plusieurs domaines, ce qui me laisse croire que cette nouvelle formule pourrait porter de bons fruits », soutient-il.
Et de conclure : « Il y a un espoir renouvelé d’avoir un dialogue constructif avec la province. Les résultats ne sont peut-être pas encore visibles, mais l’énergie est revenue. »
TORONTO – Arrivée au Canada dans un premier temps pour étudier l’économie à HEC Montréal, Estelle Chen s’est finalement imposée comme l’une des figures de la tech francophone à Toronto. Cofondatrice et présidente de French Tech Toronto, elle a bâti des passerelles entre la France et le Canada, mais aussi entre la finance, la technologie et différentes cultures. Pianiste, cadre dans le secteur bancaire et engagée dans la communauté francophone, elle revient pour ONFR sur un parcours guidé par une conviction : les rencontres humaines peuvent faire naître les plus grandes opportunités.
« Vous avez grandi entre la France et la Chine avant de venir au Canada. À quoi ressemblait la jeune Estelle?
La jeune Estelle ne connaissait absolument rien à la tech. J’étais avant tout une artiste, une pianiste. J’ai commencé le piano à quatre ans avec un rêve : jouer mon premier concerto avant mes 15 ans. J’ai joué le premier concerto de Chopin à l’âge de 12 ans, puis, quelques années plus tard, le deuxième de Rachmaninov. C’était mon rêve, et je suis allée jusqu’au bout. J’ai également remporté, plusieurs années d’affilée, le Grand Concours International de Piano, qui se tient chaque année en France.
J’ai assez rapidement compris que je n’en ferais probablement pas une carrière, mais la musique est devenue une force. Elle m’a donné une certaine sensibilité, une capacité à lire une salle et à comprendre les gens qui m’accompagne encore aujourd’hui.
Bien avant la tech, le piano a été la première passion d’Estelle Chen. Photo : gracieuseté
Bien avant la tech, le piano a été la première passion d’Estelle Chen. Photo : gracieuseté
Bien avant la tech, le piano a été la première passion d’Estelle Chen. Photo : gracieuseté
Bien avant la tech, le piano a été la première passion d’Estelle Chen. Photo : gracieuseté
Vous êtes arrivée au Canada sans véritable plan de carrière. Comment vous êtes-vous construit une place?
À l’époque, je voulais étudier l’économie. Après une première année de classe préparatoire en France, j’ai eu l’occasion de rejoindre HEC Montréal. Un ami de ma mère m’avait parlé de cette possibilité et de l’aventure nord-américaine. Je me suis dit : pourquoi pas?
Je suis donc arrivée à Montréal en décembre 2008, sans savoir exactement où cette aventure allait me mener. J’ai très vite compris l’importance du réseau et je me suis impliquée comme bénévole, notamment comme pianiste lors d’événements caritatifs.
A la fin de mes études, je partais pratiquement de zéro : j’ai donné des cours de chinois et de piano, travaillé dans un restaurant quatre étoiles et couru après les chasseurs de tête pour obtenir ma première chance. Quand ta valise est encore légère, tu commences avec ce que tu as et tu construis la suite.
Comment la technologie est-elle finalement entrée dans votre parcours?
J’ai finalement mis le pied dans la porte, puis travaillé en finance. En 2016, j’ai rejoint une entreprise de technologies propres qui transforme des déchets non recyclables en biocarburant. C’est là que la tech est entrée dans ma vie.
J’ai commencé à faire le pont entre la finance et la technologie. Avec le recul, c’est devenu le fil conducteur de ma carrière : travailler à l’intersection de mondes qui ne parlent pas toujours le même langage.
Votre parcours est marqué par plusieurs cultures. En quoi cette diversité est-elle devenue une force?
Je suis née à Paris de parents chinois et, à huit mois à peine, je suis partie vivre en Chine. Mes parents tenaient à ce que je grandisse immergée dans la culture chinoise, que j’en parle la langue, tout en grandissant dans le système français. J’ai donc grandi entre ces deux univers et été scolarisée au Lycée Français de Pékin.
Aujourd’hui, je me sens plutôt franco-canadienne. Être à cheval entre plusieurs cultures m’a appris à naviguer entre elles et à faire le lien entre des personnes et des univers qui ne se comprennent pas toujours spontanément. C’est très utile lorsque j’accompagne, par exemple, des entreprises françaises qui arrivent au Canada.
À Toronto, cette dimension a pris encore plus de sens. Je suis venue pour une carrière, mais j’y ai découvert une communauté française et francophone où les gens s’entraident énormément. C’est aussi comme cela que je me suis retrouvée dans l’aventure de La French Tech Toronto.
Estelle Chen lors du cinquième sommet de French Tech Toronto, en mai 2026, son dernier à la tête de la communauté qu’elle a contribué à bâtir. Photo : Mickael Laviolle
Comment est née La French Tech Toronto et comment expliquez-vous son développement?
Je suis arrivée à Toronto en 2019 pour mon travail et je ne connaissais presque personne. Je me suis rapprochée de la communauté francophone et j’ai rejoint le groupe qui travaillait à l’obtention du label French Tech. Nous l’avons obtenu en mai 2020.
Nous savions qu’une communauté ne se construit pas avec de grands événements du jour au lendemain. Elle se construit dans la durée, rencontre après rencontre, de bouche-à-oreille et surtout par la confiance.
Au départ, nous avions très peu de moyens. Mais nous avions une conviction claire : : faire le pont entre les écosystèmes français et canadiens, mettre les bonnes personnes autour de la même table et accompagner les entreprises qui veulent traverser l’Atlantique. C’est comme cela que la communauté s’est construite, petit à petit.
À quel moment avez-vous senti que cette communauté avait véritablement pris son envol?
En 2022, notre sommet a accueilli environ 350 personnes, puis plus de 500 l’année suivante. Mais je ne pense pas que la réussite d’une communauté se mesure à sa taille.
Elle se mesure aux opportunités qui naissent après les rencontres : quelqu’un qui trouve un client, un partenaire, un investisseur ou une personne avec qui travailler. C’est cela, pour moi, notre véritable impact.
Quel regard portez-vous sur la place des femmes dans l’innovation?
Nous avons besoin de plus de femmes dans l’innovation parce que nous avons besoin de davantage de perspectives autour de la table. Et la question n’est pas seulement de les faire entrer dans la tech : il faut aussi qu’elles y restent, qu’elles progressent et qu’elles puissent accéder aux postes où les décisions sont prises.
La parité fait partie de l’ADN de French Tech Toronto. En 2023, avec la CCI Française au Canada et La French Tech Grand Paris, nous avons aussi lancé Abeona Network, une initiative née d’une réflexion sur les moyens d’attirer davantage de femmes dans les STIM, notamment grâce au travail d’Anne-Sophie Moroni. Il y a encore énormément à faire.
Décrite par ses proches et collaborateurs comme une dirigeante déterminée, rassembleuse et capable d’entraîner les autres dans ses projets, Estelle Chen a progressivement imposé son style de leadership dans l’écosystème technologique torontois.. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Vous dites que « le leadership n’a pas de genre ». Comment définissez-vous cette diversité?
La diversité, ce sont aussi les générations, les métiers et les différentes manières de penser. C’est une richesse de perspectives.
J’ai eu la chance de rencontrer des mentors qui ont vu quelque chose en moi avant même que je ne le voie. C’est aussi ça, le leadership : reconnaître le potentiel chez les autres et leur donner l’espace pour le révéler.
Un mentor te guide, mais un sponsor est aussi important : il parle de toi lorsque tu n’es pas dans la salle.
Vous sentez-vous aujourd’hui comme un modèle pour d’autres femmes?
Un modèle, c’est un grand mot. Je dirais plutôt une source d’ inspiration.
Si je peux aider plus de femmes à rejoindre la tech, je veux montrer qu’il est possible de réussir sans avoir à choisir entre ambition et authenticité, de rester soi-même tout en prenant sa place. Je me vois surtout comme une leader qui continue d’apprendre, et qui essaie à son tour d’ouvrir des portes pour les autres.
Pourquoi considérez-vous la francophonie comme un avantage économique?
Le français est une force parce qu’il fait partie de notre identité. Il nous rassemble. Pendant longtemps, on l’a présenté essentiellement comme un héritage culturel. Je siège d’ailleurs au conseil d’administration de l’Alliance française de Toronto parce que je crois profondément à la capacité de la langue et de la culture à créer des liens entre les communautés.
Mais aujourd’hui, il faut aussi considérer le français comme un véritable levier économique.
Parler français m’a permis de naviguer entre plusieurs réseaux, plusieurs marchés et plusieurs cultures d’affaires. En Ontario, nous accueillons des entreprises francophones et nous les aidons aussi à comprendre la façon de faire des affaires ici. À l’heure où les entreprises cherchent à diversifier leurs marchés et leurs chaînes de valeur, cette capacité à comprendre les marchés et à créer de la confiance devient un véritable avantage concurrentiel.
La France et l’Ontario ont beaucoup plus en commun qu’on ne le pense, notamment dans l’intelligence artificielle, les technologies propres, les sciences de la vie ou l’innovation industrielle. Il existe déjà des écosystèmes très complémentaires : l’enjeu est de mieux les connecter.
Parler plusieurs langues et comprendre plusieurs cultures est une force économique à long terme. Moi, je vois la francophonie comme la plateforme du futur.
Le 6 mai 2026, Estelle Chen a reçu à Toronto les insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite des mains de Michel Miraillet, ambassadeur de France au Canada. Photo : gracieuseté
Vous avez été faite chevalier de l’Ordre national du Mérite. Que représente cette reconnaissance pour vous?
Pour moi, c’est avant tout un signe de confiance que je reçois avec beaucoup d’humilité. Ce parcours n’a jamais été bâti seule. Il y a des personnes importantes qui ont joué un rôle déterminant dans ce chemin.
Je suis très fière de pouvoir célébrer cette reconnaissance avec les personnes qui ont construit cette aventure avec moi. Mes réussites ne sont jamais seulement les miennes : elles sont le fruit d’une équipe.
Le leadership, pour moi, c’est avoir une vision claire, savoir la porter, mais aussi rester suffisamment ouvert pour la faire évoluer au contact des autres. C’est créer les conditions pour qu’une équipe puisse donner le meilleur d’elle-même, dans un climat de confiance, d’exigence et de respect mutuel. Autour de moi, il y a des personnes que j’admire profondément, qui m’ont challengée, fait grandir et dont je continue à apprendre
Cette médaille est aussi un encouragement à continuer de servir la communauté et le collectif, à donner plutôt que prendre. C’est cette reconnaissance-là que je veux garder avec moi.
Vous allez quitter la présidence de La French Tech Toronto. Qu’est-ce qui vous attend?
Je pense que je vais prendre une pause. Moi et les pauses, ça fait deux, mais j’ai besoin de prendre ce temps pour réfléchir, prendre du recul, regarder tout ce qui s’est passé et faire une vraie rétrospective avant de penser à la suite.
Mentalement, il m’a fallu presque un an pour arriver à cette transition. Et je crois profondément qu’il faut savoir bâtir quelque chose de suffisamment solide pour durer dans le temps et continuer sans soi. Si j’y arrive, j’aurai réussi mon pari.
Pour vous, savoir partir fait donc aussi partie du rôle d’un leader?
Je ne vois pas du tout ce départ comme une fin mais comme un passage de relais, fait avec confiance.
Je pense qu’un leader ne doit jamais devenir indispensable. Ce serait même au péril de l’organisation. Son rôle est au contraire de créer les conditions pour que d’autres puissent prendre la relève, réussir à leur tour et même faire encore mieux.
Ces six années ont été remplies de défis, de réussites, d’apprentissages et surtout de rencontres. Nous avons construit cette communauté avec le cœur. Maintenant, il faut savoir laisser la place à ceux qui écriront la suite. »
LES DATES CLÉS D’ESTELLE CHEN :
2008 : Arrivée au Canada pour étudier à HEC Montréal
2016 : Premiers pas dans la tech au sein d’une entreprise de technologies propres
2019 : Installation à Toronto et rapprochement avec la communauté francophone
2020 : Obtention du label French Tech Toronto
2022 : Premier grand sommet post-pandémie de French Tech Toronto, avec environ 350 participants
2023 : Lancement d’Abeona Network, consacré notamment à la place des femmes dans les STIM
2026 : Cinquième et dernier sommet à la tête de French Tech Toronto
2026 : Nommée chevalier de l’Ordre national du Mérite
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
Jugeant que les élèves francophones bénéficient d’une éducation inférieure à celle des anglophones, un parent franco-manitobain veut amener le gouvernement provincial devant les tribunaux afin d’assurer une « égalité réelle » dans le système d’éducation. Ce combat judiciaire pourrait s’ajouter aux nombreux autres menés au cours des dernières années à travers le pays par des parents et des conseils scolaires francophones.
Le Franco-Manitobain Stéphane Allard estime que la « décision déchirante » à laquelle il fait face avec son épouse et ses enfants, qui s’approchent de l’âge d’entrer au secondaire, se résume à une injustice à laquelle sont confrontés de nombreux francophones hors Québec.
« C’est une situation impossible où il faut choisir entre le fait français — qui est au cœur de l’identité de nos enfants et de notre famille — et le choix d’offrir la meilleure éducation possible en faisant abstraction de la langue. Aucun parent au Canada ne devrait être confronté à ce dilemme », déplore-t-il.
À Winnipeg, où il réside, inscrire ses enfants dans le réseau anglophone donne accès à une offre plus variée, argumente-t-il : de meilleures infrastructures, notamment des espaces plus vastes, des options de programmes sportifs ainsi qu’un choix de cours plus diversifié. En comparaison, il estime que l’offre scolaire locale proposée par la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) demeure « inférieure », soulignant que le secteur sud-ouest de la ville où il habite est un « véritable désert d’écoles francophones ».
« En comparaison, notre situation actuelle implique un trajet en autobus d’environ 1 h 30 pour nous rendre à l’école de la DSFM. L’école francophone actuelle de mes enfants est pleine à craquer, alors que les écoles anglophones de quartier sont beaucoup moins remplies », relève le père de famille.
« Si on fait abstraction du fait français, le choix responsable serait d’envoyer nos enfants à l’école secondaire Kelvin, située à deux blocs de chez nous, à cinq minutes de marche. Sa programmation est nettement supérieure à celle proposée au Collège Louis-Riel (l’école secondaire francophone locale) », ajoute-t-il.
Stéphane Allard est parent de trois enfants, dont deux au primaire, qui fréquentent tous le système de langue française. Photo : gracieuseté
Prêt pour un long combat juridique
Ce dernier a écrit plusieurs lettres ouvertes dans le journal La Liberté en plus d’envoyer des missives au ministère de l’Éducation du Manitoba au cours de la dernière année pour dénoncer la situation. Estimant que la situation est inconstitutionnelle, il veut poursuivre le gouvernement provincial devant la justice et prépare une mise en demeure qui sera envoyée prochainement. Il a notamment obtenu 20 000 $ du Programme de contestation judiciaire à Ottawa pour entamer ses démarches.
« Mon intention est d’aller devant les tribunaux », tranche-t-il.
Il rappelle que seulement 26 % des élèves admissibles à une éducation en français dans la province fréquentaient une école de la langue de Molière, selon les données du Recensement de 2021 de Statistique Canada. Il dit aussi avoir calculé que près d’un élève sur huit décide de quitter le système francophone à partir de la 8e année pour se diriger vers la langue de Shakespeare.
« Arrivés en 8e année, les parents et les élèves magasinent les options et constatent que l’offre est meilleure dans les autres divisions scolaires. Ils quittent la seule division francophone ayant le mandat de transmission linguistique et culturelle pour rejoindre d’autres réseaux », remarque-t-il.
Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement manitobain n’avait pas répondu à nos questions concernant les affirmations de M. Allard.
Ce dernier estime que pour atteindre un taux de fréquentation de 50 à 60 % des enfants admissibles à l’éducation en français, il faudrait probablement doubler le nombre d’écoles francophones au Manitoba. C’est la Division scolaire franco-manitobaine qui assure l’éducation en langue française aux quatre coins de la province.
Mais Stéphane Allard sait pertinemment que cela pourrait être le début d’un combat de longue haleine.
Le plus récent exemple s’est déroulé en Colombie-Britannique, où une cause engagée en 2010 concernant l’école Rose-des-Vents a permis d’obtenir deux victoires en Cour suprême : en 2015, pour établir le droit à une « équivalence réelle » des installations scolaires, et en 2020, pour forcer la province à appliquer ce principe et à financer la construction d’écoles francophones à la grandeur du territoire. C’est sur la base de ce principe d’égalité réelle que M. Allard veut entamer le combat dans cette province de l’Ouest canadien.
« Les gains potentiels peuvent être phénoménaux. Dans le cas de la Colombie-Britannique, la victoire judiciaire a représenté plus de 400 millions de dollars d’investissements du gouvernement provincial dans le réseau scolaire francophone. Même si c’est un combat de longue haleine, les résultats en valent la peine pour la DSFM et pour le système d’éducation en français », juge-t-il.
D’autres victoires pour l’éducation en français étalées sur plusieurs années
Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest c. Territoires du Nord-Ouest (2018-2023) : victoire en Cour suprême pour la commission scolaire francophone concernant l’admissibilité des ayants droit.
L’arrêt Arsenault-Cameron c. Île-du-Prince-Édouard (1995-2000) : victoire en Cour suprême de parents francophones confirmant le droit à une école francophone locale.
Les résultats non officiels sont tombés pour les trois dernières élections partielles ontariennes. Aucun changement de couleur politique pour les trois circonscriptions en jeu : le NPD conserve Scarborough-Sud-Ouest, et Hamilton-Est—Stoney Creek et York-Simcoe restent des sièges progressistes-conservateurs.
Selon les résultats non officiels publiés par Élections Ontario, les partis restent campés sur leurs acquis.
Le Parti progressiste-conservateur (PPC) repasse donc à 79 sièges et le Nouveau Parti démocratique (NPD) à 27 sièges. Pas de changement pour le Parti libéral, qui demeure à 14 sièges, ni pour le Parti vert avec 2 sièges.
La néo-démocrate Fatima Shaban dans Scarborough-Sud-Ouest
C’est une élection réussie pour le NPD qui garde la main sur Scarborough-Sud-Ouest. La militante communautaire Fatima Shaban, qui succède à Dolly Begum, a cumulé 40,47 % des voix. Avec 30,30 %, le chef d’entreprise libéral Ahsanul Hafiz se hisse en seconde position, devant le candidat du PPC et médecin de famille Noor Tarun (23,37 %), et le candidat du Parti vert, l’urbaniste Mark Bekkering (3,38 %).
Résultats transmis par les bureaux de vote pour Scarborough-Sud-Ouest. Source : Élections Ontario
Native de la circonscription, Fatima Shaban travaille dans le secteur à but non lucratif (audit de successions) et siège comme trésorière du conseil d’école local. Candidate de terrain ancrée dans les enjeux du quotidien, elle compte parmi ses dossiers phares un meilleur financement en l’éducation ou encore la défense de droits des locataires.
« Scarborough a envoyé un message fort à Doug Ford ce soir : nous sommes prêts pour le changement, s’est exprimée la nouvelle députée. Pour des épiceries moins chères, des logements abordables, de meilleurs soins de santé et une meilleure éducation pour nos enfants. La victoire ce soir est la première étape vers la construction de la communauté que nous méritons tous. »
« La victoire de ce soir est la première d’une longue série pour Scarborough. Ces citoyens méritent bien mieux que ce que Doug Ford leur offre depuis huit ans. Fatima et les néo-démocrates de l’Ontario sont prêts à aller le chercher. Nous ne faisons que commencer », a déclaré Marit Stiles, la cheffe du NPD.
Le progressiste-conservateur Jeff Beattie dans Hamilton-Est—Stoney Creek
C’est le conseiller municipal Jeff Beattie du PPC qui l’a emporté avec 38,87 % des voix, devant l’ancienne députée néo-démocrate de Hamilton Mountain, Monique Taylor, qui a cumulé 32,90 %. À la troisième place, le libéral Heino Doessing, ancien conseiller municipal, a obtenu 23,45 % des voix, loin devant la candidate du Parti vert, la francophone Pascale Marchand, adjointe à la Ville de Hamilton avec 2,66 %.
Résultats transmis par les bureaux de vote pour Hamilton-Est—Stoney Creek. Source : Élections Ontario
Conseiller municipal du quartier 10 de Hamilton, propriétaire de son entreprise familiale, ancien conseiller scolaire et vice-président du Hamilton-Wentworth District School Board, Jeff Beattie est un résident de Winona depuis des générations et une de ses figures communautaires. Il a fait de ses priorités l’amélioration des infrastructures locales (routes, transports, parcs), sécurité publique, gestion responsable des fonds publics et soutien aux familles de la région.
La candidate progressiste-conservatrice Susan Lahey pour York-Simcoe
Candidate désignée par Doug Ford pour succéder à Caroline Mulroney, Susan Lahey, a raflé une large majorité des voix avec 49,81 %, devant la candidate libérale et conseillère régionale Naomi Davison, obtenant tout de même 38,76 %, devançant nettement le candidat néo-démocrate, Bobby Nikmard (4,22 %), un travailleur en éducation, et du candidat Vert, Matt Pearce (2,78 %), militant écologiste issu du secteur automobile.
Résultats transmis par les bureaux de vote pour York-Simcoe. Source : Élections Ontario
Conseillère municipale d’East Gwillimbury, entrepreneure et présidente de la firme d’évaluation Eastern Art Consultants Inc., Susan Lahey est une résidente de longue date de York-Simcoe. Elle a fait campagne autour du développement responsable des infrastructures locales (route de contournement de Bradford, élargissement de l’autoroute 400), du soutien aux PME, ou encore de l’amélioration des services de santé régionaux.
« Félicitations aux nouveaux membres de notre équipe du PC de l’Ontario, Susan Lahey et à Jeff Beattie. Les électeurs ont appuyé une équipe qui tiendra tête aux tarifs, protégera nos travailleurs et investira dans les services et l’infrastructure dont les familles ontariennes ont besoin », a publié le premier ministre Doug Ford dans la soirée, sur son compte X.
Le premier ministre Mark Carney se dit prêt à travailler avec l’Ontario pour contrer le fléau des nombreux accidents mortels qui surviennent sur les routes du Nord de la province, comme les routes 11 et 17 de la Transcanadienne. Il invite toutefois son homologue ontarien, Doug Ford, à en faire une priorité provinciale.
« Nous devons travailler avec la province. Cela doit être une priorité pour la province tout comme pour le gouvernement fédéral », a répondu M. Carney, à Thunder Bay jeudi, lors d’une conférence de presse où il était questionné sur les intentions d’Ottawa concernant l’élargissement et la sécurité des autoroutes.
Il était de passage dans cette ville du Nord-Ouest ontarien pour annoncer un investissement gouvernemental de 4,7 milliards de dollars afin que VIA Rail puisse acquérir et entretenir 313 nouvelles voitures-voyageurs d’Alstom Canada, lesquelles seront notamment fabriquées à son usine de Thunder Bay.
Depuis plus d’un an, les municipalités et les acteurs communautaires réclament du gouvernement provincial qu’il en fasse plus pour sécuriser les tronçons routiers dans le Nord de la province, particulièrement en hiver. De nombreuses collisions mortelles surviennent sur les routes 11 et 17, des axes hautement dangereux. Ces accidents entraînent souvent la fermeture prolongée de ces voies pendant de nombreuses heures, isolant ainsi plusieurs communautés.
Le premier ministre n’a pas caché qu’il s’agissait de « problèmes structurels » qui « dure depuis bien trop longtemps », mais il assure qu’il s’agit d’un enjeu important aux yeux du gouvernement fédéral.
« Je vais soulever ce point avec le premier ministre (Doug Ford). Nous avons beaucoup de travail à faire ensemble. Nous pouvons accomplir beaucoup de choses ensemble. Mais cela doit être une priorité pour la province de l’Ontario », a commenté Mark Carney.
Le manque d’aires de repos ou la présence de conducteurs de poids lourds peu expérimentés comptent parmi les facteurs soulevés par les intervenants municipaux.
En mars, le gouvernement Ford avait annoncé des mesures pour rendre plus sécuritaires les routes 11 et 17, prévoyant notamment une présence accrue des forces de l’ordre dans le Nord. De plus, des campagnes ciblées de vérification des poids lourds et de leurs conducteurs seront menées le long de ce corridor. Le plan prévoit également la réfection d’aires de repos dans le Nord ontarien ainsi que l’aménagement d’un centre de services à Matheson. Une aire de repos pour véhicules lourds devrait notamment voir le jour en 2027 sur la route 11, à Opasatika.
Ces mesures ont toutefois été qualifiées d’insuffisantes par des élus locaux, qui déplorent qu’elles ne prévoient ni l’élargissement des voies ni l’ajout de voies de contournement. À Ottawa, un député conservateur, Gaétan Malette, réclame que le gouvernement fédéral désigne la route 11 comme un projet d’intérêt national afin d’en accélérer l’élargissement.
OTTAWA – Après trois ans d’absence, le Monument de la francophonie autrefois installé au 435, rue Donald sera réinstallé au Consortium Centre Jules-Léger (CCJL), au 281, avenue Lanark. Une cérémonie de passation et de lever du drapeau soulignera cette relocalisation le 24 septembre.
Ce déménagement fait suite à la vente de l’édifice de la rue Donald, qui appartenait au Centre franco. Le CCJL indique avoir entrepris les travaux nécessaires après être devenu officiellement propriétaire de l’édifice qu’il occupe, le mois dernier.
« Le Monument de la francophonie constitue un symbole fort de notre identité collective. Nous sommes heureux de collaborer avec le Consortium Centre Jules-Léger afin qu’il continue d’inspirer les générations actuelles et futures et de rappeler l’importance de notre héritage culturel et linguistique », affirme Claude Deschamps, directeur général du Centre franco.
Le directeur de l’éducation du CCJL, Jean-François Boulanger, estime pour sa part que cette relocalisation traduit la volonté des deux organismes de préserver les symboles de la francophonie ontarienne.
« Le Consortium Centre Jules-Léger est honoré d’accueillir le Monument de la francophonie. Ce geste reflète la volonté commune de nos organismes de préserver les symboles qui nous unissent et de contribuer activement au rayonnement de la francophonie ontarienne », déclare-t-il.
La cérémonie du 24 septembre réunira notamment des partenaires, des membres de la communauté et des représentants du milieu de l’éducation.
Le choix du CCJL comme nouveau site remonte toutefois à plus de trois ans. En mai 2023, le monument avait été démantelé après la vente, en novembre 2022, de l’ancien édifice du Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP). Le comité des Monuments de la francophonie avait alors choisi le CCJL afin que ce symbole demeure sur le site d’un organisme francophone. Le démantèlement avait suscité de l’incompréhension et de la déception chez certains membres de la communauté.
Dans cet épisode, Harald Thiel, fondateur du vignoble bio Hidden Bench à Beamsville, analyse un moment charnière pour la viticulture d’ici. Alors que les habitudes de consommation évoluent et que les vins américains ont quitté les tablettes canadiennes en raison des tensions tarifaires, le vigneron aborde les opportunités pour les produits locaux, mais aussi les contraintes persistantes du commerce interprovincial au pays.
Ancien entrepreneur devenu artisan de la terre après un virage de vie marquant, Harald se livre sur la réalité de son domaine en plein changement climatique. Il partage sa vision d’une agriculture durable et plaide pour que les Canadiens consomment les vins d’ici avec fierté. Un entretien éclairant sur les enjeux commerciaux et politiques qui touchent notre terroir, sur la transmission et sur la passion d’élaborer des vins sans compromis.
TORONTO – Choisi par le gouvernement pour équiper les enseignants en fournitures scolaires, le géant américain Staples, qui a été accusé de surfacturer les enseignants via la nouvelle plateforme, s’est engagé à égaliser ses prix. Une controverse qui ravive la polémique sur le choix du fournisseur, décrié par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) et l’opposition officielle.
Depuis le 1er septembre, les enseignants de l’élémentaire ont accès à une enveloppe de 750 dollars annuelle pour équiper leur salle de classe avec les essentiels du quotidien comme les fournitures de bureau, papier, matériel d’art plastique, etc. C’est Staples qui a été choisi par le gouvernement Ford suite à l’appel d’offres lancé.
Or, des enseignants de l’Ontario qui se sont connectés au nouveau portail gouvernemental pour les fournitures scolaires ont rapporté que certains produits étaient moins chers sur le catalogue grand public de l’enseigne.
Dans une déclaration, Staples s’est défendu, assurant que les prix des 200 articles, identifiés par un symbole vert sur le portail du Fonds pour les fournitures scolaires à l’adresse eway.ca, sont les plus bas offerts chez Staples.
« L’entreprise s’engage à veiller à ce que ces articles complémentaires soient vendus à un prix égal ou inférieur à celui affiché en magasin ou en ligne chez Staples. »
« Si un enseignant trouve un produit plus cher sur le portail qu’en magasin ou sur le site de Staples, une ligne téléphonique dédiée a été mise en place pour rectifier l’écart. Les enseignants sont invités à composer le 1-866-839-9901, et Staples s’assurera d’égaler le prix », a promis le géant de la bureautique.
Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, avait assuré la veille en conférence de presse à Hamilton que les 200 produits les plus courants sélectionnés pour les salles de classe étaient les moins chers du marché, avant de concéder que le système ne peut pas être parfait dès le premier jour, tout en assurant que cela va s’améliorer.
Un choix discutable pour les syndicats et l’opposition officielle
Plusieurs syndicats ont critiqué le recours à une firme américaine en plein contexte de tensions commerciales, et de la hausse des prix par rapport aux anciens portails des conseils scolaires.
« C’est préoccupant, particulièrement dans le cadre d’un programme qui se veut justement avantageux pour les écoles, le personnel enseignant et les élèves », a commenté Gabrielle Lemieux, la présidente de l’AEFO.
Elle ajoute qu’elle aurait préféré que le gouvernement fasse le choix d’un fournisseur local plutôt que d’une entreprise détenue par des intérêts américains.
« Staples a depuis indiqué que ces écarts seraient corrigés et qu’elle ajusterait les prix pour s’aligner sur les prix plus bas offerts sur son site ou en magasin (…) Nous allons néanmoins suivre la situation de près afin de voir si les correctifs annoncés se traduisent réellement par des prix concurrentiels pour celles et ceux qui feront des achats dans le cadre de ce programme », s’engage Mme Lemieux.
La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’Éducation, Chandra Pasma (Ottawa-Ouest—Nepean), réclame que le gouvernement annule son entente relative aux fournitures scolaires conclue avec Staples.
« C’était un mauvais accord dès le départ, a-t-elle déclaré. Forcer les enseignants et le personnel de l’éducation de l’Ontario à dépendre d’une seule entreprise américaine pour leurs fournitures scolaires n’a jamais eu de sens. Découvrir que Staples leur facturait des montants plus élevés sur le portail provincial serait difficile à croire si cela ne ressemblait pas autant à la façon de faire du gouvernement Ford. »
Elle estime que le gouvernement provincial doit prendre au sérieux son propre mandat d’achat local, et demande davantage de financement pour le secteur de l’Éducation. « Mieux encore : investissez réellement dans nos salles de classe pour que les enseignants et le personnel éducatif n’aient pas à se démener pour acheter eux-mêmes leurs fournitures. »
Après une saison 2025-2026 compliquée à la Juventus de Turin, Jonathan David veut prendre un nouveau départ. L’attaquant canadien a été officiellement présenté ce mercredi 2 septembre comme nouveau joueur de l’Atlético de Madrid. Il arrive au club en prêt avec une option d’achat.
L’Ottavien de 26 ans ne cache pas que son passage en Italie n’a pas répondu à ses attentes. Arrivé à la Juventus après une dernière saison à 25 buts toutes compétitions confondues avec Lille, Jonathan David n’a inscrit que six buts en 35 matchs de Serie A, dont seulement 20 comme titulaire. Il a ajouté deux buts en neuf rencontres de la Ligue des champions.
« Mon passage à la Juventus n’a pas été le plus facile. Cela ne s’est pas passé comme je l’espérais, mais maintenant je suis prêt pour un nouveau défi », a-t-il reconnu lors de sa présentation.
L’Espagne lui offre ainsi l’occasion de retrouver le rendement qui avait fait sa réputation à Lille. David estime d’ailleurs que le championnat espagnol pourrait davantage correspondre à son jeu.
« Je pense que ce championnat correspond très bien à mes qualités. J’ai évidemment beaucoup de potentiel offensif. Toutes les équipes (de cette ligue) veulent pratiquer un beau football. Je pense que tout cela me correspond très bien. »
Un premier contact avec Simeone et ses coéquipiers
À peine arrivé à Madrid, le Canadien a déjà participé à son premier entraînement et a rencontré Diego Simeone son nouvel entraîneur, ses nouveaux coéquipiers et le personnel technique.
« Aujourd’hui, c’était mon premier jour et ça a été une très bonne journée. Tout le monde m’a très bien accueilli », a-t-il confié.
L’Atlético ne lui est pas totalement inconnu. David a déjà affronté le club madrilène en Ligue des champions lorsqu’il évoluait à Lille.
Il devra maintenant se faire une place dans un secteur offensif particulièrement relevé, notamment aux côtés de Julián Álvarez et Alexander Sørloth.
« Bien sûr, ce ne sera pas facile. Dans toutes les grandes équipes, il y a toujours beaucoup de concurrence. Tous les joueurs ont énormément de qualités. Ce que je peux faire, c’est montrer de bonnes performances aux entraîneurs, puis ce sera à l’entraîneur de prendre ses décisions. »
David assure en tout cas être immédiatement disponible. Après avoir effectué toute sa préparation avec la Juventus et encore joué avec le club italien la semaine précédente, il s’est dit prêt physiquement à entrer dans les plans de Simeone.
Des buts attendus à Madrid
Les attentes de l’Atlético envers sa nouvelle recrue sont assez simples. Le président du club, Enrique Cerezo, a notamment mis en avant « sa grande vitesse, sa capacité à combiner et, surtout, sa facilité à marquer des buts ».
Une efficacité que les Madrilènes connaissent déjà : David avait trouvé le chemin des filets contre l’Atlético en Ligue des champions sous les couleurs de Lille.
Jonathan David portera le numéro 15 avec l’Atlético de Madrid, un nouveau numéro pour l’attaquant canadien après le 9 à Lille et le 30 à la Juventus. Photo : capture d’écran de la conférence de presse sur YouTube
Son rendement pourrait également déterminer la suite de son aventure espagnole puisque son prêt est assorti d’une option d’achat. Interrogé sur ce qu’il devait faire pour convaincre l’Atlético de le conserver, le Franco-Ontarien est allé droit au but.
« Au final, ce n’est pas moi qui déciderai de ce qui se passera à l’avenir. Mais ce que je peux faire, c’est marquer des buts. »
Une fierté de représenter le Canada
Cette nouvelle étape de sa carrière européenne intervient au terme d’un marché des transferts estival particulièrement mouvementé pour le soccer canadien. Plus de dix internationaux canadiens ont changé de club cet été, plusieurs rejoignant des formations européennes importantes.
Pour l’attaquant formé à Ottawa à l’École secondaire Louis Riel avant de rejoindre l’Europe, représenter le Canada au plus haut niveau reste une source de fierté alors que les joueurs du pays sont de plus en plus nombreux à évoluer sur le continent.
« C’est un grand honneur parce que le football au Canada n’a pas toujours occupé une place aussi importante. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de joueurs qui évoluent en Europe et dans de très grands clubs. »
L’attaquant voit dans cette évolution le chemin parcouru par le soccer canadien et mesure aussi la portée de son propre parcours.
« C’est quelque chose qui me remplit de fierté : pouvoir rendre mon pays, ma famille et mon entourage fiers. »
Après la Belgique, la France et l’Italie, Jonathan David découvre donc un quatrième championnat européen. Avec une priorité clairement affichée pour réussir son nouveau départ à Madrid : retrouver le chemin des buts.
HAMILTON – C’est sur fond de tension syndicale que Paul Calandra a annoncé l’entrée en service des nouveaux « bureaux d’assistance aux élèves et aux familles » pour répondre aux problématiques rencontrées. Dans le même temps, ce sont cinq syndicats enseignants qui font à nouveau front commun, dénonçant une volonté de centralisation du pouvoir du gouvernement dans la négociation des conventions collectives.
Annoncés à l’automne par Paul Calandra, les bureaux d’assistance aux élèves et aux familles sont désormais accessibles au sein des 72 conseils scolaires de la province.
« Les parents peuvent trouver les coordonnées du bureau d’assistance aux élèves et aux familles de leur conseil scolaire local sur la page principale du site web de ce dernier », explique le communiqué officiel.
Il s’agit pour le gouvernement de doter les familles d’un moyen supplémentaire d’obtenir des réponses à des préoccupations générales, de résoudre des problèmes et de recevoir de l’information, si la problématique n’a pas pu être résolue « après une première discussion avec l’enseignant de l’enfant et la direction ».
« Les parents devraient savoir que leurs inquiétudes ont été entendues », a commenté le M. Calandra, ce mardi en conférence de presse.
Les bureaux devront accuser réception des demandes dans les deux jours ouvrables et offrir une réponse dans les cinq jours ouvrables.
Les conseils scolaires sont tenus de veiller à la pertinence et à la clarté des réponses. Il est également précisé que le ministre de l’Éducation s’enquerra régulièrement auprès de ces derniers des préoccupations soulevées par les parents.
Le ministre a dit que ce système « a fait ses preuves » pour les conseils scolaires anglophones sous supervision depuis janvier 2026.
Les syndicats enseignants, mécontents, font front commun
Ce même jour, cinq syndicats enseignants font de nouveau front en publiant une déclaration conjointe, déplorant une volonté de centraliser la prise de décision au niveau provincial lors de cette ronde de négociations, désormais au point mort.
Selon l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) et quatre autres syndicats anglophones, le gouvernement a tenté d’intégrer des points de négociation locaux de longue date dans des négociations centrales, comprenant les conditions de travail fondamentales, comme les délais de dotation liés aux transferts, au personnel surnuméraire et au personnel excédentaire, et le financement local du perfectionnement professionnel.
« Transférer ces questions à la table centrale aurait pour conséquence de supprimer l’autonomie locale, d’affaiblir la capacité de nos unités de négociation à répondre aux besoins et aux circonstances particulières de nos membres, de nos élèves et de nos communautés scolaires », décrie leur déclaration commune.
Autre point de tension : ceux-ci réclamaient des négociations en avance, dès le printemps 2026, ce qui leur a été refusé, expliquent-ils.
« Malgré les nombreuses assurances du ministre de l’Éducation Paul Calandra, selon lesquelles des conventions collectives seraient en place avant la fête du Travail, le personnel enseignant et les travailleurs en éducation de l’Ontario accueilleront les élèves la semaine prochaine en l’absence d’une nouvelle convention. »
En conférence de presse, interrogé sur de possibles perturbations dans les écoles, le ministre de l’Éducation s’est de nouveau voulu rassurant. « Il y a une opportunité pour qu’une entente se fasse entre les syndicats et le gouvernement. Je ne pense pas qu’il y aura de perturbations. Je reste optimiste. »
« Le contrat actuel couvre toujours les travailleurs de l’enseignement (expiré) », a-t-il relativisé, ajoutant n’avoir jamais vu des contrats négociés en avance, avant de se dire « aussi pressé qu’eux que ça soit signé ».
OTTAWA – Après plus d’un an de consultations sur l’avenir de la francophonie ontarienne, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a dévoilé ce mardi un Livre blanc comprenant 12 recommandations. Objectif démographique de 6 % de francophones en 2050, possible réorganisation du réseau francophone, accès réel aux services en français et stratégie particulière pour le Nord figurent parmi les principales propositions. Mais l’organisme prévient : il ne s’agit pas encore d’un plan d’action.
L’Ontario français doit désormais passer du constat à la transformation. C’est le message que porte l’AFO au terme des deux premières étapes des États généraux de l’Ontario français.
« Ce Livre blanc n’est pas simplement un rapport. Il représente le cap que la francophonie ontarienne s’est donné », a résumé son président, Fabien Hébert.
Le document formule 12 recommandations : cinq à la communauté franco-ontarienne, quatre au gouvernement provincial et trois au palier fédéral. Elles s’articulent autour de quatre grands chantiers : immigration, appartenance et participation francophone; services en français; capacité communautaire et organisation des ressources; gouvernance, coordination et suivi des transformations.
Ces orientations découlent d’un processus amorcé en mai 2025 et d’une tournée de co-construction qui a réuni plus de mille personnes lors de 29 séances, en plus de 654 questionnaires en ligne. Interrogé par ONFR sur les recommandations qui n’auraient peut-être pas vu le jour sans ces consultations, Fabien Hébert a répondu : « Possiblement aucune », estimant qu’elles ont toutes été influencées par les échanges sur le terrain.
Derrière ces quatre chantiers, l’AFO veut notamment favoriser l’ancrage durable des francophones, assurer la continuité des services, protéger les fonctions essentielles de la communauté et mieux répartir les responsabilités.
Retrouver un poids démographique de 6 %
L’une des demandes les plus ambitieuses vise Queen’s Park : établir une Stratégie ontarienne de vitalité francophone à l’horizon 2050, avec une trajectoire permettant de ramener le poids démographique des francophones à 6 % de la population.
Si leur nombre est passé de 550 215 en 1991 à 652 540 en 2021, leur poids démographique a dans le même temps reculé de 5,5 % à 4,6 %.
La stratégie réclamée à la province ne se limiterait toutefois pas à un objectif démographique. L’AFO souhaite en faire une stratégie interministérielle, qui toucherait notamment l’immigration et l’ancrage des nouveaux arrivants, le continuum en éducation, la santé et le vieillissement, la culture et les médias, le développement économique, la capacité institutionnelle et l’équité régionale, mais aussi la transmission et l’apprentissage du français.
Le Livre blanc demande surtout que cette stratégie soit assortie de plans de mise en œuvre sectoriels, avec un ministère responsable de chaque résultat et une reddition de comptes publique. L’objectif serait ainsi de faire de la vitalité francophone une responsabilité partagée entre plusieurs ministères plutôt qu’un enjeu traité isolément.
Le réseau franco-ontarien appelé à se regarder lui-même
Le Livre blanc ne dirige pas toutes ses demandes vers les gouvernements. L’un de ses chantiers concerne directement la capacité communautaire et l’organisation des ressources.
L’AFO propose de cartographier les fonctions essentielles, les capacités, les expertises et les infrastructures, mais aussi les lacunes et les chevauchements du réseau. Il s’agirait ensuite de déterminer ce qui doit rester local ou sectoriel, ce qui pourrait être mis en commun et ce qui devrait éventuellement être réorganisé.
« Peut-être qu’il y a des réorganisations qui vont venir, mais ce sont les communautés qui vont décider elles-mêmes comment elles veulent s’organiser », explique le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk.
Il ne s’agit donc pas d’annoncer des fusions ou des disparitions d’organismes, mais de partir des fonctions dont les communautés ont besoin pour déterminer la meilleure façon de les assurer.
Une réflexion qui rejoint directement la gouvernance. « Nous sommes très bons pour nous concerter. Maintenant, il faut être plus clair sur les responsabilités. Qui fait quoi? À quelle échelle? Et avec quel résultat? », résume M. Hominuk.
Une stratégie spécifique pour le Nord
Le Nord de l’Ontario fait l’objet d’une recommandation entière. L’AFO réclame une Stratégie de vitalité francophone pour le Nord, accompagnée de deux plans distincts pour le Nord-Est et le Nord-Ouest.
Elle devrait notamment tenir compte des distances, du transport, de la connectivité, de la main-d’œuvre, de l’immigration et de la rétention, du vieillissement, mais aussi de la culture et de la vie communautaire.
L’AFO souhaite également déterminer les fonctions institutionnelles minimales nécessaires dans chaque région et intégrer des critères d’équité régionale aux programmes provinciaux. Le Livre blanc évoque notamment le soutien aux institutions historiques, aux pôles et postes permanents et aux services mobiles ou hybrides.
Des services en français toute une vie
« Ce n’est pas assez que le service existe », résume M. Hominuk. Pour l’AFO, il faut pouvoir le trouver, y accéder et poursuivre son parcours en français sans rupture, par exemple lorsque l’on passe d’un médecin à un spécialiste.
L’organisme demande donc à Queen’s Park de renforcer la mise en œuvre de la Loi sur les services en français afin de tenir compte de l’offre active, de la disponibilité, de la qualité, des délais et de la continuité des parcours.
Il souhaite également protéger les obligations linguistiques lors de transferts, fusions, fermetures ou transformations numériques et propose un tableau de bord public sur l’accès réel aux services.
Même changement de perspective en matière d’immigration. « On veut penser l’immigration différemment. Ce n’est pas juste une responsabilité gouvernementale. On veut aussi que la communauté ait son mot à dire sur le comment », affirme Peter Hominuk.
Au-delà du nombre d’arrivées, le Livre blanc insiste sur la capacité des nouveaux arrivants à s’établir durablement, travailler, participer à la vie francophone et rester dans leur région.
À Queen’s Park, l’AFO réclame une stratégie d’immigration et d’ancrage francophones prévoyant notamment un suivi de la répartition régionale et de la rétention après deux et cinq ans. À Ottawa, elle propose un programme fédéral distinct et permanent d’immigration économique francophone hors Québec, avec ses propres critères, volumes d’admission et mécanismes de suivi.
Parmi les autres recommandations figurent un Plan d’actions communautaire provincial décliné dans les régions et les secteurs, des mesures favorisant l’appartenance et la relève, une meilleure intégration des personnes issues de l’immersion ou du français langue seconde, une meilleure traçabilité des priorités franco-ontariennes au niveau national et une réorganisation du financement communautaire fédéral.
« Pas encore le plan d’action »
Une distinction demeure essentielle : ces 12 recommandations ne sont pas encore des mesures dont la mise en œuvre est décidée. « Le Livre blanc marque le passage à l’action, mais il ne constitue pas encore le plan d’action communautaire », insiste Peter Hominuk.
Une assemblée citoyenne virtuelle aura lieu mardi prochain, tandis que les organismes membres sont appelés à examiner le document et à réfléchir aux responsabilités qu’ils seraient prêts à assumer.
Le congrès annuel d’octobre devra ensuite déterminer les priorités, clarifier le « qui fait quoi » et convenir du suivi. « On a fini les consultations », tranche Peter Hominuk, qui décrit le congrès comme « un espace de délibération, d’arbitrage et de décision ».
Le Plan d’actions communautaire sera élaboré par la suite, avec responsables, ressources, échéanciers, indicateurs et cibles. « Je veux être clair. On n’aura pas le plan d’action la semaine suivante au congrès », prévient le directeur général.
Après plus d’un an de constats et de consultations, reste désormais à choisir les priorités et déterminer qui aura la responsabilité de les transformer en actions.
ALEXANDRIA – La littérature franco-ontarienne et les saveurs locales partageront la même table le 4 octobre prochain, à Alexandria, à l’occasion du premier Festival littéraire et culinaire. Entre ateliers, entrevues et rencontres avec des auteurs et des artisans, les organisateurs veulent créer un espace de rassemblement visant à renforcer la francophonie dans cette région de l’Est ontarien où elle est minoritaire.
« Et toi, qu’est-ce que tu fais pour la francophonie? »
L’idée du festival est née de cette question posée il y a quelques mois à Laurence Pechadre. Cette autrice d’origine française, établie depuis plusieurs années dans la région de Glengarry, écrit sous le nom de plume Laura Peck Nussbaumer.
Son parcours réunit déjà les deux univers qui seront mis à l’honneur durant le festival. Autrice de French Toast and Pain Perdu, un recueil d’histoires courtes ponctuées de recettes, elle s’est intéressée à la fois aux écrivains et aux producteurs de la région.
« À Glengarry, j’ai découvert des producteurs et des agriculteurs fabuleux, qui cultivent des légumes et des fruits délicieux. Nous avons une richesse extraordinaire sous nos pieds et à portée de main », a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse tenue mardi à Alexandria.
Elle dit avoir également découvert « une véritable mine d’auteurs » entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent.
« La littérature, comme la nourriture, est très nourrissante. C’est un moyen de partager, de s’évader et de raconter nos traditions familiales », résume-t-elle.
Des auteurs franco-ontariens à l’honneur
Six auteurs sont annoncés pour cette première édition : Tina Charlebois, David Ménard, Éric Charlebois, Danielle Dumais, Éric Péladeau et Laura Peck Nussbaumer.
Laurence Pechadre et Raphaël Machiels, cofondateurs du Festival littéraire et culinaire d’Alexandria. Photo : Amine Harmach/ONFR
« Les auteurs sont principalement franco-ontariens. Nous avons donc une majorité qui représente bien cette littérature, même si nous espérons accueillir encore davantage d’auteurs l’année prochaine », précise cette dernière.
Les visiteurs pourront assister à un atelier littéraire et à une entrevue avec un auteur, mais les organisateurs souhaitent surtout favoriser les échanges informels.
Lutter contre l’insécurité linguistique
Pour Raphaël Machiels, coorganisateur du festival et cofondateur du média francophone On a le choix, l’événement doit contribuer à la vitalité du français dans le contexte minoritaire de Stormont, Dundas et Glengarry.
« Les auteurs seront francophones et le festival pourra contribuer à lutter contre l’insécurité linguistique. Nous voulons offrir aux gens un espace où ils pourront découvrir la francophonie, s’y sentir à l’aise et la faire vivre », soutient-il.
Une identité culinaire à développer
Présente parmi l’audience lors de la conférence annonçant le festival, Doreen Ashton Wagner dirige Consœurs en Affaires, une entreprise sociale bilingue qui soutient les femmes entrepreneures des milieux ruraux de l’Est ontarien.
Selon elle, la cuisine peut devenir un outil de transmission de l’histoire et des traditions francophones. Encore faut-il pouvoir les retrouver et les documenter.
Doreen Ashton Wagner, directrice de Consœurs en Affaires. Photo : Amine Harmach/ONFR
« Nous ne nous sommes tout simplement jamais posé la question et nous n’avons jamais interrogé nos grands-mères. Je suis certaine que nos grands-parents avaient des plats familiaux réputés, mais, à ma connaissance, nous n’avons pas de recettes particulières qui représentent toute la région. Cela ne veut pas dire qu’elles n’existent pas. »
Le festival pourrait ainsi contribuer à faire émerger une identité culinaire propre à l’Est ontarien, en faisant dialoguer les traditions locales et les influences apportées par les nouveaux arrivants.
« Ce qui est d’ici peut avoir été conçu, produit ou cultivé ici. C’est une très belle occasion d’ouvrir les portes, mais aussi d’ouvrir les esprits », ajoute-t-elle.
Des produits de la région
Plusieurs artisans et entreprises alimentaires participeront à la journée. Robert Poirier des Fruits du Poirier, Natacha Beauvois de Sweet Billy’s, Amanda Haley de The Glengarry Market, Ana et Alexandre d’Ana’s Bakery, ainsi qu’Angie Parker de A Cup of Kindness, figurent parmi les participants annoncés.
Le jeune Braeden Masse présentera pour sa part certains de ses ingrédients autochtones favoris.
Le premier Festival littéraire et culinaire se déroulera le dimanche 4 octobre, de 10 h à 15 h 45, à Island Park, à Alexandria. Le prix d’entrée est fixé à 5 $ à l’avance ou à 6 $ à la porte.
« Notre premier festival sera sans doute intime, profond et succulent », conclut Laura Peck Nussbaumer.
OTTAWA — L’organisme Droits collectifs Québec poursuit son combat juridique pour obtenir la traduction de quelque 6 000 anciens jugements de la Cour suprême, demandant à la Cour d’appel fédérale de se pencher sur le dossier.
Droits collectifs Québec (DCQ) a porté en appel le 28 août la décision de la Cour fédérale qui avait rejeté son recours en première instance. La poursuite de DCQ vise à contraindre le Bureau du registraire de la Cour suprême à traduire près de 6 000 arrêts rendus entre 1877 et 1969, majoritairement rédigés en anglais.
« On a des arguments juridiques très sérieux et très solides qui nous permettent d’affirmer que la juge a erré dans l’interprétation de certains volets de sa décision », explique en entrevue le directeur général de l’organisme, Étienne-Alexis Boucher.
Le tribunal de première instance avait statué en juin que la Cour suprême n’avait pas l’obligation de traduire l’ensemble de ces anciens jugements. La juge Denise A. LeBlanc avait tranché dans ses motifs que le fait de rendre disponibles ces jugements dans les deux langues officielles ne constitue, ni un « service », ni une « communication » avec le public assujetti à l’obligation de traduction en vertu de la Loi sur les langues officielles.
« Le fait de rendre disponibles des documents officiels aussi importants que des jugements par l’entremise d’un site Web — des documents utiles, notamment à la communauté juridique d’expression française —, nous ne voyons pas en quoi ce ne serait pas un service ou une communication de l’État fédéral auprès du public canadien », plaide M. Boucher.
La juge LeBlanc avait aussi conclu que ces jugements relèvent exclusivement du champ de l’administration de la justice, ce qui ne leur impose pas un bilinguisme rétroactif. DCQ maintient que la situation actuelle dans ce dossier demeure problématique quant au respect des droits linguistiques des francophones.
« Le Canada se dit fier d’être un pays bilingue. Alors en ce sens, on pense que l’État fédéral, et qui plus est le plus haut tribunal du pays, se doit de faire preuve d’exemplarité, de donner l’exemple et de traduire l’ensemble des documents officiels », exige Étienne-Alexis Boucher.
Il y a quelques mois, le juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner, s’était déclaré « satisfait », qualifiant la décision rendue de « bon jugement ».
« Si vous lisez la décision de la Cour fédérale, vous allez voir que la juge LeBlanc adopte tous les points de vue et les arguments soulevés par les avocats du registraire de la Cour suprême. On peut qualifier ça comme vous voulez, mais moi je prends le jugement tel qu’il est », commentait-il lors d’une conférence de presse.
Le Bureau du registraire n’a pas voulu émettre de commentaires concernant la décision de faire appel. Selon les estimations relatives à ce dossier, la tenue d’une audience pourrait être retardée jusqu’en 2027.
Traduction : des coûts évalués à plus de 60 millions de dollars
En 2025, la Cour suprême avait indiqué qu’elle traduirait près d’une vingtaine de décisions sur 6 000, en fonction de leur importance « d’un point de vue historique ou jurisprudentiel ».
Cette annonce est survenue quelques mois après la démarche de Droits collectifs Québec, par l’entremise de son directeur général Étienne-Alexis Boucher, de poursuivre le plus haut tribunal du pays devant la justice. En réponse à la poursuite, la Cour suprême avait retiré de son site Web l’ensemble des décisions rendues avant 1970. À la suite du jugement rendu en juin dernier, Richard Wagner avait laissé au bras administratif de la Cour suprême le soin de décider de remettre ou non ces décisions en ligne.
Selon les estimations présentées par le Bureau du registraire devant la Cour fédérale, la traduction de la totalité des jugements engendrerait des coûts variant entre 62,6 et 68,9 millions de dollars. Une telle somme représenterait plus de 366 % de son budget annuel réservé à la traduction.
L’organisation québécoise avait intenté ce recours à la suite d’une décision rendue par le Commissariat aux langues officielles (CLO) qui ordonnait à la Cour suprême de traduire ces 6 000 arrêts. La Cour suprême a toujours maintenu devant le COL et devant les tribunaux qu’aucune disposition de la Loi sur les langues officielles ne forçait la traduction de ces décisions des 19e et 20e siècles.
À 32 ans, Danny Demyanenko vient de boucler l’une des saisons les plus convaincantes de sa carrière, pour sa première année dans le très relevé championnat polonais. De retour cet été avec l’équipe canadienne après une année de pause, le Franco-Ontarien a vécu une Ligue des Nations difficile avant de tourner son regard vers Moncton, où le Canada aura en septembre une première occasion de décrocher son billet pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Danny Demyanenko ne semble pas pressé de voir arriver la fin. À 32 ans, après deux Jeux olympiques et près d’une décennie passée dans les championnats européens, le Torontois estime même avoir encore de la place pour progresser.
« Il y a toujours une marge pour la progression. Personnellement, je veux continuer de jouer le plus longtemps possible, donc il faut toujours progresser », confie le central canadien à ONFR.
Sa première saison avec l’Asseco Resovia Rzeszów lui a offert un sérieux terrain d’essai. Arrivé l’été dernier après une saison en Italie et sept années en France, il découvrait la PlusLiga, l’un des championnats les plus relevés de la planète.
« La Pologne, c’est peut-être le championnat le plus élevé du monde, je trouve. Je pense que la Pologne est plus homogène que l’Italie dont le top 4 est très fort mais pas toute la ligue. »
Une première saison polonaise réussie
Collectivement, Resovia a terminé quatrième du championnat polonais, après s’être incliné dans la série pour la médaille de bronze contre Projekt Warszawa. Le club s’est également hissé jusqu’en finale de la Coupe de Pologne et en quarts de finale de la Ligue des champions, où son parcours a été stoppé par le club turc de Ziraat Bankkart Ankara.
« Il y avait beaucoup de succès de l’équipe. Bien sûr, Resovia, c’est une équipe de haut niveau avec des objectifs assez élevés. Donc, on n’a pas réussi tous nos objectifs mais, personnellement, c’était une saison très intéressante. »
Le bilan individuel est encore plus satisfaisant pour l’Ontarien, qui assure avoir été retenu parmi les meilleurs centraux de la saison. Surtout, cette année en Pologne lui a permis de confirmer sur la durée ce qu’il avait déjà montré lors de sa précédente saison en Italie.
« Ça m’a permis, après une bonne saison en Italie, de maintenir ce niveau-là et de prouver que ce n’est pas seulement quelques bons matchs, mais que je suis un joueur expérimenté et un bon joueur. »
Une reconnaissance qui ne change pas fondamentalement ses priorités : « Je veux juste me faire plaisir et que ma fille soit fière de moi. »
Un retour avec le Canada écourté
Cette saison réussie ouvrait aussi la voie à son retour avec l’équipe canadienne. Demyanenko avait volontairement fait l’impasse sur la sélection en 2025, avant de retrouver cet été un environnement qu’il connaissait par cœur. Plusieurs de ses coéquipiers sont des amis de longue date et le nouvel entraîneur-chef, Dan Lewis, est loin d’être un inconnu. Demyanenko a travaillé avec lui, à différents titres, depuis une dizaine d’années.
« C’était assez naturel de réintégrer. C’est juste une question de niveau. Si tu as le niveau pour jouer, tu vas jouer. »
Son retour ne dure cependant que la première semaine de Ligue des Nations. Une pause était initialement prévue dans son programme, avant qu’une blessure ne vienne prolonger son absence. « J’ai joué contre les États-Unis, le match avant-dernier. J’ai pris un choc et je me suis cassé le doigt. »
Demyanenko a depuis récupéré et se trouve déjà avec le groupe canadien pour préparer la prochaine échéance.
« Être capable de finir »
Elle arrive après une Ligue des Nations (VNL) à oublier pour le Canada sur le plan comptable. Les Canadiens n’ont remporté qu’une seule de leurs 12 rencontres.
Demyanenko nuance toutefois ce bilan. Lors de la première semaine, à Ottawa, le Canada avait battu la France et poussé trois autres adversaires dans des rencontres serrées. Face aux États-Unis, les Canadiens avaient même pris les deux premières manches avant de s’incliner.
« C’est difficile, c’est le haut niveau. Il faut juste être capable de finir, d’avoir la capacité de tuer les adversaires. Quand on a des chances, on a mené les États-Unis 2-0 et on leur a permis de rentrer. »
Un scénario qui, selon lui, a fini par symboliser la compétition canadienne. « C’était un peu l’histoire pendant la VNL. Il manquait juste un petit truc. »
Le temps des regrets est néanmoins déjà passé. Car la prochaine compétition peut peser beaucoup plus lourd dans l’avenir de cette équipe.
À Moncton, un billet olympique à prendre
Du 11 au 19 septembre, Moncton accueillera le Championnat continental masculin de la NORCECA. Trois billets pour le Championnat du monde 2027 y seront distribués, mais surtout une place directe pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Les États-Unis étant déjà qualifiés en tant que pays hôte, le Canada aura donc l’occasion rarissime de décrocher sa qualification olympique à domicile.
Pour Demyanenko, pas question de sous-estimer l’enjeu.
« C’est une qualification olympique, il faut se mettre ça en tête. La dernière fois, c’était un enfer. Le format est différent cette fois-ci, mais il faut l’aborder de la même manière et être prêt pour les situations les plus difficiles. »
Cuba, qui a battu le Canada durant la Ligue des Nations, figure notamment parmi les adversaires potentiels. Mais Demyanenko observe déjà un changement dans le groupe canadien à l’entraînement.
« Le mood de l’entraînement a changé un tout petit peu. Il y a un peu plus de combat et c’est compétitif. C’est un bon indice pour la suite. »
Los Angeles, mais pas forcément la fin
Une qualification offrirait au Franco-Ontarien la possibilité de participer à ses troisièmes Jeux olympiques après Tokyo et Paris. Il aura alors 34 ans. De quoi imaginer Los Angeles comme le dernier grand rendez-vous d’une carrière internationale déjà bien remplie?
Pas pour lui. « Je ne fermerai jamais des portes. Moi, je veux jouer jusqu’à 40 ans, si possible. Donc, si je suis capable, j’irai. »
Los Angeles reste bien « un objectif », reconnaît-il. Mais même après 2028, le central n’exclut rien. « Si on se qualifie pour les JO, voir ce que ça donne après. Peut-être une petite micro-pause après. Peut-être repartir pour un autre cycle. »
Avant de penser aussi loin, il y a Moncton. Puis une deuxième saison en Pologne, où Resovia, privé de Ligue des champions cette fois, entend concentrer ses forces sur la conquête du championnat. Pour Demyanenko, la logique reste finalement la même à 32 ans qu’au début de sa carrière : continuer à jouer, progresser et gagner.
HEARST – L’Hôpital Notre-Dame assume son choix et affirme, ce lundi, par voie de communiqué, que l’embauche d’un directeur général anglophone à sa tête ne fragilisera pas son offre de services en français. Cette réaction intervient après que des membres de la communauté francophone de Hearst aient interpellé le conseil d’administration, déplorant un recul linguistique.
Les membres du conseil d’administration de l’Hôpital Notre-Dame ont publié ce lundi un communiqué sur les réseaux sociaux de l’établissement, réaffirmant l’engagement de ce dernier à offrir des services en français. Surtout, l’institution défend sa décision d’embauche d’un directeur général anglophone, précisant qu’il n’a pas, à lui seul, la capacité de fragiliser l’offre des services en français.
« La capacité de l’hôpital à offrir des services en français est une responsabilité organisationnelle permanente qui ne dépend pas de la langue parlée par un seul membre de l’équipe de direction », peut-on lire dans le deuxième paragraphe du communiqué. Pour défendre le processus de sélection controversé auprès de la communauté francophone, l’établissement rappelle qu’il s’est avant tout basé sur un ensemble de compétences en gestion, en leadership, ainsi que l’expérience en administration d’un établissement de santé.
Bien que la maîtrise du français ait été prise en considération dans le cadre des besoins opérationnels globaux, elle n’est pas requise dans les tâches administratives et responsabilités quotidiennes du nouveau directeur général. « N’offrant pas de soins de première ligne, sa nomination ne diminue en rien l’engagement ni l’obligation légale de l’hôpital à fournir des soins en français », communique la direction de l’institution de santé.
Officiellement désigné en vertu de la Loi sur les services en français, l’Hôpital Notre-Dame de Hearst réitère ses engagements légaux et institutionnels. Dans le communiqué, les membres du conseil d’administration informent d’ailleurs que la direction est « respectueusement en désaccord avec l’idée qu’une nomination administrative puisse, à elle seule, fragiliser les fondements francophones de l’hôpital ».
C’est pourtant ce que plusieurs membres de la communauté francophone de Hearst reprochaient à l’institution. Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, avait partagé sur son compte Facebook personnel un texte déplorant cette embauche. « Alors que nous luttons sans relâche pour faire grandir notre voix et renforcer notre accès à des services en français dans chaque aspect de notre vie, voilà que l’un des piliers que nous avions bâtis commence à s’effondrer. Cela est inacceptable! » écrivait-il. La publication avait amassé une centaine de réactions en soutien.
André Rhéaume, ancien agent de développement de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Nord, avait communiqué sa déception à Mélanie Paul, la présidente du conseil d’administration de l’hôpital, dans un échange de lettres obtenu par ONFR. Le 15 juillet dernier, il demandait que le poste de directeur général soit désigné bilingue. La présidente a répondu, affirmant à M. Rhéaume que la maîtrise de la langue de Molière faisait partie du plan de développement du nouveau directeur général qui s’était « formellement engagé à l’apprendre ».
La tenue de trois élections partielles, ce jeudi, permettra d’élire les nouveaux députés qui représenteront les circonscriptions de Scarborough-Sud-Ouest, Hamilton-Est–Stoney Creek et York–Simcoe.
