Lucie Robillard est communicatrice scientifique au planétarium de Science Nord, à Sudbury.
LE CONTEXTE :
Dans la nuit de jeudi à vendredi, tout l’Ontario pourra observer une éclipse totale de Lune.
L’ENJEU :
L’éclipse lunaire totale, contrairement à une éclipse lunaire partielle ou à une éclipse lunaire pénombrale, est un phénomène plutôt rare, mais qui est facilement visible même dans les grandes villes, si la météo le permet.
« Pouvez-vous expliquer ce qui va se produire cette nuit dans le ciel ontarien?
On va pouvoir voir une éclipse lunaire totale ce soir. Ça commence autour de 23 h 57. La lune va passer à travers l’ombre de la Terre. Donc, la Terre se trouve directement entre le soleil et la lune. Et quand la lune est complètement dans l’ombre de la Terre, on appelle ça une éclipse lunaire totale, ce n’est pas juste partiel.
Le temps fort de l’éclipse va se situer autour de trois heures du matin, mais en tout ça va durer autour de six heures pour se conclure justement aux alentours de six heures, le vendredi matin. Il faut être debout bien tard ce soir ou se lever de bonne heure demain matin pour la voir. C’est un phénomène vraiment intéressant parce que la lune va prendre une couleur rouge.
Qu’est-ce qui explique que la lune prenne cette couleur rougeâtre?
La raison derrière ça, c’est que la lumière du Soleil passe à travers l’atmosphère de la Terre et ça se réfracte. Donc, la lumière se divise dans les couleurs de l’arc-en-ciel, puis la couleur rouge se redirige dans l’ombre de la Terre. D’habitude, on ne peut pas voir le phénomène car il n’y a rien à cet endroit, mais là la lune va se placer là et donc devenir rouge au lieu de juste devenir sombre.
Donc, ça va être super beau à voir. En anglais on appelle ça blood moon et en français lune de sang ou lune cuivrée. Selon les croyances, ça peut avoir différentes significations. Par exemple, certains voient ça comme une occasion d’avoir plus de chance.
Les étapes de l’éclipse lunaire totale de cette nuit. Source : NASA
Pour ceux qui ne pourront pas veiller cette nuit, pouvez-vous nous dire si c’est un évènement rare à observer?
Les éclipses lunaires se produisent assez souvent, on en voit quelques fois par année. Cependant, ce n’est pas quelque chose qu’on va voir de chez nous parce que peut-être que ça va se passer pendant notre journée. C’est vraiment plus l’Europe ou l’Asie qui vont les voir. Au final, ça dépend vraiment d’où on se trouve dans le monde. En ce qui concerne l’éclipse lunaire totale, c’est un peu plus rare, c’est un phénomène qui se passe une fois par décennie environ.
Là, en plus, ça arrive le 14 mars donc le jour du Pi-day, 3.14, pour Pi. C’est comme un genre de blague mathématique. Que les deux coïncident, ça arrive seulement une fois par 300 ans. Et puisqu’en anglais, Pi, ça sonne comme, ‘pie’ donc une tarte, on célèbre communément cette journée en mangeant des tartes.
Quels sont les meilleurs endroits en Ontario pour observer cette éclipse?
Comme c’est un phénomène lié à la lune, c’est quelque chose qu’on peut voir à travers une grande région. Ça va être visible dans toute l’Amérique du Nord, et même l’Amérique du Sud.
D’habitude, ça aide si on se trouve loin des villes parce qu’il y a moins de pollution et de lumière, mais comme c’est relié à la lune, c’est visible partout, tant et aussi longtemps qu’il n’y a pas de couverture nuageuse. À Sudbury, on est chanceux, car selon les prévisions météorologiques, le ciel semble être dégagé cette nuit. Et si vous n’avez pas de visibilité chez vous, il est toujours possible de voir l’éclipse en ligne le lendemain.
Lucie Robillard anime des présentations sur les éclipses au planétarium de Science Nord à Sudbury. Gracieuseté de Lucie Robillard
Est-ce qu’on peut l’observer à l’œil nu, contrairement à une éclipse solaire?
Absolument. Une éclipse solaire, c’est quand la lune va devant le soleil et comme on regarde vers le soleil, ça peut faire mal aux yeux si on regarde trop longtemps. Mais quand on regarde la lune durant la nuit, il y a très peu de luminosité, ce qui fait qu’on peut l’observer tout simplement à l’œil nu. Si vous avez une paire de jumelles ou même un télescope, vous pourrez voir la lune d’un peu plus proche.
C’est comme ça que ça fonctionne. Quand on a une éclipse lunaire, on va avoir une éclipse solaire entre deux semaines avant ou deux semaines après. Et ça, c’est parce que la lune va autour de la Terre, mais elle est souvent juste suffisamment inclinée pour ne pas passer devant le Soleil ou dans l’ombre de la Terre. Dans notre cas, on ne va pas voir l’éclipse solaire cette fois-ci en Ontario. »
L’annonce, le 5 mars dernier, des premiers ministres du Canada concernant l’autorisation de la vente directe d’alcool aux consommateurs a été bien accueillie par les acteurs du secteur. Cependant, des incertitudes demeurent quant à sa mise en œuvre.
« C’est une bonne nouvelle. L’industrie du vin réclamait ce type de relation entre les provinces depuis longtemps », réagit Daniel Lafleur, directeur des ventes au vignoble Tawse à Vineland, en Ontario.
Face à l’augmentation des tarifs américains et à la fermeture progressive de ce marché, cette mesure est perçue comme une opportunité pour renforcer le commerce intérieur et favoriser l’achat local.
« Cette annonce marque une avancée importante pour ouvrir le marché canadien et inciter les Canadiens à consommer local », explique Daniel Lafleur, dont le vignoble produit environ 22 000 caisses de vin par an.
Daniel Lafleur, directeur des ventes au vignoble Tawse. Gracieuseté
Un marché sous le contrôle des monopoles provinciaux
Depuis plusieurs décennies, la vente d’alcool au Canada est fortement régulée par des monopoles provinciaux, tels que la SAQ au Québec et la LCBO en Ontario.
« Un Québécois a du mal à acheter un vin ontarien et vice-versa. Cette situation n’a aucun sens et revient presque à instaurer des barrières douanières entre provinces », critique Frédéric Laurin, professeur d’économie à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
Il pointe du doigt le contrôle exclusif exercé par ces monopoles, qui limitent les options disponibles : « Actuellement, si un producteur ontarien ou du Nouveau-Brunswick n’est pas distribué par la SAQ, il est presque impossible d’y accéder autrement qu’en passant par l’importation privée, ce qui est complexe pour un particulier. »
Du côté des producteurs de vin, cette réforme constitue une occasion d’augmenter leurs marges de profit et d’accéder plus facilement aux consommateurs.
« Actuellement, nous passons par des agences dans chaque province, ce qui réduit notre marge de profit. Si nous pouvons vendre directement, nos bénéfices par bouteille augmenteront », explique M. Lafleur.
L’enjeu ne concerne pas uniquement la rentabilité, mais aussi la mise en marché. « Cette réforme nous permettrait d’investir davantage dans la promotion et le marketing, pour cibler directement notre clientèle, sans dépendre des décisions des monopoles provinciaux. »
Les premiers ministres présentent également cette mesure comme un levier pour stimuler l’économie locale en créant de nouveaux marchés pour les producteurs.
« Aujourd’hui, notre site Internet ne permet pas aux consommateurs situés hors de l’Ontario de commander en ligne. Nous devrons modifier cela pour nous adapter aux nouvelles possibilités de vente », ajoute Daniel Lafleur.
Des obstacles et des résistances
Si l’intention des premiers ministres est claire, sa mise en application pourrait s’avérer plus complexe.
Selon Frédéric Laurin, les monopoles provinciaux pourraient chercher à ralentir ou à contourner cette réforme pour préserver leur modèle économique.
« Soit la vente directe passe par les monopoles, qui n’aiment pas être bousculés pour des raisons de rentabilité, soit elle ouvre une brèche dans le monopole, ce qui pourrait être contesté en justice. »
Au-delà des obstacles internes, des tensions juridiques pourraient émerger sur la scène internationale.
« Si l’on autorise les producteurs canadiens à vendre en dehors des monopoles, les producteurs étrangers (australiens, européens) pourraient exiger le même droit et porter plainte », prévient M. Laurin.
Frédéric Laurin, professeur d’économie à l’École de gestion de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Gracieuseté
L’Australie, par exemple, a déjà intenté une action en justice contre le Québec devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dénonçant une mesure favorisant les vins québécois dans les supermarchés sans passer par la SAQ.
Une réforme encore à concrétiser
Bien que la vente directe d’alcool représente un espoir pour les producteurs et les consommateurs, sa concrétisation reste incertaine.
Dans ce sens, Frédéric Laurin rappelle que des annonces similaires ont été faites par le passé, particulièrement en temps de crise, notamment pendant la pandémie, sans jamais être appliquées. « Il y a eu beaucoup d’annonces dans le domaine du vin et des alcools, mais souvent, elles restent sans suite ou aboutissent à de petits changements insignifiants. »
De son côté, Daniel Lafleur attend des précisions sur les mesures concrètes avant de se réjouir : « Avoir la possibilité de vendre directement aux autres provinces nous donne une meilleure flexibilité, mais il faut s’assurer que cette mesure bénéficie réellement aux producteurs. »
L’annonce des premiers ministres est un premier pas vers un assouplissement du commerce interprovincial de l’alcool, mais elle devra passer plusieurs tests pour devenir une réalité.
Par ailleurs, le 28 février 2025, le comité fédéral-provincial-territorial sur le commerce intérieur s’est réuni et a convenu, entre autres mesures, de lancer un système pancanadien de vente directe de produits alcoolisés canadiens aux consommateurs.
À l’heure actuelle, la Colombie-Britannique autorise la vente directe de vin aux consommateurs. Le Manitoba est déjà ouvert aux ventes directes de toutes les boissons alcoolisées aux consommateurs. Le Yukon explore des avenues pour la vente directe d’alcool aux consommateurs sur son territoire.
HEARST – Presque deux mois après la panne électrique qui avait poussé la Ville à décréter l’état d’urgence, c’est finalement mardi soir qu’Hydro One a formellement présenté ses excuses pour son manque de communication devant le conseil municipal de Hearst.
« Nous sommes ici pour présenter des excuses avant tout et pour faire mieux », a déclaré mardi soir à Hearst la vice-présidente exécutive d’Hydro One Works, Teri French.
C’était lors de l’une des journées les plus froides de l’année, le 20 janvier dernier, que la ville de Hearst s’est retrouvée sans électricité alors que deux disjoncteurs avaient dysfonctionné.
Plus de 350 résidents et près de 500 autres clients le long de la route 11 étaient alors privés de courant. Le maire de Hearst a évoqué l’exemple d’une femme âgée et seule qui aurait pu succomber au froid, mais qui a pu être transportée vers l’hôpital.
« Il faisait moins 51 degrés dehors, ce n’est pas acceptable », a lancé le maire Roger Sigouin à Mme French qui a reconnu qu’il avait raison.
« Mensonge à la con »
Le maire Sigouin a rappelé que le manque de transparence et de communication d’Hydro One sur l’heure de retour de l’électricité avait retardé l’organisation de la Ville qui a néanmoins choisi de déclarer l’état d’urgence en matinée.
« Là où nous avons fait la plus grande erreur, c’est au niveau de l’heure estimée de la restauration. Nous vous avons dit 9 heures parce que nous pensions avoir trouvé le problème. Quelque chose d’autre s’est produit et nous l’avons repoussée », continue Teri French.
Et d’ajouter : « Ce n’est pas une excuse, c’est la façon dont cela s’est produit et cela ne vous a pas donné la capacité de préparer votre communauté pour un centre de réchauffement. »
La présentation et les échanges devant le conseil municipal de Hearst ont eu lieu en anglais dans cette ville à majorité francophone. Source : Ville de Hearst/Youtube
La responsable d’Hydro One a assuré aux conseillers qu’ils verraient des améliorations et une meilleure communication à l’avenir.
De son côté le conseiller Joël Lauzon s’est montré dubitatif, qualifiant les mots de Mme French de « mensonge à la con » (traduction libre de l’anglais ‘bald-face lie‘)
« Vous n’avez pas fait votre travail. La communication n’était pas là. Vous ne pouvez pas me dire le contraire », a ajouté M. Lauzon.
Intervention grâce aux médias
Le conseiller en a profité pour indiquer que les retours d’Hydro One n’avaient commencé qu’après l’apparition du maire sur CTV News Northern Ontario.
« Tout à coup, des choses ont commencé à se produire et les gens ont commencé à communiquer avec nous, les appels étaient renvoyés », a déclaré M. Lauzon.
Le maire Roger Sigouin avait aussi, à l’époque, demandé qu’Hydro One fournisse du café et des beignets pour le centre de réchauffement préparé par la Ville, sans succès.
« La réponse qu’il a reçue était ‘’c’est quelque chose que nous ne faisons pas, ce n’est pas dans nos politiques’’ », a continué M. Lauzon.
« Ce point est juste. Le café et les beignets, c’était absolument une faute de notre part. Je ne cherche pas d’excuse, ils l’ont pris au pied de la lettre. Nous aurions dû demander à notre équipe des communications et de la gestion des urgences de travailler avec le groupe. »
Teri French, la personne responsable des communautés éloignées pour Hydro One, a indiqué au conseil qu’elle a tenu à faire le déplacement, elle-même, depuis Toronto. Source : Chambre de Commerce de l’Ontario
Un don de 2500 dollars
En fin de rencontre, Hydro One s’est engagée à mieux coopérer avec la Corporation de distribution électrique de Hearst pour améliorer toute situation possible à l’avenir.
Mme French a également promis de rester en contact avec la Ville au sujet des futures améliorations et de mises à jour à apporter dans la région, car Hearst souhaite attirer plus d’industries minières et industrielles.
La fonctionnaire d’Hydro One a également fait un don, en son nom et au nom d’Hydro One, de 2 500 dollars à son centre communautaire pour améliorer ses installations.
Une séance d’information est prévue pour Kapuskasing à une date ultérieure.
Tom McSorley est le directeur général de l’Institut canadien du film, qui organise différents événements, dont le Festival international du film d’Ottawa (IFFO).
LE CONTEXTE :
L’IFFO est un festival de taille modeste qui propose des films ayant déjà gagné des prix dans d’autres festivals de partout dans le monde. La cinquième édition se déroule à la Galerie d’art d’Ottawa et au Cinéma ByTowne du 12 au 23 mars.
L’ENJEU :
L’Institut canadien du film programme l’IFFO avec la population d’Ottawa en tête et souhaite refléter ses particularités, dont son bilinguisme.
« Qu’est-ce qui distingue l’IFFO par rapport à d’autres festivals de films en Ontario?
Un festival, c’est un festival. On présente des films canadiens et internationaux, comme les autres. Mais à mon avis, Ottawa est une ville très spéciale. Nous avons le français et l’anglais, mais aussi le gouvernement du Canada et les ambassades. C’est donc très cosmopolite et nous présentons des films de partout dans le monde. Cette année, nous avons des films de l’Ukraine, de l’Iran, du Liban, de l’Espagne, de l’Allemagne et de la France aussi, évidemment.
Aussi, c’est un petit festival de 25 films. Ce n’est pas comme Toronto ou Montréal. À cause de ça, on veut présenter des films très particuliers, pas des grands films commerciaux. Pour moi, c’est un peu comme une boutique du cinéma. Ce n’est pas trop gros, mais c’est important et je suis très fier des choix que nous avons faits.
Quels sont les grands moments prévus cette année?
Le film d’ouverture est un film canadien d’Ann Marie Fleming, qui s’intitule Can I Get a Witness?, avec la grande vedette Sandra Oh. Ce film est spécial pour moi, car il parle des thèmes de l’environnement, de la mort et de l’état de notre planète. C’est aussi très touchant, car c’est l’histoire d’une mère et de sa fille.
Keira Jang et Sandra Oh dans Can I Get a Witness? de la Canadienne Ann Marie Flemming. Photo : Gracieuseté de l’IFFO
Nous avons aussi deux films de la France. L’histoire de Souleymane décrit 48 h dans la vie d’un jeune Guinéen qui travaille comme livreur à vélo à Paris et qui se prépare à faire sa demande d’asile. Il a gagné quatre prix César le 28 février dernier. C’est très réaliste. Le rôle principal est tenu par un acteur non professionnel, Abou Sangare, qui a justement gagné le César de la Meilleure révélation masculine. C’est un film très important, parce que c’est un thème qui est d’actualité et que la performance de cet acteur est extraordinaire.
Nous avons aussi le film français Diamant brut, dans notre programme The Gaze. La première mondiale a eu lieu à Cannes. C’est l’histoire d’une jeune femme de 19 ans qui veut devenir une star d’Internet. Elle est obsédée par son image. Elle rêve de participer à une émission de téléréalité. C’est un film intelligent, fort, dur et courageux sur l’enjeu d’identité chez les jeunes femmes.
Diamant brut est le film choisi cette année pour le programme The Gaze, qui met en lumière des oeuvres de réalisatrices femmes ou issues de communautés sous-représentées dans l’industrie du cinéma. Photo : Gracieuseté de l’IFFO
Les deux films français de cette année sont très engagés. C’est important pour l’IFFO de présenter des films qui parlent des enjeux qui se passent dans le monde en ce moment.
C’est un film issu d’une pièce de théâtre que Marie-Claire Marcotte a écrite. C’est l’histoire d’une petite fille de huit ans qui est à la recherche de sa mère absente. C’est très touchant. Elle vit dans une famille dysfonctionnelle. Elle imagine que sa mère est Karen Kain, la danseuse de ballet renommée. C’est tragicomique. La jeune actrice (Maélya Boyd) est extraordinaire. C’est un de mes films préférés du festival cette année.
De quelle façon le bilinguisme fait-il partie de vos préoccupations lorsque vous organisez l’IFFO?
C’est important. Chaque année est différente. L’an dernier, nous avions plus de films en français. Cette année, c’est onze films en comptant les courts et longs métrages. C’est important pour nous d’avoir des films en français, évidemment, car nous sommes à Ottawa devant un public bilingue.
Maélya Boyd a récemment remporté le Prix d’interprétation de l’UDA au Festival International du Film pour Enfants de Montréal pour son rôle dans Rêver en Néon, un film tourné à Sudbury. Photo : Gracieuseté de l’IFFO
Cette année, le festival est plus petit à cause des budgets et des limitations de notre organisme. Mais c’est vraiment important d’avoir une présence, pas seulement des films de la France et du Québec, mais aussi des films en français qui sont faits dans la francophonie canadienne.
Nous avons aussi des séances de discussions avec des réalisateurs en français. Nos présentations sont aussi faites dans les deux langues, et c’est la même chose pour nos autres événements, comme le Festival du film d’animation et le Festival du film de l’Union européenne.
C’est la cinquième année de l’IFFO. Comment ce jeune événement évolue-t-il?
Ce n’est plus un bébé, c’est un bambin qui marche et parle. Mais comme je dis, chaque année, le festival est le même, mais différent. Ce sont les films, ce qui se passe sur l’écran et avec le public, qui font le festival.
Ottawa est une ville extraordinaire pour les cinéphiles. Chaque année, je suis impressionné de voir autant de gens qui viennent voir un film du Liban, par exemple. Nous continuons de développer le festival et nous voulons le faire grandir dans les années à venir. »
OTTAWA – Le fédéral a annoncé ce mercredi qu’il ripostera avec ses propres contre-tarifs à la hauteur de 25 % sur les produits américains pour une valeur totale de 29,8 milliards de dollars, après l’entrée en vigueur de tarifs similaires de la part de l’administration américaine sur l’acier et l’aluminium.
12,6 milliards de dollars de tarifs sur l’acier, 3 $ milliards sur l’aluminium et un 14,6 $ milliards sur d’autres produits américains, comme des ordinateurs, des outils, des équipements de sports, etc., entreront en vigueur dès jeudi minuit, a annoncé le ministre des Finances, Dominic LeBlanc mercredi matin.
Il s’agit d’une réplique de tarifs de 25 % qui sont entrés en vigueur depuis mercredi minuit sur les produits de l’acier et de l’aluminium qu’imposent les Américains sur leurs partenaires économiques, ce qui inclut le Canada.
« On avait dit qu’on allait répondre de façon ferme et mesurée et c’est ce que nous avons fait aujourd’hui », a soutenu M. Leblanc.
Le ministre acadien a aussi indiqué qu’Ottawa pourrait imposer d’autres contre-tarifs supplémentaires après avoir appris hier que certains produits dérivés contenant de l’aluminium et de l’acier seraient assujettis aux droits de douanes américains
Cette réplique d’Ottawa fait suite à une journée rocambolesque mardi entre Doug Ford et le président américain Donald Trump, qui a commencé par l’imposition d’une surtaxe ontarienne de 25 % sur l’électricité destinée aux États-Unis pour finalement se conclure par un recul de la part du premier ministre ontarien, après l’obtention d’une rencontre à Washington.
Il sera accompagné de Dominic Leblanc et du ministre de l’Industrie et de l’Innovation François-Philippe Champagne, à la Maison-Blanche pour rencontrer Howard Lutnick, le secrétaire au Commerce des États-Unis et d’autres représentants américains.
« Demain, la discussion sera sur l’urgence de diminuer la température et d’enlever les tarifs douaniers qui sont appliqués sur l’acier et l’aluminium aujourd’hui », a anticipé Dominic Leblanc.
Les acteurs principaux du gouvernement fédéral n’ont d’ailleurs pas désapprouvé la méthode utilisée par Doug Ford face à l’administration américaine, Mélanie Joly appuyant être « fière de la réponse canadienne de façon générale ».
« Les premiers ministres et tout le monde au pays, ce qu’on fait présentement, c’est qu’on essaie de trouver quels sont nos leviers pour mettre de la pression pour envoyer un message pour faire réagir le peuple américain, qui est ultimement notre grand allié pour mettre de la pression sur l’administration Trump », avance la ministre libérale.
Mélanie Joly a prévenu son homologue américain Marco Rubio qui doit être au Canada dès jeudi, lui lançant comme message en conférence de presse : « vous arrivez dans notre pays, vous respectez notre souveraineté. » Archives ONFR
Car le Canada est dans une « bataille existentielle » en ce moment pour « nos jobs, les familles et notre souveraineté », a ajouté celle qui doit recevoir son homologue américain, Marco Rubio dès jeudi à Charlevoix dans le cadre d’une réunion du G7, réunissant les ministres des Affaires étrangères des sept pays.
« Ce n’est pas juste une question économique, c’est ultimement l’avenir de notre pays », juge-t-elle.
« On sait que les Américains vont être divisés et donc, basé là-dessus, on va continuer à montrer du leadership et à soutenir les premiers ministres qui démontrent du leadership ensemble parce que, ce qu’on doit faire au final, c’est faire reculer les Américains », plaide Mme Joly.
Il s’agit d’une nouvelle couche de contre-tarifs canadiens, alors que le gouvernement fédéral applique depuis près d’une dizaine de jours des droits de douane de 25 % sur 30 milliards de dollars de produits américains.
« Nous avons convenu de la nécessité de rester fermes et forts face aux menaces du président Trump », a indiqué Doug Ford dans une déclaration sur ses médias sociaux.
La veille, celui qu’on surnomme « capitaine Canada » avait menacé de taxer de 25 % les exportations d’électricité ontarienne destinées aux États du Michigan, New York et Minnesota. Ce moyen de pression a choqué Donald Trump, qui a menacé de riposter en faisant doubler les tarifs sur l’aluminium et l’acier canadien. En fin d’après-midi, le premier ministre ontarien a reculé, justifiant qu’il ne pouvait refuser la « branche d’olivier » tendu par l’administration Trump d’avoir une rencontre face à face.
« Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, je vais travailler de bonne foi avec le secrétaire Lutnick, nos partenaires fédéraux et chaque premier ministre en vue de parvenir à un accord de libre-échange équitable pour les deux pays », a signalé M. Ford, qui a été qualifié « d’homme très fort » par Donald Trump la veille.
« Un grand combat nous attend et nous travaillerons ensemble pour lui faire face. Nous sommes plus forts quand nous sommes unis, » a commenté sur X, Mark Carney, qui en a profité après sa rencontre avec Doug Ford à Toronto pour visiter une usine d’aluminium à Hamilton.
Merci, monsieur le premier ministre @fordnation, de m'avoir rencontré pour déjeuner. Merci également de vous battre pour l'Ontario.
Un grand combat nous attend et nous travaillerons ensemble pour lui faire face. Nous sommes plus forts quand nous sommes unis. pic.twitter.com/NV0HUEffNu
MATTAWA – Il y a eu de la bisbille lors du conseil municipal de Mattawa lundi soir. Un rapport suggérant de réduire le nombre de conseillers municipaux divise ces derniers qui se sont laissés emporter par leurs émotions.
C’est le maire adjoint, Matthew Gardiner, qui a déposé ce rapport proposant de passer de sept membres de conseil à cinq.
Il justifie cette proposition comme étant une bonne manière de réduire les coûts dans la collectivité, et a ajouté qu’il avait reçu l’appui de la communauté lors de la dernière élection municipale en 2022.
« Comme nous le savons tous, la municipalité continue d’augmenter, mais nos électeurs n’ont pas les moyens de s’offrir des augmentations d’impôt », lit-on dans son rapport. En réduisant le nombre de conseillers à 4 (en plus du maire) pour les prochaines élections de 2026, celui-ci prévoit des économies de 23 346 dollars par an.
Actuellement, le ratio conseiller-habitants pour la municipalité de Mattawa est de 1 pour 269, tandis qu’il passerait à 1 pour 376 avec cette refonte, soit plus proche de la moyenne des municipalités avoisinantes dont ce chiffre est évalué à 1 pour 545. Le salaire annuel du conseil de Mattawa se chiffrerait à 88,078 $ selon le rapport.
Des données issues du recensement de 2021 par Statistique Canada concernant les municipalités situées dans un rayon de 100km de Mattawa. Source : Ville de Mattawa
La discussion suivant la présentation du rapport a mené à des échanges tendus entre les élus de cette municipalité qui compte 24 % de personnes dont le français est la première langue officielle parlée.
Des attaques indirectes
La conseillère Laura Ross a dit avoir entendu des électeurs qui étaient, au contraire, opposés à l’idée et a plutôt suggéré de réduire les augmentations de salaire des conseillers.
« Peut-être pas le moment et l’endroit, mais nous sommes très bien payés à cette table et certains d’entre nous gagnent un peu plus que les autres », a déclaré M. Gardiner.
Et de continuer : « Certains d’entre nous proposent beaucoup d’initiatives, d’autres se présentent aux réunions, votent et rentrent chez eux sans avoir lu l’ordre du jour. Donc le but c’est d’obtenir cinq personnes qui sont plus intéressées à servir les besoins de Mattawa à l’avenir. »
Une proposition de réduire le conseil municipal de sept à cinq membres a généré une discussion animée à Mattawa. Source : Ville de Mattawa/Capture d’écran
Ce à quoi le conseiller Fern. Levesque a répondu : « Préoccupez-vous de vous-même et de vos paies et nous prendrons soin des nôtres et nous ferons le travail que nous devons faire pour représenter les gens de cette communauté. »
Il ajoute ensuite : « Je suis désolé d’être impoli envers vous, mais ce n’est pas le cas. »
Intervention du maire
Plus tard dans la discussion et après avoir appelé au respect du décorum, le maire Raymond Belanger a répondu à un commentaire selon lequel les conseillers n’étaient pas invités à participer aux activités de la municipalité.
« Tout d’abord, en tant que maire de la municipalité, je ne pense pas avoir besoin de permission pour m’impliquer, c’est mon travail, je le prends au sérieux et j’y mets tout mon cœur et je ne vais pas demander la permission d’essayer de faire avancer les choses », s’est défendu le Franco-Ontarien.
Toutefois le vote pour le dépôt du rapport n’est pas passé, seuls le maire, et les conseillers Gardiner et Bigelow ayant voté en faveur.
Raymond Bélanger, maire de Mattawa, est un francophone impliqué dans la municipalité depuis plus de 30 ans. Phoot : Gracieuseté de Raymond Bélanger
Le même soir à une heure de route de Mattawa, le conseil municipal Nipissing Ouest s’interrogeait sur une augmentation de salaire des membres du conseil, lequel est plafonné depuis 1999. Aucune décision n’a été prise, la discussion reprendra lors d’un prochain conseil.
Rappelons que la municipalité, qui compte une grande population francophone, avait connu une longue période durant laquelle les réunions du conseil municipal étaient paralysées en raison de désaccords profonds de ses membres.
En ce mardi après-midi, quelques heures après l’escalade tarifaire entre Donald Trump et Doug Ford, ce dernier et le secrétaire du Commerce des États-Unis Howard Lutnick ont publié une déclaration commune. Doug Ford ira à Washington ce jeudi 13 mars avec Dominic LeBlanc, le ministre canadien des Finances, pour négocier avec l’administration américaine. En échange, l’Ontario a accepté de lever les tarifs de 25 % sur l’électricité.
Un nouveau rebondissement de dernière minute après les mesures de contre-tarifs de l’Ontario et du Canada, et la surtaxe ontarienne de 25 % sur l’énergie exportée aux États-Unis, qui a suscité de véhémentes réactions de Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, menaçant de riposter en doublant les tarifs sur l’aluminium et l’acier canadien, soit 50 %.
La Maison-Blanche a finalement annoncé que l’ajout de cette surtaxe supplémentaire, comme le menaçait Donald Trump, serait suspendu, mais Washington a maintenu qu’un tarif de 25 % entrerait en vigueur dès mercredi 12 mars à minuit sur l’acier et l’aluminium.
Le président américain a d’ailleurs salué la décision de Doug Ford, qu’il a qualifié « d’homme très fort » (very strong man), de revenir sur sa menace sur l’électricité destinée aux États du Michigan, Minnesota et New York.
« Ça aurait été une très mauvaise chose s’il avait fait ça et je respecte ça », a-t-il dit devant des journalistes devant la demeure présidentielle, accompagné d’Elon Musk.
Entre la menace du président américain et son recul quelques heures plus tard, Doug Ford a multiplié les apparitions à l’antenne de MSNBC, demandant aux États-Unis de se rencontrer pour négocier.
Le premier ministre de l’Ontario et le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, ont eu une conversation « productive » sur les relations économiques canado-américaines, à la suite de laquelle ils ont publié une déclaration commune.
Please see a joint statement from United States Secretary of Commerce Howard Lutnick and myself :
Today, United States Secretary of Commerce @howardlutnick and Premier of Ontario Doug Ford had a productive conversation about the economic relationship between the United States…
Déclaration conjointe entre Doug Ford et le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick. Source : Compte X officiel de Doug Ford
« Le secrétaire Lutnick a accepté de rencontrer officiellement le premier ministre Ford à Washington le jeudi 13 mars aux côtés du représentant américain au commerce pour discuter d’un renouvellement de l’AEUMC – l’Accord Canada-Etats-Unis-Mexique – avant la date limite du 2 avril pour la mise en application des tarifs réciproques. En réponse, l’Ontario a accepté de suspendre sa surtaxe de 25 % sur les exportations d’électricité vers le Michigan, New York et le Minnesota », peut-on lire.
Les prochaines négociations de l’AEUMC n’étaient pas prévues avant 2026, l’accord ayant été signé en 2018 entre les trois pays. Dès son arrivée au pouvoir, le président américain avait laissé entendre vouloir revoir cet accord en avance.
Doug Ford sera accompagné à Washington de Dominic LeBlanc, le ministre canadien des Finances et des Affaires intergouvernementales.
Suite à l’annonce de Doug Ford la veille d’imposer une surtaxe de 25 % sur l’électricité exportée vers les États-Unis, Donald Trump double les tarifs pour l’aluminium et l’acier, soit 50 %. À l’antenne de CNBC ce mardi matin, Doug Ford l’exhorte à « arrêter le chaos qui provoque l’inflation et la baisse des marchés américains ». Il invite Trump à s’asseoir à la table pour discuter, celui-ci se plaignant du Canada comme du pays « aux tarifs douaniers les plus élevés au monde », en référence à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), de 2018 qu’il a lui-même signé.
Fait rare, le président américain a fait référence à la province de l’Ontario ce matin sur les réseaux sociaux X et Truth.
« À cause de l’Ontario qui impose un tarif de 25 % sur l’« électricité » entrant aux États-Unis, j’ai demandé à mon secrétaire au Commerce d’ajouter un tarif supplémentaire de 25 %, soit 50 %, sur tout l’ACIER et l’ALUMINIUM ENTRANT AUX ÉTATS-UNIS EN PROVENANCE DU CANADA, L’UN DES PAYS QUI PRATIQUENT LES TARIFS LES PLUS ÉLEVÉS AU MONDE. Cette mesure entrera en vigueur DEMAIN MATIN, le 12 mars. »
Celui-ci ajoute vouloir « déclarer l’état d’urgence nationale sur l’électricité dans la zone menacée ».
D’exhorter le Canada à supprimer immédiatement « son tarif anti-américain de 250 % à 390 % sur divers produits laitiers américains, qui a longtemps été considéré comme scandaleux ».
Celui-ci fait référence à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
À l’antenne de MSNBC ce matin, Doug Ford commente : « Il (Trump) pense qu’il y a une injustice dans les accords de 2018, qu’il a lui-même signés, le qualifiant à l’époque du meilleur deal au monde. Je suppose qu’il a changé d’avis. On devrait s’asseoir à la table des négociations pour discuter ».
President Trump launched an unprovoked trade and tariff war with America’s closest friend and ally. Until the threat of tariffs is gone for good, we won’t back down. pic.twitter.com/eH85Dv0iJO
Clip vidéo de Doug Ford qui réagit ce mardi matin à la riposte de Donald Trump l’antenne de MSNBC. Celui-ci commente sur X : « Le président Trump a lancé une attaque tarifaire non provoquée à son plus proche allié et ami. Tant que la menace tarifaire ne sera pas supprimée pour de bon, on ne reculera pas ». Source : Compte X officiel de Doug Ford
Le premier ministre ontarien s’excuse ensuite auprès des Américains et rappelle que c’est Trump qui a lancé une attaque tarifaire non provoquée, ajoutant ne pas savoir pourquoi il s’obstine.
« Se battre n’a aucun sens. La Chine est le problème, pas le Canada. Il devrait se concentrer sur la Chine qui prend le monopole ».
Sur son réseau social Truth, le président américain dit trouver absurde de dépendre de l’électricité d’un autre pays. Sur MSNBC, le premier ministre ontarien rappelle que « les États-Unis ne peuvent produire que 16 % de l’aluminium dont ils ont besoin. »
À la question de la journaliste « Que diriez-vous au président Trump si vous pouviez lui parler maintenant », celui-ci répond : « Je lui dirais d’arrêter le chaos. Cela cause du tort aux Américains et aux entreprises. L’inflation arrive et le caractère imprévisible qu’il (Trump) impose est la conséquence de la baisse des marchés boursiers . »
Le nouveau chef libéral Mark Carney a aussi dénoncé les dernières actions de Donald Trump, qu’il qualifie comme « une attaque envers les travailleurs, les familles et les entreprises canadiennes », a-t-il dénoncé, assurant que le Canada maintiendrait ses actions tarifaires « jusqu’à ce que les Américains nous montrent du respect et prennent des engagements crédibles et fiables en faveur d’un commerce libre et équitable ».
« Mon gouvernement s’assurera que notre réponse a un impact maximal sur les États-Unis et un impact minimal sur le Canada, tout en soutenant nos travailleurs », a écrit sur X le premier ministre désigné, qui doit d’ailleurs rencontrer Doug Ford mercredi matin.
Lundi à Ottawa, les principaux ministres du gouvernement fédéral appuyaient la méthode ontarienne, le ministre de l’Innovation et de l’Industrie François-Philippe Champagne saluant « la réponse ferme » alors que sa collègue aux Affaires étrangères, Mélanie Joly, encensait « le leadership démontré par la province de l’Ontario ».
La transition de Justin Trudeau à Mark Carney à titre de premier ministre sera rapide et efficace, a assuré le nouveau chef du Parti libéral du Canada un peu moins de 24 h après sa victoire à sens unique dans le cadre de la course à la chefferie.
Celui qui a récolté 86 % des voix libérales dimanche soir était au Parlement lundi pour discuter avec Justin Trudeau « des relations canado-américaines, les enjeux de la sécurité nationale et les enjeux qui concernent la transition entre lui et moi », a-t-il énuméré devant les journalistes.
« Cette transition va être rapide et efficace », a-t-il poursuivi, ajoutant quelques instants plus tard qu’il n’avait pas eu de contact avec la Maison-Blanche, « car je ne suis pas encore premier ministre, mais ça va arriver ».
Le futur premier ministre a aussi rencontré les députés libéraux lors d’une réunion du caucus du parti, alors que des élections risquent d’être déclenchées d’ici le 24 mars. Il devrait être assermenté dans les prochains jours, tout comme un prochain cabinet.
« Il y a énormément d’énergie dans le caucus libéral comme vous l’avez constaté. Le Parti libéral est un parti uni et rempli d’énergie », a-t-il soutenu à la fin de cette réunion avec les élus du gouvernement.
Selon Radio-Canada, c’est l’actuel député et ancien ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, qui sera son chef de cabinet pendant la transition.
Le chef conservateur Pierre Poilievre s’est attaqué à Mark Carney au lendemain de son triomphe, l’accusant d’être comme Justin Trudeau et vouloir « continuer dans la même voie » que le premier ministre sortant.
« Nous avons les mêmes députés libéraux, les mêmes conseillers libéraux, les mêmes promesses libérales qui produiront les mêmes résultats », soutient le leader conservateur, accusant l’ancien banquier de « faire passer ses intérêts d’abord ».
« Nous savons que Carney trahira le Canada pour son profit personnel. Il l’a déjà fait. Il l’a systématiquement fait pendant toute la durée de son mandat d’initié. Donner aux libéraux un quatrième mandat ne changera rien à cela », a-t-il lancé en conférence de presse sur la Colline.
Les députés libéraux ne tarissaient pas d’éloges envers leur patron, qui a largement devancé Chrystia Freeland, Karina Gould et Frank Baylis dans cette course.
« Je pense que le Canada n’a trouvé, peut-être pas un sauveur avec un grand S majuscule, mais certainement quelqu’un qui sait tenir les commandes d’un navire en temps de crise. On le sait qu’on a quelqu’un qui est solide à la barre et aux commandes du Canada », affirme le député acadien du Nouveau-Brunswick, René Arseneault.
« J’ai appuyé Mark Carney (dans cette course) et je suis satisfait, mais ça sera à lui de décider s’il y a une élection bientôt. Je pense que c’est par là qu’on s’en va », dit le député de l’Est ontarien Francis Drouin en entrevue.
« On commence une nouvelle ère. C’est une bonne nouvelle et je suis confiante pour la suite des choses », a commenté de son côté la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly.
Officiellement, Justin Trudeau doit aller rendre visite à la résidence officielle de la gouverneure générale Mary Simon afin de remettre sa démission pour laisser sa place à Mark Carney comme premier ministre.
NORTH BAY – La candidate du Parti conservateur Cassidy Villeneuve a annoncé son retrait de la course aux élections fédérales dans la circonscription de Nipissing-Timiskaming.
« Bien que ce ne soit pas la fin du parcours que j’espérais, je crois que c’est la bonne pour moi et ma famille », pouvait-on lire dans une déclaration sur les réseaux sociaux dimanche soir.
Celle qui avait remporté l’investiture en février 2024 et faisait du porte-à-porte cet été avec son nourrisson écrit aussi : « En tant que femme, les défis du travail en politique sont souvent amplifiés. La résistance à laquelle j’ai été confrontée de la part de certains membres du conseil d’administration a clairement montré à quel point il peut être difficile de naviguer dans ces espaces. »
Toutefois, la jeune femme francophone a tenu à réitérer son soutien envers le Parti et son chef Pierre Poilievre qu’elle présente comme « le meilleur choix pour l’avenir du Canada ».
Le principal adversaire que Cassidy Villeneuve avait affronté et battu pour l’investiture conservatrice est le conseiller d’East Ferris, Steve Trahan, qui représentait également les conservateurs aux dernières élections fédérales, avant de perdre contre le libéral Anthony Rota.
Avec le déclenchement probable d’élections fédérales, tout porte à croire qu’une élection partielle aura lieu dans les prochaines semaines pour cette circonscription comptant 14 % de personnes dont la première langue officielle parlée est le français, selon les données de Statistique Canada.
Poussée à démissionner?
Selon un document obtenu par le média BayToday, il y a deux semaines, l’Association des conservateurs de Nipissing-Timiskaming envisageait alors sérieusement de remplacer sa candidate, citant un manque de « responsabilité et de rendement ».
Une source aurait alors confirmé qu’une résolution avait été adoptée à l’unanimité, le 23 janvier dernier, pour inviter à « une amélioration immédiate et mesurable de l’effort, de l’activité et de l’engagement du candidat ».
Toujours selon les informations du journal en ligne de North Bay, l’organisme local aurait donné à la candidate jusqu’au 31 janvier 2025 pour améliorer la contribution financière à sa campagne, laquelle aurait été jugée insuffisante pour l’année 2024.
Un autre obstacle majeur aurait été que Mme Villeneuve ne vit pas dans la circonscription, mais au Québec, et travaille à Ottawa. Or, dans la signature de la lettre expliquant son retrait, celle-ci écrit : « fière résidente d’East Ferris ». Cassidy Villeneuve travaille, par ailleurs, comme cheffe de cabinet de Raquel Dancho, députée de Kildonan-St. Paul et le ministre fantôme de la Sécurité publique, mais est en ce moment en congé maternité.
ONFR a tenté de joindre Cassidy Villeneuve et les équipes du Parti conservateur, mais n’a pas reçu de réponse au moment de publier cet article.
Vers une victoire des conservateurs?
Le député sortant de la circonscription, l’ex-libéral Anthony Rota a choisi de ne pas se représenter pour un septième mandat. Le Franco-Ontarien avait démissionné de son rôle de la Chambre des Communes en septembre 2023 après avoir invité un vétéran de la Seconde Guerre mondiale ayant combattu au sein des nazis, lors du discours au Parlement du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Les autres candidats récemment annoncés pour la circonscription sont la candidate libérale Pauline Rochefort, mairesse actuelle d’East Ferris, et la néo-démocrate Valerie Kennedy.
Selon l’agrégateur de sondage 338.Canada, les projections de votes montrent une légère avance pour les conservateurs dans Nipissing-Timiskaming avec 40 % des intentions de vote contre 37 % pour les libéraux.
Des élections fédérales pourraient survenir dans les prochaines semaines, le Parlement est prorogé jusqu’au 24 mars prochain.
TORONTO – L’imposition de 25 % sur les exportations d’électricité ontarienne aux États-Unis s’inscrit à titre de mesure de représailles, maintenues jusqu’à ce que les tarifs américains soient éliminés. 1,5 million de foyers dans trois États américains sont concernés, pour un coût de 400 000 dollars par jour.
Cette surtaxe de 25 % sur toutes les exportations d’électricité vers les États-Unis touchera 1,5 million de foyers et d’entreprises dans les États du Michigan, du Minnesota et de New York, coûtant jusqu’à 400 000 $ par jour tant, que la surtaxe sera maintenue.
C’est-à-dire que tout producteur d’électricité ontarien exportant aux États-Unis ajoutera 10 dollars par mégawattheure (MWh).
Évalués entre 300 000 à 400 000 $, les profits générés « serviront à soutenir les travailleurs, les familles et les entreprises de l’Ontario », affirme le gouvernement ontarien par voie de communiqué.
« Les droits de douane du président Trump sont un désastre pour l’économie des États-Unis, a déclaré ce lundi le premier ministre Doug Ford. Ils rendent la vie plus chère pour les familles et les entreprises américaines. Tant que la menace des droits de douane n’aura pas disparu une fois pour toutes, l’Ontario ne pliera pas. Nous resterons déterminés, utiliserons tous les moyens à notre disposition et ferons ce qu’il faut pour protéger l’Ontario. »
À la question iriez-vous jusqu’à couper les exportations d’électricité, celui-ci a répondu : « S’ils continuent à attaquer notre province, notre pays, oui nous ferons tout ce qu’il faut pour maximiser l’impact contre les Américains. Et ça me fait mal de dire ça, car tout ça n’est pas contre les Américains. Quand je leur parle, je commence par m’excuser et ils comprennent, car ils ne sont pas d’accord avec leur président et ont peur de le dire publiquement. »
À Ottawa, la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly a commenté cette nouvelle mesure : « Si les premiers ministres des provinces utilisent des leviers qui sont à notre avantage, c’est une bonne nouvelle », soulignant le fait que le leadership démontré par la province de l’Ontario devrait en inspirer beaucoup d’autres.
L’élection de Catherine McKenney, en tant que « député·e non binaire » à l’Assemblée législative de l’Ontario, marque un moment historique dans un contexte d’incertitude croissante aux États-Unis, affirme la communauté LGBTQ+ francophone en Ontario.
FrancoQueer, organisme de défense des droits des personnes LGBTQ+ francophones en Ontario, a qualifié « d’historique » l’élection de Catherine McKenney qui a remporté pour le NPD le siège de député d’Ottawa-Centre avec 55,7 % des voix.
Selon FrancoQueer, McKenney incarne un symbole d’espoir, dans un contexte où les droits des personnes trans et non binaires sont de plus en plus attaqués, notamment aux États-Unis.
« Ce climat politique et social des États-Unis est une grande source de confusion et de peur pour notre communauté », confie Karine Fleury, coordinatrice principale des communications chez FrancoQueer, soulignant que les États-Unis connaissent une recrudescence des attaques législatives contre les personnes trans et non-binaires, notamment à travers des lois restreignant l’accès aux soins affirmant le genre ou censurant l’éducation sur la diversité de genre, la présence de McKenney à Queen’s Park envoie un message fort.
Karine Fleury, coordinatrice principale des communications chez FrancoQueer. Gracieuseté
« Ce climat de régression ne peut que renforcer l’importance d’avoir des représentants et des voix politiques qui défendent nos droits et notre dignité », ajoute-t-elle.
Au cours d’une entrevue avec ONFR, McKenney a insisté sur l’importance de la représentation politique des communautés marginalisées.
« Lorsqu’une personne en position de leadership démontre la diversité et offre une visibilité aux personnes trans et non-binaires, cela envoie un message fort de soutien de la part de la communauté », a déclaré McKenney qui a obtenu une large victoire de 18 892 votes devant le candidat libéral arrivé en deuxième position, Thomas Simpson, selon les résultats finaux du dépouillement des bureaux de vote publiés le 3 mars.
Selon McKenney, cette visibilité est essentielle non seulement pour affirmer l’existence et la légitimité des identités non binaires, mais aussi pour inspirer les générations futures. « Il a toujours été important pour moi d’être visible. Je le suis depuis longtemps, mais aussi pour, je l’espère, être un bon modèle », a ajouté McKenney.
Son élection intervient dans un contexte où la montée des mouvements conservateurs tente de remettre en question les acquis en matière de droits LGBTQ+.
« Nous assistons à un retour en arrière contre la diversité et l’inclusion, et le résultat est l’exclusion des personnes », a expliqué McKenney.
Face à cette menace, McKenney rappelle l’importance de rester mobilisés : « Nous devons transmettre ce message aux personnes trans et non binaires : nous existons, nous continuerons d’exister, mais nous continuerons d’exister dans une communauté, dans un pays et dans un monde où nous pourrons nous épanouir. »
« Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’alliés pour défendre ces valeurs », revendique McKenney.
De son côté, Karine Fleury voit dans cette élection un modèle positif, non seulement pour l’Ontario, mais aussi pour les autres provinces et nations voisines, notamment aux États-Unis, en montrant qu’il est possible de garantir une plus grande représentation des communautés marginalisées. « Loin de se limiter à un simple acte symbolique, l’élection de Catherine McKenney est un message clair : les identités de genre diverses font partie intégrante de notre société et doivent être reflétées dans nos structures de pouvoir. »
Un mandat pour « la justice sociale »
Tout au long de sa campagne, McKenney a défendu des enjeux comme le retour du contrôle des loyers, l’accès à des logements abordables et l’amélioration des services de transport en commun. McKenney a également mis un point d’honneur à défendre les populations les plus vulnérables : « Sachez que si vous dormez ce soir dans un refuge, demain matin, vous serez ma priorité », a affirmé Catherine Mckenney le soir de son élection.