Les électeurs de trois circonscriptions voteront cette semaine pour leurs prochains élus, permettant de pourvoir les trois sièges vacants à l’Assemblée, celui de Hamilton-Est–Stoney Creek, Scarborough-Sud-Ouest et de York–Simcoe, un peu moins de deux mois avant la reprise des activités de l’Assemblée législative de l’Ontario.
Longtemps sous la bannière orange du NPD, de 2007 à 2022 avec le député Paul Miller, la circonscription de Hamilton-Est–Stoney Creek avait ensuite été remportée par le progressiste-conservateur Neil Lumsden, ex-ministre du Sport, jusqu’à son départ à la retraite, le 4 août dernier.
Circonscription électorale de Hamilton-Est–Stoney Creek. Source : Elections Ontario
Six candidats se disputeront son siège, dont la francophone Pascale Marchand pour le Parti vert, adjointe à la Ville de Hamilton et experte en politiques publiques, le conseiller municipal Jeff Beattie pour le Parti progressiste-conservateur (PPC), l’ancienne députée de Hamilton-Mountain, Monique Taylor, pour le NPD, et Heino Doessing pour le Parti libéral, ancien conseiller municipal au Danemark, qui travaille dans le secteur financier.
Le politologue Peter Graefe anticipe une course à deux entre le Parti conservateur et le NPD, « qui a évidemment une candidate intéressante, une ancienne députée provinciale d’une circonscription avoisinante, face au PPC qui a un conseiller municipal en place comme candidat, avec ses propres appuis plus locaux ».
« M. Ford a gagné une majorité presque écrasante il y a 16 mois, suivie d’une certaine perte de popularité par la suite. La remontée toute récente avec les sorties contre les tarifs américains pourrait être plutôt une tendance au ralliement vers le chef en situation de crise, observe le politologue. La question qu’on se pose est : est-ce que le vote conservateur va tenir? »
Duel néo-démocrate et libéral dans Scarborough-Sud-Ouest
Il s’agit d’un test critique pour le Parti néo-démocrate de Marit Stiles.
C’est en effet son ancienne députée Doly Begum qui représentait Scarborough-Sud-Ouest depuis les élections générales de 2018, avant son départ en février 2026. Begum avait démissionné pour se lancer au fédéral sous la bannière libérale du gouvernement Mark Carney. Un pari gagné en avril dernier, pour celle qui siège désormais pour la circonscription éponyme au niveau fédéral.
Circonscription électorale de Scarborough-Sud-Ouest. Source : Elections Ontario
« Si le NPD perd ce siège au profit du Parti libéral, ce serait un signal que les libéraux sont vus comme une alternative au gouvernement, et donc que si le NPD ne peut pas continuer à gagner des sièges qu’il a acquis par le passé, comment pourraient-ils en gagner plus pour remplacer M. Ford », analyse M. Graefe.
Il nuance toutefois en avançant que s’ils faisaient une percée dans Hamilton-Est–Stoney Creek, cela dénoterait un ralliement au NPD pour remplacer des conservateurs. « Cela aura sans doute un impact important sur la manière dont Mme Stiles est vue. »
La circonscription avait par ailleurs été libérale de 2003 à 2018, avant la victoire néo-démocrate.
Sur les sept candidats, se présentent : la militante néo-démocrate Fatima Shaban, le libéral Ahsanul Hafiz, chef d’entreprise à la tête de 30 franchises Domino’s en Ontario (ayant remporté l’investiture le 9 mai dernier face à Nate Erskine-Smith qui avait contesté sa défaite), le médecin de famille progressiste-conservateur Noor Tarun, et le candidat Vert Mark Bekkering, spécialiste en aménagement du territoire notamment pour les villes de Hamilton et Toronto.
Bastion conservateur à York–Simcoe
Côté York–Simcoe, au nord de Toronto et au sud du lac Simcoe, aucun enjeu majeur. Une victoire conservatrice y est attendue sans surprise, l’opposition n’y investissant pas de ressources significatives, comme le souligne Peter Graefe.
Depuis 2007, après un redécoupage de la carte électorale, le bleu du Parti progressiste-conservateur y domine largement.
Circonscription électorale de York–Simcoe. Source : Elections Ontario
Caroline Mulroney, ex-ministre des Affaires francophones et ex-présidente du Conseil du trésor, était la députée de York–Simcoe pendant huit ans, et ce jusqu’à sa démission en mai dernier.
Ce sont là encore sept candidats qui s’y présentent, dont Susan Lahey (PPC), conseillère municipale d’East Gwillimbury et entrepreneure, Naomi Davison (Parti libéral), conseillère régionale pour la ville de Georgina et la municipalité régionale de York, Matt Pearce (Parti vert), travailleur du secteur de la fabrication automobile et militant écologiste, et Bobby Nikmard (NPD), travailleur en éducation.
En amont de ces scrutins provinciaux qui se tiendront donc jeudi, trois autres élections partielles au niveau fédéral s’ouvrent ce lundi : en Ontario pour le siège de Beaches–East York (ancien siège de Nate Erskine-Smith, qui voulait faire le saut au provincial et briguait Scarborough-Sud-Ouest), au Québec pour Chicoutimi–Le Fjord, et en Colombie-Britannique pour North Vancouver–Capilano.
ALEXANDRIA – Plus d’une cinquantaine d’exposants ont pris part, ce samedi, au Festival du miel et des pollinisateurs de Glengarry, organisé à Island Park, à Alexandria, une localité majoritairement francophone. L’événement vise à sensibiliser le public à l’achat local, à la biodiversité et à la protection de l’environnement.
« L’éducation à plusieurs niveaux », tel est le mot d’ordre du festival, résume Brigitte Bérubé, qui participe à son organisation depuis quatre ans.
« Éduquer la population, les consommateurs à acheter local, à regarder chez des producteurs artisanaux, agricoles, des apiculteurs de notre région, pour que justement l’argent reste dans la communauté. »
Producteurs agricoles, apiculteurs, artisans, organismes communautaires, associations environnementales et citoyennes ainsi que des élus étaient réunis. Objectif : souligner que la protection des pollinisateurs est liée aux pratiques agricoles, aux habitudes de consommation et aux décisions publiques.
Brigitte Bérubé participe depuis quatre ans à l’organisation du Festival du miel et des pollinisateurs de Glengarry. Photo : Amine Harmach/ONFR
La question des pesticides faisait également partie de cette réflexion. « On croit qu’ils n’ont pas leur place. Il y a d’autres solutions maintenant. On est plus avancés », affirme Brigitte Bérubé.
Dans un contexte marqué par les tarifs américains imposés au Canada et les appels à privilégier les produits d’ici, l’achat local occupait ainsi une place centrale dans le message transmis aux visiteurs.
L’incertitude liée aux tarifs américains
Parmi les producteurs présents figuraient Yves Lalande et son épouse, Margaret Stewart, propriétaires de Stewart’s Honey, une entreprise située à Green Valley, près de Cornwall et de la frontière américaine.
L’entreprise exploite environ 500 ruches et distribue son miel dans plusieurs commerces de la région. La proximité de la frontière lui permet aussi d’attirer des clients américains, notamment en provenance de Malone et de Masséna, dans l’État de New York.
« Il y a beaucoup d’Américains qui viennent chez nous acheter de notre produit. (…) Là, je ne sais pas s’ils vont le faire ou non. On va voir », rapporte M. Lalande.
Les tensions commerciales incitent le producteur à mettre en suspens un éventuel développement aux États-Unis. Selon lui, l’entreprise pourrait augmenter sa production, notamment en ajoutant 200 ruches, si le contexte devenait plus favorable.
Il estime toutefois que les deux pays ont intérêt à trouver une issue à leur différend commercial. « Dans cette dispute qui se pogne entre les deux pays, personne ne va gagner. C’est comme un divorce. Il faut régler la tension qui se passe entre les États-Unis et le Canada. »
Les petits apiculteurs face au miel importé
Outre Stewart’s Honey, le festival accueillait sept autres entreprises apicoles, pour la plupart de taille plus modeste.
Parmi elles, figurait Capital Bees, installée à Just Food Farm, dans le secteur de Blackburn Hamlet, à Ottawa. Ron St. Louis y gère près de 50 ruches, vend des abeilles à d’autres apiculteurs et propose des formations.
Ron St. Louis, responsable de Capital Bees, gère près de 50 ruches à Just Food Farm, à Ottawa. Photo : Amine Harmach/ONFR
Bien que la taille de son entreprise limite les répercussions directes des tarifs, l’apiculteur se dit préoccupé par la place occupée au Canada par les miels étrangers. « Les importations nous concurrencent de manière déloyale, notamment celles qui proviennent de Chine ou d’Argentine. Elles sont souvent moins chères et de moindre qualité. Le fait qu’elles soient accessibles dans toutes les épiceries accentue cette concurrence. »
Ron St. Louis invite donc les consommateurs à se tourner davantage vers les entreprises de leur région. « Il faut acheter local, chez les petits producteurs. Cela crée une diversité, en plus d’être meilleur pour l’environnement et l’économie. »
Tarifs et barrières interprovinciales
Les répercussions des tarifs américains se font également sentir chez Brauwerk Hoffman. Cette brasserie de Rockland possède une compagnie sœur à Campbell’s Bay, au Québec.
Selon son copropriétaire, Éric Mainville, les tarifs ont notamment fait augmenter le prix des canettes en aluminium utilisées par l’entreprise. « La matière première provenant du Québec est exportée aux États-Unis avant de revenir au Canada sous forme de canettes, désormais plus coûteuses », constate-t-il.
Aux tarifs s’ajoutent les barrières commerciales entre les provinces, particulièrement contraignantes dans le secteur des boissons alcoolisées. La proximité de Rockland avec le Québec rend ces obstacles particulièrement perceptibles pour la brasserie.
« C’est sûr qu’on aimerait faire plus d’échanges avec eux ou du libre-échange avec nos partenaires. C’est peut-être la barrière qui nous touche le plus, nous-mêmes », souligne M. Mainville.
Éric Mainville, copropriétaire de la brasserie Brauwerk Hoffman, affirme que les tarifs américains ont fait augmenter le coût des canettes en aluminium. Photo : Amine Harmach/ONFR
En milieu d’après-midi, Brigitte Bérubé estimait que le festival avait déjà attiré environ 2000 personnes. « Si on regarde le stationnement, même à la fête du Canada, on n’a pas du monde comme ça. On est rendus à probablement 2000, facilement. »
Cette deuxième édition organisée à Island Park proposait également des conférences, de la musique, des activités gratuites pour les enfants et une chasse au trésor.
HEARST – La nomination d’un nouveau directeur général anglophone à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst engendre de vives réactions au sein de la communauté francophone du Nord. Inquiets pour l’avenir des services en français dans cette institution phare de la région, des résidents et porte-parole dénoncent une décision et un processus d’embauche en contradiction avec l’identité de l’hôpital.
Dans une publication récente sur son compte Facebook personnel, Fabien Hébert, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), déplore l’embauche récente d’un professionnel de la santé anglophone en tant que directeur général de l’Hôpital Notre-Dame de Hearst. C’est après avoir reçu une confirmation du conseil d’administration que le nouveau directeur était effectivement non francophone qu’il a décidé de s’exprimer sur le réseau.
« C’est une véritable gifle pour notre communauté », écrit-il. En quelques heures, la publication amasse une centaine de mentions J’aime et une trentaine de commentaires des membres de la communauté soutenant ses propos. Dans une deuxième publication, il demande des explications claires du conseil d’administration de l’hôpital, qui, pour l’instant, ne s’est pas exprimé publiquement sur la situation.
« C’est venu résonner dans ma fibre francophone de savoir qu’une institution comme Notre-Dame, qui est vraiment une institution phare au niveau du Nord de l’Ontario, au niveau de la francophonie, se retrouve maintenant avec une direction générale anglophone ».
Bien qu’il précise ne pas remettre en cause les capacités professionnelles de ce directeur général, il s’inquiète quant à l’aptitude de l’hôpital à maintenir son offre de services en français au niveau de la direction. Surtout, il voit cette décision comme le début d’une transition majeure.
Lui qui a travaillé dans cet hôpital dans les vingt premières années de sa carrière, assure que l’institution est, dans son essence, francophone, et que toutes les directions générales ont été pilotées par des personnes francophones ou bilingues.
« Tous les procès-verbaux des conseils d’administration ont été rédigés en français, note-t-il. Est-ce que ça veut dire que toutes les réunions des équipes de gestion vont se produire en anglais maintenant parce qu’un dirigeant est anglophone? », s’interroge-t-il, en précisant que cette situation est le geste qui va faire basculer cet hôpital dans un avenir de plus en plus anglophone.
Un processus d’embauche questionné
Pour André Rhéaume, ancien agent de développement communautaire de l’ACFO du Grand Nord, c’est le processus d’embauche qui ne passe pas. « Je questionne un petit peu les efforts de recrutement qui ont été faits ». Il considère surtout que le processus de sélection ne s’est pas assez penché sur le réseau francophone de la région. Il affirme avoir vérifié auprès de la rectrice de l’Université de Hearst si l’hôpital avait sollicité l’établissement postsecondaire dans son processus de recrutement. Ce n’était pas le cas.
En apprenant l’embauche d’un directeur non francophone, il a sollicité le conseil d’administration de l’hôpital le 15 juillet dernier. Dans un échange de lettres obtenu par ONFR, M. Rhéaume a exprimé sa déception face à cette décision envers Mélanie Paul, la présidente du conseil, demandant à ce que l’institution désigne le poste comme bilingue.
Quelques semaines plus tard, la présidente lui a répondu, soulignant l’engagement « indéfectible » de l’hôpital envers la francophonie. Elle a défendu un processus de recrutement basé sur l’ensemble des compétences en gestion, en expérience clinique, et en leadership du candidat.
Dans la lettre, elle note toutefois que « la maîtrise de la langue française fait partie intégrante du plan de développement du nouveau directeur général, qui s’est formellement engagé à l’apprendre ».
Sollicités par ONFR, ni l’hôpital ni son conseil d’administration n’ont souhaité s’exprimer.
Bercé par la musique depuis son enfance, Daniel Sauvé franchit un cap majeur dans sa carrière. Le 1er septembre prochain, le natif de North Bay prendra les rênes de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) à titre de directeur général. Actif dans le milieu depuis les années 1990, le membre du groupe Règlement 17, qui a également présidé le conseil d’administration de l’APCM, amorce son mandat prêt à relever les défis d’une industrie musicale en plein bouleversement.
« Commentvotre passion pour le quatrième art est-elle née?
J’ai commencé à jouer de la guitare à neuf ans. On va s’entendre qu’au début, comme toute chose qu’un enfant commence, c’était juste un intérêt. Je viens d’une famille très musicale, alors je pense que, quelque part, c’est dans l’ADN. J’étais attiré par la guitare, donc c’est un petit peu là où je me suis positionné. Au secondaire, j’ai pogné la piqûre des arts de la scène. J’ai fait le choix de me lancer là-dedans et justement mon groupe à l’époque avait gagné le concours de La Brunante.
Il y a eu une convergence d’individus — des profs, des animateurs culturels, des musiciens — qui avaient croisé mon chemin pendant que j’étais au secondaire. Il y avait une philosophie d’animation culturelle à l’école secondaire catholique Algonquin. On avait une équipe de profs qu’on appelait la Dream Team. Ils étaient vraiment très actifs dans tout ce qui était culture. J’avais juste croisé des gens qui m’ont mis dans une situation pour réussir — pour me dire que, oui, les arts, la culture, c’est une route correcte à prendre. C’était de l’encouragement, de la normalisation.
Quelles étaient vos inspirations musicales et quelle place a occupée la chanson francophone dans votre parcours professionnel et personnel?
Le plus de distorsion dans les guitares le mieux! Le hard rock métal, c’était mon truc. Ça l’est encore. J’écoute une immense variété de musique, mais si on me demande s’il y a quelque chose que j’écoute un petit peu plus, c’est ça. Tout ce qui était rock alternatif, ce qui était métal, j’allais là. Force est de remarquer qu’il n’y en avait à peu près pas en français. C’est là que je pense qu’il y a eu le premier déclic, peut-être subconsciemment. Brasse-Camarade, forcément, a eu un impact parce que c’était un band rock qui normalisait un peu mes goûts et je me retrouvais dans ma francophonie. Je voyais que j’avais un modèle francophone que je pouvais suivre aussi. Évidemment, à mon époque, En Bref était immense. Je pense aux Hardis Moussaillons aussi. Le line-up de la Nuit sur l’étang de 1996 était magique. C’était peut-être une des rares années où ça s’était passé à l’aréna de Sudbury.
La communauté musicale franco-ontarienne a toujours été très connectée entre les générations. Les vétérans soutiennent les jeunes qui arrivent. Il y a comme un peu une continuité organique qui se passe dans tout ça. J’ai eu un parcours typiquement franco-ontarien. Et c’est vraiment juste un produit de cet écosystème-là, c’est certain.
Né à North Bay, Daniel Sauvé apprend à jouer de la guitare à neuf ans, et, en 1998, il remporte le concours de La Brunante, un événement musical du festival La Nuit sur l’étang, aux côtés de son groupe Contraste. Photo : Pierrette Madore
Vous avez travaillé à Steve’s Music, la chaîne de magasins d’instruments, pendant 25 ans. Comment cette aventure a-t-elle commencé pour vous?
Comme toute chose dans l’industrie, tu fais juste te pointer! J’ai passé 15 ans de ma vie à Montréal. C’est dans ce Steve’s Music que j’ai commencé. C’était un peu la référence. Pendant peut-être deux ou trois semaines, j’allais une fois par semaine. « Hey, avez-vous une ouverture? » Puis vers la troisième semaine, ils m’ont dit « Ah ouais, j’ai quelque chose pour toi. ». Ça a duré 25 ans. Mais quand je suis revenu en 2014 à Ottawa, j’ai juste transféré de magasin parce que c’était une chaîne. Celui de Montréal avait 60 ans. Celui d’Ottawa était le plus jeune, je pense. Puis j’ai géré le magasin d’Ottawa. Il a fermé cet hiver.
Comment comptez-vous naviguer entre cette double casquette de directeur général et d’artiste, membre du groupe Règlement 17?
On va mettre Règlement 17 en veille pendant que je suis directeur général. On a exploré ce qui est faisable, ce qui ne l’est pas, et je pense que quelque part, c’est la meilleure façon de gérer ça. Nous, d’une manière ou d’une autre, après trois albums, on n’a pas fini. Mais je pense que prendre un recul va nous faire du bien. Puis moi, ça va me faire du bien créativement. Avec ma gang, évidemment, on en a parlé. On est vraiment sur la même page. Il n’y a rien qui m’empêche de continuer à composer et de créer. En même temps, ça me permet vraiment juste de focus à 150 % sur le bien collectif de nos membres, de mes collègues. Parce qu’on ne se le cachera pas, ce sont des temps vraiment particuliers.
« Je crois sincèrement qu’on a besoin des arts pour avoir une communauté franco-ontarienne durable », souligne Daniel Sauvé. Photo : Jamie Johnston
Alors que vous vous apprêtez à prendre les commandes de l’APCM, quels sont les défis majeurs des artistes francophones de l’Ontario aujourd’hui?
Le plus gros changement, évidemment, c’est l’intelligence artificielle. L’outil en soi n’est pas un problème. C’est l’application de l’outil qui peut être problématique. Puis on le voit déjà avec les Suno de ce monde. On est en train de diluer le bassin d’artistes. L’offre est devenue exponentiellement immense. Ce défi existait déjà, mais la découvrabilité est devenue encore plus compliquée à cause de ça. C’est sûr qu’il va falloir qu’on rentre là-dedans. Qu’est-ce qui est une utilisation acceptable dans notre milieu au niveau des outils créatifs? Je pense que ça varie selon l’artiste. C’est là où ça peut être des conversations très intéressantes.
Comme société, on a dévalué la musique depuis les 25 dernières années. La valeur perçue de la musique pour monsieur et madame tout-le-monde n’est plus ce que c’était. Ça vaut à peu près zéro, malheureusement. Pour moi, il y a un modèle qui doit changer. Puis, il faut le changer de façon holistique. Les médias ont un rôle à jouer. Les organismes ont un rôle à jouer, les artistes ont un rôle à jouer, le secteur privé a un rôle à jouer. C’est un peu vers cette approche-là que je me tourne. Se demander comment est-ce qu’on est capable de redonner une valeur culturelle à la musique qui, je trouve, s’est effritée.
Pendant 25 ans, Daniel Sauvé a travaillé chez Steve’s Music, une chaîne de magasins d’instruments. En 2018, il a été le gérant du magasin d’Ottawa, situé sur la rue Rideau, qui a fermé ses portes à l’hiver 2026. Photo : Joe Moon
Ressentez-vous une nostalgie pour l’époque où les artistes créaient sans la pression de l’IA ou des plateformes de streaming?
Je pense que ça serait naïf de romantiser les années 1990. C’est une autre époque. La musique avait un rôle beaucoup plus important au niveau du divertissement parce qu’il n’y avait pas d’énorme industrie du jeu vidéo. Il n’y avait pas de téléphone intelligent. Le monde se divertissait beaucoup plus par la musique parce qu’il y avait moins d’options. En même temps, on peut faire le constat que oui, il y avait peut-être plus d’argent à faire du côté des artistes franco-ontariens. Il y avait une classe moyenne dans les années 1990 qui s’est un peu évaporée.
C’est beaucoup plus difficile d’avoir une carrière de classe moyenne sans nécessairement être une méga vedette. Ça existe encore. Après, on verra si les hologrammes et l’IA prennent la relève! Il y a des artistes qui ne font à peu près pas d’argent, mais qui font de la musique parce qu’ils adorent ça. Pendant les années 1990, il y avait un entre-deux. Je ne dis pas que je veux ramener ça. Mais il y a des leçons à tirer, des comparaisons à faire. Il faut avoir des conditions qui permettent à plus d’artistes de tirer leur épingle du jeu sans nécessairement devenir des vedettes internationales. Ce sont des choix de société qu’on peut faire.
Pour se focaliser sur sa nouvelle aventure professionnelle, Daniel Sauvé compte mettre en pause ses activités avec le groupe Règlement 17 durant son mandat à la direction de l’APCM. Photo : Jean Nicholas Richardson
Vous prévoyez une tournée dans la province qui commencera par le Nord. Quels obstacles remarquez-vous pour les artistes francophones de la région?
Je constate une déconnexion entre l’APCM et le milieu artistique du nord de l’Ontario. Je regardais justement nos chiffres de membriété. Il y a très peu de membres de l’APCM qui sont à Sudbury. C’était beaucoup plus bas que je pensais ou que j’anticipais. Même dans notre programmation, l’APCM organise le festival Quand ça nous chante ( un festival de musique scolaire ) chaque année. Depuis la COVID, je n’ai pas vraiment vu d’écoles de Sudbury venir au festival. On va s’entendre, l’école secondaire Macdonald-Cartier ou l’école secondaire catholique Horizon avaient des programmes de musique très à l’image de ce que j’ai appris à faire sur scène. Ce sont des incubateurs incroyables pour la relève artistique.
J’ai quand même envie d’aller dans le Nord pour vraiment faire l’état des lieux. D’aller répondre à ces questions-là. Puis d’aller parler à mes membres qui y sont, mais aussi à mes non-membres. Je parle beaucoup de Sudbury, mais il y a des artistes à Timmins, à North Bay. Il y en a plein. Tout ce monde-là, c’est important. Je dirais que c’est encore plus important qu’à Sudbury parce qu’à Sudbury, il y a quand même des structures, il y a un écosystème. Si tu es à Kapuskasing, tu es loin de tout. On peut faire des Zooms, des choses de ce genre, mais il n’y a rien comme être en personne pour réseauter et bâtir ta carrière.
Durant son mandat, le nouveau directeur général de l’APCM compte faire une tournée dans la province. Le premier arrêt sera dans le Nord. Photo : Dominic Lafontaine
Quels sont vos espoirs pour votre mandat en tant que nouveau directeur général de l’APCM?
Pour moi, on va commencer par rehausser le sens de communauté dans notre membriété. On l’a un petit peu perdu pendant la COVID. Tout le monde joue au rattrapage. Si on ne fait rien, ça va continuer. Heureusement, il y a beaucoup de gens qui ont de bonnes idées. Il y a un immense travail de concertation à faire. Là, on amène tout le monde à la table pour cet objectif commun.
Comme société franco-ontarienne, on ne peut pas juste être une collection de services gouvernementaux et un système d’éducation. Je suis plus intéressé par le fait d’être une société en santé qui vit dans sa propre langue et qui crée sa propre culture. Évidemment, la musique est une immense partie de ça. Allons prioriser ça parce que ça va créer la demande pour des services. On sera plus visible comme communauté si on a un écosystème culturel en santé. »
LES DATES CLÉS DE DANIEL SAUVÉ
1979 – Naissance à North Bay
1998 – Victoire au concours de La Brunante avec le groupe Contraste.
2009 – Fondation du groupe Règlement 17
2018 – Prise de poste comme directeur général de Steve’s Music Ottawa
2026 – Entrée en fonction à la direction générale de l’APCM
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
Après deux années de controverses, Fierté dans la Capitale tente de retisser ses liens avec la communauté. Sa position exprimée en 2024 n’a toutefois pas changé.
« Dans quel état d’esprit abordez-vous le défilé de cette édition 2026?
Honnêtement, les gens sont très excités. On a très hâte, pas seulement pour le défilé, mais pour le festival en général. D’après ce qu’on entend de nos partenaires locaux, communautaires et des différents groupes, tout le monde est prêt pour la semaine de la Fierté.
Quelles ont été les principales nouveautés cette année?
Nous avons organisé pour la première fois un forum municipal. Comme Ottawa est en pleine campagne électorale, nous avons invité tous les candidats à la mairie à venir parler des enjeux importants pour les personnes LGBTQ+. Tous ne sont pas venus, mais nous avons eu de très bonnes discussions.
Nous avons aussi organisé un déjeuner communautaire en partenariat avec Opération Come Home. Pendant le festival, nous occupons une partie du centre-ville et certains parcs où vivent des personnes sans-abri. C’était une façon pour nous de leur dire merci.
Des participants au défilé de Fierté dans la Capitale, à Ottawa, en août 2025. Le défilé avait été interrompu puis annulé en cours de parcours. Photo : Rachel Crustin/Archives ONFR
Après l’annulation du défilé l’année dernière, qu’avez-vous changé pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise?
Nous avons fait des changements du côté de l’infrastructure. C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles nous avons changé le parcours cette année, afin d’avoir plus de flexibilité si nous en avons besoin.
Mais nous avons surtout fait beaucoup de travail communautaire. Nous avons rencontré des membres de la communauté, notamment des personnes impliquées dans le groupe qui avait participé à l’interruption l’année dernière.
Nous avons eu des conversations difficiles, mais importantes, sur ce que la communauté attend de la Fierté et ce qu’elle souhaite pour l’avenir. Fierté dans la Capitale n’a pas nécessairement été très visible dans la communauté en dehors du festival. Nous faisons donc un effort plus concerté pour améliorer notre travail communautaire et avec nos partenaires. Ces discussions ont même modifié certaines choses cette année, notamment du côté des artistes et de l’accessibilité.
Nous recommençons à tisser des liens pour pouvoir continuer à avoir ces conversations sans que le défilé soit interrompu.
La question de la Palestine était au cœur des événements de l’année dernière. Votre position a-t-elle évolué depuis votre déclaration de 2024?
Notre position n’a pas changé depuis la publication de cette déclaration en 2024. Les engagements que nous avions pris cette année-là, nous les maintenons et nous les poursuivons encore cette année.
C’est toujours très important pour nous. Mais il s’agit surtout d’un travail en arrière-plan, autour des politiques et de la gouvernance. Ce n’est pas nécessairement du travail très « sexy », donc nous n’en parlons pas forcément haut et fort.
Des manifestants affichent leur soutien à la Palestine lors de Fierté dans la Capitale, à Ottawa, en 2024. Photo : Rachel Crustin/Archives ONFR
Comment rassembler lorsqu’un sujet provoque autant de divisions au sein de la communauté?
La Fierté a toujours été un endroit où les conversations difficiles ont leur place et il est important de continuer à les avoir.
Mais je ne pense pas qu’on arrivera un jour à un point où tout le monde sera d’accord. Nous sommes une communauté très diversifiée. Il y a des personnes LGBTQ+ très progressistes et d’autres beaucoup plus conservatrices.
Selon moi, la question n’est pas d’essayer de réunir tout le monde, mais plutôt de savoir si nous sommes capables de travailler ensemble et d’avancer vers un objectif commun. Il y aura toujours des personnes qui ne seront pas contentes. Ce n’est pas notre objectif de plaire à tout le monde, parce que nous n’y arriverions jamais.
Le thème de cette année est « Ensemble, on rayonne ». Que représente-t-il?
Nous avons besoin d’être ensemble pour être vus et être visibles. C’est le pouvoir de la solidarité et de la lutte collective qui nous permet d’aller de l’avant.
Mais « Ensemble, on rayonne », c’est aussi mettre la communauté queer sous les projecteurs, pas seulement pour son côté militant, mais aussi pour montrer son talent. Le thème représente donc à la fois l’idée de faire avancer la communauté et celle de mettre en lumière son travail. »
TIMMINS – Le Collège Boréal de Timmins s’associe au Conseil des services du district de Cochrane (CSDC) pour ouvrir la Résidence Boréal, une nouvelle option de logement collectif pour les étudiants. Ce projet pilote d’un an met à disposition 15 unités abordables pouvant accueillir 25 étudiants afin de renforcer la vie étudiante locale.
La résidence, qui ouvrira ses portes dès mardi prochain, pourra loger 25 étudiants. Né d’une collaboration avec le Conseil des services du district de Cochrane, ce projet immobilier sera déployé pendant un an.
Le campus de Timmins menait déjà des collaborations avec le CSDC, un partenaire de longue date, pour proposer des résidences aux nouveaux étudiants.
« C’est un partenariat qui date déjà de quelques années avec les services sociaux, relate Mélanie Dufresne, la directrice du campus de Timmins. Nous occupions déjà deux maisons avec les services sociaux, une destinée aux femmes, et l’autre aux hommes ». En plus de ces deux logements, le collège bénéficiait d’une troisième maison, celle-ci en partenariat avec un particulier, ajoute-t-elle.
Les maisons étant pleines, l’établissement postsecondaire a sollicité le CSDC pour un projet d’habitation commun à prix abordable. « On a voulu faciliter les choses à nos étudiants supplémentaires qui sont nouveaux à Timmins, voire dans la province. Et cette option de logement permet aussi de regrouper et créer une vie étudiante sous un même toit. »
Après une entente avec le conseil, le Collège Boréal signe un bail d’un an pour occuper un bâtiment historique, situé au 71, rue Main à South Porcupine.
Brian Marks, le directeur général du CSDC, assure par communiqué que cette résidence répond « aux besoins locaux, tout en appuyant l’éducation, le développement de la main-d’œuvre et la croissance à long terme de la communauté ».
L’équipe du campus de Timmins du Collège Boréal a visité la nouvelle résidence le matin du 27 août. Photo : Collège Boréal
Lors de son ouverture officielle, la résidence pourra accueillir les étudiants, répartis dans 15 logements variés, allant du studio aux appartements d’une, deux ou trois chambres. Ce bâtiment est la propriété du Cochrane District Local Housing Corporation, qui s’est d’ailleurs chargé des rénovations nécessaires. « Ils étaient au courant que nous cherchions de plus en plus d’espaces », souligne la directrice du campus de Timmins.
À quelques jours de l’ouverture, c’est maintenant au collège de prendre en charge les coûts de la résidence. « Il assume le côté opérationnel et s’assure que les logements sont pris en charge, puis l’ensemble des coûts pour opérer l’édifice pour l’année ».
Les prix mensuels par unité vont de 600 à 825 dollars. « On s’attend à ce que notre résidence soit pleine cette année aussi », évalue Mme Dufresne, ajoutant que le collège va tout de même privilégier les étudiants en première année afin de soutenir leur succès.
ST. CATHARINES – Ce mois-ci a commencé une planification stratégique communautaire, mobilisant une partie du réseau associatif francophone du Sud de l’Ontario. Le projet vise à ériger un nouveau carrefour francophone dans la région Niagara, suite à l’octroi de 50 000 dollars par Patrimoine canadien (PCH) au mois d’avril. Dès maintenant et au cours des prochains mois, l’accent sera mis sur la co-création d’une vision commune.
Après plusieurs refus de financement dans le passé, c’est enfin la bonne. D’après Jean Chartrand, qui œuvre comme secrétaire au Centre communautaire Le Griffon, l’organisme a désormais fait appel à une firme de consultants pour mener « une étude qui nous donnera des outils pour faire évoluer la collaboration entre les services francophones de la péninsule du Niagara et pour passer au niveau supérieur », se réjouit-il.
Prévue pour durer jusqu’en mars 2027, cette démarche pose les bases de « La francophonie du Niagara vers le futur », un exercice de planification stratégique en vue de la construction d’un nouveau carrefour francophone.
Contrairement à l’Interagence Niagara où une trentaine d’organismes à but non lucratif (OBNL) francophones de secteurs variés se réunissent ponctuellement au cours de l’année, cette fois-ci, pour M. Chartrand, l’objectif est d’aller « au prochain niveau », au-delà des fondements en place pour centraliser les enjeux et solutions en faveur de la communauté.
Jean Chartrand, secrétaire du Centre communautaire Le Griffon à Welland, l’organisme qui chapeaute le lancement de « La francophonie du Niagara vers le futur », comme planification stratégique communautaire en vue de la création d’un nouveau carrefour francophone. Gracieuseté
D’après M. Chartrand, les prochains participants compteront les quatre organismes d’âge d’or de St. Catharines, de Niagara, de Welland et de Port Colborne, ainsi que le Centre culturel Le Griffon et la Maison de la culture francophone. Répondront présents également le Foyer Richelieu, le Club de la Salle, CERF Niagara, Sofifran (femmes immigrantes), et certains conseils scolaires.
Par ailleurs, il assure qu’il n’y a pas d’organisme dominant et que chacun conserve son mandat. Cette centralisation des organismes et des citoyens permettra de mener sous peu des consultations afin d’établir les priorités. À terme, il s’agit « de rassembler les nombreux organismes francophones de la péninsule et d’établir un fil conducteur plus direct », explique le secrétaire de l’organisme culturel.
Le projet était dans les esprits depuis trois ans : « C’est la meilleure initiative depuis dix ans. On voit que ça va être favorable », confie-t-il, visiblement emballé.
« Tous les groupes ont des besoins spécifiques », souligne la directrice de Sofifran
Au vu de son travail avec les différents acteurs de la région en établissement et en immigration, Sofifran (Solidarité des femmes immigrantes francophones du Niagara) apparaît comme un participant de taille, au fait des besoins d’une communauté francophone en situation minoritaire.
Sa directrice générale, Fété Kimpiobi, se réjouit du financement accordé après une deuxième tentative réussie. « Lors de nos assemblées générales annuelles du Griffon, nous étions une vingtaine de partenaires communautaires autour de la table », souligne-t-elle.
La directrice générale de Sofifran, Fété Kimpiobi, se réjouit du cheminement vers un carrefour francophone. Photo : Sandra Padovani/ONFR
Pour elle, un carrefour permettrait l’intégration des communautés francophones historiques, des personnes issues de l’immigration notamment les femmes, les familles exogames, les francophiles, les aînés et les jeunes.
« Bâtir ensemble une francophonie plus inclusive est extrêmement important pour la rendre plus dynamique et plus forte », décrit-elle, en accordant une attention particulière à la jeunesse comme partie intégrante du projet. « Nous devons tous nous mettre ensemble autour d’une vision commune que nous aurons à définir. » Et de marteler le besoin d’immigration francophone dans cette région qui se bat contre l’assimilation.
Un pas en avant pour une région qui se bat contre l’assimilation
Le leader communautaire Robert Renaud, président du Club Les Bons Vivants et représentant de la FARFO, la rejoint : « Pour faire valoir la vie dans la région, il est important d’avoir un rassemblement de services pour que l’on puisse s’entraider. »
M. Renaud, qui préside également la FARFO et Retraite Action Niagara, observe qu’au sein des résidences pour aînés, « les francophones parlent anglais ». Ainsi, selon lui, il est essentiel de disposer d’un carrefour physique : « Un centre physique serait très important parce que cela donne de la visibilité pour vivre en français », permettant de « prendre le pouls de tous les besoins des groupes et des francophones qui vivent individuellement dans la région de Niagara », tout en mettant l’accent sur le besoin de logements pour les aînés.
Jean Chartrand abonde : « D’abord, on aimerait avoir quelque chose de virtuel, qu’on ait une sorte de hub, un point central. Ensuite, un carrefour réel, c’est-à-dire un bureau avec des intervenants », espère le secrétaire. « Dans le meilleur des mondes, on va vers un point de service avec un employé où tu cherches quelque chose en français, et voici ton point de départ. »
Robert Renaud préside le Club Les Bons Vivants. Gracieuseté
Le projet s’inscrit par ailleurs dans la planification stratégique de l’AFO (Assemblée de la francophonie de l’Ontario), dans la foulée des récents états généraux. « On s’est inspiré des grands piliers du rapport de l’AFO sur le plan quinquennal de la francophonie provinciale », souligne M. Chartrand.
« Prendre le pouls de tous les besoins des groupes et des francophones qui vivent individuellement dans la région de Niagara. »
— Robert Renaud, leader communautaire francophone
« Le terme « carrefour », bien que valorisé par les instances gouvernementales, reste une idée ouverte. Sera-t-il une structure organisationnelle partagée un réseau de services virtuels ou un lieu physique de rassemblement? C’est la communauté elle-même, à travers les consultations, qui en décidera », estime par voie de communiqué Melinda Chartrand, directrice générale du Centre communautaire Le Griffon.
Pour le moment, ce nouveau Carrefour devrait voir le jour en 2027.
OTTAWA – À 23 ans, David Moulongou vient de franchir un cap majeur : champion canadien du 400 m haies et désormais international senior, le Franco-Ontarien s’est révélé en 2026 après un parcours commencé presque par hasard au secondaire. Des premiers tours de piste pour manquer l’école à son rêve des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, il raconte une ascension aussi rapide qu’inattendue.
Une première couronne nationale, une première sélection avec l’équipe senior et les Jeux du Commonwealth de Glasgow : en quelques mois, David Moulongou a changé de dimension.
« C’était comme si j’avais vécu trois vies différentes durant ma saison », résume-t-il.
Dès sa première sortie de 2026, le 10 mai à Ottawa, Moulongou court en 50,93 secondes, améliore son record personnel de plus d’une seconde et efface un record des Ottawa Lions vieux de 36 ans. Le 3 juin, à Guelph, il passe pour la première fois sous les 50 secondes avec 49,92, avant de décrocher, le 20 juin à Ottawa, son premier titre de champion canadien senior.
« Avant, tu te penses normal. Tu penses que tu vas faire une petite performance, un petit record personnel. Mais après la course, tu te regardes et c’est comme si tu étais une nouvelle personne. »
Cette nouvelle personne se retrouve quelques semaines plus tard aux Jeux du Commonwealth de Glasgow, pour sa première compétition avec l’équipe nationale senior. Cinquième de sa série du 400 m haies en 51,00 secondes, il n’accède pas à la finale. Une expérience plus courte qu’espéré : avec seulement 24 engagés, les organisateurs avaient supprimé les demi-finales initialement prévues, faisant des séries le seul tour qualificatif avant la finale.
« J’aurais bien aimé avoir deux courses. Mais même le fait d’avoir seulement eu une seule alors que je pensais en avoir deux, c’est une expérience et un moyen d’apprendre. C’était au-delà de ce que j’avais imaginé, se réjouit-il. Maintenant, j’ai hâte à mes prochaines expériences. Ça me donne un aperçu de ce que ça peut être si je continue de travailler fort. »
Un hamburger pour commencer
Difficile d’imaginer cette trajectoire lorsque Moulongou découvre l’athlétisme au secondaire. Sa motivation initiale est beaucoup plus simple. « Je voulais juste manquer un peu d’école. C’était tout », se remémore-t-il.
Il s’inscrit avec des amis et, compétition après compétition, se retrouve seul à continuer de se qualifier. Son professeur de sciences et entraîneur, coach Gibson, lui lance alors un défi : descendre sous les 53 secondes au 400 m contre un hamburger et des frites. David Moulongou connaît alors si peu l’athlétisme qu’il ne comprend même pas immédiatement ce que signifie « briser 53 secondes ».
« Quand il m’a dit : ‘brise 53 secondes et je t’achète un burger’, je ne savais même pas ce que ça voulait dire. C’était ça mon niveau d’inexpérience. Moi, je m’en foutais du sport, je voulais juste manquer l’école. »
À 23 ans, le Franco-Ontarien David Moulongou s’est imposé en 2026 parmi les meilleurs spécialistes canadiens du 400 m haies. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images
Il réussit pourtant et se qualifie pour l’OFSAA, le championnat provincial scolaire. Avec une récompense supplémentaire : « Quand il m’a dit que j’allais manquer une semaine, je capotais. Wow, une semaine! C’était ça que je voulais. »
La pandémie de COVID-19 interrompt ensuite ses deux dernières saisons scolaires. Ce n’est qu’à l’été précédant son entrée à l’université qu’il rejoint un club et commence véritablement à prendre l’athlétisme au sérieux.
Un spécialiste des haies qui s’ignorait
Aux Lions d’Ottawa, Moulongou pratique d’abord le 400 m. Son parcours prend un nouveau tournant avecNormand Séguin, son entraîneur encore aujourd’hui, qui décèle chez lui des qualités pour les haies.
Séguin introduit progressivement des obstacles à l’entraînement avant de lui proposer de tenter le 400 m haies en compétition. « Il a introduit ça tellement naturellement que, sans même le savoir, j’avais déjà fait beaucoup de progrès. Quand il m’a dit que je devrais essayer les haies en compétition, je me suis dit : ‘pourquoi pas?’ »
En 2022, le Franco-Ontarien découvre véritablement la discipline et décroche notamment l’argent aux Jeux du Canada à Niagara. Le coup de cœur est immédiat pour une épreuve associant vitesse, technique et réflexion. « Je me suis dit : ‘Wow, j’aime ça’. Quand on parle de technique, de mental et d’intelligence, j’aime ça. Ça correspond vraiment à ma personnalité. »
Sans l’avoir véritablement choisi, Moulongou vient de trouver sa discipline.
Le déclic international
Le véritable changement de perception arrive en 2025, lors des Jeux mondiaux universitaires en Allemagne.
Moulongou y représente le Canada avec la sélection U Sports. Son déclic intervient surtout sur le relais 4 x 400 m. Initialement susceptible d’être remplacé pour la finale, il réalise une performance suffisamment convaincante pour conserver sa place, avant de courir encore plus vite en finale.
Surtout, il comprend qu’il peut rivaliser avec des athlètes internationaux qu’il pensait appartenir à un autre monde. « Après ces deux performances, quelque chose a changé mentalement. Je me suis rendu compte que je pouvais vraiment compétitionner avec les meilleurs au monde. »
Une barrière mentale tombe. « Après ça, toutes mes performances étaient plus faciles. Je me disais que si je pouvais compétitionner avec le monde, je pouvais faire n’importe quoi ici à Ottawa et au Canada. Il n’y avait plus de limite. »
De l’erreur au titre national
Quelques mois plus tard, cette confiance est mise à rude épreuve lors de sa dernière saison U Sports avec l’Université d’Ottawa. Le jeune athlète manque la fenêtre d’enregistrement obligatoire avant une course et est disqualifié. L’erreur le prive de son épreuve individuelle, mais surtout du relais qu’il devait courir avec ses coéquipiers pour sa dernière compétition universitaire.
« Je parlais avec mes coéquipiers et je pleurais. J’étais tellement désolé parce que je voulais courir avec eux. Je me sentais responsable. Quand tu affectes non seulement tes coéquipiers, mais tes frères, parce que c’est comme ça que je les considère, c’est très dur. »
David Moulongou pose avec sa médaille d’or après avoir décroché, à Ottawa, son premier titre de champion canadien senior du 400 m haies en juin 2026. Photo : Brian Rouble/Mundo sport Images
L’épisode le pousse à travailler davantage l’aspect mental de sa performance avec une spécialiste. Avec le recul, l’Ottavien en fait l’un des déclencheurs de son explosion en 2026.
« C’est ce défi qui m’a poussé à aller chercher de l’aide. Le travail que j’ai fait ensuite m’a rendu beaucoup plus solide sur la piste. C’est aussi ce qui m’a amené à gagner le championnat national. »
Los Angeles comme horizon
À 23 ans, David Moulongou ne parle plus de son potentiel comme d’une hypothèse. Son chrono de 49,92 secondes, son premier titre canadien senior et sa première sélection avec l’équipe nationale senior lui ont montré que le très haut niveau était accessible.
« Ça a changé l’idée que j’avais de moi-même. Avant, c’était un peu surréel. Maintenant, c’est réel », explique-t-il.
Il veut désormais multiplier les sélections nationales, participer aux Championnats du monde et se rapprocher des meilleurs spécialistes de sa discipline. Mais un objectif domine tous les autres. « Mon but suprême, c’est de me qualifier et d’aller aux Jeux olympiques en 2028. C’était déjà mon objectif l’année passée et même l’année d’avant. »
D’ici là, ce bourreau de travail entend continuer à réduire la distance qui le sépare des meilleurs. « Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour devenir l’un des meilleurs au monde et avoir le meilleur classement possible pour 2028. »
Le chemin reste long jusqu’à Los Angeles. Mais pour celui qui est entré presque par accident dans un sport dont il ne connaissait même pas le vocabulaire, ce rêve n’a désormais plus rien d’irréel.
OTTAWA – Les quatre compagnies fondatrices et résidentes de La Nouvelle Scène Gilles Desjardins – le Théâtre du Trillium, le Théâtre de la Vieille 17, Vox Théâtre et le Théâtre Catapulte – ont dévoilé jeudi la programmation 2026-2027 de l’établissement. Placée sous le thème « Tangences », la saison se déploiera du 24 septembre au 16 mai.
« On essaie d’avoir des œuvres qui se parlent, même si elles sont très différentes et s’adressent à des publics vraiment différents », explique Émilie Camiré-Pecek, directrice artistique adjointe suppléante du Théâtre Catapulte.
Le Théâtre du Trillium ouvrira la programmation du 24 au 26 septembre avec Lumières, lumières, lumières, une coproduction de la Comédie-Française et de la compagnie québécoise Les songes turbulents.
Librement inspiré du roman Vers le phare de Virginia Woolf, le texte d’Evelyne de la Chenelière suit Madame Ramsay, mère dévouée, et Lily Briscoe, artiste indépendante. La pièce met en lumière les tensions entre création, émancipation personnelle et normes sociales.
Le Théâtre du Trillium accueillera également Au ventre d’un monde (ponos IV), du 11 au 13 mars. Dans ce solo chorégraphié et interprété par Lauranne Faubert-Guay, le corps, le genre, la naissance et la création se rencontrent dans une proposition à la fois charnelle et politique.
Entre sciences, danse et mémoire haïtienne
La compagnie accueillera d’abord, du 14 au 17 octobre, Une brève histoire du temps, une création du Théâtre du Renard inspirée de l’ouvrage de l’astrophysicien Stephen Hawking.
Geneviève Pineault, directrice artistique du Théâtre de la Vieille 17. Photo : Amine Harmach/ONFR
« On ne pense pas nécessairement aller au théâtre pour parler d’astrophysique ou de physique quantique, mais on le fait avec des objets », souligne Geneviève Pineault, directrice artistique et codirectrice générale du Théâtre de la Vieille 17.
La danse entrera ensuite en scène en novembre avec 9.2, une pièce inspirée de la Neuvième Symphonie de Beethoven.
Le danseur et cochorégraphe malentendant Cai Glover choisit de se produire sans son appareil auditif, établissant un parallèle avec Beethoven, qui était presque complètement sourd lorsqu’il a composé sa Neuvième Symphonie.
« C’est vraiment un spectacle qui nous permet d’explorer les sens, le corps et la langue. A-t-on vraiment besoin d’entendre ou de parler pour communiquer? », demande Geneviève Pineault.
La création annuelle de la compagnie, Souviens-toi de la révolution, sera présentée du 24 au 27 février. Cette coproduction du Théâtre de la Vieille 17, du Théâtre français de Toronto, du Fâcheux Théâtre et de la Cie Bazou se penche sur Haïti, première république née d’une révolte d’esclaves.
Les trois artistes-créateurs, Sylvain Sabatié, David Bélizaire et Miracson Saint-Val, entretiennent chacun un rapport différent avec le pays : celui d’un Français issu de l’ancienne puissance coloniale, celui d’un Haïtien récemment arrivé au Canada et celui d’un Québécois d’origine haïtienne qui n’a pas grandi en Haïti.
« Ils essaient de voir ce que ce pays et son histoire peuvent leur apprendre sur leurs quêtes respectives et sur leur rapport à Haïti », explique Geneviève Pineault.
35e anniversaire du Théâtre Catapulte
Pour ses trois spectacles, le Théâtre Catapulte a choisi comme fil conducteur le « trompe-l’œil ».
« Les trois traitent des faux-semblants, des illusions et des fausses apparences », explique Émilie Camiré-Pecek. « On veut apporter une réflexion sur notre monde, qui est un peu là-dedans en ce moment avec l’intelligence artificielle et les fausses nouvelles. »
Le premier rendez-vous, Faussaire, sera présenté le 23 octobre. Dans cette création de Parabole Théâtre, Blanche Gionet-Lavigne commence à mettre en doute l’authenticité d’un tableau reçu en héritage.
« Elle joue son propre rôle et on ne sait pas toujours si c’est vraiment son histoire ou non », précise Émilie Camiré-Pecek. « C’est aussi un spectacle humoristique, drôle et léger. »
Le Théâtre Catapulte présentera en févriere Des frères, de l’artiste franco-ontarien Marc-André Charette. Cette autofiction suit un thérapeute bouleversé par le suicide d’un ami.
« Même si l’on pratique ce métier, on ne peut pas toujours déceler la souffrance que vivent les autres », souligne Émilie Camiré-Pecek.
La compagnie conclura sa saison avec Girlboss, présentée les 15, 16, 17, 22, 23 et 24 avril. Cette création soulignera le 35e anniversaire du Théâtre Catapulte.
Écrite par Mishka Lavigne et Pascale St-Onge, la pièce plonge dans l’univers du marketing multiniveau.
« La pièce parle de féminisme et de capitalisme, puis de la façon dont des systèmes peuvent exploiter ce désir de réussite personnelle et d’indépendance financière », explique Émilie Camiré-Pecek.
Vox Théâtre mise sur le vivre-ensemble
Du côté de Vox Théâtre, la saison sera placée sous le signe du vivre-ensemble, à travers trois spectacles destinés au jeune public et aux familles.
Le premier spectacle, Dans tous les sens, sera présenté le 5 décembre. Cette production de Vox Théâtre, écrite par l’autrice Sarah Migneron, repose sur les jeux de mots, les expressions françaises, le théâtre d’objets et la marionnette.
Pier Rodier, directeur artistique et général de Vox Théâtre. Photo : Amine Harmach/ONFR
« Le texte a déjà fait l’objet d’un album jeunesse publié aux éditions Prise de parole. Nous l’avons revisité et retravaillé pour en proposer une nouvelle mouture », précise Pier Rodier, directeur artistique et général de Vox Théâtre.
Le 1er mai, Racontars arctiques transportera les spectateurs dans le Groenland des années 1950.
« Les personnages se retrouvent dans un lieu clos et doivent apprendre à se connaître parce qu’ils n’ont pas le choix », explique Pier Rodier. « Même si l’histoire se déroule dans les années 1950, dans le Grand Nord, certaines conversations font écho à ce que nous vivons aujourd’hui. »
La saison prendra fin le 16 mai avec Ma Tache, de la compagnie belge Ö Quel Dommage. Sans paroles, le spectacle destiné aux enfants de trois ans et plus mêle théâtre d’ombres, jeu gestuel et univers clownesque.
« En milieu minoritaire, la parole est importante et nécessaire, mais il est aussi intéressant d’explorer d’autres codes », estime Pier Rodier. Ce spectacle sans texte permettra aussi, selon lui, « d’inviter la communauté anglophone du quartier et d’ailleurs à venir découvrir La Nouvelle Scène ».
Un service gratuit pour faciliter la venue des parents
Le service gratuit L’heure du conte et du brico, lancé la saison dernière par le Théâtre de la Vieille 17, sera étendu à six spectacles pour adultes. Il permet aux parents d’assister à une représentation pendant que leurs enfants de 5 à 12 ans participent à une lecture et à une activité créative liées aux thèmes de l’œuvre.
« L’objectif est vraiment d’appuyer et de faciliter la venue au théâtre, surtout pour les parents qui n’ont pas de réseau », explique Geneviève Pineault.
Pas de billet, pas de salle de spectacle, pas de barrière. L’art de rue, c’est la forme d’expression la plus directe et démocratique qui soit. Mais comment transformer un trottoir vide en spectacle bondé?
Découvrez les coulisses et la réalité du métier d’artiste de rue avec Joey Albert à Ottawa et Brant Matthews à Toronto.
NORTH BAY – Ce mercredi 26 août, les Compagnons des francs loisirs ont lancé leur 63e saison culturelle. Sous la houlette d’un nouveau directeur général, l’organisme propose une programmation 2026-2027 riche et variée. Entre spectacles, activités culinaires, événements culturels, et ateliers artistiques, l’offre se veut à l’image de la francophonie changeante de la région.
Les Compagnons des francs loisirs ont donné le coup d’envoi de leur saison culturelle 2026-2027, résolument axée sur la diversité. Alors que l’organisme étudie la possibilité d’ouvrir un nouveau centre communautaire francophone, la programmation culturelle vise à rassembler toute la mosaïque francophone aux quatre coins de la région du Nipissing.
« Dans le Nipissing, la francophonie vit toutes sortes de situations différentes. Il y en a qui sont dans un environnement un peu plus majoritaire. Tandis que d’autres communautés font face à beaucoup de défis », dit Anne Brûlé, la coordonnatrice du secteur culturel de l’organisme. « Notre but est de normaliser le français dans les espaces publics et communautaires ».
Et si la programmation débute officiellement en septembre, l’organisme n’a pas manqué de proposer des festivités aux participants dès le lancement. L’animation de la soirée a été confiée à la drag queen franco-ontarienne, Jenna Seppa et l’interprète franco-ontarien Éric Romanica a également livré une performance.
La diversité au-devant de la scène
Alors que la dernière saison se focalisait sur le 50e anniversaire de la francophonie ontarienne, cette 63e saison désigne la diversité culturelle comme thème. Drag queens, humoristes, musiciens aux genres divers, chefs cuisiniers, et artistes multidisciplinaires — les Compagnons des francs loisirs ont choisi cette année de faire rayonner la pluralité et l’unicité de chaque artiste.
Jenna Seppa est choisie comme artiste associée de la saison 2026-2027. « Je me sens chanceuse de pouvoir être dans le Nord, d’être reconnue par la communauté artistique et de participer à des événements locaux », dit-elle.
Le 25 septembre prochain, lors de la Journée des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes, l’organisme proposera une panoplie de prestations, notamment une apparition de Zale Seck. L’artiste basé près de Hawkesbury régalera la foule avec des prestations en français, wolof et japonais, lors de la célébration du lever de drapeau.
« Très content de participer à ce beau projet parce qu’en tant que franco-ontarien, je représente le drapeau un peu partout », ajoute Zale Seck, l’artiste qui a raflé quatre prix au Contact ontarois en janvier. « Ça va être une découverte ce jour-là. J’ai vraiment hâte de participer et d’apporter ma musique, la musique du monde ».
Zale Seck se produira le 25 septembre à North Bay lors de journée des Franco-ontariens et Franco-ontariennes. Photo : Luna Choquette Loranger
Jenna Seppa est l’artiste associée de la 63e saison culturelle des Compagnons des francs loisirs. Crédit image : Francine Savoie-Jansson
D’autres grands noms de la musique franco-ontarienne seront présents dans cette programmation annuelle. En novembre, Damien Robitaille se produira à Sturgeon Falls, quelques jours plus tard, la chanteuse Kristine St-Pierre performera dans plusieurs villes, dont Mattawa et Corbeil. Enfin, Céleste Lévis sera l’un des derniers actes musicaux à se produire — l’artiste montera sur scène à la fin juin, juste avant que la saison se clôture avec une célébration de la fête de la Saint-Jean.
Étendre sa portée dans la région
Marquant sa première saison à la tête de l’organisme, le nouveau directeur général Yaye Peukassa conçoit cette programmation comme une continuité des événements phares de l’organisme, visant à préserver les « événements traditionnels qui façonnent justement son identité au cours de l’histoire ». Parmi eux, le 64e carnaval des Compagnons des francs loisirs qui aura lieu en mars.
En parallèle, cette 63e saison ambitionne de représenter la francophonie plurielle et changeante de la région, confie-t-il. « Notre programmation doit évoluer pour mieux servir et représenter la diversité de la population. North Bay, et le Nipissing dans sa globalité connait aujourd’hui une poussée des mouvements d’immigration et il faut que notre programmation apprenne, s’adapte et reflète cette réalité ».
OTTAWA — Le Canada semble rouvrir la porte à des discussions pour un accord commercial avec les États-Unis après que la Maison-Blanche a signalé que les mesures pour la langue française et la découvrabilité des contenus n’étaient pas une « ligne rouge » pour Washington.
En entrevue avec CBC hier, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a démenti les propos du premier ministre Mark Carney, qui affirmait que le fédéral s’était retiré de l’entente après que Washington avait soulevé ces enjeux concernant le français.
« Il était hors de question de laisser passer une bonne entente pour une question de ce genre. Ce n’est donc pas un point sur lequel nous avons imposé des conditions plus strictes ou tracé une ligne rouge; c’est même tout le contraire d’une ligne rouge », a mentionné M. Greer.
« Le Canada se réjouit que les États-Unis reviennent désormais sur leurs positions concernant la découvrabilité et l’étiquetage, et qu’ils confirment que les mesures visant à promouvoir la langue française et la culture canadienne ne feront pas l’objet de futures mesures commerciales de la part des États-Unis », a indiqué jeudi matin, sur le réseau X, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc.
Ce dernier ouvre d’ailleurs la porte à la réouverture des négociations sous certaines conditions, alors que les pourparlers sont au point mort depuis l’imposition de droits de douane par les Américains la semaine dernière.
« Nous attendons avec intérêt de nouvelles précisions constructives de la part des États-Unis concernant leurs autres positions, ce qui ouvrirait la voie à un accord commercial mutuellement avantageux et respectueux de la souveraineté canadienne », indique le ministre acadien du gouvernement Carney.
Le premier ministre Mark Carney avait dit, quelques heures après avoir retiré la partie canadienne des négociations, que la Maison-Blanche avait fait des demandes sur la découvrabilité, l’étiquetage en français et la langue de Molière « jusqu’à la dernière minute ».
« Nous n’étions pas prêts à faire des compromis sur notre souveraineté, la protection de la langue française et notre culture. Pour nos collègues américains, soyons clairs. Pour mon gouvernement et pour le Canada, ces questions n’ont jamais été sur la table », a affirmé le premier ministre canadien samedi.
Au cœur du différend soulevé par Mark Carney se trouve la Loi sur la radiodiffusion : le gouvernement canadien exige des plateformes américaines comme Amazon Prime et Netflix qu’elles mettent en valeur la culture d’ici, notamment francophone. Ottawa demande aussi que ces entreprises réinvestissent une partie de leurs revenus réalisés au pays dans la production nationale.
Le représentant au commerce a reconnu que le camp américain avait abordé le sujet dans le cadre des négociations, soutenant « qu’il faut laisser le capitalisme suivre son cours et laisser les gens choisir ».
« Mais nous savons que c’est important pour Québec. Les médias canadiens ont présenté la situation comme si nous avions tenu bon sur un point crucial. Ce n’est pas du tout le cas », a tranché M. Greer.
Un peu plus tôt cette semaine, Donald Trump avait accusé son homologue canadien d’avoir menti concernant la langue française, assurant qu’il « adore les Canadiens français » et que cela était un « mensonge inventé par un premier ministre faible et incompétent pour tenter de gagner le soutien politique des Québécois ».
Selon Jamieson Greer, la Maison-Blanche a montré « beaucoup de flexibilité » sur la question, convenant qu’il s’agit d’un enjeu important pour le Canada.
« Le président Trump, moi et le gouvernement, nous reconnaissons l’importance et la sensibilité de la langue française au Canada, au Québec et des régions Maritimes. On sait que c’est important et que c’est un sujet sensible. On encourage l’utilisation du français », a-t-il commenté.
Depuis le 22 août, les États-Unis imposent au Canada des tarifs de 50 % sur l’acier et l’aluminium, de 45 % sur le bois d’œuvre et de 25 % sur les pièces automobiles. On estime que cette offensive tarifaire vise des biens dont la valeur exportée est d’environ 28 milliards de dollars canadiens, soit 5 % des exportations canadiennes totales vers le voisin du Sud. Lundi, Donald Trump en a rajouté sur son réseau Truth Social, menaçant d’imposer dès janvier 2027 des taxes de 50 % sur les automobiles canadiennes.
Les produits de la mer retirés des contre-tarifs
M. Greer a par ailleurs indiqué en entrevue que la partie américaine « ne resterait pas les bras croisés » si le Canada mettait en place ses contre-tarifs le 8 septembre prochain. À cette date, des tarifs oscillant entre 15 % et 50 % entreront en vigueur pour près de 700 produits américains, d’une valeur globale de 27,6 milliards de dollars.
« Notre position est la suivante : il ne faut pas recourir aux représailles », a-t-il averti.
Ces mesures cibleront en particulier les exportations américaines dans les secteurs de l’acier, des produits laitiers, des appareils électroménagers, de l’équipement agricole, des pâtes et papiers, ainsi que des produits électroniques — des domaines où les biens canadiens subissent de plein fouet l’impact des tarifs imposés par les États-Unis.
Le ministère des Finances a fait savoir jeudi qu’il retirait les produits de la mer, initialement introduits dans la liste de produits américains sujets à des droits de douane.
« Des ajustements ont été apportés en fonction des commentaires reçus pour nous protéger contre les préjudices économiques plus généraux, notamment en retirant les produits de la mer et le poisson de notre liste de contre-mesures tarifaires, tout en maintenant une réponse équivalente au dollar près et au taux près », a déclaré le ministère fédéral.
Dans cet épisode, Denis Desaulniers livre un témoignage authentique sur la réalité d’un travailleur de l’industrie automobile à Pointe-aux-Roches dans le sud de l’Ontario. Employé chez Stellantis depuis 32 ans, il raconte la vie sur le plancher d’usine, le rythme de la ligne de production et le climat d’instabilité causé, entre autres, par les tarifs douaniers et les tensions politiques.
Mais au-delà de l’usine, Denis est un pilier pour sa communauté. Marqué par le décès de son père pendant son adolescence, il s’investit depuis 15 ans au comité du cimetière, apportant une écoute précieuse aux familles éprouvées. Généreux de nature, il rassemble aussi son village autour de ses célèbres soupes dominicales cuisinées dans son garage. Un échange chaleureux sur le métier d’ouvrier, l’art de se serrer les coudes et l’importance d’apprendre à recevoir du soutien dans les moments difficiles.
OTTAWA — Six ans après avoir obtenu son autonomie, le Consortium Centre Jules-Léger (CCJL) est désormais propriétaire de l’édifice qui abrite ses deux écoles, les logements destinés aux élèves et ses bureaux administratifs. Une acquisition que le 13e conseil scolaire francophone de l’Ontario présente comme une nouvelle étape vers une gestion pleinement autonome.
Le bâtiment accueille l’École d’application, l’École provinciale ainsi que les logements des élèves qui doivent séjourner à Ottawa pour avoir accès aux services spécialisés du Consortium.
« Devenir propriétaire de ce bâtiment marque une étape majeure dans notre parcours vers une gestion pleinement autonome, par et pour les francophones. C’est un grand moment! », a déclaré le directeur de l’éducation du CCJL, Jean-François Boulanger.
Pour ce dernier, l’annonce marque l’aboutissement de plusieurs années de démarches.
« C’est un grand soulagement. Cela fait plus de cinq ans que je travaille là-dessus. Les conseillers scolaires avaient amorcé des conversations avant même le transfert de gouvernance », confie-t-il à ONFR.
Le CCJL offre des services éducatifs spécialisés aux élèves francophones de partout en Ontario ayant des troubles sévères d’apprentissage ou vivant avec la cécité, la surdité ou la surdicécité. Crédit photo : Florian Brisot/ONFR
Un transfert depuis Infrastructure Ontario
L’opération ne constitue pas une vente immobilière classique, mais un transfert entre deux entités provinciales. L’édifice, qui appartenait auparavant à Infrastructure Ontario, a été transféré au CCJL, précise M. Boulanger. Celui-ci n’a pas souhaité dévoiler la valeur financière ni les modalités détaillées de la transaction.
Le Consortium occupe depuis 1998 l’édifice situé au 281, avenue Lanark, à Ottawa. Il souhaitait demeurer sur ce site et profiter des rénovations et des investissements réalisés par le ministère au fil des années.
« Ce que cela veut dire, dans le fond, c’est que le CCJL est maintenant responsable de gérer cet édifice, peu importe le coût opérationnel », explique le directeur de l’éducation.
Le transfert ne devrait donc pas entraîner un allègement immédiat du budget du Consortium. « Nous verrons après une année quels seront les impacts budgétaires. Nous allons continuer à gérer l’édifice avec les fonds que nous recevons du ministère », indique-t-il.
Une plus grande marge de manœuvre
L’acquisition doit surtout permettre au Consortium de planifier plus librement le développement de ses installations et de ses services, en fonction de l’évolution des besoins des élèves et de leurs familles.
« Cela implique que nous sommes davantage maîtres de nos installations. Si nous décidons de faire un agrandissement, de modifier des locaux ou d’ajouter un local spécialisé, nous n’aurons plus à passer par toutes les approbations extérieures au CCJL, qui pouvaient prendre des mois et des mois », souligne M. Boulanger.
À ses yeux, cette nouvelle responsabilité revêt également une dimension symbolique pour la communauté franco-ontarienne.
« On minimise souvent la portée d’une telle annonce en disant que ce n’est qu’un édifice. Mais je pense qu’il est important de savoir que les francophones peuvent gérer leurs propres bâtiments. Le « par et pour » signifie aussi gérer nos propres installations », insiste-t-il.
Le CCJL offre des services éducatifs spécialisés aux élèves francophones de partout en Ontario ayant des troubles sévères d’apprentissage ou vivant avec la cécité, la surdité ou la surdicécité. ONFR avait d’ailleurs consacré un grand angle au CCJL, à son fonctionnement et aux services spécialisés qu’il offre aux élèves francophones de la province.
Le Consortium célèbre cette acquisition après 46 années d’existence, dont six comme conseil scolaire francophone autonome.
Six années de démarches
Le CCJL assure de façon autonome sa gouvernance et sa gestion depuis 2020. À cette époque, le transfert de la propriété de l’édifice ne faisait pas partie des acquis, rappelle la présidente du Consortium, Johanne Lacombe.
« Lorsque nous avons entrepris le transfert de gouvernance en 2020, rien n’était acquis quant à l’obtention de la propriété du bâtiment. Il aura fallu six années de travail, de discussions, de suivis et d’engagement envers la mission du CCJL pour en arriver à cette finalité. Aujourd’hui, nous pouvons dire : mission accomplie! », a-t-elle affirmé.
OTTAWA — Le Conseil municipal d’Ottawa a adopté ce mercredi une motion visant à protéger les entreprises locales contre les nouveaux droits de douane américains, notamment en renforçant l’achat canadien, en facilitant l’accès des entreprises aux contrats municipaux et en resserrant la coopération économique avec Gatineau. Les échanges ont aussi donné lieu à l’annonce d’une démarche pour renommer l’avenue Trump.
Présentée par le maire Mark Sutcliffe, la motion répond à l’imposition, depuis le 22 août, de droits de douane américains de 50 % sur de nombreux produits canadiens.
« Ces tarifs touchent directement les entreprises locales. Ils créent un climat d’incertitude et de perturbation comme je n’en ai jamais vu auparavant », a déclaré le maire devant le Conseil.
La Ville entend poursuivre une stratégie d’approvisionnement donnant la priorité au Canada et réduire les obstacles rencontrés par les entreprises d’Ottawa qui souhaitent obtenir des contrats municipaux. Selon la motion, près de 96 % des dépenses d’approvisionnement de la Ville en biens et services ont été effectuées auprès de fournisseurs locaux en 2025.
Le texte prévoit aussi la relance de la campagne « Achetez local, achetez canadien » et la mise à jour, sur le site de la Ville, d’une trousse regroupant les ressources destinées aux entreprises touchées. Les résidents et les commerçants sont par ailleurs invités à afficher le drapeau canadien à leur fenêtre en signe de solidarité.
Mark Sutcliffe a indiqué que le grand drapeau canadien réinstallé sur le côté nord de l’hôtel de ville y demeurerait de façon permanente. Photo : Amine Harmach/ONFR
« Les entreprises locales peuvent afficher des pancartes dans leurs vitrines afin d’encourager les résidents à dépenser leur argent chez elles, plutôt que de l’envoyer à Amazon et de faire venir des produits des États-Unis », a-t-il déclaré.
Ottawa et Gatineau comme une seule région économique
Une partie importante de la motion porte sur le rapprochement économique entre Ottawa et Gatineau. La Ville souhaite collaborer avec Gatineau ainsi qu’avec les gouvernements fédéral et provinciaux afin de faire reconnaître les deux villes comme une seule région économique et de réduire les obstacles au commerce interprovincial.
Cette coopération doit notamment viser les secteurs du tourisme, de la défense, de la cybersécurité, des technologies et de la culture. Le personnel municipal devra également examiner des solutions d’infrastructure capables de mieux relier les réseaux de transport de marchandises de l’Ontario et du Québec.
La conseillère Stéphanie Plante, qui dit avoir demandé l’ajout de cet élément à la motion, a insisté sur les difficultés de circulation des poids lourds entre les deux rives.
La conseillère municipale Stéphanie Plante réclame des infrastructures dédiées aux poids lourds afin d’améliorer la circulation des marchandises entre Ottawa et Gatineau. Photo : Amine Harmach/ONFR
« On sait qu’on ne peut pas simplement continuer à les faire passer par King Edward. Il faut absolument une infrastructure dédiée aux camions et aux poids lourds », a-t-elle affirmé à ONFR, évoquant notamment le projet d’un sixième lien interprovincial.
Le conseiller Rawlson King a pour sa part salué la nouvelle entente de collaboration, conclue la veille entre Ottawa et Gatineau, qui vise notamment à renforcer les liens économiques entre les deux villes.
« C’est précisément le moment de travailler ensemble afin d’attirer des investissements, de créer des possibilités économiques et de bâtir une région de la capitale nationale plus forte, face à l’incertitude économique et aux tarifs américains », a-t-il souligné.
Et d’ajouter : « Chaque dollar dépensé auprès d’une entreprise locale d’Ottawa est un dollar qui demeure ici, qui soutient une famille locale et qui contribue à bâtir le type de résilience économique dont nous avons besoin. »
Des PME aux entreprises technologiques
La conseillère Marty Carr a demandé que les petits producteurs locaux, notamment les producteurs de miel et les petites entreprises de transformation alimentaire, soient pris en compte.
« Pour elle, il est vraiment difficile d’accéder aux grands réseaux de distribution et aux grands marchés. Nous devrions aussi examiner cet aspect », a-t-elle signifié.
De son côté, la conseillère Cathy Curry a insisté sur la portée plus large de l’achat local.
« Quand on parle d’acheter local, il ne faut pas penser uniquement aux commerces de détail ou aux produits que l’on achète directement dans un magasin. Il faut aussi penser aux pièces et aux composantes qui entrent dans la fabrication de différents équipements, notamment les serveurs et les technologies que nous utilisons », a-t-elle fait valoir.
Elle a rappelé que de nombreuses entreprises d’Ottawa, notamment dans le secteur technologique de Kanata, conçoivent et fabriquent localement ces composantes.
L’avenue Trump pourrait changer de nom
Les discussions sur les tarifs ont par ailleurs relancé le débat entourant l’avenue Trump, dans le quartier Parc central.
Le conseiller Riley Brockington a annoncé qu’il travaillerait avec les résidents et le personnel municipal afin de lui trouver un nouveau nom. Le secteur, construit il y a environ 25 ans, compte plusieurs rues dont les noms sont associés à la ville de New York.
Le conseiller municipal Riley Brockington. Photo : Amine Harmach/ONFR
« Je trouve qu’ici, dans la capitale nationale, le fait d’avoir le nom de Donald Trump sur une rue constitue, d’une certaine manière, une marque de respect et un honneur », a déclaré le conseiller.
Selon lui, Donald Trump ne répondrait plus aux critères actuels de la Ville en matière de dénomination commémorative.
M. Brockington assure que le choix d’un nouveau nom se fera avec les résidents de l’avenue Trump. Une précédente tentative, menée il y a quelques années, n’avait pas abouti.
Stéphanie Plante s’est dite « absolument, à 100 % » favorable au remplacement du nom.
« C’est une bonne occasion de discuter avec les résidents et de mettre en valeur des personnes qui ont façonné cette ville, que ce soit des femmes ou des personnes issues des minorités », a-t-elle indiqué à ONFR.
Le maire Mark Sutcliffe a reconnu qu’un changement de nom entraînerait certaines démarches administratives pour les résidents, notamment auprès des compagnies d’assurance, mais il a appuyé le principe d’une nouvelle appellation.
« J’appuie cela, et ce serait ma préférence ici à Ottawa. Mais je comprends aussi pourquoi il y a de la résistance, parce que cela demande des efforts », a-t-il nuancé.
FAUQUIER-STRICKLAND – Désertée lors de la période de mise en candidatures, la scène politique de Fauquier-Strickland s’anime enfin. Celui qui était conseiller à la municipalité Pierre Lamontagne vise maintenant la mairie, et six candidats sollicitent désormais un siège au conseil municipal.
Il y a moins d’une semaine, aucun candidat n’avait maintenu son inscription au moment de la fermeture des dépôts de candidature le 21 août dernier. Conformément à l’article 33 de la Loi sur les élections municipales, le canton a dû ajouter une période additionnelle de nomination jusqu’à ce mercredi 26 août à 14 h. C’est à ce moment que la course a finalement repris en vitesse. Pierre Lamontagne, conseiller municipal depuis quatre ans, s’est officiellement présenté pour la mairie.
« Je sais ce qu’il se passe, je connais les besoins de notre municipalité. Je pense que Fauquier-Strickland est capable de se remettre sur pied. Il s’agit d’administrer les affaires comme il le faut. D’après les (candidats au conseil), je pense qu’on aura un bon groupe pour faire ça ».
Alors qu’il est le seul candidat en lice, le conseiller ne s’était pourtant pas manifesté pendant la période officielle de mise en candidature. « Je ne voulais pas mettre mon nom, mais je suis prêt à remonter ce défi ». En effet, c’était Robert Courchesne qui avait tenté sa chance, avant de retirer sa candidature à peine quinze minutes avant la fin des mises en candidatures. Face à l’absence d’autres aspirants conseillers, une élection par acclamation l’aurait contraint à gouverner sans conseil, ce qui l’a refroidi.
Présentement, six personnes sont dans la course pour être conseillers et quatre postes sont à pourvoir. Nicole Lamontagne, la conjointe du candidat à la mairie, a de nouveau déposé sa candidature, elle qui s’était retirer à la dernière minute. Bruce Kitching, Gaëtan Gagnon, Juanita Miscio et Lawrence Davidson figurent sur la liste de candidats au conseil. De l’équipe actuelle, seule Priscilla Marcoux brigue un autre mandat en tant que conseillère.
Même si le conseil compte désormais plusieurs candidats, M. Courchesne reste sur sa décision. Il ne souhaite pas faire partie de la nouvelle administration et d’« être blâmé pour le fiasco financier que Madeleine Tremblay a causé », une raison qu’il donnait déjà lors son désistement vendredi dernier.
À l’aube de son élection par acclamation, Pierre Lamontagne admet qu’être aux commandes du canton ne sera pas une mince affaire. « Je ne dis pas que ça va être facile, on va faire notre possible pour améliorer la situation ».
Parmi ses projets, il parle de mettre en vente des terrains. « Les prix de nos terres sont très compétitifs comparés à ceux du Sud. Tu peux acheter une terre et payer 1000 dollars l’acre. Tandis que dans le sud, ça peut aller à 10 000 dollars l’acre », explique-t-il. De plus, il compte s’attaquer aux taxes. « On a beaucoup d’arrérages de taxes qui n’ont pas été payés. On travaille là-dessus aussi. On va commencer par ça ».
Alors qu’un audit récent de la firme KPMG levait le voile sur l’origine du déficit budgétaire de 2,5 millions de dollars, qui a forcé le canton à suspendre ses services municipaux en 2025, le candidat à la mairie veut avant tout « rattraper le temps perdu ». À quelques semaines de son entrée en poste, il souhaite que son mandat puisse remédier au « manque d’administration » dont souffrait le canton au cours des dernières années.
Deux sœurs, deux parcours qui commencent à se rapprocher. Syla et Savannah Swords poursuivent leur ascension dans le basketball nord-américain, l’une déjà olympienne et cadre montante de l’Université du Michigan, l’autre sur le point de découvrir le championnat universitaire NCAA avec celle du Kentucky. Originaires de Sudbury, les deux Franco-Ontariennes regardent désormais vers un même horizon : l’équipe nationale canadienne, Los Angeles 2028 et, à plus long terme, le monde professionnel.
Le Canada a franchi ce que Syla Swords qualifiait de « première étape » vers les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Invaincues en cinq rencontres à Guadalajara, les Canadiennes ont remporté le tournoi préqualificatif olympique en surclassant le Mexique 83-53 en finale, décrochant leur billet pour les tournois de qualification olympique de 2028.
« Cette équipe a un très bon mélange entre la jeunesse et celles qui ont déjà participé à deux ou trois Jeux olympiques. Les vétéranes savent ce qu’il faut faire pour gagner contre les bonnes équipes », confiait Swords à ONFR au début de la compétition.
Les vétéranes ont apporté leur expérience, mais la jeunesse évoquée par la Franco-Ontarienne a elle aussi répondu présente. À commencer par la Sudburoise elle-même. Avec 14,8 points de moyenne, tout en réussissant 45 % de ses tirs à trois points, elle a obtenu le titre de meilleure joueuse du tournoi. Elle a inscrit au moins 10 points lors de chacune des cinq rencontres, dont 17 en demi-finale contre la Nouvelle-Zélande et 12 en finale face au Mexique.
La même progression se dessine depuis deux saisons dans la ligue universitaire américaine (NCAA). Pour sa deuxième saison avec les Wolverines de l’Université du Michigan, Syla Swords a été nommée dans la première équipe All-Big Ten après avoir figuré dans la deuxième dès sa saison recrue. Elle a tourné à 14,6 points et 2,6 passes par match et terminé meilleure marqueuse à trois points de son équipe avec 68 réussites.
Mais lorsqu’elle revient sur sa saison, ce ne sont pas ses statistiques qu’elle met d’abord en avant.
« J’adore jouer avec l’université du Michigan : les personnes, mes amis, mes coéquipières, mes entraîneurs, explique-t-elle, alors que les changements d’université sont devenus fréquents dans le basketball universitaire. Ici, on a confiance en sachant qu’on est là l’une pour l’autre et qu’on travaille fort. »
Son rôle a surtout changé. Après avoir pu observer des joueuses plus expérimentées durant sa première année, elle a dû assumer davantage de responsabilités. « Cette dernière saison, il n’y avait pas beaucoup de personnes plus âgées. Donc, à mon âge, j’ai dû être une cheffe d’équipe. J’ai trouvé ma voie et ma confiance en moi. »
Sur le terrain, elle estime également avoir progressé dans sa lecture du jeu, en apprenant davantage à réagir à la défense plutôt qu’à décider à l’avance ce qu’elle veut faire. Pour y parvenir, elle raconte avoir passé beaucoup de temps à regarder des vidéos de matchs.
Savannah à son tour en NCAA
À deux ans d’écart, Savannah suit désormais les traces de son aînée. La cadette s’apprête à rejoindre les Wildcats du Kentucky après une dernière saison au secondaire qui n’a pourtant pas ressemblé à celle qu’elle imaginait. Son année a été perturbée par des pépins physiques. Une grave blessure au genou avait notamment écourté sa saison précédente.
« C’était un peu différent de ce que j’aurais voulu pour ma dernière saison au secondaire, reconnaît-elle. Mais c’était amusant. J’aimais jouer avec mes amies et avec les entraîneurs. »
Malgré ce parcours contrarié, Savannah arrive dans le Kentucky avec un statut important. Classée parmi les meilleures joueuses de sa génération, elle a participé au McDonald’s All-American Game 2026.
Elle a déjà passé plusieurs semaines avec sa nouvelle équipe cet été et ne cache pas son impatience. « Je suis tellement impatiente de jouer avec les Wildcats. On a commencé à créer des liens et à travailler ensemble. Je pense qu’avec les entraîneurs et mes coéquipières, on va avoir une très bonne équipe. »
Pour aborder le grand saut vers la NCAA, elle peut compter sur une conseillère particulièrement bien placée. Le principal conseil de Syla? Ne pas oublier pourquoi elle joue.
« Elle me dit surtout d’avoir du plaisir à jouer au basketball, raconte Savannah. Il peut y avoir beaucoup de pression et de stress avec les médias sociaux, mais il faut toujours essayer de garder le plaisir. »
Sœurs avant d’être basketteuses
Car malgré deux vies largement organisées autour du basketball, les Swords tiennent aussi à ne pas réduire leur relation à leur sport. Depuis le départ de Syla pour le Michigan, elles ne s’entraînent plus quotidiennement ensemble. Leurs appels tournent alors autour de leurs autres centres d’intérêt, de leurs amis ou même de Violet, la petite chienne de Syla.
« On a un bon équilibre, résume Savannah. On peut parler de basketball si on en a besoin, mais on est aussi des sœurs et on s’amuse ensemble. »
Cet équilibre pourrait cependant être mis à l’épreuve sur un parquet. Aucun affrontement n’est actuellement programmé entre leurs deux universités, mais l’idée les amuse déjà. « Ce serait tellement cool », lance Savannah.
Et si elles venaient réellement à se retrouver face à face? Est-ce qu’elles se chambreraient sur le terrain? « Oh oui! C’est sûr », répondent-elles en riant.
Le maillot canadien comme point de rencontre
Si leurs chemins pourraient un jour se croiser comme adversaires en NCAA, les deux sœurs ont déjà eu l’occasion de se retrouver sous le même maillot cet été. Savannah a rejoint Syla lors du premier rassemblement estival de l’équipe nationale senior, avant de participer au camp de Victoria, en Colombie-Britannique.
Pour la cadette, cette expérience marque une nouvelle étape. Après avoir été privée de sélection l’été précédent en raison de sa blessure au genou, elle a d’abord retrouvé le maillot canadien avec les U18 en juin, avant de découvrir quelques semaines plus tard l’environnement de l’équipe senior, cette fois aux côtés de sa sœur.
« Ne pas avoir eu la chance de jouer l’été dernier à cause de ma blessure au genou m’a donné un autre niveau d’appréciation de l’honneur que représente le fait de porter le maillot canadien, raconte-t-elle. Le camp lui a également permis d’observer les joueuses seniors dans leur élément, leur façon de travailler et « ce qu’il faut pour être à ce niveau ».
Pour Syla, voir sa sœur se rapprocher à son tour de l’équipe senior s’inscrit dans une période qu’elle juge particulièrement stimulante pour le basketball féminin canadien. « Il y a tellement d’énergie autour du sport féminin et du basketball féminin au Canada. Il y a tellement de jeunes femmes et de jeunes gars qui jouent. C’est très spécial. »
Et pourquoi pas le Tempo?
L’horizon des deux sœurs ne s’arrête évidemment pas à l’équipe nationale. Pour Syla, notamment, la WNBA se rapproche. Et contrairement aux générations canadiennes précédentes, elle peut désormais imaginer une carrière professionnelle avec une équipe évoluant à domicile.
Le Tempo de Toronto ne laisse pas les deux sœurs indifférentes. Syla raconte avoir assisté à un match et avoir surtout été frappée par le public, notamment les petites filles venues encourager les joueuses. « Je suis très excitée d’avoir la chance, si ce n’est pas de jouer avec le maillot du Tempo, de jouer à Toronto pour une autre équipe », confie-t-elle.
Savannah voit surtout ce que l’existence d’une équipe canadienne peut représenter pour celles qui grandissent aujourd’hui avec un ballon entre les mains. « C’est tellement cool d’avoir une équipe au Canada. Les jeunes filles peuvent voir des joueuses qui ont énormément de talent et avoir des modèles à suivre, ici, chez elles. »
Syla dans le Michigan, Savannah désormais à l’Université du Kentucky. Deux ans après son aînée, la cadette marche à son tour dans ses pas, de la NCAA jusqu’aux portes de l’équipe nationale senior. Leurs chemins pourraient bientôt se croiser de plus en plus souvent.
Peut-être un jour en NCAA comme adversaires. Avec le Canada comme coéquipières. Et, qui sait, un jour en WNBA. Pourquoi pas même sous le même maillot à Toronto?
OTTAWA —La période de mise en candidature est maintenant terminée. Dans plusieurs localités, des maires sont reconduits automatiquement dans leur fonction, d’autres y accéderont sans devoir obtenir une majorité faute d’opposants. ONFR s’est entretenu avec des élus francophones afin de faire le point sur la réalité du mandat municipal et les défis de l’engagement local.
Ce manque de combattants politiques s’inscrit dans un mouvement qui s’accélère à chaque cycle électoral. Selon une analyse de l’Association des municipalités de l’Ontario, plus de 550 sièges municipaux sont revenus à leurs occupants par acclamation en 2022, dont 139 postes de maires et de préfets. Cette rareté des candidatures a même privé d’élection 32 conseils municipaux ontariens, désormais entièrement formés sans le moindre passage par les urnes.
« S’il n’y a personne contre moi, je veux dire c’est parce qu’ils doivent être satisfaits avec ce qui se passe et mon travail de maire », commente le maire de Russell, Mike Tarnowski qui est le seul candidat à la mairie.
Mike Tarnowski, maire de Russell, rappelle qu’à Ottawa, la municipalité doit financer la sécurité au domicile de certains élus en raison du vandalisme. Bien que le milieu rural soit moins touché, cette réalité soulève des inquiétudes quant à l’engagement politique. Photo : Inès Rebei/ONFR
Toutefois, celui qui est devenu maire à la suite de la démission de Pierre Leroux en 2024 n’hésite pas à reconnaître une certaine inquiétude : « En même temps, en tant que résident, je dois dire honnêtement que je ne pense pas que c’est la meilleure chose. Dans quatre ans, j’aimerais bien qu’il y ait un embarras du choix pour les résidents, ça c’est important. »
« J’aimerais ça croire que ça va bien. Je veux penser qu’il y a une valeur à la stabilité. Les décisions qu’on prend, c’est avec l’intention d’améliorer la vie des citoyens », répond quant à lui Francis Brière, maire de La Nation, lequel n’a pas non plus d’opposant dans la course à la mairie contrairement aux dernières élections de 2022.
Dans le Nord, Paul Lefebvre, maire du Grand Sudbury et également candidat à sa réélection, y voit un constat mitigé : « Je pense que c’est un mélange. Oui, les gens sont satisfaits, ou les gens ne veulent juste pas s’impliquer parce qu’ils trouvent que c’est trop difficile et que le sacrifice est trop grand. »
L’usure du « 24/7 »
Au cœur de sa communauté, le maire ne décroche jamais. « La demande est constante, 24 heures sur 24, résume Gary McNamara, maire de Tecumseh. On va magasiner ou au parc et on est reconnu. Il n’y a plus de vie privée, et c’est très exigeant pour les familles. »
Élu pour la première fois au conseil municipal en 1991 puis reconduit à la mairie sans opposition à plusieurs reprises, le maire ayant le plus d’expérience de la région de Windsor-Essex dresse d’ailleurs un constat particulièrement sévère sur la crise d’engagement et le taux de renouvellement massif qui frappe la politique locale.
« Il y a beaucoup de membres à travers la province qui ne se représentent pas. On va avoir un changement de 40 à 50 % des candidats. Il y en a beaucoup qui se présentent comme candidats pour une élection, ils se retirent dans quatre ans et disent : « J’en ai assez. » […]. Il y a beaucoup de nouveaux membres qui ne comprennent pas à quel point ça peut être très difficile. »
Gary McNamara, maire de Tecumseh et candidat à sa réélection, défend une approche collaborative de la gestion municipale en déléguant les « pouvoirs de maires forts » à ses conseillers, estimant que la légitimité des décisions repose sur la voix unie du conseil plutôt que sur des mesures unilatérales. Photo : Inès Rebei/ONFR
Cette pression quotidienne pèse également lourdement sur la représentation féminine. La mairesse de Timmins, Michelle Boileau, qui reconnaît subir de nombreuses attaques ciblées en ligne, avoue avoir dû mener une longue réflexion personnelle avant de solliciter un nouveau mandat.
« Il fallait vraiment que j’y réfléchisse : est-ce que je veux continuer à me mettre dans cette position où je me fait souvent attaquer, souvent pour des raisons qui ne m’appartiennent même pas? »
Elle déplore le manque de progrès au fil des décennies : « J’ai eu une conversation récemment avec une ancienne mairesse de Timmins. Ça fait presque 25 ans depuis qu’elle a servi. En lui parlant de l’expérience que j’ai vécue, elle était un peu découragée de voir à quel point les choses n’ont pas tellement changé, comme on l’espérait. »
Le maire du Grand Sudbury, Paul Lefebvre, qualifie la toxicité et la désinformation en ligne de problème systémique assimilable à un « Wild West » numérique, estimant que les autorités provinciales et fédérales doivent intervenir pour cibler les acteurs qui cherchent à manipuler l’opinion publique. Photo : Inès Rebei/ONFR
Le frein financier
Au-delà de l’intrusion dans la vie privée, le modèle économique de la politique locale constitue un repoussoir majeur pour la relève. Mike Tarnowski, maire de Russell, rappelle la précarité du poste pour les jeunes actifs.
« On peut s’entendre que ce n’est pas le gros salaire non plus. Alors pour quelqu’un qui est en plein dans l’âge où ils sont en train de développer leur carrière, ce n’est pas idéal parce qu’on prend en effet une pause de quatre à huit ans. C’est pour ça qu’on voit surtout des personnes un petit peu plus âgées qui se présentent. »
Il pointe également des blocages systémiques : « J’ai entendu des exemples où il y a des municipalités où quelqu’un est contre améliorer la rémunération pour le maire, parce qu’elle est tellement basse qu’il n’y a personne d’autre qui se présente. Alors le maire qui n’a pas besoin de la rémunération reste là par défaut. »
Francis Brière souligne lui aussi ce décalage entre la rémunération et la pression citoyenne « On a toujours cette idée que « je paye ton salaire, donc je vais te critiquer ». Mais il faut que tu sois là avec une passion, parce que si tu regardes la rémunération, ce n’est pas ça qui fait en sorte que tu veux faire la job. »
Face à la violence et aux attaques sur les réseaux sociaux, Francis Brière exprime un désarroi certain et réclame une meilleure protection des élus, tout en avouant son impuissance quant aux solutions concrètes à adopter. Photo : Inès Rebei/ONFR
« Il faut réaliser qu’on a un impact positif. Quand je m’en vais au travail, je vois les impacts de nos décisions prises il y a deux ou trois ans, et les gens en bénéficient. […] C’est très valorisant d’être à la table et d’avoir une influence positive sur les choses : c’est ça qui devrait être la motivation pour se lancer », conclut-il.
« Les gens qui veulent faire de la politique, surtout municipale, doivent croire qu’ils veulent apporter des changements positifs à la communauté. Être là pour soi-même, ce n’est pas la bonne raison », juge quant à lui le maire Lefebvre, ancien député au fédéral et qui brigue un deuxième mandat.
Programmes et parrainage
Pour contrer cette usure et accompagner les nouveaux élus, l’AMO prépare Local Leadership Foundations, un programme qui sera lancé après les élections et vise à offrir aux élus une formation axée sur la gouvernance, la gestion des budgets ou la conduite des réunions dès le début de leur mandat.
« Notre objectif est d’offrir aux nouveaux élus ainsi qu’aux vétérans les outils nécessaires pour gérer la complexité croissante des dossiers municipaux dès leur entrée en fonction », souligne la Dre Kate Graham, politologue et enseignante en gouvernance et leadership aux universités Huron et Western, laquelle est responsable du projet.
Et d’ajouter : « La politique locale est un travail difficile en raison de la complexité de ce que gèrent les municipalités aujourd’hui. C’était inimaginable il y a 50 ans : du logement aux dépendances, en passant par la santé mentale et les infrastructures. La courbe d’apprentissage est extrêmement raide. »
La docteure Kate Graham indique qu’elle s’entretient depuis plusieurs mois avec des élus municipaux de la province afin de concevoir un programme axé sur la transmission d’expertise et l’accompagnement des futurs conseils. Photo : Inès Rebei/ONFR
Pour épauler les élues et combler le manque de ressources après le scrutin, la mairesse de Timmins, Michelle Boileau, met en avant les réseaux d’entraide sur le terrain.
« C’est un peu pour cette raison qu’on avait fondé, moi et d’autres femmes dans le Nord, la Northern Ontario Women’s Association (NOWA). On a reconnu qu’il y a des organismes pour aider les femmes à se préparer, mais il y avait très peu de ressources une fois qu’elles sont élues et qu’elles se retrouvent dans ces positions de leadership. »
Sur le terrain, Gary McNamara insiste sur le parrainage entre pairs pour préserver la relève : « Ce qu’on peut faire pour les aider, c’est que des membres comme mes collègues ici, qui ont été membres pendant beaucoup d’années, soient là aussi pour aider et épauler les nouveaux membres qui se présentent comme candidats et qui ont le succès d’être élus. »
OTTAWA – L’Aventure, une nouvelle école élémentaire publique francophone de 354 places, a accueilli ses premiers élèves mardi, à Orléans-Sud. Alors que son ouverture soulage les établissements voisins, la croissance rapide du secteur laisse déjà présager d’autres besoins.
Dès 7 h 30 mardi, élèves, parents, membres du personnel et représentants du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) ont commencé à prendre part, dans une ambiance festive, à l’ouverture officielle de l’École élémentaire publique L’Aventure, dans le quartier Orléans-Sud.
Le nouvel établissement peut accueillir 354 élèves. Il comprend également une garderie offrant 49 places : 10 pour des poupons, 15 pour des bambins et 24 pour des enfants d’âge préscolaire. Cette ouverture porte à 47 le nombre d’écoles élémentaires et secondaires du CEPEO dans l’Est ontarien.
Selon le directeur de l’éducation du CEPEO, Christian-Charle Bouchard, le budget de l’établissement s’élève à 21,5 millions de dollars.
« Aujourd’hui, ça représente une grande joie pour les familles, ainsi que l’épanouissement de chaque élève, de chaque enfant et de chaque apprenant », a déclaré M. Bouchard. Il y voit également un signe de la croissance de nouvelles communautés scolaires francophones qui ont désormais accès à une école de proximité.
L’Aventure est l’une des deux nouvelles écoles élémentaires ouvertes cette année par le CEPEO, tandis que six autres établissements sont actuellement en chantier, selon le directeur de l’éducation.
Marie-Chantal Desrosiers, surintendante de l’éducation, Christian-Charle Bouchard, directeur de l’éducation du CEPEO, et Céline Labrèche, directrice de l’École L’Aventure. Photo : Amine Harmach/ONFR
Une école attendue
Pour la directrice de L’Aventure, Céline Labrèche, cette ouverture répond directement à l’augmentation des effectifs dans le secteur.
« De plus en plus de familles souhaitent que leurs enfants fréquentent une école francophone. Le CEPEO a donc décidé d’ouvrir une nouvelle école, puisque les effectifs augmentaient dans ses autres établissements », explique-t-elle.
La préparation s’est déroulée sans difficulté majeure. L’école a même obtenu son permis d’occupation à la fin du mois de mai, une avance que Mme Labrèche qualifie d’exceptionnelle pour un nouvel établissement. Une journée portes ouvertes organisée le 20 août avait déjà attiré de nombreux parents et élèves.
Pour certaines familles, la nouvelle carte scolaire change concrètement le quotidien. Samuel Gallard, dont le fils entre en sixième année, habite à quelques pas de l’établissement. Son enfant fréquentait auparavant l’École élémentaire publique Des Sentiers et devait prendre l’autobus.
« Maintenant, nous sommes à 30 secondes à pied, donc c’est plutôt bien pour nous », se réjouit le père. Son fils retrouvera plusieurs camarades de son ancienne école. Il a aussi été rassuré par la présence d’un terrain de soccer. Avant de le découvrir, il craignait que la nouvelle école ne soit « pas bien », raconte-t-il tout en souriant.
Abdou, parent d’un autre élève transféré de l’École Des Sentiers, voit dans ce nouvel établissement une manière d’assurer la continuité de l’apprentissage en français. « Comme l’environnement extérieur est surtout anglophone et que l’école est francophone, cela crée un bon équilibre pour l’élève », résume-t-il.
Une pédagogie tournée vers la nature
Denis St-Pierre, enseignant d’art, fait partie des six enseignants de l’École Des Sentiers qui ont rejoint L’Aventure. Photo : Amine Harmach/ONFR
L’école ne mise pas seulement sur de nouveaux locaux. Elle amorce aussi un processus de certification MOON, une pédagogie articulée autour de quatre relations : avec soi-même, avec les autres, avec les objets intelligents – dont l’intelligence artificielle – et avec la nature.
Denis St-Pierre, enseignant d’art, fait partie des six enseignants de l’École Des Sentiers qui ont rejoint L’Aventure. Il y retrouve environ 125 anciens élèves. Il décrit « une autre approche, une autre façon d’enseigner », davantage centrée sur l’élève. Comme il enseignera à toutes les classes, il aura l’occasion de revoir plusieurs jeunes qu’il connaît déjà.
L’approche doit permettre d’intégrer différentes matières, de décloisonner les apprentissages et de réduire le temps passé devant les écrans. Chaque classe devra notamment consacrer au moins une période par semaine à l’apprentissage à l’extérieur.
Claudine Bisson, enseignante à L’Aventure, se dit très heureuse et enthousiaste, malgré une certaine appréhension devant « un nouveau programme, une nouvelle école et une nouvelle approche pédagogique ». Elle croit toutefois que cette approche « plus humaine » sera bénéfique pour les élèves.
D’autres écoles encore nécessaires
Malgré l’ouverture de L’Aventure, Christian-Charle Bouchard répond « oui et non » lorsqu’on lui demande si l’établissement suffit à répondre à la demande d’éducation publique en français.
L’École élémentaire publique L’Aventure a accueilli ses premiers élèves mardi, dans le quartier Orléans-Sud à Ottawa. Photo : Amine Harmach/ONFR
« Ici, à Orléans, nous sommes bien servis avec cette nouvelle école. Mais, dans quelques années, nous aurons encore besoin d’autres écoles, même dans des secteurs déjà bien desservis comme Orléans », prévient-il.
Cette croissance se fait déjà sentir dans les classes. Deux enseignantes consultées par ONFR font état de groupes plus nombreux. « J’avais 16 élèves l’année dernière. Cette année, j’en ai 23 », confie l’une d’elles. Une autre dit en compter 28 dans sa classe.
Comme le précise M. Bouchard, le territoire du CEPEO s’étend de Trenton à Hawkesbury, en passant par Ottawa et Cornwall, et remonte jusqu’à Pembroke. Certaines communautés demeurent mal desservies, voire sans école publique francophone. Pour certaines familles, la longueur des déplacements rend ce choix scolaire pratiquement impossible, constate le directeur de l’éducation.
Le député provincial d’Orléans, Stephen Blais, rappelle pour sa part que des centaines de maisons ont été construites dans le sud d’Orléans. Trois nouvelles écoles élémentaires doivent ouvrir cette année dans ce secteur, dont deux francophones, mais la croissance résidentielle se poursuit.
« Nous devons maintenir cet élan et investir davantage dans certains secteurs d’Orléans », affirme-t-il, évoquant de nouvelles constructions ou des agrandissements qui permettraient d’éliminer des classes portatives. Il réclame aussi davantage de ressources pour réduire la taille des classes et soutenir l’éducation spécialisée.
L’ouverture de la future école secondaire publique d’Orléans-Sud est prévue pour l’année scolaire 2027-2028. Photo : Amine Harmach/ONFR
Le développement scolaire se poursuivra dans le quartier. Une école secondaire publique de langue française de 713 places, destinée aux élèves de la 7e à la 12e année, est en construction au 2405, chemin Mer-Bleue. Financée à hauteur de 33,3 millions de dollars par la province, elle devrait être achevée à l’été 2027 et ouvrir durant l’année scolaire 2027-2028.
OTTAWA – En réponse à la guerre commerciale engagée par les États-Unis, le gouvernement Carney a annoncé mardi les détails de ses contre-tarifs de 15 % à 50 % sur des produits américains ciblés, d’une valeur globale de 27,6 milliards de dollars. Ottawa viendra aussi en aide aux entreprises et aux employés touchés par le conflit avec des mesures d’aide évaluées à 7,5 milliards de dollars.
Applicables dès le 8 septembre prochain, ces droits de douane viseront notamment l’acier, l’électroménager, l’électronique ainsi que les pâtes et papiers en provenance des États-Unis. Au total, ce sont près de 700 produits importés des États-Unis qui seront touchés par cette salve tarifaire de la part d’Ottawa. Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, en a dévoilé les contours mardi lors d’un point de presse.
Cette offensive tarifaire précise la réplique d’Ottawa aux démarches américaines, après l’entrée en vigueur, le 22 août, de tarifs visant l’acier et l’aluminium (50 %), le bois d’œuvre (45 %) et les pièces automobiles fabriquées au Canada (25 %).
Dans le détail, le Canada augmentera ses tarifs de 25 % à 50 % sur l’acier et l’aluminium. Le mobilier, certains matériaux en bois et le textile en provenance des États-Unis seront aussi taxés à hauteur de 50 %. En parallèle, des surtaxes de 25 % frapperont les appareils électroménagers, les produits de la mer et les produits laitiers, y compris le fromage du pays de l’Oncle Sam. À noter que les droits de douane actuellement en vigueur, visant les véhicules, restent en place.
Selon le gouvernement Carney, ces contre-mesures visent à défendre les travailleurs, producteurs et fabricants canadiens contre l’impact des tarifs américains, tout en soutenant leur compétitivité face aux produits venus du Sud sur le marché intérieur.
« Dans un conflit comme celui-là, il faut être stratégique, mesuré et sérieux dans la réponse, et ce matin, ce qu’on présente, c’est une réponse responsable, sérieuse et stratégique pour faire face à la situation d’aujourd’hui », a déclaré le ministre des Finances, François-Philippe Champagne en conférence de presse.
Plutôt que d’entrouvrir la porte à un ciblage des produits en provenance d’États républicains — à l’instar de ce que demandait le premier ministre ontarien Doug Ford —, le gouvernement fédéral opte pour une approche de réciprocité sectorielle. La plupart des rétorsions canadiennes s’alignent ainsi directement sur les domaines touchés par les taxes imposées par les États-Unis.
L’annonce de mardi ne comporte pas non plus de mesures visant à taxer les envois d’énergie vers les États-Unis, comme le pétrole ou l’hydroélectricité, ou encore la potasse et les minéraux critiques — une autre mesure à laquelle Doug Ford est favorable.
« L’analogie qu’on pourrait prendre est qu’on joue aux cartes. On sait qu’on a plein de bonnes cartes dans notre jeu, mais on sait qu’on n’est pas prêts à les utiliser tout le temps lors de la première main. Il faut être intelligent et c’est ce qu’on fait », a répondu à ce sujet la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly.
Aide aux entreprises et aux travailleurs
À compter du mois prochain, le gouvernement fédéral rehaussera son soutien aux entreprises et aux travailleurs à travers ses programmes actuels. Une enveloppe financière additionnelle de 7,5 milliards de dollars sera allouée, incluant un ajout de 1,5 milliard de dollars pour l’Initiative régionale de réponse tarifaire afin d’appuyer les entreprises confrontées à des besoins de liquidités.
« On vit dans un moment où il y a énormément de complexité et de volatilité, et ce qu’on essaie de ramener pour nos entreprises, c’est du soutien… On bonifie un certain nombre de programmes pour que ce soit simple et flexible pour les entreprises de chez nous », a expliqué François-Philippe Champagne.
La Banque de développement du Canada débloque 500 millions de dollars pour soutenir la trésorerie des entreprises admissibles, en leur proposant des prêts allant de 250 000 $ à 5 millions de dollars.
Ottawa injecte également 2 milliards de dollars supplémentaires dans le Fonds de réponse stratégique, destiné à soutenir les entreprises touchées par les droits de douane qui ont des projets prêts à démarrer visant le maintien du capital en continu.
Pour soutenir les travailleurs, le gouvernement Carney injecte 3,5 milliards de dollars, principalement en simplifiant l’accès à l’assurance-emploi, notamment en supprimant la semaine d’attente et en octroyant 20 semaines de prestations supplémentaires aux employés de longue date. Le gouvernement reconduit également d’un an la possibilité d’accumuler ses prestations sans que les indemnités de départ ne soient déduites au préalable.
Enfin, une nouvelle disposition d’un an permettra d’éviter les pénalités aux salariés ayant quitté leur emploi au cours des derniers mois, à condition que leur départ ait été involontaire.
En assurant « aimer les Canadiens français », le président américain Donald Trump accuse Mark Carney d’avoir menti lorsque ce dernier affirme que les Américains ont mis la langue française sur la table des négociations commerciales entre les deux pays.
« Je n’empêcherais jamais les Canadiens de parler français! En fait, je n’ai même jamais envisagé une chose aussi stupide. Ce mensonge a été inventé par un premier ministre faible et incompétent pour tenter de gagner le soutien politique des Québécois, soutien qu’il a totalement perdu. J’aime les Canadiens français! », a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social mardi matin.
Selon Mark Carney, l’impasse des pourparlers la semaine dernière avec les États-Unis s’expliquerait notamment par leurs exigences quant à des modifications concernant « les subventions et le soutien pour notre culture, et la langue française », ainsi que sur l’étiquetage bilingue des produits au Canada.
« Pour les Américains, la langue française, la culture québécoise, francophone et canadienne sont des questions irritantes. Non, ici au Canada et au Québec, ce sont des droits fondamentaux, pas un irritant », a affirmé le premier ministre canadien lundi.
Ce dernier a aussi mentionné que la question de l’étiquetage bilingue figurait parmi les irritants soulevés par le gouvernement américain, déclarant que le gouvernement canadien a dit « non » à chaque reprise.
Interrogée sur la remarque du président américain, la ministre Mélanie Joly a soutenu que l’enjeu n’était pas « une question d’amour ».
« C’est fondamentalement une question de souveraineté. D’être capable d’avoir un pays qui est capable de protéger sa culture et son fait français… C’est important que nous, on le fasse et on va continuer à le faire », a-t-elle assuré lors d’un point de presse mardi.
Lundi, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, avait aussi accusé le premier ministre canadien d’avoir inventé une « fausse histoire assez drôle » sur la langue de Molière, assurant qu’il respectait le français et s’exprimait lui-même dans cette langue.
Le différend portait plutôt sur l’obligation imposée par le gouvernement fédéral aux entreprises de diffusion américaines comme Netflix et Amazon Prime de mettre en avant une partie du contenu canadien, notamment francophone, sur leurs plateformes respectives. À l’heure actuelle, la loi édicte aussi que ces compagnies doivent verser une partie de leurs revenus générés au Canada pour financer le contenu d’ici, et particulièrement en français.
« Nous pensons qu’il s’agit d’une taxe, une taxe discriminatoire sur les entreprises américaines, mais nous n’avons aucun problème avec la langue française », juge M. Greer.
Les changements induits par la nouvelle réforme en éducation entrent en vigueur cette rentrée. Des questions demeurent toutefois pour les francophones, notamment celle du matériel pédagogique en français sur la nouvelle plateforme d’éducation en ligne. Les conseils scolaires francophones ne savent pas encore quand les ressources seront prêtes et si elles seront obligatoires. L’Association des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (AEFO) estime de son côté que ces premiers intéressés sont laissés dans le flou.
La Loi de 2026 donnant la priorité à la réussite des élèves, adoptée en mai dernier, implique plusieurs changements notables pour cette rentrée scolaire 2026 et ce, afin d’améliorer les performances scolaires.
Les enseignants devront choisir parmi le matériel pédagogique aligné sur le curriculum de l’Ontario, pour trouver des plans de leçon ou pour créer leurs propres outils interactifs ou présentations, avec du matériel téléchargeable et imprimable.
Or, la plateforme Edwin n’est pas encore adaptée pour le réseau francophone.
Tant que les ressources pédagogiques ne seront pas disponibles en français, les conseils scolaires francophones ne seront pas tenus d’utiliser la plateforme. En attendant, les discussions se poursuivent pour trouver une solution pérenne.
« Nous analysons toujours s’il s’agit d’une ressource qui répondra aux besoins pédagogiques des écoles de langue française. Nous aurons toutefois la liberté de choisir une autre plateforme, si pertinent », explique Steve Lapierre, directeur des communications du conseil scolaire Viamonde, avant d’indiquer que « ça reste à confirmer ».
« Pour l’instant, nous ne suivons pas la plateforme Edwin jusqu’à ce que le matériel soit disponible pour les francophones. De ce que j’en comprends, cela vient appuyer l’enseignant pour qu’il puisse bien transmettre son curriculum », déclare pour sa part Marie-France Paquette, directrice associée de l’éducation au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE).
Elle précise d’ailleurs que leurs équipes travaillent depuis de nombreuses années à outiller leurs enseignants.
Une préparation tardive « déraisonnable » selon l’AEFO
« Concernant le matériel de référence et les plans de leçon annoncés, je n’ai rien vu passer depuis les annonces. C’est un délai presque déraisonnable pour une mise en œuvre à ce niveau-là », déplore Gabrielle Lemieux, la présidente de l’AEFO, qui explique qu’avec l’approche de la rentrée, certains enseignants commencent à travailler dès cette semaine.
Celle-ci demande un accompagnement planifié et respectueux du personnel. « Dans cette incertitude, nous craignons une surcharge administrative, de la reddition de comptes prématurée et des échéanciers irréalistes qui mettent le ton sur toute l’année scolaire ».
« Il y a une méconnaissance au sein du grand public : les enseignants ne sont pas rémunérés l’été. Dans le système public comme ailleurs, nous sommes payés pour 194 jours de travail dans l’année scolaire. »
Elle estime que s’attendre à ce que les enseignants prennent sur leurs vacances d’été non payées pour préparer de nouveaux cours va à l’encontre du concept d’être payé pour les heures travaillées.
« Les directives du ministère de l’Éducation ont été reçues en juillet, en plein été », concède Marie-France Paquette concernant la réception tardive des consignes. « Les équipes de travail du conseil scolaire se sont mobilisées immédiatement pour faire avancer l’ensemble des décisions requises. »
En tant qu’enseignante du secondaire, Gabrielle Lemieux considère la planification à rebours comme Fl’un des principes essentiels de l’enseignement. « Des modifications de dernière minute peuvent complètement chambouler la création d’un cours. Il y a plus de questions que de réponses en ce moment. »
Nouvelle note d’assiduité et nouveaux tests au secondaire
Intégrer formellement la présence en classe dans la note académique (à hauteur de 10 % à 15 %) est également un changement majeur de la réforme.
Le ministère de l’Éducation impose également des examens écrits provinciaux uniformes pour les cours théoriques, ce qui oblige les conseils à réajuster rapidement leurs grilles d’évaluation.
La principale zone de flou pour le CECCE réside dans l’application exacte des nouvelles règles d’évaluation provinciales au secondaire. Le ministère impose désormais une grille stricte : la note finale combinera le travail continu (65 %), l’évaluation finale (20 % à 25 %) et une toute nouvelle note d’assiduité et de participation (10 % à 15 %).
Mme Paquette explique que le conseil scolaire communiquera rapidement aux parents et aux enseignants comment ces nouveaux barèmes seront appliqués dès cette rentrée, notamment pour garantir que les absences motivées ne viennent pas pénaliser les élèves.
« Nous veillerons à ce que les mesures nécessaires soient mises en place et communiquées au personnel scolaire pour assurer notre conformité. Des informations explicatives seront aussi fournies aux familles et aux élèves pour que tous comprennent les changements et leur impact potentiel sur le dossier scolaire de l’élève », a également commenté pour Viamonde M. Lapierre.
Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, s’était enthousiasmé la semaine précédente en conférence de presse de cette mesure : « La participation et la présence sont vitales pour le succès du système éducatif. Je sais que les enseignants sont enthousiastes, et j’ai même eu des retours d’enseignants de l’élémentaire qui demandent la même chose ».
750 $ par enseignant pour la salle de classe
Pour les nouvelles cartes d’achat de 750 dollars annuelles octroyées aux enseignants de l’élémentaire, le gouvernement Ford a choisi Staples comme fournisseur officiel pour ce Fonds pour les fournitures scolaires, qui a remporté l’appel d’offres mené par Approvisionnements Ontario.
Annoncé en mars dernier, le programme visait à éviter que les enseignants n’aient à payer de leur poche pour les fournitures de classe.
Dès cet automne, les enseignants pourront y acheter du matériel pédagogique (articles d’écriture, cahiers, calculatrices, matériel d’arts plastiques, ou encore articles d’hygiène comme des mouchoirs).
Pour Gabrielle Lemieux, il s’agit là aussi d’un sujet d’inquiétude. « Nous n’avons aucune idée de ce à quoi cela va ressembler sur le terrain. Le fait que cela passe par Staples soulève des questions inquiétantes sur la privatisation. De plus, cet argent provient du budget existant, ce n’est pas de l’argent en plus. Cela risque d’avoir un impact direct, surtout à l’élémentaire », craint celle-ci, qui espère avoir plus de visibilité avec la rentrée au cours des deux prochaines semaines, en fonction des zones géographiques.
Des candidats sans adversaire, des courses qui attirent plus d’une dizaine de prétendants et quelques figures de la politique municipale qui s’accrochent ou tirent leur révérence : la fermeture des mises en candidature dessine des réalités très différentes dans les municipalités ontariennes à forte présence francophone. Tour d’horizon à deux mois du scrutin du 26 octobre.
Dans le Nord, les réalités électorales diffèrent fortement d’une municipalité à l’autre.
Timmins connaît une campagne particulièrement disputée : la mairesse sortante Michelle Boileau fait face à cinq adversaires, tandis que pas moins de 15 candidats se sont manifestés dans le quartier 5, qui comprend notamment le centre-ville. Le conseiller sortant Andrew Marks, après six mandats, avait annoncé qu’il ne se représenterait pas.
À l’inverse, la campagne sera beaucoup plus tranquille pour Dave Plourde à Kapuskasing. Sans adversaire, le maire en poste depuis 2018 est reconduit par acclamation pour un deuxième mandat consécutif. Acclamations également à Val Rita-Harty, Moonbeam, Dubreuilville et Kirkland Lake.
Le Grand Sudbury demeure l’un des principaux pôles de la francophonie du Nord ontarien. Lors du dernier recensement, en 2021, près de 37 000 résidents avaient le français comme première langue officielle parlée, soit environ 22,5 % de la population. Photo : archives ONFR
Du côté de Nipissing Ouest, dont Sturgeon Falls est le principal centre urbain, Kathleen Rochon sollicite un deuxième mandat. La mairesse affronte Charles Gaston Desgroseilliers et Yvon Duhaime dans une course à trois, tandis que Christine Littlechild est seule en lice dans le quartier 1.
Le Grand Sudbury verra pour sa part Paul Lefebvre tenter de conserver la mairie quatre ans après son élection, face à sept autres concurrents. La situation est également à surveiller à Hearst, où Roger Sigouin vise un septième mandat, et à North Bay où le départ de Peter Chirico ouvre la porte à une nouvelle figure municipale.
Le cas le plus singulier du Nord reste toutefois celui de Fauquier-Strickland. Aucun candidat ne s’est finalement présenté à la mairie ou aux quatre postes de conseillers après deux retraits de dernière minute. Une période supplémentaire de mise en candidature doit être organisée mercredi 26 août, comme le rapportait ONFR vendredi.
On file en outre vers une série de duels impliquant les maires sortants, notamment à Rivière des Français, Cochrane, Mattice-Val-Côté, Chapleau, Wawa et Smooth Rock Falls.
Prescott-Russell, entre acclamations et courses disputées
Le renouvellement est déjà assuré à Hawkesbury, où Robert Lefebvre ne sollicite pas de deuxième mandat. Cinq candidats veulent lui succéder, dont l’ancienne mairesse Jeanne Charlebois, tandis que neuf personnes convoitent les six sièges de conseillers.
Trois candidats se disputent la mairie d’Alfred et Plantagenet : Antoni Viau, Yves Laviolette et Deborah Hendrix.
La course est également à trois à Clarence-Rockland, où le maire Mario Zanth affronte Laurier Lalonde et Jay Woodruff. La concurrence disparaît toutefois dans deux quartiers : Stéphane Fournier, dans le quartier 2, et Michel Levert, dans le quartier 7, sont élus par acclamation.
Hawkesbury est l’une des municipalités les plus francophones de l’Ontario. En 2021, 7450 personnes, soit 74,5 % de la population, avaient le français comme première langue officielle parlée. Près de deux résidents sur trois étaient par ailleurs capables de parler les deux langues officielles. Photo : Hôtel de ville d’Hawkesbury/ Facebook
Situation similaire à Russell, mais cette fois au sommet de la municipalité : le maire Mike Tarnowski est reconduit par acclamation. Cinq candidats se disputent les quatre sièges de conseillers.
La mairie de Casselman se jouera entre Paul Groulx, Geneviève Lajoie et François Richard, alors que six personnes briguent les quatre sièges de conseillers. La situation est bien différente dans la municipalité voisine de La Nation, où le maire Francis Brière est reconduit par acclamation. Tim Stewart dans le quartier 1 et Danik Forgues dans le quartier 3 sont également élus sans opposition, tandis que trois candidats se disputent le siège du quartier 2.
Ottawa et Cornwall, des courses qui font le plein
À Cornwall, quatre candidats briguent la mairie : Sarah Good, Art Levert, Nicole Spahich et Justin Towndale. Mais la compétition est encore plus importante pour entrer au conseil municipal, où 25 candidats se disputent seulement huit sièges. Le scrutin marquera également un changement dans la composition de l’hôtel de ville : le nombre de conseillers passe de dix à huit, ce qui garantit un conseil plus resserré à l’issue de l’élection.
La capitale abrite, en nombre absolu, l’une des plus importantes populations francophones de la province. En 2021, environ 141 555 résidents, soit 14 % de la population, avaient le français comme première langue officielle parlée. Photo : Canva
À Ottawa, le changement d’échelle est considérable avec 14 candidats à la mairie. Le maire sortant Mark Sutcliffe sollicite un deuxième mandat et affronte notamment le conseiller municipal Jeff Leiper et Neil Saravanamuttoo. La course s’est particulièrement animée dans les derniers jours : six des 14 prétendants ont attendu les deux dernières journées de la période de mise en candidature pour déposer leur dossier.
La compétition ne gagne toutefois pas tous les quartiers. Deux conseillers sortants sont déjà assurés de retrouver leur siège sans passer par les urnes : Riley Brockington dans le quartier Rivière et David Brown dans Rideau-Jock, tous deux réélus par acclamation.
Dans le Sud-Ouest, entre continuité et renouvellement
Après bientôt quatre décennies au pouvoir, Mike Bradley n’a pas l’intention de quitter Sarnia. Maire depuis 1988, il a attendu le dernier jour pour déposer sa candidature et affrontera quatre adversaires. Chrissy McRoberts, initialement candidate à la mairie, s’est pour sa part retirée à la veille de la clôture.
Plus minoritaire dans le Sud-Ouest, la communauté francophone de Windsor comptait environ 4450 personnes ayant le français comme première langue officielle parlée en 2021, soit près de 2 % de la population. Photo : Canva
À Windsor, Drew Dilkens a lui aussi attendu avant de confirmer sa présence. Le maire depuis 2014 se retrouve dans une course particulièrement encombrée, avec 11 candidats au total, dont le conseiller Fred Francis.
La concurrence est également forte à London, où 12 candidats, dont le maire sortant Josh Morgan, se disputent la mairie. Certaines courses au conseil sont tout aussi fournies : huit candidats sont notamment en lice pour le seul siège du quartier 4.
De Hamilton à Toronto, des courses aux deux extrêmes
Hamilton fait partie des villes où la compétition est particulièrement soutenue, avec 13 candidats à la mairie. La mairesse sortante Andrea Horwath retrouve notamment Keanin Loomis, son principal adversaire de 2022. La concurrence est également forte dans certains quartiers : le quartier 10 compte à lui seul dix candidats pour un siège de conseiller. Dans le quartier 5, le sortant Matt Francis, un temps seul en lice, fait finalement face à deux adversaires.
Une page se tourne à Welland. Frank Campion ne sollicite pas de quatrième mandat après 12 ans à la mairie et sa succession attire huit candidats.
À Hamilton, environ 6410 personnes avaient le français comme première langue officielle parlée en 2021, soit un peu plus de 1 % de la population. Plus de 32 000 résidents déclaraient toutefois pouvoir soutenir une conversation en français et en anglais. Photo : Wikicommons
Chatham-Kent connaîtra pour sa part une importante refonte de son conseil municipal, passant de six à huit quartiers et de 18 à 14 conseillers. Selon la liste provisoire, le maire Darrin Canniff sollicite un troisième mandat, avec notamment deux membres du conseil sortant, Lauren Anderson et Michael Bondy, parmi ses adversaires. La municipalité ne publiera toutefois sa liste complète de candidats certifiés que le 27 août, après l’éventuelle période de candidatures supplémentaires prévue lorsqu’un poste n’attire pas suffisamment de candidats.
Enfin, Toronto se distingue surtout par l’ampleur de certaines courses. Olivia Chow sollicite un nouveau mandat, mais c’est Toronto-Danforth qui retient particulièrement l’attention : 18 candidats convoitent le siège laissé vacant par Paula Fletcher après plus de deux décennies au conseil. Dianne Saxe a même abandonné sa course à la réélection dans University-Rosedale le dernier jour des candidatures pour tenter sa chance dans ce quartier. Plusieurs vétérans quittent également l’hôtel de ville, dont Gord Perks après près de 20 ans.
Des campagnes très différentes
À deux mois du scrutin, difficile de trouver un portrait uniforme de l’Ontario municipal. Dix-huit candidats pour un siège à Toronto-Danforth, 15 dans un quartier de Timmins ou 25 pour huit postes à Cornwall, pendant que Dave Plourde à Kapuskasing, Mike Tarnowski à Russell et Matt Francis à Hamilton n’ont aucun adversaire.
Et dans le cas exceptionnel de Fauquier-Strickland, il faudra même rouvrir les candidatures faute d’avoir trouvé une seule personne pour former le prochain conseil.
Les électeurs ontariens sont appelés aux urnes le 26 octobre.
HAMILTON – À la suite de l’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis et de l’entrée en vigueur samedi de nouveaux tarifs, le premier ministre Doug Ford annonce l’élargissement immédiat des critères d’admissibilité du Programme de financement pour protéger l’Ontario (PFPO).
Ce programme de 1 milliard de dollars en prêts – lancé à l’origine en août 2025 pour injecter du fonds de roulement direct dans les entreprises (salaires, loyers, services publics) – voit son accès étendu.
Cette enveloppe est désormais mobilisée pour permettre aux entreprises dont les exportations sont touchées par la nouvelle hausse de 50 %, ainsi qu’à celles assujetties aux droits de douane existants (acier, aluminium, cuivre et véhicules automobiles), de mieux faire face aux pressions opérationnelles et de préserver l’emploi.
« Notre gouvernement fera tout ce qui est nécessaire pour défendre les travailleurs de l’Ontario et protéger leur emploi ainsi que leur salaire alors que nous faisons face à cette nouvelle attaque économique du président Trump », a déclaré le premier ministre Doug Ford.
De son côté, la cheffe de l’opposition officielle et du NPD, Marit Stiles, exige un soutien direct aux travailleurs à risque de la province. Elle demande également au gouvernement ontarien un plan complet incluant des aides financières ciblées pour les secteurs automobile et manufacturier, ainsi qu’un renforcement du principe d’achat local « Achetez ontarien » dans les marchés publics.
Rupture des négociations entre le Canada et les États-Unis
La réponse ontarienne résulte directement de la rupture des discussions avec les États-Unis qui, faute d’accord, ont mis à exécution leurs menaces tarifaires. Depuis ce samedi, de nouvelles surtaxes massives au titre de la Section 338 frappent pour environ 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes (soit 5 % des exportations vers le Sud).
Ces droits de douane grimpent jusqu’à 50 % sur une vaste gamme de produits (alcools, électronique, produits transformés du bois, matériel sportif), tout en portant la charge globale à 50 % sur l’acier et l’aluminium et à 45 % sur le bois d’œuvre, en plus du tarif de 25 % maintenu sur l’automobile.
L’escalade s’est encore intensifiée ce lundi matin : le président Donald Trump a directement menacé sur son réseau Truth Social d’augmenter les tarifs à 50 % dès le 1ᵉʳ janvier prochain sur l’ensemble des automobiles, camions, pièces détachées et de l’acier en provenance du Canada.
En réponse à ces attaques, le gouvernement fédéral canadien a confirmé que ses contre-tarifs de réplique « dollar pour dollar » ciblant les exportations américaines entreraient officiellement en vigueur le 8 septembre prochain.
Doug Ford a par ailleurs publiquement soutenu la décision d’Ottawa de quitter la table de négociation et préconise une ligne dure. Il a suggéré d’utiliser l’énergie, l’électricité et les minéraux critiques comme leviers de négociation, tout en ciblant avec des contre-tarifs des États américains politiquement stratégiques.
Zone économique spéciale : l’appel du maire de Sudbury
C’est dans ce contexte de pression américaine et de riposte canadienne que Paul Lefebvre, maire de Sudbury, a pressé ce lundi les deux paliers gouvernementaux à désigner son territoire zone économique spéciale. « Cela permettrait d’attirer les investissements, d’accélérer le développement industriel et de renforcer la chaîne d’approvisionnement en minéraux essentiels du Canada, à un moment où la concurrence mondiale pour les capitaux s’intensifie », a plaidé le premier magistrat de la ville du nickel.
Selon l’élu, les tarifs de l’administration Trump font planer un risque. « Notre nickel, notre cuivre et notre cobalt sont exportés quotidiennement vers les marchés américains, et nos entreprises de fournitures et de services miniers exercent leurs activités de l’autre côté de la frontière. Une escalade des tensions commerciales aura des répercussions sur les entreprises, les travailleurs et les familles du Grand Sudbury. »
M. Lefebvre estime qu’il faut faire plus que vendre la ressource extraite : « Voici l’occasion de voir les choses en grand. Exploiter les mines dans le nord de l’Ontario. Transformer et raffiner le minerai dans le nord de l’Ontario. Fabriquer des produits à plus forte valeur ajoutée ici, en Ontario, partout au Canada, et les vendre sur les marchés du monde entier » avec des emplois canadiens.
SUDBURY – Uber débarque officiellement ce lundi à Sudbury et dans 78 autres municipalités du nord de la province. Alors que la région bénéficiait déjà de quelques compagnies de taxi et d’applications mobiles canadiennes comme Uride, l’arrivée du géant mondial du covoiturage pourrait créer de nouveaux emplois, attirer plus de trafic vers les commerces et institutions locales, et surtout, renforcer la sécurité routière.
Devant l’entrée principale du Collège Boréal, les membres de la communauté sudburoise se sont réunis ce lundi pour lancer le coup d’envoi d’Uber dans la ville du nickel, et pas que, puisque 78 autres communautés dans le nord de la province bénéficieront de l’application de covoiturage.
Pour la députée du Nickel Belt, France Gélinas, ce nouveau service est un grand pas pour les zones moins desservies par les transports en commun et les taxis. « Pour la région que je représente, qui n’a pas ou très peu d’accès aux taxis, ça va rendre nos communautés beaucoup plus sécuritaires. »
Vox pop dans les rues du Sudbury : qu’en penses les usagers?
La sécurité routière s’est imposée comme un enjeu central de l’événement. En effet, le déploiement d’Uber dans la région constitue une alternative qui réduira la conduite avec faculté affaiblie. Steve Sullivan, le directeur de l’organisme Mères contre l’alcool au volant (MADD), a souligné l’importance de ce service pour la jeunesse régionale. À ses côtés, Kim Hancock – dont le fils DJ Hancock est tragiquement décédé à 18 ans en 2014, percuté par un conducteur à Sudbury – a également salué l’arrivée d’Uber.
« C’est intéressant qu’on soit au Collège Boréal aujourd’hui. L’Université Laurentienne et le Collège Cambrian sont aussi ici pour démontrer que leurs étudiants veulent bénéficier de ce service-là », relate Paul Lefebvre, le maire de Sudbury, présent à l’événement pour appuyer l’initiative. « Il y a des gens qui veulent peut-être sortir, prendre un verre ou deux. C’est encore plus facile qu’avant parce qu’il y aura une offre de services qui n’existait pas avant. On enlève ce risque-là aux gens ».