Ce qui a joué en sa faveur, selon Catherine McKenney qui a également été candidate à la mairie d’Ottawa en 2022, est son expérience en tant que conseillère municipale pendant huit ans, source d’une visibilité importante dans la communauté.
« Nous avons travaillé dur sur des enjeux comme le logement, la santé et le transport en commun. Nous avons aussi affronté l’occupation du centre-ville. Tout cela m’a donné un réel avantage dans cette élection ».
En effet, McKenney, qui utilise le pronom « iel », était sur le devant de la scène publique lors de la campagne municipale de 2022, menée dans le climat tendu qui a suivi l’occupation du centre-ville d’Ottawa par les camionneurs.
Pendant cette crise, le profil de McKenney a gagné en popularité grâce à sa mobilisation pour défendre les résidents du centre-ville, pris en otage par la situation.
En tant que conseillère du quartier Somerset, épicentre de la manifestation, McKenney était souvent présente dans les rues de Centretown.
Aujourd’hui, McKenney entend continuer à militer pour les causes qui lui tiennent à cœur : « Nous voulons que les jeunes et les générations futures aient plus que nous, qu’ils aient toujours plus et que les choses s’améliorent constamment ».
OTTAWA – Le résultat était prévisible depuis plusieurs semaines et le tout a été officialisé dimanche soir. Mark Carney a été élu chef du Parti libéral du Canada à l’issue d’une course à la chefferie de six semaines, pour élire le remplaçant de Justin Trudeau.
Avec 85,9 % des voix, soit près de 131 000 votes, il bat ainsi l’ex vice-première ministre Chrystia Freeland (2e place avec 8 % du vote), l’ex-ministre Karina Gould (3e place avec 3,2 % du vote) et l’ex-député Frank Baylis (4e avec 3 % du vote). C’est 150 000 libéraux qui ont voté dans le cadre de cette course à la chefferie avec près de 400 000 au total qui s’étaient inscrits pour voter.
Mark Carney deviendra donc prochainement aussi le premier ministre en remplacement de Justin Trudeau.
« Je tiens à vous remercier, chers libéraux, de m’avoir accordé le plus grand honneur qui soit : celui de servir comme votre nouveau chef », a lancé le gagnant dans son discours de victoire à Ottawa devant les sympathisants libéraux.
Alors que l’ancien premier ministre Jean Chrétien, quelques instants auparavant, suggérait dans un discours de taxer toute l’énergie destinée aux États-Unis, l’allocution de victoire de Mark Carney s’est aussi alignée à la réalité tarifaire qui frappe le Canada à l’heure actuelle, et « qui demandera du changement, du grand changement », a-t-il soutenu.
« Mais je sais que les Canadiens et Canadiennes sont prêts. Ils me le disent à travers le pays. Les gens veulent du changement parce qu’ils sont inquiets. Ils s’inquiètent du coût de la vie et de la crise du logement. Ils s’inquiètent pour l’avenir des jeunes. Et ils s’inquiètent de l’avenir du Canada, face aux menaces du président Trump et à un monde plus divisé et dangereux », a-t-il partagé.
« Aux États-Unis, on ne reconnaît pas les différences », a-t-il poursuivi.
« Et il n’y aura jamais de droits à la langue française. La joie de vivre, la culture, et la langue française font partie de notre identité. Il faut les protéger, il faut les promouvoir. On ne les échangera jamais, jamais, pour n’importe quel accord commercial », a avancé le nouveau leader du Parti libéral, dans son discours, qui s’est conclu avec un « Vive le Canada » à la Jean Chrétien.
Qui est Mark Carney?
Âgé de 59 ans et né aux Territoires du Nord-Ouest, il a été un haut fonctionnaire au ministère des Finances au début des années 2000 avant de devenir gouverneur de la Banque du Canada de 2008 à 2013, ayant été aux premières loges de la crise financière de 2008. Suite à son mandat au Canada, il est nommé gouverneur de la Banque d’Angleterre en 2013 jusqu’en 2019.
Il revient par la suite en Amérique du Nord où il conseille notamment Justin Trudeau économiquement, en plus d’occuper divers rôles comme celui de vice-président de Brookfield Asset Management, un important fonds financier canadien, ou encore président du conseil d’administration de Bloomberg.
Avec sa victoire, Mark Carney devient le 11e chef de l’histoire du Parti libéral du Canada. Photo : Andrej Ivanov Stringer Getty Images
Sur place, le député de Nickel Belt dans le Nord de l’Ontario, Marc Serré, se réjouit de cette victoire, lui qui avait mis son soutien derrière Mark Carney soulignant que le bagage économique de ce dernier « sera important » pour la région.
« Dans le Nord de l’Ontario, il y a une abondance de minéraux critiques dont le monde a besoin. Lorsqu’on regarde l’optimisme des gens du Nord de l’Ontario pour l’économie, avoir quelqu’un comme Mark Carney qui a l’expérience pour regarder à des marchés mondiaux, ça va être important pour développer notre économie et garder nos emplois dans le Nord », affirme-t-il en entrevue.
Des élections déclenchées cette semaine?
Quand Justin Trudeau quittera-t-il officiellement son poste de premier ministre pour céder sa place à Mark Carney? L’échéance reste pour le moment incertaine. M. Trudeau a affirmé plus tôt cette semaine qu’il ne comptait pas rester en poste de façon intérimaire, indiquant en anglais qu’il attend avec impatience « une transition vers mon successeur dûment élu dans les prochains jours ou la semaine à venir ».
Les plans de M. Trudeau pourraient s’éclaircir avec le déclenchement d’élections dans les prochains jours. Le Parlement doit en principe reprendre le 24 mars et les partis d’opposition ont déjà signalé leur intention de faire tomber le gouvernement à la première occasion. Or, comme Mark Carney n’a pas de siège au Parlement, des élections anticipées pourraient être déclenchées avant, ce qui amènerait probablement le pays aux urnes entre le milieu et la fin du mois d’avril.
Lors du débat en français dans le cadre de la course à la succession de Justin Trudeau il y a trois semaines, Mark Carney avait soulevé la possibilité de déclencher un scrutin dès la mi-mars.
« Il y aurait des circonstances où l’on pourrait rappeler le Parlement. On va faire la meilleure chose pour le Canada », avait-il affirmé le 24 février dernier après le débat, en réponse aux questions des journalistes.
« Mais, il est plus probable que la meilleure chose pour le Canada est que le gouvernement se dote d’un mandat fort et clair plus tôt pour pouvoir prendre les actions nécessaires pour construire ce pays », soulignait l’ex-banquier.
Selon un sondage de la firme Léger en date du 5 mars, les libéraux sous Mark Carney obtiendraient 33 % des intentions de vote au pays contre 41 % pour les conservateurs de Pierre Poilievre et 12 % pour le NPD. Le 24 février dernier, un premier sondage Léger montrait que le dirigeant du milieu financier pourrait récolter 40 % des voix pour les libéraux contre 38 % pour les conservateurs.
Le livre blanc qui dissèque l’économie franco-ontarienne et publié il y a un mois par un réseau économique francophone confirmait que la création d’entreprise était plus complexe pour les femmes en Ontario français. Une première édition sortie en 2022 montrait déjà que les hommes d’affaires ont moins été touchés par la pandémie que leurs homologues féminines. L’entrepreneuriat des femmes progresse, mais leur disposition pour y accéder patine toujours.
Le directeur sortant de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario, Richard Kempler, qui a dirigé la recherche du livre blanc, exigeait que soit donnée une attention particulière sur l’entrepreneuriat chez les femmes ainsi que soient débloquées des subventions simples et rapides pour les petites et moyennes entreprises.
En effet, les PME détenues par des femmes continuent de gagner du terrain selon un tout nouveau rapport sorti cette semaine par le Portail de connaissance pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE) de l’Université métropolitaine de Toronto.
Toutefois, la directrice générale du PCFE, Sabine Soumare soutient que « les hommes entrepreneurs reçoivent 2,5 fois plus de financement que les femmes entrepreneures et qu’il y a beaucoup de travail à faire. » Plus souvent issues du secteur tertiaire et avec moins d’économies, les entrepreneures se heurtent à des obstacles qui entravent leurs perspectives d’évolution.
Sabine Soumare, Directrice générale du Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE). Gracieuseté
« Mon cheval de bataille, c’est vraiment s’assurer qu’on ait des données aussi pour les francophones », assure Mme Soumare, qui érige ce rapport comme le seul s’intéressant exclusivement à l’entrepreneuriat féminin au pays.
Dans le Nord de l’Ontario, les entrepreneures artisanales ou propriétaires de microentreprises peinent à faire reconnaitre leur contribution à l’économie rurale. « Je reproche ça vraiment aux bailleurs de fonds de ne pas pouvoir valoriser toutes ces choses-là », dit Janie Renée Myner, qui dirige l’Union Culturelle des Franco-Ontariennes. Elle explique que dépourvu de considération équitable, les Franco-Ontariennes manquent d’opportunités pour devenir plus autonomes.
Le sort de la double voire triple minorité
Les biais discriminatoires qui ciblent les femmes sont souvent aggravés au détriment de celles en milieu francophone. « C’est encore plus marqué dans l’environnement francophone parce qu’en plus vous ne parlez pas la langue de la majorité », lance l’ancien directeur général, Richard Kempler.
Richard Kempler, directeur général sortant de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario. Archives ONFR+
Ces biais peuvent établir une première grille d’analyse des difficultés que les femmes rencontrent, qui met en lumière une triple minorité dans laquelle s’identifient notamment les femmes francophones immigrées. « La femme émigrante francophone qui arrive, non seulement elle a le choc culturel, elle a l’acclimatation, elle a tout ça. Donc, on a des opportunités d’accompagnement et d’appui. Ça, c’est une force des femmes », dit Janie Renée Myner.
Leur expérience les incite à s’entraider, telle que Layla Saligane, une militante franco-ontarienne d’Ottawa qui s’apprête à ouvrir son entreprise en lançant une plateforme qui va rassembler les petites entreprises locales avec les consommateurs de la région. « La plupart des personnes qui seront visibles sur le site seront des femmes et des petites entreprises », assure-t-elle.
Le casse-tête de l’accès au financement
Pour se lancer, Layla Saligane a abandonné l’idée de financement, car elle explique avoir rencontré trop de barrières pour y accéder.
Pour Richard Kempler, « tout ce qui ressort en permanence c’est le manque de crédibilité d’une femme vis-à-vis des banques, c’est un biais, quelque part une certaine misogynie ». Agrandir leur entreprise permettrait aux femmes de mieux intégrer l’économie, mais dans le contexte d’un tel système endogène et criblé de biais, il demeure extrêmement difficile d’avoir accès à des financements quand on est une femme, explique-t-il.
Layla Saligane a autofinancée son entreprise au vu de nombreuses barrières pour sécuriser un financement externe. Gracieuseté
Sabine Soumare affirme également que 80 à 85 % d’entre elles utilisent leurs propres économies pour pouvoir financer leurs entreprises. Du côté du Nord, le même discours se répète. « Quand Monsieur entre à la banque pour acheter un tracteur, il n’y a pas de problème, quand Madame arrive pour acheter, la même chose, on lui demande plein d’affaires, puis on lui demande surtout la signature, un co-signateur », déplore Janie Renée Myner.
Progrès ou recul?
En trente ans, la société canadienne n’a que peu évolué au niveau de l’entrepreneuriat féminin. Des volets sont créés au sein des institutions, des banques afin de sensibiliser à la lutte des femmes pour un traitement égalitaire. Le thème retenu cette année pour le 8 mars « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation » appelle à faire de l’économie féminine une partie intégrante de cet écosystème.
Une stratégie sur l’entrepreneuriat féminin lancé en 2018 par le gouvernement fédéral soutient les efforts pour obtenir des données sur l’entrepreneuriat féminin et comprendre ses enjeux, mais sans suivi régulier ni pertinent, ces programmes deviennent obsolètes. « S’il n’y a pas d’impact, si c’est juste cocher une case et se dire qu’on se débarrasse de ce problème et puis se dire business as usual, c’est non », dit Sabine Soumare.
Chaque samedi, ONFR propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.
[CHRONIQUE]
Bien avant Mauril Bélanger, un autre député ayant également pour nom de famille Bélanger se hissa au rang des plus farouches défenseurs de la communauté franco-ontarienne, dès le début de l’imposition du Règlement 17 et jusqu’à sa mise au rancart. Le député Bélanger, Aurélien de son prénom, prononça il y a cent ans à l’Assemblée législative de l’Ontario deux discours phares qui contribuèrent à paver la voie à la fin de l’interdiction provinciale d’enseigner en français dans les écoles de l’Ontario. Retour sur cet épisode et sur ce personnage malheureusement oubliés de nos jours.
Né à Sainte-Scholastique, au Québec, le 18 mars 1878, Aurélien Bélanger suit ses parents à Ottawa en 1879*. Il fréquente l’École Brébeuf dans la Basse-Ville et étudie au Juniorat du Sacré-Cœur d’Ottawa, où il obtient un baccalauréat ès arts.
Surdoué, le jeune Bélanger empoche des diplômes en tous genres : titulaire d’une maîtrise ès arts (1902), il complète des études en droit (1913) et obtient un diplôme en comptabilité (1926). Au surplus, il décrochera un doctorat en pédagogie de l’Université Laval en 1937.
Bien qu’il lorgne une carrière en droit, l’archevêque catholique d’Ottawa le convainc que ses brillants talents seraient plus utiles pour la communauté franco-ontarienne s’il œuvrait en éducation.
Bélanger est successivement professeur à l’Université d’Ottawa (1896-1902), directeur de la comptabilité pour la construction du musée Victoria d’Ottawa (1904-1908, aujourd’hui le Musée canadien de la nature) et inspecteur des écoles bilingues de l’Est de l’Ontario (1908-1912).
À la suite à l’adoption du Règlement 17 en 1912, Bélanger, qui a alors 34 ans, démissionne avec fracas de son poste pour manifester son désaccord envers ce qui restreignait considérablement l’enseignement en français dans les écoles de l’Ontario. Il organise même la première assemblée de la résistance à Hawkesbury.
L’infatigable Bélanger est déjà impliqué depuis un certain temps en Ontario français : il est cofondateur de l’Association canadienne-française d’Éducation d’Ontario (actuelle Assemblée de la francophonie de l’Ontario) en 1908-1910 et du quotidien Le Droit d’Ottawa en 1913.
À la demande de son ami et complice Samuel Genest, il devient directeur des écoles bilingues auprès de la Commission des écoles séparées catholiques d’Ottawa que préside Genest.
Toujours aussi impliqué, ce militant cofonde en 1922 l’Association des instituteurs et des institutrices bilingues de l’Est de l’Ontario.
Le saut en politique et le discours d’une vie
Au début des années 1920, alors que le Règlement 17 sévit encore, l’élite franco-ontarienne de l’Est décide que la résistance doit se transposer à l’Assemblée législative de l’Ontario, avec la candidature de M. Bélanger aux élections provinciales. Il se fait élire député provincial de Russell (territoire recouvrant les actuelles circonscriptions d’Orléans et l’Ouest de Glengarry-Prescott-Russell) à l’élection générale provinciale de 1923, sous la bannière libérale.
En 1925, le futur chef du Parti libéral de l’Ontario et éventuel premier ministre de la province Mitch Hepburn donne pour mission à Aurélien Bélanger de prononcer « le discours de sa vie » contre le Règlement 17.
Devant l’Assemblée législative, le député Bélanger livre la prestation de sa vie les 3 et 6 avril 1925 : pendant plus de six heures au total, et jusqu’aux petites heures du matin, il prononce des plaidoyers en faveur des intérêts scolaires des Franco-Ontariens, d’un point de vue légal, historique et politique.
« Même si nous voulons apprendre l’anglais, nous voulons aussi connaître le français! » lance-t-il aux députés, signalant d’ailleurs que d’autres pays permettent des écoles dans la langue de la minorité sur leur territoire, tels que la Belgique ou la Suisse. Son discours vante les vertus pédagogiques de l’enseignement dans la langue maternelle, du droit des parents de décider de l’éducation de leurs progénitures et du statut de la langue française comme langue cofondatrice du pays.
À la fin de sa plaidoirie, Bélanger dépose une résolution à l’Assemblée qui :
1) Protégerait les écoles actuelles et futures de l’Ontario où l’on enseigne en français,
2) Accorderait la formation nécessaire aux instituteurs pour enseigner en français en Ontario.
Le brillant orateur gagne la confiance des membres des deux partis. Des députés anglophones de l’opposition appuient sa résolution. Son discours entre dans la légende!
Création d’une commission d’enquête
Le discours de Bélanger ne laissera personne indifférent et provoquera une prise de conscience au sein du Parti conservateur au pouvoir à l’époque. Le premier ministre (et ministre de l’Instruction publique) Howard Ferguson annonce en octobre 1925 la création de la Commission d’enquête Scott-Merchant-Côté, chargée d’enquêter sur le Règlement 17. Pour plusieurs observateurs c’est une conséquence directe des discours prononcés par M. Bélanger en avril.
Cette commission déposera un rapport en 1927 qui recommandera la mise au rencart du Règlement 17. Le gouvernement adoptera toutes les recommandations de la commission d’enquête, et le Règlement XVII devenant inopérant le 1er novembre 1927.
Réélu aux élections provinciales de 1926, l’élu franco-ontarien restera député jusqu’aux élections de 1929 où il ne se représente pas. Après une pause de cinq ans, où il devient notamment président général de la Société Saint-Jean-Baptiste d’Ottawa en 1933-1934, il effectue un retour en politique active en étant élu dans le comté voisin de Russell, celui de Prescott dans l’Est ontarien lors des élections de 1934. Il sera réélu aux élections de 1937, 1943 et 1945, avant de prendre sa retraite en 1948.
L’année suivante, il reçoit un doctorat honorifique en droit de l’Université d’Ottawa.
Au moment de recevoir la médaille de la Fidélité française du Conseil de la vie française en Amérique en 1952, le conseil déclare que « la cause franco-ontarienne n’a jamais connu de défenseur plus intrépide ni d’ambassadeur de la pensée française plus convaincu. Le nom d’Aurélien Bélanger ira rejoindre dans l’histoire des revendications scolaires, religieuses et nationales de nos minorités, ceux des plus vénérés chefs de notre histoire. »
Marié à Alida Rochon, il est père de six enfants. Au moment de son décès à Ottawa le 12 février 1953, le quotidien Le Droitécrit en éditorial : « Avec la mort de M. Bélanger, c’est une page de l’histoire franco-ontarienne qui s’envole. »
Ses funérailles auront eu lieu en l’église St-Charles-Borromée à Eastview (Vanier) et son inhumation au Cimetière Notre-Dame d’Ottawa. Malheureusement, son nom n’apparaît pas dans la toponymie de l’Ontario français et ses faits d’armes sont oubliés dans la mémoire collective franco-ontarienne.
* Précisons qu’il n’y a pas de lien de parenté entre Aurélien Bélanger et Mauril Bélanger, député fédéral d’Ottawa-Vanier de 1995 à 2016.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.
Avec la création de deux ligues professionnelles dans des sports majeurs comme le hockey sur glace et le soccer et l’arrivée d’une équipe de basketball de WNBA à Toronto, les possibilités de carrière offertes aux athlètes franco-ontariennes dans leur propre province ou à travers le Canada se multiplient depuis 2024.
La LPHF quasiment sans concurrence
Le premier sport majeur à se jeter à l’eau pour lancer sa ligue professionnelle féminine a été le hockey sur glace. Annoncée officiellement le 14 août 2023, la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) a entamé sa première saison le 1er janvier 2024.
Composée de six équipes réparties entre le Canada et les États-Unis, elle s’est directement imposée comme la meilleure ligue au monde, regroupant les joueuses les plus talentueuses de ce sport, majoritairement américaines et canadiennes (plus de la moitié de la ligue) mais aussi internationales (dix autres pays représentés), bien que certaines des meilleures joueuses européennes ont décidé de rester sur le Vieux Continent.
L’Ontario est fortement représenté avec des équipes à Toronto et Ottawa, soit deux des six franchises qui y sont implantées. Du fait de la forte compétitivité au sein de la ligue qui compte les meilleures joueuses au pays, il n’y a pour le moment pas de joueuses identifiées comme Franco-Ontariennes au sein de la ligue, mais cette dernière représente une opportunité qui n’existait pas par le passé pour les jeunes franco-ontariennes évoluant à l’université, que ce soit au Canada ou aux États-Unis de pouvoir rester en Amérique du Nord et poursuivre une carrière professionnelle. Aux deux équipes de l’Ontario, s’ajoute Montréal, la capitale francophone du Canada.
Si tout n’est pas encore parfait avec seulement deux ans d’existence, la ligue se porte bien économiquement et envisage déjà l’ajout de nouvelles équipes à l’avenir. Ceci devrait augmenter les chances, dans un futur proche, de voir des Franco-Ontariennes évoluer au plus haut niveau mondial.
Un contexte très concurrentiel pour le soccer
Si pour le hockey sur glace, l’objectif de l’arrivée de la LPHF était d’emblée de regrouper les meilleures joueuses américaines et canadiennes dans un contexte peu concurrentiel, la création en soccer de la Super ligue du Nord (SLN), qui va inaugurer sa première saison en avril prochain, se fait avec des objectifs différents. Face aux géants que représentent la ligue américaine de soccer (NWSL) et surtout les grands championnats européens, l’objectif sera dans un premier temps, à l’image de ce qu’offre la Première ligue canadienne de soccer (PLC) chez les hommes, de donner des opportunités professionnelles aux jeunes joueuses canadiennes issues des universités.
Difficile donc d’imaginer les meilleures joueuses franco-ontariennes comme Vanessa Gilles (Olympique lyonnais, France) ou Cloé Lacasse (Royals de l’Utah, NWSL) rejoindre cette ligue dès maintenant – pourquoi pas en fin de carrière? – mais des débouchés s’offrent désormais aux jeunes joueuses francophones de la province de rejoindre l’une des six équipes de la ligue. Comme pour la LPHF, la SLN compte deux équipes en Ontario à Toronto et Ottawa et une équipe à Montréal, les trois autres étant basées à Halifax, Calgary et Vancouver.
Les effectifs sont annoncés au compte-goutte sur les réseaux sociaux, mais on sait d’ores et déjà que le Rapide d’Ottawa a signé la Franco-Ontarienne Florence Belzile, joueuse locale qui arrive en provenance de l’Université du Nebraska.
La ligue ambitionne tout de même d’offrir un haut niveau de compétition avec des joueuses internationales en fin de carrière comme Desiree Scott, qui a rejoint l’équipe d’Ottawa, ou tout récemment appelées en équipe nationale lors de la Coupe Pinatar comme Megan Regan (AFC Toronto) et Samantha Chang (Rise de Vancouver).
La saison débute le 16 avril avec un duel entre Calgary et Vancouver. Toronto ouvrira contre Montréal le 19 avril puis se déplacera à Ottawa qui lancera son histoire avec un derby de l’Ontario le dimanche 27 avril à la Place TD.
La WNBA à Toronto, enfin
Il va falloir encore attendre un peu plus d’un an, mais Toronto aura bien une équipe dans la WNBA. Annoncée en mai 2024, la franchise d’expansion accordée à la Ville Reine, la première en dehors des États-Unis, a depuis le 5 décembre dernier un nom le Tempo, depuis le 20 février dernier une directrice générale Monica Wright Rogers et depuis le début du mois une co-propriétaire très populaire et de renom en la personne de Serena Williams.
En attendant les débuts de l’équipe en 2026, les partisans canadiens rêvent déjà de voir les meilleures joueuses du pays comme Kia Nurse, Bridget Carleton ou encore Aalyah Edwards rejoindre les rangs de la franchise canadienne. Côté franco-ontarien, Laeticia Amihere, qui sort d’une excellente saison d’hiver en Australie avec un titre de meilleure joueuse de la ligue et un contrat décroché avec les Valkyries de Golden State pour faire son retour en WNBA, fait partie des joueuses qu’on aimerait voir à Toronto.
Autre nom qui fait saliver mais qui ne sera pas disponible avant encore trois années à passer à l’université : Syla Swords. La Franco-Ontarienne fait parler d’elle pour de très bonnes raisons. À tout juste 19 ans, elle a déjà engrangé de l’expérience internationale avec la sélection canadienne aux Jeux olympiques de Paris l’été dernier. Dans sa première année à l’Université du Michigan elle flambe dans la WNCAA, le championnat universitaire américain. Promise à un bel avenir, elle incarnerait parfaitement la franchise canadienne.
Les partisans franco-ontariens en rêvent, tout comme son père Shawn, ancien international canadien et entraîneur avec les Nets de Long Island dans la G League. Et si Syla n’atterrisait pas au Tempo? La bonne nouvelle, c’est qu’elle a également une jeune sœur âgée de 16 ans Savannah, qui suit le chemin tracé par son aînée.
L’Ontario a atteint un record de sa proportion d’immigrants francophones dans la province en 2024, doublant presque celle atteinte dans les deux dernières années, alors que près d’un nouvel arrivant ontarien sur dix parlait la langue de Molière.
C’est ce que révèle de récentes données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) concernant l’immigration francophone au pays. En 2024, 9,58 % des nouveaux résidents permanents en Ontario étaient des francophones, soit près d’un sur dix.
« C’est incroyable. Finalement, les 20 ans et plus d’efforts aboutissent enfin. Avant la pandémie, on n’arrivait pas à frôler même le 2 % », rappelle la chercheuse de l’Université d’Ottawa et spécialiste en immigration francophone, Luisa Veronis.
Ces données excluent les résidents temporaires comme les travailleurs saisonniers ou encore les étudiants internationaux. Il s’agit d’un record depuis 2015, soit les dernières données accessibles d’Immigration Canada, pour l’Ontario. L’an 2023 et 2022 suit comme la seconde et troisième année la plus faste en matière d’immigration francophone avec respectivement 5,76 % et 5,28 % dans la plus grosse province canadienne.
« Si le pourcentage d’immigrants francophones, toute catégorie, dépasse le poids démographique de la francophonie ontarienne, ça va venir (nous) affecter positivement et c’est certainement de bonnes nouvelles », réagit le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) Fabien Hébert.
Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Photo : ONFR/Lila Mouch
Poids démographique des Franco-Ontariens
L’AFO demande au fédéral et à la province d’augmenter le nombre d’immigrants francophones en Ontario, citant cette réclamation comme un moyen de lutter contre la chute du nombre de Franco-Ontariens au cours des dernières années. Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, les Franco-Ontariens représentaient 3,4 % de la population de l’Ontario.
Pour Luisa Veronis, ce bond en 2024 pourrait s’expliquer par le fait qu’un plus grand nombre de dossiers au ralenti, comme pour des travailleurs temporaires et des étudiants internationaux au pays, ont été débloqués.
Elle souligne aussi que le programme Entrée Express, un système qui sélectionne des travailleurs qualifiés basés sur un système de pointage, accorde de plus en plus de points pour les candidats qui ont une bonne maîtrise du français. Selon IRCC, il s’agit d’année après année de la catégorie la plus représentée parmi les immigrants francophones hors Québec.
« Ils ont séparé les bassins et les francophones ne sont plus désavantagés », explique Luisa Veronis.
« Avant, ils étaient perdus dans la masse. S’il y avait des anglophones qui avaient de meilleurs pointages, il prenait la crème de la crème », complète la titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes.
Luisa Veronis, professeure de l’Université d’Ottawa et spécialiste en immigration francophone. Photo : Gracieuseté
Parmi les autres provinces, on compte une hausse proportionnelle pour le Nouveau-Brunswick qui est passé de 26 % en 2023 à 30 % en 2024. À noter que près de 15 % n’ont pas précisé leur province ou territoire, un autre nombre plus élevé qu’en 2023 (6,25 %).
À l’échelle nationale, le fédéral a d’ailleurs atteint son objectif en immigration francophone cette année. Cela survient alors que le Canada a accueilli 483 390 immigrants permanents en 2024, un nombre amené à baisser dans les prochaines années entre 365 000 et 395 000, ce qui fait dire à la professeure de l’Université d’Ottawa que le Canada pourrait atteindre à nouveau sa cible francophone en 2025, qui sera de 8,5 %.
Mais cette dernière s’inquiète que ces chiffres pourraient cacher les difficultés autour de la crise du logement et la recherche d’emplois pour ces nouveaux résidents, rappelant que le Canada et l’Ontario perdent près du tiers de leurs immigrants francophones, selon un rapport du Conference Board du Canada.
L’atout économique ontarien
En matière de nombre pur, on parle d’un ajout de 19 706 nouveaux arrivants francophones en Ontario en 2024, la province ayant accueilli un peu moins de 206 000 immigrants, toutes langues confondues, dans la dernière année.
À titre de comparaison, il s’agit d’un nombre similaire pour l’Ontario à ce que la francophonie canadienne, excluant le Québec, avait reçu en entier en 2023. Les provinces et territoires canadiens avaient alors accueilli 19 700 immigrants francophones.
Il n’existe pas de données pour le moment à savoir le nombre précis d’immigrants dans les autres provinces, mais dans les dernières années, c’est près de la moitié de la population francophone immigrante hors du Québec qui avait fait le choix de l’Ontario.
« Au niveau communautaire, il y a beaucoup d’efforts et vu que l’Ontario a plus d’institutions francophones, plus de ressources et réseaux, ça l’aboutit à plus (d’immigrants) que des provinces où la francophonie est moins grande », estime Luisa Veronis.
Le président de l’AFO appelle d’ailleurs le gouvernement ontarien à mettre les bouchées doubles concernant la venue d’immigrants francophones, rappelant que la main-d’œuvre bilingue contribue à près de 80 milliards du PIB de l’Ontario, soit 12,1 % selon la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario.
« Si on augmente l’immigration francophone et rétablit notre poids démographique, ça va encore jouer un plus grand facteur », pense M. Hébert.
Luisa Veronis souligne que des villes comme Toronto, pour son attrait économique, et Ottawa, pour sa présence du français, jouent gros dans la balance pour de possibles futurs résidents permanents conversant dans la langue de Molière, qui visent la plus grosse province canadienne.
« L’Ontario est très avantagé par rapport aux autres provinces. Beaucoup d’immigrants s’intéressent au monde anglophone et donc l’Ontario est vraiment la plateforme idéale. Ils voient l’Ontario comme leur offrant le plus de possibilités », affirme la chercheuse.
TORONTO – L’insécurité linguistique, un phénomène qui touche aussi bien les francophones que les apprenants du français, a été au cœur des discussions lors d’une conférence au Collège Massey ce jeudi à l’occasion du Mois de la Francophonie. Cet événement, qui réunissait des experts issus de divers milieux, a mis en lumière les défis rencontrés par les francophones en situation minoritaire en Ontario et les solutions envisagées pour y répondre.
L’insécurité linguistique, définie comme un sentiment de malaise ou d’anxiété lié à l’usage du français, ne concerne pas uniquement les apprenants de la langue. Comme l’a souligné Marco Fiola, principal du Collège Glendon, même un francophone natif peut ressentir une insécurité face à des variétés de français jugées plus prestigieuses. Il a rappelé que cette insécurité commence parfois dès l’enfance, lorsque les élèves constatent des différences entre le français parlé à la maison et celui enseigné à l’école, prenant pour exemple son expérience personnelle.
« J’ai grandi dans un environnement francophone unilingue, confie-t-il. J’ai grandi dans une ferme, le français était omniprésent autour de moi au quotidien, mais je n’étais pas un francophone scolarisé ni un spécialiste. Quand je suis allé à l’école, j’avais l’impression d’apprendre ma première seconde langue. »
La juge Julie Thorburn qui a introduit le premier des trois panels du jour sur le sujet de l’insécurité linguistique a, quant à elle, mis en avant l’importance du français dans l’identité culturelle et personnelle. « La langue est plus qu’un moyen de communication. Elle est le pont entre l’isolement et la collectivité », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de préserver et promouvoir son usage.
Un manque de reconnaissance et de financement
L’un des problèmes majeurs soulevés par Geneviève Grenier, présidente du Conseil scolaire catholique MonAvenir, est le manque de financement pour les services et établissements en français. Cette dernière a pointé du doigt les difficultés d’accès aux écoles francophones dans certaines régions : « En Ontario, certains élèves doivent parcourir jusqu’à 1 h 30 pour accéder à une école secondaire en français. Nous devons nous battre pour nos droits linguistiques et rappeler aux gouvernements leur devoir de financement ».
L’animatrice du panel Sandhya Mylabathula a aussi partagé ses expériences personnelles de l’insécurité linguistique qui touche les apprenants du français non francophones. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Ce manque de ressources touche également les services de santé et juridiques. M. Fiola a illustré ce point en expliquant que l’accès à un médecin francophone est une rareté à Toronto, ce qui peut avoir un impact direct sur la qualité des soins reçus par les patients francophones.
Des solutions et un appel à l’action
Malgré ces obstacles, des solutions existent. L’une d’elles est l’encouragement à utiliser activement les services en français pour assurer leur maintien. « Un service en français, s’il n’est pas utilisé, disparaît », a affirmé Marco Fiola, appelant les francophones et francophiles à revendiquer leurs droits linguistiques.
De son côté, Geneviève Grenier a plaidé pour une collaboration renforcée entre les institutions francophones de la province : « Il faut que tous les acteurs de l’écosystème francophone travaillent ensemble pour renforcer notre présence et garantir l’avenir du français en Ontario ».
Enfin, plusieurs intervenants ont mis en avant la richesse que représente la dualité linguistique au Canada. Leorrianne Lim, agente de promotion des programmes de langues officielles, dont le français est sa troisième langue, a insisté sur la nécessité de créer davantage d’opportunités pour pratiquer le français en dehors du cadre scolaire, afin de renforcer la confiance des locuteurs.
Un avenir à construire ensemble
Cette conférence a permis de rappeler que la francophonie ontarienne est une richesse à protéger et à promouvoir. Pour cela, il est essentiel que les francophones et francophiles revendiquent leurs droits, utilisent les services disponibles et encouragent une reconnaissance accrue du français comme une composante essentielle de l’identité canadienne. Comme l’a résumé Marco Fiola, « si le pays entier reconnaissait pleinement la richesse de cette dualité linguistique, nous pourrions faire des miracles ».
KAPUSKASING – Une semaine après le scrutin provincial, une incertitude demeure sur l’identité du candidat ayant remporté l’élection dans Mushkegowuk-Baie James. Mardi soir, on apprenait qu’un recomptage aura lieu le 17 mars pour déterminer le nombre de votes séparant les deux premiers candidats.
Huit votes. C’est l’écart réel existant entre le candidat néo-démocrate, Guy Bourgouin et son adversaire, le progressiste-conservateur et maire de Kapuskasing, David Plourde, selon la compilation officielle des résultats par Élections Ontario rendue publique ce mardi.
Jeudi soir dernier, c’était quatre votes d’écart qui avaient été comptabilisés avec une victoire attribuée à Guy Bourgouin, le député sortant lequel a recueilli 3 610 suffrages.
Compilation officielle des résultats dans Mushkegowuk Baie-James, circonscription majoritairement francophone à 60 %. Source : Élections Ontario
Comment expliquer cette différence de quatre voix? Selon Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, c’est très simple : « Il y a eu des bulletins qui sont rentrés par la poste et ça ne traduit pas fidèlement les autres alors on a continué à compiler puis il y en a eu quatre de plus à ajouter pour le candidat. »
Élections Ontario indique que la différence des votes étant inférieure à 25, un recomptage aura lieu pour cette circonscription et celle de Mississauga—Erin Mills.
« Par conséquent, aux termes de la Loi électorale, les directeurs du scrutin demandent, par voie de requête, un dépouillement judiciaire dans ces circonscriptions », pouvait-on lire dans un communiqué.
Vers un recomptage des bulletins de vote
Selon la Loi électorale ontarienne, le juge a quatre jours (à l’exception du samedi) après la diffusion de la compilation officielle des résultats pour désigner un moment pour le recomptage.
Le dépouillement doit avoir lieu dans les 10 jours suivant l’audience du juge et après avoir notifié les candidats. Selon des informations obtenues par ONFR et confirmées par Élections Ontario, le recompte aura lieu le 17 mars prochain.
Les politologues Geneviève Tellier (Université d’Ottawa) et Peter Graefe (Université McMaster). Montage ONFR
Le politologue Peter Graefe estime que le dépouillement devrait être fait en présence des candidats : « Le juge fait le dépouillement, mais les candidats ont le droit à être présents pour surveiller le recomptage, car il est possible qu’il y ait des cas où le juge peut considérer qu’un bulletin de vote est pour un candidat ou un autre ou que l’électeur a fait une erreur. »
« On a vu, au Canada, des cas où il y a eu un changement du résultat avec une marge plus importante après un recomptage »
— Peter Graefe
Il ajoute qu’il est possible pour les candidats de demander à faire appel s’ils estiment qu’ils sont en désaccord avec l’attribution des votes pour l’un ou l’autre des candidats, d’où l’importance d’assister au dépouillement. Le juge annonce le résultat officiel pour le comté qui sera reporté dans la Gazette de l’Ontario.
Le gagnant pourrait changer de camp
Les recomptages ne sont pas exceptionnels au Canada et en Ontario. Depuis 1975, il y a eu 17 recomptages dans huit élections, dont seulement deux ont eu lieu dans le nord de l’Ontario – à Cochrane-Nord en 1981 et à Thunder Bay-Atikokan en 2007.
M. Graefe juge toutefois que la différence de huit votes est assez exceptionnelle : « Huit voix d’écart, ce n’est pas beaucoup. On a vu, au Canada, des cas où il y a eu un changement du résultat avec une marge plus importante après un recomptage. »
Selon le professeur associé en sciences politiques à l’Université McMaster, le fait que l’Ontario utilise des tabulateurs électroniques pour ses élections permet d’augmenter la fiabilité des résultats.
La carte de la circonscription de Mushkegowuk Baie-James. Source : Assemblée législative de l’Ontario
« C’est peut-être un peu plus difficile quand quelqu’un vote avec un crayon. On a moins d’opportunités de faire des dessins ou autre qui pourraient donner lieu à des débats quant à l’intention de l’électeur. »
ONFR a tenté de joindre M. Guy Bourgouin et M. Plourde : le premier n’a pas souhaité commenter « afin de respecter le processus en cours » et sans réponse pour le second.
Dans sa seconde collaboration avec le réalisateur franco-belge Guillaume Senez, Romain Duris incarne Jay, un père désespéré qui sillonne Tokyo en taxi, hanté par la disparition de sa fille, enlevée neuf ans plus tôt par sa mère japonaise. Sur le point de renoncer et de rentrer en France, il voit soudain Lily monter à l’arrière de son taxi…
OTTAWA –« L’Alliance française d’Ottawa est résolument moderne et tournée vers l’avenir », affirme son directeur général, Samuel Coeytaux dans une entrevue avec ONFR à l’occasion de la célébration cette année des 120 ans d’existence de cette organisation.
L’Alliance française d’Ottawa connait une croissance remarquable : records d’inscriptions aux cours et aux examens, affluence accrue aux événements culturels et expansion de l’offre pédagogique.
« L’Alliance s’adapte en permanence, intégrant les avancées technologiques et les nouvelles méthodes d’apprentissage », explique Samuel Coeytaux qui dirige l’Alliance française d’Ottawa depuis 2020, soulignant que « grâce à son réseau international, elle bénéficie d’une expertise collective de plus de 15 000 professionnels, lui permettant d’être à la pointe de l’innovation ».
Dans ce sens, l’usage du numérique et de l’intelligence artificielle en enseignement fait partie de ses priorités, avec des méthodes pédagogiques renouvelées tous les trois ans pour garantir leur pertinence et leur modernité, explique le directeur de l’alliance qui se félicite par ailleurs du lancement récent de cours de français pour enfants, une initiative inédite localement.
« Si le réseau des Alliances françaises perdure depuis plus de 140 ans avec ses 835 établissements dans le monde — dont 10 au Canada —, c’est parce qu’il demeure pertinent et en constante évolution », est-il convaincu.
Samuel Coeytaux, directeur général de l’Alliance française d’Ottawa. Gracieuseté
L’Alliance française se positionne aussi au cœur des enjeux sociétaux dans un monde où le besoin de lien et de culture est essentiel. Son action dépasse l’apprentissage de la langue : elle s’incarne aussi dans une programmation culturelle engagée et une pédagogie innovante, estime M. Coeytaux.
Le modèle associatif de l’Alliance, relève-t-il, repose sur l’engagement de membres de la communauté locale qui œuvrent pour bâtir des ponts entre les différentes cultures. Elle joue ainsi un rôle clé dans le rapprochement entre francophones, anglophones et nouveaux arrivants dans la capitale nationale, une mission plus que jamais d’actualité, assure-t-il.
Explosion des demandes pour les examens de français
Ces dernières années, l’Alliance française d’Ottawa a également connu une augmentation significative des demandes pour les examens de langue comme le TEF et le TCF.
« Cette activité a connu une grande croissance, notamment en raison des décisions politiques du Canada visant à accueillir plus d’immigrants tout en imposant des règles plus strictes, notamment l’obligation de tests de langue pour certains permis d’études et d’immigration », explique Samuel Coeytaux.
Face à cette demande croissante, l’Alliance a su s’adapter avec agilité, explique sa direction.
En seulement un an, elle a multiplié par quatre le nombre de sessions d’examen, passant d’une journée d’examen hebdomadaire à quatre jours complets. Cette expansion a permis de réduire considérablement les délais d’attente et d’accueillir un nombre bien plus important de candidats. « Aujourd’hui, jusqu’à 18 personnes passent un test chaque jour, sur quatre jours par semaine. L’an dernier, environ 1 800 candidats ont été évalués, un chiffre qui devrait doubler cette année », précise M. Coeytaux.
Une célébration tout au long de l’année
En parallèle de son rôle clé dans l’apprentissage du français, l’Alliance française d’Ottawa s’attache aussi à dynamiser la scène culturelle locale. Les célébrations des 120 ans en sont une belle illustration.
Parmi les événements prévus, on cite Racontars Arctique — La ruée vers l’or, une soirée théâtrale alliant marionnettes, conte et musique, et organisée en partenariat avec la Ville de Gatineau.
Figurent également au programme deux concerts en avril, ainsi qu’une pièce de théâtre en mai, Euphrate, qui viendra enrichir cette offre culturelle diversifiée.
Mais l’événement phare de cette célébration est encore à venir : un grand gala viendra marquer officiellement les 120 ans de l’Alliance. Bien que la date et le lieu ne soient pas encore confirmés, M. Coeytaux confie qu’il se tiendra à l’automne 2025 dans un lieu prestigieux d’Ottawa.
« Lors de cette soirée exceptionnelle, des annonces importantes seront faites, notamment le lancement d’un programme de bourses destiné à faciliter l’accès aux cours de français pour les personnes à faibles revenus ». Ce projet s’inscrit dans la mission fondamentale de l’Alliance : promouvoir la langue française et favoriser l’inclusion culturelle.
OTTAWA – Le nombre d’immigrants francophones hors Québec a atteint 7,21 % de toute l’immigration canadienne en 2024, dépassant ainsi la cible établie par le gouvernement fédéral, pour une troisième année consécutive.
La cible établie par Ottawa pour l’immigration francophone hors Québec en 2024 était de 6 %, ce qui veut donc dire qu’elle a été dépassée par 1,2 %.
Les données d’Immigration Canada, démontre que ce nombre de 7,21 % pour 2024 est le plus élevé que le Canada n’a jamais obtenu depuis dix ans, 2023 était le deuxième plus proche avec 4,69 %. Il s’agit donc d’une augmentation de près de 2,5 % de 2023 à 2024. En 2022, l’objectif avait aussi été dépassé de justesse avec 4,44 %, soit quelques points de pourcentage au-dessus de la précédente cible de 4,4 %.
Entre 2001 et 2021, le gouvernement fédéral n’a jamais atteint à une seule reprise son but de 4,4 % de nouveaux arrivants hors du Québec parlant la langue de Molière. Entre 2015 et 2022, le nombre d’immigrants francophones hors Québec a varié entre 1,34 % et 3,61 % sans jamais passer près du 4,4 %.
Le ministre de l’Immigration Marc Miller. Photo : archives Stéphane Bédard
En octobre dernier, le ministre de l’Immigration Marc Miller avait bonifié la cible de son ministère pour les prochaines années : 8,5 % en 2025, 9,5 % en 2026 et 10 % en 2027. Ce nombre plus élevé avait été annoncé en même temps qu’une réduction des niveaux permanents d’immigration dans tout le Canada.
La réduction en chiffres :
2025 : de 500 000 à 395 000 immigrants permanents
2026 : de 500 000 à 380 000 immigrants permanents
2027 : 365 000 immigrants permanents
Au moment de cette annonce en octobre dernier, Marc Miller avait déjà signalé que son département était sur le point « d’atteindre la cible ambitieuse, augmentée de 50 %, de 6 % » pour 2024.
La Loi sur les langues officielles, adoptée en 2023, force le gouvernement fédéral à rétablir le poids démographique des francophones à 6,1 %, comme c’était le cas en 1971 et l’immigration est l’un des moyens mis de l’avant.
« C’est clair que le gouvernement fédéral a failli à son obligation dans le passé d’avoir des taux qui étaient respectueux de ce désir de rétablir ce poids démographique. Souvenez-vous que de peine et de misère, on a rencontré le 4,1 %, là, on est rendu à 6 cette année, c’est quand même 50 % de plus », avait affirmé Marc Miller l’automne dernier.
Dans une étude, le commissaire aux langues officielles avait signalé que ces manquements répétitifs à l’objectif avaient contribué au déclin du français au pays.
TORONTO – Ce premier jour d’imposition des tarifs douaniers de 25 % (et de 10 % pour l’énergie) pour tous les produits canadiens entrant aux États-Unis provoque un dispositif de contre-tarif en Ontario et au Canada. Tout juste réélu, Doug Ford confirme le retrait de l’alcool américain de la LCBO et la rupture du contrat Starlink. À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau réplique par des contre-droits de douane de 25 % sur des milliards de dollars de produits américains.
La veille, et après 30 jours de trêve tarifaire, le président américain Donald Trump a confirmé l’effectivité dès ce mardi 4 mars de l’imposition de tarifs douaniers à hauteur de 25 % pour tous les produits entrant aux États-Unis du Canada et d’un tarif réduit de 10 % pour l’énergie.
Ce « en attendant que la crise soit résolue », peut-on lire sur le site web de la Maison-Blanche.
En conférence de presse ce mardi, Doug Ford a annoncé de premières mesures de réponse, dès ce mardi : tous les alcools américains sont retirés des étagères de la LCBO, le contrat avec Starlink est rompu. Tout partenariat gouvernemental avec des entreprises américaines est également interdit.
Celui-ci a souhaité également la création d’une étiquette portant le drapeau canadien pour aider les consommateurs à identifier et choisir les produits canadiens.
Ford a indiqué aux journalistes que la deuxième étape comprendrait des surtaxes sur les minéraux critiques et la production d’électricité aux États-Unis, dont un tarif de 25 % sur l’électricité, avec possibilité de coupure de courant.
« Je ne veux pas commencer une guerre tarifaire, mais je veux gagner cette guerre tarifaire », avait déclaré Doug Ford la veille.
À l’antenne de CNN ce matin, le premier ministre ontarien s’est excusé auprès des Américains pour la contre-attaque tarifaire canadienne, priant les citoyens des États républicains de demander à leurs sénateurs de mettre un terme à cette « folie ».
« Donald, c’est vraiment stupide ce que tu fais », dit Trudeau
En conférence de presse ce mardi, Justin Trudeau a confirmé que le Canada avait déjà répliqué plus tôt mardi dès minuit avec ses propres des droits de douane de 25 % sur les marchandises américaines : des droits immédiats sur 30 milliards de dollars de marchandises, puis sur 125 milliards dans 21 jours.
S’adressant au président américain, Justin Trudeau a repris les mots d’un éditorial du Wall Street Journal, qui qualifiait le mois dernier les tarifs douaniers sur le Canada et le Mexique de « la guerre commerciale la plus stupide de l’histoire ».
« Donald, même si tu es un homme très intelligent, c’est vraiment stupide ce que tu fais », a lancé le premier ministre avertissant les Américains que l’inflation et les prix vont augmenter mais que « c’est votre gouvernement qui a choisi de vous faire ça à vous ».
Le premier ministre affirme avoir tenté de discuter avec Donald Trump dans les derniers jours, mais sans succès, dénonçant le « faux » argument de la lutte contre le fentanyl, à nouveau brandi par Donald Trump pour justifier ces tarifs.