Création d’emplois et retombées économiques
L’arrivée du géant mondial du transport à la demande dans le Nord a déjà suscité l’engouement de plusieurs conducteurs, affirme Laura Miller, la directrice des politiques publiques et des communications d’Uber Canada. « Il y a beaucoup d’intérêt. Des conducteurs passent actuellement le processus de vérification des antécédents, ils nous envoient leurs dossiers de conduite, font inspecter leur véhicule et participent aux formations ».
C’est d’ailleurs l’un des premiers candidats approuvés, Shivjot Sharma, qui a eu l’honneur d’être le premier conducteur Uber de la région. Pour ouvrir le bal, il a escorté la directrice devant le Collège Boréal. « On a assez de conducteurs qui ont complété le processus en entier », dit-elle. « Hier déjà, nous savons quand les gens atterrissaient à Sudbury, ils ouvraient l’application pour voir si Uber était disponible ».
Shivjot Sharma est le premier conducteur Uber du Nord de l’Ontario. Photo : Aïssatou Odia Barry / ONFR
Marie Litalien, présidente et cheffe administrative de la Chambre de commerce du Grand Sudbury, soutient l’idée qu’Uber attirera plus de trafic vers les commerces locaux. Photo : Aïssatou Odia Barry / ONFR
L’implantation d’Uber favorisera l’économie locale en optimisant la mobilité des citoyens entre les différents commerces, affirme Marie Litalien, présidente et cheffe administrative de la Chambre de commerce du Grand Sudbury. Elle confie qu’un grand nombre d’institutions, notamment des restaurants, des hôtels, et des établissements de santé, soutiennent le déploiement d’Uber dans la ville.
« Il y avait des défis avec les transports locaux. Alors, la ville du Grand Sudbury a vu une occasion à travers nos différents partenaires d’essayer d’aider notre communauté d’affaires pour les aider avec le tourisme, le développement économique, et les employés ».
Ce projet porte également un message à la province. Actuellement, la réglementation des transports en Ontario est gérée à l’échelle municipale, ce qui explique pourquoi à peine 44 municipalités sur 404 ont accès à Uber, selon elle. « Quand c’est une politique pour toute la province, c’est plus facile pour des compagnies comme Uber de s’établir dans les communautés plus petites ».
Possible grâce au Projet pilote sur les services de covoiturage dans le Nord, l’arrivée d’Uber pourrait être un modèle pour d’autres régions et municipalités non desservies, dit Mme Miller. « La province fait ici un premier pas en se demandant comment établir des règles solides et cohérentes, à commencer par le Nord-Est de l’Ontario, ce qui nous a permis de fournir ce service ici ».
OTTAWA – La Maison-Blanche a rejeté lundi les accusations selon lesquelles elle aurait demandé au Canada de faire des concessions concernant la langue française dans le cadre des négociations commerciales, comme l’a avancé le premier ministre Mark Carney.
Samedi, le premier ministre du Canada avait confié en conférence de presse que les Américains avaient demandé des changements concernant « les subventions et le soutien pour notre culture, et la langue française », ainsi que sur l’étiquetage bilingue des produits au Canada. Il a aussi avancé qu’il y avait eu des « suggestions » de Washington pour « changer la découvrabilité » du contenu canadien sur les plateformes américaines telles que Netflix et Amazon Prime.
Mais Jamieson Greer, le représentant américain au commerce, responsable des négociations qui ont achoppé avec le Canada vendredi soir, a démenti le tout, soutenant qu’il s’agissait d’une « fausse histoire assez drôle ».
« Ce n’est pas vrai, je ne sais pas d’où vient cela », a-t-il dit lundi matin sur les ondes du réseau CNBC, lorsqu’il a été interrogé sur les prétentions selon lesquelles les États-Unis chercheraient à imposer la priorité à la langue anglaise.
En vertu de la Loi sur la radiodiffusion au Canada, les géants numériques comme Amazon Prime et Netflix doivent promouvoir le contenu canadien, notamment francophone, sur leurs plateformes. Ils doivent aussi verser une partie de leurs revenus au soutien du contenu canadien.
« Ce que nous n’aimons pas, c’est une situation où le Canada, le gouvernement fédéral, force les entreprises technologiques américaines à prendre leurs revenus et à en donner un pourcentage à leurs concurrents au Canada », a expliqué M. Greer.
« Nous pensons qu’il s’agit d’une taxe, une taxe discriminatoire sur les entreprises américaines, mais nous n’avons aucun problème avec la langue française », a ajouté le membre de l’administration Trump, soutenant comprendre « pourquoi les Québécois veulent du contenu en langue française ».
Interrogé sur les propos de M. Greer en conférence de presse lundi, Mark Carney a répondu que c’est un « fait » que les Américains ont mis la culture et la langue de Molière sur la table des négociations.
« Pour les Américains, la langue française, la culture québécoise, francophone et canadienne sont des questions irritantes. Non, ici au Canada et au Québec, ce sont des droits fondamentaux, pas un irritant », a-t-il rétorqué.
Le Globe and Mail a rapporté dimanche que les Américains avaient demandé au fédéral d’accorder des exemptions aux lois exigeant que les grandes plateformes de diffusion en continu américaines améliorent la visibilité du contenu canadien, y compris le contenu en français, au pays.
L’étiquetage bilingue aussi
Mark Carney a aussi réitéré que l’étiquetage bilingue faisait partie d’une liste d’irritants avancée par l’administration américaine. « Le gouvernement du Canada dit chaque fois : non, non, non et non. La blague est finie, ce n’est pas amusant », a répliqué le premier ministre.
La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA), Liane Roy, a d’ailleurs salué la décision d’Ottawa de se retirer de la table de négociation à la suite de cela.
« Lorsque des membres de la classe politique sortent aussi fermement pour la défense du français, il faut le saluer. Le français est un trait fondamental de notre pays et cela ne doit pas se retrouver sur la table de négociation », prévient-elle en entrevue.
Cette dernière s’inquiète, comme l’a souligné le premier ministre, de voir un pays étranger remettre en question les protections entourant la langue française lors de négociations commerciales.
« Mais cela ne me surprend pas, car nos langues officielles et notre diversité sont précisément ce qui nous distingue des États-Unis. Nous ne sommes pas un creuset; nous sommes souverains sur ce plan. Mais ça reste inquiétant de voir ces éléments apportés à la table, particulièrement en ce qui a trait à la découvrabilité », juge Mme Roy.
Depuis samedi matin, les États-Unis imposent au Canada des tarifs de 50 % sur l’acier et l’aluminium, de 45 % sur le bois d’œuvre et de 25 % sur les pièces automobiles produites au Canada. On estime que l’attaque tarifaire de 50 % vise des biens dont la valeur exportée est d’environ 28 milliards de dollars canadiens, soit 5 % des exportations canadiennes totales vers le voisin du sud. Lundi, le président Donald Trump en a ajouté une couche via son réseau Truth Social, menaçant d’imposer dès janvier 2027 des taxes de 50 % sur les automobiles canadiennes.
Les deux pays étaient en pourparlers sur une baisse des droits de douane avant que les négociations n’échouent la semaine dernière, Ottawa ayant décidé de se retirer de celles-ci à la demande de Mark Carney.
« Nous n’étions pas prêts à faire des compromis sur notre souveraineté, la protection de la langue française et notre culture. Pour nos collègues américains, soyons clairs. Pour mon gouvernement et pour le Canada, ces questions n’ont jamais été sur la table, même si les États-Unis ont essayé jusqu’à la dernière minute », a dit le premier ministre canadien samedi.
Ottawa doit détailler sous peu sa riposte « dollar pour dollar » aux tarifs douaniers américains, dont l’entrée en vigueur est prévue le 8 septembre.
PRESCOTT-RUSSELL – Après trois ans d’absence, le Banquet de la Francophonie de Prescott et Russell reviendra le 10 avril 2027 au Complexe sportif d’Embrun. L’ACFO de Prescott et Russell modifie également la signification de son acronyme afin de mieux refléter la diversité de la francophonie actuelle.
« Ce sera l’occasion, une fois de plus, de rassembler et de célébrer la communauté francophone et francophile de Prescott et Russell, son dynamisme, ses réalisations et l’engagement de ceux et celles qui contribuent à sa vitalité », a déclaré à ONFR le président de l’organisme, Ghyslain Hotte.
Le banquet vise notamment à reconnaître les personnes, les organismes de langue française, les entreprises offrant des services en français et les bénévoles qui contribuent au développement de la francophonie régionale.
Ghyslain Hotte, président de l’ACFO de Prescott et Russell. Gracieuseté
Selon le directeur général de l’ACFO de Prescott et Russell, Sylvain St-Pierre, la décision de relancer l’événement répond à un désir exprimé par la communauté.
« Nous avons pris le pouls de la population francophone. Après trois ans d’absence, nous voulions ramener un événement rassembleur à l’échelle de Prescott-Russell », explique-t-il.
L’organisme espère accueillir entre 300 et 350 convives. Le thème de cette nouvelle édition sera dévoilé ultérieurement.
Une date en dehors du Mois de la Francophonie
Le Banquet de la Francophonie se déroulera en avril plutôt qu’en mars, mois traditionnellement consacré à la francophonie.
« Nous aurions aimé l’organiser pendant le Mois de la Francophonie, mais les salles n’étaient pas disponibles en mars. De plus, la fin du mois coïncidait avec la période de Pâques. Nous avons donc privilégié un moment plus rassembleur, au début d’avril », précise Sylvain St-Pierre.
Pour Ghyslain Hotte, cette date pourrait au contraire favoriser la participation.
« Il y a énormément de banquets et de rendez-vous durant le mois de mars tant dans Prescott et Russell que dans la région d’Ottawa. Il était donc difficile de trouver une date qui convienne à tout le monde », observe-t-il.
« Je crois que le choix du 10 avril est une excellente idée et qu’il nous permettra d’attirer davantage de membres de la communauté », ajoute-t-il.
Trois années de reconstruction
L’interruption du banquet depuis sa dernière édition, organisée à Alfred en 2023, s’explique principalement par la situation interne de l’ACFO Prescott-Russell.
L’ancien directeur général avait quitté ses fonctions en 2023, tandis que plusieurs postes au sein du conseil d’administration étaient vacants. Sylvain St-Pierre est entré en fonction en 2024.
« Maintenant, nous avons un bon directeur général et tous les postes du conseil sont occupés. Nous pouvons regarder vers l’avenir en nous appuyant sur des bases solides », affirme Ghyslain Hotte.
Sylvain St-Pierre estime que cette pause a permis à l’organisme de retrouver une certaine stabilité.
Sylvain St-Pierre, directeur général de l’ACFO Prescott-Russell. Photo : Inès Rebei/ONFR
« Les trois dernières années ont permis à l’organisme de se reconstruire et de consolider ses bases. Nous sommes maintenant prêts à passer à une nouvelle étape, davantage axée sur la mobilisation et le rassemblement de la communauté », soutient-il.
Le budget de la prochaine édition n’est pas encore arrêté. Un comité regroupant l’ACFO et différents organismes doit prendre en charge sa préparation. Le banquet devrait aussi servir d’activité de financement pour l’organisme.
La dernière édition s’était soldée par un déficit d’environ 3000 $.
Une nouvelle signification pour l’ACFO
L’assemblée générale annuelle, tenue le 20 août, a par ailleurs entériné une modification importante à la signification de l’acronyme ACFO.
L’Association canadienne-française de l’Ontario de Prescott et Russell devient ainsi l’Association de la communauté franco-ontarienne de Prescott et Russell. L’organisme conservera toutefois son acronyme et son logo.
« Nous ne renions ni le passé ni l’histoire de l’ACFO, loin de là. Mais l’organisme doit aussi représenter la francophonie d’aujourd’hui », explique Sylvain St-Pierre.
Ce changement vise notamment à mieux inclure les jeunes, les nouveaux arrivants, les personnes issues de l’immigration, les francophones provenant d’autres régions du Canada et du monde ainsi que les francophiles.
« Ce qui nous rassemble, c’est la langue française et notre volonté de la faire vivre », insiste le directeur général.
L’ACFO travaille également à moderniser ses statuts et règlements afin d’adapter sa gouvernance aux exigences de la Loi ontarienne sur les organisations sans but lucratif. Le travail n’étant pas terminé, les nouveaux textes devraient être présentés à la prochaine assemblée générale annuelle.
Ghyslain Hotte, qui occupait la présidence depuis janvier 2026, d’abord à titre intérimaire, a été reconduit dans ses fonctions.
Le nouvel exécutif de l’ACFO Prescott-Russell est composé de Ghyslain Hotte à la présidence, Gérard Malo à la vice-présidence, Patrick Bourbonnais au secrétariat et Nadine Trépanier-Bisson à la trésorerie.
HAMILTON – À 23 ans, Maxime Filion vient de franchir une nouvelle étape en signant son premier contrat professionnel, une entente de plusieurs années avec Forge FC. Une consécration pour l’attaquant franco-ontarien qui a longtemps évolué en défense, connu les refus des grandes académies canadiennes et vu sa progression freinée par les blessures. Récit d’un parcours singulier où rien ou presque ne s’est déroulé comme prévu.
Quand Maxime Filion commence à rêver sérieusement de devenir joueur professionnel, rien ne garantit qu’il y arrivera un jour. Le soccer n’a même pas toujours été son seul sport. Enfant, il grandit à Rockland où il partage ses saisons entre le hockey en hiver et le soccer en été, suivant notamment les traces de sa sœur, de deux ans son aînée.
« J’ai commencé le foot parce que ma sœur jouait. J’avais autour de 10 ans », explique-t-il.
Progressivement, le ballon rond prend le dessus. Filion quitte le soccer récréatif pour un niveau plus compétitif, puis rejoint le programme sport-études de l’École secondaire publique Louis-Riel, à Ottawa.
« C’est à ce stade-là que je me suis dit : ‘Je veux vraiment devenir pro’. Je ne jouais plus juste pour m’amuser, c’était vraiment le rêve. »
« Un des athlètes les plus travailleurs »
Joé Fournier se souvient très bien de l’adolescent : « Max, c’était un athlète exceptionnel avec une éthique de travail incroyable. De mes 21 années ici, c’était probablement un des athlètes les plus travailleurs dont je me souvienne. »
L’entraîneur décrit un jeune analytique, performant à l’école, doté d’une importante endurance. Son potentiel athlétique est évident. Mais son principal défi se situe ailleurs. « C’était son côté tactique », explique Fournier.
La vitesse, l’endurance et l’impact physique faisaient déjà partie des principales qualités de Maxime Filion durant ses années de formation à Louis-Riel. Photo : Nick Iwanyshyn/CPL
Rapide et capable de répéter les efforts, Filion avait longtemps été utilisé dans des rôles exploitant surtout ses qualités physiques. À Louis-Riel, qui travaille alors en partenariat avec des entraîneurs liés au FC Barcelone, l’objectif est de développer davantage sa compréhension du jeu.
« Max était tellement intelligent et tellement investi qu’il a bossé. C’était une bataille quotidienne pour essayer de briser de vieilles habitudes. »
Défenseur… avec déjà quelque chose d’un attaquant
Car le Maxime Filion de Louis-Riel n’a encore rien de l’avant-centre que les partisans de Forge connaissent aujourd’hui. Il est défenseur. Latéral en club, il est notamment replacé dans l’axe à Louis-Riel. Dans un système où les défenseurs centraux doivent participer à la construction et multiplier les prises de décision, l’adaptation est difficile.
« J’ai eu beaucoup de discussions avec Max parce que, côté émotionnel et psychologique, c’était difficile. Il avait 14 ou 15 ans », se souvient Fournier.
Mais son ancien entraîneur révèle aussi un détail qui prend aujourd’hui une autre dimension : Louis-Riel avait déjà essayé Filion… en attaque.
« Je me souviens clairement qu’on l’a fait jouer attaquant parce qu’on avait vu des qualités. »
Grand, physique, rapide et infatigable, il pouvait être envoyé devant lorsque son équipe avait besoin d’un but. « Je pense que c’est peut-être un peu avec nous qu’il a commencé à jouer attaquant. Je ne veux pas nous donner le crédit, mais, selon mes souvenirs, c’étaient peut-être les premières fois », sourit Fournier.
Il faudra pourtant attendre plusieurs années avant que l’expérience devienne permanente.
Les portes des académies se ferment
À 15 ans, alors qu’il commence à croire à son rêve, Filion connaît aussi ses premiers véritables échecs. Des essais auprès du CF Montréal et du Toronto FC ne débouchent pas sur une place en académie.
« Je me suis fait couper de tout ça. C’était un peu démoralisant pour un enfant de 15 ans. Tu vois ce parcours-là et tu te dis que c’est celui dont tout le monde parle pour arriver à l’équipe première. Je me disais peut-être que ce n’était pas possible. »
Fournier l’accompagne dans ces moments difficiles. « Max est un perfectionniste. Il va trouver des moyens de réussir et d’atteindre ses objectifs. »
Maxime Filion retrouve Joé Fournier, son ancien entraîneur à Louis-Riel, après un match de Forge FC à Ottawa. Une relation qui perdure depuis les années de formation du Franco-Ontarien. Photo : gracieuseté
La relation entre les deux perdure encore aujourd’hui, l’entraîneur continuant à échanger avec son ancien joueur et sa famille.
Filion emprunte finalement une autre voie. Les études ayant toujours occupé une place importante dans sa famille, il rejoint l’Université de Montréal.
À Montréal, une carrière change de direction
Filion arrive chez les Carabins avec l’étiquette qui l’accompagne depuis des années : celle d’un défenseur. Latéral ou central, il joue relativement peu lors de ses deux premières saisons. Puis, avant sa troisième année, son entraîneur lui propose de tenter sa chance devant. « Moi, je voulais juste jouer. Alors j’ai dit oui. »
Le résultat est immédiat. « Ça a super bien fonctionné. Je pense que le premier match, j’ai mis une passe décisive et le deuxième, j’ai mis un triplé. J’avais sécurisé mon poste. »
Après des années en défense, Filion découvre à l’université le poste qui va finalement l’amener chez les professionnels. « C’est grâce à mon coach à l’Université de Montréal que je suis ici. Sans lui, je n’aurais même pas été attaquant. »
La transformation paraît spectaculaire. Elle l’est un peu moins pour Fournier, qui avait déjà entrevu cette possibilité à Louis-Riel. Aujourd’hui, c’est surtout l’évolution tactique de son ancien joueur qui le frappe.
« Là où il a progressé le plus, pour moi, c’est dans ses prises de décision, son côté tactique. C’était justement ce qu’on avait beaucoup travaillé ici à Louis-Riel. »
Des blessures au monde professionnel
Au moment où sa carrière vient de changer de direction, le corps de Filion lui impose pourtant un nouvel obstacle. Ce qui devait être sa première véritable saison comme attaquant est interrompu par une blessure. Alors qu’il pense pouvoir revenir quelques mois plus tard, une déchirure du ménisque entraîne une nouvelle opération et près de dix mois supplémentaires d’absence.
Il finit néanmoins par retrouver les terrains et réalise avec Montréal une saison suffisamment convaincante pour attirer l’attention de Forge FC. En 2025, le club de Hamilton lui offre une première chance en PLC par l’intermédiaire d’un contrat PLC-U SPORTS, un statut permettant aux joueurs universitaires d’évoluer avec une équipe professionnelle tout en conservant leur admissibilité universitaire.
Avec Forge FC, Maxime Filion a également goûté au plus haut niveau continental, disputant la Coupe des champions de la Concacaf face au géant mexicain des Tigres de Monterrey. Photo : Jojo Yanjiao Qian/Forge FC
Filion retourne d’ailleurs à l’Université de Montréal après cette première saison avec Forge pour poursuivre son baccalauréat, auquel il lui reste alors environ un an et demi à consacrer.
Son passage à Hamilton ne restera finalement pas une simple parenthèse universitaire. Conservé par Forge en 2026, Filion continue de faire sa place dans l’effectif. Puis, le 22 août, une nouvelle étape est franchie : à 23 ans, il signe le premier contrat professionnel de sa carrière, une entente de plusieurs années qui prend effet immédiatement. Il compte alors 36 apparitions et cinq buts avec Forge.
Avec le recul, Fournier voit dans cette arrivée l’aboutissement d’une qualité présente depuis l’adolescence : sa capacité à travailler et à s’adapter. « Une des plus grandes qualités comme joueur, c’est d’être capable de s’adapter aux exigences de l’entraîneur, du système et du club. Max, avec les qualités qu’il a, est capable de le faire. »
Filion n’a pas intégré une grande académie à 15 ans. Il n’était pas attaquant lorsqu’il est arrivé à l’université. Les blessures ont ensuite interrompu sa progression au moment où il venait de trouver son nouveau poste. À chaque fois, il a dû trouver une autre route.
De défenseur à attaquant, des refus des académies au soccer universitaire, des blessures au monde professionnel, Maxime Filion aura finalement passé son parcours à faire ce que Fournier avait identifié chez lui dès l’adolescence : travailler, s’adapter et continuer d’avancer.
OTTAWA — Le gouvernement fédéral investit de plus en plus d’argent dans le système d’éducation de langue française à travers le pays, et la hausse est particulièrement marquée au sein du système d’immersion, qui a vu son enveloppe presque doubler en seulement cinq ans en Ontario.
Les données tirées de rapports du ministère du Patrimoine canadien démontrent que les fonds de base destinés à l’éducation en français ont connu des augmentations de 50 %, alors qu’en Ontario, le système d’immersion a vu son enveloppe bondir de plus de 100 % depuis 2019. Il s’agit ici d’argent qu’envoie Ottawa aux provinces et territoires pour l’éducation dans la langue de Molière, qui, eux, décident ensuite de la manière de l’investir (postsecondaire, secondaire et élémentaire).
Si Ottawa finance l’éducation en français depuis longtemps, au cours de la dernière décennie, l’argent consacré a connu de fortes augmentations. En Ontario, pour l’éducation dans les écoles de langue française, la somme est passée de 62 millions de dollars annuellement en 2019 à 100 millions de dollars en 2025. La hausse est particulièrement marquée depuis 2022.
Financement de l’éducation en Ontario (en millions de dollars)
Année
École francophone
Immersion / LS
2019-2020
62,9
26,2
2020-2021
88,3
24,7
2021-2022
91,1
27,1
2022-2023
117,1
73,1
2023-2024
99,2
52,5
2024-2025
99,8
53,1
Variation ( %)
+58,6 %
+102,7 %
Source : Tous les chiffres sont tirés des rapports annuels sur les langues officielles de Patrimoine canadien
Il s’agit aussi d’une augmentation par rapport aux décennies précédentes. Par exemple, entre 2008 et 2013, Ottawa envoyait annuellement entre 8,5 et 13,23 millions de dollars pour l’éducation en français, alors que ce montant s’élevait à environ 1,5 million de dollars pour l’immersion, selon les données du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada.
Ces mêmes données indiquent une hausse des chiffres entre 2013 et 2018 : Ottawa a alloué en moyenne 148 millions de dollars par an à l’éducation en français et 86 millions de dollars à l’immersion. Bien qu’en progression, ces montants demeurent inférieurs aux investissements fédéraux enregistrés pour la seule année 2025, qui s’élèvent à 200 millions de dollars pour le français et 126 millions pour l’immersion.
Financement de l’éducation au Canada (en millions de dollars)
Année
École francophone
Immersion / LS
2019-2020
132,0
71,4
2020-2021
164,3
75,2
2021-2022
187,0
79,9
2022-2023
219,6
159,4
2023-2024
196,9
135,3
2024-2025
199,8
126,4
Variation ( %)
+51,0 %
+77,0 %
* Excluant le Québec. Tous les chiffres sont tirés des rapports annuels sur les langues officielles de Patrimoine canadien
La Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) estime toutefois que les sommes fournies par Ottawa masquent la situation survenue durant les années 2010.
« Il y avait un rattrapage important à faire, car les enveloppes avaient stagné pendant une quinzaine d’années », mentionne Andrée Newell, directrice générale de l’organisme.
« Cela a permis d’effectuer un rattrapage, car le réseau est lui-même en pleine croissance : nous avons 15 % d’élèves de plus aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Les enveloppes étaient étirées par l’inflation, la hausse du coût de la vie et l’augmentation du nombre d’élèves », ajoute-t-elle.
Sous l’ancienne ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, Ottawa a mis l’accent sur l’augmentation du taux de bilinguisme à l’extérieur du Québec, notamment en misant sur les écoles de langue seconde.
Des fonds visibles dans les salles de classe?
Mais est-ce que tout cet argent s’est réellement rendu dans les écoles au cours des dernières années? Historiquement, il est arrivé que les fonds transférés par Ottawa aux provinces pour l’enseignement en français ne soient pas affectés à l’éducation en français.
Si la FNCSF salue les sommes engagées par Ottawa, sa directrice générale, Andrée Newell, avance qu’il existe « une grande disparité à l’échelle pancanadienne quant à la façon dont cela se concrétise sur le terrain ».
« Dans certaines régions, le lien entre les fonds et le terrain est moins évident (…) Il y a des cas où l’on souhaite plus de transparence et de reddition de comptes afin que les conseils scolaires comprennent exactement où vont les investissements et puissent influencer les priorités retenues », réclame Mme Newell.
Dans un autre cas de figure, les investissements du gouvernement fédéral sont fréquemment égalés par les provinces selon un modèle de financement à parts égales (50/50). Toutefois, cette équivalence de contribution ne s’est pas toujours matérialisée historiquement du côté provincial.
« Le fédéral nous a indiqué ces dernières années que ce n’est plus le cas. N’ayant pas une pleine visibilité, nous accordons notre confiance aux déclarations du fédéral », commente Ahdithya Visweswaran, de Canadian Parents for French.
L’organisme qui milite pour l’éducation en langue seconde à l’échelle du pays soutient qu’il est difficile de suivre l’argent envoyé aux provinces jusque dans les salles de classe, estimant qu’il devrait y avoir une plus grande transparence.
« On ne voit donc pas toujours l’effet concret de ces fonds directement dans la classe sous forme de ressources, de manuels ou de matériel (…) Le fédéral fait sa part, mais la province doit être en mesure d’apporter la preuve que les sommes vont au bon endroit », souligne M. Visweswaran.
Selon Canadian Parents for French, près de 1,79 million de jeunes fréquentaient un programme de langue seconde, selon les plus récentes données de 2023-2024, un chiffre en légère hausse par rapport à 2019 (1,76 million).
« Si l’on divise le montant total par le nombre d’élèves, le montant par élève n’est pas suffisant », nuance Ahdithya Visweswaran.
Ces sommes sont tirées du Plan d’action pour les langues officielles, qui est renouvelé tous les cinq ans par Ottawa. L’actuel plan prendra fin en 2028.
Double olympienne, 11 fois championne du Canada, Mandy Bujold a consacré une grande partie de sa vie à la boxe. Aujourd’hui, l’ancienne athlète continue d’influencer son sport autrement. Entre mentorat, engagement communautaire et défense des athlètes mères, elle met son expérience au service des autres et fait de la transmission son nouveau combat.
« Aujourd’hui, quand on parle de Mandy Bujold, qui est-elle?
Ça dépend vraiment de la personne à qui je parle. Il y a encore beaucoup de gens qui me connaissent d’abord pour ce que j’ai accompli dans la boxe. C’est normal, pendant seize ans, ce sport a occupé toute ma vie. C’est ce que je faisais, ce dont je parlais, et c’est ainsi que les gens m’identifiaient.
Mais aujourd’hui, je porte plusieurs chapeaux. Je suis une mère avant tout. Mes deux enfants me connaissent simplement comme leur maman. Je travaille aussi avec une association dans le domaine de la construction et je suis impliquée dans différents projets dans ma communauté.
Selon les situations, je peux être une ancienne boxeuse, une entrepreneure, une mère ou une mentore. Toutes ces facettes font maintenant partie de moi.
Comment avez-vous vécu la transition après la compétition?
Ça a été difficile.
Après les Jeux olympiques de Tokyo, j’ai eu ma deuxième fille. Le fait de devenir mère à ce moment-là m’a permis de tourner immédiatement mon attention vers autre chose. Mais lorsqu’elle a eu un an, je me suis retrouvée devant une question que beaucoup d’athlètes finissent par se poser : qu’est-ce qui vient après?
Je savais que je ne retournerais plus à la compétition. Il fallait que je trouve quelque chose qui me donne la même énergie, la même passion que la boxe.
Quand tu es athlète de haut niveau, ton sport prend toute la place. Toute ton énergie y passe. Il faut ensuite reconstruire une nouvelle vie, trouver de nouveaux défis. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Ça m’a pris un peu de temps avant de découvrir de nouveaux projets qui me passionnent autant.
Depuis la fin de sa carrière de boxeuse, Mandy Bujold a investi de nouveaux terrains. Elle travaille notamment avec une association du secteur de la construction, un autre univers où elle poursuit son engagement dans la communauté. Photo : gracieuseté
Vous êtes très attachée à la région de Kitchener-Waterloo. Que représente-t-elle pour vous?
C’est là que j’ai construit toute ma carrière. Les gens de cette communauté m’ont énormément aidée. Honnêtement, je n’aurais jamais pu réaliser mon rêve sans eux.
J’y pense souvent. Chaque fois que j’ai une occasion de redonner, j’essaie de la saisir parce que je sais tout ce que cette communauté m’a apporté. Pour moi, c’est une façon de remercier toutes les personnes qui ont cru en moi.
C’est justement ce qui vous a menée à créer Champions for Charity.
Oui. Au départ, c’était une façon de rester connectée à la boxe.
On invite une vingtaine de personnes de la communauté, souvent des gens d’affaires qui n’auraient jamais pensé entrer dans un gymnase de boxe. Pendant seize semaines, on leur apprend les bases de ce sport, puis l’événement permet d’amasser des fonds pour différentes causes, notamment le McMaster Children’s Hospital.
Cette année, nous avons recueilli près de 1,5 million de dollars. Ce que j’aime le plus, c’est de voir les transformations. Les gens arrivent souvent avec l’image d’un sport violent où deux personnes se frappent. Puis, au fil des semaines, ils découvrent quelque chose de complètement différent.
Ils évoluent physiquement, mais surtout mentalement. Ils prennent confiance en eux, se dépassent et réalisent qu’ils sont capables d’accomplir beaucoup plus qu’ils ne le pensaient.
C’est ça qui me rend la plus fière.
Pour Mandy Bujold, la boxe est bien plus qu’un échange de coups : un sport de technique, de stratégie et de déplacements qu’elle compare volontiers à « une danse » ou à « une partie d’échecs ». Photo : Virgil Barrow
Beaucoup de personnes voient encore la boxe comme un sport brutal. Quelles valeurs vous a-t-elle transmises?
Pour moi, c’est tout le temps la discipline que ça prend. Le commitment aussi. Rien n’arrive sans ça. Mais la boxe, c’est vraiment technique. Moi, je compare souvent ça à une danse. C’est comme une partie d’échecs. Ce n’est pas juste deux personnes qui entrent sur un ring pour se donner des coups. Il y a beaucoup plus que ça.
Des fois, il faut regarder la boxe différemment pour voir à quel point ça peut être beau quand c’est vraiment technique. C’est ça que moi, je regarde tout le temps, et c’est ça que j’essaie de montrer aux autres, surtout en boxe amateur.
En boxe amateur, on n’est pas payé pour faire des KO. C’est un peu différent. C’est beaucoup plus technique. Souvent, les gens connaissent seulement les films de Rocky. Ils pensent que c’est ça, la boxe. Moi, j’essaie de leur montrer l’autre côté.
Cette volonté de transmettre est aussi présente auprès des jeunes.
Oui, ça a toujours été important pour moi d’être un modèle pour les jeunes qui arrivaient au gymnase.
Et depuis que je suis devenue mère, ça l’est encore davantage.
Je ne veux pas simplement dire aux enfants qu’ils peuvent réaliser leurs rêves. Je veux leur montrer que c’est possible.
J’essaie de leur donner des exemples concrets, de leur raconter ce que j’ai vécu ou de leur parler de personnes que je connais. Quand ils voient que quelqu’un a réellement traversé ces épreuves, ils peuvent se dire : « Si elle l’a fait, alors moi aussi, je peux y arriver. »
Deux Jeux olympiques marquent une carrière. Quels souvenirs gardez-vous de Rio et de Tokyo?
Pour moi, le plus grand moment n’a même pas été les Jeux eux-mêmes. C’était la qualification pour Rio. Il m’a fallu treize ans pour atteindre cet objectif. Quand j’ai enfin obtenu ma place, je me suis dit : « Ça y est. » C’était un rêve que je poursuivais depuis tellement longtemps.
Ensuite, bien sûr, il y a eu tous ces moments incroyables au village olympique. Je me souviens avoir croisé Serena Williams. C’était complètement irréel. Je l’admirais depuis des années et, tout à coup, elle était juste là.
J’aurais aimé obtenir de meilleurs résultats sportifs, mais ce ne sont pas forcément ces souvenirs-là qui restent. Je retiens surtout les personnes qui m’entouraient, les autres membres de l’équipe canadienne de boxe et tous les moments que nous avons partagés ensemble. C’est ça qui me revient en premier quand je repense aux Jeux.
Au-delà du ring, Mandy Bujold a fait de la défense des femmes un autre de ses combats. Son parcours, notamment sa bataille pour que la maternité ne pénalise plus les athlètes dans leur quête olympique, nourrit aujourd’hui sa volonté d’aider d’autres femmes à poursuivre leurs ambitions. Photo : Creative Schott Photography
Tokyo a aussi été marqué par votre combat pour les athlètes mères. Avec le recul, que retenez-vous de cette période?
Honnêtement, ça a été très difficile. Au début, je me battais seulement pour moi parce que je voulais avoir la possibilité de me qualifier pour les Jeux. Puis je me suis rendu compte que ce n’était pas juste mon histoire. Il y avait des femmes partout dans le monde qui vivaient la même situation.
Ça a pris une ampleur que je n’avais jamais imaginée. Des athlètes de différents sports, des organisations et même des gens que je ne connaissais pas m’ont envoyé des messages pour me dire qu’ils me soutenaient.
Je suis vraiment fière de ce qu’on a réussi à changer. Aujourd’hui, les règles sont différentes et les athlètes qui deviennent mères ne seront plus pénalisées comme je l’ai été. Mais, sur le plan personnel, ça m’a demandé énormément d’énergie. Je devais préparer les Jeux olympiques tout en menant une bataille juridique. Ce n’était pas facile de gérer les deux en même temps.
Vous êtes finalement allée à Tokyo, mais les circonstances étaient particulières avec la pandémie.
Oui. C’était une période compliquée. À cause de la COVID, on n’avait presque pas eu de compétitions avant les Jeux. En boxe, on a besoin de combattre régulièrement pour savoir où on se situe, pour travailler certains aspects et prendre confiance.
En arrivant à Tokyo, on ne savait pas vraiment où on se situait par rapport aux autres pays. C’était pareil pour tout le monde, mais ça rendait la préparation très différente de ce que j’avais connu avant Rio.
Les Jeux étaient aussi particuliers sans les spectateurs. Ça change complètement l’ambiance. Malgré tout, ça reste les Jeux olympiques. C’est toujours quelque chose de spécial.
Pour participer à ses deuxièmes Jeux olympiques, à Tokyo, Mandy Bujold a dû mener un combat juridique après que sa maternité l’eut désavantagée dans le processus de qualification. Une bataille qui dépassera rapidement son propre parcours. Photo : gracieuseté
Vous continuez aussi à suivre de près la relève canadienne. Comment voyez-vous l’avenir de la boxe au pays?
Je pense qu’on est encore en reconstruction. La pandémie a fait beaucoup de mal à notre sport. Pendant longtemps, les jeunes n’ont pas pu participer à des compétitions et ça a ralenti leur développement.
Mais il y a de bons entraîneurs et il y a des jeunes qui travaillent très fort. Ça prend du temps. On ne construit pas une génération du jour au lendemain. Je pense qu’on va revoir le Canada revenir au plus haut niveau. J’ai confiance.
Vous avez également accompagné plusieurs jeunes boxeuses dans leur développement. Qu’est-ce qui est le plus important selon vous?
Je leur dis toujours de ne pas avoir peur de rêver grand. Quand j’étais plus jeune, il n’y avait pas beaucoup de femmes dans la boxe. Aujourd’hui, elles ont davantage de modèles et plus d’opportunités.
Mais il faut comprendre qu’il n’y a pas de raccourci. Tout le monde voit les médailles, mais personne ne voit les années de travail derrière. C’est la constance qui fait la différence.
Ces derniers mois, la place des athlètes transgenres dans les sports de combat fait beaucoup parler. Quel regard portez-vous sur ce débat?
Pour moi, la priorité, c’est toujours la sécurité des athlètes. La boxe est un sport de combat. Ce n’est pas comme d’autres disciplines où les conséquences physiques sont différentes. Quand deux personnes montent sur un ring, il faut s’assurer que les règles protègent tout le monde.
Je pense qu’il faut des critères clairs et des tests qui soient les mêmes pour tout le monde. Pendant longtemps, la boxe n’avait pas vraiment de règles sur ces questions. Maintenant, les fédérations commencent à en mettre en place et je pense que c’est important d’avoir un cadre qui soit juste pour toutes les athlètes.
La maternité a profondément marqué la deuxième partie de la carrière de Mandy Bujold. Son propre combat pour retrouver les Jeux olympiques après une grossesse nourrit aujourd’hui son engagement auprès des athlètes mères. Photo : gracieuseté
Vous avez récemment lancé Momentum pour soutenir les mères olympiennes. Pourquoi ce projet vous tient-il autant à cœur?
Parce que je sais ce que ces femmes vivent. Quand on devient mère pendant une carrière sportive, on a souvent l’impression d’être seule. Pourtant, beaucoup d’athlètes passent par les mêmes questions, les mêmes doutes et les mêmes difficultés financières.
Avec Momentum, on veut leur offrir du soutien concret. Il y a des bourses, du mentorat et surtout un réseau de femmes qui comprennent cette réalité. Je veux que les prochaines générations puissent continuer leur carrière sans avoir à choisir entre leur famille et leur rêve olympique.
Après tout ce que la boxe vous a apporté, quel héritage aimeriez-vous laisser?
J’aimerais que les gens se souviennent de moi comme de quelqu’un qui a aidé les autres. Évidemment, je suis fière de mes résultats et de ce que j’ai accompli dans le ring. Mais si, dans vingt ans, quelqu’un me dit que j’ai eu un impact positif sur sa vie ou que je lui ai donné confiance en lui, ça aura encore plus de valeur.
Au fond, c’est ça qui est important pour moi aujourd’hui : transmettre ce que la boxe m’a appris et permettre à d’autres d’aller encore plus loin que moi. »
1987 : Naissance à Cobourg (Ontario). Elle grandit ensuite à Kitchener, où elle construira toute sa carrière.
2007 : Devient championne du Canada senior pour la première fois. Elle remportera au total 11 titres nationaux.
2011 : Remporte la médaille d’or aux Jeux panaméricains de Guadalajara, où la boxe féminine fait son entrée au programme.
2014 : Décroche la médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth de Glasgow.
2015 : Conserve son titre aux Jeux panaméricains de Toronto et devient la première femme à remporter deux médailles d’or en boxe aux Jeux panaméricains.
2016 : Participe à ses premiers Jeux olympiques, à Rio de Janeiro, où elle atteint les quarts de finale (5e).
2018 : Fonde Champions for Charity, un événement caritatif qui initie des membres de la communauté à la boxe et qui a permis d’amasser plus d’un million de dollars pour le McMaster Children’s Hospital et d’autres organismes de la région de Waterloo.
2021 : Obtient gain de cause devant le Tribunal arbitral du sport dans son recours concernant les critères de qualification olympique des athlètes ayant pris un congé de maternité, puis participe aux Jeux de Tokyo
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
FAUQUIER-STRICKLAND – La politique municipale ne suscite aucun engouement dans la municipalité du district de Cochrane dans le nord-est de l’Ontario. Le seul candidat qui s’était inscrit pour succéder à la mairesse sortante Madeleine Tremblay, qui n’a pas souhaité se représenter, a retiré sa candidature 15 minutes avant la fin des mises en candidatures.
Robert Courchesne s’était d’abord inscrit comme candidat au poste de conseiller municipal avant de se retirer et de s’inscrire plutôt dans la course à la mairie où aucun candidat n’avait levé la main. Or, la municipalité a annoncé sur ses réseaux sociaux que ce dernier avait, le 21 août à 13h45, retiré sa candidature au poste de maire.
Joint par ONFR, M. Courchesne explique que l’absence de candidatures au niveau du conseil de Fauquier-Strickland l’a poussé à se désister. En effet, Nicole Lamontagne, qui était la seule candidate pour siéger comme conseillère municipale, a aussi retiré son nom de la course. Pourtant, sa candidature unique au poste de maire lui garantissait une élection automatique par acclamation, sans nécessiter de scrutin.
« Même si l’acclamation m’avait donné le titre de maire, je n’aurais pu rien faire parce qu’il n’y a personne d’autre », explique-t-il, malgré sa volonté de résoudre l’impasse financière du canton. « J’ai des idées. Puis, avec le conseil municipal, on aurait pu développer un plan pour sortir la municipalité des problèmes auxquels elle fait face. Mais je ne donne pas mes idées tant que je n’ai pas de conseil municipal avec qui travailler ».
Pour l’instant, aucun candidat ne s’est porté volontaire pour la mairie ou pour l’un des quatre postes de conseiller municipal de Fauquier-Strickland.
Le canton se retrouve ainsi sans candidat et doit par conséquent poursuivre sa période d’inscription le mercredi 26 août de 9 h à 14 h, conformément à l’article 33 de la Loi sur les élections municipales.
Avis de candidatures supplémentaires Photo : Capture d’écran Facebook
Rappelons que le Canton de Fauquier-Strickland a eu plusieurs enjeux financiers ce qui a mené à la suspension des services municipaux en 2025.
Le gouvernement de l’Ontario a annoncé un investissement de trois millions de dollars dans 75 projets franco-ontariens pour 2026-2027. Recrutement de travailleurs francophones dans le Nord, formation aux médias et à l’intelligence artificielle, accompagnement des parents en français… Les initiatives financées touchent des domaines très variés.
Parmi les projets qui obtiennent presque le maximum disponible, FrancoTalent Nord, porté par Talent Beyond Boundaries Canada, recevra près de 50 000 dollars.
L’initiative cible un enjeu qui dépasse largement la seule promotion de la langue : celui de la main-d’œuvre dans le Nord ontarien. Des employeurs des secteurs de la santé, des métiers spécialisés, de l’exploitation minière et des services connexes recevront des ateliers, des ressources et de l’accompagnement pour mieux recruter, accueillir et retenir des travailleurs francophones qualifiés.
Les sommes sont allouées dans le cadre du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO). Sur les trois millions de dollars investis, un million provient du gouvernement fédéral dans le cadre de l’Entente Canada-Ontario relative aux services dans la langue de la minorité.
Le programme qui doit être déployé à North Bay, Sudbury, Timmins, Kapuskasing et Thunder Bay, a également pour objectif de connecter ces travailleurs aux ressources des communautés francophones locales.
Le projet illustre l’un des axes économiques du PAFO : faire de la présence francophone un outil d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre, notamment dans les régions confrontées à des besoins de recrutement.
Un grand marché francophone dans la région de Toronto
Dans la région de York, l’Association des francophones de la région de York (AFRY) obtient pour sa part la subvention maximale de 50 000 dollars pour organiser Le Grand Marché francophone.
Pendant deux jours, artisans, artistes, créateurs et entrepreneurs francophones doivent être réunis autour d’un marché, d’animations et de prestations artistiques destinées notamment aux familles et aux nouveaux arrivants.
Au-delà de la célébration culturelle, l’objectif affiché est aussi économique : générer des retombées pour les exposants et tester le potentiel d’un rendez-vous francophone annuel d’envergure dans le Grand Toronto.
À Toronto, préparer la relève des médias francophones à l’IA
La Coopérative radiophonique de Toronto, qui exploite CHOQFM, recevra jusqu’à 49 222 dollars pour son programme « Relève et Innovation : Mentorat et IA en médias communautaires ».
Il doit permettre à de jeunes francophones et à de nouveaux arrivants de participer à un programme d’incubation combinant mentorat et apprentissage des outils audiovisuels et d’intelligence artificielle.
Les participants seront amenés à produire eux-mêmes des contenus locaux pour la radio, le Web et les balados, avec un double objectif : développer leurs compétences numériques en français et améliorer leur employabilité.
Accompagner les parents en français
Grâce au PAFO, le Centre de santé communautaire Carlington pourra mettre en place un programme de soutien destiné aux parents francophones pendant la grossesse et les premières années de leur enfant.
Des cours virtuels et un accompagnement individualisé doivent notamment aider les parents à mieux naviguer dans les services disponibles et à accéder aux ressources en français.
Le programme porte aussi sur la santé mentale périnatale, la confiance parentale et l’allaitement, avec une attention particulière accordée aux nouveaux arrivants et aux familles mal desservies.
Dans le Nord-Ouest, lutter contre l’isolement des femmes immigrantes
À l’autre bout de la province, Centr’Elles recevra également la subvention maximale de 50 000 dollars.
L’organisme veut créer des espaces sécuritaires et proposer des activités d’autonomisation ainsi que des ateliers aux femmes francophones du Nord-Ouest ontarien, particulièrement aux femmes immigrantes.
L’objectif est notamment de lutter contre leur isolement, de mieux faire connaître leurs droits et de développer leur capacité d’action pour prévenir la violence fondée sur le genre.
221 demandes, 75 projets retenus
Ces cinq initiatives ne représentent qu’une partie des 75 projets retenus. L’enveloppe touche aussi l’éducation, le tourisme, les arts, la santé mentale, les soins aux aînés, la petite enfance, la justice ou encore l’entrepreneuriat.
À Hearst, Mattice-Val Côté et Constance Lake, 50 000 dollars serviront par exemple à améliorer la sensibilisation à la santé mentale en français. Dans Peel, une ligue de soccer destinée aux enfants de 4 à 7 ans doit aussi permettre à des adolescents francophones de se former comme entraîneurs et arbitres. À Kingston, la municipalité recevra 22 500 dollars afin d’améliorer l’accès de sa population francophone aux services municipaux.
La diversité des projets permet surtout de comprendre la vocation du PAFO : soutenir la vitalité sociale, culturelle et économique des communautés francophones, en finançant aussi bien la vie communautaire que le développement économique et l’amélioration de l’offre de services en français.
Et la demande dépasse largement les fonds disponibles. Avec 221 dossiers déposés pour 75 projets retenus, environ un projet soumis sur trois figure parmi les bénéficiaires annoncés pour 2026-2027. Le gouvernement indique les avoir sélectionnés selon leur capacité à répondre aux besoins en évolution des communautés francophones et à produire des retombées concrètes.
OTTAWA – L’Ontario accordera près de 4 millions de dollars sur trois ans au Collège Boréal pour former plus de travailleurs dans les soins de longue durée, a annoncé la ministre des Soins de longue durée et des Affaires francophones, Natalia Kusendova-Bashta, depuis son campus francophone de la capitale.
La ministre Natalia Kusendova-Bashta était ce vendredi au Collège Boréal pour une annonce mêlant ses deux portefeuilles ministériels, les Soins de longue durée et les Affaires francophones.
L’Ontario investira 75 millions de dollars sur trois ans pour former des travailleurs dans le secteur des soins de longue durée.
Parmi les quatre programmes qui recevront du financement, 3,89 millions de dollars seront accordés au Collège Boréal pour son Programme accéléré d’apprentissage rémunéré pour préposés aux services de soutien à la personne (PSSP), permettant au personnel existant des foyers de soins de longue durée de se former.
Daniel Giroux, le président de Boréal, salue un « financement de taille grâce auquel nous serons en mesure de renforcer les compétences d’une main-d’œuvre indispensable. »
Le programme formera jusqu’à 120 personnes supplémentaires.
Le Collège Boréal entretient actuellement des partenariats avec plus de 30 foyers de soins de longue durée à l’échelle de la province, dont huit sont désignés francophones.
« Les investissements de l’Ontario dans la formation prépareront des milliers de personnes à des carrières gratifiantes, tout en garantissant que les résidents de nos foyers de soins de longue durée reçoivent des soins professionnels prodigués par des prestataires qualifiés », a déclaré la ministre.
Outre ce volet francophone, l’enveloppe de 75 millions de dollars soutiendra trois autres initiatives : 22,5 millions de dollars iront au programme BEGIN pour financer les études et la transition vers des postes d’infirmiers, 18 millions financeront le réseau des conseils scolaires pour aider 6000 personnes à obtenir leur diplôme de PSSP, et 13,8 millions seront alloué à huit établissements autochtones pour développer des programmes de santé axés sur les soins culturellement adaptés.
La province versera également jusqu’à 15,5 millions de dollars en financement de base dans le cadre du Fonds de soutien à la croissance professionnelle pour l’exercice 2026-2027. Les foyers de soins de longue durée admissibles utilisent ce financement pour assurer la formation continue de leur personnel. Depuis 2022, 143 000 membres du personnel ont pu en bénéficier via ce fonds.
SUDBURY – Le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) a dévoilé sa 55e saison à la Place des Arts — un moment charnière pour l’institution qui reçoit également un financement de 371 300 dollars. Cette subvention provinciale, versée par l’entremise de la Fondation Trillium de l’Ontario (FTO), servira à un projet d’initiation artistique destiné aux jeunes francophones et francophiles de Sudbury.
Pour sa 55e saison, le Théâtre du Nouvel-Ontario explorera le thème « Dévoiler l’invisible », un concept artistique sur lequel se basera une série de spectacles évocateurs. Entre récits autobiographiques, contes autochtones et comédies musicales, la nouvelle programmation regroupera notamment des œuvres centrées autour de la notion de mémoire, à la fois collective et individuelle.
« C’était vraiment une façon de nous inviter ensemble à avoir envie de plonger, puis se donner le droit de regarder les choses, la vie, le monde qu’on a devant nous d’un autre regard, d’une autre perspective, puis voir ce qui est caché en dessous qu’on voit pas au premier regard finalement », confie Marie-Pierre Proulx, qui entame d’ailleurs sa dixième saison en tant que directrice artistique du théâtre.
Fondé en 1971, le TNO est devenu au fil des années un véritable pilier de la dramaturgie franco-ontarienne. La 55e saison mettra en vedette des auteurs confirmés, mais aussi des talents émergents. « On offre quelque chose où je pense qu’il y a une confiance qui est là et il y a le souhait de plaire aux gens, de leur proposer des spectacles rassembleurs qui vont aussi créer des discussions », ajoute Mme Proulx.
Des récits axés sur la mémoire
La saison s’amorce le 23 octobre prochain avec Frétillant et agile de Jocelyn Sioui, un conte inspiré du héros wendat Auhaïtsic. Le spectacle sera codiffusé avec la Slague et le Centre franco-ontarien de folklore. Plus tard en novembre, également née d’une collaboration avec la Slague, la comédie musicale Patenteuses, signée Chloé Thériault, sera présentée. Cette pièce suit l’histoire de la mafia canadienne-française.
En hiver, le Théâtre du Nouvel-Ontario jouera Sansremords et Sansregret, une comédie familiale de la metteuse en scène Hélène Dallaire accompagnée des auteurs, Antoine Côté Légault et Chloé Thériault. Le TNO proposera également aux spectateurs une production maison. En effet, l’institution dévoilera Os, une pièce mêlant humour, poésie, projection visuelle, et marionnettes, créée par Vincent Leblanc-Beaudoin.
Alain Lauzon présentera En sortant de Cochrane du 30 avril au 1er mai 2027, un spectacle qui clôturera la série adulte de la 55e saison du Théâtre du Nouvel-Ontario. Photo : Denny Alexander
La programmation adulte s’achèvera le 1er mai avec En sortant de Cochrane, un récit autobiographique d’Alain Lauzon, un francophone originaire de Moonbeam. Il raconte l’histoire de deux silences : ceux qui ont suivi l’accident de la route de sa mère ainsi que son coming-out effectué un an plus tard. « L’accident a eu lieu dans la région de Cochrane, ensuite mon coming-out se fait à Sudbury, lors de ma première année à l’Université Laurentienne », raconte-t-il.
Pour honorer ses racines francophones et nord-ontariennes, le dramaturge s’est servi des expressions francophones de la région. « Là où il y a une portée régionale dans le texte dont je suis très fier, c’est que c’est vraiment écrit et porté par les comédiens dans la langue de Moonbeam. On a vraiment gardé l’accent ».
Quant à sa programmation jeunesse, le TNO présentera Lou dans la nuit, le premier spectacle pour enfants de la saison le 28 novembre. Conçu par le Théâtre des confettis, il sera destiné aux enfants de quatre à huit ans. En avril, le public aura aussi droit à Batailles, une pièce de DynamO Théâtre, dédiée aux enfants de huit à dix ans. La 55e saison se conclura avec Oryza, une production jeunesse pour les tout-petits, signée Théâtre des petites âmes.
Un financement majeur pour la jeunesse
Cette année, le théâtre reçoit un financement important du gouvernement provincial. Versée par l’entremise de la Fondation Trillium de l’Ontario, la somme de 371 300 dollars appuiera le projet Activation de la jeunesse. « C’est l’aboutissement d’une réflexion qu’on a depuis les trois dernières années par rapport au besoin d’aller développer le jeune public qui s’intéresse aux arts francophones à Sudbury », explique Maxime Cayouette, responsable de la médiation et du développement des publics du théâtre.
Bien que le TNO offre déjà des ateliers pour la jeunesse, l’équipe avait constaté quelques trous dans sa programmation. « On offrait des activités pour les plus jeunes, parfois pour les ados aussi, mais il manquait quelque chose pour les 13-14 ans », poursuit-il. Avec ce financement, le projet étalé sur une période de trois ans ciblera tous les âges afin de « solidifier et pérenniser les activités qu’on fait, puis s’assurer que ça rejoint autant de groupes d’âge que possible ».
Le Théâtre du Nouvel-Ontario obtient un financement de 371 300 dollars par l’entremise de la Fondation Trillium de l’Ontario pour son projet, Activation de la jeunesse. Photo : Aïssatou Odia Barry/ONFR
Pour y parvenir, le théâtre compte s’ancrer dans le milieu scolaire francophone afin d’offrir des ateliers et outils d’initiation aux arts de la scène au sein des écoles. « Notre canal principal pour accéder aux jeunes francophones, c’est les conseils scolaires francophones », ajoute le coordonnateur. Le TNO collaborera également avec le Carrefour francophone de Sudbury.
Le premier projet d’Activation de la jeunesse consistera en des cours de théâtre animés par Natalie Lalonde. À travers ces activités, les jeunes impliqués pourront participer à la création d’une pièce communautaire, Sous le voile des bûches, une production qui sera dévoilée le 26 décembre prochain.
TORONTO – Longtemps cantonnée à un rôle dans l’ombre depuis son arrivée au Tempo de Toronto, Ornella Bankolé savait que son contrat de développement lui demanderait patience et travail. Cette semaine, la Française a enfin vu les occasions se multiplier : 14 minutes face à Indiana, puis un nouveau record de 15 minutes et 5 points mercredi contre Washington. Une récompense pour une joueuse qui assure vivre pleinement cette première expérience en WNBA.
« C’était le deal. » Ornella Bankolé ne cherche pas à embellir sa situation. Lorsqu’elle a rejoint le Tempo de Toronto, elle savait parfaitement ce que signifiait son contrat de développement : une place au sein du groupe, des entraînements quotidiens avec l’équipe, mais aucune garantie de jouer régulièrement.
Jusqu’à cette semaine, les occasions avaient été extrêmement rares. Mardi, face au Fever d’Indiana, Sandy Brondello lui a confié 14 minutes, avec 3 points, 3 rebonds et une interception à la clé. Surtout, Bankolé a été envoyée au front défensivement face à Caitlin Clark et Kelsey Mitchell.
Et l’occasion n’est cette fois pas restée sans lendemain. Dès mercredi à Washington, la Française a battu son record de temps de jeu avec 15 minutes et établi un nouveau sommet personnel avec 5 points, à 2/2 au tir, auxquels elle a ajouté deux rebonds.
Face au Fever, Ornella Bankolé a notamment eu la lourde tâche de défendre sur Caitlin Clark et Kelsey Mitchell. Une mission qui illustre la confiance accordée à ses qualités défensives par Sandy Brondello. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
« Ce qu’on aime chez Ornella, c’est sa défense. On a besoin de défense et elle sait défendre, soulignait Sandy Brondello après le match contre Indiana. Elle s’est retrouvée face à Caitlin Clark et Kelsey Mitchell. Elle a vécu quelques moments de ‘bienvenue en WNBA’ contre ces joueuses, mais la seule façon d’apprendre, c’est en jouant. »
L’entraîneuse du Tempo a surtout apprécié la manière dont Bankolé a rempli la mission qui lui avait été confiée. « Elle a vraiment bien joué son rôle et elle a été une vraie peste en défense. C’est ce qu’on veut continuer à développer. Elle apprend encore à jouer avec ses coéquipières, mais c’est bien qu’elle puisse avoir ces occasions et en tirer le maximum. »
Un contrat pour apprendre et patienter
Cette opportunité est justement ce que Bankolé attend depuis son arrivée. Son contrat de développement lui permet de s’entraîner quotidiennement avec le Tempo et de découvrir de l’intérieur les exigences de la WNBA, sans lui garantir une place régulière dans la rotation.
Une situation potentiellement frustrante pour une compétitrice. Bankolé, elle, préfère y voir une période d’apprentissage. « Je savais pourquoi je venais. C’est aussi ma première expérience en WNBA, donc ce n’est pas facile tout de suite, il faut un temps d’adaptation. Ce contrat de développement me permet aussi de m’adapter, de voir comment ça se passe ici et de prendre mes repères petit à petit. »
Et quand les matchs passent sans qu’elle soit en tenue, ou sans qu’elle entre en jeu, le travail continue. « Je m’entraîne beaucoup avec les filles, je m’entraîne aussi individuellement, je fais des extras. Ça me permet de me maintenir prête lorsque l’équipe a besoin de moi et d’essayer d’apporter quelque chose au groupe. »
Ornella Bankolé à l’écoute des consignes de Sandy Brondello sur le banc, aux côtés de Laura Juskaite (au centre). Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Cette attitude n’est pas seulement mise en avant par Bankolé. Laura Juskaite connaît la Française depuis bien avant leur aventure commune à Toronto. Les deux joueuses s’étaient même échangé leurs maillots lors d’un Championnat d’Europe U16.
« C’est une bonne coéquipière. Elle travaille, elle attend ses opportunités et elle est toujours positive. C’est ce dont nous avons besoin », raconte la Lituanienne.
Une description qui résume finalement assez bien les premières semaines de Bankolé à Toronto : travailler sans savoir quand viendra la prochaine occasion.
Toujours prête
Sa première opportunité était arrivée presque sans prévenir, peu après sa signature. « Je ne m’y attendais pas du tout. Je venais juste d’arriver et j’ai été surprise. On m’a prévenue un peu à la dernière minute. Mais c’était bien parce que je n’ai pas eu le temps de stresser. J’étais tout de suite dans le bain. »
Après ses huit minutes pour ses débuts contre Dallas le 5 juillet, les occasions se sont faites rarissimes : deux minutes contre New York une semaine plus tard, puis plus aucune apparition pendant un mois.
Ornella Bankolé face à Caitlin Clark, candidate au titre de meilleure joueuse de la WNBA, lors de la rencontre entre le Tempo de Toronto et le Fever d’Indiana. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Parfois sur le banc, parfois même inactive, Bankolé n’a retrouvé le parquet que le 12 août à Dallas, pour cinq minutes. Six jours plus tard face à Indiana, ses 14 minutes ont donc représenté une véritable rupture : son plus gros temps de jeu depuis son arrivée à Toronto avant le match à Washington ce mercredi.
Bankolé assure pourtant ne pas avoir eu de difficulté à se replonger dans un match mardi, malgré le manque de rythme. « Je me tiens prête mentalement. La coach m’implique beaucoup. Elle a des mots encourageants envers moi tous les jours, même quand je ne joue pas. Les filles aussi. Je suis prête mentalement à n’importe quel moment pour rentrer sur le terrain et faire ce que j’ai à faire. »
Face à Indiana, ces mots ont trouvé une traduction concrète.
De l’énergie, même depuis le banc
Bankolé estime d’ailleurs que son rôle ne commence pas lorsqu’elle entre sur le parquet. Avec une touche d’humour, elle assure d’abord qu’elle apprend le français à ses coéquipières. Plus sérieusement, elle insiste surtout sur l’énergie qu’elle tente d’insuffler à un groupe qui a dû composer avec les blessures et les défaites (série de 12 de suite en cours).
« J’essaie d’apporter beaucoup d’énergie, beaucoup de positivité. Ce n’est pas forcément facile parce qu’on a des blessures et des défaites. J’essaie d’apporter un peu de fraîcheur et de bonne énergie. »
Collée à Sophie Cunningham, Ornella Bankolé ne lâche rien. Une énergie et une ténacité défensives qui font partie des qualités qu’elle cherche à apporter au Tempo.Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Sur le terrain, cette énergie devient notamment défensive. « Quand je rentre sur le terrain, je veux apporter beaucoup d’intensité et permettre aux filles de souffler. »
Une définition de son rôle qui correspond presque mot pour mot à celle donnée par Brondello après sa prestation contre Indiana.
Le départ de Tima Pouye, son premier repère
L’adaptation de Bankolé avait aussi été facilitée par la présence d’une autre Française. À son arrivée, Tima Pouye constituait un visage familier dans un univers entièrement nouveau. « J’étais un peu triste parce que Tima, quand je suis arrivée, c’était un peu mon repère. Je la connais depuis très longtemps. »
Son départ a rappelé à Bankolé une autre réalité du sport professionnel en Amérique du Nord : les situations peuvent évoluer très rapidement. Elle a néanmoins continué à prendre ses marques, dans l’équipe comme dans sa nouvelle ville.
« Je ne connaissais pas du tout Toronto. J’ai pas mal visité. J’aime bien la ville et les gens sont gentils aussi. »
À sa sortie du terrain, Ornella Bankolé reste attentive aux conseils du personnel d’entraîneurs, un apprentissage quotidien qui lui permet de progresser et de se tenir prête.
Et son expérience canadienne ne s’arrête pas à Toronto. Après avoir découvert Montréal avec le Tempo, Bankolé s’apprête également à se rendre à Vancouver.
« Je ne m’attends à rien. J’espère être surprise. J’ai hâte de découvrir comment c’est, comment sont les gens et comment est la ville. »
« Montrer de quoi je suis capable »
À l’approche de la fin de saison, Bankolé sait que chaque occasion peut compter. Les séries éliminatoires ne sont plus un objectif pour Toronto, éliminé officiellement après la défaite à Washington.
Pour la Française, ces dernières rencontres représentent donc autant de possibilités de poursuivre son apprentissage et de montrer qu’elle peut apporter quelque chose.
« J’aimerais aider le groupe, apporter ma personnalité dans le jeu et montrer de quoi je suis capable. On voudrait aussi essayer d’accrocher des victoires. »
Deux jours et deux records de temps de jeu plus tard, Bankolé semble justement commencer à se faire une place.
TORONTO – Ce jeudi, lors d’une conférence de presse à l’Université de l’Ontario français (UOF), la députée de Spadina Fort York, Chi Nguyen, a annoncé une aide financière de 99 980 $ à l’établissement afin de renforcer la résilience du corps étudiant et des chercheurs francophones face à la désinformation à l’ère de l’intelligence artificielle.
« Nous accordons près de 100 000 dollars à l’Université de l’Ontario français afin de l’aider à réaliser ses projets sur la désinformation et l’intelligence artificielle générative », a déclaré la députée Chi Nguyen.
Attribuée au nom de Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, cette subvention servira à financer le projet intitulé « Désinformation/IAG : expérience immersive pour les 20-25 ans francophones au Canada », qui mettra à la disposition de la communauté scientifique francophone les outils nécessaires pour naviguer l’espace numérique et qui martèle le rôle de l’UOF dans cette vision.
Chi Nguyen, députée de Spadina Harbourfront, aux côtés de Normand Labrie, recteur de l’UOF. Photo : ONFR/Laetitia Dogbe
Ce projet, qui s’inscrit dans le Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028, « s’aligne parfaitement avec la mission fondamentale de notre université, axée sur la recherche et le service à la collectivité », a poursuivi le recteur de l’établissement, Normand Labrie, expliquant qu’il s’agit d’une étape importante dans la vie d’une jeune institution.
« Elle offre à nos étudiants l’opportunité de se former directement par la pratique de la recherche », poursuit le recteur.
« En faisant rayonner la recherche en français, nous contribuons à bâtir un écosystème scientifique plus dynamique et plus innovant, où le français est non seulement protégé, mais aussi pleinement valorisé comme moteur de création et de collaboration » a déclaré par voie de communiqué le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller.
TORONTO – Le personnel enseignant de l’Ontario entamera la rentrée scolaire avec des conventions collectives expirées, arrivées à échéance ce mois d’août 2026. Pour cinq syndicats en éducation, dont l’Association des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (AEFO), les négociations, dans une impasse, ont été envoyées devant la Commission des relations de travail de l’Ontario, retardant les pourparlers de plusieurs mois.
Depuis plusieurs mois déjà, les syndicats s’étaient montrés prêts à négocier les nouvelles conventions collectives au plus vite, souhaitant éviter le scénario précédent, soit la négociation d’une entente un an et demi après l’expiration des conventions des enseignants, en février 2024.
« Lors de notre dernière rencontre avec le gouvernement et le conseil des associations d’employeurs, nous n’avons pas été en mesure de nous entendre sur les sujets qui doivent être négociés au niveau central et ceux qui doivent l’être au niveau local, le champ de négociation », expose à ONFR Gabrielle Lemieux, la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants de l’Ontario.
Faute d’une entente sur le cadre avant même d’engager le processus, le dossier a été envoyé devant la Commission des relations de travail de l’Ontario (CRTO), la première fois depuis 2014. Celle-ci déterminera le champ de négociation, quels sujets relèvent du niveau central et lesquels relèvent du niveau local.
« Plusieurs sujets qui étaient locaux auparavant sont maintenant réclamés par le gouvernement à la table centrale. C’est cela qui a mené au recours à la CRTO. Est-ce une tactique du gouvernement pour ralentir le processus ou pour centraliser davantage les pouvoirs? », questionne la présidente de l’AEFO.
Tout comme l’AEFO, le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO/OPSEU) – qui compte environ 114 membres francophones – l’OSBCU (Ontario School Boards Council of Unions), l’OSSTF (Ontario Secondary School Teachers’ Federation) et l’ETFO (Elementary Teachers’ Federation of Ontario), se trouvent dans la même situation concernant la portée des négociations et ont porté les dossiers devant la CRTO.
« L’école ouvrira comme prévu, l’année débutera. Il n’y a aucune raison d’anticiper des grèves. »
— Paul Calandra, ministre de l’Éducation
En attendant cette décision, les négociations sont temporairement mises sur pause.
« Cela peut prendre des mois, et du côté francophone, il faut aussi des arbitres francophones, précise Mme Lemieux. Nous espérons que les délais ne seront pas trop longs, mais il est certain que nous ne reprendrons pas tant que nous n’aurons pas cette réponse de la CRTO. Avant même de pouvoir négocier le contenu de la convention collective, il faut s’entendre sur quelle table se négocie quel sujet. »
Gilles Levasseur, professeur de gestion et de droit à l’Université d’Ottawa, explique que ce préarbitrage, concept qui n’existe pas en droit, établit le fait que si des problèmes surviennent dans les négociations à venir, le dossier est prêt à monter de façon juridiquement formelle dans le système. Il s’agit selon lui d’un outil pour exiger des bases de bonne foi de l’autre parti.
Questionné en conférence de presse ce jeudi 20 août à Bradford sur l’état des négociations, le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, a déclaré rester « très optimiste ».
« Il y a eu quelques impasses, mais ce n’est pas inattendu. On reste engagés dans les négociations pour que les enseignants et les parents aient des garanties », a-t-il affirmé.
« L’école ouvrira comme prévu, l’année débutera. Il n’y a aucune raison d’anticiper des grèves », a-t-il conclu, balayant ainsi la possibilité d’un débrayage de la part du corps enseignant.
Une campagne publicitaire du gouvernement visant les syndicats?
En parallèle et selon des informations révélées par le média The Trillium, le gouvernement Ford s’apprête à lancer une campagne publicitaire ciblant les syndicats d’enseignants.
D’après un projet de scénario obtenu par le média, la publicité met en scène des comédiens incarnant des parents qui critiquent les syndicats de l’éducation, abordant notamment la question des congés de maladie, des billets du médecin et des risques de grève.
Pour M. Levasseur, il n’est pas surprenant pour le gouvernement « qui a toujours eu la ligne dure », cherche à publiquement justifier sa ligne de conduite d’allocation des fonds en éducation.
« La province a deux grands dossiers criants, la santé et l’éducation, ce qui représente pratiquement 70 % des dépenses de la province, analyse le professeur. Le ministère veut faire des économies, c’est son objectif. Le danger est de créer de nombreux insatisfaits. En politique, quand l’électorat voit qu’on ne traite pas correctement les gens en éducation, ça donne l’impression qu’on ne traite pas bien les élèves. »
Gabrielle Lemieux questionne elle aussi les priorités du gouvernement. « Plutôt que de mettre son temps et son énergie à trouver des solutions avec les syndicats à la table centrale, le gouvernement choisit de préparer une campagne publicitaire pour s’en prendre aux syndicats, aux enseignants et au personnel scolaire. »
De conclure : « C’est préoccupant et inquiétant. D’après ce qu’on a vu, c’est une campagne qui envenime les choses. S’attaquer publiquement aux enseignants ne contribue certainement pas à créer un climat positif ou constructif autour d’une table de négociation. »
Ce jeudi 20 août, le ministre Paul Calandra a annoncé un investissement de 1 milliard de dollars pour 35 projets d’ouverture ou d’agrandissement d’écoles cet automne pour créer 18 000 nouvelles places pour les élèves et 1100 places en service de garde. Photo : chaîne YouTube du gouvernement de l’Ontario
La porte-parole du NPD en matière d’Éducation, Chandra Pasma, a fustigé l’attitude de la province, rappelant que « si le gouvernement était venu à la table de négociation de bonne foi et s’était concentré sur la conclusion d’ententes », l’incertitude qui pèse actuellement sur les familles et le personnel scolaire aurait pu être évitée.
Dénonçant le recours à des fonds publics pour orchestrer cette campagne, Mme Pasma accuse le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, d’avoir perdu un temps précieux dans des querelles de procédure.
Plutôt que de financer des « publicités d’attaque » à l’approche de la rentrée, elle estime que la province devrait s’attaquer d’urgence aux problèmes de fond du système scolaire. « Le gouvernement gaspille l’argent des contribuables […] tout en refusant d’affronter les défis bien réels de la taille des classes et de la violence à l’école. Les élèves de l’Ontario méritent des solutions, pas du théâtre politique », tranche-t-elle.
En conférence de presse, cette fois sur la question de la campagne publicitaire, le ministre Calandra a répondu aux journalistes qu’il mettrait en œuvre tous les moyens dont il dispose afin que les élèves, les parents et le personnel enseignant « comprennent clairement ma position ». Il a au passage laissé entendre que les syndicats menaient eux-mêmes des campagnes publicitaires de leur côté depuis plusieurs mois.
Dans cet épisode, l’autrice, éditrice et entrepreneure Mélina Seymour se livre sur un parcours marqué par l’action communautaire, la communication et la résilience. Originaire de la Guadeloupe et aujourd’hui installée à Welland en Ontario, elle revient sur ses racines rurales, son engagement auprès de la jeunesse et la transmission intergénérationnelle qui alimente sa vision de la solidarité.
Éprouvée par la perte de son conjoint dans la quarantaine, Mélina aborde avec vulnérabilité le deuil et l’importance d’honorer ses promesses. Elle explique comment poser des mots sur le papier devient un véritable processus de guérison. En fondant sa propre maison d’édition, elle met sa passion pour la transmission au service des autres, offrant un espace pour changer les épreuves en récits inspirants et laisser une trace durable pour les générations futures.
LA NATION – Ce samedi, le village franco-ontarien de Saint-Albert dans l’Est ontarien s’apprête à marquer l’histoire en tentant d’homologuer un record Guinness pour le plus grand nombre de lames de charrue en action simultanée. Derrière la démesure de cet attelage géant de 325 pieds de long se cachent cinq années de travail bénévole, l’amour des traditions et une mobilisation citoyenne au profit de la communauté locale.
« C’est pour rassembler les Anglais, les Français, les Québécois, les Ontariens… Ça vient de partout pour partager notre fierté agricole ensemble, tout le monde parle le même langage antique », explique François Latour, la voix éraillée par les centaines d’heures consacrées à la préparation de cet ambitieux chantier.
Pour le principal instigateur du projet, déjà auteur de deux records Guinness d’anciens moulins à battre en 2015 et 2019, cette charrue géante est avant tout un hommage au travail de la terre qui a façonné la communauté.
« Ici, la terre et les concours de labour font partie de notre patrimoine. On a tous déjà tenu un manche de charrue, alors je me suis dit qu’on devait créer un événement à la hauteur de cet héritage », tenait à rappeler celui qui travaille sur ce projet depuis les cinq dernières années.
L’exploit repose sur une ingénierie artisanale titanesque. L’équipe de bénévoles et de passionnés de machinerie patrimoniale a assemblé une quarantaine de charrues anciennes, minutieusement ajustées pour ne former qu’un seul et unique bloc de 325 pieds de long.
Au total, ce sont 80 socs d’époque qui s’enfonceront en même temps à quatre pouces de profondeur dans la terre, sur une distance de 500 pieds. Pour garantir que cette structure colossale avance en ligne droite sans dévier, l’attelage sera tracté par des tracteurs datant des années 70 guidés par un système GPS.
Réunis par la passion du « langage antique », Alain Séguin (à gauche), un des bénévoles, et François Latour mettent la dernière main aux préparatifs de la charrue de 325 pieds à Saint-Albert. Photo : Inès Rebei/ONFR
La météo : l’ultime menace qui peut tout faire basculer
Si les passionnés maîtrisent la mécanique sur le bout des doigts, le ciel reste leur plus grande source d’angoisse. Dans le monde du labour d’envergure, la pluie n’est pas un simple inconfort pour les spectateurs : c’est un facteur critique capable de transformer la terre en un piège redoutable pour ces machines du siècle dernier.
« C’est la pluie qui nous inquiète, la boue risquant de nous compliquer la tâche », reconnaît M. Latour. Un sol détrempé ou trop humide augmente considérablement l’effort de traction requis.
Pour une structure inédite de 325 pieds tirant 80 lames à la fois, la moindre accumulation d’eau alourdit la terre, fait patiner les tracteurs et risque d’imposer une tension mécanique destructrice sur les attaches patrimoniales, précise-t-il.
Malgré ce suspense météorologique et l’obligation d’un effort décuplé en cas de terrain mouillé, l’équipe refuse de faire marche arrière : la tentative aura lieu beau temps, mauvais temps.
La démonstration, prévue à 16 h sur les terres généreusement prêtées par Marc et Ghislain Laflèche, sera rigoureusement inspectée par une juge officielle du Guinness World Records, venue spécialement de New York pour l’occasion.
Un soutien financier direct pour la paroisse et le centre communautaire
Au-delà du défi contre les éléments et de la sauvegarde de la mémoire agricole, la démarche de ce fier fils de fermier de la région s’inscrit dans une logique de solidarité rurale très concrète.
Les retombées financières de la journée seront directement versées à la paroisse afin de soutenir le Centre communautaire de Saint-Albert, lequel avait été cédé par la Ville en raison de contraintes budgétaires l’année passée.
« D’habitude je le fais pour le cancer du sein, mais cette fois-ci je le fais pour le Centre communautaire qui a été donné à un groupe communautaire. Il était question de fermer le Centre, mais la population veut le garder ouvert », soutient l’organisateur.
Grâce au prix d’entrée fixé à 20 $ pour les adultes (gratuit pour les enfants de 12 ans et moins), aux commanditaires et aux dons, le comité vise une récolte de fonds substantielle.
François Latour souligne que la performance repose sur la simultanéité : le but ultime est de faire tourner le plus grand nombre de lames au même moment, et non de réaliser la plus grande surface de labour. Il a lui-même mis à disposition la moitié des machines, soit une vingtaine de charrues pour l’événement. Photo : Inès Rebei/ONFR
Lors de son précédent record, l’initiative avait permis d’amasser 12 000 $ pour la cause. Pour cette édition, François Latour espère attirer entre 3000 et 5000 visiteurs sur le site de la route 700 Ouest.
Pour la municipalité de La Nation, la portée de cette journée dépasse largement le cadre du simple rassemblement de collectionneurs.
« C’est un événement significatif pour nous. Ça amène des gens de tout partout », affirme le maire de La Nation, Francis Brière. Interrogé sur le lien entre ce rassemblement et la francophonie locale, l’élu souligne à quel point l’histoire de la langue et celle du travail du sol sont intrinsèquement liées dans la région.
« On est fiers d’être francophones et on y tient à cœur. On veut s’assurer que cette tradition-là reste en place pour les générations futures, pour mes enfants. Le patrimoine et le langage sont liés, c’est difficile de les détacher un de l’autre. »
Danse de tracteurs et Rats de S’wompe
Pour accueillir les milliers de curieux attendus, le site proposera une programmation diversifiée de 11 h à 23 h.
En plus de la compétition officielle de labour de Clarence-Rockland-Russell qui réunira des dizaines de laboureurs, le public pourra assister à un spectacle singulier : une danse de tracteurs.
L’idée est aussi de faire découvrir au public, néophyte et connaisseur, comment l’équipement agricole a transformé les campagnes de génération en génération.
Un concours de labour se tiendra également ce samedi sur le site. Photo : Inès Rebei/ONFR
Cette troupe locale exécutera une chorégraphie sur musique à bord de quatre couples de tracteurs anciens, avec des représentations prévues à 11 h et 15 h.
Les familles pourront profiter de démonstrations de machinerie d’époque, de promenades en voiture à foin, à cheval, d’un labyrinthe pour les enfants, de go-karts et d’une compétition de casse-tête de 500 pièces pour équipes de deux personnes sous la grande tente.
La journée se clôturera par un souper communautaire et un spectacle de musique folklorique et trad-rock en soirée, mettant en vedette le groupe Les Rats de S’wompe.
TORONTO – L’ancienne ministre des Affaires francophones et ex-présidente du Conseil du Trésor de l’Ontario, Caroline Mulroney, qui avait quitté ses fonctions le 5 juin dernier, occupera le poste exécutif de vice-présidente du conseil au sein de la banque RBC, à compter du 14 septembre.
Entrée en politique en 2018, élue députée de la circonscription de York-Simcoe lors des élections provinciales de 2018, Caroline Mulroney était aussitôt devenue ministre des Affaires francophones, et ce pendant huit ans, en parallèle de plusieurs portefeuilles de premier plan : Procureure générale (2018-2019), Transports (2019-2023) et Conseil du Trésor (depuis 2023).
Avant sa démission en juin dernier, la ministre, qui indiquait vouloir passer plus de temps avec sa famille, avait déclaré ne pas fermer la porte au secteur privé.
Or, trois mois plus tard, celle-ci repasse en effet par la case du privé et dans son domaine de prédilection.
Avocate d’affaires de formation, avant d’entrer en politique, elle avait été vice-présidente chez BloombergSen Investment Partners, commençant sa carrière en banque d’investissement chez Bear, Stearns & Co. Inc., et pratiquant le droit chez Shearman & Sterling LLP à New York.
Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, à titre de vice-présidente du conseil, RBC, Caroline Mulroney agira comme dirigeante principale des relations avec la clientèle et des affaires à l’échelle mondiale pour l’ensemble de l’entreprise.
« Elle mettra à profit sa vaste expérience pour cerner de nouvelles occasions d’affaires, approfondir les relations avec nos clients et faire progresser les priorités de croissance de RBC dans nos différents secteurs d’activité et régions (…) particulièrement dans les secteurs des Marchés des capitaux, des Services bancaires aux entreprises et de la Gestion de patrimoine », explique une note interne partagée à ONFR.
« Elle conseillera également nos dirigeants d’entreprise sur les répercussions qu’ont l’évolution des politiques gouvernementales, la réglementation et le secteur public sur nos clients. »
Derek Neldner, président-directeur général et chef de la direction, RBC Marchés des capitaux, à qui elle répondra directement, a également déclaré que « la perspective unique de Caroline sur l’intersection entre le gouvernement, les politiques publiques et la stratégie d’entreprise, alliée à sa capacité éprouvée à tisser des liens entre les secteurs, la positionne idéalement pour avoir un impact majeur en travaillant aux côtés de nos équipes et au service de nos clients. »
OTTAWA — C’est près du double des unités initialement prévues, soit quelque 350 organisations à travers le pays au sein de la Défense nationale, qui ont vu leur politique sur la langue de travail être modifiée. Une pétition demandant le retrait de cette politique linguistique a d’ailleurs été déposée au Parlement.
Alors que le nombre de 180 unités avait circulé dans les médias, basé sur d’anciennes données de la Défense nationale, le ministère a indiqué à ONFR que presque deux fois plus d’unités sont touchées par la mise en place d’une nouvelle directive sur la langue de travail, dont plus de la moitié au détriment de l’usage du français.
Ce sont plus précisément 348 unités qui sont concernées à la Défense, incluant les Forces armées canadiennes (FAC), et qui se divisent en deux groupes :
Du statut bilingue au statut unilingue : 174 unités sont passées du statut bilingue à unilingue anglophone et 29 de bilingue à unilingue francophone, pour un total de 203.
Du statut unilingue au statut bilingue : 67 unités sont passées d’unilingue anglophone à bilingue et 78 d’unilingue francophone à bilingue, pour un total de 145.
Le ministre de la Défense, David McGuinty, a annoncé la semaine dernière avoir ordonné « l’examen et la révision » de cette politique, sans toutefois la mettre sur pause ou l’annuler pour le moment.
« Il est important de noter que ces chiffres sont fondés sur l’analyse réalisée à ce jour et seront revus dans le cadre de l’examen et de la révision des désignations de la langue de travail au sein des unités des FAC », précise la Défense nationale dans une déclaration.
Le ministère ajoute que « les travaux préliminaires pour déterminer la portée, l’approche et le calendrier de l’examen ont commencé » et que de plus amples informations seront transmises ultérieurement.
La nouvelle politique linguistique est venue modifier la langue de travail dans les unités de la Défense pour s’aligner sur les régions désignées bilingues au pays par le Conseil du Trésor. La langue de travail est désormais déterminée principalement en fonction de la région où se trouve l’organisation ou l’unité. Ce changement touche en majorité des unités situées dans certaines régions de l’Ontario, dans l’Ouest canadien et dans les Maritimes, mais concerne également des unités au Québec.
La Défense nationale avait expliqué que l’ancienne approche générait « plusieurs défis » et que les changements avaient été effectués à la suite de plaintes fondées auprès du Commissariat aux langues officielles.
Une pétition en circulation contre la directive
Une pétition est disponible depuis mardi sur le site de la Chambre des communes pour demander au ministère le retrait de la directive linguistique. La pétition, déposée par un citoyen de Gatineau et parrainée par le député conservateur Pierre Paul-Hus, énonce que le bilinguisme constitue « une obligation institutionnelle et un atout opérationnel et stratégique qui renforce le leadership et l’efficacité des FAC ».
Elle réclame un retour aux règles antérieures permettant de désigner des unités bilingues selon leurs besoins, leur mission ou leur mandat.
La requête demande aussi que la révision annoncée par le ministre de la Défense soit « fondée sur les obligations linguistiques et les besoins opérationnels des FAC, d’en publier les conclusions, d’établir des objectifs mesurables et de rendre publiquement compte des résultats ».
« La vitalité du français au sein des FAC exige plus que la reconnaissance de droits individuels et nécessite une capacité institutionnelle réelle permettant aux militaires de travailler, d’être dirigés et de progresser professionnellement en français », peut-on lire.
Au moment d’écrire ces lignes, mercredi soir, la pétition avait recueilli plus de 600 signatures, quelques heures après sa publication. La date limite pour signer est fixée au 17 septembre.
Des craintes soulevées
Le Commissariat aux langues officielles a reçu cinq plaintes depuis la fin juillet en lien avec la directive de la Défense nationale. Cela s’ajoute à d’autres plaintes qu’avait reçues la commissaire Kelly Burke au sujet du Collège militaire royal de Kingston. La nouvelle politique y avait entraîné l’abandon du français comme langue de travail sur le plan administratif en mai dernier. Quelques semaines après ces événements, le CLO avait officialisé le déclenchement d’une enquête à la suite de sept plaintes déposées.
Les partis d’opposition à Ottawa, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) ainsi que l’Union des employés de la Défense nationale, qui représente près de 18 000 employés du ministère, ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact de la directive sur le droit de travailler en français.
La Défense nationale s’est toujours défendue, soutenant que cette mesure, en place depuis janvier 2025, ne touche pas la formation, l’instruction ni les services au public et aux familles des membres des FAC.
La FCFA a toutefois salué la décision du ministre McGuinty de procéder à un examen de la politique.
SUDBURY – Au cours de la conférence annuelle de l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) à Ottawa, le maire Paul Lefebvre et les Maires des grandes villes de l’Ontario (OBCM) ont réclamé dimanche l’appui d’urgence du gouvernement provincial pour la campagne Solve the Crisis. Face à l’aggravation des crises d’itinérance, de santé mentale, et de dépendance, des organismes communautaires locaux comme le Réseau Access Network rappellent toutefois que les prises de décision doivent inclure la voix des intervenants de première ligne.
La Ville du Grand Sudbury compte 461 itinérants, dont 302 en situation chronique, selon les données du mois de juillet. Pour le Réseau Access Network, il devient de plus en plus difficile de répondre à leurs besoins criants. « C’est quasi impossible de trouver des logements à faible revenu », affirme Cynthia Jolineau, gestionnaire en finance de l’organisme.
Fondé en 1989, cet organisme spécialisé dans la promotion de la santé et de la réduction des méfaits — notamment liés au VIH et à l’hépatite C — déploie pourtant des moyens pour soutenir les personnes en situation d’itinérance. « On a quand même une travailleuse sociale qui s’occupe des gens qui font partie de notre cercle de patients, qui sont peut-être sans abri ou qui se promènent d’un endroit à l’autre ».
En plus de la crise d’itinérance, les problèmes de dépendance s’ajoutent à la liste de fléaux qui touchent disproportionnellement Sudbury. De janvier à juin de cette année, les services paramédicaux de la ville ont répondu à 521 appels pour des urgences liés aux opioïdes. Après la fermeture du site Energy Court, les taux d’overdoses et d’infections ont également grimpé.
John Andersen, le directeur général par intérim du Réseau Access Network, indique qu’en 2026, 100 personnes sont décédées suite à des overdoses à Sudbury. D’après lui, le taux d’infection à l’hépatite C à Sudbury est 30 % supérieur à la moyenne nationale, une statistique qu’il juge évitable si la province n’avait pas cessé de financer La Place, le site de consommation surveillée de la ville mis à l’arrêt depuis mars 2024.
Situé à Energy Court, La Place était un site de consommation mené par le Réseau Access Network pour soutenir les personnes dépendantes, superviser les consommations, et assurer la salubrité des outils d’injection. Il a été fermé en mars 2024. Photo : Dominique Demers/TFO
Un appel à l’action des maires de l’Ontario
Lors de la conférence annuelle de l’AMO, Paul Lefebvre et ses homologues des grandes villes de la province ont réitéré leur appel à l’aide auprès du gouvernement. Regroupés au sein de l’Association des maires des grandes villes de l’Ontario (OBCM), 29 élus se sont réunis le dimanche pour faire le point de la campagne Solve the Crisis, créée un 2024. Deux ans plus tard, le constat reste alarmant : les crises d’itinérance, de santé mentale, et de toxicomanie ne font que s’aggraver, et ce, malgré les démarches et financements engagés.
« Dans plusieurs collectivités, la situation empire », alerte le maire de Sudbury, Paul Lefebvre par communiqué. « On a investi dans le logement, la lutte contre l’itinérance et les services communautaires, et on continue de travailler avec nos partenaires pour aider les gens à trouver une issue. Mais même avec des dépenses record, la crise ne cesse de s’aggraver ».
Pour changer la donne, les maires annoncent une deuxième phase de la campagne, une qui demande des ressources plus conséquentes dans non seulement la réaction face aux crises, mais à des suivis continus pour assurer le rétablissement complet des personnes affectées.
« La prochaine étape doit être axée sur le rétablissement, en investissant dans l’ensemble du continuum de soins, depuis le logement et les soutiens communautaires jusqu’au traitement, à la réadaptation et, au besoin, à l’intervention empreinte de compassion », relate le maire.
Les maires des grandes villes se sont réunis dimanche pour faire le point sur la campagne Solve the Crisis, une initiative pour gérer la crise d’itinérance, de santé mentale, et de dépendance dans leurs municipalités. Photo : la Ville du Grand Sudbury
Une approche différente requise
Réseau Access Network soutient que le gouvernement doit revoir ses méthodes en se montrant à l’écoute du personnel du terrain et en s’appuyant sur l’expertise, les recherches, et les données du terrain des intervenants de première ligne, insiste son directeur, qui salue tout de même l’appel à l’action du maire Lefebvre.
La gestionnaire en finance de l’organisme encourage également le gouvernement à investir dans le personnel de première ligne afin que les organismes locaux puissent soutenir les personnes en situation d’itinérance et de dépendance. « Ça ne peut pas toujours être des personnes assises derrière un bureau au centre-ville, au conseil, au gouvernement, dit-elle, il faut avoir des professionnels, les payer afin qu’ils soient capables d’avoir les meilleures ressources possibles », dit Mme Jollineau.
Elle estime que, malgré les investissements provinciaux et fédéraux, la priorité doit être de consulter les agents communautaires directement impliqués dans la gestion des crises d’itinérance, de santé mentale, et de dépendances. « Si ces professionnels-là ne sont pas en place, on peut donner tout l’argent du monde, ça ne fonctionnera pas ».
OTTAWA — Réunis cette semaine à Ottawa dans le cadre du congrès annuel de l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO), les élus locaux d’un bout à l’autre de la province tentent de faire entendre leur voix. Alors que le gouvernement de Doug Ford vante ses investissements massifs destinés à accélérer la construction de logements et à moderniser les infrastructures, des maires francophones du Nord et de l’Est ontarien dressent un bilan beaucoup plus nuancé.
Au cœur de ce rassemblement municipal amorcé dimanche, le financement des infrastructures de base – l’eau, les égouts, les ponts et le réseau routier – s’est imposé au centre des échanges.
Si le gouvernement provincial a récemment multiplié les annonces, notamment en mettant en avant un fonds d’un milliard de dollars dévoilé la veille en partenariat avec le fédéral pour débloquer le potentiel résidentiel, des maires francophones peinent à y voir une réponse adéquate à l’ampleur de la crise.
Le maire de Clarence-Rockland, Mario Zanth, se dit peu impressionné par les annonces provinciales face à l’explosion des coûts d’infrastructure dans l’Est ontarien. Photo : Inès Rebei/ONFR
Dans l’Est, du côté de Clarence-Rockland, Mario Zanth estime que l’équation économique imposée aux municipalités est devenue tout simplement insoutenable. Il souligne que si l’indice des prix à la consommation a grimpé d’environ 16 % pour les ménages depuis 2022, les coûts liés aux grands projets d’infrastructure municipale ont connu une hausse vertigineuse avoisinant 50 %.
« Quand on monte les taxes de 5 %, ce n’est même pas assez pour payer pour l’infrastructure qu’on a », explique Mario Zanth, qui est aussi le président des Comtés unis de Prescott-Russell.
« Un milliard, ça paie même pas pour deux municipalités dans Prescott-Russell, et on est 444 municipalités en Ontario »
— Mario Zanth
Le vice-président du Caucus des préfets de l’Est de l’Ontario (EOWC) évalue le déficit d’actifs de sa seule ville à environ 800 millions de dollars. À l’échelle des Comtés unis de Prescott et Russell, ce gouffre financier atteint le chiffre étourdissant de 1,2 milliard de dollars.
Selon ses calculs, la province devrait verser environ 300 millions de dollars à chaque municipalité simplement pour alléger la pression de l’entretien des infrastructures de base. Dans ce contexte, les enveloppes globales promises par le gouvernement provincial sont perçues comme une goutte d’eau dans un océan de dettes.
Lors de son allocution au congrès de l’AMO lundi matin, le premier ministre Doug Ford a souligné la signature d’une entente de cinq ans pour maintenir le rassemblement annuel à Ottawa, tout en insistant sur l’urgence pour l’Ontario de développer ses propres centres de données afin de garantir sa souveraineté numérique. Photo : Inès Rebei/ONFR
Des infrastructures qui vieillissent
Pour la mairesse de Timmins, Michelle Boileau, les besoins sur le terrain dépassent largement le cadre des grands projets économiques promis dans le Nord.
« Même si des projets d’envergure ont été annoncés, les préoccupations entourant le logement restent au premier plan », explique celle qui préside l’Association francophone des municipalités de l’Ontario (AFMO).
Mme Boileau constate un virage dans le débat local : la nécessité de bâtir des habitations – notamment pour loger la main-d’œuvre nécessaire à ces futurs projets – et de financer les réseaux d’eau qui les accompagnent est devenue une priorité quotidienne pour les citoyens.
« Pour la première fois, ce sont les résidents eux-mêmes qui nous parlent de cette urgence », souligne-t-elle. « Mais pour appuyer ces constructions, il faut des investissements majeurs dans nos infrastructures de base, qui vieillissent et doivent s’étendre pour absorber la croissance. »
En tant que présidente de l’AFMO, la mairesse de Timmins, Michelle Boileau, porte aussi la voix des municipalités francophones face aux défis de croissance et de logement. Photo : Inès Rebei/ONFR
La pression financière n’empêche toutefois pas certaines collectivités de connaître un essor démographique rapide, qui apporte son propre lot de défis logistiques. C’est le cas de la municipalité de North Stormont, où la population a crû de 7,7 % lors du dernier recensement officiel.
Le maire François Landry espère que le fonds d’un milliard de dollars annoncé dimanche pour les municipalités sans redevances d’aménagement et le retrait de la TVH sur les habitations neuves constitueront des leviers précieux pour accompagner la croissance sans asphyxier les services existants.
« À l’heure actuelle, nous avons cinq lotissements en cours de développement. Les données dont nous disposons pour les permis de construction démontrent qu’on enregistre la plus forte croissance de tous les Comtés unis », indique celui qui est aussi le préfet des Comtés unis de Stormont, Dundas et Glengarry.
M. Landry rappelle que cette expansion exige une attention provinciale accrue, particulièrement pour garantir la sécurité routière sur des artères majeures comme la route 138, récemment le théâtre d’accidents graves.
La présidente sortante de l’AMO, Robin Jones, a salué le retour de Toronto au sein de l’organisation après 20 ans d’absence, tout en dénonçant une hausse de 86 % des coûts municipaux sur six ans. Photo : Inès Rebei/ONFR
Un recul de la province dénoncé
« On sait qu’on a besoin d’appartements abordables pour les gens qui n’ont pas de fonds de pension », estime de son côté le maire de Hearst, Roger Sigouin, déplorant que les retombées financières tardent toujours à se concrétiser sur le terrain.
« C’est tout le temps de belles annonces, mais est-ce que c’est juste pour bien paraître devant les élus? C’est sûr qu’on va étudier le dossier en rentrant, mais que ce soit pour tout de suite ou dans deux ans, j’ai mes doutes », dénonce celui qui a récemment été élu à la tête de l’Association des municipalités du Nord-Est de l’Ontario (NEOMA).
« Ça fait longtemps qu’ils nous annoncent des programmes. On n’a jamais vu l’argent, on n’a jamais rien vu pour nos communautés »
— Roger Sigouin
Ce scepticisme s’alimente d’autres déceptions récentes envers Queen’s Park. Depuis près d’un an, la municipalité travaillait en étroite collaboration avec le ministère des Transports de l’Ontario (MTO) sur un projet d’infrastructure routière clé : la construction d’un stationnement sécurisé pour les grands camions le long des routes 11 et 138, afin de désengorger le réseau et d’améliorer la sécurité dans le Nord.
Tout semblait ficelé avec le ministère, qui avait même recommandé de bonifier les installations en faisant passer l’enveloppe budgétaire de 9,5 à plus de 9,8 millions de dollars afin d’y inclure des travaux de pavage complets.
Or, juste avant le départ du maire vers le congrès, les services administratifs ont appelé la municipalité pour annoncer le gel du projet, invoquant des contraintes financières.
Après 24 ans à la mairie de Hearst, Roger Sigouin ne mâche pas ses mots face aux reculs administratifs de Queen’s Park lors du congrès de l’AMO. Photo : Inès Rebei/ONFR
Ce revirement brutal a provoqué la vive colère du maire, détenant 34 ans de carrière en politique, qui dénonce le fossé entre les annonces provinciales et la livraison réelle des chantiers. « C’est insultant et frustrant », conclut-il amer.
Interpellé directement lors du congrès par M. Sigouin, le ministre des Transports a affirmé ignorer la décision prise par ses propres fonctionnaires, s’engageant à réexaminer le dossier pour tenter de débloquer cette infrastructure essentielle.
L’édition 2026 du rassemblement annuel de l’@AMOPolicy intègre désormais la traduction systématique des diapositives de présentation sur la scène principale. #onfrpic.twitter.com/ZRDSjOSsWb
Face aux blocages et au coût exorbitant de la modernisation des infrastructures, d’autres administrations cherchent des alternatives locales pour ne pas faire porter l’ensemble du fardeau financier sur leurs seuls contribuables. À Hawkesbury, le maire Robert Lefebvre voit dans la collaboration intermunicipale un levier essentiel pour maintenir la capacité financière de sa ville.
La municipalité a récemment conclu un protocole d’entente avec le canton voisin de Champlain pour partager et étendre les services d’eau potable et d’égouts, permettant d’agrandir le territoire desservi de la ville d’environ 13 %.
« C’est des discussions qui ont continué éternellement entre les deux municipalités pour finalement arriver à un protocole d’entente qui détermine les grandes lignes pour les services et l’échange de terrains », explique Robert Lefebvre.
Robert Lefebvre, maire de Hawkesbury, souligne les défis financiers liés à l’entretien des grandes artères régionales comme la rue McGill. Photo : Inès Rebei/ONFR
Mais au-delà des tuyaux et des égouts, le maire de Hawkesbury invite également à revoir la définition même de ce qu’est un « logement abordable » dans le contexte économique actuel. Alors que les gouvernements multiplient les annonces sur l’habitation, M. Lefebvre rappelle que le calcul traditionnel ne tient plus la route pour les ménages.
« La règle a toujours été qu’un logement ne devrait pas dépasser 30 % du revenu brut d’un ménage », rappelle le maire. « Mais aujourd’hui, est-ce encore la réalité ou parle-t-on plutôt de 40 %? Quand on cumule le coût du logement et celui de l’alimentation, où va-t-on? »
Cette pression sur le logement s’ajoute à la gestion des infrastructures routières, une source constante de tension budgétaire pour Hawkesbury.
C’est notamment le cas de la rue McGill (reliant la route 34 au pont interprovincial vers le Québec) et de la rue Main, empruntées chaque jour par 10 000 à 15 000 véhicules, dont une grande proportion de camions lourds. Bien qu’il s’agisse d’artères stratégiques régionales, il précise que les compensations et subventions provinciales ne couvrent jamais la totalité des coûts d’entretien.
Elle a grandi au Canada, représenté la France avant de revenir sous l’érable et vit aujourd’hui de nouveau dans l’Hexagone. À 26 ans, Maëliss Trapeau sort de Jeux du Commonwealth contrariés par une blessure et entre dans les années décisives d’une carrière qu’elle rêve de mener jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles.
À Glasgow, Maëliss Trapeau aurait aimé aller plus vite. Beaucoup plus vite. La spécialiste franco-ontarienne du 800 m ne cherche d’ailleurs pas à embellir sa performance lorsqu’elle revient sur ses premiers Jeux du Commonwealth.
« Les Commonwealth, ça ne s’est pas super bien passé pour moi. J’aurais préféré faire une meilleure performance parce que ce n’était pas vraiment mon niveau. »
Un constat sévère, à première vue. Car derrière le chrono qui la déçoit se cache une autre réalité : dix jours avant la compétition, une blessure au mollet avait sérieusement compromis sa participation. En stage avec l’équipe canadienne en Allemagne, la jeune femme est alors prise en charge par le personnel médical. La lésion, de grade 1, n’est pas suffisamment grave pour mettre immédiatement fin à sa saison, mais courir avec des pointes pourrait l’aggraver. Les premiers avis sont pessimistes.
« Ils m’ont rapidement dit que je n’allais pas pouvoir courir et qu’il ne fallait pas prendre de risques parce qu’il y avait les Jeux de Los Angeles en jeu. »
Son corps récupère finalement suffisamment vite pour lui permettre de prendre le départ. Mieux, elle atteint les demi-finales. Les deux objectifs établis avec son entraîneur plusieurs mois auparavant sont donc remplis : participer aux Jeux et passer le premier tour.
« Je suis déçue du chrono, de la performance, mais je ne suis pas déçue d’être arrivée sur la ligne de départ. Je ne suis pas déçue d’avoir pu participer ni d’être arrivée en demi-finale malgré les circonstances », relativise l’athlète.
« Le début de mes meilleures années »
Sa demi-finale a laissé néanmoins un goût amer. Dans le rythme pendant une bonne partie de la course, Maëliss Trapeau a vu ses adversaires s’éloigner dans les 150 derniers mètres. Pas de nouvelle douleur. Simplement une absence inhabituelle d’énergie dans la dernière ligne droite.
Elle l’attribue aux dix jours d’entraînement perturbés par sa blessure et à un pic de forme qui n’a pas pu être consolidé. « Ça fait vraiment bizarre de voir toutes les filles te dépasser et d’essayer, mais de ne pas avoir l’énergie pour les suivre. »
À 26 ans, elle relativise d’autant plus facilement qu’elle estime avoir encore ses meilleures années devant elle. « Je pense que je suis au début de mes meilleures années. J’ai envie de penser que le meilleur sera quand j’aurai 28 ans. »
Une perspective presque étonnante lorsqu’elle rappelle elle-même qu’une carrière de spécialiste du 800 m est relativement courte. Mais avant d’en arriver là, il a fallu du temps.
Sur le 800 m, Maëliss Trapeau possède un record personnel de 1 min 58 s 90, établi lors des Championnats du monde 2025 à Tokyo. Photo : Sean Burges/Mundo Sport Images
D’Ottawa aux pistes internationales
Maëliss Trapeau découvre l’athlétisme à 11 ans avec les Ottawa Lions. Son grand frère pratique déjà et la petite sœur veut simplement suivre celui qu’elle décrit comme son « idole ». Les débuts sont loin d’annoncer une future athlète internationale.
« J’avais des facilités, mais j’étais quand même très nulle par rapport au groupe dans lequel j’étais », raconte-t-elle avec autodérision.
Sa progression se fait ensuite par étapes. Elle devient la meilleure de son groupe, monte dans le suivant, redevient l’une des moins fortes, progresse, puis recommence. Le haut niveau devient progressivement une possibilité. Un souvenir lui reste particulièrement en tête : les Jeux olympiques de Tokyo en 2021, qu’elle regarde à la télévision.
À 21 ans, elle observe les meilleures athlètes mondiales et remarque quelque chose de très concret : sa morphologie et sa musculature commencent à ressembler aux leurs. « Je me suis dit : si elles sont à la télé, pourquoi pas moi? »
Le Canada, un choix qui remonte à 2018
Son histoire internationale aurait pourtant pu être très différente. Née en France, Maëliss Trapeau arrive au Canada à 5 ans et y grandit jusqu’à ses 20 ans. Sa famille obtient la citoyenneté canadienne en 2015. Trois ans plus tard, à 18 ans, elle réalise les minima pour les Championnats du monde U20.
Elle possède les deux nationalités et doit choisir un pays. Son premier choix est le Canada. Mais la réglementation internationale de l’époque l’empêche de le représenter. Ni elle, ni ses parents, ni ses grands-parents ne sont nés au pays. À 18 ans, renoncer à des Championnats du monde n’est pas vraiment une option. Elle se tourne alors vers la France.
Un choix qui reste naturel pour celle dont les parents sont français et qui revendique déjà une double culture. « Je me considère autant Canadienne que Française. Pour moi, ça avait aussi du sens d’aller courir pour la France. »
Elle atteint les demi-finales mondiales U20 sous le maillot tricolore. Les années suivantes, marquées notamment par la pandémie de COVID-19, sont plus compliquées sur le plan sportif, entre blessures, stagnation et performances en deçà de ses ambitions.
Puis l’idée du Canada revient. Entre-temps, la réglementation internationale a évolué : il n’est désormais plus nécessaire que l’athlète, l’un de ses parents ou grands-parents soit né dans le pays qu’il souhaite représenter. En 2025, alors que ses chronos lui ouvrent de nouveau les portes des grandes compétitions internationales, celle-ci peut donc envisager ce qui lui avait été refusé sept ans plus tôt et lance officiellement une procédure de changement de représentation.
Le pari est risqué : la procédure peut s’étirer et compromettre son rêve olympique. Finalement, tout se règle en deux mois. Peu après les Championnats canadiens, son transfert est accepté et elle représente le Canada aux Championnats du monde à Tokyo.
Cette fois, le choix est pleinement le sien. « C’était pour des raisons personnelles parce que je me sens très Canadienne. Mes parents vivent encore au Canada, mes frères ont fondé une famille là-bas, mon copain est Canadien. Donc, je suis Canadienne. »
Maëliss Trapeau est licenciée à l’Entente Savoie Athlé, en France, où elle poursuit aujourd’hui sa carrière tout en représentant le Canada sur la scène internationale. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images
Canadienne dans la personnalité, Française dans l’assiette
Choisir un maillot n’a cependant jamais signifié choisir une identité au détriment de l’autre. Maëliss Trapeau vit aujourd’hui en France, notamment parce que les conditions y sont plus favorables à son entraînement, plaisante-t-elle, que les « 40 centimètres de neige » canadiens.
Lorsqu’on lui demande ce qui, chez elle, appartient à chacun de ses deux pays, la réponse vient rapidement. « Canadien, c’est la personnalité. J’ai une personnalité un peu plus positive que celle de la France. »
Elle oppose avec humour deux conceptions de la compétition. Une approche française qu’elle décrit comme davantage centrée sur l’obligation de gagner et une mentalité canadienne qui laisserait plus de place à l’expérience et au plaisir.
« Au Canada, c’est plus : participe, gagne de l’expérience, profite et amuse-toi. Cette personnalité-là, je suis plutôt canadienne. »
Pour trouver son côté français, inutile en revanche de chercher très loin. « Au niveau de la bouffe, sans vouloir insulter les Canadiens, je suis plus Française. Je préfère la bouffe française. »
Même son accent semble naviguer d’un côté à l’autre de l’Atlantique. Après plusieurs années en France, elle sent son accent canadien s’atténuer. Mais il suffit d’un retour au pays pour qu’il réapparaisse. « Dès que je mets un pied au Canada, mon accent canadien, un petit peu franco-ontarien, revient. »
Los Angeles, « l’objectif d’une vie »
Le prochain grand chapitre de cette histoire franco-canadienne pourrait s’écrire en Californie. Maëliss Trapeau a désormais connu les Championnats du monde, les Jeux panaméricains et les Jeux du Commonwealth. Il reste un rendez-vous au-dessus de tous les autres : les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
« C’est l’objectif d’une vie. »
Mais la Canadienne mesure l’ampleur du défi. Le 800 m féminin progresse rapidement et des chronos qui permettaient autrefois de se distinguer sont devenus beaucoup plus fréquents.
« Maintenant, faire 1 min 59, c’est devenu la banalité. Tout le monde le fait. Il va falloir s’entraîner encore plus dur, faire peut-être de plus en plus de sacrifices pour réussir à aller aux Jeux. »
Une ambition qui ramène finalement Maëliss Trapeau à cette jeune athlète de 18 ans qui, en 2018, voulait déjà courir pour le Canada sans pouvoir le faire. Huit ans plus tard, elle en porte désormais le maillot. Et c’est sous ces couleurs qu’elle espère atteindre le dernier grand rendez-vous qui manque encore à son parcours.
Élu à la présidence de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) en juin dernier, Gérald Arseneault est désormais à la tête de l’organisme porte-parole de la francophonie dans la seule province officiellement bilingue au pays. Sa longue feuille de route dans les domaines associatif et scolaire a probablement favorisé son élection par acclamation à la présidence de la SANB pour un mandat de deux ans. Humoriste et arbitre international de badminton, cet homme dans la soixantaine a plus d’une corde à son arc acadien. Rencontre.
Depuis un peu plus d’un mois, vous êtes le nouveau président de la SANB. Pourquoi avoir décidé de vous présenter?
J’ai toujours été très impliqué dans le monde associatif. Puis quand j’ai commencé à travailler avec d’autres associations, tu vois que la SANB, c’est vraiment l’association qui est là, qui réveille, qui brasse la cage et qui travaille pour les gens de toute la province. Ça m’a apporté tranquillement vers ça (la présidence). Puis je sentais que je pouvais encore donner, je ne manque pas d’énergie.
Je suis content que les gens m’aient fait confiance. Je prends ça avec une grande humilité, parce que je pense que la présidence de la SANB, c’est un poste important pour les Acadiens du Nouveau-Brunswick.
Quels sont vos objectifs dans le cadre de ce mandat pour les deux prochaines années?
Il y a vraiment beaucoup d’affaires là. Il y a le suivi de jugements de la Cour suprême (Lieutenante-gouverneure et tribunaux). Bien sûr, on vient d’avoir les États généraux aussi.
J’aimerais aussi travailler sur l’élimination de ce qui est inacceptable pour une communauté qui devrait l’être pour l’autre. Ce n’est pas normal de ne pas pouvoir se faire servir à l’hôpital ou de se faire annoncer la mort d’un proche ou de toujours attendre plus longtemps au téléphone parce qu’on est francophone. Si ce n’est pas acceptable pour les anglophones, alors pourquoi est-ce qu’on doit l’accepter?
Parlez-nous un peu de votre parcours.
Je suis originaire de Kedgwick, dans le nord du Nouveau-Brunswick. J’ai eu un bac en éducation physique de l’Université de Moncton et j’ai enseigné l’éducation physique dans deux districts scolaires différents. J’ai commencé dans le secteur anglophone en immersion, dans la région de Quispamsis, qui est tout près de Saint-Jean, et j’ai changé plus tard du côté francophone. Et puis après ça en 2019, j’ai eu le poste de président de l’Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick pour un mandat de deux ans, en plein pendant la pandémie.
Après ça, j’ai fait un passage au Centre communautaire Sainte-Anne. J’ai fait ça pendant 6 mois à la direction générale et après ça l’avenir m’a amené à déménager à Petit-Rocher avec ma conjointe.
Vous êtes aussi reconnu pour votre parcours dans le monde du badminton?
Oui, je suis un arbitre international de badminton. J’ai participé à deux Jeux olympiques : Rio de Janeiro et Tokyo. J’ai fait tous les championnats du monde qui existent en badminton dans ma carrière, dont quatre fois la finale mondiale.
Ça m’a permis de voyager un peu partout sur la planète avec ça. Ça m’a amené quatre ou cinq fois en Chine, en Inde, en Indonésie, en Amérique du Sud je ne sais pas combien de fois, à arbitrer du badminton.
Et quand tu arrives à 55 ans, ils te donnent une tape sur l’épaule, puis une belle plaque, puis merci beaucoup pour ta contribution. Ça ne pourrait pas arriver au Canada, disons, avec les lois.
Vous pourriez donc être, à votre âge, juge à la Cour suprême du Canada ou président des États-Unis, mais vous ne pouvez pas être arbitre de badminton aux Jeux olympiques?
Exact (rires). On voit que les critères sont différents un peu partout. Mais je trouve que quand je me suis retiré, j’étais le meilleur arbitre de ma carrière d’arbitre. C’est correct, je l’accepte.
Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Gérald Arseneault, en compagnie de sa prédécesseure, Nicole Arseneau-Sluyter. (Photo : gracieuseté SANB)
Vous êtes aussi humoriste depuis plus de 30 ans, dans le duo Ensemble vide, avec Éric Thériault. D’où est partie cette carrière?
En 1992, on a gagné le gala Les auditions Juste pour rire. On a fait des spectacles au Nouveau-Brunswick durant notre carrière, souvent des premières parties d’humoristes qui venaient ici. Mais on a aussi fait une tournée en Ontario, on a été dans l’Ouest jusqu’à Winnipeg, puis on est allés dans l’Est jusqu’à Terre-Neuve à travers les années. On a aussi déjà fait la première partie de Céline Dion…
Attendez, je dois vous arrêter : vous avez déjà fait la première partie de Céline Dion!?
Je ne sais pas si c’est bon pour la SANB (rires), mais c’est autour de 1992. Céline Dion fait un spectacle à Edmundston, au Nouveau-Brunswick. C’est dans un champ de balles (de golf) dehors, avec une scène au fond.
C’est rempli et le monde arrive vers 14 h, alors que le spectacle de Céline est à 20 h. C’est encore loin et il faisait chaud, alors le monde bouillonnait. Donc, je dis aux organisateurs : « Hé, on peut embarquer avant, nous autres? »
Ils nous disent : « Tout ce qui passe sur la scène avant doit être approuvé par René Angélil. »
Vous êtes allés voir René Angélil pour jouer en première partie de Céline Dion?
Oui. Il y avait une conférence de presse, alors je suis allé lui demander avant. Longue histoire courte là, je finis par y parler, puis là il dit : « OK, mais tu ne peux pas toucher au micro à Céline, tu sais. » Je dis oui oui, mais j’ai pensé à moi-même : « Ben oui, je suis sur le stage, tu viendras me l’enlever! »
Donc, on réussit, on embarque sur le stage, on commence, puis on fait un 30 minutes avant Céline Dion.
René Angélil était juste là en coulisses. Je me rappelle, je le vois juste à côté derrière, juste là. Puis il regardait ça. Et le monde présent, il voulait avoir Céline! Puis nous autres là, on a fait rire ce monde-là et tu as senti la tension qui est descendue. Puis à partir de ce moment-là, quand Céline faisait des tournées ou même à Las Vegas, qu’est-ce qui ouvrait pour Céline? Un humoriste.
Ils vous ont donné un cachet pour avoir joué en première de Céline Dion?
Un 2 litres de Pepsi puis une 12 pouces de Pizza Delight! Même pas un album de Céline, zéro (rires)! Ce n’était pas prévu le matin, mais on a eu une belle histoire.
Vous avez même fait croire au public pendant ce numéro que Roch Voisine était présent?
Oui, et il faut comprendre qu’il était 19 h, que les gens entraient et qu’il y avait énormément de monde.
Donc, j’embarque sur la scène, puis là je dis : « La Foire brayonne d’Edmundston a vraiment mis le paquet cette année, on a un invité spécial pour vous. Il n’était peut-être pas censé être ici, mais ça fait longtemps qu’on veut l’avoir. Je vous demande d’accueillir chaleureusement notre petit gars de la place, Roch Voisine! »
Puis ça, c’est mon partenaire qui embarque avec une perruque tout croche et un petit ukulélé. Mais là, le monde au fond, ils ne nous voient pas là-bas sur scène, ils entendent juste ça! Et là ça court, ça court pour rentrer! Oh qu’on a eu du plaisir avec ça.
Gracieuseté SANB
Votre duo d’humour au Nouveau-Brunswick, vous a-t-il déjà aidé ou encore…?
Embarquer sur l’estrade tout de suite puis rire des politiciens avec lesquels je dois dealer après, c’est pas facile (rires)… Mais ils le savent ça fait depuis 1989 qu’on fait de l’humour au Nouveau-Brunswick.
Parlez-nous de votre expérience aux Jeux olympiques.
Si tu prends Rio de Janeiro et Tokyo, c’est comme le jour et la nuit. Tokyo, tu arrivais là, c’était la pandémie. Tu ne pouvais rien faire : tu partais de ta chambre, tu allais au gymnase et vice-versa. C’était vraiment les tests COVID tous les jours, c’était quelque chose!
Mais à Rio, c’était beaucoup différent. J’ai été voir d’autres sports toutes les fois que j’avais du temps libre. On se dépêchait pour aller voir d’autres sports. Ça, c’était vraiment le fun.
Cette entrevue étant publiée le 15 août, dites-nous à quoi va ressembler votre journée et quelle signification a pour vous la Fête nationale de l’Acadie?
Le 15 août, c’est dire : « On est encore là, on est encore vivants! Entendez-nous, oubliez-nous pas parce qu’on est là! » C’est cette manifestation de présence acadienne sur le territoire, le Tintamarre.
Mon 15 août commence vraiment la veille avec une rencontre avec la commissaire aux langues officielles. Ensuite le lendemain, un dîner au consulat de France en Acadie. Et après ça, la célébration a lieu le soir avec l’événement télévisé à Dieppe. Il va y avoir un gros 15 août à Caraquet, puis à Tracadie, Petit-Rocher, etc. La Péninsule va être illuminée! Le 15 août, c’est se rappeler de qui on est puis le partager, pas avoir peur de le dire. Souligner avec joie la présence acadienne sur le territoire.
Du déclin démographique à l’anglicisation de milieux historiquement francophones, la société acadienne fait face à une nouvelle vague de défis depuis quelques années. Face à ces enjeux, est-il temps pour l’Acadie de prendre le contrôle d’un plus grand nombre d’institutions? C’est du moins l’idée mise de l’avant par plusieurs acteurs de la communauté acadienne.
À l’instar de ce qui s’est fait en Ontario, les États généraux de l’Acadie se sont déroulés en juin sur une période d’une semaine, un événement qui a lieu tous les 10 ans. Cette année, le thème de l’autonomie institutionnelle est ressorti avec force de cette rencontre réunissant les organisations de la société acadienne, notamment au Nouveau-Brunswick.
Mise de l’avant par un groupe de réflexion dont fait partie le sociologue Joseph Yvon Thériault, l’autonomie institutionnelle est plus « une visée qu’un projet immédiat », explique ce dernier, précisant qu’il n’y a pas actuellement de proposition précise pour définir ce terme.
« Est-ce qu’on veut une dualité au sein du gouvernement, une province acadienne ou simplement une régionalisation? », s’interroge-t-il.
« L’autonomie institutionnelle veut simplement dire avoir plus d’institutions dédiées à l’Acadie pour sa propre gouverne, en sachant très bien qu’il n’y aura jamais, en Acadie comme dans toute société, une autonomie complète », renchérit le sociologue.
En ce moment au Nouveau-Brunswick, une dualité existe déjà dans des domaines comme la santé et l’éducation, où coexistent des volets francophones et anglophones. Une récente réforme municipale a notamment regroupé de nombreuses municipalités au sein de l’Association des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick (AMFNB), couvrant presque toutes les régions du Nord et de l’Est où sont situés majoritairement les francophones.
« Or, est-ce que cela pourrait aller plus loin? », lance Joseph Yvon Thériault.
« Aujourd’hui, des gens se demandent : est-ce qu’on veut continuer dans cette voie, ou veut-on aller vers une décentralisation pour avoir des autonomies municipales plus fortes, étant donné que les Acadiens sont regroupés dans des régions spécifiques? Ce sont des questions qui s’inscrivent dans la suite de ce qui existe déjà. »
Un rapport attendu en septembre
Un rapport est attendu par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) en septembre pour résumer les propositions avancées par les organisations et acteurs de la communauté acadienne.
« C’est ce qui va établir notre feuille de route. C’est ce qui va nous dire sur quel clou on doit aller cogner dessus, en quelque sorte », résume le président de la SANB, Gérald Arseneault.
« Chaque État général arrive avec quelque chose. Deux États généraux avant, c’était le statut de l’artiste. On vient d’avoir dans les dernières années le vrai statut de l’artiste qui a été voté au gouvernement, mais ça a pris 20 ans », rappelle celui qui est entré en poste en juin dernier.
Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Gérald Arseneault, lors des États généraux. Gracieuseté SANB
Mais celui-ci soutient que l’idée d’aller vers une plus grande autonomie institutionnelle pour la communauté acadienne fait son chemin, y voyant une façon d’obtenir un meilleur contrôle dans des domaines clés au profit du développement de la francophonie.
« Si je prends l’éducation comme exemple, est-ce que ça serait de contrôler le curriculum qui est enseigné, combien y aurait-il d’enseignants, etc.? Tu contrôles l’institution, donc si on veut qu’il y ait plus d’histoire acadienne à enseigner, c’est nous autres qui décidons et on n’a pas besoin d’aller cogner à 40 portes au gouvernement », mentionne Gérald Arseneault.
« Mais est-ce qu’on va se rendre là? Est-ce que les gens sont prêts à aller jusque-là? C’est ça qu’il faut évaluer là-dedans », renchérit le président de la SANB.
À l’instar d’autres provinces canadiennes, le Nouveau-Brunswick fait face à un déclin démographique dans ses régions francophones. Selon les données du recensement de 2021, 30,7 % de la population indiquait avoir le français comme première langue. Bien qu’il s’agisse d’un léger recul par rapport au taux de 32 % enregistré en 2016, cela représente la baisse la plus marquée observée entre deux recensements depuis 1991.
Joseph Yvon Thériault note qu’il existe un pessimisme au sein de la communauté acadienne, notamment quand vient le temps de confronter le défi du déclin démographique et de l’intégration des nouveaux arrivants à la communauté acadienne.
« Face à ces nouveaux défis, il faut un renouveau de la question identitaire, pour la redéfinir afin qu’elle corresponde à l’actualité », avance le sociologue.
« On veut que la SANB prenne au sérieux cette idée d’autonomie institutionnelle, poursuit-il. On veut que la société acadienne soit sérieuse, qu’elle prenne les devants et qu’elle mobilise les acteurs significatifs de la société civile pour nourrir cette idée au cours des prochaines années », complète M. Thériault.
OTTAWA – C’est à Ottawa et Cornwall que le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO/SCFP) a conclu, ce vendredi, sa vaste tournée provinciale entamée au début du mois d’août. Tout au long de leur parcours de deux semaines à travers une quinzaine de villes ontariennes, les dirigeants syndicaux ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « sous-financement chronique » et de « crise de capacité » dans le réseau hospitalier. Une lecture de la situation catégoriquement rejetée par le ministère de la Santé, qui défend des investissements records.
Pour appuyer ses démarches, l’organisation syndicale se base sur son plus récent rapport d’information, intitulé Au bord du précipice : Les hôpitaux de l’Ontario de plus en plus attaqués. Ce document s’appuie sur une analyse des budgets provinciaux ainsi que sur les données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).
« C’est devenu la norme que les hôpitaux affichent un déficit. Ceci n’est pas permis, alors ils doivent demander des dérogations. À la fin de 2025, les déficits de fonctionnement des hôpitaux partout dans la province étaient de plus de 400 millions de dollars », a affirmé Suzanne Pinel-Asselin, vice-présidente francophone de l’organisme, lors de la conférence de presse ce vendredi matin au Centre Récréatif McNabb.
C’est au chapitre du financement par habitant que le syndicat dresse le constat le plus sévère pour la province et la région. Selon le président du conseil, Michael Hurley, le consensus provincial pour améliorer la capacité du réseau est aujourd’hui brisé par le gouvernement Ford.
« Le financement actuel représente environ la moitié ou 60 % de ce dont nous avons besoin simplement pour maintenir nos services hospitaliers », a soutenu M. Hurley.
« Pourquoi une province riche comme l’Ontario est-elle moins financée que le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard, la Saskatchewan ou le Manitoba? Pour équivaloir au financement par habitant du reste du Canada, la province doit augmenter le financement de 5 milliards de dollars par année pour les services hospitaliers essentiels. »
Victime du manque de lits après une attente de 55 heures sur une civière dans la capitale, le président du CSHO a dit qu’il a pu constater par lui-même la dégradation des services. Photo : Inès Rebei/ONFR
Perte de 500 postes dans la région?
En effectuant le portrait spécifique de la capitale lors de sa présentation en français, Mme Pinel-Asselin a détaillé l’impact direct de ce sous-financement sur les établissements d’Ottawa. « Ici à Ottawa, le financement supplémentaire nécessaire pour équivaloir aux autres provinces est de 355 millions de dollars, et il faudrait 5321 postes pour équivaloir au personnel dans la région », a-t-elle martelé.
La vice-présidente francophone a également mis en lumière la vulnérabilité financière et opérationnelle des grands hôpitaux de la capitale, incluant l’Hôpital Montfort, Santé Bruyère et Queensway Carleton. « Les fonds de roulement, ça prend 135 millions de dollars. Les déficits sont de -38 millions de dollars, et ce ne sont pas tous les hôpitaux qui rapportent ce qui se passe. »
Le syndicat prévient qu’une hausse budgétaire de 6 % par année est strictement nécessaire simplement pour maintenir les services dans leur état actuel face au vieillissement de la population. « Le plan actuel pour 2026-2027 est de 3,3 %. Ces hausses sont inférieures aux tensions réelles sur les coûts. Sans révision de cette politique de coupure, d’autres problèmes surviendront », a prévenu Mme Pinel-Asselin.
Le syndicat craint que les plans de stabilisation imposés par la province aient entraîné la suppression de près de 500 emplois dans la région d’Ottawa au cours des dernières années.
La province conteste les chiffres
Sollicité par ONFR, le ministère de la Santé de l’Ontario rejette fermement les conclusions du syndicat et qualifie sa démarche de « trompeuse » et défend son « investissement record de 101 milliards de dollars cette année seulement, une hausse de 64 % depuis 2018 », par la voix de Lily Barnes, attachée de presse de la ministre Sylvia Jones.
Le ministère souligne aussi avoir augmenté le financement de fonctionnement du secteur hospitalier de 4 % par année pour une troisième année consécutive. La province met également de l’avant un plan de 60 milliards de dollars pour financer plus de 60 projets d’infrastructures hospitalières et ajouter 3000 lits, ainsi que l’ajout de 20 000 médecins et 100 000 infirmières depuis 2018.
Bien qu’il concède ne pas en expliquer tous les rouages, Doug Allan a souligné que les données démontrent une nette supériorité du système public sur le secteur privé en matière d’efficience. Photo : Inès Rebei/ONFR
Interrogé par ONFR sur le fait que le syndicat et le ministère de la Santé s’appuient tous deux sur les données de l’ICIS tout en arrivant à des conclusions diamétralement opposées, le chercheur principal auprès du Syndicat et ayant mené l’étude, Doug Allan, a dénoncé la stratégie de communication du gouvernement.
« Ils regardent la période depuis 2018 pour leurs changements de financement. Nous sommes d’accord pour dire que durant ces années-là, grâce aux campagnes et à la pression médiatique, nous avons réussi à faire améliorer leurs plans budgétaires. »
« Mais cette période s’est terminée en 2024-2025. Depuis, le financement ne couvre que 50 à 60 % des pressions réelles. Ils manquent complètement notre point. Malheureusement, nous pensons que leur objectif est de rendre l’actualité la plus ennuyante possible afin de susciter le moins d’intérêt possible. Leurs répliques sont des réponses préfabriquées. »
Le syndicat pointe également du doigt l’impact de la privatisation des chirurgies de la cataracte. Selon M. Hurley, les cliniques privées à but lucratif « ne prennent pas les patients souffrant de conditions oculaires complexes comme le diabète. Elles veulent une usine qui fabrique des cataractes sur des yeux relativement en santé ».
Concernant les chirurgies de la cataracte, le ministère affirme au contraire que le temps d’attente moyen en Ontario s’est amélioré de plus de 55 %, alors que l’expansion des centres de chirurgie communautaires a permis d’augmenter le volume d’interventions de 172 %.
Demande de plus de transparence
Au-delà de la bataille de chiffres, le CSHO accuse le gouvernement provincial de rétention d’informations pour masquer l’ampleur de la crise sur le terrain. Lors de la conférence de presse finale à Ottawa, le chercheur a vivement dénoncé la décision de la province de cesser la publication de certaines données clés, notamment le nombre exact de patients traités sur des civières dans les couloirs.
« La réponse secrète du gouvernement aux soins de couloir a simplement été de cesser de publier les données. Nous savons qu’ils continuent de collecter ces chiffres, mais ils refusent de les rendre publics », a-t-il soutenu, soulignant que les données obtenues à ce jour n’ont été accessibles que grâce aux demandes d’accès à l’information effectuées par les médias.
Même constat pour les fameux « plans de stabilisation du secteur hospitalier » exigés à l’automne 2025 par le ministère pour résorber les déficits.
« Tous les hôpitaux de la région ont dû remplir ces plans pour décrire les coupures qu’ils prévoient faire afin de respecter les budgets réduits du gouvernement. Ils refusent de nous les donner. Le public a le droit de savoir quel type de coupures en santé ce gouvernement planifie », a martelé de son côté Michael Hurley.
Soins en français et le paradoxe de Montfort
Ces tensions budgétaires ravivent également les inquiétudes quant à la pérennité de l’offre en français. Suzanne Pinel-Asselin insiste sur l’importance de protéger ces services face aux pressions financières globales : « S’il y a des coupures dans des services en langue française, il va y avoir des difficultés à comprendre soit des diagnostics ou les raisons pour lesquelles quelqu’un se fait mettre en congé de l’hôpital », a-t-elle aussi précisé.