« Ce n’est pas très clair ce qu’il veut exactement. La seule clarté, c’est que son but est de faire écrouler l’économie canadienne pour ensuite parler d’annexion », a soutenu Justin Trudeau en conférence de presse au Parlement.
Selon le premier ministre canadien, les saisies de fentanyl provenant du Canada effectuées à la frontière par les services américains ont baissé de 97 % entre décembre 2024 et janvier 2025, pour atteindre 0,03 livre. Il a aussi annoncé que le Canada portera plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce.
Matthew Shoemaker est le maire de Sault Ste. Marie, ville du Nord frontalière avec les États-Unis.
CONTEXTE :
Les droits de douane américains entrés en vigueur ce mardi visent tous les produits canadiens à hauteur de 25 %, excepté l’énergie taxée à 10 %.
ENJEU :
Pour des villes frontalières où les échanges avec les États-Unis participent largement à l’économie locale, l’impact se fera encore plus sentir qu’ailleurs. À Sault Ste. Marie, Algoma Steel et Tenaris Algoma Tubes sont des employeurs majeurs de la région.
« Quel est le sentiment dominante du côté de Sault Ste. Marie?
Inquiétant, c’est probablement le mot le plus approprié pour caractériser le sentiment ici. C’est un temps tellement incertain à cause du fait que l’administration américaine ne nous donne pas de cible définitive pour nous assurer que les tariffs ne soient pas mis en place. Alors si au moins on savait ce qu’il fallait faire pour que les tarifs ne soient pas mis en place, on le ferait certainement. Les Canadiens, comme les gens de Sault Ste. Marie, sont résilients alors on va se rassembler et affronter cela ensemble. Une chose est sûre, on ne va pas se laisser décourager.
La relation économique interconnectée et mutuellement bénéfique entre Sault Ste. Marie (États-Unis) et Sault Ste. Marie (Canada) est un modèle à suivre de coopération entre deux municipalités frontalières selon le maire canadien. Crédit image : ONFR/Inès Rebei
Une de vos publications sur le manque de soutien de a monarchie britannique a fait beaucoup réagir cette fin de semaine… Vous attendiez-vous à cela?
Oui je m’y attendais. C’est juste que ça me fâche parce que quand la Grande-Bretagne traversait une période difficile et que le Royaume avait besoin de l’aide des pays du Commonwealth, nous, on était là, que ce soit lors de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale. On les a défendus sans question et maintenant le Roi, qui n’est pas juste le roi de la Grande-Bretagne, mais celui du Canada, n’a pas d’opinion sur les affaires domestiques canadiennes alors que c’est le moment le plus difficile de notre Histoire.
Dans une publication Facebook, M. Shoemaker critiquait le refus de la monarchie anglaise de commenter sur les menaces du président américain d’annexer le Canada. Source : Matthew Shoemaker/Facebook
M. Trudeau est pourtant allé, lundi, à la rencontre du roi Charles pour discuter des enjeux liés à la souveraineté du Canada…
Je sais que le roi ne peut pas agir sans le conseil du premier ministre, mais ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas avoir une opinion là-dessus. Il peut avoir une opinion, et il en a beaucoup, par ailleurs, quand ce sont des affaires domestiques à la Grande-Bretagne. Mais évidemment, le Canada, ce n’est pas une cause assez importante pour qu’il ait une opinion sur les affaires domestiques.
Pour eux qui ne savent pas, pouvez-vous expliquer en quoi consiste l’Alliance des maires de la frontière dont vous faites partie?
C’est une organisation de maires et mairesses de villes qui à la frontière, lesquels se rassemblent pour faire face aux tarifs. Récemment, on a eu une rencontre avec le maire de Windsor à propos de l’impact que les tarifs auront sur nos industries, comme l’acier avecAlgoma Steel chez nous, puis on a enchaîné avec une rencontre avec les 33 autres maires de l’Alliance pour discuter de la stratégie à plus long terme. On va avoir aussi avoir des discussions dans les prochaines semaines pour parler avec le gouvernement fédéral et nos propre gouvernement provincial parce que les maires et les mairesses sont un peu partout autour du pays, car ce n’est pas juste l’Ontario, mais aussi la Colombie-Britannique, le Nouveau-Brunswick, le Québec.
À droite, le maire de Windsor, Drew Dilkens, président de la Border Mayors Alliance, s’est rendu à Sault Ste. Marie il y a dix jours pour rencontrer le maire Matthew Shoemaker et des entreprises locales qui seraient directement touchées par les tarifs sur l’acier. Source : Sault Ste. Marie
Peut-on s’attendre à un impact au-delà de l’industrie de l’acier à Sault Ste. Marie ?
Oui, on sait que, pendant la lutte des tarifs en 2018-2019, c’était plus de 100 millions de dollars d’impact sur l’industrie de l’acier et 75 000 emplois perdus et ça, c’était de l’argent qui n’était pas injecté dans l’économie locale parce que l’argent allait dans des investissements dans l’usine. Alors, on peut s’attendre à un impact semblable cette année chez nous et sans oublier que ça fera augmenter le prix de l’acier du côté américain. Ce sera absolument terrible pour notre communauté, et on ne veut pas ça. J’ai communiqué avec le gouvernement fédéral et provincial pour nous assurer que nous puissions réduire les conséquences négatives au maximum.
Nous sortons tout juste d’une période électorale provinciale et une incertitude au niveau fédéral, avez-vous pu mettre en avant votre situation?
Pendant la campagne électorale, il y a eu une sorte de pause et ça a limité ce qu’on pouvait communiquer et puis, du côté du parti du gouvernement fédéral, il y a une élection de la chefferie libérale qui s’en vient le 9 mars. Alors, effectivement, ça ne nous donne pas du grand confort que les partis provinciaux et fédéraux sont plus concentrés sur leur fortune électorale que sur le bien-être de nos communautés. »
Catherine Corriveau est directrice principale pour les politiques publiques et les initiatives stratégiques au Democratic Engagement Exchange, une organisation sans but lucratif non partisane. Basée au Toronto Metropolitan University, celle-ci vise à créer les structures pour une démocratie inclusive au Canada.
CONTEXTE :
Élections Ontario a révélé un taux de participation de seulement 45,4 % à l’issue des élections provinciales, soit une abstention bien plus élevée de 54,6 %.
ENJEU :
Mobiliser les Ontariens à voter davantage pour élire un gouvernement qui reflète les vues et idéologies de la majorité de la population.
« Comment analysez-vous le taux d’abstention de ce dernier vote et qu’est-ce que cela dit du résultat?
Ce n’est pas très encourageant, mais ce n’est pas surprenant en raison du caractère surprise des élections qui affecte encore plus les taux de participation. Elles étaient intègres, le processus était démocratique et les résultats le reflètent. En revanche, quand une majorité des électeurs ne participe pas, 55 % d’abstention, ça ne dit rien de bon de l’état de la santé démocratique.
Pourquoi les électeurs sont-ils désengagés et ne se sont-ils pas mobilisés?
Il y a une croyance généralisée que leur vote ne fera pas la différence, ce qui est faux. Il suffit de voir que, dans certaines circonscriptions, un candidat plutôt qu’un autre a été élu à 4, 20 ou 40 voix d’écart. Chaque voix compte.
Le problème du système de vote actuel est qu’il n’est pas nécessairement représentatif du vote populaire. Le Parti libéral avait par exemple 30 % des votes et n’a pas eu 30 % des sièges, ce qui est un peu problématique bien qu’il n’y ait pas de corrélation avec le taux de participation au vote.
Avec ces élections de dernière minute, les électeurs n’ont pas eu le temps de se mobiliser ni de s’informer et les candidats pas le temps de présenter leur plateforme.
« La solitude est un facteur clé du non-vote. Les personnes isolées votent moins »
— Catherine Corriveau
En ce moment il y a un contexte médiatique qui est saturé : le débat fédéral, la course au leadership des libéraux, la guerre commerciale avec les États-Unis… Autant de distractions qui ont éclipsé le contexte ontarien.
En outre, un effritement du tissu social est à noter entre l’individu et la communauté. La solitude est un facteur clé du non-vote. Les personnes isolées votent moins. Notre recherche commune avec Abacus Data a révélé qu’un tiers des Canadiens se sentent seuls. Celles-ci ne vont pas se sentir concernées par un enjeu qui touche la communauté.
Le déclin du journalisme local, qui n’informe pas sur les enjeux locaux, et une montée du discours politique toxique en ligne, soit un désenchantement et un manque de confiance dans les politiciens, aggravent le tout.
Les partis d’opposition se sont-ils suffisamment adressés à la population?
Beaucoup de gens n’ont en effet pas reçu d’information dans leurs boîtes aux lettres, manque de flyers, d’affichage, etc., donc oui les partis auraient pu en faire plus.
Cela étant dit, les partis qui ne sont pas au pouvoir ont été mis en difficulté avec des élections si rapides : trouver les candidats, les approuver, les mobiliser, etc. Pour ces derniers, ça implique également de s’arrêter de travailler pour faire campagne, sans parler de la mobilisation nécessaire colossale de bénévoles.
Étant au pouvoir depuis sept ans, le Parti progressiste-conservateur a été avantagé, étant très préparé et ayant à disposition beaucoup de moyens. Doug Ford a aussi été omniprésent dans les médias avec les tarifs. C’était un moment très opportun pour faire ces élections très rapidement.
Lorsque l’on voit la différence entre les votes de popularité versus le gain de sièges, le système de vote actuel représente-t-il suffisamment les opinions des Ontariens?
C’est sûr qu’un système de représentation proportionnelle serait plus idéal dans ce contexte. Si on obtenait 30 % des votes, on obtiendrait 30 % des sièges. Il y a des pour et des contre pour chaque système. Celui-ci peut mieux refléter le nombre de voix, mais peut mener à un gouvernement de coalition, ce qui peut être inefficace et instable parfois.
Résultats non officiels par parti, le nombre de sièges gagnés à l’Assemblée en comparaison du nombre de voix pour chacun. Source : Élections Ontario
Une réforme serait-elle envisageable à ce niveau?
C’est quelque chose qu’on aimerait voir, mais c’est idéaliste et ça nécessiterait énormément de volonté politique. On n’a pas vu ça encore. En 2015, Justin Trudeau (au fédéral) avait promis ce changement. En démissionnant, il a d’ailleurs dit qu’un de ses plus grands regrets était de ne pas avoir réformé le système électoral. Le gouvernement actuel majoritaire en Ontario n’aurait pas intérêt à le faire.
Selon moi, s’il y avait un taux de participation plus élevé, on aurait un gouvernement plus représentatif de ce que la majorité des Ontariens veut. Tout le monde a un rôle à jouer. »
TORONTO – Pendant quatre jours, du 27 février au 2 mars, le Salon du livre de Toronto, qui se déroulait dans les locaux de l’Université de l’Ontario français, a mis en avant la diversité de la culture littéraire franco-ontarienne avec pour thème central l’inclusion.
Dans un contexte politique particulier depuis les dernières élections américaines et le retour de Donald Trump au pouvoir de l’autre côté de la frontière, il était important pour toute l’organisation du salon de mettre en avant les valeurs d’inclusion et d’accessibilité, incontournables au sein d’une communauté franco-torontoise très diversifiée.
La pièce principale du salon regroupant les auteurs et les maisons d’édition. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Au moment de tirer un bilan de cette 32e édition, le président Valéry Vlad a insisté sur cette mission que s’était donnée l’événement cette année.
« On voulait que la communauté, que les auteurs, les éditeurs, les éditrices, les autrices prennent conscience de l’importance de l’inclusion et de l’accession. Non seulement par rapport à ceux et celles qui lisent les livres, mais surtout par rapport au monde qui nous entoure, pour réaffirmer, si on veut bien, nos valeurs. Nos valeurs d’inclusion, nos valeurs identitaires, nos valeurs de diversité, de toutes sortes. »
Pour remplir cette mission, le salon a d’abord accueilli la jeunesse pour des ateliers lors des deux premières matinées jeudi et vendredi. Des étudiants de l’UOF, Glendon et le Collège Boréal ont également pris part à un concours, le Prix Jeune talent littéraire, remporté par l’Université de l’Ontario français.
Ce sont deux étudiants de l’UOF qui ont remporté le Prix Jeune talent littéraire. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Lors de l’après-midi du deuxième jour, les ateliers jeunesse ont cédé la place aux aînés qui se sont essayés à la création poétique. Les deux jours suivants ont permis de mettre l’accent sur le thème de cette année avec des tables rondes sur les littératures queer et autochtones, sur la culture d’annulation, l’écriture inclusive ou encore littérature et handicap lors de la dernière journée.
Abordé ce thème cette année semblait impératif pour Valéry Vlad, le président du conseil d’administration, inquiet de l’avenir de la francophonie en Ontario.
« Je suis convaincu que si on n’agit pas, il est possible que dans quelques années, on va avoir un dernier panel qui ne s’appellera plus En route vers le mois de la francophonie mais En route vers le mois de la francophobie. Ce sont ceux qui nient la francophonie au Canada et son droit d’exister au Canada, ailleurs qu’au Québec, qui vont fêter leur victoire contre la francophonie ontarienne. Donc il faut qu’on affirme et réaffirme fort quelles sont nos valeurs. »
Et d’ajouter : « Les anglophones ne se rendent pas compte que si nous, les francophones, perdons nos valeurs, c’est le Canada qui n’existera plus. Nos valeurs sont communes. La diversité, c’est une valeur canadienne, que ce soit anglophone ou francophone. À l’inverse, de l’autre côté de la frontière, on commence à l’interdire. Donc, il faut se défendre. Au-delà du danger économique qui est sûr et certain, il y a ce danger culturel qui nous guette. »
Des inquiétudes face au nombre décroissant de librairies francophones
Présente au salon, la librairie d’Oakville Il était une fois est désormais, depuis la fermeture du Children’s French Book Corner, la dernière librairie francophone de la région du Grand Toronto. Une preuve du recul dangereux de la langue française dans la région.
« À l’époque où j’ai découvert le salon, il y avait trois librairies, dont une très grande ici, sur Queen East. Trois librairies francophones, confie Valery Vlad qui président le salon depuis 18 ans. Je comprends l’argument de l’Internet, de l’achat en ligne, mais est-ce qu’on peut apprendre aux enfants le goût du français, le goût du livre, en leur disant « Allez en ligne »? Ici, au Salon du livre, on fait venir les jeunes pour les mettre en contact avec le monde du livre. »
Photo : Mickael Laviolle/ONFR
Le brunch littéraire pour rapprocher les auteurs et le public
Le salon s’est conclu par une nouveauté rapprochant le grand public des auteurs : le brunch littéraire. Parmi les auteurs présents, Didier Leclair tout juste lauréat du Prix Alain-Thomas 2025 a pu partager un passage de son roman Le Prince africain, le traducteur et le nazi.
La journée de dimanche a été aussi marquée par la présence d’Édith Dumont, la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, venue assister à la remise des récompenses. L’organisation a également tenu à souligner l’engagement sur l’intégralité du salon de la présidente d’honneur Djemila Benhabib qui s’est livrée sur son parcours lors d’une entrevue de près de 30 minutes dimanche après-midi.
TORONTO – Mélanie Danna est Directrice principale, Stratégie et Opérations chez Giants of Africa (GOA), une organisation fondée par Masai Ujiri en 2003. GOA accompagne les jeunes de différents pays d’Afrique dans leur développement personnel en leur offrant des infrastructures, des camps et des ressources. À travers le basketball, l’organisation transmet des valeurs essentielles comme la discipline, l’esprit d’équipe et la résilience, formant ainsi de futurs leaders dans leur communauté.
Pour ONFR, elle revient sur son parcours, depuis la France jusqu’à Giants of Africa, en passant par les Raptors 905, et partage son engagement au sein de l’organisation. Elle évoque les actions menées par GOA, l’impact de ces initiatives sur les jeunes, ainsi que la manière dont son travail façonne son quotidien, entre passion, défis et engagement personnel.
Quel est votre rôle au sein de Giants of Africa?
« Mon rôle, c’est de superviser toute la construction de A à Z des terrains de basket. Je suis aussi responsable du programme du réseau des anciens. Depuis la création de l’organisation, on a une base de données des anciens participants aux programmes, on leur permet d’avoir du mentorat et des ressources pour réaliser leurs projets.
Les camps, les terrains et les anciens membres sont vraiment mes trois axes prioritaires, sachant que les terrains sont notre grand projet actuel. Le but est de construire 100 terrains de basket en Afrique. Il n’y a pas de date limite d’expiration, mais quand on y arrivera, on sera super content. Et si on peut toucher le plus de pays possible, tant mieux.
Dernièrement, un terrain a été construit à Toronto. Est-ce que vous avez mené d’autres actions au Canada notamment pendant le Mois de l’Histoire des Noirs qui vient de se terminer?
Au Canada, nos actions principales se font en partenariat avec MLSE. Nous avons construit des terrains à Edmonton, Toronto et prochainement à Halifax avec leur soutien. Pour ce qui est du Mois de l’Histoire des Noirs, nous avons travaillé avec les Raptors 905 sur le design de leur maillot, conçu par notre directeur artistique. C’est notre contribution, mais nous n’avons pas nécessairement mené d’actions spécifiques autour de ce mois. Pour nous, c’est un engagement quotidien, et il est essentiel d’éduquer en permanence.
Photo : Giants of Africa
Quel était votre rapport au sport dans votre jeunesse? A-t-il toujours fait partie de votre vie?
J’ai commencé l’athlétisme très jeune, probablement à l’école primaire. J’ai toujours adoré l’athlétisme ainsi que d’autres disciplines sportives. Regarder les Jeux olympiques était pour moi un événement incontournable, tout comme les championnats du monde. Je suis une véritable passionnée de sport. J’ai poursuivi des études avec l’objectif de devenir journaliste sportive.
Qu’est-ce qui vous a fait quitter cette idée de devenir journaliste?
Après mes études de commerce, j’ai poursuivi un master en journalisme. Toutefois, je me suis rendu compte que je préférais être au cœur de l’action et travailler dans les coulisses plutôt que de simplement rapporter les événements.
J’ai alors rejoint le club de basket de Lille, qui venait d’accéder au niveau professionnel et cherchait son premier employé pour structurer l’organisation. J’étais responsable des partenariats, des bénévoles, de la billetterie, du merchandising et de la communication, autrement dit, de la mise en place de toute l’organisation du club. J’ai adoré cette expérience.
Par la suite, j’ai été recrutée par la Ligue nationale de volley à Paris pour travailler sur la promotion, les partenariats et le développement du volley en France. Je collaborais avec 40 clubs professionnels pour favoriser la visibilité et la croissance de ce sport. J’ai beaucoup travaillé avec les sponsors et les médias.
Comment l’idée de venir au Canada et de quitter cette vie est arrivée?
Le volley n’était pas ma passion première. J’ai donc commencé à réfléchir à un changement de voie, et un ami m’a parlé du visa PVT (Programme Vacances-Travail) pour le Canada. J’ai saisi cette opportunité, et en trois mois, j’étais partie sans projet défini, simplement avec la volonté d’essayer quelque chose de nouveau.
Je pensais que mon expérience me permettrait de trouver un emploi rapidement, mais ce ne fut pas le cas. J’ai mis six mois avant d’intégrer la Fédération canadienne de volleyball, une expérience facilitée par mon passé à la Ligue nationale de volley en France. J’y ai travaillé sur l’organisation d’événements internationaux avec les équipes nationales masculines et féminines.
Finalisation d’un terrain de basket au Maroc. Photo : Giants of Africa
Comment avez-vous finalement rejoint les Raptors 905 puis Giants of Africa?
Lorsque j’étais à Ottawa, je voulais absolument retourner à Toronto et intégrer l’organisation des Raptors. Après mon retour, j’ai eu l’opportunité de rejoindre les Raptors 905, l’équipe affiliée des Toronto Raptors en G-League. Mon rôle était axé sur le développement communautaire, la visibilité de l’équipe et l’engagement des joueurs au-delà du basket. Nous travaillions avec des hôpitaux, des écoles et des associations caritatives pour renforcer notre impact.
Avec la pandémie, les actions communautaires sont devenues très difficiles. Pendant cette période, j’étais en congé maternité, ce qui m’a permis de prendre du recul. À mon retour, Masai Ujiri m’a proposé de rejoindre Giants of Africa pour travailler sur le développement des terrains de basket, un projet qui m’a immédiatement passionnée.
Quels sont les défis que vous rencontrez sur le terrain pour la construction de ces infrastructures?
Nous faisons face à plusieurs types de difficultés : culturelles, politiques, économiques et géographiques. Par exemple, au Burkina Faso, en raison de l’instabilité politique, nous avons dû repousser des événements à cause d’un coup d’État.
Sur le plan économique, certaines régions n’ont pas la main-d’œuvre qualifiée pour la construction des terrains. Dans d’autres pays, comme la Somalie, il existe des barrières culturelles, notamment concernant la participation des femmes au sport. Nous avons donc construit un terrain à l’écart des regards pour permettre aux jeunes filles de pratiquer sans crainte.
Enfin, certains terrains sont difficiles d’accès. Par exemple, dans le village des parents de Dikembe Mutombo, il a fallu transporter du ciment et d’autres matériaux de construction sur de longues distances.
Quelle était votre relation avec l’Afrique avant de travailler pour GOA?
Je pense que le rapport à l’Afrique est totalement différent au Canada par rapport à celui que nous avons en France. En raison des relations coloniales, nous avons une connaissance profonde de l’Afrique, un lien qui est ancré dans notre culture. J’y suis allée plusieurs fois en tant que touriste et j’ai étudiée dans un lycée européen public qui était très diversifié sur le plan culturel.
Étant Guadeloupéenne, j’ai toujours eu de nombreux amis venant de divers pays africains : Rwanda, Congo, Sénégal, entre autres. Cette diversité m’a permis d’avoir une bonne connaissance de l’Afrique avant même d’y travailler directement. Pouvoir rejoindre Giants of Africa a donc été un véritable rêve, car cela me permet d’explorer différentes cultures en étant directement au contact des communautés locales.
Contrairement aux voyages touristiques où l’on reste souvent dans les hôtels, ici, nous sommes immergés dans le quotidien des populations locales, ce qui m’a permis d’apprendre encore davantage.
Photo de groupe avec Masai Ujiri (à gauche en jaune) et la légende congolaise de la NBA Dikembe Mutombo aujourd’hui décédé (à droite en jaune). Photo : Giants of Africa
Comment gérez-vous l’équilibre entre votre travail très prenant et votre vie de famille?
Je dirais que mon équilibre n’est pas parfaitement ajusté, car je ne considère pas mon travail comme un simple emploi. J’ai l’impression que cela fait partie intégrante de ma vie. Mon mari comprend parfaitement cela. Il n’y a pas de véritable séparation entre ma vie personnelle et mon travail, car tout est profondément lié à ce qui me motive au quotidien.
Certaines personnes pourraient voir cela comme un déséquilibre, mais pour moi, c’est simplement une continuité naturelle de mon engagement dans Giants of Africa.
Qu’est-ce que l’expérience avec les Raptors 905 et Giants of Africa vous a apporté?
Travailler pour une organisation professionnelle sous l’égide de la NBA et avoir Masai Ujiri comme leader pousse à l’excellence et au professionnalisme. Intégrer une telle structure m’a appris à être irréprochable en permanence et à toujours performer au plus haut niveau.
Masai a cette vision d’excellence qui m’a marquée dès mon passage aux Raptors 905 et que je continue à développer aujourd’hui avec Giants of Africa. Il y a un véritable lien entre les Raptors, les Raptors 905 et Giants of Africa.
J’ai également développé des relations avec plusieurs joueurs français impliqués dans Giants of Africa et la Basketball Africa League. Mon réseau s’est étendu considérablement grâce à mes expériences et à mes différentes collaborations, notamment avec mon mari, qui a aussi travaillé dans le monde du basket universitaire et professionnel en Afrique. »
Photo : Giants of Africa
LES DATES-CLÉS DE MÉLANIE DANNA :
1985 : Naissance le 9 juillet à Lille en France
2003 : Commence a travailler bénévolement lors de compétitions d’athlétisme en parallèle de son rôle de pigiste a La Voix du Nord
2009 : Elle devient la première salariée administrative du Lille Métropole Basket (Pro B)
2014 : Elle déménage au Canada et rejoint la Fédération canadienne de Volley
2017 : Elle renoue avec le basketball au sein des Raptors 905
2020 : Elle donne naissance a sa fille Nala
2021 : Obtention de la nationalité canadienne et débuts avec Giants of Africa
La 25e cérémonie des Prix Bernard Grandmaître s’est déroulée samedi à l’Hôtel de Ville d’Ottawa. L’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO Ottawa) a couronné Jeanne-Hélène Tardivel. Neuf prix ont été remis lors de la soirée, afin de souligner « le leadership, le dévouement et l’impact de celles et ceux qui contribuent au rayonnement du français à Ottawa », selon la description de l’événement.
Les autres prétendants au plus grand prix de la soirée étaient Luckner (Luc) Thermonvil, Martin Gagnon et Samia Ouled Ali. C’est finalement Jeanne-Hélène Tardivel qui a remporté les honneurs. La directrice générale de Montfort Renaissance prendra sa retraite ce printemps, après plus de 20 ans à œuvrer au sein de l’organisme. Elle a souligné avec fierté le chemin parcouru par l’organisme communautaire francophone depuis ses débuts.
« J’ai commencé avec trois employés et nous sommes maintenant un petit peu plus que 170. Il y a 26 services (offerts), 14 pour les francophones et 12 qui sont bilingues et on dessert plus de 10 000 clients chaque année, donc je suis très très honorée d’avoir gagné ce prix », a-t-elle réagi en entrevue avec ONFR.
Jeanne-Hélène Tardivel à la cérémonie des prix Bernard Grandmaître samedi soir à l’Hôtel de ville d’Ottawa. Crédit image : Jean-Philippe Bélanger
Le prix Claudette Boyer – Citoyen.ne de l’année a été remis à Ginette Gratton. L’enseignante et animatrice de télévision est aussi directrice générale de la maison Marie-Louise, dans le secteur Vanier.
Le prix Organisme de l’année a été décerné à VOX Théâtre, seule compagnie à se consacrer exclusivement au théâtre jeunesse dans la francophonie canadienne en milieu minoritaire. Les pièces de VOX Théâtre ont reçu d’autres récompenses dans la dernière année, dont des prix Rideau, qui récompensent le théâtre de la région de la capitale, toutes langues confondues.
Le directeur artistique et général de VOX Théâtre Pier Rodier, soutient que ce prix est synonyme d’un message de la communauté « qui nous dit ‘hey, c’est fantastique, on apprécie ce que vous faites’ »
« C’est un privilège d’avoir eu cette reconnaissance, surtout que c’est notre 45e anniversaire cette année », a-t-il indiqué à ONFR samedi soir après la cérémonie en compagnie de la présidente de VOX Théâtre, Aline Bard.
L’Intervenante en santé de l’année est Christine Landry, qui est entre autres pharmacienne spécialiste clinique à l’Hôpital Montfort, spécialisée en soins critiques, à l’hôpital Montfort, et directrice du programme de doctorat de premier cycle en pharmacie à l’Université d’Ottawa.
Crédit image : Jean-Philippe Bélanger Ginette Gratton a récolté le prix Claudette-Boyer. Crédit image : Jean-Philippe BélangerChristine Landry. Crédit image : Jean-Philippe Bélanger
De la relève en francophonie ottavienne
Le prix Gisèle Lalonde – jeunesse de l’année, qui souligne l’implication dans la francophonie chez les jeunes de 13 à 18 ans est allé du côté de Jamie Jia Dengke. Cette élève à l’École secondaire publique Pierre-de-Blois est aussi membre du sénat des élèves du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO).
Le prix Jeune leader de l’année, qui récompense les jeunes adultes de 19 à 30 ans, a été remis à Benjamin Dennie. Originaire de Blind River, dans le Nord de l’Ontario, il s’implique dans la communauté franco-ontarienne depuis déjà plusieurs années, ayant entre autres été président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO). Benjamin Dennie étudie maintenant en Sciences politiques et Common Law à l’Université d’Ottawa. Il est vice-président aux affaires francophones de l’Association étudiante des études internationales et politiques.
L’intervenante communautaire au CEPEO, Juliana Timon Miguel, a reçu le titre de Nouvelle arrivante de l’année. Elle était la seule nommée dans cette catégorie.
Et le prix de l’Alliée de la francophonie de l’année a été décerné à Amy Maan. Aussi connue comme Mme Amy, elle offre des cours de français en mode virtuel en s’adressant à la fois aux enfants et à leurs parents, avec sa plateforme 123 Petits pas.
La francophonie ontarienne a aussi été célébrée en musique, avec une prestation des Franco-Ontariens Geneviève RB, Le R Premier, Jean-Marc Lalonde, Martin Gagnon et Patrick Pharand.
L’ACFO Ottawa, qui organise la cérémonie des prix Bernard Grandmaître, est actuellement en restructuration. La consultante Anik Larivière assure la direction générale par intérim depuis décembre dernier. « Nous sommes confiants qu’elle saura guider l’ACFO Ottawa dans cette période de transition avec vision et leadership », avait alors déclaré Bobby Bourdeau, lui-même élu à la présidence du conseil d’administration en octobre.
TORONTO – Lynda Grimard-Watt, qui tenait la librairie « Children’s French Book Corner » depuis près d’une décennie, était l’une des rares à proposer des œuvres en français. Mais celle qui assurait cette offre aux parents d’élèves ainsi qu’à des conseils scolaires de langue française de la ville, s’est heurtée à une mauvaise combinaison de facteurs à l’échelle locale, mais aussi provinciale pour rester pérenne.
C’est le Jour J où il faut tout vider. Après quelques semaines d’efforts pour liquider l’inventaire de sa boutique, Lynda Grimard-Watt a reçu de nombreux messages de soutien sur les médias sociaux des habitués de sa librairie qui déplorent cette perte pour la communauté. Mme Grimard-Watt, explique que le flux de clientèle n’était pas viable pour sa survie. « Les gens supposent qu’il n’y a pas de librairie francophone à Toronto », dit Lynda Grimard-Watt.
Lynda Grimard-Watt a proposé des rabais importants durant le mois de février afin de liquider son inventaire. Gracieuseté
Elle remarque également les habitudes de consommation de ses clients sur lesquelles la pandémie a eu un effet durable. « Les parents ne veulent plus se déplacer ni conduire pour aller dans une librairie », affirme Lynda Grimard-Watt.
Des librairies qui ferment les unes après les autres
« Ce n’est pas facile de faire le commerce du livre en Ontario, » confirme Stéphane Cormier, qui est président du Regroupement des éditeurs franco-canadien (REFC). Ce dernier explique que depuis 2009, on observe une série noire de fermetures successives de librairies francophones « On a perdu la librairie Grand ciel bleu à Sudbury, la Librairie du Centre à North Bay, les deux librairies Champlain et Mosaïque à Toronto, et la Librairie Le Nord à Hearst a fermé aussi l’an dernier », indique l’éditeur. Dans le Grand Toronto, il ne reste que la librairie Il était une fois à Oakville.
Stéphane Cormier est codirecteur des Éditions Prise de parole, président du Regroupement des éditeurs franco-canadien et de la Librairie Panache (Sudbury). Gracieuseté
La complexité démographique d’un lectorat francophone, étroit, selon le président du REFC, expose les difficultés du secteur. Didier Leclair, écrivain emblématique franco-ontarien récipiendaire du Prix Trillium en 2000 pour « Toronto, je t’aime » rejoint Stéphane Cormier sur ce point. « Les francophones à Toronto sont éparpillés, c’est dur de mobiliser la clientèle. »
À quand une politique du livre en Ontario?
Les quelques conseils scolaires que Lynda Grimard-Watt continuera de servir depuis un bureau qu’elle compte louer afin de continuer à opérer la deuxième partie de son entreprise, lui offrent l’opportunité de faire durer partiellement son activité. Dans cette idée, Marie-Josée Martin qui est à la tête de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAAOF) martèle qu’une politique du livre comme la loi 51 au Québec pourrait avoir un impact majeur sur l’écosystème des librairies en Ontario français, dans la mesure où une telle loi obligerait les conseils scolaires à s’approvisionner d’abord chez les libraires locaux.
Archives ONFR
Ces conseils se défendent que la marge de manœuvre à leur disposition est limitée « Les écoles ont des règlements stricts qui découlent des règlements provinciaux, et elles ont un certain budget chaque année pour renouveler leur catalogue de ressources, et ce n’est pas des montants très élevés, ça dépend des écoles », explique Steve Lapierre, directeur des communications au sein du conseil scolaire Viamonde.
Il explique de surcroit qu’il s’agit pour eux de trouver la meilleure offre au meilleur prix. Toutefois, Stéphane Cormier pense que les écoles demandent de gros rabais et que cela n’aide pas les librairies locales « Pour les librairies en région, les ventes aux écoles et aux bibliothèques sont vitales, elles représentent souvent 50 % ou plus de leurs revenus », assure l’éditeur, qui a aussi été libraire.
« Ce n’est pas une question qui a été étudiée à la table du conseil, on n’a pas eu de consultations sur ce sujet-là, mais on doit respecter les règles d’approvisionnement. », soutient M. Lapierre.
Marie-Josée Martin explique que comparativement au Québec, ce n’est pas dans la culture ontarienne de protéger les auteurs, mais elle met surtout le doigt sur des facteurs historiques et affirme que « la difficulté reste toujours de faire valoir nos intérêts en tant que francophones », dit-elle. Mr Cormier confirme d’ailleurs l’impact que le règlement 17 a eu sur la communauté en interdisant l’usage du français en Ontario pendant 15 ans lors du siècle dernier dans les écoles « Ça cultive un rapport complexe à la lecture, car il y a l’insécurité linguistique qui joue, et ça ces des phénomènes qui sont documentés », avance Stéphane Cormier.
Une mission éducative mise en péril
La plupart des acteurs du secteur accueillent l’idée que les librairies font partie d’un écosystème et ont une mission éducative, complémentaire à celle des écoles et bibliothèques. D’où la pression d’établir un levier permettant aux libraires locaux de continuer à exister.
Le gouvernement conservateur, qui vient de remporter une troisième majorité consécutive cette semaine, suscite l’appréhension de Marie-Josée Martin : « On sait que dans la vision conservatrice, on n’aime pas trop règlementer ces choses-là. » Pour Didier Leclair, une quelconque aide à l’échelle de la Ville de Toronto pourrait jouer de son influence et mobiliser les conseillers municipaux pour sensibiliser le public. « Il faudrait donner un peu plus d’argent et identifier les lieux où beaucoup de francophones travaillent ou habitent et là peut-être qu’on gardera une librairie. »
Chaque samedi, ONFR propose une chronique franco-ontarienne. Cette semaine, l’auteur torontois Soufiane Chakkouche narre ses défis d’immigration canadienne, un récit à suivre en plusieurs parties.
[CHRONIQUE]
Cela se lisait dans les étoiles : je ne pouvais parcourir cette saison de chroniques sans évoquer mon passage ici même, à ONFR et ce que j’ai appris en tant que journaliste politique attaché au Parlement de Queen’s Park à Toronto durant une révolution et demie de la Terre autour du Soleil. Cela représente tout de même le tiers de mon existence au Canada, rien que pour cela, ceci vaut l’orbite.
Me voilà donc à mi-chemin sans le savoir, car qui l’eut cru à l’époque que j’allais me retrouver à écrire, deux ans plus tard, une chronique sur le journaliste politique spécialisé dans les affaires francophones que j’étais devenu, moi l’apolitique jusqu’à la moelle épinière, moi qui n’ai jamais voté de ma vie, pas même aux élections d’une association étudiante, par irreprésentabilité statistique, je pense! Et puis, se confesser pour se confesser, j’ai toujours éprouvé un secret plaisir à confier mon avenir au hasard, comme celui qui se joue dans les urnes pour élire les décideurs quand ma voix n’y est pas.
Il va sans rappeler un précieux conseil d’ami : il ne faut surtout pas faire ce que je fais ou ce que je dis, et encore moins ce que j’écris.
Entre légende et magnificence
Le contexte posé, allons sans attendre dans le fond, dans les entrailles de ce magnifique bâtiment qu’est l’édifice de l’Assemblée législative de l’Ontario. Sans entrer dans les détails, car une visite in situ vaut mille mots à ce propos, tout citoyen peut réserver une visite guidée via le site de l’Assemblée -, hormis la démarche sérieusement théâtrale sous la robe du greffier à l’ouverture de sessions, ce qui m’a frappé lorsque j’ai foulé pour la première fois le sol marbré de ce chef-d’œuvre architectural richardsonien datant d’une époque où le vrai luxe résidait dans l’espace, c’est cette savante fusion entre l’histoire, l’art, la culture et la verdure qui se dégage de et d’entre ces murs.
Crédit image : Imprimeur du Roi pour l’Ontario, 2025
L’autre élément qui m’a marqué pendant ce bout de vie, remarquée sur la durée de celui-là, est le fait que, du sol au plafond, tout dans ce temple de la politique scintillait et suintait la propreté. Pourtant, pendant tout ce temps passé à arpenter ces allées tapissées, je n’ai jamais croisé un agent de propreté ou vu trainer un balai épaulé par un mur à ne rien faire!
Si vous pensez comme moi que c’est là un grand mystère qui nous est offert, sachez que ce lieu en recèle un autre plus savoureux : les escaliers qui ne mènent nulle part de l’angle nord‑est du bâtiment. Ce chemin condamné fait toujours l’objet de légendes urbaines aussi folles et recevables les unes que les autres quant à son ancienne utilité. Selon votre serviteur, si le fantôme d’Ivan Reznikoff ou de celui de la Femme pendue moult fois aperçue se balançant à un crochet le long du tunnel du sous-sol venait à rendre visite à la chambre de l’Assemblée, c’est par ces escaliers qu’ils passeraient.
Impoli tic
Voilà pour le contenant. Le contenu, lui, était loin d’être aussi parfait, car fait de chair et d’os! Si j’ai une unique sage leçon à retenir de cette expérience, elle se résumerait en 16 mots : tous les politiciens du monde se ressemblent en vertu d’une espèce de tics impolitiques universels. Petits arrangements entre amis des circonstances, lobbyisme, s’opposer pour s’opposer… lorsqu’on est familier des coulisses de ce grand théâtre où se jouent parfois quelques navets, le constat saute aux yeux.
Pas étonnant que, pour adouber tout cela, ce sont les mains encore innocentes des enfants qui sont en charge de faire circuler les dossiers entre les acteurs. C’est là une autre curiosité de l’Assemblée législative de l’Ontario, chaque année, 150 élèves de 8e année, appelés des pages, sont choisis pour livrer les documents clés aux greffiers et/ou au président et aux députés lors des sessions de l’Assemblée législative.
Crédit image : Imprimeur du Roi pour l’Ontario, 2025
Toutefois, il faut rendre à la reine ce qui appartient à la reine, car il serait incorrect, voire idiot, d’en faire une généralité. Plus que cela, d’après mon vécu, le Parlement ontarien est plutôt efficace et réactif quant à voter des lois pour rectifier le tir ou améliorer les conditions de vie des citoyens ontariens, y compris des plus poilus d’entre eux. C’est le cas du projet de loi 240, dont j’ai assisté bouche bée au dépôt et qui interdit le dégriffage des chats, et ce dans le cadre de la Loi sur les services provinciaux visant le bien-être des animaux. Moi, qui viens d’un pays où les chats d’égout, parfois borgnes, parfois boiteux, parfois les deux, pullulent dans les rues, cela m’avait fait un choc légitime.
Oups! Il se fait tard. Sur ce, je cours au bureau de vote le plus proche avant qu’il ne ferme, car aujourd’hui c’est le jour des élections provinciales. Ce n’est pas un poisson d’avril pressé : cette fois, je compte bien apporter ma petite pierre à l’édifice démocratique, aussi insignifiante soit-elle! Oui, oui, je viens de changer d’avis en direct sur cette chronique!
Pour la première fois de mon anodine existence, je vais goûter au plaisir de glisser un bulletin dans une urne (enfin, si l’opération se passe toujours de la sorte), car, en ces bas temps qui courent, l’avenir de l’immigrant, de l’étranger que je suis, est plus incertain que jamais. Après tout, comme chanterait l’Ivoirien Alpha Blondy : « Seuls les imbéciles ne changent pas », n’est-ce pas?
À bon entendeur, salamoualikoum (que la paix soit sur vous).
Dans ce dernier épisode d’ONvote 2025, on revient sur les résultats des élections à l’échelle des partis et dans les circonscriptions francophones du Nord et de l’Est, avec la journaliste parlementaire Sandra Padovani qui nous explique que les cartes ont finalement peu bougé mais que quelques surprises ont eu lieu.On tire aussi les grands enseignements et on esquisse les défis du prochain gouvernement majoritaire, avec la politologue Stéphanie Chouinard.
Nous entrons dans le Mois de la Francophonie, un beau prétexte pour sortir et consommer de la culture en français dans toute la province. Musique, littérature, humour et théâtre, voici un quatuor de disciplines à explorer cette semaine.
Musique
Une tournée pour JOLY
JOLY, le projet du musicien Marc-Antoine Joly, entame une tournée qui s’arrêtera d’abord à Sudbury vendredi. Les francophones prendront d’assaut la classique Townehouse Tavern, alors que JOLY invitera sur scène Philippe Mathieu, Marc-André Labelle et la formation The Frogs, composée de Philippe Mathieu, Patrick Wright et Nik Goulet.
JOLY se produira ensuite à Timmins samedi, à l’auditorium de l’École secondaire catholique Thériault. Le 7 mars, il sera de retour à Ottawa pour offrir le tout dernier concert dans le bâtiment actuel du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO). Rappelons que le bâtiment de la rue Carrière sera détruit pour laisser place à un tout nouveau centre communautaire plus moderne. Une pointe de pizza sera offerte à chaque détenteur de billet pour le spectacle au MIFO.
Marc-Antoine Joly, un habitué du MIFO, assurera le tout dernier spectacle dans l’édifice actuel de la rue Carrière, avec son projet JOLY. Crédit image : Rachel Crustin
Sudbury, Timmins et Orléans, du 28 février au 7 mars. Détails sur la page Facebook de JOLY.
Littérature
Un 32e Salon du livre de Toronto
L’Université de l’Ontario français (UOF) accueillera encore une fois le Salon du livre de Toronto jusqu’à dimanche. Sous le thème de l’inclusion, les différentes activités de la programmation aborderont des thèmes comme la représentation de la diversité dans la littérature, l’écriture inclusive, la culture queer, et la cancel culture. La présidente d’honneur est l’autrice, journaliste et militante Djemila Benhabib. Son essai Ma vie à contre-Coran : Une femme témoigne sur les islamistes avait fait grand bruit en 2009.Djemila Benhabib vit aujourd’hui en Belgique et se dit honorée de revenir au Canada pour le Salon du livre.
Les organisateurs du Salon du livre de Toronto affirme que la présidente d’honneur Djemila Benhabib représente particulièrement bien le thème de l’inclusion. Photo : Gracieuseté du Salon du livre de Toronto
Chaque année, la Fondation Dialogue coordonne de nombreuses activités à travers le pays pendant tout le mois de mars, Mois de la Francophonie. L’un des événements phares des Rendez-vous de la francophonie (RVF) est la tournée d’humour, qui débute ce samedi à Sudbury. L’Acadien Ryan Doucet, le Québécois Jérémie Larouche et la Franco-Ontarienne de Sudbury, Chloé Thériault se joindront à Garihanna Jean-Louis. Cette dernière est la co-porte-parole des RVF 2025, en duo avec le conteur, musicien et poète Guyaume Boulianne. La tournée d’humour des RVF s’arrêtera aussi à Cornwall le 26 mars.
Guyaume Boulianne et Garihanna Jean-Louis sont les porte-parole des Rendez-vous de la Francophonie 2025. Photo : Gracieuseté des RVF, montage ONFR
Sudbury, le 1er mars et Cornwall, le 26 mars. Calendrier complet des activités du mois sur le site des RVF.
Théâtre
Une pièce jeunesse et une pièce adulte à Toronto
Le Théâtre français de Toronto (TfT) présente deux spectacles dans les prochains jours. En collaboration avec l’Alliance française de Toronto, le spectacle pour adolescents Survie du vivant sera présenté au Théâtre Spadina samedi à 14 h. Humour, poésie et sciences s’entremêlent dans une discussion improvisée entre la biologiste Julie Drouin et le comédien Jonathan Morier. Un atelier de confections de bombes à graines sera ensuite animé par le concepteur végétal Graham Teeple.
Cette semaine marque aussi le retour au TfT de l’une de ses pièces à succès, Crawlspace, une vraie de vraie histoire vécue d’horreur immobilière. Au moment d’écrire ces lignes, il ne restait que quelques billets pour cette comédie noire abordant le problème de la crise du logement dans la ville reine. Les représentations torontoises auront lieu les 5 et 6 mars. Les comédiennes Karine Ricard et Meilie Ng partiront ensuite dans une tournée qui les mènera à Edmonton et Saskatoon, pour se terminer à Ottawa du 10 au 12 avril.
Karine Ricard est directrice artistique et co-directrice générale du Théâtre français de Toronto. Elle tient également la vedette dans Crawlspace : une vraie de vraie histoire vécue d’horreur immobilière. Photo : Gracieuseté du TfT
Toronto, les 5 et 6 mars. Détails et billets sur le site du TfT.
C’est une première depuis plus de 50 ans : Doug Ford accroche à son tableau de chasse un troisième mandat consécutif à la tête d’un gouvernement majoritaire. Sans parler de majorité, les premiers ministres qui ont tout simplement atteint trois mandats, voire plus, sont peu nombreux dans l’histoire de l’Ontario : seuls Oliver Mowat, James Whitney, Howard Ferguson, Leslie Frost, Bill Davis et Dalton McGuinty y sont parvenus. Qui sont-ils?
Doug Ford (2018 à …)
Le frère aîné de la « Ford Nation » est devenu jeudi le septième premier ministre à être réélu pour un troisième mandat lors d’une élection. Doug Ford a lui-même encensé cet exploit hier dans son discours de victoire devant ses partisans à Toronto. « Ensemble, on a fait l’histoire. On a sécurisé un troisième mandat historique », a lancé « Capitaine Canada ».
Il faut remonter à Leslie Frost en 1959 pour voir un premier ministre réélu une 3e fois de suite avec un mandat majoritaire. Autre fait historique, il faut remonter à 96 ans pour voir un chef obtenir un troisième mandat avec au moins 80 députés comme l’a fait Doug Ford soit en 1929 avec Howard Ferguson.
Oliver Mowat (1872-1896) : 6 mandats
Oliver Mowat a gouverné durant plus de 23 ans, ce qui en fait le premier ministre avec la plus grande longévité de l’histoire de la province. Au cours de ses six mandats, ce libéral qui exerçait ses fonctions en même temps que celle de procureur général a modernisé l’agriculture, encouragé l’industrie et supervisé l’expansion vers le nord des frontières de l’Ontario.
Au-delà d’être un des Pères de la Confédération, on retient généralement de lui qu’il a fait de l’Ontario la plus riche des provinces canadiennes. En 1896, il a fait le saut au fédéral, devenant ministre de la Justice puis sénateur, avant d’être nommé l’année suivante lieutenant-gouverneur de l’Ontario, poste qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1903.
À la fois premier ministre et procureur général, Olivier Mowat a gouverné durant six mandats. Tableau : Assemblée législative de l’Ontario
James Whitney (1905-1914) : 4 mandats
Il faut attendre 1911 pour assister à un nouveau triplé électoral. Aux manettes de la province depuis 1905, le conservateur James Withney s’adjuge un troisième scrutin, puis un quatrième en 1914 qui sera de courte durée puisqu’il décédera quatre mois après son entrée en fonction. Sous son leadership, l’hydroélectricité a été nationalisée et le chemin de fer significativement développé.
Les francophones en ont toutefois un souvenir bien moins reluisant de ce premier ministre puisque son nom reste étroitement associé à l’adoption du Règement 17 qui a interdit l’usage du français comme langue d’enseignement et de communication.
James Whitney a mené son parti à la victoire par quatre fois. Tableau : Assemblée législative de l’Ontario
Howard Ferguson (1923-1930) : 3 mandats
Successeur de M. Whitney, Howard Ferguson a navigué à travers trois mandats. Principalement connu pour ses politiques d’exploitation des ressources naturelles et de modernisation de l’économie, il est aussi à l’origine de la création des régies d’alcool, la LCBO en 1927, suite au référendum de 1924 au moment de la Prohibition.