Sollicité pour une réaction, l’Hôpital Montfort d’Ottawa a indiqué préférer ne pas commenter le rapport du CSHO n’en ayant pas les détails, son directeur des communications, Martin Sauvé, confirme cette réalité et indique partager « la préoccupation générale quant au financement ».
Tout en précisant qu’aucune coupure de personnel n’est prévue, il rappelle qu’entre 2017 et 2026, Montfort n’a reçu que 54 % d’augmentation de revenus ministériels, contre une médiane provinciale de 65 %.
En février dernier, le PDG de l’établissement, Dominic Giroux, avait d’ailleurs fait une sortie publique pour dénoncer le fait que la rigueur budgétaire ne soit pas récompensée.
Aussi interpellés par ONFR, Santé Bruyère, l’Hôpital communautaire de Cornwall et Horizon Santé-Nord à Sudbury n’étaient pas en mesure de fournir une déclaration.
HAMILTON – Seize équipes, quelque 300 joueurs et une Coupe d’Afrique des Nations version hamiltonienne. Les 15 et 16 août, le soccer servira surtout de point de rencontre entre les différentes communautés africaines de la région. Pour sa 10e édition, la compétition prend une nouvelle dimension en s’associant à la Communauté francophone accueillante (CFA), avec l’ambition d’aller bien au-delà du terrain.
Botswana, Cameroun, Ghana, Nigeria, République démocratique du Congo, Somalie, Tchad… Seize nations seront représentées samedi au Mohawk Sports Park. À l’issue des rondes de sélection, deux équipes décrocheront leur billet pour la grande finale, disputée dimanche à 15 h au Hamilton Stadium, l’antre habituel du Forge FC.
Une petite Coupe d’Afrique à l’échelle de Hamilton, donc, mais dont l’histoire remonte déjà à dix ans. « On a commencé en 2016 avec quatre nations », se souvient Collins Kyere, président de l’African Canadian Youth Sports Network (ACYSN), qui était alors vice-président de la Ghana Association of Hamilton. « Je voulais lancer une initiative qui permettrait de rassembler les membres de la communauté africaine et je ne pouvais pas penser à autre chose que le sport. Pour la plupart des nations africaines, notre sport principal, c’est le soccer. »
Quatre équipes au départ, jusqu’à 12 en 2023, huit l’an dernier et désormais 16. Une croissance qui permettra de réunir samedi environ 300 joueurs, âgés de 16 à 65 ans.
Francophones et anglophones réunis autour du ballon
Pour cette 10e édition, la principale nouveauté se trouve cependant dans l’organisation. La CAN de l’ACYSN et le tournoi multisport annuel de la Communauté francophone accueillante de Hamilton unissent pour la première fois officiellement leurs forces.
Le rapprochement s’est fait progressivement. Lancé pendant la pandémie, le projet sportif de la CFA avait d’abord commencé par un tournoi de soccer avant de s’étendre à l’athlétisme, au basketball puis, cette année, au volleyball. Le soccer restait néanmoins à part tant sa capacité de mobilisation dépassait celle des autres disciplines.
« Les nouveaux arrivants, surtout francophones, s’intéressent beaucoup plus au soccer qu’à d’autres sports, souligne Nabila Sissaoui, coordonnatrice des CFA de Hamilton et London. La majorité vient généralement d’Afrique ou d’Europe, où le soccer est le sport préféré. »
Une collaboration informelle avec l’ACYSN avait déjà été amorcée l’an dernier. Cette fois, les deux organisations ont décidé de ne plus organiser leurs événements chacune de leur côté. « Ça faisait du sens de le faire ensemble. Au lieu d’avoir deux tournois, on en fait un grand et tout le monde se rassemble », résume Collins Kyere.
Nabila Sissaoui (au centre), coordonnatrice des CFA de Hamilton et London, voit dans le sport un puissant outil d’intégration et de rapprochement entre nouveaux arrivants et communauté d’accueil. Photo : CFA Hamilton
La CFA espérait initialement permettre à trois formations francophones de rejoindre un tournoi d’une douzaine d’équipes. L’engouement a finalement fait grimper le plateau à 16 formations, avec notamment le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Tchad parmi les équipes francophones.
Ces couleurs ne correspondent toutefois pas nécessairement à la nationalité des joueurs. Chaque formation choisit un pays africain à représenter, mais le tournoi est ouvert à tous, peu importe l’origine. Certaines équipes réunissent ainsi des joueurs de plusieurs communautés, même non africaines (Français, Cambodgiens, Vietnamiens). Et la CAN dépasse les frontières de Hamilton : des participants viennent notamment de Waterloo, tandis qu’une formation représentant le Zimbabwe fera le déplacement depuis Kingston.
Le soccer comme porte d’entrée
Car derrière la compétition, les organisateurs assument une ambition plus large : créer des connexions entre des communautés qui vivent dans une même ville sans nécessairement se rencontrer. C’était déjà la raison d’être de la CAN lors de sa création.
« La communauté africaine était composée de plusieurs petites organisations culturelles, mais nous n’étions pas vraiment connectés, explique Collins Kyere. Aujourd’hui, il y a beaucoup de personnes que j’appelle mes frères simplement parce que je les ai rencontrées grâce à ce tournoi. Je connais leur origine, une partie de leur histoire. »
L’équipe du Ghana, pays d’origine de Collins Kyere, président de l’ACYSN et fondateur du tournoi, célèbre son titre lors de la dernière édition de la Coupe d’Afrique de soccer de Hamilton. Photo : CFA Hamilton
Cette logique rejoint directement la mission de la Communauté francophone accueillante : faciliter l’intégration des nouveaux arrivants francophones et leur permettre de créer des liens avec leur nouvelle communauté.
« Tout ce qui est culturel, sportif ou communautaire a un impact énorme sur l’intégration des nouveaux arrivants, estime Nabila Sissaoui. Ça leur permet notamment d’entrer en contact avec les membres de la communauté d’accueil. »
Mais la démarche ne consiste justement plus à rester uniquement entre francophones. « On est dans une grande communauté, on n’est pas isolés de la communauté anglophone. Si on veut vraiment la sensibiliser, il faut aussi faire des choses en partenariat », poursuit-elle. L’objectif est ainsi de proposer un événement coordonné notamment par des francophones, mais ouvert à l’ensemble de la population.
Le Tchad sort de l’ombre
Parmi les équipes engagées, l’une aura une saveur particulière pour Mahamat Rozi. Habitué du tournoi depuis plusieurs années sous les couleurs d’autres formations, le joueur pourra cette fois défendre celles du Tchad. Une situation que permet justement le fonctionnement de la compétition : lors de ses précédentes participations, Rozi avait rejoint des équipes représentant d’autres pays, faute de formation tchadienne.
« Je n’avais encore jamais vu d’équipe du Tchad. Cette année, on est là et on est prêts à gagner, on veut aller loin », sourit-il.
Environ 17 à 19 joueurs ont été mobilisés pour constituer la formation tchadienne. Une petite victoire en soi pour une communauté que Rozi décrit comme nombreuse dans la région, mais plutôt discrète. « On ne sort pas beaucoup », reconnaît-il. Les rencontres existent pourtant, notamment l’été autour de barbecues au parc Gage ou Bayfront, souvent organisés par les femmes de la communauté.
Mahamat Rozi représentera pour la première fois le Tchad à la Coupe d’Afrique de soccer de Hamilton, après avoir participé aux éditions précédentes sous les couleurs d’autres équipes. Photo : capture d’écran de l’entretien
Rozi, lui, a longtemps vécu le multiculturalisme hamiltonien autrement. Ses amis sont ivoiriens, camerounais ou congolais et, raconte-t-il, il lui arrive régulièrement d’être le seul Tchadien du groupe.
D’où l’idée, cette année, de faire venir les siens. « Je me suis dit : pourquoi ne pas représenter le Tchad cette année et rassembler beaucoup de Tchadiens? Je vais amener mes amis et on va rester ensemble. » Sans pour autant se couper des autres. C’est précisément tout l’intérêt du rendez-vous : afficher ses couleurs pendant les matchs avant de se retrouver au sein d’une communauté africaine beaucoup plus large.
Un bilan de santé entre deux matchs
L’autre particularité de cette CAN se déroulera loin des buts. Le Centre de santé communautaire Hamilton Urban Core sera présent durant la compétition pour proposer gratuitement des bilans de santé aux joueurs et aux spectateurs, notamment du dépistage du diabète et des mesures de pression artérielle.
Des ressources consacrées à la santé mentale des personnes noires et au programme jeunesse AMANI seront également proposées. Une équipe infirmière assurera par ailleurs les premiers soins pendant les deux journées de compétition. Une façon de profiter d’un événement capable d’attirer plusieurs centaines de personnes pour aller vers des populations qui ne pousseraient pas nécessairement spontanément la porte des services de santé.
Ghayt El Gouach (à droite), agent de projet à la CFA Hamilton, mise sur le sport pour favoriser les rencontres et renforcer les liens entre les différentes communautés de la région. Photo : CFA Hamilton
La notion de sécurité dépasse d’ailleurs la seule prise en charge des blessures. Collins Kyere insiste sur la volonté de l’organisation de conserver un environnement familial et sécuritaire. Deux joueurs ont ainsi été interdits de compétition cette année en raison de comportements passés jugés incompatibles avec cet objectif, sans pour autant être exclus de la communauté : ils pourront assister aux rencontres comme spectateurs.
« Tout le monde doit pouvoir se sentir en sécurité. Personne ne devrait avoir à s’inquiéter lorsqu’il vient jouer au soccer », insiste le président de l’ACYSN.
Une finale dans le stade du Forge
Après les matchs de qualification de samedi au Mohawk Sports Park, le tournoi changera de dimension dimanche.
Les deux meilleures formations auront droit au Hamilton Stadium pour une véritable finale de 90 minutes, avec ouverture des portes au public dès 14 h et coup d’envoi à 15 h. L’entrée sera gratuite. Un symbole supplémentaire pour les organisateurs, qui espèrent à terme renforcer leurs liens avec le Forge FC et montrer aux plus jeunes qu’une passerelle peut exister entre le soccer communautaire et le haut niveau.
Mais avant de rêver au professionnalisme, l’enjeu de cette fin de semaine sera surtout de remplir les tribunes de familles, de nouveaux arrivants, de francophones, d’anglophones et de curieux.
« C’est la beauté du communautaire, résume Ghayt El Gouach, agent de projet à la CFA Hamilton. On vient, on joue parce qu’on aime le soccer. On est là pour l’amour du sport et pour être ensemble. »
Et pour Mahamat Rozi et ses coéquipiers, si cette grande fête communautaire pouvait en plus se terminer avec un trophée aux couleurs du Tchad, ils ne s’en plaindraient certainement pas.
PENETANGUISHENE – Pilier de la communauté francophone pénétanguishenoise depuis 1996, l’organisme La Clé était d’abord axée sur la culture avant de s’élargir aux domaines de la jeunesse, de la santé, de l’emploi, de la formation ainsi que sur l’accueil des nouveaux arrivants. Elle s’affirme aujourd’hui comme le plus grand organisme francophone du comté, répondant aux besoins de toutes les générations.
Bien qu’elle jouisse désormais d’une offre multiservice incluant des centres pour les jeunes, des services de santé mentale, de formation et d’aide à l’emploi, ainsi que d’une programmation culturelle, La Clé a connu des débuts plus modestes.
En effet, au milieu des années 1990 dans la municipalité, le chevauchement des mandats de trois organismes francophones : le Centre d’activités françaises (CAF), l’ACFO-Huronie et la Radio-Huronie CFRH FM Communautaire a mené à la création de La Clé d’La Baie (nom qu’elle portait à l’époque), dans le but de mutualiser les ressources et l’administration afin de pérenniser les services en français.
La Clé d’la Baie (ancien nom) en 1999. Photo : Gracieuseté de Daniel Marchildon
L’ancien directeur général, Basile Dorion, avait été nommé à la barre de La Clé dès sa création en 1996. Photo : ONFR/Pascal Vachon
« On a conclu l’accord de l’île Beausoleil afin de créer un nouvel organisme qui, à toutes fins pratiques, remplacerait les trois autres », se rappelle Basile Dorion, le tout premier directeur général de La Clé en 1996. Ce dernier avait une mission très claire : « J’avais le mandat d’éliminer les déficits, de redonner la programmation et de remettre la radio sur les ondes », raconte-t-il dans une entrevue avec ONFR, fier de ses accomplissements malgré « trois premières années difficiles où nous devions adapter notre fonctionnement » à la suite de la fusion des organisations.
Par ailleurs, durant son mandat, il se rappelle avoir dû jongler avec les besoins d’une population francophone aux réalités différentes : « La population du nord de Simcoe, du côté de Lafontaine, était composée en grande majorité de natifs de la région, alors que dans le Sud, vers Barrie, c’était des nouveaux arrivants dont la priorité était d’apprendre l’anglais rapidement. »
Membre de La Clé depuis sa genèse, l’écrivain Daniel Marchildon souhaite voir la programmation culturelle de l’organisme se renforcer. Photo : Gracieuseté de Daniel Marchildon
Issu de l’ancien CAF, l’écrivain franco-ontarien Daniel Marchildon, figure parmi les premiers membres : « Quand ces organismes ont fusionné pour devenir La Clé, j’ai ensuite participé à la radio en tant qu’animateur bénévole, puis j’ai assisté à beaucoup d’assemblées annuelles. » Même si le secteur culturel a toujours été au cœur des activités de La Clé, l’écrivain qui y a longtemps travaillé comme pigiste sur divers projets, espère voir cette programmation se renforcer : « Il y a parfois des spectacles qui sont bien fréquentés, mais il y en a d’autres où peu de gens se rendent. Pour les organisateurs, ça remet parfois en question la programmation. »
Au cours de l’expansion de l’organisme, la radio communautaire CFRH a occupé une place essentielle dans la francophonie en émettant 24 heures sur 24. Photo : Gracieuseté de Tina-Anne Thibideau
Dix ans après sa création, le mandat de l’organisme s’est étendu aux services sociaux et de santé, notamment à la suite de l’intégration du Centre multiservice francophone en 2006. De fil en aiguille, La Clé s’est aussi amalgamée avec un centre d’alphabétisation de la région de Barrie, où elle compte aujourd’hui un autre bureau.
Diversification de services communautaires en français
Afin d’offrir plus de services et de favoriser l’expansion de l’organisme, La Clé avait besoin de davantage de financement et le second directeur général l’a bien compris. « Quand je suis arrivé, le budget annuel était d’environ 500 000 $, quand je suis parti, il était de 2,7 millions », évoque Peter Hominuk. Il note toutefois que le financement reste un enjeu majeur : « Quand tu gères un organisme communautaire, la période entre 1,5 million et 3 millions est très difficile parce que tu as des besoins, mais tu n’as pas toujours l’argent pour concrétiser les choses. »
Sous sa direction de 2000 à 2011, à titre de directeur général, l’organisme a connu une croissance importante : « Quand je suis arrivé en 2000, j’avais cinq employés alors qu’à mon départ, à la fin de 2011, j’en avais 60. » Durant son mandat, La Clé a notamment ajouté cinq garderies ainsi que contribué à la création du Centre de santé communautaire Chigamik.
« Si ce n’était pas de La Clé, il n’y aurait presque pas de services en français dans la région. Selon moi, la mise en place de ces services fait en sorte que le fait français restera beaucoup plus fort ici », affirme-t-il.
Peter Hominuk a été le deuxième directeur général de La Clé pendant 11 ans. Photo : Archives ONFR
L’actuelle directrice générale, Tina-Anne Thibideau, veille à ce que La Clé reste à l’écoute de sa communauté. Photo : Gracieuseté de Tina-Anne Thibideau
Pour M. Hominuk, les services de garderie sont essentiels à la survie de la francophonie. Tina-Anne Thibideau qui dirige désormais l’organisme le rejoint : « La petite enfance est notre plus grand service qui aide les familles à maintenir leur identité linguistique et culturelle. » Elle décrit également comment La Clé s’est construite au fil des années et à travers plusieurs générations en soulignant que les centres éducatifs de la petite enfance représentent l’un des piliers les plus importants aujourd’hui.
De surcroît, d’autres nouveaux services de connexion communautaire pour les nouveaux arrivants ont vu le jour ces dernières années en réponse directe à l’évolution de la communauté francophone dans le comté, d’autant plus que l’organisme demeure financé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
S’en est suivi de multiples services d’intégration pour répondre aux besoins grandissants de cette nouvelle population, tels que des services d’emploi et de formation : « Les gens ne viennent pas nécessairement à La Clé pour un seul service. Nous innovons afin de faire évoluer nos services en fonction des besoins de notre communauté. »
« Les gens ne viennent pas nécessairement à La Clé pour un seul service. »
— Tina-Anne Thibideau, directrice générale
Une célébration prévue ce samedi
Ce samedi 15 août, une célébration se tiendra à la salle Roland-Desroches, où de nombreux membres fondateurs et dignitaires seront présents pour souligner trois décennies de diversification des services en français dans la municipalité. Le dévoilement de la prochaine saison culturelle aura également lieu à cette occasion.
Selon Daniel Marchildon, « c’est une occasion pour souligner le travail qui a été fait. C’est un succès dans la mesure où on a trouvé une formule ayant permis de perpétuer le travail des organismes initiaux. »
« On veut aussi continuer à investir dans nos infrastructures et dans notre capacité à rejoindre les gens là où ils se trouvent », ajoute la directrice générale. Depuis ses débuts, La Clé a eu un rôle qui va bien au-delà de la simple prestation de services, en contribuant activement au développement de la communauté francophone de Penetanguishene. « Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus qu’un organisme culturel », conclut-elle.
HAWKESBURY – L’administration municipale passe à l’action concernant la Résidence Cameron, un établissement privé d’hébergement pour personnes vulnérables aux prises avec des troubles de santé mentale situé à Hawkesbury.ONFR a appris que les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) ont résilié leur entente d’hébergement avec l’établissement pour non-respect des « standards de service », plongeant une dizaine de résidents vulnérables dans un ultimatum de relogement d’urgence d’ici le 30 septembre.
Lorsqu’il a appris la nouvelle, Samuel Perreault a pris un coup dur. À 40 ans, cet homme atteint d’enjeux de santé mentale considérait la Résidence Cameron comme son domicile permanent depuis plus de trois ans et demi. Aujourd’hui, comme une dizaine d’autres pensionnaires, il a moins de deux mois pour faire ses cartons et se dénicher un nouveau toit ou trouver une autre façon de payer son loyer.
« C’est un choc… un choc dur. Moi je me disais que j’étais là pour des années, puis ben non, il faut que je trouve un autre endroit », confie M. Perreault, l’air résigné.
Dans une lettre officielle datée du 5 août dont ONFR a obtenu copie, les services sociaux des CUPR annoncent aux résidents que l’établissement ne fera plus partie du réseau des Centres de services résidentiels (CSR) agréés à compter du 30 septembre prochain.
Ce retrait d’agrément a un impact financier direct pour les résidents, alors que le loyer mensuel à la Résidence Cameron s’élève à 1800 $.
Cette somme est séparée en deux volets : environ 1100 $ proviennent du chèque mensuel du Programme de soutien aux personnes handicapées de l’Ontario (POSPH), tandis que les 700 $ restants sont directement subventionnés par les CUPR dans le cadre du programme des CSR.
L’affaire avait d’ailleurs fait la manchette au printemps dernier lorsque des familles avaient dénoncé publiquement la malnutrition des pensionnaires et une infestation majeure de punaises de lit.
Samuel Perreault est le seul habitant à avoir accepté de témoigner. Les autres résidents ont refusé de s’exprimer par crainte de représailles. Photo : Inès Rebei/ONFR
Mais sur le terrain, le répit aura été de courte durée selon Samuel Perreault : « Ça a fait bouger [les choses] quelques semaines. On a eu de la meilleure bouffe, un meilleur traitement, meilleur tout… Puis c’est redescendu […]. Ces derniers temps, le dîner, souvent c’est de la soupe. Pas une soupe épaisse là, une petite soupe qui serait considérée comme un apéritif. C’est pas assez, après 16 h, j’ai encore faim. »
Sur le plan de l’hygiène, le résident note que les contrôles tardent : « Ils étaient supposés inspecter ma chambre, ça fait quand même une semaine de ça, et ils ne l’ont pas fait. »
Sa mère, Chantal Cholette, exprime son désarroi face à la dispersion imminente des résidents : « Ça m’a fait beaucoup de peine parce que les résidents, quand je les ai vus après qu’ils ont eu la lettre, ils m’ont dit : « On est une famille, là il faut qu’on se trouve une autre place pour aller vivre. » Mon fils aime la résidence, mais ce sont les repas et les punaises de lit qui le dérangeaient. »
Mme Cholette raconte aussi avoir déjà dû intervenir elle-même pour calmer son fils lors de crises, en raison, selon elle, de l’incapacité de certains employés à gérer la situation.
« Standards de service non rencontrés »
En résiliant le contrat de l’établissement, la municipalité coupe la subvention de 700 $ rattachée à cette adresse.
S’ils décidaient de demeurer sur place après l’échéance du 30 septembre, les résidents devraient assumer seuls la totalité des 1800 $ par mois, une obligation financière majeure pour ces personnes aux revenus très limités.
Les pensionnaires sont donc placés devant un choix : déménager vers un autre centre agréé de la région pour conserver l’aide financière, ou rester à la résidence sans le soutien financier des CUPR.
La directrice du Département des Services sociaux des CUPR, Sylvie Millette, a confirmé la rupture du contrat par courriel : « À la suite d’un examen de la situation, les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) ont déterminé que les standards de service requis dans le cadre du programme des Centres de services résidentiels ne sont pas rencontrés à Place Cameron. En conséquence, l’entente entre les CUPR et Place Cameron sera résiliée à compter du 30 septembre 2026. »
Les Comtés unis de Prescott et Russell n’ont pas été en mesure de répondre concernant la situation dans les résidences de l’autre propriétaire. Photo : Inès Rebei/ONFR
Relancée à plusieurs reprises afin de préciser la nature exacte des défaillances constatées et la nature de l’enquête menée, Mme Millette n’a pas pu dévoiler plus de détails : « En raison de nos obligations en matière de confidentialité et de protection des renseignements personnels, nous ne pouvons commenter davantage les détails entourant l’évaluation, le suivi ou les interventions auprès d’un fournisseur de services. »
Une ancienne employée a aussi dénoncé la situation
La situation à la Résidence Cameron ne serait pas un cas isolé, selon une ancienne employée. Mélanie Larocque soutient que des scénarios tout aussi inquiétants pourraient prévaloir dans les deux autres établissements appartenant au même propriétaire dans la région, soit la Place Rideau à Hawkesbury et la Résidence MacDonald à Vankleek Hill.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, celle-ci réclame « justice pour la résidence Cameron, la résidence MacDonald et la place Rideau », estimant que la situation « n’a juste plus d’allure ».
L’ex-employée y détaille ce qu’elle dit avoir observé sur le terrain : « Non seulement ils sont mal alimentés, mais il y a une infestation de punaises de lit qui dure depuis plus d’un an… À la place Rideau, ça fait depuis 2018 qu’ils n’ont pas été capables de traiter. »
Selon elle, l’infestation isole encore davantage les pensionnaires : « À cause de ça, les résidents qui doivent se rendre à des rendez-vous ne peuvent plus se rendre parce que le voyagement communautaire ne veut plus les embarquer. »
Des images partagées dans une vidéo Facebook par l’ex-employée Melanie Larocque illustrent les séquelles des punaises de lit. Photo : Capture d’écran Facebook/Melanie Larocque
Angle mort réglementaire?
La situation à la Résidence Cameron et dans les autres foyers du groupe met en lumière un angle mort de la législation ontarienne.
N’étant pas considérés comme des résidences pour personnes âgées, ces établissements privés qui hébergent des personnes vulnérables, notamment des personnes vivant avec des enjeux de santé mentale, ne sont pas soumis aux lois, aux règlements et aux inspections accrues qui encadrent ces dernières
Interrogé par ONFR, l’avocat Ronald Caza explique que ce type de foyer échappe aux inspections provinciales directes : « Durant la pandémie, on a réalisé les gros défis dans les résidences pour personnes âgées et les gouvernements sont intervenus avec des lois et une surveillance accrue. Mais ici, la situation tombe entre les craques parce qu’il ne s’agit pas d’une résidence pour personnes âgées au sens strict de la loi. »
Mᵉ Ronald Caza estime que l’isolement et les frais supplémentaires causés par les infestations constituent des préjudices compensables pour les résidents. Photo : Archives ONFR
Si le propriétaire actuel avait affirmé auprès d’autres médias en avril dernier avoir hérité des problèmes d’insalubrité de l’ancienne direction, Mᵉ Ronald Caza précise que cette transition est sans effet sur le plan de la responsabilité. Pour l’avocat, l’établissement demeure pleinement redevable des dommages et des préjudices subis par les occupants, peu importe qui se trouve à sa tête.
L’avocat encourage fortement les proches à consulter, rappelant que le manque de ressources ne doit pas être un frein, la plupart des juristes acceptant de rencontrer les victimes d’injustices pour évaluer gratuitement la viabilité de leur dossier.
Il rappelle aussi que des recours peuvent être présentés devant la Cour des petites créances pour des litiges allant jusqu’à 50 000 $, où « les juges se montrent très sensibles à la protection des personnes les plus vulnérables de nos communautés. »
De son côté, la famille de Samuel Perreault dit justement étudier la possibilité d’entamer des recours judiciaires.
Réserve des autorités et de la direction
Du côté des institutions et des organismes spécialisés, les prises de parole demeurent très restreintes.
« Notre priorité reste d’aider [les établissements] à adopter les mesures appropriées qui favorisent le bien-être des résidents », a réagi par courriel le BSEO. Se refusant à commenter des « plaintes spécifiques », l’organisme de santé publique indique ne pas être en mesure de se prononcer sur les décisions ou procédures des autres agences impliquées.
Selon des témoignages, la situation à la résidence Place Rideau serait encore pire que celle observée à la Résidence Cameron. Photo : Inès Rebei/ONFR
Sollicitée pour commenter les enjeux d’accompagnement de ces clientèles vulnérables, l’Association pour l’intégration sociale d’Ottawa (AISO) s’est finalement désistée par la voix de son adjointe à la direction générale, déclinant notre demande d’entrevue après l’avoir initialement acceptée.
« Une seule plainte concernant la sécurité des soins est déjà une plainte de trop », avait martelé pour sa part le bureau du député provincial de Glengarry-Prescott-Russell, Stéphane Sarrazin, sollicité pour une déclaration avant la lettre du 5 août, rappelant que tout manquement quant à la conduite d’un fournisseur de soins doit être « signalé à l’ordre professionnel de réglementation compétent » afin qu’une enquête soit menée.
De son côté, le propriétaire de la Résidence Cameron n’a pas été en mesure d’accorder une entrevue à ONFR avant la limite de publication.
En tête de la Première Ligue canadienne et toujours en course pour remporter le Championnat canadien, le Forge FC réalise jusqu’ici une saison à la hauteur de son statut. Mais avant de retrouver leur poursuivant Cavalry FC samedi à l’extérieur, les francophones Antoine Batisse et Maxime Filion préviennent : rien n’est acquis et le club de Hamilton compte bien aller au bout de ses ambitions.
Le Forge FC a pris l’habitude de gagner. Depuis la création de la Première Ligue canadienne (PLC), le club hamiltonien a installé une culture de la victoire qui en fait, saison après saison, l’une des références de la ligue avec quatre titres remportés sur sept en plus de trois boucliers de saison régulière.
Cette année ne déroge pas à la règle. Avec 35 points récoltés en 15 rencontres et un bilan de 11 victoires, deux matchs nuls et seulement deux défaites, Forge occupe toujours la tête du classement. Mais la marge est infime : Calgary suit avec 34 points, après avoir disputé un match de plus.
Les Hamiltoniens restent également engagés en Championnat canadien, où une demi-finale contre le FC Supra du Québec les attend. « On est premiers au classement, donc c’était l’objectif. On a bien débuté la saison collectivement, avec une vraie solidité défensive », résume Antoine Batisse. Le défenseur français retient surtout la capacité de son équipe à avoir rapidement « marqué les esprits » cette saison.
Les chiffres illustrent cette solidité. Après 15 matchs, Forge n’a concédé que neuf buts, soit autant que Cavalry, pour la meilleure défense de la PLC. Une domination qui pourrait donner l’impression que le plus difficile est déjà fait. Maxime Filion s’empresse de chasser cette idée.
« La Ligue, ce n’est pas donné. Il faut vraiment se mettre à fond et aller la gagner. Ce n’est pas : ‘Ah tiens, voici le trophée’. Il faut aller le chercher », insiste l’attaquant franco-ontarien.
Des avertissements avant la défaite
Car derrière les résultats, Forge vient de traverser une période moins convaincante. Les Hamiltoniens restent sur deux rencontres sans victoire en PLC. D’abord accrochés 0-0 à Halifax le 2 août, ils ont ensuite subi leur deuxième défaite de la saison, 1-0 à domicile contre Vancouver FC, le 7 août. Les Eagles, alors en pleine remontée au classement, signaient à Hamilton une cinquième victoire consécutive.
Pour Antoine Batisse, cette défaite n’est d’ailleurs pas arrivée de nulle part. Le Français reconnaît que les signes avant-coureurs étaient présents depuis plusieurs semaines. « Ça nous pendait au nez depuis quelques matchs », admet-il.
Batisse et ses coéquipiers restent sur une défaite 1-0 face à Vancouver FC, sur un but de Damiano Pecile (numéro 6) à la 44e minute, le 7 août dernier. (Photo by Michael Chisholm/Canadian Premier League)
Il repense notamment à la victoire difficile contre Supra, au parcours laborieux face à Saint-Laurent en Championnat canadien ou encore le match nul à Halifax. « On ne produisait pas de jeu, on ne jouait pas comme Forge doit jouer normalement », analyse-t-il.
Face à Vancouver, les leaders au classement ont pourtant eu les occasions de faire basculer la rencontre, mais ont fini par payer un but que Batisse estime évitable.
Plutôt que de dramatiser cette période, le défenseur veut donc s’en servir : « on a pris une claque. Le but, c’est d’apprendre de cette défaite, de nos erreurs. »
Cavalry, le match parfait pour réagir
Le calendrier offre justement à Forge l’occasion de mesurer immédiatement sa réaction. Samedi, les premiers se déplacent à Calgary, deuxième, pour retrouver Cavalry FC à ATCO Field. L’enjeu est simple : un seul point sépare les deux équipes en tête du classement, même si Forge possède l’avantage d’avoir disputé un match de moins.
Cavalry se présente également avec des arguments impressionnants. Les Albertains n’ont perdu que deux fois en 16 matchs et possèdent la meilleure attaque de PLC avec 31 buts inscrits, tout en ayant eux aussi encaissé seulement neuf buts.
Le duel oppose donc les deux meilleures défenses du championnat, mais aussi les deux équipes qui ont nettement pris les devants dans la course à la première place : le troisième, Vancouver FC, compte 26 points.
Pour Batisse, la motivation va de soi. « Quand tu es compétiteur et que tu souhaites rester en haut du tableau, la motivation, on n’a même pas besoin d’en parler. C’est à nous de régler les petits détails parce que ça va se jouer là-dessus », prévient-il.
Batisse et le Forge FC ont affronté déjà Cavalry à deux reprises avec une victoire et un match nul. Photo : Jojo Yanjiao Qian/Forge FC
Filion y voit lui aussi exactement le type de rendez-vous dont Forge avait besoin. « Je pense que c’est le match nécessaire pour qu’on puisse se relancer », estime-t-il.
L’attaquant s’attend surtout à une confrontation physique. « Ça va être une bataille d’efforts. La distance parcourue va compter. Tu peux avoir un plan de match, mais si tu ne mets pas les efforts dedans, ça ne fonctionnera jamais. »
Au-delà des trois points, le rendez-vous doit donc permettre de savoir si le leader est capable de retrouver immédiatement le niveau qui lui a permis de prendre les commandes de la PLC.
Batisse, au cœur du verrou de Forge
Si Forge s’est installé en tête, sa défense n’y est pas étrangère. Avec seulement neuf buts encaissés en 15 rencontres, l’équipe de Bobby Smyrniotis affiche une moyenne de 0,6 but concédé par match. Aucune équipe de PLC ne fait mieux.
Arrivé cette saison pour suppléer le départ de l’emblématique Alexander Achinioti-Jönsson, Antoine Batisse s’est rapidement imposé dans l’arrière-garde hamiltonienne. Le Français se montre satisfait de sa première moitié de saison, notamment de son important temps de jeu (1350 minutes sur 1350 possibles). Ses contributions offensives (3 buts et 2 passes décisives) sont venues s’ajouter à ce qu’il considère comme sa mission première.
« C’est la petite cerise sur le gâteau de mettre des buts. Je suis très content d’avoir apporté ma pierre à l’édifice offensivement, mais le plus important pour moi, c’est de gagner et, à la fin de la saison, de rester en haut. »
Le bon fonctionnement de la charnière centrale composée de Dan Nimick (au premier plan) et Antoine Batisse (au deuxième plan) fait partie des raisons pour lesquelles le Forge FC dispose de la meilleure défense de la PLC. Photo : Jojo Yanjiao Qian/Forge FC
La réussite défensive de Forge est d’autant plus notable que le secteur avait été renouvelé, avec notamment les arrivées de Batisse et du gardien Dimitry Bertaud. Le défenseur évoque pourtant une adaptation presque immédiate.
Le travail effectué depuis janvier, les matchs de Coupe des champions de la Concacaf et les rencontres de préparation ont permis aux automatismes de se créer. Mais le Français insiste surtout sur la qualité humaine et footballistique de ses partenaires.
« Ça s’est fait naturellement. C’est facile de s’intégrer quand tu as des mecs qui sont bons, intelligents, qui communiquent bien, de bons footballeurs et de bons gars. »
Une attaque qui sait pouvoir faire mieux
À l’autre bout du terrain, le constat de Maxime Filion est légèrement différent. Forge gagne, mais son attaque possède encore une marge de progression. Avec 23 réalisations en 15 matchs, les Hamiltoniens ne possèdent que la quatrième attaque de PLC, derrière Cavalry (31 buts), Vancouver et Atlético Ottawa (25 chacun).
Un contraste intéressant : Forge domine donc la PLC en s’appuyant avant tout sur sa capacité à ne presque rien concéder, alors que son potentiel offensif ne s’est pas encore pleinement exprimé. Et Filion ne cherche pas à masquer cet axe d’amélioration.
« Offensivement, il faut marquer les opportunités qu’on a. Souvent, ça passe proche, on a parfois un peu de malchance, mais il faut créer davantage d’occasions. Dans le dernier tiers, il faut y aller, il faut marquer. »
Le dernier but de Maxime Filion remonte au 5 juillet face au Supra du Québec. L’attaquant franco-ontarien avait donné la victoire au siens grâce à un but à la 66e minute. Photo : Canadian Premier League
Pour Filion, c’est presque une bonne nouvelle : Forge se trouve déjà en tête sans avoir encore exprimé tout son potentiel offensif. « On a une marge. On est capables de se renforcer, on est meilleurs que ça. Il faut juste les mettre. »
À titre individuel, le Franco-Ontarien a déjà dépassé son temps de jeu de la saison dernière (398 minutes contre 220 au total en 2025) au moment de l’entretien et inscrit deux buts. Mais lui non plus ne veut pas s’en satisfaire.
« Je pense que je peux faire mieux, avoir plus de minutes et mettre beaucoup plus de buts. Je suis capable d’en faire plus. »
Dans un effectif aussi concurrentiel que celui de Forge, il sait aussi que chaque apparition compte. « Quand le coach te met, il faut saisir ton opportunité. Comme attaquant, il faut marquer, faire des contributions. Il faut qu’il puisse se dire : ‘Si je le fais entrer, il va changer le match’. »
Forge ne veut choisir aucun trophée
La saison de Forge ne se limite cependant pas à sa bataille avec Cavalry. Le club est également à deux matchs d’une nouvelle finale du Championnat canadien. Il faudra d’abord éliminer le FC Supra du Québec en demi-finale avant de pouvoir envisager une confrontation avec une formation de MLS.
Le club ontarien connaît d’ailleurs déjà les longues aventures dans cette compétition. Il affiche 20 matchs de Championnat canadien dans son histoire pour neuf victoires, quatre matchs nuls et sept défaites.
Antoine Batisse refuse néanmoins de regarder trop loin. « Ce qui m’importe le plus, c’est d’essayer de marquer les esprits en championnat, de rester en haut et, bien sûr, en coupe, d’essayer d’aller en finale. »
Une accession en finale du Championnat canadien pour affronter une équipe de MLS en octobre prochain permettrait au Forge FC de mesurer les progrès effectué depuis le début de saison et cette affrontement en Coupe de la CONCACAF avec le club argentin des Tigres en février dernier. Photo : Jojo Yanjiao Qian/Forge FC
Mais le défenseur ne cache pas non plus l’intérêt que représenterait la possibilité d’accomplir quelque chose qu’aucune formation de PLC n’a encore réussi : remporter le Championnat canadien.
« On met le pied sur le terrain, on a envie de gagner. Alors pourquoi pas? On sait que c’est compliqué, mais c’est un petit défi en plus. Avant ça, il faut battre Supra en demi-finale. »
Filion partage cette ambition. Pour lui, atteindre une éventuelle finale simplement pour se mesurer à une formation de MLS ne suffirait pas. « Ce sont ces matchs-là qu’on veut, les matchs de coupe, les matchs importants. On ne s’en va pas là juste pour jouer, on veut vraiment la gagner. »
Briser la malédiction en PLC
Le Championnat canadien n’est pourtant pas le seul endroit où Forge peut écrire une nouvelle page de son histoire cette saison.
Depuis la création de la PLC, aucune équipe ayant terminé en tête de la saison régulière n’est ensuite parvenue à remporter la phase finale la même année. Forge connaît particulièrement bien ce paradoxe : champion de la saison régulière en 2021, 2024 et 2025, le club de Hamilton n’a remporté le titre de champion de PLC lors d’aucune de ces trois saisons.
Même cette statistique ne semble pas impressionner Filion. « Je n’y pense pas trop. C’est une statistique qui existe, mais je me dis qu’on peut être l’équipe des premières fois. Moi, je veux tout gagner. »
Une phrase qui résume finalement assez bien l’état d’esprit de Forge.
Premier avec 35 points, mais avec Cavalry à une seule longueur. Meilleure défense de PLC à égalité avec son rival albertain, mais seulement quatrième attaque. Toujours en course sur plusieurs tableaux, mais encore loin d’avoir remporté quoi que ce soit.
Et après un nul à Halifax puis une défaite contre Vancouver, le déplacement de samedi à Calgary prend une dimension particulière. Forge a dominé la première partie de la saison. Il lui reste désormais à prouver qu’il peut résister lorsque son principal poursuivant se rapproche , et, surtout, terminer le travail.
OTTAWA — Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a annoncé jeudi avoir ordonné « l’examen et la révision » des désignations de la langue de travail au sein des unités des Forces armées canadiennes, qui réduisaient la possibilité d’employer le français au profit de l’anglais.
La semaine dernière, il a été révélé que plus d’une centaine de bureaux au pays passeraient du statut d’unités bilingues à unilingues anglophones en raison d’une directive restreignant l’utilisation du français au sein du ministère. Cette mesure sur la langue de travail touche autant la fonction publique civile que les membres des Forces armées canadiennes (FAC).
Soulignant que « des préoccupations ont été soulevées » récemment concernant cette directive et affirmant les prendre « au sérieux », David McGuinty a ordonné une révision complète de la désignation de la langue de travail dans les unités.
« Cette révision portera sur la manière dont les exigences par rapport à la langue de travail ont été appliquées et sur la capacité de l’approche actuelle à répondre aux besoins opérationnels et à respecter les droits linguistiques de l’Équipe de la Défense, incluant les FAC », a indiqué le ministre de la Défense dans une déclaration transmise jeudi.
Au total, près de 180 unités du ministère de la Défense ont été touchées par ces changements linguistiques, principalement au détriment du français. La désignation de l’anglais comme langue de travail concerne en majorité des locaux situés dans certaines régions des Maritimes, de l’Ouest canadien et de l’Ontario (à l’exception d’Ottawa, de l’Est et de certaines zones du Nord). Au Québec, quelques unités passeront également du statut bilingue à unilingue francophone.
Des inquiétudes soulevées
Au cours des derniers jours, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a dénoncé la mesure, la qualifiant de « mauvaise décision » et estimant qu’il s’agit d’un recul pour le français dans la fonction publique fédérale. La FCFA, qui a d’ailleurs rencontré le ministre McGuinty mercredi, a salué la décision de ce dernier de revoir et d’examiner les désignations de la langue de travail au sein des unités des Forces armées canadiennes.
« Cette annonce est une bonne première étape et nous espérons qu’elle mènera à la remise en place du droit de travailler en français là où il existait auparavant », a déclaré sa présidente, Liane Roy.
L’Union des employés de la Défense nationale (UEDN), qui représente près de 18 000 employés du ministère, a elle aussi exprimé des inquiétudes quant aux droits linguistiques de ses membres.
L’examen annoncé par le ministre McGuinty ne convainc toutefois pas l’opposition conservatrice au Parlement, qui demande que la directive soit mise de côté, soutenant que les libéraux « doivent aller au bout de la démarche et corriger la directive qu’ils ont créée ».
« Le problème fondamental de cette directive est qu’elle fait principalement dépendre la langue de travail d’une unité de son emplacement géographique. Or, les militaires sont affectés partout au pays selon les besoins du service », soutiennent les députés Pierre Paul-Hus, Joël Godin et James Bezan dans un communiqué.
« Un militaire francophone ne devrait pas perdre la possibilité de travailler, de commander ou de progresser professionnellement en français simplement parce qu’il est affecté dans une région majoritairement anglophone », ajoute le trio d’élus conservateurs.
Le ministre de la Défense a indiqué jeudi qu’il comprenait « les préoccupations des francophones et des francophiles » quant à la place du français au pays, soutenant que le gouvernement a le devoir de « protéger et de promouvoir le français partout au Canada, incluant au sein des Forces armées canadiennes ».
« Recevoir des services personnalisés dans l’une ou l’autre des langues officielles est un droit fondamental de chaque membre des FAC », a-t-il déclaré, rappelant que la mesure ne touchait pas les services bilingues offerts au public.
« Les Forces armées canadiennes représentent ce que le Canada a de meilleur. Celles et ceux qui portent l’uniforme le font avec excellence, en français comme en anglais. Le bilinguisme est une force pour les FAC, et le français, une force pour notre pays », a ajouté David McGuinty.
Le Commissariat aux langues officielles (CLO) a indiqué jeudi à ONFR avoir reçu cinq plaintes au sujet de cette directive. Précisant que ses propos étaient limités du fait qu’« une enquête est en cours », la commissaire Kelly Burke affirme avoir « pris connaissance de la décision du ministre McGuinty », ajoutant qu’elle « s’intéressait particulièrement aux répercussions potentielles de cette situation ». Elle rappelle néanmoins s’attendre à ce que « toutes les organisations assujetties à la Loi sur les langues officielles, y compris le ministère de la Défense nationale, respectent leurs obligations linguistiques et l’esprit de la Loi en tout temps ».
SUDBURY – Du 14 au 16 août, le festival Up Here animera la ville du nickel avec une programmation 100 % canadienne. Sous le thème Réveille-toi!, cette 12e édition adopte une direction artistique aux airs de révolution, réunissant des artistes tant musicaux que visuels, tous portés par un engagement profond. À l’affiche : le dévoilement d’un nouveau groupe sudburois, quatre nouvelles murales d’envergure, un partenariat avec les services publics de la ville et des installations artistiques aux messages revendicateurs.
Pour sa 12e édition, le festival Up Here propose le thème Réveille-toi, le slogan qui vise à créer un espace créatif, mais aussi revendicatif. « Il est à peu près temps qu’on se débranche de tout ce qui nous garde endormis et qu’on s’arme du pouvoir d’une nouvelle perspective », indique l’organisation dans la présentation officielle de cette édition.
Avec une programmation 100 % canadienne, le festival Up Here proposera des artistes œuvrant dans différents milieux. « On a beaucoup d’artistes qui sont forts au Canada en ce moment. Parfois on a des artistes de l’extérieur, mais cette fois, c’était le fun d’avoir une programmation canadienne », dit Jen Mckerral, la cofondatrice de Up Here, également directrice artistique de cette édition.
Le festival Up Here proposera des performances musicales, des visites guidées des murales, des installations artistiques et des tournées mystères. Photo : Vanessa Tignanelli
Entre actes musicaux émergents et projets d’arts visuels, les organisateurs utilisent la même formule que les années précédentes, explique la coordinatrice des bénévoles, France Huot. « C’est toujours un mélange de murales, de musique, d’installation, et des pop-ups qui sont des sortes de spectacles surprises qui passent durant le festival. On en a plusieurs programmés. Il y a aussi la tournée mystère ».
Fondé en 2012 avec Christian Pelletier, We Live Up Here est avant tout un collectif d’artistes. C’est en 2015 que le festival a été créé. Pour la cofondatrice, cette édition est un moyen de rendre hommage aux débuts de Up Here. « L’équipe fondatrice était très francophone », dit-elle, « Puis on était des amateurs des arts francophones. La scène ici à Sudbury est vraiment bonne et vraiment forte. On voulait certainement faire honneur à ça en l’intégrant dans la programmation ».
La francophonie prend la scène
Pour cette édition, le festival présentera aux spectateurs un nouveau groupe punk basé à Sudbury, Maux Marquis. L’un de ses membres, Dunstan Topp, se réjouit de l’opportunité de se produire au festival.
« Je voulais faire un projet francophone, politique, avec un peu d’humour là-dedans, puis vraiment utiliser le niveau de langue spécifique au nord de l’Ontario, de façon satirique », dit le cofondateur du groupe également composé de Jenn Herd, Éric Hoop, Jeffrey Houle et Michel Houle.
Maux Marquis se produira dans la soirée du vendredi 14 août pour la toute première fois. « On va jouer les cinq chansons du démo. Puis on a cinq nouvelles chansons que personne n’a entendues, pas encore enregistrées, et qui vont probablement faire partie de notre premier album », annonce-t-il.
Maux Marquis, un groupe sudburois formé en 2025, se produira sur scène pour la première fois le vendredi 14 août. Photo : gracieuseté de Dunstan Topp.
Parmi les autres prestations d’artistes francophones et bilingues, le projet solo Samwoy de Sam Woywitka, originaire de l’île de Vancouver maintenant basé à Montréal, se produira sur scène le samedi 15 août. Le même jour, l’artiste d’électronique montréalais Hologramme offrira une performance à la Place des Arts. Le dimanche 16 août, Boutique Feelings, un projet mêlant hip-hop et musique alternative de Karim Lakhdar se présentera devant le public de Sudbury.
« On aime apporter des genres qu’on ne voit pas souvent ici à Sudbury, comme le hip-hop, la musique électronique, le punk. On a quelques artistes qui sont même du côté grunge métal. Il y a vraiment toute une gamme de genres musicaux », dit la directrice artistique du festival.
Les murales, une partie intégrante de Up Here
Cet été, quatre nouvelles murales verront le jour à Sudbury. Les artistes Miskopwagna Asin, June, Cat Hexes, et La Pupila, s’occuperont chacun de grandes murales dans le centre-ville. Entre le 15 et le 16 août, la programmation proposera d’ailleurs trois tournées guidées des murales aux festivaliers.
Up Here a également collaboré avec le Greater Sudbury Utilities pour le projet Power Up. Six artistes réaliseront des œuvres d’art sur des boîtes électriques à travers la ville. L’un d’entre eux, Michael Morphiend, a peint We are explorers, une fresque peinte sur une boîte près de la rue Barrydowne. « C’est à propos des espaces entre les espaces. Le bas de l’océan. Les amis qu’on a autour du monde », dit-il. « C’est au sujet des frontières du monde. Au cœur, c’est à propos de l’amitié ».
L’avant de We are explorers, l’oeuvre de l’artiste Michael Morphiend dans le cadre du projet Power Up. Photo : gracieuseté
L’arrière de We are explorers, l’oeuvre de l’artiste Michael Morphiend dans le cadre du projet Power Up. Photo : gracieuseté
Fier du projet Power Up, l’artiste estime que le projet enrichit l’atmosphère et l’identité visuelle de Sudbury. « J’ai visité beaucoup d’endroits dans le monde, et je n’en ai pas vu beaucoup qui peignent des boîtes d’Hydro comme ça. Ça donne du caractère à la ville ».
Les murales produites dans le cadre de Up Here offrent une véritable portée pancanadienne pour les artistes urbains qui y participent. « Quand je suis allée à Montréal, j’ai dit « ah! je reconnais ce style de murale là » puis, effectivement, c’était peint par un artiste qu’on a accueilli ici à Sudbury. C’est le fun de voir ces choses-là un peu partout à travers le pays », dit la coordinatrice des bénévoles qui ont d’ailleurs prêté main-forte aux muralistes en peignant les premières couches.
Des installations artistiques
Entre les performances musicales et les visites guidées des murales, le festival Up Here fera place aux artistes multidisciplinaires de la région. Durant toute la fin de semaine, le festival mettra en avant des installations artistiques porteuses de messages.
Présentement en résidence à North Bay, l’artiste québécois-e Cell Driver présentera Shadfly; Gadfly, une animation expérimentale représentant un éphémère, l’insecte qui émerge du lac Nippissing pour refaire surface chaque été. À travers ce projet qui invite à réfléchir à notre rapport à la nature, son objectif est d’offrir une représentation avec de « l’animation, des couleurs, du mouvement lent et exagéré ».
Bien que ce ne soit pas sa première fois à Sudbury, l’artiste se réjouit de reprendre contact avec la communauté artistique francophone de la ville, iel qui avait collaboré avec la Galerie du nouvel Ontario (GNO) en juin. « Il y a une communauté qui encourage. C’est un potentiel que tu peux apprécier ».
Cell Driver sera présent-e à la 12e édition du festival Up Here pour introduire son installation artistique. Photo : gracieuseté
Image de Shadfly; Gadfly, une œuvre d’animation produite par l’artiste Cell Driver actuellement en résidence à North Bay. Photo : gracieuseté de Cell Driver.
Selina Stos, artiste multimédia de Sudbury, présentera également son projet Killwork, une revendication politique contre l’ouvrage, ou la normalisation du travail excessif dans une société capitaliste, dit-iel. « C’est une campagne de propagande, c’est comme ça que je l’appelle ». « Il y a plein de monde qui est passionné par leur travail, mais certains travaillent 40, 50, 60 heures par semaine, et ce n’est quand même pas assez ».
À travers Killwork, iel compte distribuer des livrets, poser des affiches dans le centre-ville, et faire des projections pour que les festivaliers puissent « explorer les thèmes anti-travail ».
À la veille de son coup d’envoi, cette édition pleine de surprises et de variété souhaite surtout voir la communauté artistique de Sudbury unie, dit la directrice artistique. « On est un peu partout dans le centre-ville. Mais de voir tout le monde se rassembler, de faire connaitre de nouveaux artistes émergents, ça, c’est vraiment le fun pour nous », conclut-elle.
Dans cet épisode, Kieran Mckenzie, conseiller municipal à Windsor, plonge dans les réalités de la politique locale au plus près de la frontière américaine. À la croisée de deux pays, il explique comment cet écosystème transfrontalier unique — rythmé par les décisions économiques américaines, les tarifs douaniers et les relations avec Détroit — façonne le quotidien des citoyens et les choix de la ville.
Au-delà des grands enjeux comme les transports ou l’environnement, Kieran se livre sur ce qui le forge au quotidien. Entre sa passion pour la guitare et ses 25 ans d’arbitrage au basketball, il montre comment ses intérêts hors du conseil alimentent sa vision du leadership, sa gestion de la pression et son sens de la communauté. Un échange authentique sur la politique de terrain à la frontière, l’héritage familial et l’art de s’investir pour sa région.
OTTAWA – Les nouvelles obligations linguistiques que le gouvernement Carney s’apprête à imposer aux entreprises privées de compétence fédérale au Québec, et dans une vingtaine de régions francophones du pays, devraient engendrer des retombées économiques, mais ce sont les entreprises elles-mêmes qui en épongeront le gros des coûts.
La Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP) obligera ces dernières à offrir davantage de services et de supervision en français aux consommateurs et à leurs employés.
Ottawa prévoit que, dès la mise en œuvre du règlement régissant la loi en 2027 au Québec et ensuite dans certaines régions francophones à l’horizon 2029, les coûts dépasseront les bénéfices, mais que cela changera dès 2030 avec « un impact net total de 60,9 millions de dollars, avec un ratio avantages-coûts d’environ 1,25 ».
C’est ce qui ressort d’un résumé de l’étude d’impact de la réglementation, qui a été publié dans la Gazette du Canada à la mi-juillet. La loi sera en vigueur une fois que le règlement régissant son application sera adopté.
Au total, les gains bruts dépasseront les coûts de 162,7 millions de dollars sur 10 ans. Mais en ramenant ces sommes à leur valeur actuelle, le profit net s’élève plutôt à 60,9 millions de dollars, évalue le gouvernement.
Or, selon les conclusions de l’analyse, ce sont les entreprises sous réglementation fédérale qui subiront la part la plus importante des coûts. En effet, même après la prise en compte des gains générés, leur dépense financière nette prévue s’élèvera à près de 115 millions de dollars.
Le fédéral estime que sur une période de 10 ans, les coûts totaux seront de 243 millions de dollars, dont plus de la moitié sera épongée par les entreprises pour la formation linguistique (125 millions de dollars), en plus de la traduction (56 millions de dollars). Ces investissements seront principalement nécessaires en Ontario et au Nouveau-Brunswick, « où les besoins sont les plus importants et qui représentent environ 95 % de la demande potentielle de services en français ».
Les agences fédérales prévoient débourser près de 55 millions de dollars sur 10 ans, alors que le reste de la facture devra être assumé par les entreprises de compétence fédérale. Source : capture d’écran de la Gazette du Canada.
Ces sommes à investir pour la formation linguistique restent approximatives et pourraient varier, tout comme celles pour la traduction, ce qui « reste une approche hypothétique, ce qui crée une incertitude importante », ajoute-t-on dans le document.
Selon l’analyse fédérale, seulement 39 % des employés dans les régions francophones à l’extérieur du Québec « sont actuellement en mesure de répondre à cette demande » de services dans la langue de Molière.
Interrogé au printemps, le ministre des Langues officielles Marc Miller s’était montré réticent à accorder des fonds pour la francisation dans les entreprises.
« Je dois souligner que ce n’est pas nécessairement le rôle du gouvernement fédéral de compenser les gens pour quelque chose dont ils tireront un bénéfice par la suite », avait-il soutenu devant le Comité permanent des langues officielles du Sénat.
Des exigences qui amélioreraient la productivité
Ottawa estime que ces nouvelles obligations généreront 304 millions de dollars en bénéfices (ou 43,3 millions de dollars par an) qui seront partagés entre entreprises, consommateurs, travailleurs et la collectivité.
Pour parvenir à cette estimation des bénéfices, la fonction publique estime que ces nouvelles exigences linguistiques favorisent les entreprises en réduisant les erreurs, en améliorant leur image de marque et en favorisant une meilleure productivité, résume-t-on dans l’analyse du règlement.
« Les consommateurs bénéficieront d’un meilleur accès à des services en français, ce qui améliorera leur expérience et renforcera la confiance envers les institutions. Enfin, les avantages collectifs incluent la contribution à la vitalité des communautés francophones et à la cohésion sociale », présente-t-on.
Selon l’analyse du fédéral, les bénéfices dépasseront les coûts dès 2030. Source : capture d’écran de la Gazette du Canada.
En vertu de la LUFEP, les citoyens qui recourent aux services d’entreprises de compétence fédérale, comme des institutions bancaires ou des compagnies aériennes, disposent dorénavant de nouveaux droits pour obtenir des services en français. De la même manière, le personnel employé par ces organisations bénéficiera de nouveaux droits lui permettant d’exercer ses fonctions en français.
Parmi les autres obligations prévues par cette nouvelle législation, les entreprises fédérales devront informer leur clientèle et fournir leurs documents en français. Ce changement permettra aussi aux consommateurs et aux employés de porter plainte auprès du Commissariat aux langues officielles en cas de non-respect de leurs droits.
Un impact limité hors du Québec
L’une des conséquence de cette nouvelle législation pourrait être de « compliquer l’intégration et l’adaptation des employés unilingues anglophones ou non francophones et potentiellement restreindre leurs occasions d’avancement professionnel », est-il mis en avant dans l’analyse de la réglementation.
Malgré tout, le gouvernement considère que la législation ne devrait pas avoir d’impacts négatifs disproportionnés sur les employés qui ne maîtrisent pas le français, « pour la raison évidente que les populations francophones ne sont qu’une minorité hors Québec ».
« De manière générale, à l’extérieur du Québec, on s’attend à ce que la langue des opérations commerciales des entreprises demeure largement inchangée et que la demande de services demeure également largement inchangée », convient le gouvernement Carney.
Le fédéral estime que près d’un demi-million de francophones hors Québec font partie de la clientèle qui pourra exercer son droit de recevoir des services en français.
La voix « robotique » et « hâchée » des annonces audio en français dans les trains GO fait grincer des dents des usagers francophones qui témoignent. Moins naturels que leurs pendants anglais, ces messages de synthèse vocale « terribles », sont symptomatiques d’un double standard linguistique selon une députée francophone. Soumis à la Loi sur les services en français, Metrolinx dit en respecter les prérequis, précisant toutefois que rien n’impose de standards de qualité au français utilisé.
Ali emprunte la ligne Mimico-Union du train GO trois à quatre fois par semaine. Il raconte avoir été frappé dès le début par les messages audio en français, qui suivent l’anglais : « La voix en français, très robotisée, n’est pas du tout naturelle. »
Des annonces audio automatisées sont diffusées en anglais et en français, suivies d’une annonce de l’agent de bord en anglais uniquement. Source : enregistrement pris à bord d’un train Go
Il s’étonne également qu’en dehors des annonces automatisées, il n’y ait pas de service offert en français. « Parfois il peut y avoir un incident à bord, un retard ou des travaux à une station par exemple, mais l’agent de bord parle uniquement en anglais », déplore cet usager.
« Metrolinx devrait changer son approche et offrir un service bilingue à bord et aux stations ».
Une autre passagère, Melusine, effectue le trajet entre Ajax et la station Union environ trois fois par semaine, et ce depuis trois ans. Elle distingue les brèves annonces, indiquant les prochaines stations, relativement comparables à la version anlgaise, soit « toutes deux assez robotiques », des longues.
Exemples d’annonces audio détaillées en anglais et en français diffusées à bord des trains. Source : enregistrement pris à bord d’un train Go
« En revanche, les annonces plus détaillées présentent une différence plus marquée, note celle-ci. La version française paraît beaucoup plus robotisée que la version anglaise, dont le débit et l’intonation sont plus naturels. Le rendu en français est moins fluide et donne davantage l’impression d’une voix générée artificiellement ».
Elle considère ainsi que ces annonces ne représentent pas fidèlement la langue, ajoutant que les formulations et l’intonation semblent parfois calquées sur les structures de phrase en anglais.
Melusine Grau emprunte le réseau de train GO depuis trois ans. Photo : gracieuseté
« Une formulation adaptée à la langue française serait plus claire et plus agréable à écouter. Metrolinx gagnerait à revoir son approche afin de proposer des annonces qui reflètent davantage la manière dont les francophones s’expriment naturellement », conclut Mélusine.
Corinne, bilingue, dont l’anglais est la langue maternelle, voyage de Milton à la station Kipling quotidiennement. Elle aussi estime que certaines expressions employées sont copiées de l’anglais. « L’anglais semble être la version prioritaire et le français, secondaire. »
La diction lui parait plus naturelle avec les annonces anglophones « proches d’une voix humaine » par rapport à celles du français, parfois sans pause entre les mots « qui semblent émises par un robot ».
« Et pourtant les messages anglais ne sont pas nécessairement très fluides non plus », nuance celle-ci.
Damien André a été un usager régulier du réseau GO pendant près de quatre ans. Photo : gracieuseté
Un habitué de la ligne Union-Ajax, Damien, qualifie la voix « électronique et légèrement hachée ».
« Ça serait plus chaleureux d’avoir une voix humaine ou alors un autre ton de voix, plus fluide. C’est un point qui peut être facilement amélioré et qui aiderait à la crédibilité du message. »
Il relativise cependant ne trouvant « pas choquant que les annonces en français ne soient pas aussi naturelles » dans une province majoritairement anglophone.
Alicia, une usagère anglophone francophile croisée sur le quai, considère, elle, que la prononciation en français n’est pas correcte : « J’ai vécu à Ottawa et c’est un problème général que j’ai remarqué avec tous les réseaux de transports en commun ».
Aucun standard linguistique obligatoire, se défend Metrolinx
Interrogé sur cette problématique, le service relations média de Metrolinx, soumis à la Loi sur les services en français (LSF) explique que la technologie utilisée est la synthèse vocale, via l’application Vocalizer Expressive Studio 2.
« Nous avons adopté la technologie de synthèse vocale afin de maintenir notre flexibilité et notre capacité de réaction. Cela nous permet de diffuser des messages uniformes tout en nous adaptant rapidement aux changements », affirme Metrolinx, qui assure que les annonces enregistrées en anglais et en français répondent à des normes similaires.
« La Loi sur les services en français ne prescrit pas de dialectes, d’accents ou de caractéristiques vocales spécifiques. »
— Le service média de Metrolinx
Si l’organisme public de l’Ontario se targue de remplir l’obligation légale d’offrir des services en français sur l’ensemble de son réseau, conformément à la LSF, il précise à ONFR que la loi « ne prescrit pas de dialectes, d’accents ou de caractéristiques vocales spécifiques ».
« L’ensemble des annonces pré-planifiées sont révisées par l’équipe des Services en français de Metrolinx », garantit Metrolinx, sans toutefois confirmer, malgré nos relances, que ce sont bien des employés dont le français est la première langue qui contrôlent la qualité des annonces.
Les services en français offerts, listés sur le site de Metrolinx de façon succincte, ne font pas mention de normes linguistiques ou encore d’obligation de bilinguisme pour ses employés de bord.
« Insultant » et « terrible », selon une députée francophone
Pour la députée provinciale de Nickel Belt et porte-parole du NPD en matière d’affaires francophones, France Gélinas, le résultat laisse amèrement à désirer. « Vraiment, c’est insultant… Comment dire ça de façon polie? C’est terrible », réagit-elle au sujet de ces messages automatisés.
L’élue dénonce le manque de considération pour la communauté : « Ça démontre à quel point ils sont déconnectés de la francophonie en Ontario, qu’ils n’ont même pas pensé à demander à un francophone d’écouter ça avant de le diffuser dans tous les trains. N’importe quel francophone qui aurait écouté ça leur aurait dit : « Non, vous ne pouvez pas mettre ça en ligne, ça n’a pas de bon sens! » »
Un argument budgétaire ne convaincrait pas non plus la députée de Nickel Belt. Pour elle, enregistrer quelques annonces pour une organisation de l’envergure de Metrolinx ne prendrait pas longtemps avec un comédien professionnel : « Mais non, nous, les francophones, on n’est pas assez importants pour avoir une vraie voix humaine », regrette-t-elle.
Un train Go sur le départ depuis la gare Union de Toronto. Photo : Sandra Padovani/ONFR
Sur le réseau, la situation prête parfois à l’ironie chez les usagers francophones, mais le problème de fond, lui, demeure sérieux. « On en a ri, nous autres. Aussitôt qu’on entend quelque chose comme ça, on imite ce français robotique pour faire des blagues. Mais ce n’est pas drôle pour autant! », tranche France Gélinas.
« Quand la loi exige d’offrir des informations en français, le minimum, c’est de s’assurer que c’est compréhensible et parlé dans un français d’ici », soutient la députée.
Selon le ministère des Transports (MTO), Metrolinx demeure déterminé à offrir une information claire et accessible dans les deux langues officielles.
« Metrolinx revoit régulièrement ses communications destinées à la clientèle et considère les commentaires des usagers comme un élément précieux dans ses efforts continus pour améliorer l’expérience client », nous a répondu le ministère.
Même son de cloche du côté des relations médias de Metrolinx, qui affirment que « les annonces ont été récemment améliorées, tant en anglais qu’en français, afin de répondre aux commentaires des usagers ». L’organisme n’a toutefois pas précisé la nature de ces améliorations, ni la date à laquelle elles ont été effectuées.
De même, celui-ci s’est abstenu de répondre quant à une éventuelle révision de la qualité des annonces ou à l’utilisation future de voix humaines sur son réseau.
TORONTO – L’Université de l’Ontario français (UOF) et son corps professoral ont abouti à une entente de principe sur leur toute première convention collective. La signature officielle est prévue à la fin du mois de septembre.
Amorcées il y a trois ans, les négociations se sont terminées il y a quelques semaines. Cette toute première convention collective entrera en vigueur pour une durée de deux ans.