Sur le plan francophone, il a créé une commission d’enquête en vue d’assouplir le Règlement 17 et a cessé de l’appliquer activement. Il quittera la politique provinciale en 1930 pour devenir haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni.
Howard Ferguson, à qui on doit les régies LCBO. Tableau : Assemblée législative de l’Ontario
Leslie Frost (1949-1961) : 3 mandats
Surnommé Old Man Ontario (le Viel Homme de l’Ontario), Leslie Frost a gouverné avec trois gouvernements majoritaires successifs. C’est précisément ce record que Doug Ford a égalisé jeudi.
M. Frost a gouverné en plein boom économique des années 1950, une période qu’il a mise à profit pour construire des milliers d’écoles. On lui doit la construction de l’autoroute 401, ouverte en 1947, ainsi que la création des universités de Hearst (1957), York (1959) et Laurentienne (1960). C’est lui qui a instauré le droit de vote inconditionnel pour les Premières Nations (1954).
Leslie Frost a été reconduit premier ministre trois fois dans un gouvernement majoritaire dans les années 1950. Tableau : Assemblée législative de l’Ontario
Bill Davis (1971-1985) : 4 mandats
Bill Davis a mené à la victoire les progressistes-conservateurs quatre fois successivement. Connu pour sa « politique des petits pas », le 18e premier ministre de l’Ontario a entre autres unifié les systèmes scolaires en Ontario, étendu la Commission de transport de Toronto (TTC) et l’autoroute 401, créé l’autorité de transport du Grand Toronto Metrolynx etc.
Il a créé le premier ministère de l’Environnement et est à l’origine de la mise sur pied du diffuseur public TVO. Il a aussi essuyé plusieurs crises scolaires et linguistiques de Sturgeon Falls en 1971 à Penetanguishene en 1979, en passant par le mouvement de désobéissance civile « C’est l’temps ».
Le premier ministre Bill Davis. Tableau : Assemblée législative de l’Ontario
Dalton McGuinty (2003-2013) : 3 mandats
Dalton McGuinty est le seul chef libéral à avoir mené à la victoire par trois fois consécutives son parti. Il a investi massivement dans l’éducation. Son gouvernement a été toutefois critiqué pour l’annulation de coûteuses centrales électriques au gaz et la gestion hasardeuse des dossiers médicaux électroniques qui ont entamé sa baisse popularité.
C’est sous sa gouvernance qu’a été créé le Commissariat aux services en français en 2007 et qu’a été étendu l’accès à la justice bilingue à la Cour supérieure d’Ottawa en 2010.
Sous Dalton McGuinty a été créé le commissariat aux services en français. Tableau : Assemblée législative de l’Ontario
SUDBURY – Dans les circonscriptions francophones du Nord, les électeurs ont vécu peu de changements. Nickel Belt, Sudbury ou encore Timiskaming-Cochrane restent dans le giron néo-démocrate. Les progressistes-conservateurs gardent sans trembler Timmins, Nipissing et conquièrent Algoma-Manitoulin.
Jamie West aura dû lutter pour se maintenir dans Sudbury face au progressiste-conservateur Max Massimiliano. Sa victoire acquise dans la douleur avec plus de 46 % des voix est synonyme de troisième mandat.
Il siègera donc à nouveau à Queen’s Park, de même que sa voisine France Gélinas, qui a eu plus de facilité dans Nickel Belt. Elle signe une sixième victoire électorale successive avec près de 5000 voix d’avance sur Randy Hazlett (PC).
Après les cris et les embrassades, la Franco-Ontarienne a remercié ses proches et les bénévoles réunis à Hanmer. « Ce fut 29 jours extrêmement éprouvants, mais on a réussi », a-t-elle lancé à propos d’une « campagne complètement différente. C’était très difficile parce que c’était une élection surprise et en hiver. Plein de monde ne savait pas qu’il y avait des élections. »
Il aura fallu attendre le bout de la soirée pour découvrir le candidat victorieux dans Mushkegowuk-Baie James, circonscription à majorité francophone. Avec seulement quatre voix d’écart sur son concurrent direct David Plourde (PC), le sortant Guy Bourgouin conserve son fauteuil… pour le moment du moins, puisqu’il devrait y avoir un recomptage des votes dans les prochains jours.
Dans Timiskaming-Cochrane, John Vanthof a fait une différence d’un peu plus de 1600 voix sur le maire d’Iroquois Falls, Tory Delaurier. Là aussi le NPD était clairement sur le fil du rasoir face aux progressistes-conservateurs.
Aucun suspense dans Timmins et Nipissing où les ministres sortants George Pirie (Mines) et Vic Fedelli (Développement économique) ont conservé leur siège haut la main. Kenora-Rainy River et Thunder Bay-Atikokan ont été également repeints en bleu. Le pinceau conservateur a même débordé sur Algoma-Manitoulin concédé par le NPD.
Dans cette circonscription, le député sortant devenu indépendant à la suite de son exclusion du caucus néo-démocrate a dilué quelques voix qui ne sont pas allées au parti orange. Le maire de Thessalon Bill Rosenberg succède ainsi à Michael Mantha, avec près de 4000 voix d’écart sur son plus proche concurrent, David Timeriski.
« Évidemment, le score du NPD a baissé et il semble que ce serait probablement surtout dans les régions où ils n’ont pas été très compétitifs, mais dans les châteaux forts, c’est quand même un vote fidèle, alors qu’on pensait chez les conservateurs avoir la capacité d’aller chercher 90 sièges, notamment dans le Nord », explique le politologue Peter Graefe, professeur de science politique à l’Université McMaster.
Du pareil au même, voilà ce qui résume le portrait électoral dans l’Est ontarien et Ottawa à l’issue de l’élection provinciale jeudi soir. Les principaux porte-voix libéraux et les francophones comme Lucille Collard dans Ottawa-Vanier et Stéphane Sarrazin dans Glengarry-Prescott-Russell ont tous été reconduits.
Dans l’Est ontarien, l’ex-maire d’Alfred et Plantagenet, élu sous les progressistes-conservateurs en 2022 n’aura pas eu à attendre très longtemps pour crier victoire, qui aura été annoncée en moins de 30 minutes après la fermeture des bureaux de scrutin. Il a mentionné la raison numéro un de son chef Doug Ford pour le déclenchement des élections, les tarifs imposés par l’administration de Donald Trump, comme principal cheval de bataille.
« Ce résultat reflète le désir des gens de protéger l’Ontario », a lancé Stéphane Sarrazin sous les applaudissements, reprenant le slogan de campagne de son parti.
Au micro d’ONFR, celui qui entame un deuxième mandat a remercié ses électeurs après une victoire où il a récolté 51 % des appuis avec un taux de participation de 48,4 %
« Durant les trois dernières années, j’ai essayé d’être impliqué auprès de chaque secteur dans la communauté de Glengarry-Prescott-Russell. Je pense que ce résultat témoigne du travail que l’on a fait avec les gens. »
À près d’une soixantaine de kilomètres de là, dans un autre bastion francophone de l’Ontario, la députée libérale sortante Lucille Collard savourait une troisième victoire consécutive.
« C’est une immense satisfaction de ressentir l’appui d’Ottawa-Vanier. Je suis très satisfaite et très heureuse », a partagé en entrevue celle qui a obtenu près de 11 000 voix d’avance sur sa plus proche poursuivante.
Bien entendu, l’ex-avocate ne pouvait ignorer la défaite de sa cheffe Bonnie Crombie dans son fief de Mississauga, les libéraux qui se retrouveront à nouveau sans chef sur les banquettes libérales à Queen’s Park depuis 2022.
« On espérait tous un résultat différent », n’a pas caché Lucille Collard après l’annonce, elle qui « ne s’attendait pas à la défaite de Bonnie Crombie ».
« Elle était très forte dans Mississauga, elle avait un bon profil comme ancienne mairesse aussi. C’est vraiment décevant, il faudra analyser tout ça avec le recul. Il faudrait réfléchir à ce que cela veut dire et à comment on se positionne dans le futur », complète l’élue ottavienne.
Dans le comté voisin d’Orléans, des complications au niveau des bureaux de vote ont retardé le dépouillement de deux heures, mais le député libéral Stephen Blais a remporté sa troisième élection depuis 2020 avec 54 % des suffrages devançant le conservateur Stéphane Plourde (35 %).
Un copier-coller ottavien, sauf une exception
Dans les autres comtés de la région, les couleurs politiques sont restées quasi les mêmes. Pour la formation politique de Doug Ford, le ministre sortant des Collèges et Universités, Nolan Quinn a facilement conservé son siège dans Stormont—Dundas—South Glengarry avec 62 % des suffrages. Alors que leur ex-chef par intérim John Fraser a remporté une cinquième élection dans Ottawa-Sud, les libéraux pourront aussi compter sur le retour de Karen McCrimmon dans Kanata-Carleton.
Seul changement à la carte ottavienne, le libéral Tyler Watt réussit à ravir un siège aux conservateurs dans le comté de Nepean où l’ex-ministre Lisa Macleod ne se représentait pas. La circonscription de Carleton reste au bleu avec le triomphe du conseiller municipal de la Ville d’Ottawa, George Darouze.
C’est aussi la continuité pour le NPD avec la victoire de Catherine McKenney dans Ottawa-Centre qui succède au député sortant Joël Harden alors que la porte-parole en matière d’Éducation pour le NPD Chandra Pasma (Ottawa-Ouest—Nepean) sera aussi de retour à Toronto.
Avec les informations de Rachel Crustin et Amine Harmach.
Doug Ford a réussi son pari en raflant suffisamment de sièges pour former un gouvernement majoritaire. C’est un troisième mandat qui s’offre à lui. Le NPD assure l’essentiel en se maintenant comme le parti de l’opposition officielle. Les chefs Doug Ford, Marit Stiles et Mike Schreiner ont été réélus, mais pas Bonnie Crombie.
« Notre plan propose des idées ambitieuses et audacieuses. C’est une vision d’avenir de notre grande province et de notre économie », a déclaré Doug Ford dans son discours de victoire, promettant de meilleurs emplois, de nouveaux marchés, la construction de routes et l’expansion de l’économie.
Et d’énumérer devant ses partisans : « Nous avons demandé à la population de nous donner le mandat de libérer le formidable potentiel économique du Cercle de feu. La population a dit oui. Nous lui avons demandé de nous donner le mandat de bâtir notre économie en éliminant les barrières commerciales internes. La population a dit oui. (…) Nous lui avons demandé un mandat pour nettoyer nos rues, sévir contre le crime, mettre fin aux campements et protéger les écoles et les garderies des sites d’injection de drogue. Les gens ont dit oui. »
Le premier ministre a axé une large part de sa campagne sur la protection des emplois face au risque de guerre commerciale avec les États-Unis, Donald Trump ayant promis d’imposer des droits de douane élevés sur les produits canadiens.
C’est avec cet argument qu’il a provoqué des élections anticipées, au grand dam de ses rivaux politiques qui n’ont pas été en mesure d’inverser la vapeur dans une campagne éclair de 28 jours – qui a coûté 189 millions de dollars. M. Ford a entre autres promis des allègements fiscaux et un soutien financier aux entreprises et travailleurs qui pourraient être affectés.
« Ensemble, on a fait l’histoire. On a sécurisé un troisième mandat historique », a lancé « Capitaine Canada » à ses partisans à Toronto alors qu’il remporte son pari de retourner au pouvoir avec un « mandat fort », comme il l’avait réclamé.
Mince tache au tableau, les progressistes-conservateurs n’ont presque pas fait de gains, alors que les résultats non officiels d’Élections Ontario projettent que le parti n’ajoutera qu’un siège de plus que les 79 dont il disposait avant de dissoudre l’Assemblée législative le mois dernier.
Au-delà de la question des emplois, il s’est aussi engagé sur le développement des transports avec la construction de l’autoroute 413, d’un tunnel de transport en commun sous la 401 et de nouvelles autoroutes dans le Nord.
Il a l’intention de s’attaquer à la contrebande de drogues et d’armes à feu. Il a promis 2 milliards de dollars de plus pour aider à construire des millions de nouvelles maisons et investir 1,8 milliard de dollars pour relier chaque Ontarien à un médecin de famille et à des soins primaires d’ici 2029.
Bonnie Crombie défaite dans sa circonscription
À l’heure où nous écrivons ces lignes, le PC totalise 80 sièges, contre 27 au NPD. Ce dernier confirme son statut d’opposition officielle, même s’il perd plusieurs sièges dans la bataille. « Notre travail consiste à demander des comptes à ce gouvernement, et c’est ce que nous allons accomplir avec notre combat habituel », a affirmé la cheffe du NPD, Marit Stiles, tout sourire.
De son côté, si elle n’est pas parvenue à se faire élire dans Mississauga-East-Cooksville, la cheffe libérale Bonnie Crombie a au moins réussi à remettre son parti en selle. Avec 14 sièges, sa formation politique pulvérisée en 2018 redevient un parti officiel.
« Je sais que ce soir, ce n’est pas exactement le résultat que nous recherchions, mais vous pouvez être fiers de ce que vous avez accompli. Les gens disaient que le Parti libéral était mort, mais vous avez prouvé qu’ils avaient tort », a assuré la cheffe Bonnie Crombie.
Marit Stiles et le NPD ont perdu des sièges mais se maintiennent au rang d’opposition officielle. Photo : ONFR/Laetitia Dogbe
Quant au Parti vert, il est parvenu à faire réélire ses deux députés : le chef Mike Schreiner dans Guelph, ainsi que Aislinn Clancy dans Kitchener-Centre.
Il faut noter par ailleurs la réélection de Bobbi Ann Braddi dans Haldimand-Norfolk. C’est son deuxième mandat comme indépendante élue, du jamais vu dans l’histoire de la province. Autre victoire significative : le large succès du seul député autochtone, Sol Mamakwa, dans Kiiwetinoong.
Le taux de participation est de 45,40 %.
Résultats non officiels transmis par 8073 des 8079 bureaux de vote. Source : Élections Ontario
Bienvenue dans ce fil d’actualité dédié à la soirée des élections provinciales de l’Ontario du 27 février. Faits marquants, résultats, réactions… Revivez la soirée électorale dans les circonscriptions francophones et la victoire de Doug Ford en temps réel depuis les dernières heures du vote jusqu’au verdict des urnes.
Doug Ford a réussi son pari en raflant suffisamment de sièges pour former un gouvernement. C’est un troisième mandat qui s’offre à lui.
Le premier ministre a axé une large part de sa campagne sur la protection des emplois face au risque de guerre commerciale avec les États-Unis, Donald Trump ayant promis d’imposer des droits de douane élevés sur les produits canadiens.
C’est arrivé plus tard que prévu en raison de problèmes dans les bureaux de vote, mais le député libéral sortant Stephen Blais sera de retour à Queen’s Park ayant remporté ce soir pour une troisième fois d’affilé son siège dans son comté francophone d’Ottawa depuis 2020. Il a obtenu 54 % des voix.
23 h 42
Guy Bourgouin gagnant dans Mushkegowuk-Baie James par 4 voix
Le député néo-démocrate Guy Bourgouin est le gagnant du comté le plus francophone en Ontario par seulement 4 maigres voix d’avance selon le décompte non officiel d’Élections Ontario.
Il bat ainsi son adversaire Dave Plourde avec 3606 votes contre 3602 et sera de retour à Queen’s Park pour une troisième élection de suite. Toutefois, un recomptage aura lieu en raison de l’aussi maigre avance.
23 h 38
« Ce fut 29 jours extrêmement éprouvants », dit France Gélinas
À Nickel Belt, cette circonscription de presque 40 % de francophones, ce fut sans grande surprise que la députée sortante France Gélinas a été réélue. Sa victoire a été confirmée une vingtaine de minutes après la fermeture des bureaux de vote de cette très étendue circonscription du Nord.
Après les cris et les embrassades, la Franco-Ontarienne a livré un discours de remerciement pour les quelques amis, membres de la famille et bénévoles présents au restaurant Cousin Vinny’s à Hanmer.
« Ce fut 29 jours extrêmement éprouvants, mais on a réussi », leur a-t-elle lancé.
Un peu plus tard, au micro d’ONFR, celle qui ne cachait pas son stress en attendant les résultats s’est dite soulagée de cette sixième victoire dans le comté.
« C’était une campagne complètement différente. C’est très difficile en hiver. Parce que c’était une élection surprise, il y avait plein de monde qui ne savait pas qu’il y avait des élections », a-t-elle confié en ajoutant que celle-ci n’a reçu sa carte de vote qu’aujourd’hui comme une partie des électeurs.
23 h 21
Toujours une chaude lutte dans Mushkegowuk— Baie James
La circonscription la plus francophone en Ontario, qui regroupe les villes le long de la Route 11 comme Hearst et Kapuskasing, est probablement une des plus serrées dans tout l’Ontario. Au moment d’écrire ses lignes, le député néo-démocrate Guy Bourgouin tirait de l’arrière par seulement 40 voix face au progressiste-conservateur Dave Plourde. C’est 93,55 % des votes qui avaient été dépouillés vers 23h21 jeudi soir.
Il y a fort à parier que peu importe l’issue du scrutin, il y aura recomptage.
23 h 01
« Ce résultat reflète le désir des gens de protéger l’Ontario », selon Stéphane Sarrazin
Dans Glengarry-Prescott-Russell, la réélection du député sortant, Stéphane Sarrazin, a été annoncée moins de 30 minutes après la fermeture des bureaux de scrutins. Il a mentionné les tarifs imposés par l’administration de Donald Trump comme principal cheval de bataille.
« Ce résultat reflète le désir des gens de protéger l’Ontario », a lancé Stéphane Sarrazin sous les applaudissements, reprenant le slogan de campagne de son parti.
Au micro d’ONFR, celui qui entame son deuxième mandat a remercié ses électeurs.
« Durant les trois dernières années, j’ai essayé d’être impliqué auprès de chaque secteur dans la communauté de Glengarry-Prescott-Russell. Je pense que ce résultat témoigne du travail que l’on a fait avec les gens. »
22 h 52
« Ensemble, on a fait l’histoire », dit Doug Ford
« Ensemble, on a fait l’histoire. On a sécurisé un troisième mandat historique », a lancé Doug Ford à ses partisans à Toronto alors que « Capitaine Canada » remporte son pari de retourner au pouvoir avec un « mandat fort », comme il l’avait réclamé, pour faire face aux tarifs de Donald Trump
Mince tâche au tableau, les progressistes-conservateurs n’ont presque pas fait de gains alors que les résultats non officiels d’Élection Ontario projettent que le parti n’ajoutera que deux sièges de plus que les 79 qu’ils avaient avant de dissoudre l’Assemblée législative le mois dernier
« On a demandé aux gens un mandat et les gens ont dit oui », a affirmé M. Ford, lançant plusieurs avertissements à Donald Trump, dont la phrase que « le Canada ne sera pas le 51e État ».
22 h 31
Bonnie Crombie défaite dans sa circonscription, mais entend rester en poste
« Ils ont dit que le Parti libéral était mort, ce n’est pas le cas, nous sommes de retour », s’est félicitée la cheffe du Parti libéral devant ses partisans jeudi soir alors que les libéraux vont retrouver leur statut de parti officiel, avec une récolte de plus de 12 sièges.
Bonnie Crombie venait tout juste de faire un discours devant ses partisans après avoir été battue dans sa circonscription de Mississauga-Est—Cooksville par la candidate progressiste-conservatrice Silvia Gualtieri. Elle a insisté sur le fait qu’elle comptait rester en poste pour « défendre les intérêts des Ontariens ».
« Je ne vais pas m’arrêter pour aller au front pour notre province. Je vais continuer à me battre chaque jour pour un système de santé publique (…) Je vais rester », a lancé Bonnie Crombie.
L’ancienne mairesse de Mississauga avait été élue cheffe des libéraux en 2023 et n’avait pas de siège à Queen’s Park au moment de sa dissolution le mois dernier.
22 h 04
Jamie West conserve le comté de Sudbury
Le député néo-démocrate Jamie West conserve son siège dans Sudbury. Il l’emporte avec près de 2000 voix d’avance.
21 h 58
Bonnie Crombie en danger dans sa circonscription
La cheffe libérale est en retard de près de 1400 voix dans son propre comté dans Mississauga-Est—Cooksville face à la candidate progressiste-conservatrice.
21 h 52
George Pirie réélu dans Timmins
Le ministre des Mines dans le gouvernement Ford remporte son siège dans Timmins et retourne pour un second mandat à Toronto.
21 h 42
Le NPD sera l’opposition officielle
Les néo-démocrates et leur cheffe Marit Stiles ont réussi leur pari de conserver l’opposition officielle à Queen’s Park. Avec près d’une vingtaine de sièges projetés au moment d’écrire ses lignes, ils seront le second parti à l’Assemblée législative ontarienne pour une troisième élection de suite, devant les libéraux.
21 h 33
France Gélinas réélue dans Nickel-Belt
Elle a été élue pour la première fois en 2007.
21 h 32
Caroline Mulroney réélue dans York-Simcoe
La ministre des Affaires francophones sera de retour à Queen’s Park avec une troisième élection victorieuse en poche pour elle.
21 h 30
Lucille Collard réélue dans Ottawa-Vanier
Elle est députée libérale à Queen’s Park depuis 2020.
21 h 21
Stéphane Sarrazin réélu dans Glengarry-Prescott-Russell
Le député de l’Est ontarien est reconduit à Queen’s Park pour un second mandat de suite.
21 h 00
Les bureaux de vote viennent maintenant de fermer. Les résultats commenceront à arriver dans quelques minutes.
20 h 50
Des retards dans des bureaux de vote
Les résultats dans le comté d’Orléans, dans la région d’Ottawa, arriveront seulement après 11h alors que ceux dans Algoma-Manitoulin seront seulement disponibles après 11h30, selon Élections Ontario. Les premiers résultats partout dans la province seront disponibles après 21h.
Idem pour dans le comté de Stephen Lecce, le ministre de l’Énergie sortant, à Vaughan, les résultats sont attendus pour après 23h.
20 h 38
À surveiller ce soir : les élus francophones du gouvernement Ford
Ils ne sont pas nombreux, mais les porte-parole en matière de francophonie pour le gouvernement Ford ne risquent pas d’attendre très longtemps dès le dépouillement des votes à 21h. La ministre sortante des Affaires francophones, Caroline Mulroney, pourrait aller chercher près de 60 % des intentions de vote dans son comté de York-Simcoe.
Son adjoint aux Affaires francophones, Stéphane Sarrazin, dans Glengarry–Prescott–Russell a aussi de bonnes chances d’être réélu, lui qui avait ravi le siège à Amanda Simard en 2022. Il part comme favori face à son adversaire libéral Trevor Stewart. Parmi les francophiles dans le dernier gouvernement, Sam Oosterhoff et Natalia Kusendova, leurs chances de réélection sont aussi quasi assurées.
20 h 29
À surveiller ce soir : Le Grand Sudbury dans les mains des conservateurs?
Le NPD est actuellement le détenteur des deux sièges de la ville du Nord de l’Ontario avec Jamie West dans Sudbury et la Franco-Ontarienne, France Gélinas, qui représente le comté de Nickel-Belt depuis 2007.
Si les chances de voir France Gélinas retourner à Queen’s Park sont bonnes, mais pas absolues, c’est une autre histoire pour son collège dans Sudbury. Jamie West fait face à une forte opposition provenant du candidat progressiste-conservateur, Max Massimiliano. Il s’agit d’une autre de ses chaudes luttes dans une région ouvrière entre la formation de Marit Stiles et celle de Doug Ford.
20 h 26
À surveiller ce soir : Une première historique pour les verts et Mike Schreiner?
Si à l’issue de cette soirée, le Parti vert de l’Ontario remporte, deux sièges, il s’agira d’une première historique pour la formation écologique, qui n’a jamais complété une soirée électorale avec deux sièges en main.
En 2018 et 2022, leur chef Mike Schreiner a été le seul élu vert et en 2023, ils ont remporté une élection partielle dans Kitchener Centre avec Aislinn Clancy pour monter à deux.
Cette dernière est toutefois en danger face aux progressistes-conservateurs. Les verts fondent aussi beaucoup d’espoir sur leur candidat Matt Richter dans Parry Sound–Muskoka qui avait perdu par 2000 voix en 2022.
20 h 17
À surveiller ce soir : les régions cols-bleus à Doug Ford?
En 2022, Doug Ford avait ravi des circonscriptions dites plus cols bleus ancrées historiquement aux néo-démocrates dans Hamilton, Windsor et Timmins entre autres. Après avoir obtenu l’appui de plusieurs syndicats en 2022, voilà que dans les dernières semaines, il a obtenu le soutien de syndicats provinciaux des pompiers ou encore des électriciens en plus d’obtenir l’appui de sections locales d’Unifor.
Avec la menace des tarifs de Donald Trump qui affecte des villes industrielles, il faudra voir si les progressistes-conservateurs pourront convertir ces appuis de cols bleus en sièges supplémentaires à Windsor, Hamilton et dans le Nord de l’Ontario.
20 h 15
Les bureaux de vote ferment dans 45 minutes
19 h 57
À surveiller ce soir : Les libéraux de retour dans l’opposition officielle?
La déception a été grande chez les libéraux en 2022 quand le parti n’a été capable que d’ajouter un siège passant de 7 à 8 en plus d’être à court des 12 sièges nécessaires pour le statut de parti officiel à Queen’s Park. Si la victoire semble loin à portée de main pour Bonnie Crombie, élue cheffe en 2023, ravir le statut d’opposition officielle au NPD sera plus réalisable et déjà un gain pour la formation politique qui a régné au pouvoir de 2003 à 2018.
Si les libéraux mènent sur le NPD dans les intentions de votes, selon les sondages, c’est tout autre chose au niveau du nombre de sièges. La lutte s’annonce chaude entre les deux formations politiques alors que chacun pourrait se retrouver autour d’une dizaine de sièges
Ce soir, je quitte les arénas sportives pour l'arène politique pour @ONfr_TFO, en direct du quartier général de la leader du Parti libéral de l'Ontario, Bonnie Crombie, pour les élections provinciales. Tout est en place ici au Centre des congrès Mississauga. #OntarioVotes2025pic.twitter.com/toTUM4ZFGu
À surveiller ce soir : une super majorité pour Doug Ford?
Gouvernant déjà avec une majorité confortable (79 sièges sur 124), tout porte à croire que Doug Ford pourrait augmenter encore plus son avance, près d’une trentaine au-dessus des 63 nécessaires pour être majorité.
Les sondages projettent qu’il pourrait aller chercher au minimum une dizaine de sièges supplémentaires. Sera-t-il capable d’atteindre les 90 sièges ou même 100 sièges? C’est un scénario qui n’est pas impossible.
19 h 20
ONFR est aussi présent dans des quartiers généraux des chefs : Sandra Padovani chez Doug Ford et les progressistes-conservateurs, Mickaël Laviolle chez Bonnie Crombie et les libéraux, Laetitia Dogbe chez Marit Stiles les néo-démocrates. Ils vont vous faire vivre cette soirée ici mais aussi sur nos réseaux sociaux. On surveillera également les résultats du Parti vert de Mike Schreiner.
19 h 13
Dans l’Est, nos reporters Rachel Crustin et Amine Harmach surveilleront respectivement deux points chauds : Glengarry-Prescott-Russell et Ottawa-Vanier. Sur le radar de notre rédaction également : les autres courses ottaviennes mais aussi celle de Stormont-Dundas-Glengarry South.
19 h 08
Notre reporter Inès Rebei est sur place à Sudbury pour vous faire vivre les résultats du Nord, plus particulièrement ceux des circonscriptions de Sudbury et Nickel Belt. On surveillera de très près aussi les circonscriptions les plus francophones comme Mushkegowuk-Baie James, Algoma-Manitoulin, Timmins, Nipissing et Timiskaming-Cochrane. Le NPD joue gros dans ces territoires. Plusieurs députés sortants sont talonnés par les progressistes-conservateurs.
19 h 00
Le portrait de l’Assemblée avant la dissolution
Les partis atteignant 12 sièges ou plus auront le statut de parti officiel. Avant la dissolution, seuls deux avaient ce statut : le Parti progressiste-conservateur et le Nouveau Parti démocratique. Outre ces deux-là, deux autres partis détenaient des sièges : le Parti libéral et le Parti vert. La répartition était ainsi :
– 79 sièges pour le Parti progressiste-conservateur
– 28 sièges pour le Nouveau Parti démocratique
– 9 sièges pour le Parti libéral
– 2 sièges pour le Parti vert
– 6 sièges occupés par des députés indépendants
18 h 45
À l’issue de cette soirée, on devrait connaître la composition de la totalité du parlement ontarien, à moins d’un imprévu ou de retard dans certains bureaux. 124 sièges sont à pourvoir. Pour obtenir une majorité, un parti doit réunir la moitié + 1 siège, soit 63 députés.
Un résultat inférieur mènerait à un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire une situation dans laquelle le gouvernement devrait, pour faire adopter des lois, nouer des alliances ou trouver des appuis au-delà de la formation politique arrivée en tête du scrutin.
18 h 30
Bonjour, il vous reste 2h30 pour voter pour le ou la député(e) qui représentera votre circonscription durant les quatre prochaines années à l’Assemblée législative de l’Ontario. Les bureaux de vote ferment à 21 h. Nous sommes ensemble jusqu’à ce que l’on découvre qui gouvernera la province.
La Cour suprême a annoncé jeudi qu’elle accepte d’entendre un appel d’un organisme acadien qui conteste une ancienne décision de Justin Trudeau d’avoir nommé une lieutenante-gouverneure unilingue anglophone au Nouveau-Brunswick.
La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) avait demandé à ce que le plus haut tribunal au pays accepte d’entendre sa contestation, l’organisme jugeant que la nomination de Brenda Murphy en 2019, qui ne parlait pas français, était inconstitutionnelle.
Sur les sept demandes d’appels qui ont été rendues jeudi matin, la Cour suprême a seulement accepté d’entendre celle de l’organisation acadienne. Comme à chaque fois qu’elle rend des demandes d’autorisation, la Cour suprême ne partage pas ses motifs, que ce soit accepté ou rejeté.
« La SANB et les Acadiens se réjouissent que la plus haute cour du Canada ait décidé de se pencher sur cette question-là. On est très heureux (…) Déjà qu’ils nous entendent, c’est positif », commente en entrevue la présidente de l’organisme, Nicole Arseneau-Sluyter.
Brenda Murphy a été la 32ᵉ lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick de 2019 à 2025. Source : Facebook gouvernement du Nouveau-Brunswick
Cette contestation de la SANB avait commencé quelques mois après la nomination de Mme Murphy en septembre 2019 par Justin Trudeau. L’organisme jugeait que le fait que Mme Murphy occupe ce poste alors qu’elle ne parle pas français dans la seule province bilingue au Canada allait à l’encontre de la Constitution canadienne.
En 2022, la Cour du banc du Roi avait statué que la nomination était inconstitutionnelle, car elle contrevenait aux obligations linguistiques du fédéral.
Ottawa avait par la suite porté la décision en appel et, en mai 2024, la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick a infirmé la décision jugeant que la cour de première instance avait fait une erreur « en centrant son analyse sur la question de savoir si l’unilinguisme de la lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick est incompatible avec l’égalité réelle ».
C’est à la suite de ce jugement que la SANB a fait sa demande auprès de la Cour suprême.
« Les arguments sont simples, on ne veut pas avoir une lieutenante-gouverneure qui n’est pas bilingue. On ne demande pas la lune », lance Mme Arseneau-Sluyter.
Brenda Murphy est la première homosexuelle nommée à ce poste. Justin Trudeau avait défendu sa nomination à l’époque, arguant qu’elle s’était « engagée à améliorer son français ». Elle avait été nommée par le Bureau du Conseil privé à la suite d’une recommandation du premier ministre.
En entrevue avec l’Acadie Nouvelle l’an dernier, Justin Trudeau avait dit regretter que sa décision ait été « un facteur de division ». Mme Murphy, dont le mandat a pris fin le mois dernier, a été remplacée par une Acadienne, Louise Imbeault.
« Comme francophone vivant au Nouveau-Brunswick, on s’inquiète toujours : est-ce que le prochain gouvernement va faire de même? », questionne la présidente de la SANB.
« Donc, on trouve que c’est important qu’on ait une décision là-dessus noir sur blanc (pour) que ça ne se reproduise plus. C’est un poste important à un haut niveau et le moindre qu’on demande c’est d’avoir quelqu’un qui puisse s’exprimer dans notre langue », complète-t-elle.
Le dossier sera entendu ultérieurement par la plus haute cour au pays.
Certaines circonscriptions du Nord de l’Ontario pourraient osciller entre deux partis voire changer de couleurs sur la carte. Selon les projections de sondage de 338Canada, trois positions du NPD sont fragilisées, au coude à coude avec des candidats progressistes-conservateurs. Ainsi, plusieurs députés franco-ontariens auront à défendre leurs sièges. Guides des candidats pour les régions les plus francophones.
Coup de poker pour Sudbury
Jamie West, candidat pour le Nouveau Parti démocrate (NPD). Montage ONFR
Libéral depuis 1987, c’est le néo-démocrate Jamie West qui remporte le siège de Sudbury en 2018 puis en 2022, circonscription qui compte 22,6 % de francophones.
Ardent défenseur des droits des travailleurs et des droits de l’homme, il a travaillé dans les domaines de la santé mentale, de la construction, des mines et de la sécurité au travail. À Queen’s Park, il a été porte-parole de l’opposition officielle en matière de Travail, de Formation et de Développement des compétences, et a occupé la fonction de whip adjoint de l’opposition officielle.
C’est un duel très serré qui se jouera demain entre Jamie West et son adversaire progressiste-conservateur Max Massimiliano, que seul 1 % sépare dans les sondages. Ce dernier, propriétaire d’une entreprise locale, est un membre communautaire actif. Un passage aux mains des conservateurs serait une première en 38 ans.
Dans la course également, le candidat libéral Rashid Mukhtar Choudhry, un entrepreneur engagé dans la défense et l’assistance aux immigrants, et le candidat vert David Robinson, un économiste, éducateur et auteur.
France Gélinas irait vers un 6e mandat pour Nickel Belt
France Gélinas, candidat pour le NPD. Montage ONFR
Dans cette circonscription très francophone, où près de 40 % de la population dit avoir le français comme langue maternelle, l’industrie minière joue un grand rôle dans l’économie locale. C’est un château fort des néo-démocrates depuis plus de 30 ans et la Franco-Ontarienne France Gélinas y a enchainé cinq mandats, depuis 2007.
Cette physiothérapeute de formation est devenue en 2022 critique en Santé pour le NPD à Queen’s Park. Elle plaide notamment pour le recrutement et la rétention des infirmières et dénonce la privatisation des soins de santé. Elle a présenté un projet de loi pour établir des ratios maximaux patients/infirmières.
Non loin derrière elle dans les projections de vote, le progressiste-conservateur Randy Hazlett, conseiller municipal dans la municipalité de Rivière des Français, connu pour son engagement communautaire et son soutien aux projets locaux. Il était déjà candidat pour Nickel Belt en 2022.
La candidate libérale Natalie Labbée est conseillère municipale du quartier 7 de Sudbury et la candidate verte Connie Hill est une éducatrice autochtone et dirigeante syndicale.
Quitte ou double pour Guy Bourgouin à Mushkegowuk-Baie James
Guy Bourgouin, candidat pour le NPD. Montage ONFR
Majoritairement francophone à 60 % – une des deux seules circonscriptions où les francophones sont majoritaires – Mushkegowuk-Baie James, très rurale depuis le dernier découpage de 2018, est aux mains des néo-démocrates depuis 1990.
C’est le Métis et Franco-Ontarien, Guy Bourgouin qui y siège depuis 2018. Syndicaliste et militant des droits des travailleurs, à Queen’s Park, il a été porte-parole de l’opposition pour les Affaires francophones, les Ressources naturelles, les Forêts et les Mines. Il a aussi siégé au Comité permanent des affaires intérieures et défend activement les droits des francophones, les travailleurs et les infrastructures dans le Nord de l’Ontario. Il se bat notamment contre la dangerosité des routes du Nord.
Tout comme à Sudbury, ce sera là aussi un combat au coude à coude entre le NPD et le PC. Le candidat progressiste-conservateur David Plourde est maire de Kapuskasing depuis 2018, avant quoi il était conseiller municipal. Il souhaite protéger les industries du bois et du papier, élargir les autoroutes dans le Nord de l’Ontario et étendre le Northlander jusqu’à Hearst.
Le candidat libéral, sur lequel on a peu d’informations, est Kyle Allen, alors que la candidate pour les verts est Catherine Jones, une infirmière praticienne et professeure universitaire, militant pour les droits des Autochtones, l’accès aux soins de santé et le développement durable des communautés.
Projections de sondages : ■ NPD (Guy Bourgouin) : 41 % ■ PC (David Plourde) : 40 % ■ PLO (Kyle Allen) : 16 % ■ Vert (Catherine Jones) : Non renseigné
Un 2e mandat pour George Pirie à Timmins
George Pirie, candidat pour le Parti progressiste-conservateur (PC). Montage ONFR
Château-fort néo-démocrate depuis 1990 avec Gilles Bisson, la circonscription passe aux mains des conservateurs en 2022 avec la victoire de George Pirie. Nouvelle circonscription depuis 2018, anciennement Timmins-Baie James, le redécoupage distingue Timmins, plus urbaine qui comprend la totalité de la ville de Timmins, de Mushkegowuk-Baie James, plus rurale, qui englobe la partie nord de l’ancienne circonscription.
Ancien cadre supérieur dans le secteur minier, George Pirie était maire de Timmins jusqu’à son élection en tant que député en 2022, année où il devient ministre des Mines. Dans ce rôle, il met en avant le développement du Cercle de feu, une région riche en minéraux critiques, pour soutenir l’économie verte. Il a également travaillé à attirer des investissements miniers internationaux et à renforcer l’industrie minière autochtone.
Une avance confortable lui assurerait le siège devant le jeune néo-démocrate Corey Lepage. Ce Franco-Ontario est conseiller financier à la Caisse Alliance, une caisse populaire francophone dédiée aux communautés du Nord de l’Ontario.
En troisième position dans les sondages, le libéral Dominic Casto, sur lequel on n’a que peu d’informations, puis la verte Marie-Josée Yelle, une défenseure de justice sociale et de durabilité environnementale.
Projections de sondages : ■ PC (George Pirie) : 63 % ■ NPD (Corey Lepage) : 18 % ■ PLO (Dominic Casto) : 15 % ■ Vert (Marie-Josée Yelle) : Non renseigné
Vers un 5e mandat pour Vic Fedeli à Nipissing
Vic Fedeli, candidat pour le PC. Montage ONFR
Avec 24,6 % de francophones, Nipissing comprend les villes de North Bay, Sturgeon Falls, Mattawa et la première nation Nipissing. Essentiellement progressiste-conservateur depuis 1987 avec Mike Harris, la libérale Monique Smith en devient la députée de 2003 à 2011. Après quoi le PC reprend le siège avec la victoire de Vic Fedeli lors de l’élection générale de 2011.
Cet ancien maire de North Bay de 2003 à 2010 se représente pour un cinquième mandat. Il est l’un des piliers du gouvernement Ford. Depuis 2019, il poursuit son rôle en tant que ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce de l’Ontario. Ancien homme d’affaires, il crée en 1978 la seule agence de publicité au nord de Barrie.
Largement en tête des sondages, il est suivi par le candidat néo-démocrate Loren Mick, conseiller municipal à Mattawa depuis 2022, membre de divers comités, liés aux services de santé, aux services sociaux et familiaux, à l’autorité de conservation et à la banque alimentaire de la région de Mattawa. Le candidat libéral, Liam Mcgarry, prône l’accès à plus de médecins de famille, de logements et défend l’abordabilité. Le candidat vert Colton Chaput, étudiant en quatrième année de sciences infirmières, est aussi directeur d’un camp francophone pour les jeunes.
Michael Mantha largement distancé dans Algoma-Manitoulin
Michael Mantha, candidat indépendant. Montage ONFR
Cette grande circonscription de 26,3 % de francophones comprend les petites villes de Wawa, Dubreuilville, Chapleau, Manitouwadge, Hornepayne, Blind River, ainsi que Elliot Lake, Espanola et l’île Manitoulin. Les forêts et les mines en sont les principaux employeurs. Libéral depuis 1987, le siège passe aux mains du NPD avec l’élection de Michael Mantha pour trois mandats.
Le Franco-Ontarien, dans la course pour un quatrième mandat, est exclu du caucus néo-démocrate en 2023 à la suite d’actes d’inconduites et siégeait depuis comme indépendant.
Il est cette fois-ci distancé, relégué à la quatrième position des sondages. En tête de cette course très serrée entre le PC et le NPD, respectivement le progressiste-conservateur Bill Rosenberg, ancien maire de Thessalon et David Timeriski, pompier volontaire et ambulancier paramédical engagé.
Le candidat libéral, Reg Niganobe, est un ancien Grand Chef du Grand Conseil de la Nation Anishinabek et ex-chef de la Première Nation Mississauga. La candidate du Parti vert, Maria Legault, gestionnaire de projet, se consacre à la durabilité, au transport en commun et à la gouvernance responsable.
Projections de sondages : ■ PC (Bill Rosenberg) : 38 % ■ NPD (David Timeriski) : 37 % ■ PLO (Reg Niganobe) : 10 % ■ IND (Michael Mantha) : 9 % ■ Vert (Maria Legault) : 4 %
C’est le jour de vote en Ontario. Ce jeudi 27 février, les Ontariens vont élire les députés qui les représenteront au parlement provincial. À partir de 18h, la rédaction d’ONFR se mobilise pour vous informer en temps réel sur onfr.org, X et Bluesky, grâce à nos reporters répartis dans les quartiers généraux des chefs et des circonscriptions francophones clés.
Les bureaux de vote ouvrent dès 9 h ce jeudi matin. Pour exercer leur droit civique, les Ontariens ont jusqu’à 21 h, date de fermeture des urnes. Trois conditions à réunir : avoir au moins 18 ans, la citoyenneté canadienne et résider en Ontario.
Il suffit alors de se rendre avec une pièce d’identité (avec ou sans photographie) au bureau indiqué sur votre carte d’information d’électeur. Si vous ne l’avez pas reçue, il est toujours possible de voter en présentant une pièce d’identité comportant votre nom et votre adresse personnelle au bureau le plus proche en fonction de votre adresse de domicile.
Si votre pièce d’identité ne comporte pas votre adresse actuelle, déterminant votre circonscription de vote, vous devez alors aussi vous munir d’un document nominatif la mentionnant, de type relevé bancaire, relevé d’assurance, fracture d’hydro, etc.
Les pièces d’identité sur cellulaire sont admises, mais pas les pièces d’identité étrangères ni les cartes de résident permanent.
Ce vote déterminera la composition de la 44e législature. Pour gouverner avec une majorité, le parti arrivé en tête doit décrocher 63 sièges minimum, et tout parti atteignant ou dépassant 12 sièges obtiendra le statut de parti officiel.
Avant la dissolution, le Parti progressiste-conservateur (PPC) détenait 79 sièges et constituait un gouvernement majoritaire. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) en détenait 28 et formait l’opposition officielle. Le Parti libéral (9 sièges), le Parti vert (2) ainsi que 6 députés indépendants complétaient le tableau.
6,14 % des électeurs ont déjà voté par anticipation dans ces élections, contre 9,92 % lors du scrutin de 2022. Ce sont les résultats préliminaires d’Élections Ontario. La fenêtre de vote n’a duré que 3 jours, contre 10 en 2022.
Que surveiller?
Ce scrutin est intéressant à plus d’un titre. Le Nord ontarien compte de nombreux duels au coude à coude entre le NPD et le PPC qui pourraient redessiner la carte politique de ces régions à forte présence francophone.
Dans l’Est ontarien francophone, les élections pourraient faire osciller certains sièges et amener de nouveaux visages sur le devant de la scène, tout en ancrant certains députés bien établis.
L’autre inconnue réside dans la bataille que se livrent libéraux et néo-démocrates. Leurs deux cheffes, Bonnie Crombie et Marit Stiles, affrontent leurs premières élections à la tête de leurs formations respectives. La leader libérale est d’ailleurs la seule qui n’avait pas de siège à Queen’s Park et elle joue gros.
À la tête du parti depuis plus d’un an, Bonnie Crombie se présente dans Mississauga-East-Cooksville, une course serrée contre le PCC. Elle a axé sa campagne sur le redressement du système de santé et compte au moins regagner le statut de parti officiel perdu depuis 2018 lors de l’arrivée au pouvoir de Doug Ford.
Premier ministre ontarien sortant, Doug Ford a déclenché ce scrutin plus d’un an avant le terme du précédent mandat en raison des menaces de tarifs douaniers américains. C’est une opportunité pour lui de revenir pour la troisième fois au pouvoir avec « un mandat fort », a-t-il martelé à maintes reprises, et l’appui d’une majorité qu’il espère renforcer.
De son côté, Marit Stiles, dont la rééection dans Davenport ne laisse que peu de doute, doit naviguer entre la popularité du PPC et la montée des libéraux pour convaincre les électeurs. Ses thèmes de campagne ont largement tourné autour de la défense des services publics et de l’éducation. Son parti, le NPD, représentait l’opposition officielle depuis 2018.
Autres variables qu’il sera intéressant de suivre : le taux de participation (qui était de 43 % en 2022) et le vote populaire. Sans compter des courses singulières, francophones mais pas seulement…
Bobbi Ann Braddi, seule députée de l’histoire à avoir été élue indépendante, sera-t-elle réélue dans Haldimand-Norfolk? Sol Mamakwa, seul député autochtone avant la dissolution – sera-t-il reconduit dans Kiiwetinoong? Que deviendra le député franco-ontarien Michael Mantha dans Algoma-Manitoulin? Le Parti vert de Mike Schreiner sera-t-il en mesure de maintenir, voire faire mieux que deux députés à Queen’s Park?
Autant de questions qui trouveront leurs réponses ce jeudi soir.
OTTAWA – Le Festival franco-ontarien (FFO) a dévoilé mercredi les grandes lignes de sa programmation 2025. La 50e édition aura lieu du 12 au 14 juin au parc Major’s Hill d’Ottawa. Entre autres, un grand spectacle mettra en vedette une quinzaine d’artistes franco-ontariens de différentes générations. Une autre nouveauté est la création d’un rôle d’ambassadeur, confié à l’humoriste Patrick Groulx pour les trois prochaines années.
L’an dernier, Groupe Simoncic, l’organisateur du FFO, avait annoncé vouloir entre autres rajeunir son public. C’est dans ce même état d’esprit que la première soirée du 50e anniversaire accueillera des artistes rap, soit le Français Carbonne et l’étoile montante québécoise, Fredz.
Le vendredi se consacrera à un spectacle unique intitulé Fièrement franco, follement festif! En conférence de presse, la directrice de la programmation, Sophie Bernier, a promis la présence d’une quinzaine d’artistes franco-ontariens. Leurs noms seront dévoilés le 21 mars, lors du déjeuner du maire, à Ottawa.
DJ UNPIER a l’habitude d’inviter de nombreux collaborateurs sur scène. Il était l’une des têtes d’affiche du FFO en 2022 et assurera la codirection artistique et musicale du spectacle du 50e anniversaire. Photo : Stéphane Bédard / ONFR
On sait déjà que la direction artistique et musicale a été confiée à François Dubé et DJ UNPIER. En entrevue avec ONFR, le directeur général de Groupe Simoncic, José Bertrand, explique. « On parle de quelqu’un qui a écrit Notre place et de quelqu’un qui a fait un paquet de chansons électro/EDM, qui représente une nouvelle génération de sons, raconte-t-il. Ça donne le ton d’où on veut aller. On va marier ces années-là et voir ce que c’était hier, ce que c’est aujourd’hui et ce que ce sera demain. »
Samedi soir, la musique côtoiera l’humour grâce au trio franco-ontarien les Bilinguish Boys (Stef Paquette, Edouard Landry et Dayv Poulin) et les Trois Accords, passés maîtres dans la chanson humoristique québécoise.
Nouveautés et retours
Le 21 mars, le FFO dévoilera également les détails d’une tournée qui apportera des activités du festival un peu partout en province. « Ça s’appelle le Festival franco-ontarien. Ça n’appartient pas aux Ottaviens », affirme José Bertrand.
Le choix de Patrick Groulx comme tout premier ambassadeur est assez logique. Fier Franco-Ontarien, il a participé de nombreuses fois au FFO comme artiste, mais surtout comme spectateur.
« D’avoir accès à notre langue, c’est hyper important et c’est ce qui fait qu’on a envie de la développer, de la parler et de consommer (la culture) en français. »
— Patrick Groulx
L’humoriste s’est même déjà fait expulser du site du festival après avoir tenté de monter sur la scène pendant un spectacle de Jean Leloup. « J’ai jeté mon béret et enlevé ma veste et je suis revenu au FFO. Ils m’ont laissé rentrer, car ils ne m’ont pas reconnu », s’amuse-t-il à raconter.
La zone VIP sur le côté de la scène et le Café communal seront de retour après avoir connu du succès l’an passé. Un appel de candidatures sera prochainement lancé par l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) et la Coalition de l’industrie musicale d’Ottawa (CIMO) pour les artistes émergents qui souhaiteraient participer au Café communal.
Les médias présents à la conférence de presse ont pu avoir un avant-goût d’une exposition immersive qui relatera l’histoire de ce demi-siècle de festival. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Une autre nouveauté est la billetterie dynamique, avec des prix qui augmentent à l’approche de l’événement. Le prix le plus bas était affiché avant le lancement de la programmation, avec le concept de billetterie à l’aveugle. Plus de 200 personnes ont ainsi déjà acheté leur passeport, selon José Bertrand.
Une promesse de jeunesse et de diversité
Devant les têtes d’affiche annoncées mercredi et la volonté exprimée depuis l’an dernier de diversifier la programmation, José Bertrand va au-devant de notre prochaine question. « On pourrait dire que la programmation est très hommes blancs, mais elle ne l’est pas. On a beaucoup d’artistes franco-ontariens, beaucoup de femmes, beaucoup d’artistes qui font partie de communautés en quête d’équité. On a tout ça qui va sortir le 21 mars. »
Le directeur général se fait aussi un point d’honneur de s’adresser aux jeunes générations. « Des artistes comme Fredz, par exemple, parlent énormément aux jeunes dans les écoles. Les jeunes sont (le public pour) les prochains 50 ans. Ce sont eux qui vont emmener leurs enfants dans 20 ans. »
Patrick Groulx souligne justement combien le FFO a participé à sa propre construction identitaire, entre autres grâce à l’accessibilité géographique pour l’adolescent qu’il a été. « C’est un événement très important pour moi et pour la francophonie. C’est important pour les Franco-Ontariens d’avoir leur événement à eux. »
Patrick Groulx endosse le rôle d’ambassadeur du FFO avec émotion et enthousiasme. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Les jeunes familles pourront encore une fois profiter d’une matinée familiale gratuite le samedi matin, avec entre autres la présence du magicien Daniel Coutu. La veille, près de 3000 élèves participeront à la matinée scolaire.
Patrick Groulx, qui a lui-même fêté ses 50 ans l’an dernier, s’est dit ému que Groupe Simoncic ait pensé à lui. Même avec une carrière établie au Québec, il revendique « complètement » son identité franco-ontarienne. « On parle tout le temps de la langue, mais c’est tellement plus que ça. C’est une façon de vivre, de comprendre les choses. (…) C’est super important d’être fier de ce qu’on fait ici. »
Et malgré son rôle dans le spécial de fin d’année Improtéine expose, où il jouait le Franco-Ontarien jaloux qui veut empêcher les autres de percer dans la belle province, l’humoriste souhaite au contraire que ses pairs se permettent de rêver. « Plus on est, mieux c’est. Je suis un gars d’équipe. Amenez-en, des Franco-Ontariens de talents! »
ONTARIO – Démarrer une nouvelle entreprise n’est jamais une mince affaire, mais pour les minorités visibles le défi peut s’avérer encore plus insurmontable. À quelques jours de la fin du mois de l’Histoire des noirs, ONFR a recueilli le témoignage de quelques-uns de ces jeunes entrepreneurs qui veulent briser les idées reçues et faire un impact.
Derrière les entreprises et les succès, il y a des humains avec des parcours inspirants et parfois difficiles. Rolande Nkwasseu gère depuis 2021, RolyCleaning ProMax, sa propre entreprise de nettoyage à plein temps dans le Grand Sudbury.
Avant de se lancer dans cette nouvelle aventure, la jeune femme originaire du Cameroun travaillait dans la restauration rapide ou encore dans des foyers pour personnes âgées, mais les choses ne se sont pas passées comme elle aurait voulu.
« En tant que minorité visible, j’avais de la misère à m’affirmer au travail. Quand je trouvais du boulot, le traitement était complètement différent seulement de par le fait que je suis noire », explique celle qui détient un baccalauréat en psychologie, philosophie et travail social.
Rolande Nkwasseu, troisième personne à partir de la gauche, entourée de ses employés à Sudbury. Gracieuseté de Rolande Nkwasseu.
La Franco-Sudburoise dit avoir beaucoup souffert de mauvais rapports avec des collègues : « Les gens se permettaient de dire n’importe quoi, que je suis lente et quand j’allais me plaindre auprès du superviseur c’était toujours moi qui étais à la source du problème. J’étais comme une boniche. »
Depuis qu’elle est à son propre compte, la jeune femme se dit beaucoup plus sereine et le succès est tel qu’elle emploie aujourd’hui une dizaine de personnes.
Des barrières systémiques
Du côté de Toronto, Gernina Marilyne Mombili est en plein processus de création de son entreprise Sarayu Brand : une marque de vêtements pour femmes noires rondes. Elle dit aussi avoir dû faire face à plusieurs barrières du fait de ses origines qui retardent le lancement du projet.
« Sous prétexte que je suis africaine, souvent, il y a toujours cette négociation pour avoir le tarif à la baisse sur les vêtements, sur les commandes, sur les prestations de service. Quand on est noirs, on ne nous fait pas confiance contrairement aux personnes blanches d’entrée de jeu », estime celle qui a aussi créé un service de développement personnel en ligne.
Gernina Marilyne Mombili souhaite lancer une marque de vêtements pour femmes noires rondes car elle estime qu’il y a peu d’options pour ces personnes en Ontario. Gracieuseté de Gernina Marilyne Mombili
Selon celle qui est aussi la directrice de la Coalition des Noir.e.s Francophones de l’Ontario (CNFO), accéder à des subventions est plus difficile quand on est une personne noire et francophone, tout comme le fait de générer des revenus au début du projet.
« Il y a très peu de projets qui sont mis en place pour que les entrepreneurs noirs francophones puissent avoir accès à des fonds. Souvent, à l’année, on peut avoir deux, trois, quatre subventions au maximum, mais cela reste très compliqué pour les membres de notre communauté. »
Et d’ajouter : « Il y a aussi le fait que, souvent, on fait partie de la même communauté que nos clients, donc la personne peut faire une commande, et te dire ‘’ je vais te payer deux semaines plus tard parce que je n’ai pas d’argent’’. C’est très difficile, mais on n’a pas le choix, car on veut publiciser notre marque. »
De nouveaux programmes dédiés
Malgré tout, la hausse récente du nombre d’immigrants au pays a permis la création de quelques programmes comme la Subvention pour le soutien aux entrepreneurs racisés et autochtones (SERA), lancé en 2022 par le gouvernement ontarien ou encore le Programme d’appui des entrepreneurs noirs du nord de l’Ontario (PAENNO) de propulser la même année, par le gouvernement fédéral.
Basé à Sudbury et opéré au sein de l’Afro-Heritage Association of Sudbury, ce dernier a déjà permis d’aider plus de 120 entreprises dirigées par des Noirs à atteindre leurs objectifs, selon l’organisme.
Le PAENNO a reçu 389 197 $ du gouvernement fédéral la semaine dernière pour la création de 20 entreprises et l’agrandissement et la modernisation de 15 autres . Source : PAENNO
« J’ai co-fondé PAENNO parce que je me suis rendu compte qu’il y avait un manque dans l’écosystème pour l’encadrement des entrepreneurs noirs. J’ai constaté que les gens arrivent au pays avec, sans soutien et qu’ils ne peuvent pas rester et faire grandir leur projet dans nos communautés », confie le directeur général, Chamirai Charles Nyabeze.
Pour les francophones, il y a aussi des programmes pour les entrepreneurs, mais celui-ci n’est pas dédié spécifiquement aux personnes noires. Gernina Marilyne Mombili a pu suivre celui de ImpactOntario, un programme en ligne et gratuit qui aide les nouveaux entrepreneurs de Toronto.
Différences culturelles, accès à du capital
M. Nyabeze tient à le rappeler : « Le défi, c’est que lorsque vous avez l’air différent, que vous sonnez différent, que vous avez une culture différente, cela fait vraiment une différence. »
L’une des plus grandes difficultés que celui qui est également entrepreneur rencontre à titre de gérant du PAENNO est que les entrepreneurs noirs ne sont pas tous à l’aise avec l’idée de créer un plan d’entreprise ou viennent d’autres pays et ne connaissent pas le marché canadien.
C’est le cas de Rolande Nkwasseu : « Dans mon pays d’origine, j’étais une très grande femme entrepreneure. Je vendais des chaussures, des vêtements, des bijoux. J’aimais beaucoup cette partie de moi et quand je suis arrivée au Canada et que je ne pouvais (pas) continuer dans ce rôle, ça a été un choc. »
Pour Chamirai Charles Nyabeze, il existe un ennemi numéro un pour la création d’entreprise des personnes noires : « Nos entrepreneurs se plaignent toujours qu’ils ont de la difficulté à accéder au capital. Mais le problème, c’est qu’ils n’ont pas nécessairement la cote de crédit nécessaire pour avoir accès à des capitaux ou un plan d’affaires prêt, ni le nombre d’années au Canada pour y être admissibles. »
Chamirai Charles Nyabeze estime que le fait qu’il y a de très hautes attentes au Canada pour ce qui est de la qualité de service des entreprises peut constituer un obstacle supplémentaires pour les nouveaux arrivants noirs qui se lancent en affaires. Gracieuseté de Chamirai Charles Nyabeze.
Être une personne noire dans une petite communauté rurale du Nord, ne pas avoir de réseau ou un nom connu dans le milieu des affaires canadien : autant d’autres défis auxquels ces entrepreneurs sont confrontés.
Tariffs américains et croissance des petites entreprises
Avec la menace tarifaire qui pend sur le commerce au Canada, on pourrait croire que se lancer en affaires sera encore plus complexe.
Ce n’est pas l’avis de M. Nyabeze qui y voit, bien au contraire, une opportunité pour les entrepreneurs qui commencent bien souvent avec des entreprises de petite taille.
« La situation géopolitique force la localisation de la chaîne logistique. Cela signifie que les petites entreprises sont, en fait l’endroit, où la croissance va se produire à cause de situations comme les tariffs. Nous voyons donc les droits de douane comme une occasion de faire croître notre base de petites entreprises. »
Si pour l’instant la plupart des petites entreprises lancées par des personnes noires du PAENNO sont considérées comme faisant partie de l’entrée de gamme comme le nettoyage, la restauration rapide, la vente au détail, l’organisme dit vouloir prouver qu’il est possible de faire élargir et faire grandir le potentiel commercial de la communauté.
De leur côté, Gernina Marilyne Mombili et Rolande Nkwasseu ont pour objectif, respectivement, d’ouvrir une boutique physique à Toronto pour la vente de vêtements pour femmes noires rondes, et un magasin de chaussures et autres bijoux à Sudbury.
L’élection provinciale en Ontario approche, mais les jeunes électeurs seront-ils au rendez-vous? Ont-ils confiance en Doug Ford, aux libéraux, au NPD et aux verts? Quels enjeux les préoccupent le plus? Entre engagement et désintérêt, notre journaliste Rachel Crustin interroge la nouvelle génération pour comprendre ce qui influence leur participation électorale demain le 27 février.
Pour revoir le premier et second épisode de notre Vox Pop sur les élections ontariennes : ICI et ICI
OTTAWA – Qui sont les candidats qui briguent ces fiefs francophones de l’Est ontarien? Selon les projections de sondage de 338Canada, si cette élection amène de nouveaux candidats sur le devant de la scène, elle permettrait aussi d’ancrer certains députés bien établis. Guide de sept circonscriptions qui comptent entre 54 à 10 % de francophones.
Stéphane Sarrazin vers un second mandat dans Glengarry-Prescott-Russell
Stéphane Sarrazin, candidat pour le Parti progressiste-conservateur. Montage ONFR
Majoritairement francophone à 54,2 %, cette circonscription rurale est aux mains du Parti progressiste-conservateur (PC) depuis l’élection de 2022 avec le député franco-ontarien Stéphane Sarrazin, prenant le siège libéral d’Amanda Simard. Avant quoi, c’était le Parti libéral (PLO) qui y avait son étendard de 1981 à 2018.
Ancien maire du canton d’Alfred et Plantagenet et président des Comtés unis de Prescott et Russell jusqu’en 2022, Stéphane Sarrazin a été adjoint parlementaire de la ministre associée des Petites Entreprises et de la ministre des Affaires francophones.
Seuls 10 % le séparent du candidat libéral Trevor Stewart, conseiller municipal, qui a notamment travaillé pour le député fédéral Francis Drouin et qui s’est distingué comme défenseur des droits francophones lors de la crise linguistique de l’automne 2018. Sont également dans la course, la néo-démocrate Ryder Finlay, concentrée sur l’abordabilité, et le vert Thaila Riden, déjà candidat en 2022, connu pour son engagement dans l’agriculture biologique.
Lucille Collard brigue un troisième mandat à Ottawa-Vanier
Lucille Collard, candidate pour le Parti libéral. Montage ONFR
Ottawa-Vanier, qui comptabilise 30,8 % de francophones, est un bastion libéral depuis 1971 occupé par la Franco-Ontarienne Lucille Collard qui avait succédé à Nathalie Des Rosiers, du même caucus, lors d’une élection partielle en 2020 et conservé son siège en 2022. Elle a été critique du PLO en charge des dossiers liés à la justice et aux affaires francophones.
C’est avec une bonne avance que Mme Collard disputera son siège à la progressiste-conservatrice Marilissa Gosselin, ancienne candidate dans Glengarry-Prescott-Russell en 2011 et actuelle directrice de la communication au ministère des Affaires francophones, à la néo-démocrate Myriam Djilan, qui milite pour des politiques progressistes et la représentation des minorités, et au vert Christian Proulx, entrepreneur et bénévole d’initiatives locales.
Stephen Blais, candidat pour le Parti libéral. Montage ONFR
30,8 % de francophones y résident. Orléans est une circonscription libérale depuis 2003, dont Stephen Blais a remporté le siège en 2022 et avant ça les élections partielles de 2020, prenant la place de Marie-France Lalonde.
Une fois à l’Assemblée législative de l’Ontario, cet ancien conseiller municipal du quartier de Cumberland et président de la Commission des services de transports d’Ottawa, est devenu porte-parole des Affaires municipales et du logement, de l’Éducation, du Développement économique et du commerce.
Dans la course : le candidat progressiste-conservateur Stéphan Plourde, un professionnel de la santé, que Stephen Blais ne devance que de 10 %. Également le candidat néo-démocrate Matthew Sévigny, porte-parole de communautés francophones, LGBTQ+ et de personnes ayant un handicap, et la candidate du Parti vert, Michelle Petersen. Déjà candidate en 2022, cette psychothérapeute fait la promotion des services en français, et travaille depuis 20 ans dans les services communautaires d’Ottawa.
Nolan Quinn en tête à Stormont-Dundas-South Glengarry
Nolan Quinn, candidat pour le Parti progressiste-conservateur. Montage ONFR
Divisée en six municipalités, dont Cornwall, cette circonscription rassemble 18,6 % de francophones, dont une majorité à Cornwall et South Glengarry qui comptent à eux deux, pour plus de 25 % de Franco-Ontariens.
Cette circonscription très rurale est aux mains des conservateurs depuis 2011, après avoir été libérale pendant 27 ans. Nolan Quinn, qui a décroché son siège en 2022, est devenu successivement ministre associé des Forêts en juin 2024 puis ministre des Collèges et Universités en août 2024.
Il disputera son siège au libéral Devon Monkhouse, un agent immobilier anciennement le secrétaire-trésorier de la Commission libérale rurale et du Nord de l’Ontario, et au néo-démocrate Jeremy Rosen, employé de poste et militant syndical et au vert Nicholas Lapierre, entrepreneur, ayant travaillé dans les services et l’hôtellerie et en enseignement postsecondaire.
Catherine McKenney, candidate pour le NPD. Montage ONFR
Ottawa-Centre, qui compte 15 à 18 %, a été pendant longtemps néo-démocrate, avant de devenir un siège libéral dès 1995. Les néo-démocrates s’en emparent toutefois à nouveau en 2018 avec la victoire de Joël Harden.
Ce député sortant, qui occupait le siège depuis, tentera de faire le saut au fédéral dans cette même circonsciptions lors des prochaines élections prévues cette année. C’est la candidate Catherine McKenney qui essayera de reprendre le flambeau.
Cette ancienne conseillère municipale d’Ottawa du quartier Somerset, candidate à la mairie en 2022, est une militante pour le logement abordable, les infrastructures durables, et la lutte contre les changements climatiques.
Dans la course : le libéral Thomas Simpson, leader communautaire et défenseur des droits des personnes en situation de handicap, le progressiste-conservateur Scott Healey, déjà candidat en 2022, qui travaille au développement de nouvelles technologies de pointe pour l’armée, et le vert Simon Beckett, un entrepreneur qui exploite une société de gestion immobilière à Ottawa et qui défend le logement abordable et de meilleurs soins de santé.
John Fraser, candidat pour le Parti libéral. Montage ONFR
Le PC y avait pignon sur rue jusqu’à 1987 avec la victoire de Dalton McGuinty. Depuis la partielle de 2013, c’est John Fraser qui occupe le siège d’Ottawa-Sud, qui rassemble 15,2 % de francophones.
Avant son entrée en politique, il a principalement travaillé dans le secteur privé et public notamment en tant qu’organisateur politique et conseiller stratégique auprès de Dalton McGuinty, ancien premier ministre de l’Ontario. À Queen’s Park, John Fraser a exercé brièvement les fonctions de chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario jusqu’à l’élection de Bonnie Crombie.
Cette large avance lui assurerait un 4e mandat, devant la progressiste-conservateur Jan Gao, consultante, ancienne directrice des services corporatifs au Centre de santé communautaire du Centre-ville et cheffe des finances et vice-présidente finances et RH, le néodémocrate Morgan Gay, notamment négociateur auprès de l’Alliance de la Fonction publique du Canada et la verte Nira Dookeran. Cette ancienne candidate en 2015 et 2021 est enseignante au Ottawa-Carleton District School Board.
Le NPD et le PC au coude à coude à Ottawa-Ouest-Nepean
Chandra Pasma, candidate pour le NPD. Montage ONFR
Ottawa-Ouest-Nepean est une circonscription qui ne compte que 9,2 % de francophones, la majorité d’entre eux étant beaucoup plus concentrés à l’Est.
Le NPD et sa candidate Chandra Pasma ont arraché ce siège aux progressistes-conservateurs défaits en 2022. Celle-ci est successivement porte-parole de l’opposition en Pauvreté et Réduction de l’itinérance et en Éducation. Elle est également vice-présidente du Comité permanent des organismes gouvernementaux.
Ce sera une lutte très serrée entre elle est le progressiste-conservateur Husien Abu-Rayash, qui la devance de 2 % seulement. Cet entrepreneur est un ancien réserviste des Forces armées canadiennes. Le candidat libéral Brett Szmul Brett Szmul est un chercheur en politique et en législation et la candidate Sophia Andrew-Joiner, ancienne adjointe parlementaire, militante communautaire pour l’amélioration du transport en commun, le logement abordable et les soins de santé.
Dans ce quatrième épisode du balado ONvote 2025, cap sur les circonscriptions où vivent de nombreux francophones! De Mushkegowuk-Baie James à Glengarry-Prescott Russell, en passant par Sudbury et Ottawa, Stéphanie Chouinard et Rudy Chabannes sillonnent l’Ontario pour faire halte dans votre région, pour évaluer les chances des candidats qui deviendront peut-être vos députés.
La politologue et le journaliste nous dévoilent aussi ce qu’il faudra surveiller au cours de la soirée du 27 février : gouvernement minoritaire ou majoritaire, opposition officielle, ou encore taux de participation… Une dernière ligne droite à vivre sur le balado politique d’ONFR.
ONvote 2025 est disponible sur YouTube, mais aussi sur les plateformes Spotify, Amazon Music et Apple Podcasts. Retrouvez nos trois premiers épisodes ici.
À Cornwall, à seulement dix minutes de la frontière américaine, l’imposition imminente de tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens aux États-Unis, prévue dès le 4 mars, suscite de vives inquiétudes.
Justin Towndale, maire de cette ville de près de 48 000 habitants, dont environ un tiers sont francophones, relaie les préoccupations du milieu des affaires.
« Nous sommes très inquiets. Notre tissu économique repose sur plusieurs entreprises qui fabriquent des produits destinés à l’exportation vers les États-Unis. De plus, certaines entreprises américaines installées à Cornwall pourraient choisir de rapatrier leurs activités de fabrication vers leurs installations aux États-Unis », souligne le maire de cette ville du Sud-est ontarien.
Selon lui, des centaines d’emplois sont menacés dans plusieurs secteurs clés, notamment les textiles techniques pour l’industrie automobile, la biscuiterie, la transformation alimentaire et la métallurgie.
Cornwall abrite également de nombreuses grandes enseignes spécialisées dans l’entreposage, un secteur fortement dépendant du commerce transfrontalier et employant une main-d’œuvre conséquente, précise la sénatrice et ancienne mairesse de Cornwall, Bernadette Clément.
L’ancienne mairesse de Cornwall, Bernadette Clément. Gracieuseté
« Si les chaînes de distribution sont perturbées, cela entraînera d’importantes pertes d’emplois touchant l’ensemble de la population, qu’il s’agisse des francophones, des nouveaux arrivants ou des résidents de longue date », prévient l’ancienne mairesse, qui a également exercé trois mandats comme conseillère municipale.
Après l’incertitude, la riposte
Une enquête menée par la Chambre de commerce de Cornwall et sa région révèle que l’inquiétude est palpable au sein du milieu entrepreneurial : 41 % des entreprises expriment une préoccupation modérée et 22 % se disent extrêmement préoccupées. La majorité des répondants sont des petites et moyennes entreprises (PME), particulièrement vulnérables face aux incertitudes économiques.
Réalisée en janvier, alors que les détails des tarifs demeuraient flous et que les gouvernements élaboraient encore leurs réponses, cette enquête a également mis en lumière un manque de préparation : seulement 15 % des entreprises avaient entamé des démarches d’adaptation.
« Depuis, la communauté d’affaires est passée de l’incertitude et du scepticisme à une phase de préparation active et de vigilance accrue », explique Angela Bero, gestionnaire de la Chambre de commerce de Cornwall et de la région.
« Les entreprises élaborent désormais des stratégies pour atténuer l’impact des tarifs, preuve que la situation est prise très au sérieux », ajoute-t-elle.
Pour atténuer l’impact des tarifs, explique Angela Bero, les entreprises de Cornwall envisagent plusieurs stratégies.
Celles-ci incluent la recherche de fournisseurs alternatifs, la réduction des dépenses d’exploitation, la diminution des coûts non essentiels, la renégociation des conditions de paiement avec les fournisseurs et les clients, ainsi que le report des investissements en capital.
Certaines entreprises prévoient également d’augmenter les prix pour les clients ou d’explorer de nouvelles sources de revenus.
De plus, elles cherchent à améliorer leur efficacité en optimisant la gestion des stocks, en augmentant leurs réserves de trésorerie et en reportant certains investissements, souligne la Chambre de commerce de Cornwall.
Une mobilisation politique et économique
Face à ces menaces, la mairie de Cornwall a annoncé des mesures pour soutenir les entreprises locales et maintenir des relations transfrontalières solides.
Dans cette optique, le maire Justin Towndale a récemment rencontré Greg Paquin, maire du village de Massena (État de New York), ainsi que Susan Bellor, superviseure municipale de la Ville de Massena.
« Nous avons discuté d’approches collaboratives pour assurer la stabilité et la croissance économique, ainsi que des actions de lobbying à mener auprès des législateurs », indique Justin Towndale.
En tant que membre de l’Alliance des maires frontaliers, il affirme que Cornwall, aux côtés d’autres municipalités canadiennes frontalières, défend « des politiques favorisant un commerce équitable et stable ».
Sécurité aux frontières : un prétexte
L’argument sécuritaire figure également parmi les justifications avancées par l’administration américaine pour imposer ces tarifs.
Le maire de Cornwall reconnaît que la gestion des frontières est une tâche complexe, mais il assure que le Service de police de Cornwall et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) redoublent d’efforts pour lutter contre le trafic d’êtres humains et de drogues.
« La frontière est vaste et notre région est située au bord du fleuve Saint-Laurent. Cependant, chaque pays souverain est responsable de la gestion de ses propres frontières », explique-t-il, rejetant ainsi la volonté américaine de faire peser l’entière responsabilité sur le Canada.
« Les États-Unis disposent de leurs propres services et agences de sécurité pour surveiller leurs frontières. Faire porter le blâme au Canada n’est qu’un prétexte. En réalité, plus de produits illégaux circulent des États-Unis vers le Canada que l’inverse », s’indigne-t-il.
Une juridiction complexe au cœur des tensions
Pour la sénatrice Bernadette Clément, la situation de Cornwall est d’autant plus particulière en raison de sa position géographique unique.
« Cornwall est une ville frontalière, située à la croisée des frontières québécoise et américaine. Aussi, il suffit de traverser un pont pour se retrouver sur le territoire des Mohawks d’Akwesasne. »
Elle rappelle que les enjeux liés au trafic d’êtres humains ne sont pas nouveaux dans la région et souligne la forte présence des forces de l’ordre, qui collaborent étroitement.
« Les résidents de Cornwall ont d’ailleurs remarqué une intensification des patrouilles aériennes avec des hélicoptères survolant régulièrement la frontière », note-t-elle.
Cependant, un autre sujet l’inquiète davantage : « Nous avons entrepris un travail de réconciliation avec nos voisins autochtones, les Mohawks d’Akwesasne, en impliquant les communautés francophones et anglophones. J’ai peur que ce processus soit entravé par l’adversité croissante dans ce contexte de juridiction complexe. »
Coincés entre plusieurs législations, les Mohawks d’Akwesasne subissent directement les conséquences de cette crise.
« Leur territoire chevauche les frontières américaine, canadienne, québécoise et ontarienne. Il est essentiel que leur voix soit entendue dans ce tumulte provoqué par la question des tarifs », conclut-elle.
TORONTO – À deux jours du scrutin, le premier ministre ontarien sortant, Doug Ford, qui ne s’est pas exprimé une seule fois dans l’autre langue officielle, a répondu en conférence de presse sur l’état de son français. Une réponse en quatre mots : « Comme ci, comme ça », les premiers depuis le début de la campagne électorale.
« Est-ce que vous parlez un peu de français? » – questionne le journaliste anglophone Davis Legree de Ipolitics, ajoutant que « Marit Stiles et Bonnie Crombie s’expriment de temps en temps un peu de français ».
Celui-ci mentionne le fait que la plateforme électorale du PC, dévoilée la veille, ne fait référence ni à la langue française ni à la communauté francophone de l’Ontario.
« Comme ci, comme ça », répond M. Ford sur son niveau en français. Les seuls mots qu’il a exprimés dans la langue de Molière de toute la campagne.
Le journaliste l’interroge également sur ce qu’il ferait pour la communauté franco-ontarienne si son gouvernement était réélu.
« Nous avons des représentants passionnés et une ministre Caroline Mulroney qui est passionnée. Nous avons fait pour les 600 000 Franco-Ontariens – je pense que c’est le bon chiffre – plus que d’autres gouvernements et ces sept dernières années le prouvent », défend le chef du PC.
Avec la menace tarifaire américaine, et en tant que président du Conseil de la fédération, celui-ci s’est exprimé à maintes reprises au nom du Canada tout entier, ce matin même encore : « Le Canada ne deviendra jamais le 51e état des États-Unis ».
Apprentissage du français : une promesse de 2018 et 2022
Durant la campagne de 2018, celui-ci avait promis de prendre des cours de français, puis avait réitéré cette même promesse en 2022, affirmant avoir suivi des cours à « certains moments pendant la pandémie, lorsque c’était possible de se regrouper ».
L’année précédente, il avait toutefois émis des réserves en raisons de la distanciation sociale obligatoire : « Je ne pouvais pas faire venir mon professeur de français. »
Questionné par ONFR au sujet des cours de français de Doug Ford, le service média du parti ne nous a jamais répondu.
LONGLAC – Vous connaissez probablement le Nouveau Parti bleu ou encore le Parti libertarien, mais avez-vous déjà entendu parler du Parti de l’Ontario Nord? Fondé en 1977, ce tout petit parti existe pourtant encore et c’est un Franco-Ontarien qui est à sa tête aujourd’hui.
L’indépendance du Nord de l’Ontario du reste de la province : voilà l’idée derrière la fondation de ce parti. Fondé à la fin des années 70 par Ed Deibel, commerçant et ex-conseiller municipal de North Bay, le parti portait alors le nom de Northern Heritage Party.
À l’époque, la petite ville du nord-ouest de Geraldton était pressentie pour être la nouvelle capitale provinciale de cette hypothétique 11e province canadienne.
Le parti a ensuite été dissous en 1985 et relancé en 2010 avec le nouveau nom de Parti de l’Ontario Nord. L’objectif de séparer la région du reste de l’Ontario a finalement été abandonné en 2018.
Ed Deibel avait recueilli 10 600 signatures pour la création du Parti en 1977. Peu de temps le gouvernement a créé le nouveau ministère des Mines et du Nord. Source : Facebook
Pas d’espoir de gagner
L’objectif aujourd’hui pour le Parti : faire entendre la voix du nord à Queen’s Park. Loin de se faire des illusions, le chef du Parti explique qu’il a bien conscience de n’avoir aucune chance de remporter les élections.
« On n’a pas pour vision de gagner les élections. On veut juste pousser les autres partis, surtout celui au pouvoir de prendre des décisions qui soient bonnes pour le Nord Ontario », confie Jacques Ouellette.
M. Ouellette dit avoir été pris de court par ces élections anticipées et n’a pu rassembler que trois candidats cette année. Lors des élections de 2018, le Parti en comptait 10 et avait recueilli 5912 voix.
Parmi ceux en lice pour ces élections, on compte Daniel K. Campbell pour la circonscription de Thunder Bay – Superior Nord, Kenneth Jones pour Thunder Bay – Atikokan et Theresa Leppich pour Kiiwetinoong.
M. Ouellette a reçu plusieurs critiques de personnes reprochant au Parti de contribuer à diviser le vote et favoriser la réélection du gouvernement progressiste-conservateur. Celui-ci se veut rassurant et confirme qu’il est conscient que l’influence de sa formation politique reste à bâtir.
« Si on pouvait avoir juste une personne, ça nous permettrait de parler à M. Ford, car il ne comprend pas du tout la réalité du Nord », ajoute-t-il. Le Parti n’a jamais réussi à faire élire des candidats.
Par, pour et avec le Nord
Derrière la plupart des mesures proposées dans la plateforme du Parti, il y a ce protectionnisme du nord de la province dans la plupart des secteurs.
En voici quelques-unes :
Exiger qu’au moins 50 % de nos ressources naturelles provenant de l’exploitation minière et forestière soient produites dans le Nord de l’Ontario.
Créer un ministère des Ressources naturelles du Nord de l’Ontario, situé dans le Nord de l’Ontario et géré par les Ontariens du Nord.
Améliorer l’état des routes et remettre en service du Northlander, en allongeant le trajet vers Hearst au lieu de Timmins.
Des avantages fiscaux pour toute nouvelle entreprise s’établissant dans le Nord.
Interdire l’élimination des déchets nucléaires dans le Nord.
Agrandir les hôpitaux du Nord, créer des sites pour accueillir les familles du Nord qui doivent parcourir plus de 250 km pour soigner des proches.
À l’origine, le Parti souhaitait que les revenus tirés des mines et des forêts dans le Nord y restent. Gracieuseté de Jacques Ouellette
Fusion des conseils francophones…et anglophones
Le Parti a aussi plusieurs propositions en lien avec l’éducation dans le Nord. Entre autres, on met de l’avant l’idée de tenir un référendum pour fusionner les conseils scolaires français, anglais, publics et catholiques.
Le but? Réduire la concurrence au niveau du financement entre les conseils et le chevauchement du zonage scolaire, éliminer les dépenses administratives redondantes, etc.
Celui qui se considère comme un fier Franco-Ontarien estime qu’il n’y a pas de risque pour la minorité francophone avec ce projet d’amalgamation : « Je ne pense pas qu’il y ait un danger pour les francophones, on pourra en parler avec les personnes qui ont des inquiétudes pour les rassurer sur notre proposition. »
« Je crois que ça va venir que c’est réalisable et ça pourrait bien arriver », termine-t-il.
Les candidats à la chefferie du Parti libéral du Canada (PLC) ont croisé le fer lundi soir dans le seul débat en français de cette course : un français quelque peu dissonant, notamment pour Mark Carney, qui lui a vite valu les critiques conservatrices et très peu de désaccords entre les candidats, ont, entre autres, marqué la soirée. Retour en trois points sur le débat.
Karina Gould, ex-ministre dans le gouvernement Trudeau, Chrystia Freeland, ancienne ministre des Finances et vice-première ministre, croisaient le fer avec Mark Carney, l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et d’Angleterre ainsi que l’ex-député et homme d’affaires Frank Baylis. Le débat était animé par Pierre Jobin, ancien chef d’antenne à TVA. Le gagnant de la chefferie du PLC, qui deviendra aussi automatiquement le premier ministre du Canada, sera connu le 9 mars.
Français
Les quatre candidats, dont aucun candidat n’a le français comme première langue, ont réussi à débattre dans la langue de Molière durant près de deux heures
Les regards étaient principalement tournés vers Mark Carney, qui est présentement en tête des sondages et qui n’a pas eu à pratiquer autant son français dans les dernières années comme Chrystia Freeland et Karina Gould à Ottawa. S’il a réussi toute la soirée à débattre en français, il a parfois eu quelques lapsus ou des difficultés à avancer ses idées de manière aussi claire qu’en anglais.
Il a notamment affirmé « nous sommes d’accord avec Hamas ». Il faisait du pouce à Frank Baylis qui soutenait qu’il faut reconnaître l’État palestinien, mais « absolument pas qu’on travaille avec le Hamas ». Mark Carney a vite rattrapé ses paroles après que Chrystia Freeland lui ait souligné son erreur, ajustant être d’accord « d’être contre le Hamas », mais sa bévue a attiré l’attaque des conservateurs.
« N’est-il pas important qu’un premier ministre puisse communiquer clairement que le Canada n’est PAS d’accord avec le Hamas? Apparemment, Mark Carney n’est pas capable », a écrit sur X le lieutenant politique de Pierre Poilievre au Québec, Pierre Paul-Hus, en mettant une vidéo de la séquence.
Mark Carney vient de dire : « Alors, nous sommes d'accord avec Hamas ». N'est-il pas important qu'un Premier ministre puisse communiquer clairement que le Canada n'est PAS d'accord avec le Hamas? Apparemment, Mark Carney n'est pas capable. pic.twitter.com/TWaB6rrsXk
Le quatuor a trouvé un point commun sur la fragilité du français au pays, Mark Carney soulignant que la langue française fait face à « de grands défis… il faut la renforcer, la promouvoir », alors que Donald Trump, « menace notre identité bilingue et ça inclut la langue française ».
Karina Gould, s’est même permis de replacer l’animateur, qui affirmait lors d’une question sur le système de santé, « que parlons seulement du Québec (car) c’est un débat en français », pour « reconnaître qu’il y a des francophones hors du Québec aussi qui ont besoin d’accès à des services de santé dans leur province et territoire », a affirmé la représentante ontarienne.
Très peu de confrontations
« Je suis d’accord » a probablement été l’une des combinaisons les plus utilisées dans cette joute entre les quatre aspirants au poste de Justin Trudeau. Sans être d’accord sur toute la ligne, les candidats ont exprimé plusieurs idées concourantes.
Par exemple, sur le premier thème portant sur les accords commerciaux, les candidats étaient tous en accord avec l’idée de moins dépendre des États-Unis, notamment en augmentant les accords avec les pays hors des États-Unis, notamment en Europe et en Asie.
Les candidats étaient tous sur la même longueur d’onde de ne pas réduire les transferts aux provinces ou encore de couper les services offerts aux Canadiens. L’animateur du débat Pierre Jobin poussait les candidats à expliquer comment ils financeraient certaines de leurs promesses tout en réduisant la dette alors que le gouvernement fédéral se retrouve actuellement avec un déficit budgétaire de 62 milliards.
Mark Carney affirmant qu’il n’allait « pas du tout » couper préférant le « statu quo » dans le cas des transferts en santé et Chrystia Freeland ajoutant que « ce n’est pas le moment » de sabrer les transferts.
Augmenter les dépenses militaires canadiennes, mettre fin aux barrières commerciales entre les provinces était d’autres idées qui ont toutes reçu un appui unanime des différents aspirants.
Des élections dès mars?
« À quel moment vous déclenchez des élections? », a demandé l’animateur aux quatre candidats alors que les partis d’opposition ont tous promis de faire tomber le gouvernement dès le retour des travaux au Parlement le 24 mars.
Les candidats ont tous joué la carte de l’incertitude autour des tarifs douaniers de Donald Trump pour soutenir qu’aucun moment fixe ne pouvait être décidé pour déclencher des élections arguant l’importance d’avoir un gouvernement stable en place.
« Il y a des circonstances qui, d’ici à la mi-mars, peuvent intervenir et on prendra une décision à ce moment-là », a lancé Mark Carney alors que Chrystia Freeland a souligné que cette décision devait être prise en accord avec les premiers ministres provinciaux et gens d’affaires.
Le quatuor libéral croisera le fer à nouveau mardi à Montréal, mais dans un débat en anglais.
L’ancienne porte-parole des aînés francophones en Ontario et à travers le Canada, Élizabeth Allard est décédée à l’âge de 83 ans.
Dans un message sur sa page Facebook, le Club Richelieu d’Ottawa a annoncé qu’elle était décédée dans les derniers jours. Elle a notamment été la présidente de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO) de 2013 à 2017, et par la suite présidente de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC). Elle a aussi été, plus tôt dans sa carrière professionnelle, directrice des langues officielles pour le ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes.
« Tout au long de sa vie, Élizabeth a incarné les valeurs de leadership et de service, que ce soit dans ses fonctions au sein des Forces canadiennes ou à travers son engagement communautaire », a réagi dans un communiqué le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert.
« Son travail inlassable pour la promotion de la francophonie et pour le développement du leadership dans la diversité des femmes francophones à la gouvernance locale de l’Ontario, ainsi que son rôle de pionnière en tant que première femme à occuper des postes clés témoignent de son courage et de sa vision », complète-t-il.
Sa contribution à la francophonie lui a valu la médaille du Jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.
« Nous gardons le souvenir d’une collègue déterminée, ayant toujours œuvré sans relâche pour la reconnaissance des droits linguistiques et pour le bien-être des Franco-ontariens. Au nom de l’AFO, nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont eu le privilège de la connaître », ajoute M. Hébert.
ONFR avait interviewé Mme Allard au cours d’une longue entrevue en plein milieu du confinement durant la pandémie de la COVID-19 en mai 2020, alors que la crise frappait de plein fouet dans les soins de longue durée en Ontario.
« Je voulais lutter contre l’âgisme et moderniser la société à l’aspect du vieillissement », expliquait la native d’Ottawa comme raison de s’impliquer dans la défense des droits des aînés francophones.
WINNIPEG – Les ceintures fléchées, les chemises carreautées et les Hé! Ho!, cri de ralliement officiel, se multipliaient lors du passage d’ONFR au Festival du Voyageur. Cette célébration de l’hiver est le plus grand festival francophone dans l’Ouest canadien, avec près de 75 000 personnes qui se rassemblent à Saint-Boniface année après année. Retour en cinq points et en images.
La météo
La 56e édition du Festival du Voyageur s’est déroulée du 14 au 23 février. Elle a débuté dans un avertissement de froid extrême, avec un ressenti d’environ -40 degrés Celsius. Pourtant, 10 jours plus tard, c’est sous quelques gouttes de pluie que la fête s’est terminée, alors que la température avait grimpé légèrement au-dessus du point de congélation.
Dans les deux cas, les festivaliers ont pu se réfugier dans les tentes chauffées, où se trouvaient la plus grande partie des spectacles, plusieurs bars et concessions alimentaires et certaines autres activités de la programmation. De nombreux feux de camp étaient aussi présents sur le site, dont le feu d’infinité qui rendait hommage aux peuples autochtones.
La sculpture Libellule s’envole combinait neige, glace, bois et brindilles. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Un feu de camp dans l’aire principale des concessions alimentaires. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Employés, bénévoles ou festivaliers, le Festival du Voyageur est une tradition pour de nombreuses familles. Photo : Louis-Philippe Caron-Gallant / ONFR
La mascotte Léo La Tuque. Photo : Louis-Philippe Caron-Gallant / ONFR
L’atelier de sculpture sur glace. Photo : Rachel Crustin / ONFR
De nombreuses familles au spectacle du Franco-Manitobain Micah! Photo : Rachel Crustin / ONFR
La neige est abondante cet hiver, ce qui a permis d’avoir plusieurs sculptures sur le site et le long du boulevard Provencher, à quelques pas de là. Celle qui captait le plus l’attention des visiteurs était Libellule s’envole, qui mêlait la neige, la glace, le bois et la paille. Elle envoyait ainsi un clin d’œil à l’édition 2024, où le manque de neige avait forcé les sculpteurs à se tourner vers d’autres matériaux.
Les activités familiales
En plus des spectacles pour enfants, les familles pouvaient profiter d’un parc de jeux incluant de la glissade sur tube, du hockey bottine, du tir à la corde et divers jeux d’habiletés. Ils pouvaient également profiter des randonnées en raquette ou en charrette tirée par des chevaux, ou encore participer à un atelier d’initiation à la sculpture sur glace.
La mascotte Léo la tuque est bien sûr venue faire son tour, et la traditionnelle tire sur la neige a fait bien des heureux, récompensés pour leur patience, puisqu’il fallait parfois se placer dans une longue file d’attente.
Les foules
Impossible de nier la popularité de l’événement lorsque l’on voit les foules rassemblées un peu partout dans le Parc du voyageur. Les festivaliers étaient si nombreux qu’il était parfois difficile de circuler dans les tentes ou de voir les artistes sur scène. Un espace plus ouvert aurait pu aider à alléger la densité du public, mais c’est le prix à payer pour voir des spectacles dans les tentes, à l’abri du froid. Ces dernières ont atteint leur pleine capacité à plusieurs moments.
La foule dans la tente Cabane à sucre lors du spectacle de P’tit Belliveau. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Photo : Rachel Crustin / ONFR
Photo : Rachel Crustin / ONFR
Des festivaliers lors d’un spectacle de DJ dans la tente Des neiges. Photo : Louis-Philippe Caron-Gallant / ONFR
Photo : Rachel Crustin / ONFR
Rencontrée par ONFR dimanche midi, la directrice générale du Festival du Voyageur, Breanne Lavallé-Heckert, dressait un bilan provisoire positif et estimait que de 70 000 à 75 000 personnes s’étaient déjà rendues à cette 56e édition. « Ça va très bien, le parc est encore rempli, se réjouissait-elle. Nos chiffres sont exactement où nous le voulions. »
L’expression « deux solitudes » n’a pas sa place au Festival du Voyageur. La population anglophone participe volontiers à l’événement, plusieurs allant même jusqu’à s’impliquer comme bénévoles. Certaines personnes unilingues nous ont affirmé qu’elles étaient présentes chaque année. Le Festival du Voyageur est une célébration du fait français, mais aussi des cultures des Métis et des Premières Nations. Cet esprit d’échange est au cœur de la fondation de la province et se reflète dans la programmation, l’équipe organisatrice, la tente souvenir qui présente beaucoup d’art autochtone et les gens du public.
Les spectacles
Même si le festival s’affiche comme francophone en théorie, il est plutôt bilingue en pratique. La plupart des artistes sur scène intervenaient dans les deux langues, mais certains (anglophones et francophones) en privilégiaient une, souvent l’anglais. Cet état de fait reflète aussi la réalité de la province, où un peu plus de 3 % de la population déclare le français comme langue maternelle.
Si la présence de la musique traditionnelle va de soi, la programmation en offre pour tous les goûts. Artistes locaux, franco-canadiens, autochtones, jeunesse et DJs se côtoient dans la programmation présentant des centaines de spectacles sur près d’une dizaine de scènes, en comptant les événements hors du parc.
Beau nectar dans la tente Forest. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Initiation au pow-wow avec les Spirit Sands Singers. Photo : Louis-Philippe Caron-Gallant / ONFR
Mario Lepage (Ponteix). Photo : Rachel Crustin / ONFR
Spectacle de Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs. Photo : Louis-Philippe Caron-Gallant / ONFR
Photo : Rachel Crustin / ONFR
Spectacle de Andrina Turenne dans la tente Rivière Rouge. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Spectacle de P’tit Belliveau dans la tente Cabane à sucre. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Spectacle du groupe franco-manitobain Akiña. Photo : Louis-Philippe Caron-Gallant
Un autre élément distinctif du Festival du Voyageur est ce Hé Ho! À la fois salutation et cri de ralliement, c’est entré dans la légende autour de la décennie 1980, croient ceux qui se risquent à une explication. Cela aurait été popularisé par l’animateur Maurice Paquin, bien qu’il n’en soit pas l’inventeur. Aujourd’hui, le Hé Ho! est lancé à tout moment et « fait partie de qui nous sommes », indique Breanne Lavallée-Heckert.
Les représentations historiques
Ce qu’on appelle aujourd’hui Winnipeg est un lieu de rencontre historique, dû à sa situation géographique, à la rencontre de la rivière Assiniboine et de la rivière Rouge. C’est par là que passaient les voyageurs, ces travailleurs souvent Canadiens français engagés par la Compagnie de la Baie d’Hudson pour la traite et le transport des fourrures. Ces voyageurs se sont éventuellement arrêtés sur le territoire pour épouser des femmes autochtones et embrasser leur mode de vie, ce qui mena à la naissance du peuple Métis.
Les anciens voyageurs officiels deviennent éventuellement membres de l’ordre des voyageurs, comme Liliane et Robert Régnier. Photo : Louis-Philippe Caron-Gallant / ONFR
La culture autochtone est un élément important du Festival du Voyageur. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Un mini-musée relatait quelques moments du Festival du Voyageur dans l’histoire. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Même les festivaliers arborent des éléments de costumes d’époque et le fameux slogan Hé Ho! Photo : Rachel Crustin / ONFR
Représentation historique au Fort Gibraltar. Photo : Rachel Crustin / ONFR
Le festival du Voyageur souligne cet héritage. Les représentations historiques avec interprètes, la présence de voyageurs officiels (des membres de la communauté agissant comme porte-paroles) et les nombreux costumes d’époque en font foi.
Dernier parti à publier sa plateforme de campagne ce lundi, à trois jours du scrutin, le Parti progressiste-conservateur y martèle que la protection de l’économie et des travailleurs est sa priorité face à la menace tarifaire américaine. Autre volet important pour le parti : des projets colossaux en infrastructures, dont les coûts sont peu ou pas chiffrés. Une place plus mince y est faite à la santé et la crise du logement n’est quant à elle pas mentionnée.
Sans grande surprise, le programme électoral du gouvernement sortant se concentre presque intégralement sur l’économie, s’appuyant sur l’argument d’une réponse forte face à la menace tarifaire pour protéger les emplois.
Une approche qui, dès la mi-campagne, a fait polémique avec une vidéo promotionnelle du chef progressiste-conservateur à Washington. La chef du NPD Marit Stiles a demandé au commissaire à l’intégrité d’enquêter, accusant Doug Ford de l’utiliser à des fins partisanes pendant la campagne électorale provinciale, ce qui est contraire à la loi.
Le Parti libéral a quant à lui dénoncé « une violation flagrante des règles que vous avez décrites pour profiter des ressources gouvernementales et les transformer à un avantage partisan ».
« Face aux menaces du président Trump envers l’économie de l’Ontario, notre plan pour protéger l’Ontario comprend un soutien immédiat aux travailleurs touchés par les tarifs imposés par le président Trump, comme ainsi que des investissements importants pour recycler les travailleurs et aider les entreprises ontariennes à réorganiser leurs opérations et relocaliser les chaînes d’approvisionnement », y déclare le chef du parti Doug Ford.