« L’approbation de ce projet de première convention collective marque l’aboutissement d’un travail important et ouvre un nouveau chapitre dans le développement de l’Université de l’Ontario français. Elle nous permet désormais de tourner collectivement notre regard vers l’avenir et de poursuivre notre mission avec confiance. », a déclaré Normand Labrie, recteur de l’Université de l’Ontario français dans un communiqué de presse.
Pour Isabelle Dostaler, vice-rectrice aux études et à la recherche ainsi que négociatrice en chef, cette étape témoigne de la professionnalisation de l’institution : « Une convention collective, c’est un exercice qui nous fait prendre de la maturité », estime-t-elle.
Arrivée à l’UOF à la fin de 2024 comme vice-rectrice aux études et à la recherche, Isabelle Dostaler a également agi à titre de négociatrice en chef pour cette convention. Photo : Gracieuseté
« C’est tellement une bonne nouvelle pour nous », se réjouit Mme Dostaler, « il ne s’agit pas d’une situation où chaque partie gagne contre l’autre, c’est plutôt toute notre communauté qui gagne. Nous sommes très fiers de cette convention collective dont le langage est très clair », poursuit-elle.
Avec son modèle récent et son jeu corps professoral , l’UOF se donne pour mission de former les futurs leaders francophones.
SUDBURY – Alors que la ville de Sudbury connait une hausse sans précédent de nouveaux arrivants francophones, son marché de l’emploi reste un défi pour ceux qui souhaitent y bâtir un avenir. Entre les barrières linguistiques, la non-reconnaissance des diplômes étrangers, et la prédominance de l’anglais dans le bassin d’emploi, voici la réalité des nouveaux arrivants, bien souvent contraints de repartir à zéro.
Depuis quelques années, Sudbury s’impose comme une destination de choix pour les immigrants d’expression française. En cinq ans, le nombre de nouveaux arrivants francophones est passé de 15 à presque 500, d’après Immigration, Réfugiés, et Citoyenneté Canada (IRCC). Attirés par la promesse de débouchés francophones à Sudbury, les nouveaux arrivants se heurtent à la prédominance de l’anglais.
« En règle générale, le marché est dominé par l’offre de travail en anglais, et, même quand on recrute des francophones, il est vivement recommandé que ces francophones puissent interagir avec des partenaires extérieurs en anglais », dit Francis Semou, le coordonnateur des services en établissement de la Communauté accueillante francophone (CFA).
En tant qu’organisme d’accueil, la CFA, aux côtés du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS), collabore avec la municipalité pour faciliter l’accès des nouveaux arrivants francophones au marché de l’emploi. « On les encourage à soutenir les immigrants francophones en les recrutant et en leur donnant accès au bénévolat pour des activités de la ville ».
Mais avec un taux de chômage qui s’élève actuellement à 6,1 %, le marché de l’emploi à Sudbury s’avère de plus en plus compétitif. Sur le terrain, le marché privilégie nettement les candidats anglophones, bilingues, et formés au Canada, au détriment des nouveaux arrivants tout aussi qualifiés. « Le chômage des francophones est plus élevé que la moyenne des autres personnes ici à Sudbury », constate-t-il.
Le français toujours en marge
À son arrivée à Sudbury en septembre 2024, Nfassoumane Dramé a cherché du travail pendant plus d’un an. « J’avais eu beaucoup d’entrevues, mais mon anglais n’était pas aussi convaincant qu’ils le voulaient », dit l’étudiant d’origine guinéenne, qui s’apprête à entamer sa dernière année d’études en technique de construction et exploration minière au Collège Boréal.
Il suit actuellement des cours d’anglais pour augmenter ses chances de décrocher un poste dans une mine à Sudbury. « Nos professeurs à l’école nous envoient souvent assister à des séminaires, des activités, et des ateliers liés à la mine. Et on nous dit toujours qu’à Sudbury, si tu ne parles pas anglais, tu ne peux pas travailler dans le secteur minier ».
Pour Vanelle Kougang, une jeune Camerounaise bilingue nouvellement diplômée en presciences de la santé et comme préposée au soutien personnel au Collège Boréal, le marché de l’emploi est difficile à percer. Elle postule pour des emplois depuis quatre mois, sans aucune réponse. Pourtant, c’est précisément en apprenant que l’Ontario cherchait à attirer davantage de travailleurs francophones en milieu minoritaire — notamment en santé — qu’elle a choisi de s’installer à Sudbury.
« Quand on étudie, on nous dit qu’être bilingues est un plus parce que l’Ontario en a vraiment besoin. On vient parce qu’on fait confiance à l’Ontario, à Sudbury. On nous dit qu’ils veulent des francophones, mais on ne nous prend pas », confie-t-elle. « On voudrait qu’ils nous valorisent ».
Entrée express, une promesse non tenue?
À Sudbury, une grande partie des nouveaux arrivants francophones sont des travailleurs qualifiés venus à travers l’immigration économique, dit Gouled Hassan, directeur du Contact interculturel francophone de Sudbury (CIFS). C’est à travers Entrée Express, l’un des programmes d’immigration économique que les nouveaux arrivants, à partir de leurs pays d’origine, soumettent un dossier de candidature.
À la réception des dossiers, l’IRCC sélectionne les profils dont l’expertise et les qualifications répondent au besoin de l’économie locale. Les candidats admis arrivent alors au Canada en tant que résidents permanents.
Pour Gouled Hassan, le directeur du Contact interculturel francophone de Sudbury (CIFS), les immigrants économiques ne devraient pas faire face à autant d’obstacles. Photo : gracieuseté de Gouled Hassan
« Ils viennent avec ces expertises dans le but de s’intégrer économiquement et de décrocher un emploi le plus tôt possible. Mais quand ils arrivent sur le terrain, l’espoir qu’ils avaient ne s’accorde pas à la réalité qu’ils sont en train de vivre. Il y a une vraie discordance ».
Souvent, des travailleurs qualifiés voient leurs diplômes ignorés dans leurs domaines, alors qu’ils ont été admis au pays sur la base de ces compétences. « Il y a un manque d’éducation de la communauté locale pour qu’elle comprenne que, même si une personne possède des diplômes étrangers et une expertise venue d’ailleurs, elle peut quand même œuvrer dans son domaine ».
Au-delà de l’aspect administratif, le directeur estime que les défis que rencontrent les nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi découlent en partie de préjugés. « Il y a aussi, on ne va pas se mentir, un certain niveau de discrimination. Ces personnes sont différentes du tissu social et du tissu racial de la communauté ».
Reconversion, retour aux études, prêts étudiants
En Côte-d’Ivoire, Aguié Narcisse Keke détenait dix ans d’expérience en raffinage. Il avait également trois diplômes, dont un BTS en gestion commerciale et une licence en marketing. Il arrive au pays grâce au programme Entrée Express comme résident permanent en septembre 2022. « Tout ce que j’avais comme expérience estudiantine en Côte-d’Ivoire n’était pas reconnu ici », dit-il.
Son rêve a toujours été de devenir gendarme. Il pense à faire des études dans ce domaine au Collège Boréal. « Ce rêve-là s’est brisé, parce qu’il y avait aussi la barrière de la langue ». Il choisit alors de se reconvertir dans le domaine de l’éducation spécialisée à l’Université Laurentienne.
Père de quatre filles, M. Keke perçoit le Régime d’aide financière aux étudiants de l’Ontario (RAFEO) pour subvenir aux besoins de sa famille. « Le RAFEO est quand même consistant. J’ai deux sources de revenus secondaires. Mais le RAFEO est la principale ».
Confiant qu’il trouvera un emploi dans le milieu de l’éducation francophone, il voit ce prêt comme un investissement sur le long terme. « C’est vrai que je m’endette aujourd’hui, mais demain, quand je vais sortir avec un diplôme, il sera reconnu dans tout le Canada. Il y aura de l’opportunité. Je suis convaincu que j’aurai de l’emploi ».
Aguié Narcisse Keke, père de quatre filles et étudiant à la Laurentienne, s’est reconverti dans le domaine de l’éducation spécialisée. Photo : Aïssatou Odia Barry / ONFR
Pour Jacques Amokan, un résident permanent également ivoirien, le marché de l’emploi ontarien a demandé beaucoup d’adaptation de sa part. Arrivé à Whitby en mars 2025 aussi avec le programme Entrée Express, il a neuf ans d’expérience en tant que banquier en Côte-d’Ivoire ainsi que deux licences.
« J’avais vraiment pour ambition de continuer dans la banque. Mais tout de suite, il y a une réalité frappante qui s’est imposée : la langue », explique-t-il. Bien qu’il reçoive le RAFEO grâce à sa reprise d’études, la réalité financière l’oblige à agir rapidement. Pour soutenir sa famille en Côte-d’Ivoire, il devient trieur et réparateur à Durham Pallet Service pendant plus d’un an. La nuit jusqu’au matin, il effectue également des livraisons et courses Uber.
S’il lui reste encore deux ans d’études en éducation à la Laurentienne, M. Amokan reconnait que les programmes d’immigration ciblant les travailleurs qualifiés francophones restent en deçà de leurs promesses.
« On se dit que, comme le pays a besoin de main-d’œuvre dans les domaines qui nous ont fait venir ici, on pourra être opérationnel immédiatement », dit-il, « la vitesse à laquelle on pensait s’intégrer n’est pas aussi concrète ». Pour éviter ces délais, il réclame plutôt des formations adaptées qui permettraient aux nouveaux arrivants qualifiés d’exercer leur métier sans devoir tout recommencer à zéro.
TORONTO — Réunis à Toronto pour le tout premier débat de la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario (PLO), les cinq candidats ont affiché un consensus sans équivoque : au-delà de leurs parcours respectifs, l’objectif prioritaire reste de reconstruire une opposition solide capable de faire tomber le gouvernement de Doug Ford lors du prochain scrutin.
Dans le cadre de la course à la chefferie libérale de 2026, les cinq libéraux en lice ont partagé leur vision en tant que futur potentiel chef du parti autour de différents volets, allant de l’abordabilité et du logement, des soins de santé, de l’éducation et du pouvoir gouvernemental, de l’économie et de l’énergie ou encore de la manière dont le Parti libéral peut riposter à Doug Ford.
Mais la volonté majeure qui a dominé était celle d’incarner le leader qui pourra « prendre » le gouvernement Ford. Une des toutes premières questions de la modératrice, Tina Yazdani, journaliste pour The Trillium, visait à savoir « ce qui vous différenciera des autres leaders qui ont perdu contre Doug Ford? »
« Nous avons besoin d’un front uni, d’un leadership authentique, d’une équipe solide et d’un plan complet », a déclaré l’ancien député et ministre fédéral Navdeep Bains. Source : chaîne YouTube OntarioLiberalTV
Si le fait de « regagner la confiance des Ontariens » a fait consensus après trois défaites du Parti libéral aux précédentes élections provinciales, deux courants de pensée se sont distingués entre les candidats.
« À l’inverse de la dernière leader, j’ai un siège dans la législature, nous devons avoir un leadership fort et un chef qui a un siège », a lancé Lee Fairclough, députée d’Etobicoke-Lakeshore depuis 2025.
« C’était un challenge que les précédents leaders n’aient pas de siège à Queen’s Park », a appuyé Stephanie Bowman, élue pour Don Valley West depuis 2022, en référence aux deux derniers chefs du parti, Bonnie Crombie et Steven Del Duca.
Eric Lombardi, ingénieur, entrepreneur et militant, appuyé par Dylan Marando, stratège et conseiller politique, a défendu l’idée que le chef n’a pas besoin de siéger immédiatement à Queen’s Park, cette position offrant l’opportunité d’aller davantage à la rencontre des Ontariens sur le terrain.
Navdeep Bains, ancien député fédéral et ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada sous le gouvernement Trudeau, en accord avec ces derniers, s’est toutefois appuyé sur son statut établi pour appuyer sa légitimité : « Les Ontariens veulent une alternative crédible à Doug Ford ».
Un réquisitoire unanime contre le gouvernement Ford
Les cinq aspirants chefs ont profité de la tribune pour dresser un bilan sombre de la gestion des progressistes-conservateurs, accusant le premier ministre Doug Ford de servir des intérêts privés et de multiplier les mauvaises priorités budgétaires.
Navdeep Bains et Dylan Marando ont vivement dénoncé les dépenses promotionnelles de la province, les millions de dollars engloutis dans des campagnes publicitaires gouvernementales, notamment pour vanter l’agrandissement des prisons, a noté Marando.
De son côté, Stephanie Bowman a fustigé un gouvernement qui « gaspille des milliards de dollars qui auraient pu éponger le déficit d’infrastructures » tout en cherchant à « enrichir ses amis ».
Le secteur de la santé a concentré une grande partie des attaques. M. Bains, M. Marando et Mme Fairclough ont tous trois accusé Doug Ford d’avoir délibérément sous-financé le système public afin de favoriser la privatisation des soins, forçant ainsi les Ontariens à payer plus cher.
Lee Fairclough a également dénoncé les « projets fantasmes » du gouvernement et s’est dite estomaquée par le récent scandale des factures d’hôtel de Toronto remboursées à des députés conservateurs résidant pourtant dans la région du Grand Toronto.
Différentes priorités avancées mais un même cap
Parmi ses priorités, Navdeep Bains entend miser sur la croissance économique et une meilleure protection des consommateurs pour accroître la concurrence et faire baisser le coût de la vie. Pour l’ancien ministre, générer des revenus grâce à une économie forte, notamment en misant sur les ressources du Nord, est la seule façon de réinvestir massivement dans les services publics.
« Je comprends que la situation est très difficile pour beaucoup d’Ontariens et d’Ontariennes », a-t-il exprimé en français lors de son mot de clôture, ajoutant que « nous devions regagner leur confiance ».
Lee Fairclough souhaite moderniser le parti et servir de pont face à la polarisation politique. Celle qui a fait basculer sa circonscription d’Etobicoke-Lakeshore du bleu au rouge promet de redonner la priorité absolue à l’accès aux soins de santé publics et aux opportunités pour la nouvelle génération. « Les meilleurs jours sont à venir », a-t-elle affirmé en français.
« J’ai fait basculer un siège du bleu conservateur au rouge », a rappelé la candidate Lee Fairclough lors du premier débat de la course à la chefferie libérale. Source : chaîne YouTube OntarioLiberalTV
Stephanie Bowman entend consolider les bases financières de la province afin de restaurer le système de santé. Parmi ses mesures phares figurent des baisses d’impôts pour les petites entreprises et la création d’un fonds d’aide à la carrière pour les jeunes, tout en mettant fin au gaspillage des fonds publics.
Dylan Marando fait de l’abordabilité sa priorité absolue en proposant des baisses d’impôts, la réduction des coûts des services de garde d’enfants et une revalorisation des travailleurs de la santé. Il a également insisté sur la nécessité de présenter une équipe libérale renouvelée et prête à gouverner.
Eric Lombardi prône un leadership audacieux axé sur la résolution de la crise du logement, la hausse du nombre de médecins et la réduction de la bureaucratie. Voulant aller chercher les votes du NPD et du Parti conservateur, il appelle le parti à faire preuve de transparence et à proposer une vision innovante pour convaincre les électeurs.
Le nouveau leader du Parti libéral, qui succèdera à l’ex-mairesse de Mississauga Bonnie Crombie, sera annoncé le 21 novembre prochain.
OTTAWA — La chanteuse country Marie King, originaire de Navan, est décédée dimanche soir à la Résidence Champlain de Gatineau à l’âge de 91 ans à la suite de complications causées par une chute. Alors que sa fille, Carole Ann King, en a fait l’annonce sur les réseaux sociaux lundi, plusieurs figures de la scène musicale franco-ontarienne ont rapidement tenu à saluer le départ d’une véritable pionnière.
S’approchant du terme d’une vie bien remplie malgré la démence avancée qui la touchait ces dernières années, l’artiste continuait de faire chanter les résidents en se promenant de chambre en chambre.
C’est entourée de sa fille Carole Ann King, de sa petite-fille Mélodie et au son de L’Hymne à l’amour d’Édith Piaf, fredonné à son chevet par son amie Nancy Carel, que la chanteuse a rendu son dernier souffle.
« C’était tellement beau et paisible. Elle est partie pendant la chanson », confie sa fille Carole Ann King avec émotion, touchée par la déferlante de messages reçus. « Le monde est tellement généreux avec leur sympathie. Je les remercie du fond du cœur de la part de maman et de toute notre famille. »
« Le meilleur sucre à la crème »
L’annonce de son départ a aussi suscité de vives réactions au sein de la scène musicale franco-ontarienne, où l’artiste originaire de Navan demeure perçue comme un pilier culturel.
Pour l’auteur-compositeur-interprète Stef Paquette, Marie King incarne un monument dont la contribution va bien au-delà de son genre musical.
« Marie King était une véritable légende de la chanson franco-ontarienne. À mes yeux, elle mérite amplement sa place aux côtés de grands noms comme Robert Paquette et le groupe CANO dans l’histoire de notre musique », a-t-il déclaré à ONFR, se remémorant son passage au Gala des prix Trille Or en 2013, où l’artiste recevait un prix Hommage.
« Je garde le souvenir d’une dame chaleureuse, sympathique et toujours souriante. La reine du country était une Franco-Ontarienne. »
Le guitariste originaire du nord de l’Ontario ,Yvan Petit, installé dans la région d’Ottawa depuis 1997 et notamment reconnu comme guitariste soliste du chanteur Johnny Reid, conserve lui aussi des souvenirs impérissables de ses moments partagés sur scène avec la chanteuse.
Le guitariste franco-ontarien Yvan Petit en compagnie de la « reine du country », Marie King, décédée à l’âge de 91 ans. Photo : gracieuseté d’Yvan Petit
« J’ai eu la chance de jouer trois ou quatre fois avec elle et j’ai toujours eu du plaisir sur la scène à ses côtés », confie le musicien natif de Smooth Rock Falls. « C’était une dame très gentille, abordable et généreuse de son temps. Et Mme Marie King faisait le meilleur sucre à la crème que j’aie jamais goûté! »
L’inspiration de la relève
L’empreinte de Marie King s’est également fait sentir directement auprès des plus jeunes générations d’artistes. Pour Joanie Charron, membre franco-ontarienne du duo country Sugar Crush, la rencontre avec l’artiste à l’âge de 12 ans a marqué le véritable point de départ de sa démarche musicale.
Invitée sur scène par Marie King lors d’un concert intime alors qu’elle visitait sa grand-mère, la jeune fille y avait chanté en public pour l’une des premières fois de sa vie.
« C’est vraiment là que j’ai appris ce qu’était la musique country », se remémore Joanie Charron, qui interprète toujours Ma belle petite maison dans ma vallée lors des concerts de Sugar Crush.
« Elle a vraiment marqué mon parcours parce que c’était une des premières chanteuses femmes dans ma région que je pouvais découvrir, qui chantait en français depuis tellement longtemps. Elle était rayonnante, mais elle était surtout vraiment gentille. C’était une grande inspiration pour tellement d’artistes femmes dans notre milieu »
— Joanie Charron
Actuellement en tournée sur le continent africain, en Côte d’Ivoire, avec sa formation, Joanie Charron entend d’ailleurs lui rendre hommage sur scène ce soir.
« On va chanter Ma belle petite maison dans ma vallée en Afrique ce soir pour elle, pour célébrer cette grande vie », confie-t-elle.
Du village de Navan aux disques d’or
Née Marie Farley en 1935 à Navan, à l’est d’Ottawa, la musicienne a commencé à jouer de la guitare et à chanter dans la vallée de l’Outaouais dès l’adolescence. Sa fille se rappelle d’ailleurs avec le sourire l’attachement de sa mère pour son village natal : « Maman disait toujours : « Non, non, non! Je viens de Navan, sur la deuxième ligne! » »
C’est lors d’un engagement à l’Hôtel Chamberland d’Aylmer qu’elle rencontre le chanteur Bob King, qu’elle épouse en décembre 1957.
Sa carrière prend une dimension nationale en 1964 avec la version française de Quand le soleil dit bonjour aux montagnes. Au fil des décennies, l’artiste s’est régulièrement produite sur les scènes québécoises et canadiennes-françaises, devenant une invitée récurrente d’émissions télévisées phares comme Le Ranch à Willie, animée par Willie Lamothe, aux côtés de figures telles que Marcel Martel et Paul Brunelle.
« Maman a été la toute première chanteuse country au Québec et en Ontario français. Au début, ils n’étaient que quatre : Willie Lamothe, Paul Brunelle, Marcel Martel et Marie King », explique Carole Ann King. « Julie Daraîche est arrivée dix ans plus tard, et Renée Martel était encore toute petite. Maman a ouvert la voie à toutes les femmes qui ont suivi. »
En traduisant en français le répertoire de son époux, elle a également participé à la diffusion de la musique country anglophone auprès du public francophone.
Marie King a accumulé trois disques d’or au cours de sa carrière : son plus grand succès commercial, Quand le soleil dit bonjour aux montagnes, franchissant la barre des 300 000 exemplaires vendus, ainsi que les pièces composées pour ses enfants, Ma petite Carole et Allô mon p’tit Bobby, qui lui ont chacune valu leur propre certification d’or.
Son parcours lui a valu d’être intronisée à l’Ottawa Valley Country Music Hall of Fame en 1993 et honorée lors de la soirée Gala des prix Trille Or en 2013.
Marie King entourée de sa famille au début de sa carrière. Gracieuseté de Carole Ann King
Fièrement franco-ontarienne
Même après s’être installée à Gatineau, au Québec, en 1999 à la suite du décès de son époux, la chanteuse n’a jamais coupé les ponts avec son public d’origine, arpentant les routes de l’Ontario pendant des décennies, de Sudbury à Timmins en passant par Verner jusqu’à sa retraite en 2020.
« Nos plus beaux souvenirs, ce sont ces voyages-là », se remémore Carole Ann King. « En revenant des spectacles tard le soir, on s’arrêtait manger de la junk food dans l’auto, une barre de chocolat, des chips, un Coke comme de vrais artistes! On jasait de notre soirée et de nos fans. Les gens d’ici ont toujours été d’une fidélité incroyable envers elle. Pour maman, c’était primordial de garder ce lien fort avec l’Ontario français. »
La carrière de Marie King est demeurée intimement liée à sa vie de famille. Ses compositions Ma petite Carole et Allô mon p’tit Bobby ont été écrites pour ses enfants, tandis que son conjoint lui a dédié la chanson My Petite Marie.
Sa fille Carole Ann King a partagé la scène avec elle pendant quatre décennies, alors que son fils Bobby assurait la logistique de tournée. Son autre fils, Danny King, s’est illustré dans un registre différent en devenant le batteur et membre fondateur du groupe pop-rock franco-ontarien Nuance durant les années 1980.
Selon les volontés transmises par ses proches, la famille se recueillera lors de funérailles privées.
KINGSTON – Formations pour les éducatrices, candidatures bilingues aux comités et visibilité culturelle : le Groupe de travail francophone de Kingston dresse un premier bilan positif de ses initiatives pour son bilan de mi-mandat. Alors que des dossiers majeurs, comme le drapeau franco-ontarien, les urgences et la petite enfance, restent à concrétiser, l’avenir de cette instance de dialogue dépendra des choix du prochain conseil municipalélu en octobre prochain.
Mis sur pied en décembre 2024 afin de renforcer la visibilité, la reconnaissance et l’accès aux services municipaux en français, le Groupe de travail francophone de la Ville de Kingston a récemment soumis son rapport de mi-mandat au conseil municipal.
Cette instance réunit onze intervenants locaux provenant des milieux de l’éducation, de la petite enfance, de la culture, de la santé et des services communautaires, lesquels tiennent tous les deux mois des rencontres avec des responsables de plusieurs services de la Ville.
Laurianne Montpetit, directrice de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFOMI), qualifie ce projet de « belle occasion de dialogue » avec les autorités locales au sein d’une ville comptant 3,1 % de francophones.
Elle explique que cette structure « nous permet de transmettre nos messages, de faire comprendre notre réalité » et de rebâtir des canaux de communication durables avec une administration municipale qui n’est pas assujettie à la Loi sur les services en français.
« Une grande avancée »
Au terme de ses premiers mois d’échanges avec les responsables de divers départements de la Ville, le groupe de travail a permis d’obtenir des améliorations tangibles pour la communauté francophone.
Le secteur de la petite enfance a notamment bénéficié d’une avancée qualifiée d’importante en matière de développement professionnel.
Les garderies francophones de la région ont désormais accès à des enveloppes budgétaires municipales pour financer des formations dispensées directement en français à leurs éducatrices, évitant ainsi le recours à l’interprétation ou à la traduction simultanée.
Faisant également partie du comité, Audrey Adam, directrice générale de la Garderie Croque Soleil, souligne l’importance de cette mesure : « C’est une grande avancée, car il y avait un manque de formations adaptées pour nos éducatrices qui ne maîtrisaient pas l’anglais. »
De plus, les centres de la petite enfance peuvent maintenant lire et soumettre l’ensemble de leurs rapports administratifs officiels en français à la Ville.
Audrey Adam, directrice générale de la Garderie Croque Soleil, réclame une distinction claire entre les garderies unilingues francophones et les milieux d’immersion pour contrer l’assimilation. Photo : gracieuseté d’Audrey Adam
Du côté de la vie démocratique et de la participation citoyenne, la municipalité a adapté ses processus afin de permettre aux résidents francophones de poser leurs candidatures en français pour siéger aux différents comités et groupes de travail de la Ville.
La municipalité s’est dotée de la capacité interne d’évaluer ces dossiers dans la langue officielle de choix des candidats.
Laurianne Montpetit précise qu’il s’agit d’un gain substantiel pour la représentativité de la communauté : « Même si le travail du comité se déroule en anglais, c’est beaucoup plus facile de poser sa candidature et de soumettre son CV en français. C’est désormais possible ».
La présence du français s’est également renforcée dans le volet culturel. Des collaborations avec le bureau de la musique et le bureau du cinéma ont permis la tenue d’activités jeunesse bilingues et d’ateliers culturels.
Par ailleurs, le comité a mené un travail de sensibilisation auprès de la bibliothèque municipale (Kingston Frontenac Public Library) afin de réviser la structure de son catalogue en ligne.
Mme Montpetit indique leur avoir rappelé que « le français n’est pas simplement une langue parmi tant d’autres, c’est une langue officielle », permettant ainsi de sortir les collections francophones de la rubrique générale des langues du monde pour les rendre nettement plus accessibles au public.
Toujours pas de drapeau permanent
Toutefois, des dossiers majeurs et très attendus par la communauté demeurent toujours en suspens.
Demandé depuis 2018 et approuvé par le conseil municipal en 2022, le déploiement permanent du drapeau franco-ontarien devant l’hôtel de ville n’a toujours pas connu de progression concrète en raison de défis logistiques et d’emplacement.
Le conseiller municipal Vincent Cinanni, membre du groupe, concède que le projet a pu être distancé par d’autres priorités au fil des ans, tout en réaffirmant la nécessité de concrétiser cet engagement : « Nous avons besoin du drapeau à l’hôtel de ville ou à proximité, comme dans d’autres municipalités. C’est une démarche essentielle, car cela avait été promis ».
Le dossier devrait faire l’objet d’un réexamen lors des travaux de réaménagement du Bassin de la Confédération, sans échéancier défini pour l’instant.
Dans le secteur de la petite enfance, la disponibilité des places demeure un enjeu critique. À la Garderie Croque Soleil, la liste d’attente compte environ 80 enfants et l’établissement affiche complet jusqu’en septembre 2027. Face au risque d’assimilation précoce chez les jeunes enfants, le groupe réclame une distinction stricte entre les garderies unilingues francophones et les milieux bilingues ou d’immersion dans les répertoires et les modes de financement municipaux.
Audrey Adam insiste sur l’importance de préserver un environnement exclusivement francophone : « Pour un enfant francophone, évoluer dans un environnement bilingue ressemble à un parcours d’immersion scolaire. Plus il est exposé à l’anglais, plus il risque de perdre sa langue ».
Sur le plan de la sécurité publique, le comité recommande à la municipalité d’émettre systématiquement ses communications d’urgence en français.
Pour Laurianne Montpetit, directrice de l’ACFOMI, l’instance permet de faire entendre la voix et les réalités des francophones auprès des services municipaux. Photo : gracieuseté de Laurianne Montpetit
Cette demande est appuyée par le conseiller Vincent Cinanni qui rappelle que « ce sont des messages cruciaux pour la communauté, et il est fondamental que chacun puisse bien comprendre la situation ».
Enfin, le groupe souhaite que la communauté francophone soit formellement reconnue comme un groupe d’action prioritaire au sein des initiatives d’équité, de diversité et d’inclusion (IIDEA) de la Ville.
Une telle reconnaissance permettrait à la municipalité de soutenir directement l’organisation d’événements marquants, comme les célébrations du Jour des Franco-Ontariens.
Selon Laurianne Montpetit, cette reconnaissance est essentielle pour que la municipalité s’investisse pleinement dans la vie communautaire : « À l’heure actuelle, les initiatives comme le Jour des Franco-Ontariens ne proviennent pas de la Ville, mais des organismes. Nous aimerions que la municipalité prenne elle-même l’initiative et s’implique directement dans le volet cérémonial de cette journée ».
Un avenir incertain pour le groupe
Interpellée par ONFR sur l’échéancier et les suites accordées à ces différentes recommandations, l’administration municipale adopte une posture de réserve. Par la voix de son greffier adjoint, Derek Ochej, celle-ci indique qu’« aucun détail ni échéancier supplémentaire n’est disponible pour le moment ».
La municipalité précise par ailleurs la procédure institutionnelle en vigueur, rappelant que l’ensemble des comités, sous-comités et groupes de travail municipaux font l’objet d’une révision systématique au début de chaque mandat.
Pour la période 2026-2030, l’évaluation du Groupe de travail francophone aura lieu au printemps 2027, une fois que le nouveau conseil municipal aura adopté son plan stratégique. C’est à ce moment précis que le conseil élu décidera de reconduire ou non l’existence du groupe.
Cette perspective suscite une certaine inquiétude chez les acteurs communautaires. Audrey Adam craint qu’un changement d’élus ne vienne reléguer au second plan les acquis de la concertation : « Si les enjeux francophones ne constituent pas une priorité pour les nouveaux élus, nous risquons d’être à nouveau mis de côté. Toutes les avancées dont nous avons discuté pourraient ne pas se concrétiser ».
Le conseiller municipal Vincent Cinanni appuie les recommandations du groupe et promet de militer pour le maintien de l’instance s’il est réélu aux prochaines élections. Photo : gracieuseté de Vincent Cinanni
De son côté, le conseiller Vincent Cinanni rappelle que l’intégration budgétaire des demandes s’échelonne souvent sur une période de un à quatre ans au sein de l’appareil municipal.
S’il est réélu lors des prochaines élections municipales du 26 octobre, il affirme qu’il militera fermement pour le maintien de cette instance de consultation : « Si je suis réélu, je vais appuyer le maintien du groupe afin de poursuivre le travail entrepris. Il reste encore beaucoup à accomplir ».
La prochaine rencontre du comité aura lieu le 21 août prochain.
OTTAWA — En annonçant la fin de l’utilisation du français au travail dans plus d’une centaine de bureaux au pays, la Défense nationale vient-elle d’ouvrir la boîte de Pandore qui pourrait restreindre le droit de travailler ou d’être servi en français ailleurs au fédéral? La mesure est-elle conforme sur le plan juridique? Nous avons posé ces questions à deux experts en droit linguistique, qui craignent les répercussions futures de cette décision.
La semaine dernière, le ministère a annoncé que près d’une centaine de ses bureaux au pays passeraient d’un statut d’unité bilingue à unilingue anglophone en raison d’une nouvelle directive, limitant ainsi la langue de travail à l’anglais. La Défense nationale a expliqué que l’ancienne approche générait « des défis » et que plusieurs organisations « éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entraînait des plaintes fondées et de la frustration ».
« C’est comme réduire le nombre de détecteurs de fumée pour réduire le nombre d’alarmes : cela ne règle pas les incendies », image le professeur titulaire au programme de common law française de l’Université d’Ottawa, François Larocque.
Pour ce dernier et pour l’avocat Michel Doucet, tous deux consultés sur la question, la direction de la Défense nationale respecte formellement les obligations liées au droit de travailler en français sur le plan législatif, en dépit du fait qu’elle en restreigne le champ d’application.
Or, là où la nouvelle directive pourrait se heurter à un obstacle, c’est qu’elle va à l’encontre de l’esprit général de la Loi sur les langues officielles, constatent les deux experts en droits linguistiques. Cette législation rappelle en effet l’importance de protéger le français et d’en faire plus pour en promouvoir l’usage au sein des institutions fédérales.
« Ici, au contraire, on vient circonscrire et limiter les services en français ainsi que les possibilités de travailler en français au sein du ministère de la Défense », présente François Larocque.
« Ce n’est peut-être pas illégal au sens de la lettre de la loi, mais du point de vue de l’esprit de la loi, à mon avis, dans ce cas-ci, c’est un recul qui n’est pas acceptable », soutient M. Doucet.
Pour les fonctionnaires concernés, la possibilité de travailler en français dépendra désormais de la volonté des dirigeants, avance ce dernier. Si le bilinguisme n’est plus obligatoire au sein de la haute direction et qu’une équipe unilingue anglophone prend le relais, « ça devient plus difficile pour ces fonctionnaires-là de travailler dans la langue de leur choix », convient-il.
« Je trouve que c’est une façon un peu cynique de régler un problème, soutient François Larocque. On constate qu’il y a des problèmes de conformité, et plutôt que de s’adresser aux causes de ces manquements, on change la manière dont on va les mesurer et les compter en réduisant essentiellement le champ d’application de la loi. »
Mais les fonctionnaires touchés par cette disposition disposent aussi désormais d’un « argument solide » à faire valoir auprès du Commissariat aux langues officielles : celui d’avoir perdu le droit d’exercer leurs fonctions dans la langue qu’ils utilisaient jusqu’alors, ajoute M. Doucet.
La Loi sur les langues officielles, modernisée en 2023, vise d’ailleurs clairement la progression « vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais », rappelle l’expert.
L’avocat acadien, Michel Doucet. Photo : gracieuseté
« Je crois qu’il y a une fausse conception, au sein de l’administration publique fédérale et du ministère de la Défense, de ce que sont leurs obligations en vertu de la loi », analyse-t-il.
La pointe de l’iceberg pour d’autres ministères?
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) s’inquiète d’ailleurs du fait que cette mesure puisse inspirer d’autres ministères dans l’appareil gouvernemental.
« On ne veut absolument pas que ça devienne la norme dans les ministères de revoir à la baisse leurs obligations linguistiques, plutôt que de trouver des solutions créatives pour élargir le droit de leurs employés de travailler en français », redoute son directeur général, Alain Dupuis.
Cette crainte est bel et bien fondée selon Michel Doucet, qui prévient que le phénomène pourrait s’étendre aux services offerts en français au public à l’extérieur du Québec. En règle générale, une communauté francophone obtient un service public lorsqu’elle atteint le quota de population prévu par la loi. Jusqu’à présent, une fois ce service accordé, l’institution le maintenait même si la population repassait ensuite sous ce seuil, au nom des droits acquis.
« Mais il se pourrait très bien maintenant qu’une institution fédérale dise : si on est sous le nombre prévu par la réglementation pour la langue de service, bien qu’on ait offert le service jusqu’à maintenant, on l’enlève », met en garde M. Doucet.
À l’approche du duel ontarien de soccer féminin entre Ottawa et Toronto, dimanche (14 h), les Franco-Canadiennes Florence Belzile et Nyota Katembo se confient à ONFR sur leur saison, leurs ambitions et une rivalité encore en construction. Deux regards qui témoignent aussi de la progression de la Super Ligue du Nord pour sa deuxième année d’existence.
Dimanche, l’AFC Toronto prendra la route d’Ottawa pour un nouveau duel au sommet entre les deux formations ontariennes de la Super Ligue du Nord. Une rencontre entre le leader actuel du championnat et une équipe torontoise qui, après avoir dominé la saison régulière l’an dernier, demeure l’une des places fortes de la jeune ligue canadienne.
Mais à un peu plus de la moitié de cette deuxième saison de la SLN, l’affiche permet aussi de regarder au-delà des trois points en jeu. Évolution du championnat, ambitions collectives et individuelles, naissance d’une rivalité ontarienne et retombées de la Coupe du monde : Florence Belzile, à Ottawa, et Nyota Katembo, à Toronto, portent deux regards différents mais souvent complémentaires sur cette nouvelle année de soccer professionnel féminin au Canada.
Ottawa devant, Toronto toujours ambitieux
À Ottawa, difficile de ne pas apprécier le chemin parcouru jusqu’ici. En tête du championnat, la formation de la capitale semble avoir trouvé son rythme.
« Ça va super bien. Dans les vestiaires, l’ambiance est toujours aussi bonne », raconte Florence Belzile. Malgré la première place, pas question cependant de considérer le travail comme terminé. « On continue à pousser et à travailler sur nos faiblesses à l’entraînement. »
La situation est différente à Toronto. Après avoir terminé largement en tête de la saison régulière lors de la première année de la SLN, Toronto a connu un départ plus poussif cette fois-ci.
« On a commencé la saison un peu plus difficilement que l’année dernière », reconnaît Nyota Katembo. Mais l’attaquante estime que son équipe monte progressivement en puissance : « Je crois qu’en ce moment, toutes les pièces commencent à s’assembler et que nous avons bien fait lors des derniers matchs. »
Surtout, les ambitions n’ont pas changé. Interrogée sur l’objectif de cette deuxième partie de saison — assurer une place en séries ou aller chercher Ottawa — Katembo ne tergiverse pas : « Non, c’est vraiment la première place. On l’a fait l’année dernière et je crois qu’on peut encore le faire cette année. »
Le classement de la SNL au 8 août. Photo : snl.ca
Belzile et Katembo veulent encore davantage
Les deux francophones ont également un point commun dans leur regard sur leur propre saison : aucune ne semble disposée à se satisfaire de ce qu’elle a déjà accompli.
À Ottawa, Florence Belzile assume un rôle qui la voit régulièrement commencer les rencontres sur le banc avant d’apporter son énergie en cours de match.
« Je pense que mon rôle me convient bien et que j’ai de bonnes minutes », explique-t-elle.
Mais avec deux buts et deux passes décisives au moment de l’entretien, la joueuse en veut davantage. « Je ne suis jamais satisfaite. Même si j’avais davantage de statistiques, plus de buts, je ne serais jamais satisfaite. »
Son principal axe de progression est identifié : convertir davantage les situations qu’elle parvient déjà à créer. « Je pense que je me mets dans de très bonnes situations pendant les matchs et que je suis dangereuse offensivement, mais je dois continuer à mieux terminer mes actions. »
Le constat est assez proche chez Nyota Katembo, même si la Torontoise aimerait disposer de davantage de temps de jeu. « Chaque fois que je rentre sur le terrain, je pense avoir un impact. Je ne suis donc pas satisfaite, mais je suis quand même fière de moi », estime-t-elle.
Pour franchir un nouveau cap, Katembo envisage notamment de penser parfois davantage à elle-même. Positionnée sur l’aile, elle reconnaît avoir naturellement tendance à chercher à placer ses partenaires dans les meilleures conditions.
« Peut-être être un peu plus individualiste. J’essaie toujours de mettre mes coéquipières dans de meilleures positions, mais je crois que je peux aussi tenter davantage de choses par moi-même. »
Une rivalité… surtout vue d’Ottawa?
Dimanche permettra aussi de mesurer la température d’une rivalité qui n’a, après tout, qu’un peu plus d’une saison d’existence. Et sur ce sujet, Ottawa et Toronto n’ont pas tout à fait la même perception.
Pour Florence Belzile, il n’y a absolument aucun doute. « Nous, on ressent à 100 % une rivalité avec Toronto », lance-t-elle.
Montréal constitue également un adversaire particulier, mais Toronto occupe une place à part. « Je dirais que Toronto, c’est vraiment une grosse rivalité parce que nous sommes les deux équipes de l’Ontario », explique Belzile, qui rappelle également la domination torontoise lors de la précédente saison régulière.
Florence Belzile a disputé les 14 matchs du Rapide avec un total de 653 minutes joués, 2 buts et 2 passes décisives. Photo : CF Rapide Ottawa
À Toronto, la réponse est plus nuancée. « Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je ressens peut-être davantage la rivalité avec Montréal », reconnaît Katembo, elle-même originaire de Montréal.
Cela ne signifie pas que les rencontres avec Ottawa sont ordinaires. Bien au contraire. « Contre Ottawa, ce sont toujours de bons matchs, des matchs de qualité. Les deux équipes répondent présentes et j’ai l’impression qu’elles élèvent toujours leur niveau contre nous. »
Au point de finalement concéder : « Peut-être qu’on peut parler d’une rivalité. Quand on joue contre elles, on la ressent. »
Une rivalité qui ne fait donc peut-être que commencer à écrire son histoire.
Une deuxième saison qui confirme la SLN
Au-delà du classement et des rivalités naissantes, les deux joueuses se rejoignent surtout sur un constat : la Super Ligue du Nord a franchi un cap pour sa deuxième année d’existence.
Pour Katembo, la saison inaugurale avait d’abord permis de poser les fondations. « La première année, tout le monde découvrait un peu cette nouvelle réalité, mais cette année, je crois que cela confirme surtout le talent que nous avons en Ontario et au Canada de manière générale », explique-t-elle.
L’arrivée de joueuses expérimentées a également contribué à élever les standards. À Toronto, Katembo cite notamment l’apport des deux internationales canadiennes Sabrina D’Angelo et Shelina Zadorsky et la maturité qu’elles apportent quotidiennement au groupe.
La meilleure preuve de cette progression se trouve peut-être dans les difficultés supplémentaires rencontrées par Toronto. « L’année dernière, nous avons remporté la saison régulière et je trouvais que nous étions au-dessus. Mais cette année, nos résultats montrent aussi que la Ligue s’est renforcée. C’est beaucoup plus difficile pour nous de reproduire ce que nous avons fait. »
Nyota Katembo a disputé un total de 311 minutes avec l’AFC Toronto. Photo : AFC Toronto
Même constat à Ottawa. À la question de savoir si le niveau avait augmenté, Belzile répond immédiatement : « Oui, à 100 %. »
Elle souligne notamment une hausse de la vitesse du jeu et le retour au Canada de joueuses ayant évolué en Europe ou aux États-Unis. Une progression qui ne se limiterait pas au terrain. Selon l’Ottavienne, davantage de spectateurs suivent également la compétition cette saison.
Après la Coupe du monde, faire durer l’engouement
Cette deuxième saison de SLN s’inscrit aussi dans un été particulier pour le soccer canadien, quelques semaines seulement après une Coupe du monde qui a fait vibrer le pays.
À Toronto, Katembo a été frappée par l’ambiance créée autour de la compétition. « La ville, c’était incroyable, l’énergie, les partisans… On espère pouvoir accueillir une autre Coupe du monde », raconte-t-elle.
Pour la joueuse torontoise, la compétition avait une dimension supplémentaire avec le parcours historique de la République démocratique du Congo , son pays d’origine.
« Franchement, ils nous ont rendus fiers, très fiers », confie Katembo.
À quelques centaines de kilomètres de là, Florence Belzile a vécu une expérience similaire à Ottawa, même sans avoir assisté à une rencontre dans un stade. « C’était incroyable », répète-t-elle, évoquant l’ambiance dans les bars et les rues d’une ville qu’elle décrit comme très attachée au soccer.
Elle se souvient notamment des différentes communautés rassemblées autour des matchs de la Belgique, de la France, de l’Angleterre ou encore du Congo : « Il y avait beaucoup de monde pour soutenir différentes équipes. C’était vraiment beau à voir. »
Une ferveur que Belzile aimerait désormais voir bénéficier encore davantage au soccer féminin. Pour elle, le retour éventuel d’une Coupe du monde féminine au Canada constituerait une nouvelle occasion d’accélérer son développement. « Cela pousserait encore davantage le sport féminin au Canada », estime-t-elle.
La Super Ligue du Nord est justement l’un des héritages de cette volonté d’installer durablement le soccer féminin professionnel au pays.
Dimanche, Ottawa et Toronto se disputeront bien trois points importants dans la course au classement. Mais entre un leader qui veut confirmer son statut et une place forte du championnat déterminée à retrouver le sommet, leur duel raconte aussi quelque chose de plus large : une ligue encore jeune, plus relevée qu’à ses débuts, qui commence déjà à construire ses rivalités et cherche désormais à inscrire durablement le soccer féminin professionnel dans le paysage sportif canadien.
Ce deuxième week-end d’août sera placé sous le signe des cultures africaines dans le Grand Toronto. Si Afrofest, rendez-vous incontournable de l’été torontois prévu initialement du 14 au 16 août, n’aura finalement pas lieu cette année, le Festival Habari Africa, au Centre Harbourfront de Toronto, et le Festival multiculturel africain de Milton, qui accueille pour la première fois la Journée internationale de la femme africaine (JIFA), proposeront une programmation riche célébrant la musique, la danse, la gastronomie, le cinéma et l’entrepreneuriat du continent africain.
L’absence d’Afrofest aurait pu laisser un vide dans le paysage culturel torontois. Après plusieurs mois de discussions avec la Ville de Toronto, Music Africa a annoncé qu’il lui était impossible d’organiser l’événement dans des conditions satisfaisantes. La capacité opérationnelle du parc Woodbine, limitée cette année à 5000 personnes, alors que le festival attire habituellement jusqu’à 40 000 visiteurs par jour, a conduit les organisateurs à reporter leur retour à 2027 afin de trouver un site mieux adapté.
Pour autant, les occasions de célébrer les cultures africaines ne manqueront pas. Entre Toronto et Milton, à une quarantaine de kilomètres l’un de l’autre, deux festivals complémentaires offriront au public un voyage à travers les traditions, les saveurs et les expressions artistiques du continent.
« Le début du mois d’août est toujours chargé, mais nos événements ne sont pas en concurrence, explique Édith Taki, fondatrice de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA). Quelqu’un peut très bien passer une journée à Milton et aller au Festival Habari Africa un autre jour du week-end. L’important, c’est que les gens découvrent la richesse de nos cultures. »
Deux festivals, une même volonté de faire rayonner l’Afrique
S’ils partagent le même objectif de mettre en valeur les cultures africaines, les deux événements proposent des approches bien différentes.
À Milton, Jean Asamoah a lancé le Festival multiculturel africain avec l’idée de créer un grand rendez-vous familial mettant en lumière les communautés africaines, en accordant une place importante à la francophonie.
« Quand je suis arrivé à Milton, je me suis rendu compte qu’il existait peu d’espaces où les communautés africaines francophones pouvaient se retrouver et célébrer leur culture », raconte-t-il.
Cette année, l’évènement réunira une douzaine d’artistes et de groupes, parmi lesquels Abel Maxwell, Amara Kanté, AfroNation ou encore les Toronto Burundi Drummers. Les visiteurs pourront également découvrir un village africain, des kiosques de gastronomie, des ateliers culturels, un espace jeunesse et des démonstrations de percussions et de danse, dans une ambiance pensée pour toute la famille.
Le Festival multiculturel africain de Milton célèbre sa sixième édition, le samedi 8 août, au parc communautaire de Milton. Photo : gracieuseté Akwaba Cultural Exchange
À Toronto, le Festival Habari Africa célèbrera pour sa part sa 13e édition au Centre Harbourfront. Organisé par Batuki Music Society, il proposera, pendant trois jours des concerts, des projections de films, des ateliers, des expositions, des expériences de réalité virtuelle, une cérémonie traditionnelle du thé sénégalais ainsi que des activités interactives destinées aux enfants et aux familles.
Pour Thierno Soumaré, l’un des organisateurs, la philosophie du festival dépasse les frontières linguistiques.
« Nous ne mettons pas en avant une langue, mais la culture africaine dans toute sa diversité, explique-t-il. Cette année, près de 60 % des artistes sont francophones, mais nous les choisissons avant tout pour ce qu’ils représentent artistiquement. Ce qui nous rassemble, c’est la culture africaine. »
Le Festival Habari Africa se déroule du 7 au 9 août 2026 au Centre Harbourfront de Toronto. Photo : gracieuseté Batuki Music Society
Les femmes africaines à l’honneur
Cette année, le Festival multiculturel africain de Milton accueillera pour la première fois la Journée internationale de la femme africaine (JIFA). Célébrée officiellement chaque 31 juillet à travers le monde, cette journée met à l’honneur les contributions des femmes africaines et afrodescendantes. En Ontario, Édith Taki en a fait un événement local porté par Akwaba Community.
Lancée pendant la pandémie sous forme de rencontres virtuelles, la JIFA ontarienne a progressivement évolué pour devenir un rendez-vous annuel réunissant entrepreneures, professionnelles et leaders communautaires autour d’enjeux économiques et sociaux.
« Nous nous sommes demandé pourquoi organiser deux événements séparés alors que nous poursuivons le même objectif : rassembler les communautés et créer des opportunités, explique-t-elle. En intégrant la JIFA au festival, nos entrepreneures pourront toucher un public plus large et créer de nouveaux partenariats. »
Édith Taki (au centre, en blanc) a fait de la célébration de la Journée internationale de la femme africaine un rendez-vous annuel en Ontario. Photo : gracieuseté
Le thème de cette année, Investir pour recevoir : débloquer des opportunités grâce à la puissance de l’investissement collectif, reflète cette volonté de favoriser les collaborations entre entrepreneures plutôt que les initiatives isolées.
À travers des conférences, des rencontres et le Village des entrepreneures, la journée invitera les participantes à voir plus grand : partager leurs expériences, développer leur réseau et bâtir des projets collectifs capables de renforcer la présence des femmes africaines et afrodescendantes dans le paysage économique ontarien.
« Quand les femmes se soutiennent et investissent ensemble, elles créent davantage d’occasions de réussir », résume Édith Taki.
La culture comme langage universel
La transmission culturelle sera également au cœur des spectacles.
À Milton, le groupe AfroNation fera vibrer le public avec des chorégraphies inspirées de différentes traditions africaines. Pour sa fondatrice, promotrice et chorégraphe, Carine Acquah, chaque représentation est aussi une leçon d’histoire.
« Beaucoup de gens pensent que la danse africaine se résume aux percussions. Pourtant, chaque chanson raconte une histoire et chaque mouvement a une signification. Avant de danser, nous expliquons toujours aux jeunes ce que racontent les paroles afin qu’ils comprennent ce qu’ils transmettent au public. »
Carine Acquah cumule les rôles de promotrice, manager et chorégraphe au sein d’AfroNation, dont elle accompagne le développement artistique. Photo : gracieuseté
Une philosophie qui rejoint celle de Keïla, tête d’affiche du Festival Habari Africa. Artiste franco-comorienne ayant grandi entre les Comores, Madagascar, La Réunion et la France, elle fera découvrir au public torontois un univers où se rencontrent maloya réunionnais, sonorités comoriennes, influences malgaches, afro-soul et musiques urbaines.
Avant son concert du samedi soir, elle animera également un atelier consacré au maloya, tradition musicale de La Réunion inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Pour elle, sa venue à Toronto revêt une portée qui dépasse largement le cadre artistique. « C’est un grand honneur de représenter cette identité plurielle, confie-t-elle. Avant tout, on porte le message qu’il est possible de vivre ensemble et de coexister avec toutes ces différentes cultures. »
De La Réunion à Toronto, Keïla profitera de sa première participation au Festival Habari Africa pour faire découvrir au public un héritage musical encore inédit dans l’histoire du festival. Photo : Nour Aucomte
L’artiste dit avoir été frappée dès son arrivée par le caractère multiculturel de Toronto, une ville où chacun semble pouvoir afficher librement son identité. « On devrait apprendre de villes comme Toronto », estime-t-elle, voyant dans cette diversité une richesse qui fait écho à son propre parcours.
Son concert promet ainsi plus qu’une succession de chansons, mais bien « un voyage », dit-elle, à travers les cultures de l’océan Indien, porté par des messages de paix, de résilience et de guérison.
Une invitation, finalement, à parcourir l’Afrique sans quitter le Grand Toronto, le temps d’un week-end.
OTTAWA- Le syndicat qui représente la majorité des employés de la Défense nationale se dit préoccupé par la récente mesure désignant l’anglais comme langue de travail exclusive dans plus d’une centaine de bureaux au pays, soutenant que des membres francophones en sont « frustrés ». De son côté, le ministre de la Défense, David McGuinty, a cherché à relativiser la portée de la directive.
« Si cette réforme a effectivement pour conséquence que des organisations auparavant reconnues comme bilingues deviennent désormais des milieux de travail où le français ne peut plus être utilisé comme langue de travail, il s’agit d’un recul dont nous nous préoccupons », affirme en entrevue James Potts, vice-président exécutif par intérim de l’UEDN.
Ce syndicat représente le personnel civil de la Défense nationale du Canada et compte plus de 18 000 membres travaillant tant dans le secteur public que privé. Au total, le ministère emploie près de 31 000 fonctionnaires civils.
Depuis la mise en place de la directive, l’organisation syndicale indique avoir reçu, au fil des derniers mois, de nombreuses marques d’inquiétude de la part de travailleurs francophones. Auparavant en poste dans des secteurs bilingues, ceux-ci doivent désormais exercer leurs fonctions dans un environnement strictement unilingue.
« Ces membres sont bilingues, mais ils sont avant tout francophones, et ils sont un peu frustrés. Peut-être qu’ils n’auront plus la même relation avec leur gestionnaire parce que ce dernier sera anglophone et ne comprendra pas complètement ce dont ils parlent », relève le responsable syndical.
Le syndicat estime que les membres francophones ne devraient pas voir « leurs droits ou leurs possibilités de carrière diminuer en raison de changements administratifs », avance M. Potts.
« Nous suivons attentivement la mise en œuvre de cette nouvelle politique. Mais si nous constatons que les droits linguistiques de nos membres sont affaiblis, nous n’hésiterons pas à intervenir auprès du ministère », prévient le dirigeant syndical.
180 bureaux touchés
Questionné lors d’une conférence de presse à Calgary, jeudi, sur la perte de services et de perspectives qu’entraînent de tels changements pour les recrues et les vétérans francophones, le ministre David McGuinty n’a pas répondu directement aux craintes soulevées.
« Je sais qu’il y a eu quelques articles là-dessus. La mise en œuvre des changements qui ont été effectués au niveau du bilinguisme officiel suit de très près des changements qui ont été effectués depuis une dizaine d’années à l’échelle nationale », a-t-il affirmé, vantant au passage la forte hausse du recrutement dans l’armée canadienne au cours de la dernière année.
Dans une infolettre diffusée la semaine dernière, la Défense nationale a annoncé qu’elle restreindrait le droit de travailler en français dans plus d’une centaine de bureaux à travers le pays. La mesure touche autant la fonction publique civile que les membres des Forces armées canadiennes.
Plusieurs bureaux situés dans des régions unilingues, qui bénéficiaient auparavant d’une désignation bilingue, ont vu ce statut révoqué au profit de l’anglais ou du français. Au total, près de 180 unités sont touchées : la grande majorité d’entre elles passeront de bilingues à unilingues anglaises. La désignation de l’anglais comme langue de travail concerne principalement des locaux situés dans certaines régions des Maritimes, de l’Ouest canadien et de l’Ontario (à l’exception d’Ottawa, de l’Est et de certaines zones du Nord). Au Québec, quelques unités passeront également du statut bilingue à unilingue francophone.
La Défense nationale a justifié sa démarche en expliquant qu’auparavant, « plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entraînait des plaintes fondées et de la frustration ».
James Potts indique que l’UEDN avait elle aussi constaté que l’ancienne approche générait de l’insatisfaction parmi ses membres. Certains employés unilingues anglophones auront d’ailleurs accès à de nouvelles possibilités d’avancement grâce à ce changement de statut.
« Mais en contrepartie, la disponibilité des deux langues officielles sur le lieu de travail a été réduite, ce qui va à l’encontre de l’usage des langues officielles au travail », conclut-il.
OTTAWA – Du 9 au 14 août, sept jeunes francophones de l’Ontario feront partie des 35 élèves réunis à Moncton pour le Forum national des jeunes ambassadeurs et ambassadrices (FNJA). Pour eux, ce séjour sera l’occasion de vivre le français autrement et de rapporter de nouvelles idées dans leurs écoles.
Certains ont nourri leur passion pour le français grâce au théâtre, d’autres à travers la musique ou à l’occasion d’événements comme la Franco-Fête de Toronto et les célébrations du Jour des Franco-Ontariens.
Erik Limarilli, Hannah Qiao et Shiana Lukeeram, tous âgés de 16 ans, font partie des sept élèves ontariens sélectionnés. Les quatre autres sont Alexander Rose et Jiya Monga, de Toronto, Izet Bekiri, de Stouffville, ainsi que Jihye (Sophia) Shin, de Vaughan.
Organisée par Le français pour l’avenir — organisation canadienne qui promeut le bilinguisme — cette 22e édition réunira à l’Université de Moncton des élèves de 10e et de 11e année de neuf provinces et de deux territoires différents. Ils participeront notamment à des ateliers sur le leadership, la gestion de projets, la prise de parole en français et le bilinguisme officiel.
Faire vivre le français à Sudbury
Originaire de Sudbury, Erik Limarilli a découvert le programme par le biais d’un enseignant de son école secondaire, Lasalle Secondary School.
Originaire de Sudbury, Erik Limarilli souhaite revenir du Forum avec des idées pour donner une plus grande place au français dans son école. Photo : Gracieuseté
« Je me suis beaucoup intéressé à la manière dont le programme permet d’aider sa communauté, de célébrer le français et d’avoir un impact dans son école », explique-t-il.
L’anglais est sa langue maternelle, mais le jeune homme a commencé à apprendre le français dès la maternelle. Il se souvient particulièrement des célébrations du Jour des Franco-Ontariens, avec leurs chansons, leurs danses et leurs grands drapeaux.
« La francophonie fait partie de notre identité canadienne. La langue française est très importante dans ma vie, parce qu’elle me relie à ma culture et au Canada. »
Même si Sudbury compte une importante population francophone, Erik estime que le français n’est pas suffisamment présent dans son école. Il souhaite donc revenir de Moncton avec des idées d’activités capables de mobiliser ses camarades.
Le jeune Sudburois rêve également de devenir médecin bilingue. « Je pense que les gens devraient pouvoir communiquer dans les deux langues et avoir accès aux services dont ils ont besoin », soutient-il.
Une langue, une passion
À Ottawa, Hannah Qiao fréquente l’école secondaire Merivale. Le français est sa troisième langue, après l’anglais et le mandarin.
Elle a commencé à l’apprendre il y a cinq en tant que matière scolaire, avant d’y développer un véritable attachement.
À l’école secondaire Merivale d’Ottawa, Hannah Qiao a fondé un conseil de français afin de rendre la langue plus accessible et amusante pour les élèves. Photo : Gracieuseté
« Même si ma maîtrise du français n’est pas parfaite, je me suis rendu compte qu’il est important d’oser communiquer et de faire des efforts pour se comprendre en français », confie-t-elle.
Hannah ne s’est pas contentée de suivre ses cours. Elle a fondé le conseil de français de son école et contribué à l’organisation de plusieurs activités, dont des célébrations de la Semaine de la francophonie.
« À l’école, les élèves trouvent souvent que le français est difficile. J’espère trouver des idées d’ateliers et d’événements originaux qui permettront à davantage de personnes d’en découvrir la beauté. »
S’amuser en français
Pour Shiana Lukeeram, qui habite à Nepean, dans l’ouest d’Ottawa, le Forum représente une occasion de renouer avec une partie de son identité.
Même si l’anglais est aujourd’hui sa langue principale, le français est la première langue dans laquelle elle a appris à lire et à écrire lorsqu’elle fréquentait une école élémentaire francophone.
Ses parents sont originaires de l’île Maurice, où le créole est fortement influencé par le français. Depuis son passage dans une école anglophone, Shiana craint toutefois de perdre progressivement ce lien linguistique.
« Le français fait vraiment partie de moi, mais j’ai l’impression de commencer à le perdre un peu. Je veux me reconnecter à cette partie de moi. »
À son école actuelle, elle suit toujours un programme d’immersion, mais trouve que l’enseignement met surtout l’accent sur la grammaire et la conjugaison.
Pour Shiana Lukeeram, le Forum sera l’occasion de renouer avec une langue associée à son enfance et aux origines mauriciennes de sa famille. Photo : Gracieuseté
« Ce n’est plus aussi amusant. J’aimerais redécouvrir les côtés agréables du français », dit-elle.
Elle souhaite également voir émerger une communauté francophone plus active autour d’elle.
« Je connais beaucoup de personnes qui parlent français, mais elles n’en sont pas nécessairement fières. Je ne vois pas assez de représentation francophone ici. Ce serait bien d’avoir une communauté plus proche, plus enthousiaste et plus active autour du français. »
La participation au FNJA ne s’arrêtera pas au séjour à Moncton. Durant l’année scolaire suivante, chaque jeune devra organiser au moins deux activités destinées à promouvoir le français et le bilinguisme dans son école ou sa communauté.
« J’espère pouvoir rapporter dans ma communauté et mon école tout ce que j’y aurai appris afin de contribuer à faire grandir la francophonie », résume Erik Limarilli.
TORONTO – Lors du festival Kompa Zouk (FKZO) dimanche dernier, un seul des cinq kiosques de nourriture antillaise préparée par des cuisiniers francophones a pu assurer le service. Selon l’organisatrice, une barrière linguistique a bloqué les échanges avec Santé publique Toronto (SPT), l’agence ne comptant aucun inspecteur bilingue pour faciliter le traitement des candidatures des traiteurs.
« En 18 ans à la barre de ce festival annuel, j’ai du mal à croire ce que nous avons vécu cette année », déplore Marie-Jennyne Mayard, qui a fondé le FKZO en 2008. Elle raconte qu’après que les cinq kiosques aient envoyé leur formulaire rempli à Santé publique Toronto, « la communication est devenue difficile. » Sur les cinq kiosques prévus, un seul a pu être maintenu, et ce, à la suite de lourdes négociations avec l’organisme.
La cuisinière franco-torontoise Carline Semexant, qui devait proposer ses plats au festival pour la première fois, alors qu’elle avait déjà tout préparé et payé la location de sa tente, qualifie cette situation de sabotage : « La personne responsable nous a rendu la vie dure. » Elle explique que les vendeurs sont restés sans réponse de SPT après avoir soumis leurs formulaires sanitaires, lesquels précisaient la liste des ingrédients, leur provenance, le menu et un schéma d’aménagement des tentes.
Formée en 2018 par le chef torontois Guy Dongué, Carline Semexant devait présenter ses créations culinaires lors de cette édition du Festival francophone FKZO. Photo : Gracieuseté
Les imprévus ont entraîné des pertes pour les vendeurs concernés : « Je me suis rendue jusqu’à Montréal pour acheter des ingrédients haïtiens. » La cuisinière évalue ses pertes à 2500 $, sans aucune perspective de dédommagement pour le moment.
Un inspecteur bilingue réclamé : Santé publique Toronto dément
« On a demandé un inspecteur bilingue parce qu’il y avait une barrière linguistique avec les vendeurs. SPT m’a informée par téléphone qu’il n’y en avait pas. Par la suite, l’inspecteur en question s’est contenté de refuser les candidatures de nos vendeurs la veille », évoque l’organisatrice.
Dans une déclaration envoyée à ONFR, SPT déclare au contraire que « durant ce processus de consultation, aucune demande d’inspecteur bilingue n’a été adressée au SPT ». Selon eux, « les fournisseurs n’ont pas fourni suffisamment d’informations à l’inspecteur concernant ces derniers et les aliments et boissons proposés. Par conséquent, il n’a pas pu examiner les dossiers ni consulter tous les fournisseurs participants avant l’événement. »
La Perle des Antilles était le seul kiosque francophone retenu. Photo : Gracieuseté
Mme Mayard martèle pourtant que les formulaires avaient été envoyés depuis le 19 juin après quoi elle a multiplié les démarches auprès de SPT, sans jamais réussir à joindre le responsable : « Il n’a jamais pris mon appel parce que j’exigeais quelqu’un de bilingue », affirme-t-elle. « L’inspecteur a également partagé par courriel des informations et des ressources sur la sécurité alimentaire avec l’organisateur, afin qu’il les diffuse aux fournisseurs participants, car leurs coordonnées n’avaient pas été communiquées directement au service de santé publique de Toronto (TPH) », affirme l’organisme.
Mme Mayard rétorque : « Après avoir été notifiés que c’était incomplet, les vendeurs ont renvoyé les formulaires, puis nous n’avons plus eu de nouvelles. Certains d’entre eux ont alors appelé l’inspecteur, mais il ne comprenait pas, donc il a raccroché. »
« On a retiré les kiosques de nos mains pour les donner aux autres »
— Carline Semexant, restauratrice
« C’est incompréhensible. Nous avons beaucoup de questions », confie l’organisatrice. « Nous sommes un festival francophone, pourquoi ne peut-on pas avoir un représentant de SPT francophone aussi? », se demande-t-elle.