Pour ce faire, le PC promet des allègements fiscaux et un soutien financier aux entreprises et travailleurs impactés par l’imposition de 25 % de tarifs américains.
Celui-ci propose notamment de mobiliser 5 milliards en soutien aux secteurs touchés via un nouveau programme lié aux tarifs, 10 milliards en « soutien immédiat » à la trésorerie pour les créateurs d’emploi sur six mois, ainsi que 3 milliards en allègement d’impôts et de cotisations salariales pour les employeurs et les petites entreprises.
Il est également question d’investir 120 millions de dollars pour soutenir bars et restaurants éligibles en augmentant leur rabais de gros de la LCBO de 10 à 15 %.
La formation professionnelle dans les métiers spécialisés reste une priorité avec l’annonce d’un milliard de dollars supplémentaire dans le Fonds de développement des compétences ou encore
705 millions de dollars pour former des milliers d’étudiants supplémentaires dans les centres de formation.
Projets d’infrastructure colossaux non chiffrés, dont le « tunnel »
Parmi les secteurs de focus du parti : désigner le Cercle de feu et d’autres gisements minéraux critiques majeurs en tant que régions d’importance stratégique, l’énergie, en développant la production d’énergie nucléaire, en interdisant les composants chinois d’approvisionnements futurs, la croissance dans les secteurs de l’automobile et de la fabrication de pointe de l’Ontario, et de nouveaux investissements dans la construction navale et la défense en Ontario.
Large partie de la plateforme, les infrastructures, routières notamment : « Le PC est le seul parti qui s’attaquera aux embouteillages en construisant de nouvelles autoroutes et en supprimant les pistes cyclables des rues où elles n’ont pas leur place et investissant près de 70 milliards de dollars dans la plus grande expansion des transports en commun en Amérique du Nord. »
Tous les projets y sont listés sans que le coût y soit chiffré, incluant la création du tunnel sous l’autoroute 401, pour lequel il n’est fait mention d’aucune estimation. Pas de coût ou de délais pour les transports en commun.
Exemples côté routes :
Construction de l’autoroute 413, traversant Halton et Peel et les régions de York.
Livrer un tunnel de transport en commun sous l’autoroute 401
Terminer la construction du Bradford Bypass, quatre voies reliant l’autoroute 400 dans le comté de Simcoe et l’autoroute 404 à York Région.
Construire des autoroutes dans le nord de l’Ontario, y compris l’autoroute 11/17 entre Thunder Bay et Nipigon et l’autoroute 17 entre Kenora et la frontière du Manitoba.
Construction de la nouvelle autoroute 7 à quatre voies à partir de Kitchener à Guelph.
73 millions de dollars pour accélérer la construction l’autoroute Gardiner d’un an.
Construction d’un nouvel échangeur à l’autoroute 416 et Barnsdale Road à Ottawa, modernisation et transfert de l’autoroute 174 d’Ottawa à la province.
Suppression des pistes cyclables des rues les plus fréquentées de la province, « en commençant par Bloor Street West, Yonge Street et University Avenue à Toronto et leur remplacement sur les routes secondaires. La province opposera son veto et bloquera toute future décision municipale des pistes cyclables qui élimineraient une voie de circulation automobile ».
Côté réseau de transport en commun :
Ramener le Northlander avec 16 arrêts entre Cochrane et Toronto.
Des constructions plus fréquentes et service de train GO connecté à travers l’ensemble du réseau, avec bidirectionnel, Service GO de 15 minutes toute la journée vers Kitchener et Niagara.
Construire et agrandir quatre projets de métro prioritaires, dont la ligne Ontario, la ligne à trois arrêts Métro de Scarborough, l’Eglinton Extension de Crosstown Ouest avec connexion prévue à Pearson l’aéroport international et le Prolongement du métro Yonge Nord.
Construire et étendre la ligne Hazel McCallion, le TLR Finch West, le TLR Eglinton Crosstown, le Hamilton LRT et agrandissement du TLR d’Ottawa vers des communautés comme Kanata et Barhaven.
Logement, santé : des priorités secondaires
Si la mention « crise du logement » est absente du document, le PC mentionne brièvement « 2 milliards de dollars de plus pour aider à construire des millions de nouvelles maisons », dont 1 milliard de dollars dans le Programme d’infrastructures de logement municipal et 1 milliard de dollars dans le Fonds pour les systèmes d’approvisionnement en eau favorables au logement ».
Contrairement aux néo-démocrates et libéraux, dont c’est un point central, la question de la santé prend une place plus secondaire chez les progressistes-conservateurs.
Ils affichent toutefois un objectif ambitieux, 2 millions de personnes supplémentaires connectées à des soins primaires d’ici 2029 via un investissement de 1,8 milliard de dollars.
Pour ce faire l’emphase est mise sur l’augmentation des places dans les facultés de médecine, une expansion souhaitée de 50 % de résidence d’ici 2028, et sur l’augmentation des places dans les écoles d’infirmières, par 2000 infirmiers autorisés et 1000 infirmiers.
Le PC « continuera d’investir 743 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats en personnel de santé avec jusqu’à 5590 opportunités de formation pratique pour les étudiants en soins de santé dans les hôpitaux, dans les services d’urgence ».
Le plan précise qu’ils feront passer « les résultats avant l’idéologie (une référence au service public) avec 66 millions de dollars pour davantage de chirurgies et de soins communautaires pour réduire les temps d’attente et augmenter les volumes de chirurgies dans des centres de diagnostic à la pointe de la technologie ».
Un coût ambitieux de 50 milliards de dollars est cité pour construire ou moderniser 50 hôpitaux, toutefois sans détails ni échéanciers. Ils promettent également d’injecter 6,4 milliards de dollars dans les soins de long terme avec la construction de 58 000 lits d’ici à 2028.
La cheffe du Parti libéral ontarien, Bonnie Crombie s’est dite « très désolée » que son parti ait répondu en anglais seulement, au départ, à un questionnaire de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) portant exclusivement sur des enjeux francophones.
De passage dans Ottawa-Vanier, un des fiefs francophones de la région et de la province, la politicienne libérale a présenté ses excuses lundi matin lors d’une conférence de presse indiquant que « la communauté franco-ontarienne était au cœur » de la députation libérale.
« Je suis très désolée. Nous avons fourni une réponse dans les deux langues, mais c’était trop tard », a-t-elle affirmé en français à la suite d’une question d’un journaliste du Droit sur le sujet.
L’AFO a sorti mercredi les réponses des quatre principaux à son questionnaire d’une vingtaine de questions portant exclusivement sur des enjeux touchant les Franco-Ontariens dans le cadre des élections provinciales.
Il a été complété en entier par les quatre principaux partis. Les libéraux ont répondu à l’ensemble des enjeux francophones avec des réponses en anglais. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) y a répondu dans les deux langues alors que les progressistes-conservateurs et les Verts ont offert des réponses en français.
Ce n’est qu’une fois questionné par les médias jeudi que le Parti libéral a finalement ajouté une version dans la langue de Molière, laquelle a été envoyée le lendemain à l’AFO.
« C’est très malheureux. Il y a eu un problème avec la traduction française et c’est arrivé un peu plus tard et nous regrettons que cela se soit produit et nous nous en excusons sincèrement. C’était très regrettable », a expliqué Bonnie Crombie aux côtés de ses candidats de la région d’Ottawa, dont la députée d’Ottawa-Vanier, Lucille Collard.
L’ancienne mairesse de Mississauga s’est aussi excusée de la présence de signes libéraux en anglais seulement lors de l’annonce lundi matin, expliquant que « c’est une bannière que nous utilisons partout dans la province ».
NORD DE L’ONTARIO – À quelques jours du scrutin provincial, les attentes demeurent importantes du côté des petites municipalités du Nord ontarien. Infrastructures, logement, santé publique, transfert des responsabilités : des élus francophones de partout dans le Nord font part de leurs défis et de ce qu’ils attendent du prochain gouvernement ontarien.
À Rivière des Français, on veut croire que ces élections amèneront du changement et davantage d’écoute envers les petites municipalités, mais on aimerait surtout que le nouveau gouvernement prenne conscience de la particularité de leur situation.
« Quand tu refais un chemin, ça coûte aussi cher à une petite municipalité comme la nôtre que ça coûte à une municipalité avec 50 000 personnes, mais la différence c’est que nous ici, à la Rivière des Français, on a seulement 3000 personnes alors on doit augmenter considérablement nos taxes », explique Gisèle Pageau.
Selon la mairesse de cette ville située à 1h de Sudbury, le fait de vivre dans une petite municipalité isolée ne justifie pas de ne pas être écouté par la province : « On n’a pas accès à toute la programmation des services publics à cause de notre situation géographique, mais il faut payer pour quand même, alors il n’y a pas de justice là-dedans. »
Trop de Red tape
Autre défi face auquel les petites municipalités ne sont pas équipées : la lourdeur des démarches administratives.
« C’est surtout parce qu’on est du Nord de l’Ontario et puis qu’on a une petite ville qu’on ne nous écoute pas »
— Raymond Bélanger
« Il y a tellement de rapports à rendre à la province, on est dépassés, on n’a pas de spécialiste dans tous les domaines au sein d’une très petite municipalité qui se gère avec seulement un, deux ou même trois employés à l’administration », constate Johanne Baril, mairesse de Val Rita-Harty.
Johanne Baril est mairesse de la ville de Val Rita-Harty depuis 2014. Source : X/Johanne Baril
« Je pense que nous méritons de l’attention et de l’investissement durable de la province », juge l’élue de cette petite ville de 800 âmes à 10 km de Kapuskasing.
À Mattawa, petite ville de 1800 habitants située à 1h de North Bay et à la frontière avec le Québec, le manque de logement est un lourd problème pour le maire de Mattawa.
« On a beau entendre le gouvernement nous dire que We are open for Business, qu’on veut construire des maisons, mais nous autres, ça fait deux ans qu’on essaie de le faire par tous les moyens possibles », se plaint Raymond Bélanger.
Raymond Bélanger, maire de Mattawa, est impliqué dans la municipalité depuis plus de 30 ans. Gracieuseté de Raymond Bélanger
« Le problème du red tape, je ne sais pas si c’est juste fictif, mais disons que chaque fois qu’on veut faire avancer, il y a tout le temps quelque chose qui nous fait reculer. »
Selon le maire, il faut que la province aide les petites villes à grossir et gagner en influence : « C’est surtout parce qu’on est du Nord de l’Ontario et puis qu’on a une petite ville qu’on ne nous écoute pas. Nous autres, tout ce qu’on veut, c’est d’aider le gouvernement à rejoindre son but de bâtir 1,5 million de logements pour 2030. »
Trop de pression sur les petites municipalités
« Le gouvernement ne semble pas réaliser qu’on ne peut pas continuer à prendre leurs responsabilités. La santé, c’est la responsabilité de la province. Le fédéral donne l’argent pour la santé à la province et la province est sensée de gérer ce dossier-là. »
Selon Mme Pageau, les petites villes ne sont pas non plus équipées pour faire face aux hausses des contributions à la santé et la sécurité publique depuis la fusion des municipalités de 1999 et ne sont pas non plus incluses dans les discussions.
Gisèle Pageau, mairesse de Rivière des Français. Crédit image : Archives ONFR/Rachel Crustin
Elle cite en exemple une augmentation imposée par le Service de santé publique de Sudbury, dont la ville est sous la zone de couverture, de 10 % sur une année et pour laquelle une amende de 5000 $ par jour serait imposée à Rivière des Français en cas de non-paiement.
« Si on enlevait ces responsabilités-là à la ville, ça nous donnerait un peu plus de 2 millions de dollars par année puis là, on pourrait réparer nos chemins qui sont une responsabilité de la municipalité », ajoute-t-elle.
Même son de cloche du côté du maire de Mattawa qui soutient que le budget de fonctionnement de la police provinciale rattaché à la ville a augmenté subitement de 29 %. « J’aimerais que le gouvernement prenne les coûts de la police provinciale sur leur budget. Ce ne serait pas nouveau puisque les coûts dans le passé étaient administrés par la province avant d’être transférés aux municipalités », confie M. Bélanger.
Et d’ajouter : « On est rendus au point de non-retour, on ne peut plus absorber les coûts : soit la province nous aide soit on doit tirer les fonds de nos contribuables. »
De gauche à droite, Victor Fedeli, Ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce de l’Ontario, Raymond Bélanger et Paul Laperriere, trésorier de la ville de Mattawa. Source : X/Victor Fedeli
Besoin de plus de financement à long terme
À Blind River, des travaux sont nécessaires pour rénover l’usine de traitement des eaux et une somme importante est nécessaire pour trouver une autre source d’eau pour la ville.
« Il faut ouvrir les lignes de communication avec les petites villes, car on est toujours prêts à parler »
— Kaity Whitlock
Comme dans beaucoup de municipalités du Nord, les infrastructures vieillissantes deviennent un véritable fardeau sur les épaules des contribuables.
« C’est bon de donner un peu d’argent ici et là, mais ce serait bien d’avoir ça à long terme. Il faut réduire la pression sur les personnes locales qui financent déjà ces services, surtout des services de santé, de logement, des services sociaux et familiaux aussi », estime Kaity Whitlock qui ajoute que « le Nord est souvent ignoré ».
Celle qui est conseillère de cette ville située à 1h30 de Sault Ste Marie souhaite qu’il y ait plus de liens avec la province : « Il faut ouvrir les lignes de communication avec les petites villes, car on est toujours prêts à parler. »
13 % de la population de Blind River a le français comme première langue officielle parlée selon les données du recensement de 2021. Crédit image : Inès Rebei
Inaction gouvernementale devant l’urgence
Dans le nord-ouest, à Terrace Bay, le projet de rachat de l’usine de pâte à papier – laquelle est fermée depuis janvier 2024 – demeure une priorité pour la municipalité de 1500 habitants. À ce jour, le dossier reste au point mort, malgré une promesse du gouvernement provincial d’aider à trouver un acheteur pour l’entreprise qui employait 400 employés et qui avait généré près de 1900 emplois secondaires.
Toutefois, selon Chris Dube, encore faut-il un coup de pouce du gouvernement pour faire face à la pénurie de personnels de la santé qui touche une grande partie des petites municipalités.
« Il faut que le nouveau gouvernement accompagne le potentiel acheteur. Nous devons maintenir un certain niveau de vie pour que la ville subsiste et on ne pourra pas y arriver sans le soutien du provincial », lance le conseiller municipal qui craint de voir la ville située à 2h30 de Thunder Bay se transformer en village fantôme.
Chris Dube est aussi enseignant à Terrace Bay. Source : X de Patty Hadju
Il cite notamment le frein important que constitue l’absence d’un service de garderie dans la municipalité et dans celles avoisinantes.
« On n’a rien ici et c’est très important pour de potentiels médecins, enseignants ou autre d’avoir un système qui permet de garder leurs enfants à 10 $ par jour. Comment peut-on recruter des professionnels si on n’a pas de structure de garderie pour leur permettre de travailler ? », se désole-t-il.
Le danger sur les routes du Nord
Un autre dossier brûlant pour l’ensemble du Nord : la sécurité routière. Là encore, les demandes se font de plus en plus entendre, sans succès.
« Si on continue de voter pour un parti qui est à l’opposition nous allons continuer à nous plaindre jusqu’à ce que les poules aient des dents »
— Johanne Baril
Mme Baril, de Val Rita-Harty, alerte sur les accidents quotidiens et des véhicules deux fois plus nombreux sur les petites routes de la route 11, mais aussi le manque d’expérience de certains conducteurs.
« Il y a une pénurie de conducteurs, alors il y a de nouveaux arrivants qui se font donner des clés de transport. Avec peu d’expérience, on n’a jamais voyagé sur des routes enneigées, ainsi que la suite. On n’a même jamais conduit des camions lourds, et on voit les résultats de ça. »
Celle qui a joué un rôle clé dans la création du Groupe de travail pour les transports dans le Nord de l’Ontario attend toujours des nouvelles d’un rapport que celui-ci a déposé en 2023 à la province et qui contenait des recommandations telles que l’élargissement de certaines routes, l’amélioration des aires de repos et le renforcement de la formation des conducteurs.
« Pour voir des améliorations sur le corridor de la route 11, il faut voter pour le parti qui tient le portefeuille malgré tous les efforts de M. Bourgoin. Si on continue de voter pour un parti qui est à l’opposition, nous allons continuer à nous plaindre jusqu’à ce que les poules aient des dents », finit-elle.
La cheffe du Nouveau Parti démocratique (NPD), Marit Stiles, a répondu aux questions d’ONFR au cours d’un long entretien. Si elle devient première ministre le 27 février prochain, elle affirme que son gouvernement relancera la démographie francophone en augmentant les services en français pour attirer des travailleurs qualifiés de langue française. Elle ramènera aussi, dit-elle, la formation des enseignants à un an pour atténuer la pénurie de personnel en éducation.
« Avez-vous suivi le débat des représentantes des chefs en français organisé par TFO et Radio-Canada la semaine dernière? Qu’avez-vous pensé de la prestation de votre porte-parole, la députée sortante de Nickel Belt, France Gélinas?
Oui j’ai suivi le débat. France Gélinas est une championne de la communauté franco-ontarienne et je la considère comme une des députées les plus solides en Ontario. Elle a apporté des points importants et je suis très fière qu’elle ait représenté le NPD.
Un désaccord est survenu dans ce débat sur la pertinence de faire de l’Ontario une province bilingue. Croyez-vous que ce soit un projet réaliste quand on connaît toute la difficulté de recruter des agents publics qualifiés pour offrir ces services?
Je crois que c’est réaliste, oui, à condition d’avoir un gouvernement qui priorise les services en français. C’est essentiel d’écouter les Franco-Ontariens et de respecter leur culture. Nous, dans un gouvernement NPD, on va améliorer les services en français.
La part relative des francophones en Ontario est en baisse, au plus bas depuis 50 ans. Est-ce possible d’inverser cette courbe démographique et comment vous y prendriez-vous?
Oui, il le faut absolument! Il faut en priorité s’attaquer à la pénurie de travailleurs bilingues qualifiés et créer les conditions dans lesquelles les francophones pourront vivre dans leur langue ici en Ontario. Il faut des services de santé en français, des garderies, des écoles, des universités comme celles de Sudbury et Nipissing, des soins de longue durée, etc. Si on n’a pas tous ces services, on ne pourra pas attirer et retenir les travailleurs. Je vais aussi investir dans l’éducation francophone, les conseils scolaires et les garderies.
Justement, en matière d’éducation, vous comptez dans votre plan investir 830 millions pour réparer les écoles et accroître l’apprentissage en langue française… Seulement, depuis 2015, la formation des enseignants allongée à deux ans a précipité la pénurie d’enseignants. Le NPD s’engage-t-il à la ramener à un an, comme avant?
Oui, c’est quelque chose que nous allons faire. C’est très difficile pour les conseils scolaires d’attirer les enseignants francophones et c’est dans notre plateforme de les aider.
Au cours des deux dernières années, à titre de cheffe de l’opposition officielle, vous n’avez cessé d’interpeller Doug Ford sur les défis en éducation. Pourtant, dans cette campagne, les gens semblent ne pas accrocher à ce thème. Comment l’expliquez-vous?
Vous savez, l’éducation est une des raisons pour lesquelles je suis entrée en politique. Mais, pour beaucoup de gens, d’autres priorités sont venues prendre le dessus comme payer ses factures, chercher un médecin de famille, trouver un logement… Mettre son enfant dans une bonne école vient s’ajouter à tout cela, mais Doug Ford ne veut pas parler de ces sujets.
Il a quitté son poste au moment où notre pays fait face à une guerre commerciale dans une période où les familles doivent choisir entre faire leur épicerie ou payer leur loyer. Il ne veut pas non plus parler d’éducation, car les écoles sont dans un état déplorable et les enseignants déconsidérés. On remettra les écoles debout et on revalorisera le métier d’enseignant.
Doug Ford est soutenu par plusieurs syndicats. Votre parti est-il toujours celui des syndicats et des travailleurs, comme le présentiez?
Oui! Nous sommes le parti qui va introduire la législation la plus forte pour les travailleurs et les syndicats. M. Ford n’est pas l’ami des travailleurs. Au contraire, il protège ses riches amis.
Vous voulez rendre l’autoroute 407 gratuite. Mais supprimer des péages est plutôt une caractéristique fordiste. Le premier ministre sortant l’a fait pour les autoroutes 412 et 418. Ne reprenez-vous pas à votre compte une approche progressiste-conservatrice?
Je ne vois pas les choses ainsi. On est dans une période difficile pour beaucoup de personnes. Les gens en ont marre des embouteillages monstres et du coût de la vie. Donc, on veut simplement remettre de l’argent dans la poche des gens pour qu’ils puissent vivre. Au lieu de ça, M. Ford veut construire un tunnel sous la 401, mais ce n’est pas solution. Rendre la 407 gratuite est quelque chose de réalisable immédiatement, sans coût de construction ni délai.
Une autre urgence pour vous est le système de santé. Vous voulez plus d’infirmiers, plus de médecins, plus d’hôpitaux, de plus gros salaires pour les travailleurs de la santé… Cela ne risque-t-il pas de coûter extrêmement cher aux Ontariens?
Si on n’investit pas maintenant, cela va nous coûter encore plus cher plus tard. On va injecter 4,1 milliards de dollars sur quatre ans pour recruter 3500 nouveaux médecins de soins primaires, dont 200 médecins de famille et 150 spécialistes pour le Nord. Nous recruterons plus de personnel de santé, car ça coûte trop cher d’avoir des patients dans les hôpitaux ou dans les couloirs.
Restons sur le Nord. Les chefs ont mis beaucoup d’énergie dans la région de Toronto, peu sur le Nord. Il a fallu attendre un débat pour mieux cerner leurs intentions. Vous considérez-vous comme le parti qui défend le mieux le Nord?
Il n’y a que notre parti pour défendre les gens du Nord et je suis fière de nos engagements envers les résidents de ces régions. J’ai présenté mon plan à Sudbury il y a quelques jours qui consiste à élargir les autoroutes 11, 17 et 69 et bâtir une voie de contournement de Cochrane pour améliorer la sécurité de tous. On y construira plus de logements abordables et d’infrastructures, mais on doublera aussi le nombre de postes de résidence à l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) et on embauchera au moins 350 médecins dans le Nord.
Vous êtes moins vocale sur les taxes et les impôts. Faut-il s’attendre à ce que vous financiez toutes ces politiques par des hausses d’impôt?
Nous allons au contraire geler les impôts pour 98 % des Ontariens.
Comment répliquer, selon vous, à la politique tarifaire agressive des États-Unis sur les tarifs douaniers?
Le NPD se tiendra debout pour les travailleurs et protégera nos industries, mais il ne faut pas croire qu’on peut être seuls dans ce combat. Nous travaillerons avec les autres provinces et le palier fédéral pour défendre nos emplois partout au Canada. J’ai parlé à beaucoup de gens dans l’industrie de l’acier, du bois, de l’automobile… Je peux vous dire qu’ils sont inquiets et demandent un vrai leadership. On ne peut pas compter sur Doug Ford pour ça, comme on l’a vu en 2018 quand Trump a appliqué une première vague de tarifs (lors de son premier mandat).
Quel est votre plan pour le logement?
Un gouvernement néo-démocrate va accélérer la construction de logements pour tous. On va lancer le programme de construction de logements le plus vaste de tous les temps. On va aider les locataires en exerçant un vrai contrôle des loyers et nous stopperons les hausses de loyer exagérées. On élargira l’aide sociale et les droits des locataires. Nous allons construire 350 000 logements abordables et 60 000 logements sociaux. Car au final, où sont les maisons de M. Ford? La Colombie-Britannique fait quatre fois mieux avec un gouvernement néo-démocrate… On compte bien s’en inspirer!
Bonnie Crombie fait des appels du pied aux électeurs néo-démocrates ces derniers temps pour tenter de ravir des circonscriptions acquises à votre parti. Qu’est-ce qui vous différencie vraiment des libéraux sur les idées, et que diriez-vous aux électeurs pour les convaincre de continuer à vous soutenir?
La cheffe des libéraux fait cela par opportunisme. Au fond, nos valeurs sont proches de celles de beaucoup d’électeurs en Ontario. Je vais continuer à parler à chacun d’entre eux pour faire passer les circonscriptions du bleu à l’orange partout en Ontario. C’est mon seul objectif. »
SAULT STE. MARIE. Le premier ministre a profité d’une tournée dans le Nord ontarien pour réaffirmer que « jamais » le Canada ne deviendrait le 51e État américain. Il a aussi raillé le changement de nom du golfe Mexique et fait à Donald Trump une proposition inattendue.
« Quand il s’agit de protéger l’Ontario, je vais me battre comme jamais auparavant, a certifié Doug Ford ce dimanche dans le district d’Algoma à la frontière canado-américaine. Donald Trump pense qu’il peut nous détruire. Il pense pouvoir nous diviser et nous conquérir, mais il ne sait pas ce que nous savons : la lance canadienne ne peut être brisée. »
Le premier ministre faisait référence à la politique commerciale agressive de son voisin, également son plus grand partenaire économique, se positionnant en protecteur des emplois des industries du Nord.
Saluant le patriotisme canadien, ce dernier a même suggéré de renommer le golfe du Mexique, non pas en golfe de l’Amérique comme l’a rebaptisé le président américain, mais en « golfe de la Deuxième Place », après la récente défaite américaine contre le Canada (3-2) en finale de hockey de la Confrontation des 4 nations.
« Le Canada ne sera jamais le 51e État américain. Le Canada n’est pas à vendre », a-t-il encore assuré. Des propos en droite ligne avec ceux du premier ministre Justin Trudeau qui avait lancé sur X plus tôt cette semaine après la victoire canadienne à l’adresse de l’administration Trump : « Vous ne pouvez pas prendre notre pays et vous ne pouvez pas prendre notre sport. »
Sauf que Doug Ford a fait dans son annonce ce dimanche un lien direct entre le comportement protectionniste et expansionniste des États-Unis et les élections ontariennes : « Ces élections portent sur qui nous sommes. C’est l’avenir que nous choisissons pour nous-mêmes. Je veux un avenir solide. » Ce que contestent ses adversaires politiques qui n’ont eu de cesse de critiquer cette posture, tout au long de la campagne électorale – qui trouvera son épilogue au soir du 27 février prochain.
« Doug Ford n’avait pas besoin de déclencher ces élections coûteuses. Sous les conservateurs, la vie des Ontariens s’est dégradée et la dette provinciale a augmenté », a encore dénoncé ce dimanche Bonnie Crombie, la cheffe des libéraux. Au micro d’ONFR, elle se fait plus précise : « Doug Ford avait déjà un mandat fort et un gouvernement majoritaire, mais il a quand même décidé de mettre toute la province en péril juste pour pouvoir échapper à une enquête de la GRC. »
À quelques jours du scrutin ontarien, les chefs de parti jettent leurs dernières forces dans la bataille. Dans le Nord, Doug Ford promet une enveloppe de 500 000 millions de dollars pour construire une chaîne d’approvisionnement ontarienne en minéraux. Bonnie Crombie est de passage à Kingston et Ottawa. Après Ottawa, Marit Stiles met le cap sur Peterborough et Durham. Mike Schreiner était à Wellington.
« On va investir 500 millions de dollars pour créer un nouveau Fonds de traitement des minéraux critiques qui accélérera les projets stratégiques clés dans toute la chaîne d’approvisionnement », a lancé Doug Ford ce dimanche, évoquant 850 000 nouveaux emplois et appelant encore les Ontariens à lui confier un mandat fort en vue des élections du 27 février, face au risque de hausse des tarifs américains.
En déplacement à Sault Ste. Marie, le premier ministre sortant a promu l’impérieuse nécessité d’avoir une province autosuffisante en matière d’énergie en diversifiant son commerce, en développant les échanges autour du monde et en attirant des entreprises dans le Nord.
« On va créer des milliers et des milliers d’emplois (…). Je n’arrêterai pas de protéger nos travailleurs de l’acier », a-t-il martelé au devant d’une rangée d’ouvriers casqués en arrière-plan.
Doug Ford a vanté ce dimanche des ressources et une main-d’œuvre de calibre mondial dans le secteur minier. Photo : YouTube Parti progressiste-conservateur de l’Ontario
La veille, le chef progressiste-conservateur avait dévoilé à Thunder Bay une première partie de son plan pour le Nord en insistant sur le potentiel économique des minéraux et la sécurité dans les transports, citant notamment l’élargissement de la route 11 de Temiskaming Shores à Cochrane et la remise en service en 2026 du service ferroviaire de passagers Northlander qui relie Cochrane à Toronto.
S’il est reconduit au pouvoir pour une troisième fois, il prévoit plus de 200 milliards de dollars dans la construction de routes et d’infrastructures. Sa plateforme électorale – qui doit être dévoilée ce lundi – pourrait apporter plus de détails, alors que les trois autres principaux partis ont déjà dévoilé la leur.
La cheffe libérale Bonnie Crombie a accusé ce dimanche Doug Ford de « faire passer les initiés conservateurs en premier au détriment des vraies personnes et des travailleurs » . Elle est attendue à Kingston à la mi-journée, à Ottawa en après-midi, puis lundi dans Kanata-Carleton.
La veille à Mississauga, au dernier jour du vote par anticipation, l’ex-mairesse, candidate dans Mississauga-East-Cooksville, a encouragé tout le monde » à faire entendre sa voix aux urnes afin d’élire un gouvernement qui accorde la priorité aux citoyens » .
Ottawa est également le point de chute de Marit Stiles, ce dimanche en matinée. La cheffe néo-démocrate fera ensuite halte à Peterborough et dans la région de Durham cet après-midi.
Le chef du Parti vert Mike Schreiner fera un saut dans Parry Sound-Muskoka dans la journée. Il était samedi à Elora pour soutenir la candidate locale de Wellington–Halton Hills, après avoir dévoilé plus tôt à Toronto un plan pour la « génération Z » à Toronto, qui consiste à éliminer les dettes étudiantes, construire deux millions de logements, rendre plus accessible l’aide en santé mentale et abaisser l’âge du vote à 16 ans.
Près de 10,7 millions d’électeurs de l’Ontario sont appelés aux urnes jeudi prochain.
Le Salon du livre de l’Outaouais, qui se tient jusqu’à ce dimanche à Gatineau, constitue une occasion précieuse pour les éditeurs franco-canadiens de promouvoir leurs ouvrages et de stimuler leurs ventes.
« Le Salon du livre de l’Outaouais se distingue par ses excellents résultats de vente », affirme Stéphane Cormier, président du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC), qui regroupe 16 maisons d’édition réparties en Colombie-Britannique, Saskatchewan, Ontario, au Manitoba et Nouveau-Brunswick. Lors de cet événement, le REFC facilite la participation de ses membres en organisant des stands collectifs, en prenant en charge la logistique et en redistribuant les revenus des ventes aux éditeurs.
« Les ventes réalisées au salon nous permettent de couvrir une partie des coûts liés à la participation, notamment les frais des kiosques, qui sont de plus en plus chers, ainsi que les dépenses de déplacement et de logistique », explique M. Cormier, également codirecteur général et directeur de la commercialisation des Éditions Prise de parole de Sudbury.
Frédéric Brisson, directeur général des Éditions David, confirme l’impact positif du salon. « Cet événement majeur ne profite pas seulement aux ventes, mais il offre aussi une visibilité essentielle auprès du public », assure-t-il. Sur le plan des ventes, il estime que les salons, incluant l’Outaouais, représentent à peu près 10 % des ventes de sa maison d’édition.
Un tremplin pour maisons d’édition et librairies
En plus de stimuler les ventes, le Salon du livre de l’Outaouais permet aux éditeurs et auteurs d’aller à la rencontre du public. « C’est une expérience enrichissante qui a des retombées bien au-delà des journées du salon », ajoute M. Brisson.
Chloé Leduc-Bélanger, directrice générale des Éditions Interlignes, partage cet avis : « Comparé à d’autres salons du livre, celui de l’Outaouais demeure notre meilleure opportunité en termes de ventes. » Elle nuance toutefois : « Ce n’est pas un événement où l’on devient riche, mais plutôt une vitrine et un tremplin. Avec l’abondance d’offres, la concurrence est forte. »
Les libraires indépendants profitent également de cet événement. Nathalie Savard, propriétaire de la librairie Le coin du livre à Ottawa, y tient cette année deux kiosques. Après deux jours, elle observe déjà une augmentation de 10 % de ses ventes par rapport à l’année précédente.
« Le public était au rendez-vous, avec un fort achalandage. Les activités de lecture ont également attiré de nombreux élèves », souligne-t-elle, se félicitant de cette occasion de rencontrer de nouveaux clients et leur faire découvrir sa librairie. Elle précise que les ventes réalisées au Salon du livre de l’Outaouais représentent environ 3,5 % du chiffre d’affaires annuel de sa librairie.
Une édition sous le signe de l’Ontario
Près de 400 auteurs participent en ce moment à cette 46e édition, placée sous le thème « Tous les espoirs sont permis ». L’an dernier, l’événement avait attiré près de 400 000 visiteurs. « C’est une véritable fête du livre », se réjouit Stéphane Cormier, précisant que l’objectif principal d’un salon est de réseauter et de rencontrer les professionnels du milieu. « Auteurs, bibliothécaires, élèves et enseignants se retrouvent pour échanger et rencontrer les livres », ajoute-t-il.
Cette année, l’Ontario est à l’honneur, après des éditions précédentes consacrées à l’Acadie et à l’Ouest canadien. Un choix significatif qui met en lumière la production littéraire franco-ontarienne, souvent marginalisée dans le marché du livre.
« C’est l’un des rares salons au Québec à valoriser spécifiquement les littératures franco- canadiennes », souligne le président du REFC, dont les membres publient environ 150 titres par an sur un total de plus de 5000 ouvrages en français au Canada.
Avec un programme riche et une fréquentation en hausse, le Salon du livre de l’Outaouais s’affirme comme un rendez-vous incontournable pour la littérature franco-canadienne, tant pour la visibilité qu’il offre que pour son impact sur les ventes.
Chaque samedi, ONFR propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, c’est Rym Ben Berrah qui évoque des enjeux de société et d’éducation qui rejoignent le quotidien.
[CHRONIQUE]
Que se passe-t-il dernièrement? Tous les matins au réveil (quand je ne suis pas réveillée par mes petits monstres avec leurs petites mains qui me tapotent le visage avec violence pour ensuite m’offrir le plus doux des sourires égayés dès qu’ils s’aperçoivent que j’ai finalement ouvert les yeux), mon premier réflexe est de boire un verre d’eau et démarrer la machine à café.
Le besoin devient de plus en plus criant dépendamment à quel point ma nuit a été chamboulée par mon dernier bébé, mais surtout par le fait de suivre ce qui se passe dans l’actualité ces derniers temps.
Je regarde les nouvelles sur mon téléphone. Parfois, je ne les regarde même pas et déjà elles me bombardent et font leur chemin vers moi. Parfois, c’est la nouvelle en question qui apparaît mais, la plupart du temps, ce sont plutôt les réactions aux nouvelles qui surplombent les réseaux sociaux.
Vous connaissez cette sensation de torpeur, au sortir du sommeil, lorsque vous n’êtes pas encore dans la réalité, mais que vous commencez à vous en remémorer les prémisses? Les critères de la réalité vous reviennent un à un à l’esprit… C’est cette sensation que je ressens lorsque je regarde les nouvelles dernièrement. Je me dis, « mais non, ce n’est qu’un rêve, va chercher ton cup de support émotionnel et ça va bien aller ».
Pourtant, il est vrai que les choses s’enchainent et que ce début d’année rocambolesque nous rappelle que nous ne sommes plus dans les années 2000, où ça prenait plus longtemps de produire des nouvelles, diffuser des faits, déclencher des élections, faire le tour du monde du bout de son smartphone.
L’incident de l’avion Delta à l’aéroport de Toronto
Je regardais avec horreur la gravité de l’incident grâce aux vidéos qui circulaient sur internet. Je ne pouvais m’empêcher d’esquisser un demi-sourire en pensant aux personnes qui, dans la précipitation et l’exaltation d’avoir échappé au rendez-vous de la mort, se pressaient de sortir leurs téléphones afin de filmer la scène. Je me suis demandé, si j’avais été à leur place, ce que j’aurais fait? Là, étant maman de jeunes enfants, bien sûr je me dis que j’aurais pris mon enfant dans mes bras et l’aurais serré fort jusqu’à quasiment l’étouffer dans mon étreinte.
La nouvelle que chaque passager du vol recevra 30 000 $ américains a fait le tour des médias par la suite, provoquant des réactions telles que « À ce prix, j’aurais voulu y être ». Comme si la conscience humaine collective ne pensait qu’au gain, les gens non blessés sont contents, mais ceux qui vont subir des séquelles physiques ou psychologiques, que représente ce montant comparé au vrai prix à payer? C’est quand même un méchant coup marketing pour contrer les éventuels désistements, Delta Airlines.
Ce qui se passe chez nous et ce qui se passe à côté de chez nous
Les élections vont bon train et tous les jours nous voyons les partis se mettre sous leur meilleur jour en envoyant leurs soldats sur tous les fronts. Je regardais le débat électoral francophone qui a duré une heure. Je salue chaque parti qui tous ont donné la parole à une femme, bonne oratrice, s’exprimant bien en français, connaissant son programme comme sa poche et qui a pu en défendre les priorités.
Comme à chaque élection, les mêmes questions reviennent : l’éducation de la petite enfance à l’université, le respect des deux langues officielles, le travail, les infrastructures, les services de santé, le logement, les services communautaires, le pouvoir d’achat et la précarité financière, l’argent, l’argent, l’argent…
Notons que le débat a commencé par le sujet de l’heure : la relation avec nos voisins « d’en bas ». Sur la scène politique internationale, le Canada s’est toujours affiché comme un allié des États-Unis et le changement de dynamique est notoire pour le Canada. Dès qu’on touche à ce qui se passe chez nous, nous devons, pour la première fois, nous mettre dans un mode défensif et trouver des solutions en interne. Nous voyons déferler des campagnes qui incitent à consommer local, consommer canadien, redonner notre argent à nos marques et entreprises d’ici. Ne devrait-ce pas être déjà le cas au jour le jour?
Finalement, c’est lorsque nous sommes ébranlés que nous envisageons un retour aux sources. Il y a de cela quelques jours, j’étais en voiture lors d’une tempête hivernale intense. Il y avait plusieurs véhicules arrêtés, pris au piège par des bancs de neige. Nous avons agi en aidant des personnes dans le blizzard.
J’ai vu aussi un monsieur en voiture s’arrêter pour aider ces chauffeurs en détresse, en proposant une grosse pelle et un engin pour faire avancer les roues. Il se promenait avec ses gadgets en pleine tempête, certain de pouvoir aider, décidé dans sa mission. J’ai trouvé ça beau et touchant que, lorsque nous sommes touchés d’aussi proche, que ce soit dans notre climat ou notre portefeuille, nous sommes soudés, humains, et nos priorités changent.
Derrière le coffre d’une grosse auto qu’on essaye de pousser, nous sommes tous égaux.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.
Après le Parti vert la semaine dernière et avant le Parti progressiste-conservateur (PPC) lundi prochain, c’est au tour des libéraux et des néo-démocrates de lever le voile ce vendredi sur leur plateforme. De nombreuses propositions se rejoignent en partie sur le postsecondaire, la santé et l’éducation. D’autres se dissocient un peu plus nettement comme la sécurité ou le logement.
Un médecin de famille pour tous? Les deux partis – que les sondages placent au coude-à-coude dans les intentions de vote derrière le PPC – s’y engagent. Le Parti libéral (PL) se donne quatre ans pour y parvenir, tandis que le Nouveau Parti démocratique (NPD) mise sur l’approbation d’un plus grand nombre d’équipes de santé familiale et de centres de santé communautaires.
Les deux partis s’accordent aussi sur l’accélération du plan logement. Alors que le gouvernement sortant peine à trouver son rythme de croisière dans la livraison des 1,5 million de logements en dix ans, le NPD affirme qu’il serait en mesure d’accélérer la construction d’unités abordables et d’appliquer un contrôle des loyers afin de protéger les locataires.
Pour y arriver, les libéraux, de leur côté, comptent eux aussi sur un contrôle des loyers. Ils veulent éliminer les frais d’aménagement et instaurer une équité sur le marché locatif pour « restaurer le rêve de l’accession à la propriété ». Ils créeraient en parallèle un Fonds d’amélioration des communautés pour aider les municipalités à couvrir les coûts d’infrastructure.
Même combat aussi sur le Programme de soutien ontarien aux personnes handicapées (PSOPH) que les deux partis ont l’intention de doubler, comme ils l’avaient déjà affirmé en début de campagne électorale.
Impôts : préserver les plus modestes
On veut par ailleurs préserver de taxes les plus revenus modestes dans les deux camps. S’il se hisse au pouvoir, le NPD n’augmenterait pas les impôts des Ontariens gagnants moins de 220 000 $ et taxerait les résidences de luxe à l’achat de maisons valant plus de 3 millions de dollars. Le PL promettrait, lui, une réduction permanente de 22 % de l’impôt des Ontariens dont le revenu imposable se situe entre 51 446 $ et 75 000 $.
L’éducation figure en bonne place de chacun des programmes. Les libéraux construiraient 90 nouvelles écoles au cours des quatre prochaines et réintroduiraient un diplôme d’un an en enseignement pour remédier rapidement à la pénurie d’enseignants. Un gouvernement néo-démocrate investirait 830 millions de dollars en réparation d’écoles.
Mmes Stiles et Crombie tirent un bilan assez similaire sur les projets controversés de la Ceinture de Verdure et de la Place de l’Ontario. Les deux s’engagent à protéger les terres agricoles et à revenir sur le réaménagement de la Place de l’Ontario. De même qu’elles décrivent toutes deux une situation « catastrophique » dans le financement du postsecondaire.
Sur le front de l’emploi, face au risque tarifaire américain, on martèle l’idée de soutenir les entreprises ontariennes et de favoriser l’investissement dans les infrastructures. Bonnie Crombie veut en profiter pour offrir une prime de 150 000 $ pour convaincre les infirmiers exerçant aux États-Unis de revenir au pays. Marit Stiles insiste quant à elle sur des emplois bien rémunérés, un renforcement des chaînes d’approvisionnement et des relations interprovinciales pour renforcer l’économie.
Des différences d’approche
Bonnie Crombie comme Marit Stiles sont en faveur d’un financement de l’Université de Sudbury sans offrir plus de précisions. Mme Stiles ajouterait 20 % de financement pour les universités et annulerait les compressions budgétaires du gouvernement Ford sur les prêts étudiants RAFEO, tandis que Mme Crombie porterait le seuil de revenu pour le remboursement à 50 000 $.
Ce qui distingue les deux partis sur le postsecondaire, c’est le fait que « Mme Crombie mette un plafond du nombre d’étudiants étrangers qui aurait un effet négatif sur la situation financière des universités, alors que Mme Stiles semble suivre les recommandations du panel Blue-Ribbon en proposant d’augmenter les subventions publiques », relève le politologue Peter Graefe.
Sur la francophonie, le NPD porte une attention sur les arts et la culture : « Nous collaborons avec la communauté francophone pour développer et promouvoir l’édition de livres, le cinéma et la télévision, les spectacles et les festivals culturels en français. » Les libéraux abordent l’aspect de santé, proposant d’« élaborer une stratégie francophone en matière de soins de santé afin de garantir aux Franco-Ontariens l’accès aux soins dans leur langue maternelle. »
La plateforme libérale se distingue sur plusieurs points comme la sécurité. Dans les transports en commun, on propose l’embauche de 300 agents spéciaux supplémentaires dans TTC, OC Transpo et Metrolinx. Plus largement, l’ambition est même d’éliminer la criminalité et la drogue des rues.
À l’inverse, le document néo-démocrate met plus d’emphase sur le pouvoir d’achat avec l’instauration d’un rabais sur le panier d’épicerie, mais aussi se fait l’avocat du Nord. On veut par exemple redonner au secteur public l’entretien des routes et ramener la délivrance des permis de conduire sous la coupe du ministère des Transports.
« Le programme libéral semble improvisé avec très peu de détails, juge M. Graefe. C’est un programme chiffré dans la dernière page mais pas du tout expliqué. Pour le NPD, on ne trouve pas de chiffres mais le parti nomme des programmes précis qu’il cherche à bonifier ou à changer, un peu comme le Parti vert et l’éventail de thématiques est plus large. »
Le professeur de science politique à l’Université McMaster relativise toutefois l’impact de ce genre d’outil électoral, estimant que les plateformes intéressent plus les politologues et les organisations de la société civile que les électeurs.
La culture va dans tous les sens cette semaine en Ontario français, qui est aussi à l’honneur au Salon du livre de l’Outaouais, sur la rive québécoise de la région de la capitale canadienne. Des films, de la musique, des arts visuels et des célébrations pour le Mois de l’histoire des Noirs sont au rendez-vous. Parmi toutes les activités qui se déroulent, voici quelques suggestions.
Cinéma
Festival du film canadien de Kingston
C’est le temps de découvrir de nombreux courts et longs métrages, dont plusieurs francophones. Le Festival du film canadien de Kingston présente entre autres La petite et le vieux (Patrice Sauvé), Bergers (Sophie Deraspe), Une langue universelle (Matthew Rankin), Bonjour tristesse (Durga Chew-Bose), Jour de chasse (Annick Blanc) et Le dernier repas (Maryse Legagneur). Le festival se déroule du 26 février au 2 mars.
Gildor Roy et Juliette Bharucha dans La petite et le vieux. Photo : Yan Turcotte
Le 25e Cabaret africain aura lieu ce samedi à Sudbury. L’activité vise à célébrer la communauté africaine du Nord de l’Ontario. L’événement de Contact interculturel francophone de Sudbury propose de la gastronomie africaine, un défilé de mode célébrant des artisans locaux et une performance de Kizaba. L’artiste qui mêle les sonorités traditionnelles congolaises et la musique électronique moderne a été sacré Révélation Radio-Canada en 2024-2025. Ses sons afrofuturistes résonneront au United Steelworkers Hall & Conference Centre.
Kizaba est un multiinstrumentiste montréalo-haïtien qui donne dans l’afrofuturisme. Photo : Kizaba
Journées artistiques de la jeunesse afrodescendante
À Toronto, ce sont les jeunes qui sont à l’honneur pour le Mois de l’histoire des Noirs. Point ancrage jeunesse (PAJ) invite le public à découvrir les talents locaux ce samedi, de 13 h à 17 h, à l’Université de l’Ontario français, lors de la première édition des Journées artistiques de la jeunesse afrodescendante (JAJA). Performances en direct, expositions d’œuvres, remise de prix et buffet sont au programme.
Des jeunes aux talents artistiques ont été sélectionnés pour faire partie des premières Journées de la jeunesse afrodescendante de Point ancrage jeunesse. Photo : Canva
Toronto, le 22 février. Gratuit. Possible de réserver une place sur la plateforme Eventbrite.
Patrimoine
Découvrir l’Histoire d’Embrun
Février est le mois du patrimoine, alors pourquoi ne pas assister à une activité pour découvrir l’histoire de notre coin de pays? La bibliothèque publique du canton de Russell organise la présentation Embrun à travers le temps. L’historien Jean-Pierre Proulx sera à la succursale d’Embrun pour présenter une centaine de photos historiques témoignant de l’évolution de la communauté, de 1885 à aujourd’hui. Les billets sont gratuits, mais il faut réserver. Au moment d’écrire ces lignes, il ne restait que quelques places.
L’historien Jean-Pierre Proulx racontera l’histoire de son coin de pays. Photo : Gracieuseté de la Bibliothèque publique de Russell
Le photographe émergent Kai Davanyan propose l’exposition Lâcher prise du 22 février au 8 mars. On y découvrira « 36 photographies capturant des instants fugaces de la vie, entre l’être et le lâcher-prise », peut-on lire dans un communiqué de l’Alliance française de Toronto, hôte de l’événement au Théâtre Spadina. Kai Davanyan a remporté le concours des Jeunes talents du Grand Toronto 2025, organisé par l’Alliance française. Trois thèmes traversent l’exposition : le portrait, l’architecture et l’environnement.
Kai Davanyan est un jeune photographe et cinéaste torontois. Né en Iran, il réside au Canada depuis ses 17 ans. Photo : Gracieuseté de l’Alliance française de Toronto
Stéphan Plante, vice-président Ontario, expérience membre et marché des particuliers chez Desjardins.
LE CONTEXTE :
Les succursales Desjardins d’Azilda et Espanola ferment leurs portes aujourd’hui et le 23 mai pour celles d’Earlton et Hanmer. En novembre dernier, la coopérative fermait quatre caisses dans l’Est ontarien, à Bourget ainsi que celles de Saint-Eugène, de Limoges et de Saint-Isidore.
L’ENJEU :
Selon Desjardins, la fermeture de ces succursales est liée à la transformation des habitudes des usagers qui ont de plus en plus recours aux services en ligne. L’institution dit avoir à cœur de continuer à investir dans la communauté et dans les services en français.
« Qu’est-ce qui vous a mené à cette décision ?
On a fait une analyse d’achalandage de nos centres de service et ce qu’on a constaté c’est que les habitudes transactionnelles et les déplacements de nos membres ont changé drastiquement au cours des dernières années. Le nombre de transactions au comptoir a aussi diminué parce que les gens se servent de plus en plus d’applications numériques.
96 % des transactions sont faites en ligne et pour ce qui est des opérations en personne, à peine 3 % sont effectuées au guichet automatique et 1 % au comptoir.
Beaucoup d’aînés vivant près de ces succursales pourraient être impactés par ces fermetures : comment comptez vous faire pour continuer à les desservir?
Il y a différentes stratégies ou choses qu’on peut mettre en place pour ces membres-là. Premièrement, on a utilisé une approche proactive et personnalisée en communiquant avec l’ensemble de nos membres afin de déterminer quels sont leurs besoins et trouver des solutions sur mesure pour chacune de ces personnes-là. Pour certaines transactions, on peut faire de la formation sur l’utilisation des plateformes en ligne.
Il y a aussi notre centre d’appel pour ceux qui n’ont pas accès justement à l’Internet ou à des ordinateurs : les gens peuvent faire certaines transactions au téléphone et on regarde aussi à organiser du transport à l’alternatif. On est en train de voir avec certains organismes communautaires, spécifiquement pour Azilda et Earlton, comment mettre en place des navettes mensuelles pour permettre aux personnes à mobilité réduite de quand même avoir accès aux services financiers dans un autre centre de services.
Stéphan Plante pense qu’il ne faut pas sous-estimer l’autonomie des personnes aînées. Gracieuseté de Stéphan Plante
Que voudriez-vous répondre aux personnes qui considèrent que ces fermetures envoient un signal négatif à la communauté francophone ?
Ce n’est vraiment pas une décision qui est prise par rapport à la langue. C’est une décision qui est prise par rapport à l’utilisation que les membres font de leur coopérative. Alors, il y a eu une évolution importante dans la façon dont les membres utilisent leur coopérative et nous, on doit s’ajuster comme organisation pour d’une part, demeurer compétitif et d’autre part, assurer la pérennité de notre organisation.
Les services en français vont toujours être offerts tant sur les plateformes numériques qu’au niveau du centre d’appel et dans l’ensemble de nos centres de services. Je pense qu’il faut mettre de l’emphase sur le fait que même avec la fermeture de ces quatre centres de services-là, on demeure l’une des institutions financières avec le plus de centres de services dans la région de Sudbury.
On est quand même très présents et on va continuer de l’être tant au niveau des centres de services qu’au niveau des communautés où on n’aura plus de centres de services en continuant à supporter des projets par l’entremise de nos commandites, de nos dons et du financement de certains projets porteurs pour les communautés. On ne laisse définitivement pas la communauté francophone de côté. On continue à supporter la francophonie et pour nous, c’est très important.
Que va-t-il advenir des locaux et bâtiments des centres qui ferment?
Dans la région d’Azilda, on a présentement un bail de 5 ans qui ne sera pas renouvelé. On est propriétaires des autres centres de services, Earlton, Espanola et Hanmer, alors on va procéder à la mise en vente de ces immeubles-là. Comme nous sommes une coopérative, in fine, les membres vont bénéficier des profits ou surplus qu’on va faire en vendant ces bâtiments.
Il reste 9 centres de service et 10 guichets automatiques dans le nord de l’Ontario. Source : Desjardins
Avez-vous eu des discussions avec les Caisses Alliance que plusieurs aimeraient voir reprendre le service dans ces zones, comme Azilda, qui se retrouvent sans la moindre institution bancaire ?
Je peux dire que selon nos discussions avec la Caisse Alliance, il n’y a pas d’intérêt d’ouvrir des centres de service dans les localités où on a décidé de fermer. Je ne suis pas porte-parole pour la Caisse Alliance, mais je peux dire que c’est une transformation de l’économie financière dans son entièreté. Si cette réalité est vraie pour nous, elle l’est pour la Scotia, elle pour la Banque Royale, etc.
Par exemple, la Banque Scotia avait fermé ses portes à Azilda et Earlton il y a quelques années pour les mêmes raisons que nous, alors ce n’est pas quelque chose qui affecte juste Desjardins, c’est vraiment une évolution de l’industrie financière dans sa globalité.
Est-ce qu’il y a une possibilité de voir d’autres fermetures prochainement en Ontario ?
Ce que je peux vous confirmer, c’est que ça fait le tour de l’optimisation du réseau pour le court terme. Alors, il n’y a pas d’autres annonces dans la prochaine année qui s’en viennent par rapport à des fermetures.
Évidemment, on est dans une industrie qui change de façon très rapide alors, on doit demeurer aux aguets et continuer à faire nos analyses. Et puis, si jamais il y a d’autres fermetures, évidemment, les membres vont être avisés, mais pour le moment, il n’y en a pas à court terme. »
Dans ce troisième épisode du balado ONvote 2025, on reçoit l’expert en communication Philippe Garneau, président de GWP Brand Engineering, et la politologue Stéphanie Chouinard, professeure de science politique au Collège militaire royal de Kingston.
Avec nos deux invités, on décrypte les slogans, les stratégies de communication, les débats des chefs, et ce qu’il faut retenir du débat en français organisé par TFO et Radio-Canada.
ONvote 2025 est disponible sur YouTube, mais aussi sur les plateformes Spotify, Amazon Music et Apple Podcasts. Retrouvez le premier épisode du balado ici et le second ici
OTTAWA — Le Parti libéral de l’Ontario a ajusté le tir après avoir répondu en anglais seulement à une vingtaine de questions dans le cadre d’un questionnaire de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) qui portait exclusivement sur des enjeux francophones.
L’AFO avait envoyé un questionnaire portant sur des enjeux touchant les francophones de l’Ontario dans le cadre de l’élection ontarienne aux quatre principaux partis : les libéraux, le Parti progressiste-conservateur, le Parti vert et le Nouveau Parti démocratique.
Le document de l’AFO d’une trentaine de pages comptait une vingtaine de questions. Il a été complété en entier par les quatre principaux partis. Les libéraux ont répondu à l’ensemble des enjeux francophones avec des réponses en anglais. Les libéraux ont indiqué à ONFR qu’ils avaient finalement envoyé une version en français. Ils n’ont toutefois pas précisé pourquoi une version seulement en anglais avait été envoyée au départ.
Exemple de réponse en anglais des libéraux. Capture d’écran
Les néo-démocrates ont répondu en anglais et en français tandis que les Verts et les progressistes-conservateurs y ont répondu en français. Les questions qui avaient été envoyées aux formations politiques étaient dans les deux langues. L’AFO a dévoilé les réponses à ce questionnaire mercredi soir avant le débat des candidats francophones.
OTTAWA — La ministre Pascale St-Onge a révélé jeudi son projet de transformation de Radio-Canada/CBC : la fin des revenus publicitaires, une augmentation de son financement et une plus grande séparation entre les deux secteurs de l’entité sont au menu de sa proposition pour la société d’État.
La ministre de Patrimoine canadien a annoncé les changements qu’elle aimerait effectuer à Loi sur la radiodiffusion pour ainsi y modifier le mandat de Radio-Canada/CBC.
« Même si c’est déjà clair dans la loi que les services français et anglais sont indépendants », la ministre veut « quand même, s’assurer de renforcer » la distinction entre les deux entités. Pour ce faire, elle propose la création d’un comité francophone et d’un anglophone, au lieu d’un seul actuellement, pour notamment revoir de quelle façon la société d’État remplit son mandat auprès des communautés linguistiques en milieu minoritaire », a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse à Ottawa, jeudi matin.
« Il faut que ça soit deux comités distincts si on veut être sérieux pour s’assurer que la programmation de langue française demeure indépendante de celle de langue anglaise », a affirmé celle qui a aussi annoncé qu’elle ne serait pas candidate à la prochaine élection, car elle est devenue maman récemment.
La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, est chargée de revoir le mandat de Radio-Canada. Photo : Stéphane Bédard
Parmi les autres propositions : empêcher le radiodiffuseur de présenter de la publicité pendant ses émissions de nouvelles, d’information et d’affaires publiques en plus de lui interdire d’offrir des abonnements payants. Elle préconise aussi que les prochains présidents soient sélectionnés par le Conseil d’administration du télédiffuseur public plutôt que par le gouvernement pour « éviter la perception que la présidente serait redevable à un gouvernement ».
Pascale St-Onge propose aussi d’augmenter le financement, arguant que le Canada devrait se rapprocher d’un financement par habitant des autres pays du G7 ayant un diffuseur public, la moyenne étant de 62,20 $ par habitant. Ottawa finance Radio-Canada/CBC à la hauteur de 1,4 milliard par année, soit 33,66 $ par habitant en moyenne.
Toutes ces modifications sont toutefois vouées à mourir au feuilleton, car tout indique que le gouvernement sera renversé à la première occasion. Le Parlement est actuellement prorogé et doit revenir le 24 mars, mais des élections fédérales pourraient être déclenchées dans les jours suivant l’élection du nouveau chef libéral, le 9 mars.
Si elle se dit consciente de cette réalité, Pascale St-Onge s’attend à ce que le prochain chef libéral modifie la Loi sur la radiodiffusion. Son plan de modernisation de Radio-Canada/CBC était prêt depuis quelques temps, mais n’a pas pu être déposé au Parlement à l’automne dernier en raison du dysfonctionnement à la Chambre des communes, a-t-elle expliqué.
En conférence de presse jeudi, le chef conservateur Pierre Poilievre, qui promet de fermer la CBC, mais de maintenir Radio-Canada, a souligné qu’on « gaspillait de l’argent sur beaucoup de choses (au Canada), CBC par exemple, que presque personne ne regarde la télévision de CBC ».
Quelques heures avant le débat provincial francophone mercredi, l’AFO a partagé les réponses des quatre principaux partis à une vingtaine de questions d’enjeux prioritaires pour lesquels les francophones ont eu l’occasion de se prononcer par le biais d’un sondage. Parmi les réponses proposées par les partis, des mesures financières pour l’Université de Sudbury, la pénurie francophone en santé en français, et les moyens pour assurer un continuum en éducation de la petite enfance au postsecondaire.
Des enjeux francophones in english pour les libéraux
Le document de l’AFO d’une trentaine de pages comptait une vingtaine de questions sur divers enjeux. Il a été complété en entier par les quatre principaux partis. Lles libéraux ont répondu à l’ensemble des enjeux francophones avec des réponses… en anglais.
Exemple d’une réponse du Parti libéral en anglais seulement. Capture d’écran ONFR
Le NPD a répondu en français et dans la langue de Shakespeare alors que les progressistes-conservateurs et les Verts ont offert des réponses dans la langue de Molière.
Engagement financier divergeant pour l’Université de Sudbury
Le NPD répond de but en blanc vouloir « investir dans l’Université de Sudbury, une institution par et pour les francophones », de même pour le Parti vert.
Le Parti libéral a déclaré qu’ils fourniraient « un financement de base à l’Université de Sudbury et veilleront à ce qu’elle joue un rôle essentiel dans l’offre de programmes universitaires de langue française dans le proche Nord de l’Ontario et un financement de fonctionnement adéquat ».
Le Parti progressiste-conservateur (PC), du gouvernement sortant, ne s’est pas engagé à fournir un potentiel financement futur et a souligné les alternatives du postsecondaire en français : « Le gouvernement Ford a donné la gouvernance par et pour à l’Université de Hearst et à l’Université de l’Ontario français. »
« Nous nous réjouissons du partenariat établi entre l’Université de Sudbury et l’Université d’Ottawa. Cette entente marque une étape importante dans la collaboration entre les établissements postsecondaires de langue française pour faire progresser l’éducation en langue française en Ontario. »
Difficulté d’accès aux soins de santé en français
Là encore, les approches diffèrent entre les partis.
Le PC s’est attaché à son bilan affirmant : « c’est le gouvernement de Doug Ford qui a non seulement enchâssé l’offre active dans la Loi, mais qui lui a donné le cadre législatif le plus robuste au pays. Désormais, le fardeau de connaître son droit d’être servi en français ne repose plus sur le dos du citoyen, mais sur celui des fournisseurs de services. »
Le parti précise qu’il « poursuivra sa collaboration avec la communauté franco-ontarienne pour trouver et mettre en œuvre des façons d’augmenter l’accès à des soins de santé en français ».
Côté NPD, plusieurs mesures sont présentées pour pallier la pénurie francophone dans le domaine de la santé.
« Nous ajouterons davantage de médecins au système de soins primaires de l’Ontario en augmentant le nombre de places en résidence en médecine et en incitant les nouveaux diplômés à travailler au sein d’équipes interdisciplinaires, garantissant ainsi aux francophones un accès aux soins dans leur langue », mentionne le NPD dans le document.
« De plus, nous éliminerons les obstacles qui empêchent 13 000 médecins formés à l’international – dont beaucoup sont francophones et prêts à exercer – de rejoindre notre système de santé. En apportant ces changements et en veillant à ce que les services en français ne soient pas une simple réflexion après coup, mais bien un droit, nous construirons un système de santé qui répond véritablement aux besoins de tous les Ontariens », ajoute l’opposition officielle sortante à Queen’s Park.
Le Parti vert préfère une approche par la traduction, avec la mobilisation d’interprètes et de traducteurs pour la création de documents écrits multilingues dans les services financés par l’État. D’ajouter vouloir investir « dans l’éducation, la formation en français et l’intégration de nouveaux arrivants dans des professions ciblées ».
Le Parti libéral souhaite « créer de nouvelles écoles de médecine et doubler les places dans les facultés de médecine et les places de résidence, y compris des places supplémentaires dans les facultés de médecine et des places en résidence à l’Université d’Ottawa et élargir les possibilités de recevoir une formation médicale en français ».
Il avance également l’idée « de systèmes de dossiers électroniques interopérables et d’améliorer les soins virtuels et la télésanté pour permettre aux patients d’accéder facilement aux soins primaires, notamment en français ».
Continuum en éducation francophone
« Nous investirons dans les services de garde francophones, un véritable tremplin vers l’éducation en français », promet le NPD.
« Le système francophone a besoin de ressources en français et d’une formule de financement qui reflète ses besoins uniques. Nous annulerons les coupes effectuées par Ford dans l’éducation et nous réviserons la formule de financement afin d’assurer une répartition équitable et adaptée aux besoins. Pour l’enseignement postsecondaire, nous investirons dans une université francophone. »
Le parti néo-démocrate assure vouloir mettre fin aux déserts scolaires et les disparités géographiques dans la province en créant de nouvelles écoles.
Tout comme ceux-ci, le Parti vert comprend les services de garde comme stade clé à part entière de l’éducation en français : « Il est essentiel d’avoir des milieux éducatifs en français à tous les stades. »
Leur engagement consiste aussi à renforcer les conseils scolaires francophones de la province et de créer des incitations pour augmenter le nombre de francophones dans les programmes des collèges d’enseignants.
Le PC rappelle avoir « créé l’Université de l’Ontario français et donné la charte à l’Université de Hearst ». L’argument reste le maintien d’une « économie forte » pour la protection des services. « C’est pourquoi nous allons faire tout ce qui est nécessaire pour protéger l’Ontario de la menace des tarifs de Trump », conclut celui-ci.
Le gouvernement sortant avance également sa stratégie de recrutement et de rétention du personnel enseignant et l’augmentation du nombre de places en enseignement dans les universités.
« Nous travaillons avec les autres provinces et le gouvernement fédéral pour créer un corridor d’immigration pour le personnel enseignant. »
Les libéraux souhaitent quant à eux élargir les programmes de langue française dans les écoles primaires, secondaires et au postsecondaire tout en améliorant également les programmes d’immersion française et de français langue seconde.
L’approche libérale est également de recruter, de fidéliser et d’attirer davantage de travailleurs en éducation francophones et bilingues.
« Les libéraux de l’Ontario doubleront le financement du plan d’immobilisations scolaires afin d’éliminer le retard dans la réparation des écoles et de construire de nombreuses nouvelles écoles dans toute la province », promettent également ceux-ci.
Le questionnaire complet est à retrouver sur le site de l’AFO.
Les votes par anticipation commencent dès jeudi. Les électeurs peuvent voter dans n’importe quel bureau de vote par anticipation dans leur circonscription respective les 20, 21 et 22 février. Le jour du scrutin final se tiendra le 27 février prochain.
Le producteur canadien Martin Katz est de retour au TIFF avec Les Linceuls, sa cinquième collaboration avec le cinéaste torontois David Cronenberg. Il nous dévoile les coulisses des coproductions internationales et leur influence sur le cinéma canadien. Les Linceuls : En salle dès le 25 avril
OTTAWA – La troisième et dernière saison de la série Eaux turbulentes, une coproduction québécoise et franco-ontarienne, arrive ce jeudi sur la plateforme Tou.tv. De nouveaux acteurs franco-ontariens se greffent à la distribution. ONFR s’est entretenu avec l’interprète de la propriétaire de mine Victoria Turner (Sophie Goulet) et le réalisateur Jim Donovan.
Les relations tendues entre les communautés blanches et autochtones, les femmes autochtones disparues ou assassinées et la vie personnelle de l’enquêtrice Marianne Desbiens (Hélène Florent) se retrouvent une fois de plus au cœur de l’histoire. Comme la deuxième, cette troisième saison a été tournée majoritairement dans la région d’Ottawa et la communauté de Pikwakanagan, même si l’action se déroule dans le Nord de l’Ontario.
Le premier épisode s’ouvre sur une scène assez graphique, avec la découverte du corps d’une femme autochtone dans la décharge municipale de la ville fictive de Queensbury. Un autre personnage sera aussi retrouvé sans vie à la fin de l’épisode. Les histoires s’entrecroiseront et les suspects se multiplieront.
La découverte du corps d’une femme autochtone dans la décharge municipale est particulièrement choquante. Photo : Productions Blik TV
Dans ce début de saison, Victoria Turner est présentée comme une femme sérieuse et antipathique. Selon son interprète, elle « est un peu le symbole de l’argent, dans une communauté où il n’y en a pas. D’un côté, c’est un peu la manne pour le peuple, car elle offre de l’emploi et des opportunités, nuance Sophie Goulet. Je ne pense pas qu’elle est foncièrement mauvaise, mais des fois, l’argent corrompt ».
De retour à la réalisation pour la troisième saison (il était aussi à la barre de la deuxième), Jim Donovan décrit Eaux turbulentes comme un meurtre et mystère.
L’attention du public sera tour à tour dirigée vers les enquêtes menées par Marianne Desbiens, Charles Carignan (Gabriel Sabourin) et Rubina Duquette (Eve Ringuette), qu’on retrouve quelques mois après la fin de la deuxième saison.
Les enquêteurs Marianne Desbiens (Hélène Florent) et Charles Carignan (Gabriel Sabourin) forment toujours un couple dans la troisième saison. Photo : Productions Blik TV
Marianne et Charles forment toujours un couple, un état de fait dévoilé dans les premières secondes de la deuxième saison, qui avait effectué un saut dans le temps plus drastique. Le plus grand changement cette fois est que Rubina a officiellement obtenu un poste d’enquêtrice.
Son expérience de femme autochtone est un atout pour les forces de l’ordre, mais cela veut aussi dire qu’elle est particulièrement touchée par certaines enquêtes. La deuxième saison se terminait d’ailleurs alors qu’elle découvrait le dossier de sa jeune cousine. « C’est un filon qui est là, mais je ne peux pas vous dire comment il va être exploité », sourit Jim Donovan.
Bien représenter les communautés
Chaque saison d’Eaux turbulentes a été écrite par une autrice différente. La première a été imaginée par la Franco-Ontarienne Marie-Thé Morin et la deuxième était signée Michelle Allen.
L’arrivée de Caroline Mailloux et la fin imminente de la série ont contribué à rendre l’univers plus sombre. Mais pour Jim Donovan, c’est surtout l’intimité des histoires qui contribue à alourdir l’ambiance.
Il cite entre autres l’exemple d’un jeune homme intimidé à l’école. « Est-ce que c’est parce qu’il est autochtone, parce qu’il pourrait être homosexuel, ou parce qu’il est maladroit socialement? On ne le sait pas, mais ça entre là-dedans. C’est sombre, quelqu’un qui se fait intimider. Ce n’est jamais facile. »
Le personnage de Rubina Duquette (Eve Ringuette) prendra du gallon dans cette ultime saison. Photo : Darcy Langille
Puisque les autrices des deux dernières saisons sont québécoises, il revient au réalisateur, en Ontario depuis 15 ans, et à la coproductrice Léa Pascal de s’assurer que la saveur franco-ontarienne ne soit pas diluée.
« Quand ça sent l’auteur qui est assis dans un café à Outremont, je le souligne. Le niveau de langue, la façon de se comporter de certains personnages… Il faut toujours être à l’affût de la réalité qu’on décrit, exprime Jim Donovan. La grosse machine culturelle québécoise apporte l’expertise cinématographique, et la région apporte la couleur locale. »
Pour ce qui est du racisme systémique et quotidien envers les personnes autochtones, il est parfois difficile de savoir où est la ligne entre la réalité qu’il faut dénoncer et la caricature.
« C’est toujours un point délicat, car l’autrice et le réalisateur sommes deux personnes blanches. On a toujours eu un conseiller autochtone qui travaille avec nous pour réviser les scénarios et s’assurer qu’on fait le minimum de gaffes. »
Dans la troisième saison, une actrice a souligné qu’une cérémonie de fumigation anishinaabe était mal représentée. Dans ce genre de situations, « tu écoutes et tu prends ton temps ».
La vie du fils de Marianne, Billy Naveau (Jacob Whiteduck-Lavoie), prendra une trajectoire inattendue qui bouleversera sa mère. Photo : Production Blik TV
Les acteurs autochtones proviennent de différentes communautés, dont plusieurs du Québec. « Il ne faut pas se leurrer. Il n’y a pas une grande communauté de comédiens francophones et issus des Premières Nations dans le Nord de l’Ontario », raconte le réalisateur.
Il faut composer avec la réalité du milieu linguistique minoritaire. L’équipe créative est francophone, mais les métiers techniques sont souvent comblés par des anglophones. « C’est pratico-pratique plus que politique », dû au budget et au temps limités. Sophie Goulet rappelle que les productions anglo-canadiennes sont souvent coproduites avec de grosses compagnies américaines, ce qui n’est pas le cas en français.
Jim Donovan acquiesce. « Malheureusement, il n’y a pas de solidarité dans la francophonie internationale. Les Français ne viendront pas ici pour faire des coproductions en français. Ce sont juste les Américains qui viennent ici, pour des séries comme Law & Order Toronto ou Flashpoint. C’est un défi. On lutte pour notre culture, notre langue. On le fait avec allégresse, mais on frappe des nœuds. »
Deux enquêtes principales, des enquêtes secondaire et des drames personnels s’entremêlent dans la troisième saison d’Eaux turubulentes. Photo : Acie Tran
Au final, Eaux turbulentes n’a pas à rougir, et Sophie Goulet croit qu’elle fait avancer l’industrie télévisuelle franco-ontarienne. « On veut promouvoir une région et une culture, mais il ne faut pas que ce soit au détriment de la qualité artistique du contenu. Si ça devient juste un drapeau qu’on met à l’écran et que ça devient presque une publicité pour l’Ontario, c’est vide. Ce que j’ai aimé avec Eaux turbulentes, c’est que c’est la première dramatique adulte qui parle de sujets d’actualité, qui est bien écrite et qui a un peu plus de mordant. »
OTTAWA — La ministre des Affaires francophones sortante Caroline Mulroney a dû se défendre mercredi soir face aux oppositions dans le débat de l’élection provinciale ontarienne en français : élections hâtives, pénuries en francophonie, crise du système de santé et plusieurs autres thématiques clés vis à vis du bilan du gouvernement Ford l’ont mise sous le feu des attaques.
Ce débat francophone de 60 minutes à Radio-Canada et TFO, dans le cadre des élections ontariennes de 2025, a opposé la ministre sortante du gouvernement Ford pour les progressistes-conservateurs aux candidates Lucille Collard (Parti libéral), France Gélinas (NPD) et Michelle Petersen (Parti vert).
Pour revoir le débat en entier :
Vidéo non trouvée
La vidéo que vous cherchez n’est pas disponible.
Des élections hâtives ont été déclenchées par Doug Ford le mois dernier, qu’il raisonne par le besoin d’un mandat fort face à la menace américaine de tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens à destination des États-Unis. Sa décision a forcé sa ministre à défendre cette décision d’entrée de jeu dans le premier thème portant sur la menace tarifaire.
« On devrait être à Queen’s Park », ont lancé à plus d’une reprise les députées sortantes France Gélinas et Lucille Collard, qui argumentent chacune que Doug Ford avait déjà un « mandat fort », lui qui détenait la majorité avec 79 sièges sur 124 au moment de la dissolution.
« On est en élection parce qu’on a un plan à proposer pour faire des dépenses imprévues (…) C’est démocratique de mettre ce plan devant les électeurs », a défendu Mme Mulroney, dépeignant Doug Ford comme « l’ami des travailleurs » et « un leader fort prêt à protéger l’Ontario ».
« Comment voulez-vous que les francophones fassent confiance à M. Ford », a rétorqué la candidate des Verts d’Orléans, citant les coupures du Jeudi noir de l’Ontario français en 2018.
Contrairement au débat des chefs des partis lundi, les échanges entre les quatre candidates se sont déroulés de façon moins chaotique et moins houleuse, ce qui n’a donné lieu qu’à peu d’interruptions de la part des animateurs Sébastien St-François et Sandra Padovani.
Santé en français
Avec 2,5 millions d’Ontariens sans médecin de famille, le thème de la santé a aussi retenu l’attention dans ce débat, « une crise comme on n’a jamais vu faite par le gouvernement conservateur parce qu’ils veulent tout privatiser », accuse France Gélinas.
Caroline Mulroney a défendu le bilan en santé de son gouvernement mentionnant l’ouverture de trois nouvelles écoles de médecine depuis 2018, mais « pour former des médecins, ça prend du temps ».
Caroline Mulroney est ministre des Affaires francophones depuis 2018 sous le gouvernement Ford. Crédit image : Radio-Canada / Olivier Plante
Les médecins formés à l’étranger ici en Ontario ne sont pas pris au sérieux comme une solution, dénonce Lucille Collard alors que Michelle Petersen estime qu’une plus grosse place devrait être accordée à la santé communautaire.
L’enjeu d’avoir accès à des soins de santé primaire dans sa langue vient d’ailleurs en haut de liste des enjeux de cette élection pour les Franco-Ontariens. Pour France Gélinas, les centres de santé communautaires, sous-financés sous les conservateurs, jugent-elles, sont la solution et « les néo-démocrates vont s’assurer que tous les francophones » en aient accès à un.
France Gélinas est députée de Nickel-Belt à Queen’s Park depuis 2007. Crédit image : Radio-Canada / Olivier Plante
Caroline Mulroney vante le fait que l’agence Santé Ontario soit assujettie à la Loi sur les services en français depuis sa modernisation en 2022. Mais « la réalité dans les hôpitaux est que le service n’est pas là », soumet Michelle Petersen alors que ce changement législatif n’a rien changé, car « Santé Ontario offre zéro service, ce sont les hôpitaux et cliniques », réplique France Gélinas.
D’autres enjeux francophones en rafales :
Loi sur les services en français :
« Cette loi-là, elle n’a pas de dents (…) On a des exemples tous les jours dans le domaine de la santé, de la justice où les gens n’ont pas accès à des services en français. Il n’y a rien qui est fait et ils n’ont pas de recours », Lucille Collard.
« Je suis certain que chacun de vous (les téléspectateurs) avez vécu l’expérience d’aller chercher des services en français dans une région désignée et vous arrivez là et est-ce que la personne est réellement capable de vous servir en français? Non. C’est une réalité trop commune partout en province… On est dédié à remettre le Bureau du commissaire aux services en français, on a besoin de mesures de redevabilité » — Michelle Petersen.
Michelle petersen est la candidate des Verts dans Orléans. Crédit image : Radio-Canada / Olivier Plante
L’Ontario bilingue?
« Ce n’est pas toujours facile de recevoir des services en français dans les régions désignées. Nous avons entendu la demande de la communauté d’avoir une province complètement bilingue, mais sans une main-d’œuvre bilingue et qualifiée, on n’est pas en mesure de donner des services aux francophones » — Caroline Mulroney.
« Avec le gouvernement conservateur, les francophones, on est ni valorisé, ni apprécié, on est toléré point à la ligne! Pourquoi la Loi sur les services en français s’applique juste dans quelques régions et non pas à tous les francophones de l’Ontario, peu importe où? » — France Gélinas.
Éducation en français :
« Je sais que le gouvernement s’est dépêché avant les élections d’aller mettre des pancartes bleues devant les écoles pour se vanter qu’ils ont investi 16 milliards de dollars. Je peux vous dire que si vous visitez les écoles, vous vous demandez où est cet argent-là. On a des écoles qui tombent en ruine. » — Lucille Collard.
« L’éducation, c’est la survie des Franco-Ontariens (…) Les néo-démocrates vont s’assurer que tous les francophones qui veulent une place en garderies à 10 $ par jour vont en avoir une » — France Gélinas.
« On sait tous que nous avons une pénurie d’enseignants dans la province qui a commencé sous les libéraux (…) Nous avons mis sur pied la première université par et pour les francophones, l’Université de l’Ontario français, on a doublé le nombre de sièges en éducation à l’Université d’Ottawa pour former de plus en plus d’enseignants », Caroline Mulroney.
Coût de la vie
L’autre thème qui a occupé les quatre politiciennes dans cette joute télévisée était l’enjeu de l’abordabilité.
En plus des chèques de 200 $ envoyés aux Ontariens dès janvier, les progressistes-conservateurs promettent des milliards en nouvelles dépenses, car la capacité du gouvernement « à investir dans des services gouvernementaux de qualité et de fournir une bonne qualité de vie aux Ontariens » est menacée par le président américain, justifie Caroline Mulroney.
Pour les libéraux, « la vulnérabilité économique » des Ontariens doit être une priorité face à la situation actuelle, clame Lucille Collard, citant les propositions de son parti en matière du coût de la vie « pour aider les Ontariens à passer à travers cette crise » : couper la TVH sur les factures de chauffages ou encore réduire l’impôt sur le revenu, entre autres.
Lucille Collard est la représentante libérale d’Ottawa-Vanier depuis 2020. Crédit image : Radio-Canada / Olivier Plante
Le NPD propose notamment de son côté une remise sur l’épicerie de près de 122 $ par mois pour les personnes gagnant moins de 65 000 $ par année alors que les Verts proposent de baisser les taxes pour les personnes à faibles revenus et de taxer les plus riches.
Les élections provinciales arrivent! Mais qui connaît vraiment les détails entourant ce jour important? Quelle est la date du scrutin? Quels documents sont nécessaires pour voter? Qui sont les chefs des principaux partis politiques? Notre journaliste Rachel Crustin part à la rencontre des Ontariens pour tester leurs connaissances électorales. Ferez-vous mieux qu’eux? Si non, il n’est jamais trop tard pour se renseigner!
Shawn Swords est un entraîneur de basketball franco-ontarien, originaire d’Ottawa, qui s’impose progressivement dans le monde du basketball professionnel. Ancien joueur de haut niveau, il a notamment représenté le Canada aux Jeux olympiques de Sydney en 2000. Après une carrière marquée par son intelligence de jeu et son leadership, il est devenu entraîneur, mettant à profit son expérience pour accompagner la nouvelle génération d’athlètes, tout d’abord au sein du programme de l’Université Laurentienne.
Son passage au niveau universitaire lui a permis de perfectionner ses compétences en gestion d’équipe et en développement des joueurs, des atouts qu’il met désormais au service de jeunes talents aspirant à la NBA en tant qu’entraîneur aux Nets de Long Island dans la G League, la ligue de développement de la NBA.
LE CONTEXTE
L’entraîneur ottavien a eu l’occasion de jouer au Canada francophone à deux reprises avec les Nets de Long Island qui ont délocalisé quatre rencontres à Montréal en janvier et février. Il y reviendra en mars pour deux matchs supplémentaires au Québec, une première dans l’histoire de la ligue de développement de la NBA.
L’ENJEU
Shawn Swords, pour sa première entrevue avec ONFR, partage son expérience montréalaise avec notamment les matchs joués contre les Raptors 905 en janvier dernier. Il revient également sur son parcours en tant qu’entraîneur, la difficulté de maintenir son niveau de français en évoluant dans une ligue où l’anglais prévaut et son regard sur l’avenir de sa fille Syla, étoile montante du basket féminin canadien.
« Comment se passe la saison avec les Nets de Long Island pour vous?
Pour nous, c’est un peu comme les autres saisons : il y a beaucoup de hauts et de bas. Cela dépend de l’âge des joueurs. En G League, il y a surtout des joueurs très jeunes, c’est un peu comme à l’université. On a un mélange de jeunes joueurs avec d’autres plus âgés. Plus vite on parvient à atteindre un bon niveau collectif, mieux c’est. On en est à peu près là.
On sait qu’en G League, il y a souvent vraiment cette notion de développement. Ça dépend des équipes, mais il n’y a pas forcément ce besoin de gagner absolument. Quel est l’état d’esprit de votre côté?
Ici, on parle toujours de développement et de gagner. Soit on développe, soit on gagne, mais il ne faut pas faire aucun des deux. Il faut en faire au moins un. Si tu n’y arrives pas, tu es mort ici. Pour l’instant, c’est sûr qu’on développe. Depuis Noël, nous avons un peu plus gagné car nous avons ajusté notre effectif avec de nouveaux joueurs.
C’est sûr qu’en G League, il y a certaines équipes qui veulent seulement développer les joueurs. Il y a aussi d’autres équipes qui veulent seulement gagner le titre.
Revenons sur votre passage à Montréal. En tant qu’entraîneur canadien et francophone, qu’est-ce que cela représente pour vous de jouer là-bas?
On en a beaucoup parlé avant le premier match. On se demandait comment allait réagir le public : ‘Est-ce qu’ils vont être avec nous? Est-ce qu’il va y avoir beaucoup de monde?‘ Finalement, pour les deux matchs contre Toronto, il y avait 8000 spectateurs, c’était énorme.
Quand nous y sommes retournés, il y avait encore 5000 personnes présentes. Nous avons joué ces rencontres comme des matchs de séries, façon March Madness. L’ambiance était incroyable, et les joueurs ainsi que les entraîneurs des deux équipes ont adoré Montréal.
Quand vous avez joué contre les Raptors, le public a-t-il pris parti pour votre équipe?
C’est une question que nous nous sommes posée aussi. Au début du premier match, je dirais que c’était 50-50. Mais en fin de match, c’était clairement en notre faveur. Lors du deuxième match, c’était entièrement pour nous.
Avant la rencontre, j’ai pris la parole et j’ai dit : ‘Je suis Canadien, on a un joueur canadien, Oshae Brissett, qui vient de Toronto. Et puis, on a aussi Kylian Hayes qui vient de France. Alors, j’espère que vous pourrez nous supporter plus que les Raptors ce soir!’
J’ai lancé un petit chant ‘Allez les Nets, allez les Nets’, et ça a pris! Je pense que cela nous a vraiment aidés.
Quelle est votre relation avec Kylian Hayes, le joueur français de l’équipe?
Je lui avais parlé un petit peu plus tôt dans la saison. Il avait été étonné d’avoir un entraîneur qui parle français. Comment ça se passe avec lui? Vous voyez, je parle français, parfois c’est bien, parfois pas terrible… Alors, j’essaie de m’entraîner en français avec lui. J’essaie de le coacher en français tout le temps. Puis, il me regarde et me dit : ‘Parle anglais si tu veux, c’est pas grave.’ Non, j’essaie, j’essaie (rires).
Maintenant, on parle souvent en français de ce qu’on voit dans le match, autour du basket et un peu de la vie.
Shawn Swords a remarqué une diminution des joueurs francophones au sein de ses équipes au fil des années à la Laurentienne. Photo : Université Laurentienne
Avez-vous remarqué à travers les années, en parlant de plus en plus seulement en anglais dans le monde du basket, que vous avez un peu une perte de niveau?
Un peu. J’ai joué en France pendant trois, quatre ans. Puis en Suisse pour deux ans. Et en plus, j’étais à l’Université Laurentienne, mais on n’avait pas souvent des joueurs francophones. Quand on en avait, j’essayais de parler français avec eux, en anglais aux autres.
Mais chaque année, il y a moins et moins de joueurs français, alors mon niveau tombe un peu. J’ai deux filles, elles sont allées à l’école en Sudbury, c’était en anglais et en français. Alors, on parle un peu en français ensemble. Mais les années passent et je perds des mots au fil du temps.
Parlons de votre parcours. Comment avez-vous rejoint les Nets de Long Island?
C’était il y a trois ans maintenant, Steve Nash était l’entraîneur de Brooklyn . Il m’a mis en contact avec Brooklyn et je suis devenu leur entraineur en 2022, lors de la ligue d’été. Ils ont aimé comment j’entraînais les joueurs là-bas, puis ils m’ont offert une position avec la G League de Long Island.
Est-ce que ça vous donne l’ambition de rejoindre la NBA sur le moyen ou long terme?
Peut-être, c’est sûr que c’est tentant. Pour le moment, on est bien ici parce que mes deux filles jouent au basket aussi. Syla joue à Michigan pour le moment avec les Wolverines. Puis il y a Savannah qui a maintenant 17 ans et qui est en onzième année. Elle aussi joue, alors je veux pas trop bouger. Je veux rester ici dans la région. Si Brooklyn veulent que je vienne, là, oui c’est sûr, je pars. Mais les autres équipes, c’est un peu difficile. Changer de ville avec ta famille, c’est compliqué.
Parlez-nous un peu de Syla qui est une étoile montante dans le basket canadien féminin. Comment voyez-vous son évolution?
Le plus important, c’est qu’elle aime profondément le basketball. C’est toujours elle et Savannah qui viennent me voir en me demandant : « Shawn, on peut aller tirer? Tu peux regarder des vidéos avec nous? » Elle me demande ce qu’elle peut faire pour améliorer tout ce qu’elle fait. Ça me touche le cœur parce que ce sont elles qui aiment le basket, ce n’est pas juste leur père qui veut qu’elles jouent.
Ça, c’est ce quelque chose qu’on entend toujours avec les joueurs. Ça n’a jamais été le cas avec mes filles. Et, c’est la raison pour laquelle, je pense, qu’elle a augmenté son niveau assez vite pour une jeune basketteuse. C’est ça la raison. C’est elle qui veut, et moi, je suis là pour l’aider.
Comment la projetez-vous, la voyez-vous en WNBA très prochainement?
Oui, c’est juste sa première année à Michigan. En WNBA, il faut que tu restes 3 ou 4 ans dans ton programme universitaire.
On peut donc imaginer Syla Swords au Toronto Tempo qui va voir le jour l’année prochaine?
Les élections provinciales approchent en Ontario. Quels sont les enjeux prioritaires des électeurs cette année? De l’environnement à l’économie, en passant par la santé et la francophonie, notre journaliste Rachel Crustin a pris le pouls des citoyens franco-ontariens. Découvrez leurs attentes face à Doug Ford, aux hausses de tarifs et aux tensions Canada-USA. Regardez leurs réponses dans ce vox pop.
Aucun parti politique n’a axé sa campagne sur l’immigration. À l’heure où il faut diversifier l’économie ontarienne dépendante des États-Unis, répondre à la pénurie de travailleurs qualifiés, trouver toujours plus d’enseignants et d’infirmiers francophones, plusieurs acteurs du milieu croient que les politiques devraient clarifier leur vision sur un thème qui n’est pas exclusivement de compétence fédérale.
L’immigration absente du débat ? « Oui et on le déplore », soupire Alain Dobi. Pour le directeur du Réseau en immigration francophone du Centre-Sud-Ouest, les candidats devraient s’engager sur trois points : « Tenir la cible de 5 % en immigration francophone, qu’on a rarement atteinte, accélérer la reconnaissance des diplômes étrangers et organiser des campagnes de promotion pour attirer les immigrants francophones dans nos communautés. »
Ces trois positions sont appuyées par l’Assemblée de la francophonie (AFO) sur sa plateforme de propositions par et pour la population franco-ontarienne.
Même si l’immigration est une prérogative fédérale, les provinces ont plusieurs leviers pour attirer et retenir des immigrants comme le Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI) – dont la cible a été récemment revue à la baisse – ou le financement des services d’intégration des immigrants, ou encore la reconnaissance de diplômes étrangers
Mais rien de tout ça n’a vraiment émergé des discours des chefs durant la première partie de la campagne électorale, constate Julien Gérémie, directeur général d’ImpactON, un acteur du développement économique, social et coopératif. « Ça ne semble pas être la priorité du moment. J’ai l’impression que nos concitoyens voient que la situation économique peut se dégrader rapidement en fonction de ce qui se passe du côté des États-Unis et se préoccupent plus de ce tapis qu’on peut retirer sous nos pieds à tout moment. »
M. Geremie aimerait voir l’immigration figurer sur les tablettes des politiciens, notamment en termes de développement économique différencié, d’investissements en éducation et d’attraction des immigrants francophones, car « c’est clair que nos communautés en ont besoin, mais on a mis un couvercle là-dessus pour l’instant, car on priorise d’autres enjeux comme le commerce international avec les États-Unis ».
Pourtant, une des solutions avancées par les partis pour se prémunir du protectionnisme américain est de diversifier l’économie ontarienne. Or, nombreux sont ceux qui pensent que la francophonie peut apporter sa pierre à l’édifice.
« On peut mobiliser notre main-d’œuvre qualifiée issue de l’immigration pour mieux se connecter avec d’autres marchés », plaide le directeur général d’ImpactON, adepte de ne pas mettre tous les œufs ontariens dans le même panier. « Tout miser sur le marché américain, c’est prendre un énorme risque, alors qu’on pourrait compter sur les personnes ici qui viennent de divers pays, pour la plupart en fort développement. »
Dominic Mailloux, président de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA). Photo : Archives ONFR / Rudy Chabannes
La Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA) s’inscrit dans cette logique et se fait aussi l’avocate des talents francophones capables de bâtir des ponts avec les pays francophones et échapper à la dépendance américaine.
Que ce soit au Salon Afrique-Canada Immigration Investissement (SACII), à la FrancoTech, ou ailleurs, le président de la FGA, Dominic Mailloux, défriche depuis quelques années les opportunités internationales. Il est convaincu que les francophones peuvent ouvrir de nouveaux marchés.
Il voudrait ainsi voir plus d’engagements des candidats sur la reconnaissance des acquis : « C’est une piste très sérieuse si on veut dégonfler la pénurie de personnel en éducation et en santé. En Saskatchewan, par exemple, 50 % des médecins viennent de l’étranger, une des proportions des plus élevées au pays. Quelle est la clé de ce succès qui pourrait peut-être s’exporter en Ontario? »
Alain Dobi, directeur du Réseau en immigration francophone du Centre-Sud-Ouest (RIFSEO). Photo : Archives ONFR / Rudy Chabannes
Un sentiment anti-immigration à l’échelle du pays
M. Dobi décrit en ce moment une forme de rejet de l’immigration à laquelle on attribut tous les maux de la société (inflation, chômage, manque de logements, etc.). « À Hamilton, des gens masqués ont manifesté (en novembre dernier) avec des pancartes anti-immigrants. Toute la communauté et nos partenaires se sont mobilisés pour condamner ces actes. »
Au niveau fédéral, M. Geremie perçoit aussi des préjugés d’une « immigration incontrolée dans le cœur des gens ».
« Il y a cette perception qu’une certaine limite a été franchie, abonde M. Mailloux. Ça s’est inseré dans le débat politique au niveau fédéral et on vit un retour de balancier en Ontario. On devrait enlever l’émotion de ce dossier et regarder les chiffres. On va d’un extrême à l’autre, alors qu’on devrait garder la tête froide. L’immigration fait toujours partie de la solution. »
Ils étaient quatre à s’affronter mais ce débat des chefs a pris, à certains moments, l’allure d’un duel entre la cheffe libérale Bonnie Crombie et le premier ministre sortant Doug Ford. Le leader progressiste-conservateur a profité de chaque occasion pour parler de l’économie et de la menace tarifaire alors que la cheffe libérale a livré ses plus féroces attaques depuis le déclenchement de la campagne.
Les chefs des quatre principaux partis, Doug Ford (Parti progressiste-conservateur), Marit Stiles (NPD), Bonnie Crombie (Parti libéral) et Mike Schreiner (Parti vert) croisaient le fer lundi soir dans ce dernier débat des chefs avant les élections du 27 février sur les ondes de CBC.
Si Doug Ford a passé la soirée à recevoir des attaques des oppositions, c’est Bonnie Crombie qui lui réserve ses plus sévères. Elle a notamment qualifié son idée d’un tunnel sous la 401 de « fantaisie » et de « stupide » ou encore qualifié « d’échec catastrophique » son bilan en santé.
« 11 000 personnes sont mortes en attendant sur une liste d’attente », lui a reproché la cheffe libérale alors que la néo-démocrate, Marit Stiles, soutient que, « parlez avec n’importe quel Ontarien sur l’état du système de santé, (ils vous diront) c’est terrible » alors que Mike Schreiner a dénoncé la fermeture d’hôpitaux dans les milieux ruraux et la privatisation du système de santé au cours des sept dernières années.
Doug Ford a défendu son bilan, insistant sur un investissement 1,8 milliards de dollars qui a été annoncé avant les élections, sur l’accès à des soins de santé primaire et de médecine familiale, dans un plan conçu par l’ex-ministre de la Santé au fédéral, Jane Philpott.
« Vous avez eu besoin d’engager une libérale », lui a sarcastiquement rétorqué Bonnie Crombie.
Ce débat d’une durée de 90 minutes permettait aux candidats d’offrir une réplique si jamais ils étaient attaqués, ce qui a donné lieu à de nombreuses occasions de répliques pour Doug Ford. Dès le départ, la question de la réponse ontarienne à la menace de la Maison-Blanche d’imposer des tarifs de 25 % sur les produits canadiens a lancé le bal, avec Doug Ford qualifiant le leadership comme « la question de cette élection ».
« Je me battrai contre Donald Trump comme vous ne l’avez jamais vu auparavant », a-t-il assuré.
Ce dernier a d’ailleurs profité de chaque occasion pour ramener à l’avant-plan l’économie alors que les questions portaient sur d’autres sujets.
« La fondation de notre système de santé est notre économie et malheureusement chacun d’eux a échoué sur l’économie », a-t-il expliqué, sur une question portant sur les hôpitaux.
Autre cas, lorsque le débat s’est transporté autour de la construction de logements, le premier ministre sortant a affirmé que ses adversaires seraient incapables de construire plus d’infrastructures, car « sous leur gouverne, l’économie s’effondrerait plus vite que la descente du bobsleigh canadien ».
Peu d’attaques entre les oppositions
Les chefs des oppositions sortantes à Queen’s Park se sont d’ailleurs très peu attaqués entre eux durant ce débat, le collimateur étant plutôt tourné vers M. Ford. Marit Stiles a toutefois sorti un lapin de son chapeau au milieu du débat lors d’un duel à deux avec Bonnie Crombie. Elle a accusé l’ancienne mairesse de Mississauga d’avoir reçu 25 000 dollars en donation de la part de prestataires de soins de santé du secteur privé.
« Comment elle peut dire qu’elle va sauver les soins de santé en recevant de telles donations », a interrogé Marit Stiles. « Je pense qu’elle envie ma stratégie de financement », a rétorqué Bonnie Crombie, accusant les néo-démocrates de penser que « l’argent pousse dans les arbres », ce qui « n’est pas un plan sérieux ».