Par ailleurs, Mme Semexant s’indigne que d’autres kiosques non affiliés au festival étaient présents sur les lieux : « On a retiré les kiosques de nos mains pour les donner aux autres. C’est comme si on nous avait repris notre patrimoine pour leur donner. »
Marie-Jennyne Mayard déplore qu’aucun inspecteur de Santé publique Toronto (SPT) ne parle français. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Certains vendeurs ayant eu l’impression que leurs préoccupations n’ont pas été prises en compte entendent retenter leur chance l’an prochain. « On doit trouver une solution pour que ça ne se reproduise plus. »
« Ne vous découragez pas! » lance aux vendeurs Mme Mayard qui souhaite faire évoluer le festival d’ici l’an prochain et qui espère que cet incident linguistique n’entamera pas la confiance des jeunes entrepreneurs.
Deux organismes ontariens ont reçu un financement total de presque 400 000 dollars pour appuyer des campagnes de sensibilisation francophone en milieu minoritaire pour soutenir les victimes de la traite de personnes et offrir un accès aux services socio-juridiques en français pour les survivantes.
Le ministre de la Justice du Canada, Sean Fraser, a récemment annoncé un investissement de 3,35 millions de dollars pour soutenir les victimes et survivantes de la traite des personnes. Le montant sera versé à neuf organismes impliqués dans cette lutte.
Deux de ces neuf organismes visent à répondre aux besoins de la communauté francophone. Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario, un organisme référence d’aide aux femmes francophones basé à Windsor, reçoit la somme de 312 728 dollars pour sensibiliser le public.
L’organisme sudburois Angels of Hope Against Human Trafficking, obtient 85 640 dollars pour accroître l’accès aux services en français pour les survivantes.
Pour le ministre, cet investissement « marque une étape importante dans nos efforts pour mettre fin à la traite de personnes et pour renforcer un système de justice qui répond aux besoins des victimes et des personnes survivantes, tout en accordant la priorité à leur sécurité et à leur dignité », affirme-t-il par communiqué.
Le financement, qui provient du Fonds d’aide aux victimes et du Fonds d’appui à l’accès à la justice dans les deux langues officielles, s’inscrit dans le cadre de la stratégie fédérale d’aide aux victimes du gouvernement, qui avait lancé un appel à projets fin 2025. Cette démarche visait à accorder des financements prioritaires aux organismes agissant contre les violences sexuelles et en faveur de la justice réparatrice.
De 2014 à 2024, le gouvernement recense plus de 5000 affaires de traite de personnes déclarées au Canada, 93 % des victimes étant des femmes. « Les femmes autochtones, racisées, immigrantes, sont surreprésentées parmi les victimes », explique Medleen Menelas, coordinatrice des projets au Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario.
Windsor, un point de sensibilisation stratégique
À travers le projet Justice et liberté, le Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario compte utiliser ce financement pour sensibiliser la communauté de Windsor aux réalités du trafic humain, un fléau répandu dans la province. « D’après nos recherches, 67 % des cas signalés au Canada sont en Ontario. On est la province la plus touchée », ajoute celle-ci.
Pendant deux ans, Mme Menelas et la directrice générale de l’organisme, Danielle Péladeau, rêvent de mettre sur pied un projet de sensibilisation. Pour celles-ci, la position de Windsor est stratégique dans le réseau criminel lié à la traite des personnes : la ville est un axe majeur de trafic humain, du fait de sa proximité avec l’autoroute 401, le pont Ambassadeur, ou encore le nouveau pont Gordie-Howe, des voies frontalières entre le Canada et les États-Unis.
Actif depuis 1991, le Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario compte mener des campagnes de sensibilisation en français contre la traite de personnes. Photo : gracieuseté de Medleen Menelas
« Il y a 40 000 usagers qui transitent chaque jour et entre 7000 et 8000 camions commerciaux qui traversent le pont. 12 000 véhicules de particuliers traversent également la frontière. Ça crée un environnement propice au recrutement, au transit, et à l’exploitation des victimes de la traite », affirme la coordinatrice des projets au Réseau-Femmes.
Avec le financement octroyé, l’organisme compte diffuser une campagne de sensibilisation francophone soutenue dans le Sud-Ouest.
Des ressources régionales existent, mais presque uniquement en anglais, déplore Mme Menelas. Pour sa première phase, le projet s’appuiera sur des collaborations avec des centres de santé communautaires, des écoles, des associations ethnoculturelles, et des espaces publics afin de diffuser des informations préventives.
« Nous voulons vraiment outiller la population, leur donner suffisamment d’informations pour qu’elle soit outillée par rapport à la traite, pour savoir ce que c’est, notamment le grooming (processus de sollicitation/de mise en confiance) », soutient-elle.
Pour la deuxième phase, l’organisme compte proposer de l’accompagnement en français. « À travers des cliniques mobiles gratuites et confidentielles, on ira dans les différentes régions de Windsor pour proposer des avocats ou des personnes spécialisées. »
Du soutien en français dans le Nord et plus encore
Créé en 2015 par Cristina Scarpellini, Angels of Hope Against Human Trafficking est un organisme à but non lucratif destiné à soutenir les survivantes de la traite des personnes. La fondatrice et directrice avait remarqué que les survivantes francophones n’avaient pas accès à des services en français.
« Beaucoup de personnes parlent français, dont beaucoup de victimes. C’est leur langue de préférence. Ce serait juste de leur parler et d’offrir des services dans leur langue de préférence. C’est le Canada, il y a donc bien deux langues ».
En décembre 2025, elle présente son projet d’expansion de ses services en français au ministère de la Justice du Canada. Son organisme reçoit alors la somme de 85 640 dollars, ce qui lui permet l’embauche d’une travailleuse sociale francophone, Megan Parent. Celle-ci va non seulement accompagner les victimes et survivantes dans leurs démarches socio-juridiques, mais aussi offrir de l’accompagnement social lié au bien-être.
Cristina Scarpellini, fondatrice de Angels of Hope Against Human Trafficking, mène un projet d’accès aux services en français pour les survivantes francophones de traite de personnes. Photo : gracieuseté
Le mandat de l’organisme vise à promouvoir ces services spécialisés, notamment du soutien judiciaire. « On veut les mettre en contact avec des avocats. S’il y a des cas qui aboutissent au tribunal, on peut se présenter en personne avec elles pour qu’elles soient plus à l’aise ».
Il s’agit également de proposer des services d’accompagnement, des groupes de soutien aux pairs en français, ainsi que des activités de sensibilisation et de mobilisation.
Moins d’une semaine après l’annonce, la directrice rapporte que déjà sept victimes francophones ont sollicité l’organisme pour obtenir du soutien. Avec ce financement, l’organisme souhaite répondre à un besoin national auprès des survivantes francophones. « On compte envoyer une lettre à des organisations pertinentes à travers le Canada pour leur faire part de nos programmes et services afin qu’elles puissent nous recommander à des survivantes qui parlent français », dit Mme Scarpellini.
Pour la travailleuse sociale, ces services sont une véritable ligne de survie pour les victimes. « La traite de personnes a un impact très important au Canada. Ça touche plusieurs personnes, des familles, des communautés. Les survivantes peuvent vivre des traumatismes physiques, psychologiques, beaucoup d’isolement et d’anxiété, confie-t-elle, c’est essentiel d’offrir de la prévention, du soutien spécialisé, un meilleur accès à la justice, et des services en français. »
Balado – Si les routes avaient des oreilles : 12 récits de gens d’ici
À Hearst, Mylène Coulombe-Gratton est une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux. Guidée par une passion viscérale pour le plein air et les grands espaces du Nord, elle a choisi de mordre dans la vie à pleines dents en devenant entrepreneure dès l’adolescence. C’est à cet âge qu’elle lance sa propre entreprise d’expédition, un projet né de son amour pour l’adrénaline, une flamme allumée très jeune par ses propres parents.
Aujourd’hui, au début de la vingtaine, elle guide des groupes à travers des aventures nordiques inoubliables. Pourtant, derrière la guide d’expédition intrépide se cache aussi une jeune femme en pleine réflexion. Mylène partage avec beaucoup de transparence ses craintes face à la maternité. Très attachée à son indépendance et à son rythme de vie intense, elle s’interroge sur les conséquences potentielles d’une grossesse sur son corps et, surtout, sur son mode de vie actif. Trouver l’équilibre entre sa vision de l’avenir et sa liberté demeure, en ce moment, son plus grand défi.
OTTAWA- La décision de la Défense nationale d’imposer l’anglais comme langue de travail dans plus d’une centaine de bureaux envoie un mauvais signal, selon la francophonie canadienne et les partis d’opposition à Ottawa.
« Je pense que c’est une très mauvaise décision », réagit en entrevue le directeur général de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Alain Dupuis, qui craint le mauvais message que cela pourrait envoyer ailleurs dans l’appareil fédéral.
« On ne veut absolument pas que la norme dans les ministères devienne de revoir à la baisse leurs obligations linguistiques, plutôt que de trouver des solutions créatives pour élargir le droit de leurs employés de travailler en français », signale-t-il.
La Défense nationale a indiqué dans une infolettre, à la fin juillet, qu’elle imposerait l’anglais comme langue de travail dans plus d’une centaine de bureaux à travers le pays, situés hors des régions désignées bilingues.
Cette mesure devrait toucher 180 unités, en majorité situées dans l’Ouest canadien, en Ontario et dans les Maritimes (à l’exception du Nouveau-Brunswick), où il ne sera plus permis d’utiliser le français comme langue de travail. Toutefois, elle pourrait également viser des unités situées au Québec, dont le statut passera de bilingue à unilingue francophone.
Cette mesure s’appliquera autant aux unités des Forces armées canadiennes qu’aux bureaux du ministère de la Défense. Estimant que cette initiative de l’administration fédérale va à l’encontre de la refonte de la Loi sur les langues officielles de 2023, sanctionnée par le gouvernement libéral, la FCFA sollicite l’intervention du ministre des Langues officielles, Marc Miller, ainsi que du ministre de la Défense, David McGuinty.
« Il est essentiel que le pouvoir politique se saisisse du dossier et envoie un signal clair. Enlever des droits linguistiques à des fonctionnaires qui veulent travailler en français ne respecte en rien la lignée des engagements pris par ce gouvernement », mentionne Alain Dupuis.
Sollicité pour commenter la situation, le cabinet du ministre des Langues officielles Marc Miller a plutôt orienté notre demande vers son confrère ministériel responsable de la Défense nationale, dont nous n’avions obtenu aucune réponse au moment de publier ce texte.
Le ministre de la Défense nationale David McGuinty. Photo : compte X officiel de David McGuinty
« C’est un recul énorme : les gens travaillaient en français. Et là, considérant qu’ils ont certaines difficultés, la loi du moindre effort fait en sorte qu’ils reculent et qu’ils réduisent les unités qui utilisent la langue française. C’est inacceptable », dénonce de son côté le député conservateur Joël Godin.
Ce dernier estime lui aussi que le ministre McGuinty se doit d’agir pour mettre cette décision en pause, et déplore la façon dont le tout a été dévoilé.
« Ça a été fait en catimini, de façon subtile et hypocrite. Si c’est leur intention, qu’ils le disent franchement, mais c’est très inquiétant », note l’élu conservateur.
Pour le Bloc Québécois, cette annonce ne vient qu’officialiser ce qui se passe réellement sur le terrain, déplore sa leader parlementaire, Christine Normandin.
« Ça nous fâche, mais malheureusement, on le voit tellement souvent », affirme-t-elle.
« On a souvent entendu des gens qui travaillaient à la Défense, autant des militaires que des civils, venir nous dire sous le couvert de la confidence que c’était impossible de travailler en français », ajoute la députée.
Cette nouvelle directive met fin au statut bilingue des bureaux implantés dans des zones unilingues : la langue de travail y est dorénavant établie principalement selon la région géographique de l’organisation ou de l’unité. Cette ancienne approche « présentait certains défis », a expliqué la Défense nationale.
« Plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entraîne des plaintes fondées et de la frustration », a justifié le ministère dans son infolettre.
Le Commissariat aux langues officielles nous a indiqué que la commissaire, Kelly Burke, n’était pas disponible pour une entrevue, tout en précisant que le bureau avait déjà reçu une plainte au sujet de cette décision de la Défense nationale.
TORONTO – Le gouvernement fédéral accordera 2,7 milliards de dollars à la Ville de Toronto pour y financer 18 projets résidentiels « pour lutter contre la crise du logement », soit plus de 5600 nouveaux logements locatifs, dont 1800 abordables, avec soutien ou à loyer modéré.
Le premier ministre Mark Carney et la mairesse de Toronto Olivia Chow ont conjointement annoncé à Toronto un nouvel accord sur le logement entre le gouvernement du Canada et la Ville de Toronto.
Au cours des trois prochaines années, le gouvernement canadien investira plus de 2,7 milliards de dollars pour réaliser plus de 18 projets résidentiels dans toute la ville, soit 5600 nouveaux logements locatifs, dont plus 1800 seront des logements abordables, des logements avec soutien ou à loyer modéré.
La Ville contribuera, elle, par le biais de cessions de terrains municipaux cédés et de 530 millions de dollars en capital et incitatifs (dont des exonérations de taxes foncières sur 99 ans).
« Ces terrains publics sous-utilisés seront mis au service de la population. On y bâtira des communautés dynamiques à revenus mixtes dans lesquelles les habitants de Toronto pourront s’épanouir pendant des générations. Cette mesure permet également à la Ville de conserver des actifs précieux pour les années à venir », a commenté M. Carney.
« Ce ne sont pas des condominiums de luxe dont les Torontois ont besoin, mais de logement abordable (…) Plusieurs Torontois ont des difficultés à payer leur loyer et nous voulons changer ça », a prononcé le premier ministre, ajoutant que ce n’était qu’un début.
Travaux lancés fin 2026
Tous les logements proposés seront destinés à la location, comprenant logements abordables, logements supervisés, des logements à loyer indexé sur le revenu et des logements assujettis au contrôle des loyers à travers deux volets.
Les logements hors marché, par l’intermédiaire de Maisons Canada, seront détenus et gérés par les oorganisations à but non lucratif, des coopératives de logement ou des organismes publics et gouvernementaux, concerneront neuf projets, soit 1900 logements, représentant un investissement de 310 millions de dollars du fédéral.
Le deuxième volet, les logements du marché (via Programme de prêts pour la construction d’appartements de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), seront des logements loués au prix du marché et bâtis par des promoteurs privés, soit 3700 logements.
Là encore neuf projets immobiliers pour lesquels le fédéral injectera 1,8 milliard de dollars. Leur construction à grande échelle permettant d’alléger la pression sur l’ensemble du système, estime Ottawa.
« Ces logements aideront des dizaines de milliers de personnes, s’est réjouie Olivia Chow. Pour la première fois, les loyers sont en baisse grâce à nos efforts collectifs ».
Parmi les projets cités, le Parkdale Hub, un nouveau complexe résidentiel de 16 étages visant à offrir des logements abordables, le 158 Borough Drive à Scarborough, avec logements pour familles, aînés et travailleurs essentiels, ou encore le 15, avenue Denison, soit 100 logements avec soutien, géré par une communauté autochtone.
80 % du portefeuille (soit plus de 4500 logements) verra ses premiers coups de pelle donnés avant la fin de l’année 2026. Le projet promet également de soutenir 2100 emplois directs par an pendant toute la durée des travaux.
EMBRUN — La municipalité de Russell mène actuellement une étude de faisabilité afin d’évaluer la pertinence d’implanter un réseau de transport en commun local sur son territoire. Dépourvue de service municipal organisé à ce jour, la collectivité souhaite déterminer si l’augmentation de la population et l’ouverture imminente de ses nouvelles infrastructures publiques justifient une telle offre de mobilité.
Actuellement, les déplacements sur le territoire de la municipalité reposent principalement sur l’entraide individuelle et sur les services offerts par des organismes communautaires. Les Services communautaires de Prescott et Russell ont notamment soutenu plus de 3000 trajets au cours de la dernière année dans le secteur d’Embrun et Russell.
Un service desservant la liaison vers Ottawa avait été annulé en décembre 2020 en raison des répercussions de la pandémie et de ses coûts pour la collectivité, laissant la desserte interurbaine aux mains du secteur privé.
« Dans notre municipalité, en ce moment, nous n’avons pas de transport en commun en tant que tel », indique le maire de Russell, Mike Tarnowski.
« Ensuite, c’est vraiment la famille et les amis qui s’entraident pour ces besoins-là. Nous n’avons rien d’organisé. »
Selon les données de la municipalité, la forte expansion du parc industriel, situé en bordure de l’autoroute, et à l’écart des villages, crée de nouveaux besoins de mobilité pour la main-d’œuvre locale. Photo : gracieuseté de la municipalité de Russell
Consultations citoyennes et collecte de données
Afin de mesurer le besoin réel, la municipalité a confié la réalisation de l’étude à la firme spécialisée torontoise Left Turn Right Turn. Lancés en juin, les travaux incluent un questionnaire en ligne ouvert jusqu’au 9 août pour permettre aux résidents de partager leurs habitudes de déplacement.
« Notre objectif est d’évaluer et de comprendre la faisabilité d’un tel service au sein de la commune », précise Jordan Papazoglou, expert principal en transport pour la firme Left Turn Right Turn.
« Actuellement, nous mettons tout en œuvre pour dresser un tableau complet des besoins. Cela inclut les commentaires du public par le biais du sondage, mais aussi des échanges avec les groupes communautaires, divers comités municipaux, les membres du conseil et le personnel. »
L’équipe d’experts analyse également les données démographiques de la municipalité, les politiques existantes et l’historique d’achalandage des services passés.
Cibler les besoins locaux : emploi, aînés et jeunesse
La démarche vise principalement à analyser les déplacements internes à la municipalité, notamment pour faciliter l’accès aux zones commerciales, au parc industriel, mais aussi aux futurs lieux de rassemblement municipaux.
« Notre communauté est en pleine croissance », explique le maire Tarnowski.
« Nous avons beaucoup plus de résidents. Nous avons aussi un agrandissement assez important de notre parc industriel, qui n’est pas loin de l’autoroute mais qui ne se situe pas directement à proximité de nos villages. Nous ressentons quand même un besoin de transport en commun dans les limites de la municipalité. »
L’initiative de transport cible ainsi plusieurs groupes de la population, dont les aînés, les personnes ayant des besoins en matière d’accessibilité, les travailleurs et la jeunesse.
Le maire de Russell, Mike Tarnowski, estime qu’il y a plusieurs avantages à la création d’un réseau de transport collectif dans sa localité. Photo : Radio-Canada
« Il y a plusieurs marchés visés, précise le maire. Ce serait d’abord les aînés, pour se rendre aux services, aller chez le médecin, à la clinique ou faire des achats. Ensuite, nous avons les jeunes qui cherchent un emploi ou qui souhaitent accéder au nouveau complexe récréatif. »
Il souligne également l’importance de faciliter la mobilité vers les zones d’emploi : « L’autre aspect à observer, c’est le besoin d’accessibilité dans notre parc industriel. Est-ce que les employeurs aimeraient voir cela pour accéder plus facilement à de la main-d’œuvre? »
Plusieurs modèles à l’étude d’ici la fin 2026
La municipalité s’inspire d’expériences similaires menées dans d’autres localités ontariennes, comme à Kemptville, Pembroke ou North Grenville, où le transport à la demande connaît un succès notable.
Il reste toutefois prématuré de déterminer la formule exacte qui pourrait être retenue pour Russell. « De nombreux services voisins dans l’est de l’Ontario offrent un service à la demande, mais chaque communauté est différente, indique Jordan Papazoglou. Tout au long de ce processus, nous allons examiner de nombreuses options, y compris un service à itinéraire fixe. »
Une fois la consultation publique terminée, l’équipe d’ingénierie et d’urbanisme poursuivra ses analyses au cours de l’automne afin de développer différents scénarios de services et d’en évaluer les coûts financiers.
« Notre intention est de présenter nos conclusions au conseil avant la fin de 2026 », confirme Jordan Papazoglou. La décision finale de déployer ou non un réseau reviendra ensuite aux élus municipaux.
Un complexe récréatif majeur prêt cet automne
L’enjeu de la mobilité devient d’autant plus stratégique que la municipalité s’apprête à inaugurer prochainement son nouveau complexe récréatif de 105 millions de dollars, comprenant une piscine intérieure, des surfaces de glace et une salle communautaire. L’accès à ce pôle central représentera un test concret pour le réseau de transport potentiel.
Le complexe récréatif de Russell comprendra trois patinoires avec une capacité totale de 752 places, une salle communautaire de 10 000 pieds carrés, une piscine de 25 mètres sur six couloirs et des vestiaires inclusifs. Photo : Inès Rebei/ONFR
« Au début, notre échéancier original prévoyait une ouverture à la fin octobre, et là, nous sommes peut-être une ou deux semaines plus tard que cela. Nous parlons donc du mois de novembre de cette année », se réjouit Mike Tarnowski.
« Je peux même rapporter que nous sommes sous notre budget. Tout va très bien, et nous planifions d’ouvrir cet automne avec un gros lancement », conclut-il.
En parallèle, l’ouverture du nouveau complexe récréatif amène la municipalité à réfléchir au sort des infrastructures existantes qui deviendront caduques à Embrun et à Russell, incluant deux arénas, des centres communautaires et une piscine extérieure.
Une consultation citoyenne se poursuivra au cours des prochains mois afin d’en évaluer les coûts, les besoins futurs et la viabilité de nouvelles vocations d’ici l’été prochain.
Champion canadien U20 du 400 mètres il y a quelques semaines, Zachary Jeggo s’est ensuite consacré à sa préparation en vue des Championnats du monde U20, qui débutent ce 5 août à Eugene, en Oregon, jusqu’au 9 août. Entre une saison perturbée par une blessure, un travail mental approfondi et un encadrement partagé entre Ottawa et Vancouver, le Franco-Ontarien estime n’avoir encore montré qu’une partie de son potentiel.
La saison de Zachary Jeggo n’a pas suivi le parcours qu’il avait imaginé.
Au printemps, une blessure contractée alors qu’il se trouvait avec l’équipe canadienne aux Relais mondiaux au Botswana est venue ralentir sa progression et l’a privé d’une première expérience sur la piste avec la sélection senior.
Quelques semaines plus tard, le Franco-Ontarien avait toutefois retrouvé le sourire en remportant le titre canadien U20 du 400 mètres, une victoire qui lui permet désormais d’aborder les Championnats du monde juniors avec davantage de sérénité.
« La saison a été un peu difficile, surtout à l’extérieur avec les blessures. Mentalement aussi, ça n’a pas été facile. Cette victoire enlève beaucoup de pression et me permet de me concentrer pleinement sur les Championnats du monde U20 », explique-t-il.
Son entraîneuse à l’Université Simon Fraser, Brit Townsend, voit dans cette saison une preuve de la maturité de son athlète. « Ce qui m’impressionne le plus chez Zach, c’est sa maturité. Il est très posé dans les situations de compétition et il a toujours eu de grands objectifs. Il possède aussi la confiance nécessaire pour atteindre le plus haut niveau », souligne-t-elle.
Une préparation tournée vers les Mondiaux
Contrairement à d’autres athlètes qui multiplient les compétitions estivales, Jeggo adopte désormais une approche beaucoup plus mesurée. Chaque course est pensée comme une étape vers les Championnats du monde U20 de Eugene.
« Le plus important, c’est d’être en santé. Il y aura toujours des occasions de courir, mais je veux être à 100 % pour les Championnats du monde », affirme-t-il.
Lors des Championnats canadiens U20, il s’était d’ailleurs fixé un objectif bien différent de la victoire. « Je voulais simplement courir, prendre du plaisir et ne pas penser aux temps. Gagner, c’était un bonus. »
Champion canadien U20 du 400 mètres, Zachary Jeggo célèbre une victoire qui récompense plusieurs mois de travail et de persévérance. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images
Cette philosophie rejoint celle de son encadrement, qui privilégie une progression durable plutôt qu’une recherche immédiate de performances. « Il faut continuer à construire progressivement. Nous ne voulons pas faire de grands bonds qui pourraient entraîner de nouvelles blessures. L’objectif est de progresser régulièrement tout en restant en bonne santé », explique Brit Townsend.
Trois entraîneurs, un seul projet
Derrière les progrès de Zachary Jeggo se cache une organisation bien rodée. Pendant l’année universitaire, il s’entraîne à l’Université Simon Fraser, où Tom Dickson est son entraîneur principal au quotidien. De son côté, Brit Townsend, entraîneuse-chef du programme d’athlétisme, supervise notamment sa planification des compétitions, assure le lien avec Athlétisme Canada et veille à ce qu’il bénéficie de l’encadrement médical et scientifique nécessaire à son développement.
L’été, lorsqu’il rentre à Ottawa, il retrouve son entraîneur de longue date, Richard Johnston, qui poursuit le travail entrepris à Vancouver. « Tom a été son entraîneur principal cette année. Je m’assure que son calendrier de compétitions soit adapté, je communique avec les membres de l’équipe nationale et je veille à ce qu’il reçoive tout le soutien dont il a besoin. Quand il retourne à Ottawa, Richard poursuit le travail. Nous avançons tous vers les mêmes objectifs », résume Mme Townsend.
Une préparation plus complète
Cette saison a également marqué un tournant dans la façon dont Zachary Jeggo prépare ses compétitions. Après plusieurs mois perturbés par les blessures, le Franco-Ontarien a commencé à travailler avec une psychologue sportive afin de mieux gérer la pression des grands rendez-vous.
« Elle m’a expliqué que le stress voulait simplement dire que j’étais prêt à courir. Je devais rester concentré sur mon couloir et faire confiance au travail réalisé », raconte-t-il.
Ce travail mental s’accompagne également d’un développement physique plus poussé. À Simon Fraser, son programme comprend davantage de séances ciblées en salle de musculation, ainsi qu’un suivi étroit en préparation physique et en médecine sportive afin de lui permettre d’enchaîner les entraînements sans rechute.
« Nous voulons continuer à construire ce qu’il a déjà. La clé, c’est qu’il puisse s’entraîner de façon constante sur une longue période », explique Brit Townsend.
Pour son entraîneuse, cette régularité est essentielle. Plus que la recherche de gains rapides, c’est l’accumulation d’entraînements de qualité qui lui permettra de franchir un nouveau cap dans les prochaines années.
Les Mondiaux comme tremplin
Si Jeggo est convaincu qu’il peut bientôt courir sous les 46 secondes et s’approcher des 45, son entourage préfère regarder plus loin que le simple chronomètre.
« Je pense qu’il est tout à fait capable d’atteindre ces objectifs. Il faut simplement continuer à faire ce que nous faisons, le garder en bonne santé et poursuivre sa progression étape par étape », estime son entraîneuse.
À 19 ans, Zachary Jeggo n’envisage pas les Championnats du monde U20 comme une finalité, mais comme une nouvelle étape dans son développement. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images.
Pour l’entraîneure de Simon Fraser, les Championnats du monde U20 représentent avant tout une occasion d’acquérir une expérience précieuse dans un environnement de haut niveau.
« Ce sera une expérience fantastique. Les athlètes vont découvrir ce que représente un véritable championnat international : vivre au village, suivre les protocoles, gérer les salles d’appel… Toutes ces expériences les aideront énormément pour la suite de leur carrière. »
Pour Jeggo, cette compétition constitue donc bien plus qu’un rendez-vous estival : elle représente une nouvelle étape dans son apprentissage du haut niveau.
Une carrière qui se construit
À seulement 19 ans, le Franco-Ontarien sait que le chemin est encore long. Son objectif est de poursuivre sa progression avec Simon Fraser, de continuer à s’imposer parmi les meilleurs athlètes universitaires nord-américains et, à terme, d’intégrer durablement l’équipe nationale canadienne.
Brit Townsend en est convaincue, son potentiel lui ouvre les portes de ce niveau. « Je pense qu’il est capable de devenir un membre de l’équipe nationale. Il existe un parcours de performance avec Athlétisme Canada et il est au début de ce chemin. Son meilleur moment viendra peut-être davantage vers 2032, mais il pourrait aussi avoir des opportunités avant cela, notamment avec les relais », explique-t-elle.
Pour l’instant, Zachary Jeggo préfère toutefois garder les yeux rivés sur l’objectif le plus proche. Après une saison où il a appris à composer avec les blessures, à renforcer son approche mentale et à bâtir sa progression avec patience, les Championnats du monde U20 constituent une nouvelle occasion de mesurer le chemin parcouru.
Quelques mois après le Collège militaire royal de Kingston, c’est au tour de plus d’une centaine d’autres unités de la Défense nationale de devoir désormais prioriser l’anglais comme langue de travail, au détriment du français.
La Défense nationale a indiqué, dans une infolettre publiée à la fin juillet, qu’elle supprimait la désignation linguistique bilingue de près de 180 unités. Celles-ci deviendront en majorité unilingues anglaises, selon des informations d’abord rapportées par Le Devoir. Ce changement s’applique autant aux Forces armées canadiennes (FAC) qu’aux bureaux du ministère.
« Cette approche (bilingue) présentait certains défis. Plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entraînait des plaintes fondées et de la frustration », justifie la Défense nationale dans son infolettre.
La Défense nationale explique qu’en vertu d’une nouvelle directive, la langue de travail est désormais déterminée principalement en fonction de la région où se trouve l’organisation ou l’unité, mettant ainsi fin au statut bilingue de bureaux situés dans des zones unilingues.
« En d’autres mots, on ne parle plus d’organisation ou d’unité anglaise, française ou bilingue. On parle désormais de la région linguistique dans laquelle l’organisation ou l’unité exerce ses activités », précise le ministère fédéral.
Cette directive, introduite en 2025, concerne principalement des bureaux et des unités situés dans l’Ouest canadien, dans les Maritimes et dans certaines régions de l’Ontario. Elle pourrait toutefois aussi toucher des unités au Québec, qui passeront de bilingues à unilingues francophones.
Selon la désignation linguistique du gouvernement fédéral, l’ensemble du Nouveau-Brunswick ainsi que certaines régions précises du Québec et de l’Ontario possèdent un statut bilingue. En revanche, l’anglais est établi comme langue officielle de travail dans le reste du pays (à l’exception du Québec), les activités devant s’y dérouler « principalement dans la langue officielle prédominante de la province ou du territoire où elles sont établies ».
En Ontario, outre Ottawa, les unités implantées dans l’Est de la province et dans certaines villes du Nord, comme Sudbury ou le district de Cochrane, se trouvent dans des régions bilingues.
Avant ce changement, selon des données tirées de rapports de la Défense nationale, le nombre de bureaux et d’organisations considérés comme bilingues au sein des Forces armées s’élevait à 436.
Cette modification s’apparente au cas du Collège militaire royal de Kingston, dont le statut est passé de bilingue à unilingue anglophone en mai dernier. En vertu de cette directive, l’administration interne, les réunions du personnel et les services centraux y sont menés principalement en anglais, tandis que les services au public et l’instruction demeurent disponibles dans les deux langues. La commissaire aux langues officielles avait confirmé l’ouverture d’une enquête concernant l’institution militaire.
Un ministère problématique?
Au cours des dernières années, le nombre de plaintes déposées contre la Défense nationale auprès du Commissariat aux langues officielles (CLO) a fluctué, selon des données transmises par l’organisme en février dernier. L’institution s’est classée au 2ᵉ rang de l’appareil fédéral en 2018-2019 avec 82 plaintes, puis au 4ᵉ rang en 2019-2020 avec 77 plaintes, avant de devenir l’organisation la plus visée en 2020-2021 en enregistrant 140 plaintes.
Toutefois, entre 2021 et 2024, le volume de plaintes a connu une baisse importante, oscillant entre 26 et 49 par an. Par conséquent, la Défense nationale ne figurait plus parmi les cinq organisations fédérales faisant l’objet du plus grand nombre de signalements.
TORONTO – Depuis son entrée en vigueur en mars dernier, la loi C-12 s’attelle à accélérer le traitement des demandes d’asile au Canada en écartant automatiquement celles présentées plus d’un an après l’entrée initiale au pays. Si Ottawa entend moderniser le système, des experts et des organismes jugent ce durcissement comme un recul historique des droits des réfugiés, parmi lesquels des demandeurs francophones comme Ash Cinder, pour qui les portes de l’asile sont en train de se refermer.
Destinée à freiner les recours abusifs, l’entrée en vigueur de la loi C-12 a contraint 300 000 demandeurs d’asile à justifier d’urgence leur dépôt tardif. À ce jour, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) estime qu’environ 40 % des demandes d’asile soumises entre juin et octobre 2025 sont concernées, autrement dit 19 000 demandes sur 50 000.
Étudiant en entrepreneuriat social, Ash Cinder, qui témoigne sous un autre nom pour préserver son anonymat, est arrivé à Montréal en 2023. Après que son orientation sexuelle a été révélée à sa famille restée en Algérie, il a été contraint de se réorienter au Collège Boréal de Toronto. En effet, cette dernière lui a coupé immédiatement tout soutien financier, y compris le paiement de ses frais de scolarité.
« Je me considère à 100 % Franco-Ontarien car c’est ici que je suis devenu qui je suis vraiment », affirme Ash Cinder.
Après avoir reçu des menaces de membres de sa communauté d’origine établis ici, il s’est décidé à soumettre une demande d’asile. Il explique que ce changement de circonstances, imprévisible au moment de son arrivée, l’oblige désormais à demeurer au Canada pour assurer sa sécurité : « Si je retourne en Algérie, je risque jusqu’à deux ans de prison. Puis, pour ma famille, être gay, c’est pire que tout », confie celui-ci, pour qui demander l’asile représente sa survie.
Pour Ash, participer à son tout premier défilé de la Pride, cette année à Toronto, représente une célébration de qui il est. Photo : Gracieuseté
« S’il s’avère que votre demande d’asile est irrecevable pour être transmise à la Section de la protection des réfugiés, vous ferez l’objet d’une mesure de renvoi du Canada », peut-on lire dans la lettre d’IRCC qu’il a reçue en raison du retard de son dossier.
Selon Jean-Nicolas Yacoub, avocat au Centre francophone du Grand Toronto (CFGT), « on assiste à une perte de confiance dans le système d’immigration, notamment depuis la montée exponentielle du nombre de demandes depuis la pandémie. Ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’ils cherchent avant tout à réduire le nombre d’immigrants au Canada », lance l’avocat.
Cette mesure précarisait les personnes LGBTQ+ et les victimes de violence conjugale en quête de sécurité, estime Joshua Eisen, intervenant auprès des demandeurs d’asile au FCJ Refugee Centre de Toronto, et « leur enlève un droit fondamental protégé à l’échelle internationale ».
Un processus d’asile strict presque sans recours?
Pour M. Yacoub, cette nouvelle réglementation de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) s’inspire du modèle américain qui impose déjà un délai strict d’un an pour déposer sa demande.
« Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la loi aux États-Unis est différente de la nôtre et comporte des exceptions. Pour nous, ce n’est pas encore le cas, mais on croit que ça va changer avec le temps », note le juriste.
Jean-Nicolas Yacoub accompagne depuis des années de nombreux demandeurs d’asile au Centre francophone du Grand Toronto (CFGT). Photo : Gracieuseté
Actuellement, les mineurs ainsi que les personnes soumises à un examen des risques avant renvoi (ERAR) peuvent être exemptés. Toutefois, M. Yacoub précise que « le processus d’ERAR va être tout aussi long que de faire une demande d’asile », sachant qu’un tel dossier nécessite généralement deux ans de traitement.
Par ailleurs, d’après Aaden Pearson, avocate sous l’égide de l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), à l’heure actuelle le taux de réussite à cet examen n’atteint que 2 %.
Pour les ressortissants de pays sous moratoire, une suspension temporaire des renvois, tels que Haïti ou la République démocratique du Congo (RDC), la procédure s’avère encore plus complexe en raison de leur impossibilité d’effectuer une demande d’ERAR, les faisant basculer dans un vide juridique sans fin.
Le Canada ne respecte pas ses obligations internationales, selon les organismes
Plusieurs organisations réclament l’abrogation de la loi C-12 ainsi que le retrait du projet de loi C-2, son texte d’origine scindé et remanié déposé l’an dernier. Elles dénoncent une réforme portant atteinte aux droits des réfugiés et des migrants, par ailleurs critiquée par le Comité des droits de l’homme des Nations unies, car limitant la possibilité de demander l’asile.
Les droits régressent principalement parce que les audiences d’asile sont désormais supprimées, remplacées par l’examen des risques avant renvoi. En raison de cette modification, ces personnes ne bénéficieront plus d’une audience devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, ce qui constitue l’une des dispositions soulevant les enjeux en matière de droits fondamentaux.
Comme le souligne Aaden Pearson, l’évaluation du risque avant renvoi est une démarche strictement administrative et écrite, dépourvue de toute audience orale face à un juge : « Ils ont recours à des annulations massives de dossiers au lieu de se limiter aux cas non conformes ou frauduleux. Et cela, à mon sens, est profondément inconstitutionnel », déplore-t-elle.
En effet, ce nouveau cadre légal donne à IRCC le pouvoir de révoquer ou de geler des documents d’immigration, et même d’interrompre l’enregistrement ou le traitement des demandes d’asile.
« Les demandeurs d’asile qui sont des mineurs non accompagnés sont exemptés des modifications réglementaires, en raison de l’absence d’un tuteur légal. Ce processus (ERAR) bien établi évalue la situation de chaque personne et veille à ce que le Canada ne renvoie pas d’individus vers un pays où ils feraient face à des risques graves. Les tribunaux ont constamment jugé ce processus équitable et juridiquement fondé », explique le ministère de l’Immigration dans une réponse envoyée à ONFR.
Aaden Pearson intervient sous l’égide de l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) à Toronto. Photo : Gracieuseté
« Il faudra débattre devant les tribunaux de la constitutionnalité de cette loi au regard de la Charte canadienne des droits », avance tout de même Mme Pearson, qui estime que le processus reste imparfait et ne résoudra pas les défaillances que le gouvernement cherche à corriger. Le gouvernement affirme de son côté qu’il est nécessaire de réduire le cumul des dossiers, d’accélérer leur traitement ainsi que de renforcer l’intégrité du système.
« Il sera très difficile pour le gouvernement de prouver que cette loi est constitutionnelle », soutient Mme Pearson. Selon elle, la loi a une portée excessive puisqu’elle commence à toucher des personnes de bonne foi.
Pour le moment, Ash Cinder attend une réponse de sa demande d’asile. « Je ne suis pas juste sorti du placard, je l’ai brûlé », lance-t-il. Il aspire aujourd’hui à terminer ses études et à fonder une famille, ici au Canada.
« Notre système d’immigration et de protection des réfugiés est l’un des meilleurs au monde. Les juges y sont formés sur les traumatismes, la santé mentale et les réalités LGBTQ+. Je pense donc que les demandeurs doivent continuer d’être entendus devant la Commission », conclut Aaden Pearson.
TORONTO – Ce dimanche, le Festival Kompa Zouk (FKZO) s’est emparé du Centre Harbourfront de Toronto, où l’ensemble des Antilles a été célébré à travers la danse, la gastronomie et une variété d’activités soulignant les cultures francophones des Caraïbes. Cette année, une place toute particulière a été accordée aux artistes féminines.
« Il est très rare de voir des femmes s’imposer en tant que leaders dans la musique antillaise », souligne Marie-Jennyne Mayard, organisatrice de cet événement depuis 18 ans. C’est pourquoi la programmation de cette année mettait à l’honneur des artistes prestigieuses, comme la violoniste réunionnaise Mapy ou les musiciennes présentes dans le groupe de kompa haïtien Rezo.
Sur scène, l’atmosphère autour de Mapy était électrisante. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Le chanteur Olivier Duret a offert une prestation énergique, invitant le public à chanter et à danser. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Le festival a rassemblé un vaste public, mêlant les fidèles du FKZO, les passionnés de kompa et les simples curieux. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Les femmes de la scène culinaire ont, elles aussi, fait rayonner les traditions des Antilles. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Avec son répertoire enflammé, le DJ Teddymix a fait basculer la soirée dans une ambiance encore plus festive. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Le groupe Rara Papou a couronné le tout par un défilé à travers le site d’Harbourfront, faisant résonner le rara, un genre musical traditionnel né de la rencontre entre les personnes réduites en esclavage et les populations autochtones, exécuté par des percussionnistes.
« Le message que l’on veut transmettre, c’est qu’il ne faut pas avoir peur d’afficher sa culture », déclare l’organisatrice en entrevue avec ONFR. « Beaucoup d’immigrants ici proviennent des Antilles, d’Afrique ou d’autres nations, et il ne faut pas avoir peur de transmettre ses racines ni d’apprendre aux enfants d’où ils viennent », ajoute-t-elle.
Au cœur de l’édition 2026
Mme Mayard explique que le FKZO a été créé parce que très peu de francophones participaient au Festival Caribana, un événement qui se déroule généralement durant la même fin de semaine. « Les francophones y sont fondus dans la masse anglophone, parce que c’est un événement à caractère très anglophone. C’est pour cela qu’on s’est dit : Nous n’avons aucune représentation. J’ai donc décidé de créer le FKZO », raconte-t-elle.
Les festivaliers se sont laissé porter par les rythmes du kompa tout au long de la soirée. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Le public francophone s’est laissé emporter par les rythmes du kompa lors de cette célébration. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Des chandails à l’effigie de l’édition 2026 ont été distribués. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
L’organisation mise sur une solide stratégie d’inclusion afin de représenter toutes les cultures et la diversité : « Il y a des francophones, des anglophones, des personnes latino-américaines, des personnes blanches (…) tout le monde est là », décrit Mme Mayard. « Nous avons également une bonne base de personnes non voyantes qui participent à notre festival », ajoute-t-elle.
Une édition marquée par les enjeux de la francophonie
Même si une dizaine de kiosques de nourriture aux saveurs des Antilles étaient prévus, un seul a finalement pu assurer le service. Mme Mayard explique qu’une barrière linguistique entre les restaurateurs et les inspecteurs du bureau de la Santé publique de la Ville de Toronto — qui ne comptait aucun inspecteur francophone — a perturbé le processus, ce qui a entraîné l’annulation de la plupart des kiosques prévus.
« On a demandé un inspecteur bilingue, mais il n’y en avait pas. Celui-ci a carrément refusé nos vendeurs à la dernière minute. Beaucoup ont pleuré », avance-t-elle.
Selon l’organisatrice, la logistique et les vérifications des normes sanitaires n’ont donc pas pu aller de l’avant en raison d’un enjeu linguistique, alors que les vendeurs respectaient les exigences requises.
Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
« Il n’y a aucun inspecteur qui parle français au Bureau de santé publique de Toronto, vous imaginez? », déplore-t-elle.
« Ça fait 18 ans que nous organisons ce festival, et je ne comprends pas comment cela a pu arriver cette année. Nous avons réussi à sauver un seul kiosque, et ce, après de longues négociations. Dès la fin du festival, je vais m’y consacrer à 100 % et je vais même écrire à la mairesse de Toronto », conclut-elle.
TORONTO – Pendant près de six décennies, le Théâtre français de Toronto (TfT) a présenté ses spectacles sans jamais avoir de véritable chez-soi. Ce vendredi matin, cette longue attente a franchi une étape historique avec la première pelletée de terre de sa future salle permanente sur l’avenue Danforth, un projet qui prendra place au cœur d’un vaste complexe résidentiel de plus de 400 logements.
Pour les dirigeants du TfT, cette journée marque bien plus que le début d’un chantier.
« L’émotion est très forte parce que c’est un peu irréel que finalement ce rêve, depuis 59 ans, va vraiment prendre vie et va se réaliser, confie le codirecteur général Ghislain Caron à ONFR. C’est difficile d’imaginer que je suis sur le terrain où ça va être construit. »
Présent au Théâtre français de Toronto depuis 36 ans, il voit enfin aboutir un projet porté par plusieurs générations.
Karine Ricard, directrice artistique et codirectrice générale, et Ghislain Caron, codirecteur général du Théâtre français de Toronto, ont rappelé qu’après 59 ans sans domicile permanent, la première pelletée de terre marque le début d’un nouveau chapitre pour l’institution francophone. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Le lancement des travaux représente l’aboutissement d’un rêve porté depuis la création de l’institution en 1967. Dans son allocution, le duo de direction formé par Karine Ricard et Ghislain Caron a tenu à rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont gardé ce projet vivant au fil des décennies.
« Plusieurs générations de directions artistiques et administratives, de membres du personnel, d’administrateurs, de donateurs et de bénévoles se sont attelées à garder ce rêve vivant », ont-ils rappelé dans un communiqué.
Après 59 ans sans domicile permanent, le TfT disposera enfin d’un lieu conçu spécifiquement pour ses besoins, décrit comme un nouvel « ancrage pour les arts et la culture francophone » au cœur de Toronto.
Un projet rendu possible par un partenariat inédit
Si plusieurs projets de salle permanente n’ont jamais vu le jour par le passé, celui-ci a pu se concrétiser grâce à un modèle de développement différent.
Le futur théâtre sera intégré à un important complexe immobilier construit au 1111-1117 Danforth Avenue. Le projet comprendra plus de 400 logements locatifs, dont une partie sera abordable, ainsi que des logements destinés à des personnes en situation de vulnérabilité, en plus d’espaces commerciaux et de la nouvelle salle du Théâtre français de Toronto.
Aperçu du futur complexe immobilier qui accueillera la première salle permanente du Théâtre français de Toronto sur l’avenue Danforth. Le bâtiment comprendra plus de 400 logements ainsi qu’un espace culturel dédié au TfT. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Selon Ghislain Caron, le partenariat avec le promoteur Woodbourne a été déterminant. « Ce qui a permis à ce projet de voir le jour, c’est que les promoteurs immobiliers, Woodbourne, ont fait payer le Théâtre français au prix coûtant. Ça diminue beaucoup le prix. C’est faisable dans ces conditions-là », explique-t-il, soulignant également l’appui des différents bailleurs de fonds.
Le président de Woodbourne, Nick Macrae, a lui aussi insisté sur l’importance de cette collaboration entre le secteur privé et les organismes communautaires afin de construire davantage de logements tout en créant un véritable milieu de vie pour le quartier.
Une vision qui réunit logement et culture
Au-delà du théâtre, les différents intervenants ont présenté le projet comme un exemple de développement urbain où les enjeux du logement et de la culture avancent ensemble.
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a rappelé que le complexe accueillera des logements pour des familles, des aînés et des personnes reconstruisant leur vie, tout en offrant un nouveau foyer au seul théâtre francophone de la métropole.
« Pour la communauté francophone, ce sera un centre de langue et de culture au cœur de Toronto », a-t-elle déclaré, estimant que l’ensemble contribuera à créer une communauté complète où logements, commerces, transport collectif et culture cohabiteront.
La conseillère municipale de Toronto-Danforth, Paula Fletcher, qui soutient le projet depuis ses débuts, a pour sa part salué l’ensemble des partenaires ayant permis sa réalisation. Elle voit dans cette initiative l’un des projets de développement urbain les plus marquants que connaîtra l’avenue Danforth depuis de nombreuses années.
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a salué un projet qui réunit logement abordable et culture francophone. Après avoir glissé quelques mots en français durant son discours, elle a promis d’être présente lors de la première représentation dans la future salle permanente du Théâtre français de Toronto. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Même son de cloche du côté de l’organisme Neighbours, partenaire du volet résidentiel, qui a remercié la Ville de Toronto pour les programmes de soutien au logement abordable ayant permis de faire avancer le dossier.
Le chantier est lancé, le financement se poursuit
Cette première pelletée de terre ne signifie toutefois pas la fin du travail. Les responsables du Théâtre français de Toronto prévoient maintenant une importante campagne de financement privé, tandis que les travaux devraient s’échelonner sur environ trois ans, avec un objectif d’ouverture pour la saison 2029-2030.
Interrogés sur l’état du montage financier lors de la période de questions, Karine Ricard et Ghislain Caron se sont néanmoins montrés confiants.
« Nous avons l’absolue certitude » que le projet ira de l’avant, a assuré la direction du Théâtre, précisant que les démarches auprès des différents paliers de gouvernement se poursuivent.
Depuis plusieurs mois, ONFR suit les différentes étapes de ce dossier, du financement fédéral partiel jusqu’à la garantie de prêt accordée par la Ville de Toronto. Avec le début officiel des travaux, le Théâtre français de Toronto tourne désormais une nouvelle page de son histoire : celle où son rêve d’une salle permanente cesse d’être un projet sur papier pour devenir un chantier bien réel.
TIMMINS — Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi l’approbation du projet nickélifère Crawford, situé dans le Nord de l’Ontario, à 42 kilomètres de Timmins. Avec une durée de vie de 41 ans, ce projet d’exploitation d’une mine de nickel-cobalt à ciel ouvert pourrait extraire 240 000 tonnes de minerai par jour, créer plus de 4000 nouveaux emplois, et attirer 5 milliards de dollars d’investissements.
Cette approbation est basée sur une décision menée par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) et survient un an après sa désignation comme projet d’intérêt national par le premier ministre Mark Carney. Pour Tim Hodgson, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Canada, ce projet « illustre le leadership mondial du Canada dans le domaine des minéraux critiques ».
Depuis 2022, le projet était analysé de près par l’AEIC en vertu de la Loi sur l’évaluation d’impact. L’AEIC avait mené une première étude d’impact à l’automne 2024 avant de procéder à une évaluation complète entre mai et juin 2026 — un processus « conçu pour appuyer des projets bien planifiés qui sont bénéfiques pour les collectivités et les communautés », précise Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature.
La décision a été rendue après examen des effets environnementaux, économiques et sociaux, ainsi que des impacts sur les peuples autochtones, souligne également la ministre Dabrusin.
Près de l’intersection des routes 655 et 11, l’entreprise torontoise Canada Nickel Company développe un gisement axé sur une extraction responsable, selon elle. Si le nickel constitue la ressource principale du site, celui-ci recèle également du fer, du chrome, du cobalt, du palladium et du platine. Une fois en production, le nickel extrait alimentera les marchés des véhicules électriques et de l’acier inoxydable.
Des retombées économiques pour Timmins
Le gouvernement fédéral estime que cette extraction minière pourrait attirer 5 milliards de dollars en investissements. Mark Selby, le PDG de la compagnie, se réjouit de cette nouvelle et espère que la phase suivante commencera sous peu. « Nous avons hâte de continuer à faire avancer le projet Crawford en vue d’une décision de construction en 2027 », a-t-il indiqué par communiqué.
Pour Benjie Potvin, vice-président de la Chambre de commerce de Timmins, dont la Canadian Nickel Company fait partie, cette approbation est une grande avancée pour le Nord de la province. « Le Canada a ce dont le monde a besoin, le Nord a ce dont le Canada a besoin ». Ce dernier explique que ce projet apportera une grande avancée économique pour la ville.
« On est la plus grande ville dans le Nord rural où ce développement avec la Canadian Nickel Company va se dérouler. On est prêts à contribuer à ce grand projet-là. Tous les édifices, les compagnies, vont en bénéficier », ajoute-t-il.
La mairesse de Timmins, Michelle Boileau, voit une forte promesse de développement économique. Durant les trois années de construction, le projet créera environ 2000 emplois à temps plein. Une fois la mine opérationnelle, près de 1000 postes permanents viendront consolider l’activité du site.
Un croquis des plans de la mine nickélifère de Crawford. Crédit image : Canada Nickel Company.
« Les travailleurs vont soit résider à Timmins, soit dans les villes environnantes. Il va certainement y avoir des retombées économiques au niveau de la communauté. Cette annonce assure des décennies de continuité de travail dans la région. C’est certainement positif pour notre communauté d’affaires », dit la mairesse en entrevue.
Toutefois, la municipalité se prépare à gérer les changements liés à ce projet de grande envergure. « On anticipe une croissance au niveau de la population, ce qui signifie qu’il va nous falloir plus de services sociaux pour pouvoir servir ces travailleurs et leurs familles », avance Michelle Boileau.
Elle affirme que, depuis quelques années, la Ville de Timmins ainsi que les municipalités voisines planifient leur réponse face à cette croissance imminente.
« On soumet les propositions et les demandes de financement. On voit des réponses positives, donc on se sent sûrs de pouvoir mettre en place le système d’appui qui sera nécessaire pour soutenir le projet Crawford de Canada Nickel », ajoute-t-elle.
OTTAWA — La Ville d’Ottawa annule tous les spectacles, événements et locations prévus au théâtre Meridian du secteur Nepean jusqu’à la fin de l’année, en raison des importants dommages causés par les pluies torrentielles du 1er juillet.
« Il ne fait aucun doute que cette fermeture temporaire est décevante pour les spectateurs, le personnel, les artistes et les partenaires ». C’est en ces termes que le directeur général des Loisirs, de la Culture et des Installations, Dan Chenier, a qualifié la fermeture du théâtre Meridian, « un complexe culturel important qui contribue au secteur des arts de la Ville d’Ottawa ».
Dans une note de service transmise récemment au conseil municipal, Dan Chenier indique que des infiltrations d’eau ont causé des dommages considérables au complexe culturel situé à la Place Ben-Franklin.
La scène principale, la fosse d’orchestre, les sièges des premiers rangs, le studio inférieur, le hall d’entrée, les planchers ainsi qu’un piano à queue figurent parmi les éléments endommagés.
Le complexe, appelé Théâtres Meridian à Centrepointe, comprend une salle de spectacle de 954 places avec avant-scène ainsi qu’un studio-théâtre de 199 places.
« Compte tenu de la nature particulière des espaces et des équipements, l’évaluation des dommages en cours exige beaucoup de temps », explique la note de service.
Aucun échéancier n’a encore été établi pour l’élaboration et la réalisation d’un plan de restauration. Toutefois, la Ville affirme travailler à rétablir les activités de ce complexe culturel « le plus rapidement possible ».
Plusieurs productions annulées
Le personnel municipal communique actuellement avec les clients afin d’annuler l’ensemble des activités programmées jusqu’à la fin de l’année. La Ville leur offrira des remboursements ainsi qu’un soutien pour trouver d’autres salles, notamment au Centre des arts Shenkman, dans l’est d’Ottawa. Tous les détenteurs de billets seront également remboursés.
Le sort des spectacles prévus après la fin de l’année sera réévalué à l’automne, en fonction de l’avancement du plan de restauration.
Rappelons que plus de 100 millimètres de pluie sont tombés dans l’ouest d’Ottawa lors du passage d’une série d’orages. Ces intempéries avaient provoqué l’inondation de plusieurs routes et de plus de 6000 sous-sols dans la capitale fédérale.
La succursale Nepean-Centrepointe de la Bibliothèque publique d’Ottawa, elle aussi touchée par les pluies du 1er juillet, a rouvert ses deux premiers étages jeudi. Son niveau inférieur demeurera toutefois fermé jusqu’en novembre pour permettre la réalisation des travaux de restauration.
OPASATIKA – Du 31 juillet au 2 août prochains, le canton d’Opasatika, situé dans le district de Cochrane, célébrera ses 50 ans d’existence. Au programme : des feux d’artifice, un marché artisanal, des performances d’artistes francophones et plus encore. La municipalité s’est d’ailleurs donné l’objectif d’attirer des touristes d’autres villes, voire d’autres provinces, afin de promouvoir son historique ancré dans la francophonie.
Opasatika, une municipalité qui regroupe près de 200 habitants, s’apprête à franchir un grand pas dans son histoire. En effet le canton célébrera son demi-siècle, et ce, du vendredi 31 juillet au dimanche 2 août. « C’est une chance de se rencontrer et de revoir les anciens qui vont venir nous visiter. On projette d’accueillir le double de la population d’Opasatika durant la fin de semaine », confie le maire Jacques Dorval. D’après lui, les célébrations devraient rassembler entre 400 et 500 personnes.
« La dernière fois qu’on a fait une activité comme ça, c’était pour le 25e de la municipalité et le 75e de la paroisse. Donc, ça fait 25 ans qu’il n’y a pas eu un tel évènement ici à Opasatika », affirme Mélanie Breton, la greffière-trésorière de la municipalité.
Les célébrations ont avant tout pour but d’honorer les racines de la municipalité au passé façonné par la migration francophone du Canada. « C’est très important parce qu’Opasatika, la paroisse et les petits cantons qui existaient auparavant ont été fondés par des familles qui ont migré du Québec pour venir bûcher les terres ici dans le Nord pour l’industrie forestière », poursuit-elle.
Le groupe kapuskois Parallèle 49 se produira sur scène le 1er août dans le cadre des festivités du 50e anniversaire d’Opasatika. Photo : gracieuseté d’Andy Deschamps
Au fil des années, le canton connait une forte hausse de sa population anglophone. Mais cinquante ans plus tard, la population francophone reste majoritaire. « Aujourd’hui, les données démographiques ont un peu changé. Je dirais que les résidents sont approximativement 60 % francophones et 40 % anglophones », détaille Mme Breton.
Pour Andy Deschamps, membre du groupe kapuskois Parallèle 49, qui prendra d’ailleurs la scène le samedi 1er août, ces festivités sont une affirmation d’identité : « Le message est toujours un peu le même : faire rayonner notre culture, mais aussi nos influences. On est francophones de souche ».
Le 100e de la paroisse
Le cinquantième d’Opasatika ne sera pas le seul jalon à être célébré. Les participants auront aussi l’occasion de fêter les 100 ans de la paroisse Saint-Antoine de Padoue, un véritable lieu de recueil pour les fidèles de la région. « Ça a toujours été une paroisse francophone », explique Hélène Jean, conseillère municipale du canton et bénévole de l’église.
Bâtie en 1926, la paroisse est incendiée en 1938, puis de nouveau en 1964. Reconstruite deux ans plus tard, elle continue de recueillir des fidèles, proposant une messe majoritairement en français que l’église compte mettre en avant pour son centième anniversaire. « Nous ferons un brunch et une messe du centenaire dirigée par Monseigneur Pierre Olivier Tremblay », précise Mme Jean.
La paroisse Saint-Antoine de Padoue fête ses 100 ans. Photo : gracieuseté de l’Église Saint-Antoine de Padoue
Plusieurs membres du clergé impliqués dans l’évolution de la communauté paroissiale seront présents. Face à une forte arrivée de résidents anglophones, la paroisse cherche à préserver la langue, quitte à offrir des messes strictement en français.
« J’y tiens beaucoup », confie Mme Jean, qui fréquente la paroisse depuis son enfance.
Une fin de semaine à visée touristique
Au-delà des célébrations, la municipalité souhaite attirer des visiteurs de l’extérieur. Avec une population vieillissante, Opasatika veut s’imposer comme une municipalité accueillante, surtout pour les jeunes familles. « C’est certain que notre objectif primaire pour cet événement, c’est vraiment le tourisme : d’aller attirer les gens. Qu’ils voient ce que le canton a à offrir », explique la greffière-trésorière.
Pour s’assurer que les visiteurs puissent profiter de leur séjour, la municipalité a fait appel aux villes voisines. « Nous avons fait des partenariats avec des motels à Hearst et Kapuskasing. À travers nos groupes, il y a eu des prix réduits, des collaborations. On a reçu des donations d’organismes du corridor », indique-t-elle, faisant référence au réseau de municipalités francophones qui longent la route 11 dans le Nord de la province.
Cette entraide locale s’avère précieuse pour le canton, soucieux de bien accueillir ses visiteurs. Qu’il s’agisse des tentes louées à prix réduit auprès de Fauquier-Strickland ou encore du matériel fourni par le centre des loisirs de Kapuskasing, Opasatika a bénéficié d’une grande solidarité régionale, affirme le maire. « C’est plaisant de voir qu’ils savent qu’on est une petite municipalité, qu’on n’a pas les moyens ni les installations que les autres ont », ajoute-t-il.
D’après Mme Breton, l’objectif pourrait largement être atteint d’ici la fin des festivités. « On a pu voir par l’achat de billets en ligne qu’il y a des gens du Québec, et même du Nouveau-Brunswick et de l’Alberta qui se déplacent pour venir commémorer », se réjouit celle-ci.
TORONTO – Depuis un mois, le projet de réaménagement de la cour de l’École élémentaire catholique du Sacré-Cœur divise les parents et leConseil scolaire catholique (CSC) MonAvenir. Après avoir convenu officiellement de l’installation d’un gazon synthétique, le conseil a fait volte-face, optant pour du gazon naturel moins onéreux, sans consultation, déplorent des parents qui dénoncent un manque de transparence dans la gestion des fonds publics alloués.
Après l’annonce du réaménagement de la cour de l’École Sacré-Cœur, la réfection du terrain de soccer et l’installation de quatre nouveaux buts, le Conseil scolaire catholique MonAvenir (CSC) avait tout d’abord opté pour du gazon synthétique, considéré plus onéreux, mais plus économique à long terme.
Deux semaines plus tard, le conseil a fait demi-tour pour finalement choisir un gazon naturel, coûtant plusieurs centaines de milliers de dollars de moins à l’achat, mais impliquant une somme d’environ 50 000 $ par an pour l’entretien.
« Les parents sont frustrés et vraiment choqués », déplore Yelena Nichilo, présidente du Conseil d’école, en entrevue avec ONFR. Ce jeudi, ils sont plus d’une centaine à avoir signé une pétition, exigeant la reddition des comptes de la part du surintendant, Marc Arseneau.
Yelena Nichilo est mère de deux fils et présidente du Conseil d’école de l’École élémentaire catholique du Sacré-Cœur de Toronto. Photo : gracieuseté
Des changements apportés au budget d’un projet en développement depuis plusieurs mois, avant que les familles ne soient consultées, a rapidement soulevé un tollé.
Au préalable, un sondage d’une seule question à choix multiple avait été adressé aux familles afin de choisir parmi trois options pour le terrain : soit synthétique, naturel ou hybride. « Le sondage ne présentait aucune information équilibrée permettant de comparer les coûts, l’entretien à long terme, ni la durabilité », explique Mme Nichilo.
Une perte de confiance à la suite d’une mauvaise gestion des fonds publics?
C’est le manque de consultations qui a interpellé les parents, ces derniers remettant en question la transparence du conseil scolaire. À ce jour, les résultats du sondage envoyé aux familles n’auraient pas été rendus publics : « M. Arseneau m’a menti au téléphone en affirmant que les trois options étaient arrivées à égalité », affirme la présidente.
Dans un courriel à ONFR, MonAvenir se défend par voie de communiqué : « La pétition affirme que la décision du CSC MonAvenir entraînerait une perte de plus de 500 000 dollars pour l’école, ce qui est faux. Aucune somme n’a été perdue et aucune réduction budgétaire n’a été effectuée ».
MonAvenir assure également que la totalité du budget initialement prévu pour ces travaux est engagée dans ce projet. Toutefois, le conseil n’a pas fourni les détails du financement, demandés par ONFR.
Le terrain de soccer actuel nécessite une réfection. Photo : gracieuseté de Yelena Nichilo
À plusieurs reprises, les parents ont demandé à se concerter publiquement avec la direction du Conseil pour mieux comprendre le changement de dernière minute. Toutefois, aucune rencontre publique n’a encore eu lieu alors que les travaux de démolition sont amorcés.
Toujours selon Mme Nichilo, il n’y a eu aucune communication sur les tenants et aboutissants de la nouvelle direction du projet ni sur les pénalités contractuelles liées à ce changement de dernière minute, impactant une partie des fonds.
Par ailleurs, celle-ci raconte que lorsqu’elle a mentionné la somme manquante de 500 000 dollars dans la pétition, le surintendant lui aurait demandé de la retirer.
« Ils pensent que les parents ne sont pas des gens intelligents. Ils se trompent, car beaucoup d’entre nous sont des professionnels. Ça représente un manque de respect de nous refuser des explications, martèle Mme Nichilo. On leur confie des millions et des millions de dollars pour gérer nos projets ».
Une manifestation de parents organisée
Les parents continuent de réclamer la transparence dans la prise de décision en dénonçant un manque de gestion responsable des fonds publics, ainsi que l’absence d’une consultation publique légitime.
Une manifestation des familles aura lieu devant l’école au 98 rue Essex, ce vendredi 31 juillet en matinée, dès 9 h.
« Pour de nombreux enfants, l’école est la principale occasion de pratiquer une activité physique, explique Mme Nichilo. Les enfants adorent le soccer. En rentrant, ils racontent leurs parties de soccer au lieu de parler de ce qu’ils ont appris en mathématiques ou en français. Le soccer, c’est toute leur vie », ajoute-t-elle, considérant qu’une telle décision n’aurait pas dû être prise à la légère.
En effet, selon celle-ci, l’option du gazon synthétique leur permettrait une pratique du soccer à l’année, même en période hivernale, là où le gazon naturel est vulnérable aux intempéries et au climat.
La fin des travaux est prévue pour la rentrée de septembre.
Autoriser les témoins de navigation
En poursuivant votre navigation sur notre site Internet, vous acceptez l’utilisation de fichiers témoins (« cookies »). ONFR fait usage de ceux-ci afin d’améliorer votre expérience, conformément à nos conditions d’utilisation.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.