Plaidant que « pour changer de système de santé, il faut changer de gouvernement », Bonnie Crombie a appelé les électeurs néo-démocrates en 2022 à voter pour les libéraux. Selon le site de sondage 338 Canada, les deux partis récolteraient ensemble près de 45 % des intentions de vote le 27 février, soit le même total que le Parti progressiste-conservateur.
Coût de la vie
Sur la question de l’abordabilité, Bonnie Crombie a mis de l’avant son engagement à réduire l’impôt sur le revenu et à éliminer la taxe de vente harmonisée sur les factures de chauffage et d’électricité alors que Marit Stiles propose un « rabais sur l’épicerie ». Mike Schreiner veut, de son côté, réduire les impôts pour les plus pauvres et la classe moyenne pour réduire l’écart entre les personnes riches et pauvres.
Doug Ford s’est plutôt vanté d’être le seul sur les quatre à vouloir couper les impôts, ironisant « avoir failli tomber à terre » après avoir entendu dire que Bronnie Crombie coupera les taxes, estimant qu’elle a fait le contraire lorsqu’elle était mairesse de Mississauga. Il l’a aussi qualifiée de « reine de la taxe carbone », cette dernière répliquant « qu’il n’y aura pas de taxe carbone Doug » et que « vous êtes juste comme votre ami Donald Trump et vous inventez des choses ».
Les trois partis de l’opposition ont aussi rappelé leur promesse de doubler la prestation mensuelle offerte aux personnes handicapées dans le cadre du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH). Le montant actuel est plafonné à 1368 dollars par mois et Doug Ford s’est défendu lundi soir devant les autres candidats affirmant que la prestation augmente en suivant le taux d’inflation.
Quelques citations fortes :
« Vous avez été élevé dans une famille privilégiée, avec une cuillère en argent dans la bouche, vous n’aviez pas besoin de travailler pour quoi que ce soit. » — Mme Crombie, parlant à M. Ford de son éducation.
« Les gens ne sont pas capables d’avoir un docteur et vous dépensez 2,2 milliards sur dans un centre de spa à Toronto (Place de l’Ontario). C’est le même gaspillage avec ce tunnel de fantaisie à Toronto qui va créer du trafic », Mike Schreiner sur les dépenses autour de la construction de la Place de l’Ontario et d’un tunnel sous l’autoroute 401.
« Tu crois à des pistes cyclables, faire du vélo et à planter des arbres, et tu es bon à ça, je comprends. Mais le problème est que tu ne pourrais pas te permettre de planter des arbres, car l’économie va s’effondrer avec vous trois (en charge) », Doug Ford en réplique.
« Doug Ford a créé une fraude de Ponzi pour nos collèges et universités les forçant à attirer des étudiants internationaux alors qu’il aurait dû mettre un plafond », Bonnie Crombie sur l’explosion du nombre d’étudiants étrangers au postsecondaire dans les dernières années.
« Il n’y a personne qui a jamais autant investi en éducation que nous. On a investi 40 $ milliards en éducation. » — Doug Ford
« Doug, mon ami, vous avez besoin de faire de la mathématique (…) Les parents savent que vous ne dites pas la vérité. Les classes sont remplies et on ne parvient pas à trouver des professeurs » — Marit Stiles.
Ottawa a annoncé lundi la conclusion d’une première étape de ses ententes avec les provinces et territoires pour un investissement de 1,4 milliard de dollars pour l’éducation en milieu minoritaire.
Cette annonce qui s’étale de 2024 à 2028 se divise en plusieurs catégories pour les francophones hors du Québec et les anglophones au Québec : l’éducation dans la langue de la minorité, les programmes d’immersion, l’éducation postsecondaire et un programme de recrutement d’enseignants francophones hors du Québec.
Enseignement dans la langue de la minorité : 707,2 $ millions
Enseignement de la langue seconde : 578,4 $ millions
Éducation postsecondaire dans la langue de la minorité : 104 $ millions
Recrutement et rétention d’enseignants et enseignantes (dans les écoles de langue française en situation minoritaire et les programmes d’immersion et de français langue seconde) : 50,97 $ millions
Cet argent provient du Plan d’action pour les langues officielles de 2023 à 2028 annoncé en 2022 par le gouvernement Trudeau, soit un investissement total de 4,1 milliards de dollars. Cette entente ratifiée « établit les principes de collaboration » entre le gouvernement du Canada et les gouvernements provinciaux (sauf le Québec) et territoriaux, « en plus d’encadrer les ententes bilatérales », indique le communiqué de presse sur l’annonce.
« Les jeunes partout au Canada méritent et s’attendent à avoir accès facilement à une éducation de qualité dans la langue officielle de leur choix », a déclaré par communiqué la ministre des Langues officielles Rachel Bendayan.
« Le Protocole annoncé aujourd’hui avec les provinces et les territoires rend cela possible. En investissant dans l’enseignement dans la langue de la minorité et l’enseignement de la langue seconde, nous donnons aux Canadiennes et Canadiens le choix d’étudier en anglais ou en français, et nous favorisons le bilinguisme », ajoute-t-elle.
Il est aussi précisé que le fédéral a entamé les processus de négociation des ententes bilatérales avec chaque gouvernement des provinces et territoires.
Financement pour sept organismes francophones
Dans une autre annonce, la ministre des Langues officielles a annoncé un financement de plus de 20 millions de dollars pour sept organisations de la francophonie canadienne. Cet argent provient aussi du Plan d’action pour les langues officielles.
Fédération culturelle canadienne-française : 2,9 $ millions pour trois ans
Fédération de la jeunesse canadienne-française : 8,5 $ millions pour trois ans
Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada : 4,7 $ millions pour trois ans
Alliance des radios communautaires du Canada : 1,6 $ millions pour trois ans
Alliance des femmes de la francophonie canadienne : 1,3 $ millions pour trois ans
Alliance nationale de l’industrie musicale : 570 000 $ pour sa programmation 2025-2028
Association des théâtres francophones du Canada : 630 000 $ pour sa programmation 2025-2028
MONTRÉAL – La disparition de la romancière d’origine acadienne Antonine Maillet a suscité un torrent d’émotion partout dans la francophonie canadienne ce lundi. Monument de la culture, celle qui est largement connue du grand public s’est éteinte paisiblement à l’âge de 95 ans à son domicile de Montréal.
Pierre Filion, directeur de la maison d’édition Leméac, laquelle a lancé l’un de ses ouvrages les plus emblématiques, La Sagouine, a d’abord fait part de la nouvelle dans une publication Facebook.
« Antonine Maillet a contribué à fixer par son talent et sa faconde la réalité acadienne dans la géographie littéraire francophone, notamment avec la création des archétypes de La Sagouine et de Pélagie-la-Charrette », déclare-t-il.
Et de continuer : « Porte-parole de l’Acadie depuis plus de soixante ans, elle a largement participé, autant par ses écrits que par son engagement indéfectible, à l’affirmation de l’identité acadienne en terre d’Amérique. Les lettres françaises du XXe siècle lui doivent beaucoup. »
Antonine Maillet naît à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, le 10 mai 1929 avant de se rendre au Québec pour poursuivre un doctorat à l’Université de Montréal en 1969. Source : Bibliothèque des Amériques
« C’était un monument littéraire comme il s’en fait peu. C’est quelqu’un qui a apporté une visibilité à l’Acadie à travers ses écrits; nous sommes des légions d’auteurices qui lui devons beaucoup », confie de son côté la traductrice, éditrice et autrice, Sonya Malaborza à ONFR.
Celle qui est aussi co-directrice générale et directrice de l’édition chez Prise de Parole n’a pas connu personnellement la dramaturge, mais a été marquée par une autre facette, moins connue, de cette dernière.
« Antonine Maillet, c’est quelqu’un qu’on connaît davantage pour ses talents de conteuse, de romancière et de dramaturge, et peut-être un peu moins pour ce qu’elle a fait en traduction. Elle a traduit David French, Shakespeare et d’autres encore, avec brio ; je m’étais penchée là-dessus avec beaucoup d’intérêt pendant mes études à l’Université York. », finit-elle.
Antonine Maillet après avoir été promu au rang de Grande Officière de l’Ordre Nationale du Mérite en 2017. Source : Nouveau Brunswick Canada
Au-delà de la culture
Celle qui a signé plus d’une douzaine de pièces de théâtre et une cinquantaine de livres a laissé une empreinte durable dans le monde de la culture et au-delà.
Côté politique, on note un hommage du premier ministre canadien, Justin Trudeau et de celle du Nouveau-Brunswick, Susan Holt.
« Elle était un symbole de la fierté et de la résilience acadiennes, et je sais que sa voix incitera les prochaines générations à célébrer les histoires qui font toute la richesse et la diversité de la mosaïque culturelle canadienne », indique Justin Trudeau.
« L’héritage d’Antonine Maillet perdurera par le biais des histoires qu’elle a racontées, la fierté qu’elle a suscitée et ses contributions au tissu culturel de notre province. Elle aura profondément marqué l’Acadie, le Nouveau-Brunswick et le monde, et nous ne l’oublierons jamais », a salué de son côté, Susan Holt.
Antonine Maillet a écrit un dernier ouvrage, Le roi Ovide XIX/Pensées flottantes, en 2024 à l’occasion de son 95e anniversaire. Source : Office national du film du Canada
« Aujourd’hui, c’est toute la francophonie qui est en deuil, mais aussi toute la francophonie qui est reconnaissante pour ce que cette grande romancière a fait pour raconter son Acadie et la faire rayonner », a déclaré la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA)
De son côté, le Centre de la francophonie des Amériques déclare : « Toujours généreuse et sensible à notre mission, nous avons eu la chance de collaborer avec Mme Maillet à plusieurs reprises pour des conférences et plus récemment pour un épisode de notre balado ‘On est 33 millions’ »
L’université de Moncton a également tenu à rendre hommage à Mme Maillet, en soulignant que « son engagement » qui restera « une source d’inspiration ». L’institution mettra ses drapeaux en berne pour les dix prochains jours sur l’ensemble de ses trois campus.
Le timbre à l’effigie de la dramaturge dévoilé lors de la cérémonie d’ouverture officielle du Salon du livre de Montréal, mercredi 27 novembre 2024. Source : Leméac
Nombreux prix et distinctions
Celle qui est surnommée la plus grande voix de l’Acadie a accumulé les prix et distinctions comme celle du Prix du Gouverneur général en 1972 pour Don l’Original. Le succès de sa célèbre pièce La Sagouine, publiée en 1971, la convaincra à mettre fin à sa carrière en enseignement en 1975.
En 1979 elle remporte le prestigieux prix Goncourt pour son autre grand succès, le roman Pélagie-la-Charrette la même année que le 375e anniversaire de l’Acadie. Elle fut la première femme non européenne et la seule Canadienne à ce jour à avoir remporté cette distinction.
Elle a également été faite Compagnon de l’Ordre du Canada (1981), officière de l’Ordre national du Québec (1990) et membre de l’Ordre du Nouveau-Brunswick (2005).
Antonine Maillet a par ailleurs été nommée en 2020 citoyenne d’honneur de la Ville de Montréal par la mairesse Valérie Plante, elle résidait d’ailleurs sur la rue qui porte son nom.
En novembre dernier, elle avait aussi assisté au dévoilement d’un timbre à son effigie au Salon du livre de Montréal.
Nicolas St-Pierre est descripteur des matchs de hockey des Sénateurs d’Ottawa et de l’Atlético Ottawa au soccer, et président d’Intersport Productions, qui gère entre autres les négociations des droits de diffusion des rencontres sportives en français. Il est également depuis 16 ans l’animateur de l’émission Dans le vestiaire sur Unique-FM, le seul programme traitant de l’actualité sportive en français dans la capitale nationale.
Deux mois après son annulation, l’émission est de retour sur Unique-FM et en ligne. Nicolas St-Pierre se confie sur le processus qui a mené à ce retour et sur la nouvelle formule de l’émission, qui débute ce lundi de 17 h 30 à 19 h, à la radio et en ligne.
« Vous revenez en ondes deux mois après l’arrêt, comment s’est faite la remise en route de l’émission de manière aussi rapide?
Une semaine après qu’on m’ait annoncé que l’émission allait disparaître des ondes, j’ai eu une rencontre avec un monsieur qui croyait éperdument à la véracité de notre existence. Il adorait l’émission. C’était un gars qui était là depuis les premiers jours : Pierre Letendre.
Il m’a dit : ‘Ça ne se passera pas de même, ce n’est pas vrai que ton émission va se terminer, il y a une demande pour ça.’ Il s’est donné comme mission d’aller chercher les précieux commanditaires dont on avait besoin. Il avait des contacts et a rejoint les services d’un monsieur fort dynamique, François Désormeaux, qui fait partie du consortium Truecast. C’est avec ces deux personnes-là qu’on a été capables d’aller chercher le financement nécessaire pour continuer et terminer la saison.
Quelle a été votre réaction quand vous avez réalisé que vous alliez vous remettre en selle pour terminer cette saison?
Alors, je vais vous dire que depuis peu, je crois beaucoup aux miracles maintenant. On était morts, c’était point à la ligne. Initialement, quand j’ai eu cette rencontre-là, je pensais juste que c’était pour dire un beau bonjour, ‘t’as fait une bonne job, puis c’est dommage‘. Mais depuis ce moment-là, je dirais que ça a été un cadeau de Noël arrivé de nulle part.
Et là, maintenant, moins de deux mois après, l’émission est de retour!
À quoi doivent s’attendre les auditeurs?
L’émission va revenir avec une formule semblable à celle d’avant, mais légèrement rafraîchie. La grande nouveauté, c’est que maintenant, les gens pourront aussi nous suivre sur un webcast. Il y aura une diffusion vidéo disponible sur le site d’Unique-FM. La majorité des collaborateurs et collaboratrices reviennent.
Il y a eu quelques ajustements en raison d’un budget un peu plus restreint pour terminer la saison, mais les auditeurs fidèles retrouveront l’essence de l’émission. On a peaufiné certaines choses, affiné certains aspects. Tout cela servira de test pour présenter quelque chose d’encore plus structuré et abouti l’an prochain.
Je ne veux pas trop en dire, mais au-delà du Vestiaire, d’autres projets devraient voir le jour. Une chose est certaine : les habitués retrouveront les incontournables qui ont fait le succès de cette émission.
Vous avez également été en mesure de récupérer le créneau habituel. Était-ce important pour les habitués?
Oui, ça revient en ondes du lundi au jeudi de 17 h 30 à 19 h. Nous ne voulions pas bousculer les habitudes des auditeurs.
Je pense que c’est une bonne chose. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que nous avons désormais le contrôle total de la production et du contenu diffusé. Nous sommes les chefs d’orchestre et les maîtres à bord, en collaboration avec Unique-FM, qui nous a offert cette opportunité. Nous l’apprécions énormément.
Vous n’avez pas eu de rancune envers la radio qui a été à l’origine de l’arrêt du programme?
Je vous avouerai que, sur le plan humain, ma première réaction a été de me dire ‘moi, je ne vais pas faire ça‘. Mais il faut reconnaître une chose : Unique-FM est la seule station qui a cru en ce projet. Depuis 14 ans, ils défendent le besoin de couvrir le sport en français. Il aurait été malvenu de leur tourner le dos après qu’ils nous aient permis cette renaissance.
Je pense que cette association va perdurer, et nous espérons même l’étendre avec d’autres initiatives.
Vous ne pouvez pas encore en dire trop sur les nouveautés qui sont en préparation…
Non, on ne veut pas trop en dévoiler, car certaines choses restent à confirmer. Mais ce qui est certain, c’est que Dans le vestiaire revient et continuera à faire briller le sport dans la capitale. Nous espérons toucher toute la francophonie, car l’accessibilité est un enjeu clé pour nous.
Désormais, le fait d’être disponibles sur le web et sur différentes plateformes au-delà des ondes traditionnelles nous ouvre des portes. Nous espérons ainsi attirer un nouveau public qui souhaite consommer du contenu sportif en français. »
WINNIPEG – Le Festival du voyageur s’est ouvert vendredi au Parc Whittier de Winnipeg. Avant le coup d’envoi de cette 56e édition, ONFR s’est entretenu avec sa directrice générale, Breanne Lavallée-Heckert.
Tuques, manteaux et cinq tentes chauffées pour accueillir les nombreux spectacles qui se tiendront jusqu’au 23 février, les Franco-Manitobains sont bien équipés pour célébrer l’hiver, malgré un avertissement de froid extrême qui pèse sur le sud du Manitoba. Et ils ne sont pas seuls : chaque année, environ 75 000 festivaliers prennent part au plus grand festival francophone de l’Ouest canadien.
« Si les gens ne sortent pas de l’hiver, c’est vraiment difficile pour la santé mentale, argumente Breanne Lavallée-Heckert. C’est important d’être dans le froid parce que c’est notre environnement et on veut célébrer notre environnement. Même si c’est difficile, il y a toujours des façons de trouver la joie. »
Les Franco-Manitobains célèbrent l’hiver avec différentes activités pendant le festival. Photo : Gracieuseté du Festival du voyageur
Tout le site est conçu en pensant à la neige et aux activités d’hiver, de la glissade sur tube aux sculptures érigées un peu partout. « Il y a beaucoup de festivals d’hiver qui utilisent de la neige artificielle, de nos jours. Donc pour nous, c’est toujours un point de fierté d’avoir des sculptures faites avec de la vraie neige. », explique l’organisatrice.
La tradition manitobaine n’est tout de même pas à l’abri des changements climatiques. En 2024, par exemple, le manque de neige a drastiquement réduit le nombre de sculptures, et de la neige artificielle a exceptionnellement été utilisée.
De neige ou de paille, les sculptures célèbrent les éléments de la nature. Photos : gracieuseté du Festival du voyagueur
Les artistes ont alors utilisé d’autres matériaux, comme le bois ou la paille. L’initiative a été bien accueillie et a même inspiré une sculpture de cette année qui mêle neige, glace et bois.
« On a trouvé des façons de monter ces sculptures et donné des occasions aux artistes de démontrer leur créativité et la résilience », raconte la directrice générale.
Les particularités du Festival du voyageur
Pendant une dizaine de jours, le traditionnel côtoie le contemporain au Parc du Voyageur et à travers Saint-Boniface, le quartier historiquement francophone aujourd’hui intégré à Winnipeg.
On y trouve notamment des concours de gigue, de violon et de soupe aux pois.
Le festival tient son nom des voyageurs qui passaient dans la région autour de 1815. Le Fort Gibraltar, également situé au parc Whittier et géré par le Festival du voyageur, propose des reconstitutions d’époque. Un nouveau tour autoguidé a été ajouté cette année.
L’interprétation historique dans le Fort Gibraltar fait aussi partie de l’expérience. Photo : Gracieuseté du Festival du voyageur
Trois kilomètres plus loin, l’hôtel Marion est l’hôte des Jeux voyageurs. Cette compétition s’inspire des jeux qui divertissaient les coureurs des bois, comme la jambette (lutte avec les jambes) ou le sciage de pitoune de bois.
Sur le site officiel, l’offre est variée, de la musique traditionnelle québécoise de Nicolas Pellerin et les grands hurleurs aux Bannock babes, un collectif de drag queens bispirituelles, en passant par les artistes de l’Ouest les plus en vogue comme Beau Nectar et Ponteix et les Franco-Manitobains en émergence ou établis, comme Kelly Bado ou Andrina Turenne. « C’est très intéressant de voir comment la culture francophone évolue, et le festival est vraiment une place pour ça », explique Breanne Lavallée-Heckert.
Le Festival du voyageur construit sa programmation de façon à donner aux artistes plus d’une occasion d’être sur scène. Un même artiste peut par exemple donner un spectacle solo et un autre en groupe, ou être la tête d’affiche un soir et se retrouver à une heure différente le lendemain.
Le Fransaskois Mario Lepage (à gauche) et son projet Ponteix se produiront au Festival du voyageur le 21 février. Photo : Rachel Crustin
Cette formule permet aux artistes de mieux rentabiliser leur déplacement à Winnipeg. Le public jouit aussi d’une plus grande liberté d’horaire. Les festivaliers changent chaque jour et cette façon de faire permet d’offrir « de la musique francophone de façon constante pendant toute la durée de la fête », raconte la directrice générale.
Un camp de tipis est aussi établi en collaboration avec les communautés autochtones, qui prennent une place importante au festival, comme l’explique celle qui est elle-même Métisse. : « L’histoire qu’on partage (les francophones) avec les Premières Nations et les Métis est incontournable. Donc, d’avoir un endroit dédié aux histoires et aux personnalités autochtones, c’est aussi important pour nous. »
Le 17 février, les activités seront articulées autour de la Journée Louis Riel, jour férié au Manitoba.
Un point de rassemblement
Même en s’affichant comme un festival francophone, le Festival du voyageur attire aussi de nombreux participants anglophones, parfois même venus des États-Unis.
« Ils veulent découvrir la francophonie et être entourés de cette culture-là (…) c’est une fierté pour nous d’être capable d’attirer de nombreux anglophones pour célébrer notre culture francophone », poursuit Breanne Lavallée-Heckert.
L’événement a débuté en 1970, une époque à laquelle « il y avait plein de défis en termes de droits linguistiques. Le festival a toujours été un point de rassemblement des francophones pour avoir (…) de la joie de vivre et non pas juste des défis. »
Des bénévoles du Festival du voyageur 2024, un événement pour les francophones de tous les âges. Photo : Gracieuseté du Festival du voyageur
Parlant de défis, après des années plus difficiles financièrement, le Festival du voyageur « remonte la pente ». L’organisme a entre autres obtenu son statut d’organisme de bienfaisance il y a deux ans, ce qui permet d’aller chercher de nouvelles sources de financement.
La directrice générale aimerait faire connaître l’événement à plus de francophones de l’extérieur de la province, afin de leur faire découvrir la francophonie manitobaine. « C’est vibrant, c’est dynamique. C’est en train de s’agrandir. Il y a plein de personnes qui viennent ici, on a tellement de nouveaux arrivants qui parlent français et qui font partie de la communauté francophone maintenant, témoigne-t-elle. La francophonie, ce n’est pas juste un groupe. C’est plusieurs groupes et nous sommes tous ensemble ici pour célébrer. »
L’équipe d’ONFR sera à Winnipeg dans les prochains jours afin de rencontrer la communauté francophone et de visiter le Festival du voyageur, que plusieurs décrivent comme le deuxième Noël des Franco-Manitobains.
Chaque samedi, ONFR propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.
[CHRONIQUE]
C’est sans doute devenu au fil du temps le symbole le plus emblématique du Canada : le drapeau rouge et blanc avec à son centre une feuille d’érable rouge. Pourtant, la création du drapeau du Canada il y a 60 ans aujourd’hui ne s’est pas faite sans heurts. Retour dans cette chronique sur l’histoire de la création de l’unifolié.
Un drapeau distinct pour le Canada
Jusqu’aux années 1960, le Canada continuait à être dépourvu d’un drapeau national distinct, affranchi de symboles coloniaux.
De 1868 à 1965, le Red Ensign faisait office de drapeau du Canada. Dérivé du pavillon des navires marchands britanniques (dont l’origine remonte à 1707), le Red Ensign canadien aborde l’Union Jack au coin supérieur à gauche et les armoiries du Canada. Les armoiries du drapeau sont légèrement modifiées en 1921 et 1957.
Bien que jamais officiellement adopté comme drapeau national, c’est sous ce drapeau que le Canada combat entre autres lors de la Seconde Guerre mondiale.
Les Red Ensign canadiens, drapeau officieux du Canada de 1868-1965. Ci-dessus, les versions légèrement modifiées de 1921 et 1957. Crédit photo : Patrimoine canadien.
L’idée de doter le Canada d’un drapeau distinct avait souvent été promise par le passé (dès 1919) mais le projet n’avait jamais abouti. Cependant, le chef du Parti libéral du Canada Lester B. Pearson en fait une promesse électorale majeure lors de l’élection de 1963.
La proposition est cependant loin de faire l’unanimité, particulièrement au Canada anglais. Dans une archive révélatrice captée à l’époque par la télévision de CBC, on voit Lester B. Pearson se fait copieusement hué par des anciens combattants lorsqu’il annonce sa promesse de doter le Canada d’un drapeau distinct.
Une promesse de Lester B. Pearson
Lauréat du prix Nobel de la paix en 1957 pour son rôle de résolution pacifique lors de la crise du canal de Suez, Pearson est un ardent défenseur du multilatéralisme et de l’indépendance canadienne. Ce diplomate hors pair considérait que le pays avait besoin d’un symbole reflétant son identité unique et son indépendance croissante. Selon lui, l’Union Jack n’était plus adéquat pour un pays moderne, indépendant, uni et multiculturel.
En 1956, alors qu’Israël, la France et le Royaume-Uni occupent l’Égypte pendant la crise du canal de Suez, le Canada envoie des troupes qui agiront comme gardiens de la paix des Nations Unies, sur idée de Lester B. Pearson. Cependant, les troupes canadiennes font flotter le Red Ensign canadien, sur lequel se trouve également l’Union Jack. Pour les observateurs égyptiens, le Canada semble arborer le drapeau d’une nation ennemie. Ce malentendu contribue à accroître la nécessité d’un nouveau drapeau national canadien, distinct et unique.
Le comité parlementaire formé pour trouver un consensus sur le nouveau drapeau du Canada. Crédit photo : Bibliothèque et Archives Canada.
Un drapeau du Canada à temps pour le centenaire
Un vaste appel à tous est lancé et le comité est submergé par des propositions de drapeaux provenant de Canadiens des quatre coins du pays : environ 2000 propositions seront reçues et étudiées et 12 experts-conseils seront entendus par le comité qui siégera (en huis clos) 45 fois en trois mois.
Parmi toutes les propositions reçues, trois finalistes émergeront : un insigne rouge avec une feuille d’érable rouge au centre et dans les coins supérieurs l’Union Jack à gauche et trois fleurs de lys à droite, un drapeau avec une feuille d’érable au centre et deux lisières rouges sur les côtés ainsi qu’un drapeau avec trois feuilles d’érable et deux bandes bleues sur les côtés.
Les bandes bleues devaient représenter les océans Atlantique et Pacifique (la devise du Canada étant « D’un océan à l’autre ») et les trois feuilles d’érable, les peuples fondateurs du pays : les Premières Nations, les francophones et les anglophones. C’est ce drapeau qui était le préféré du premier ministre Lester B. Pearson et sera surnommé « le fanion de Pearson ».
Le premier ministre du Canada serre la main d’un jeune étudiant de 19 ans de University of Toronto, Jim Soni le 19 mai 1964 sur le Colline du Parlement à Ottawa. Sur la photo, l’étudiant tient le modèle de drapeau favorisé par le premier ministre pour devenir le nouveau drapeau du Canada. Ce design sera surnommé « le fanion de Pearson ». Crédit photo : Archives de la Presse canadienne.
Gouvernement minoritaire oblige, la partisanerie ralentit considérablement les travaux du comité. L’Opposition officielle, formée par les progressistes-conservateurs, tient mordicus à préserver le Red Ensign et ne veut surtout pas appuyer le « fanion de Pearson ».
Le NPD et les libéraux (majoritaires au sein du comité) mettent de l’avant le concept de drapeau proposé par l’historien George F. G. Stanley, doyen de la Faculté des Arts du Collège militaire royal à Kingston. Le drapeau du collège militaire est formé de deux lisières rouges verticales sur les côtés et d’un fond blanc au milieu où s’y trouve le sigle du collège. L’historien Stanley propose qu’une feuille d’érable rouge à 13 pointes soit posée au centre pour devenir le nouveau drapeau du Canada.
La feuille d’érable pour un drapeau canadien n’était pas une idée nouvelle et était un symbole récurrent dans les propositions reçues par le comité. Les francophones au Canada le comptent parmi l’un de leurs symboles nationaux depuis au moins 1834. De plus, le major général Eugène Fiset l’avait proposé dès 1919, la Légion canadienne en 1945 aussi ainsi que l’artiste en art graphique de Toronto George Bist.
Le comité parlementaire va de l’avant avec la proposition de Stanley.
Le 15 décembre 1964 à deux heures du matin, le Parlement adopte en troisième lecture le projet de loi sur le nouveau drapeau du Canada au vote majoritaire de 163 votes pour et 78 contres. Le Sénat entérine le vote deux jours plus tard.
Conférence de presse où le premier ministre Lester B. Pearson présente le design final du nouveau drapeau du Canada. Par souci de clarté, son cabinet ministériel a adopté une version redessinée de la feuille d’érable par l’artiste graphique Jacques St-Cyr, la faisant passer de 13 pointes à 11. C’est cette version de la feuille d’érable que l’on connaît aujourd’hui. Crédit photo : Bibliothèque et Archives Canada.
Le design avait été préparé par l’artiste québécois Jacques St-Cyr. C’est sa version finale du drapeau du Canada qui devient officielle, celle qu’on connaît aujourd’hui. Enfin, en déplacement pour assister aux obsèques de Sir Winston Churchill à Londres, Lester B. Pearson en profite pour obtenir la proclamation royale du nouveau drapeau auprès de Sa Majesté la reine Elizabeth II le 28 janvier 1965.
Le 15 février 1965 sur la Colline du Parlement à Ottawa, le drapeau du Canada, l’unifolié, est hissé pour la première fois sur le coup de midi en présence de plusieurs dignitaires dont le premier ministre et le gouverneur général, Georges P. Vanier.
L’unifolié sera vite adopté par les Canadiens au grand dam de certains milieux conservateurs. En réaction, l’Ontario et le Manitoba adoptent quelques mois plus tard des drapeaux calqués sur le modèle du Red Ensign. La Colombie-Britannique abordera l’Union Jack sur son drapeau en 1970 de même que Terre-Neuve, dans une forme stylisée, en 1980.
Quelques instants après le vote en troisième lecture à la Chambre des communes, des députés en liesse brandissent un exemplaire du nouveau drapeau du Canada. Crédit photo : L’Encyclopédie canadienne.
Néanmoins à cette époque de décolonisation et de baby-boom, l’unifolié devient vite populaire. Par exemple, il sera omniprésent aux célébrations du centenaire du Canada et lors d’Expo 67.
Un anniversaire sur fond de fierté canadienne renouvelée
Le 60e anniversaire du drapeau du Canada arrive cette année à un moment où rejaillit une certaine fierté nationale canadienne à la suite du retour à la Maison-Blanche de Donald Trump et de ses menaces répétées de tarifs douaniers et d’annexion du Canada pour en faire le 51e État américain.
Devant ce climat d’instabilité existentielle palpable, tous les anciens premiers ministres du Canada encore vivants ont fait paraître cette semaine dans des journaux une lettre ouverte commune. Une rare prise de position commune pour d’anciens adversaires politiques.
À l’unisson, Joe Clark, Kim Campbell, Jean Chrétien, Paul Martin et Stephen Harper saluent « cet esprit national et nous demandons à nos concitoyens canadiens d’afficher le drapeau comme jamais auparavant ».
Les cinq anciens chefs de gouvernement canadien insistent pour que malgré les différends politiques, l’heure soit à l’unité nationale : « Issus tous les cinq de partis politiques différents, nous avons eu notre part de batailles dans le passé. Mais nous sommes tous d’accord sur un point : le Canada est le meilleur pays au monde; il mérite d’être célébré et qu’on se batte pour lui. Cette année, faisons de ce 60e anniversaire de notre drapeau national un moment inoubliable! »
Depuis 1996, le 15 février est officiellement le Jour du drapeau national du Canada. Le moment n’aurait pas pu être mieux choisi pour hisser l’unifolié sous le signe de l’unité.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.
NORTH BAY – Entre attaques de l’opposition contre Doug Ford, discussions enflammées autour des enjeux liés au Nord, le débat de North Bay opposant les quatre principaux candidats des élections provinciales a donné le ton pour la campagne. Voici les points à retenir de ce premier débat des chefs.
S’il y a un point sur lequel les candidats de l’opposition semblaient s’accorder, c’est le bilan présenté comme négatif des sept ans du premier ministre sortant Doug Ford.
Dans un premier moment de tension, la cheffe libérale Bonnie Crombie et celle du Nouveau parti démocrate (NPD), Marit Stiles ont vivement critiqué le bilan du candidat progressiste-conservateur en matière de logement.
« Où sont les nouveaux logements ? Ni dans le Nord de l’Ontario ni nulle part en province », a d’abord lancé Marit Stiles. Ce à quoi a acquiescé la candidate libérale qui a tenu à rappeler que de plus en plus d’Ontariens vivent dans leur voiture ou dans des campements.
Organisé par la Federation of Northern Ontario Municipalities (FONOM), le débat a eu lieu au Collège Canadore de North Bay. Crédit image : Inès Rebei
Pour sa part, le chef du Parti vert, Mike Schreiner a lancé : « M. Ford a dit non à toutes les solutions de logement qui fonctionnent pour les gens. Pourquoi? Parce que les intérêts des riches spéculateurs fonciers sont plus importants pour ce gouvernement. »
Doug Ford s’en prend à Bonnie Crombie
Le premier ministre sortant semblait aussi avoir choisi sa cible pour ce premier débat : la cheffe libérale, Bonnie Crombie. Dans un élan d’humour, ce dernier l’a appelé « la reine de la taxe carbone » à plusieurs reprises.
Et pour cause, selon les derniers sondages, les libéraux pourraient devenir l’opposition officielle.
Pour armer ses attaques, le premier ministre sortant s’est servi du passé de Bonnie Crombie comme mairesse de Mississauga, dénonçant le peu de logements construits ces dernières années malgré un boom démographique.
Il s’agit du premier débat de Bonnie Crombie et de sa première candidature provinciale. Crédit image : Inès Rebei
Celui-ci en a profité pour lancer une boutade : Mississauga aurait même réduit en taille durant le mandat de l’ex-mairesse.
« Je suis fière de mon bilan à Mississauga », a-t-elle ensuite déclaré.
Et Doug Ford de répliquer : « Eh bien, Mississauga n’est pas fière de vous. »
Les tarifs et l’économie
De son côté, Doug Ford n’a pas manqué de rappeler la raison pour laquelle il a demandé ces élections : le besoin d’un mandat fort pour faire face à la menace tarifaire venant des voisins du Sud.
Ce à quoi Bonnie Crombie s’est empressée de rétorquer : « Vous envolez-vous au beau milieu d’une élection pour des séances photo à Washington avec des conseillers de bas niveau, quel est le but? Pourquoi avez-vous appelé l’élection? Nous avons une crise du logement ici. »
L’ensemble des candidats de l’opposition ont reproché au candidat progressiste-conservateur de ne pas avoir diversifié l’industrie ontarienne, ce qui a des impacts sur la situation économique aujourd’hui.
Le débat a été animé par Markus Schwabe de CBC (complètement à gauche). Crédit image : Inès Rebei
Selon Mike Schreiner, l’Ontario a besoin d’une stratégie sur la biomasse, à un moment où l’industrie forestière de la province est confrontée à des compressions importantes et que les experts affirment que l’industrie ne serait pas en mesure de résister aux tarifs imposés par les États-Unis.
Il en a profité pour interpeller directement le premier ministre en lui demandant de s’engager à rouvrir les scieries qui ont dû fermer ces dernières années un peu partout dans le Nord, comme à Espanola.
Bonnie Crombie a signalé, quant à elle, que le premier ministre Doug Ford n’a rien fait concernant le Cercle de feu, malgré qu’il l’ait largement mis en avant durant son mandat.
Santé mentale
Un autre thème redondant de ce débat qui fut largement utilisé par l’opposition est de marteler que le premier ministre sortant a préféré investir dans le sud de la province au détriment du nord.
Marit Stiles, cheffe du NPD, est la seule à maîtriser la langue française. Crédit image : Inès Rebei
La cheffe libérale s’est livrée avec émotion au sujet de son père biologique, lequel souffrait de toxicomanie. Selon l’ex-élue municipale, les mesures en matière de santé mentale relèvent du provincial, mais ont été transférées, à tord, aux municipalités.
Le chef du parti vert et la cheffe du NPD ont attaqué Doug Ford en lui reprochant de jeter les personnes en proie à des dépendances dans des prisons. Mike Schreiner a ajouté qu’il croit que le logement social est la façon d’aider les personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie.
Doug Ford s’est défendu en affirmant que son parti se concentre sur « le nettoyage des rues » et a été vanté d’avoir fermé des sites de consommation supervisée à côté d’écoles et de garderies.
Les interventions du premier ministre sortant Doug Ford ont été largement saluées par la salle. La circonscription de North Bay est tenue depuis 2011 par le conservateur Vic Fedeli. Crédit image : Inès Rebei
Transport
Concernant l’état des routes dans le Nord, Marit Stiles a rappelé que celles-ci sont en mauvais état et que la privatisation de la maintenance des autoroutes par le gouvernement progressiste-conservateur est un « désastre ».
« Comme première ministre, je remettrai l’entretien des routes entre les mains du gouvernement provincial », a-t-elle prévenu.
Et de continuer : « Il y avait de l’argent pour améliorer les autoroutes ici, mais Doug Ford a pris 158 millions de dollars pour les autoroutes 11 et 17 et déplacer cet argent vers le sud, peut-être qu’il pense que cela aidera avec son faux tunnel sous la route 401. »
Bonnie Crombie et Marit Stiles ont fait front commun sur plusieurs questions face au premier ministre sortant. Crédit image : Inès Rebei
De son côté, le premier ministre Doug Ford s’est félicité de ramener le train Northlander suivi des applaudissements de la salle.
Lorsque Bonnie Crombie a dit qu’elle se désolidarise de la décision du précédent premier ministre libéral Dalton McGuinty de mettre fin au service en 2012. « C’est une blague », lui a rétorqué M. Ford.
Le « oui » contre le « non »
Pour se défendre, le premier ministre a utilisé une rhétorique qui l’avait bien servi en 2022 : celle de montrer que ses opposants ont voté majoritairement contre tous les investissements proposés par les progressistes-conservateurs.
« Ils parlent beaucoup mais à Queen’s Park, c’est complètement autre chose », déplore-t-il.
Le chef du Parti vert de l’Ontario, Mike Schreiner, a été le premier à dévoiler sa plateforme électorale cette semaine. Au micro d’ONFR, il explique ses engagements pour le logement, le climat ou encore la francophonie, comme son intention de rétablir un Commissariat indépendant aux services en français (adossé depuis 2018 au Bureau de l’ombudsman). Il confie aussi ses espoirs de grappiller des sièges au soir du 27 février prochain et de voir un jour le mode de scrutin réformé.
Défendre l’environnement ne semble plus vraiment à l’ordre du jour en Amérique du Nord. En Ontario, une autoroute est construite dans la Ceinture de verdure. Au Canada, la taxe carbone est attaquée. Et les États-Unis sont sortis de l’Accord de Paris…
Quand on en vient à défendre les terres agricoles contre Doug Ford, je crois au contraire que c’est une priorité absolue pour les gens. Ce secteur contribue à hauteur de 50 milliards de dollars dans notre économie et soutient 875 000 emplois dans l’alimentation et l’agriculture. Il est question de notre sécurité alimentaire et de nos emplois menacés par les tarifs douaniers de Donald Trump, mais aussi par Doug Ford qui asphalte chaque jour 319 acres de terres agricoles.
Le précédent gouvernement a essuyé de nombreuses critiques sur sa gestion des zones naturelles. Quelle serait la première mesure que vous prendriez si vous étiez au pouvoir?
Je renverserais toutes les mesures qui démantèlent la protection de l’environnement et je ferais en sorte que l’Ontario commence à construire des logements abordables à l’intérieur des limites urbaines existantes, là où l’infrastructure est déjà en place. Doug Ford a échoué à résoudre la crise du logement parce qu’il a fait passer les profits des riches spéculateurs fonciers avant le logement abordable.
Est-il encore temps de faire marche arrière sur l’autoroute 413, selon vous?
Il serait bien moins coûteux de payer les péages des camionneurs sur la 407 que de construire l’autoroute 413. Ça coûterait 4 milliards de dollars au cours des 30 prochaines années, contre 10 à 12 milliards pour la construction de la 413 et ses 400 acres d’asphalte dans la ceinture de verdure, 2000 acres dans les terres agricoles.
Malheureusement, les arbres ont déjà été arrachés… Ce devrait être une propriété publique accessible à la population et non pas céder à un spa de luxe privé appartenant à des étrangers qui nous coûte 2,2 milliards de dollars. Je n’arrive pas à croire que le premier ministre gaspille autant d’argent pour ce projet, alors que tant de personnes n’ont pas les moyens de se loger, n’ont pas accès à un médecin, et que leurs enfants apprennent dans des salles de classe surchargées.
Vous ne défendez pas seulement les causes environnementales. Pourquoi mettez-vous autant d’énergie dans le logement et le pouvoir d’achat?
C’est très difficile de penser à la fin du monde si vous n’arrivez même pas à boucler la fin du mois! La crise de l’abordabilité fait beaucoup de mal aux gens et trouve son origine dans la crise du logement. C’est pour cela que ma première annonce a porté sur un plan visant à soutenir les premiers acheteurs de maison, à protéger les locataires et à favoriser les logements coopératifs sans but lucratif. On ne peut pas permettre que 81 000 personnes en Ontario soient sans abri.
Ce plan a un lien direct avec le climat, car si nous construisons des logements que les gens peuvent s’offrir dans les communautés qu’ils aiment, sans paver nos terres agricoles, cela contribue à réduire la pollution, parce que les gens n’ont pas à se déplacer aussi loin.
Quelle est votre priorité pour le système de santé?
Le plus important à mes yeux est d’investir dans le personnel : docteurs, infirmiers, personnel de soutien et autres travailleurs de première ligne. Tout le monde devrait avoir accès à un médecin de famille, car sinon cela met de la pression sur tout le reste du système. Mais on ne doit pas s’arrêter là : regardez toutes les fermetures sans précédent dans les services d’urgence ou les problèmes dans les foyers de soins de longue durée. Tout ça est dû à une pénurie de personnel et on doit inverser la tendance.
Vous ne vous êtes pas vraiment exprimé sur les enjeux francophones jusqu’ici. Quelles sont vos ambitions?
Nous devons nous assurer d’avoir des services en français dans les soins de santé, l’éducation et les autres services publics. Nous devons également ramener le commissaire aux services en français que Doug Ford a viré, car il veillait à ce que les francophones soient protégés en Ontario et que, lorsqu’ils n’obtiennent pas de services en français, ils aient un bureau à qui le signaler.
Quel avenir entrevoyez-vous pour l’Université de Sudbury?
Il nous faut une université francophone dirigée par et pour des francophones, parce que nous savons à quel point l’éducation de langue française fait une énorme différence, et c’est l’un des moyens de remédier à la pénurie d’enseignants francophones que nous connaissons en Ontario. Ce qui m’amène au point suivant : nous devons renforcer l’éducation de la maternelle à la 12e année pour les francophones de l’Ontario et les anglophones, afin qu’ils apprennent le français et deviennent bilingues.
Malheureusement, je ne suis pas bilingue. J’aimerais que ce ne soit pas le cas et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous devons renforcer notre système d’éducation.
Quelle réponse apporter à la guerre tarifaire américaine?
Les droits de douane représentent un réel danger. Le secteur de la construction affirme que ces droits de douane pourraient augmenter le coût des maisons. C’est exactement la raison pour laquelle les Verts ont présenté un plan pour les acheteurs d’une première maison, qui pourrait leur permettre d’économiser jusqu’à 150 000 dollars, en supprimant les droits et taxes sur les logements. L’un des meilleurs moyens de stimuler notre économie est le secteur de la construction.
Deuxièmement, nous avons également besoin d’un groupe de travail sur les tarifs qui travaille au-delà des partis, des juridictions et des secteurs, et aussi d’un crédit d’impôt à l’investissement pour les entreprises afin de débloquer les investissements gelés par la menace de ces droits de douane.
Vous dites souvent qu’on a abandonné la ruralité. Pourquoi?
Les habitants des communautés rurales veulent que l’on investisse de l’argent dans des projets météorologiques sûrs. Ils trouvent insultant que le premier ministre veuille gaspiller autant d’argent dans des projets tels que les tunnels, alors que les routes et les ponts sont fermés dans de nombreuses communautés rurales, faute de moyens de les maintenir ouverts.
Vous avez parlé de mettre fin à la pauvreté. Est-ce réaliste? Comment?
Oui et cela commence par le doublement du programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH) et du programme Ontario au travail. Imaginez que vous essayez de survivre avec 1300 $ par mois alors que le loyer moyen du marché en Ontario est de plus de 1600 $ par mois, et dans de nombreuses villes comme Toronto, de plus de 2000 $ par mois. Le calcul n’est tout simplement pas juste. La pauvreté coûte à notre province 33 milliards de dollars par an. Il serait bien moins coûteux et plus digne de doubler le POSPH.
Quelle est votre position sur le nucléaire et la construction d’une mégacentrale à Port Hope, sur les rives du lac Ontario?
L’objectif principal de l’Ontario devrait être d’avoir l’électricité sans émission la moins chère possible. Nous sommes absolument opposés à ce que le gouvernement Ford accélère la construction de centrales au gaz polluant, ce qui a déjà rendu notre réseau 10 % plus pollué et augmentera la pollution climatique de plus de 700 %. Les Verts ne sont pas opposés à l’énergie nucléaire. Nous voulons simplement nous assurer d’aller de l’avant avec les sources d’électricité les moins coûteuses et sans émissions : l’éolien, le solaire et les batteries de stockage. Il faut laisser le marché déterminer ce qu’il faut faire avec le mégaprojet de Port Hope.
Nous sommes convaincus que nous pouvons continuer à grandir. Nous sommes le seul parti à avoir doublé son caucus depuis les dernières élections. Matt Richter (candidat dans Parry Sound-Muskoka en 2022 qui se représente en 2025) a presque gagné les dernières élections. Nous allons lui faire franchir la ligne d’arrivée lors de celles qui viennent. Nous présentons également un certain nombre de candidats solides comme la conseillère municipale Bronwynne Wilton à Wellington-Halton Hills, l’ex-maire d’Orangeville Sandy Brown dans Dufferin-Caledon, le conseiller Joel Loughead dans Bruce Grey-Owen Sound…
Le système électoral permet difficilement aux petits partis d’émerger. Faudrait-il le réformer?
Oui. À une époque où la démocratie est menacée dans le monde entier, nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour la renforcer en mettant en place la représentation proportionnelle. Le Parlement reflèterait mieux la volonté du peuple et cela contribuerait à augmenter la participation qui a atteint des niveaux historiquement bas.
Vous êtes chef depuis 15 ans. Avez-vous déjà songé, dans un coin de votre tête, à passer le flambeau?
Pour l’instant, je me concentre sur les prochains jours pour arriver au 27 février. Je suis vraiment fier de la croissance du parti et du fait que les gens disent que nous avons une influence considérable à Queen’s Park. Et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’il y ait plus de députés verts qui travailleront dur pour demander des comptes au gouvernement.
Le sixième album de Damien Robitaille est officiellement disponible à compter de ce vendredi. Neuf titres aux influences éclectiques se succèdent sur Ultraviolet, que le Franco-Ontarien a déjà commencé à défendre sur scène. En attendant que la tournée se présente (peut-être) dans la province, ONFR a discuté avec le principal intéressé.
C’est un Damien Robitaille décontracté que l’on entend au bout du fil. « J’étais plus stressé la semaine passée, parce que je lançais ma tournée, explique l’artiste originaire de Lafontaine. Pour l’album, il est fini depuis longtemps. »
S’il espère évidemment de belles retombées pour Ultraviolet, le musicien ne ressent pas de fébrilité particulière à le lancer dans l’univers. Les habitudes d’écoute ayant évolué, le lancement d’un album n’a plus la même signification que par le passé, selon lui.
Pochette de l’album Ultraviolet de Damien Robitaille. Gracieuseté de Damien Robitaille.
Musicalement, Ultraviolet puise dans toutes sortes d’influences : de la pop, du disco, du funk, du folk, du gospel. Le multi-instrumentiste s’occupe du piano, des claviers, de la guitare acoustique et des voix, alors que son complice Carl Bastien est aux commandes des autres instruments et de la réalisation de l’album. Ils sont rejoints par le percussionniste Max Sensalone.
Les mélodies ont pris naissance dans la période où Damien Robitaille voyait sa popularité exploser, alors qu’il publiait une chanson par jour sur ses réseaux sociaux, pendant la pandémie.
L’exercice lui a permis de « chanter en anglais, de chanter dans une autre langue, d’être libre » et de se faire connaître d’un nouveau public, tout en orientant l’écriture de ses prochaines pièces.
« Mes plus grands succès, dans mes vidéos, c’était les chansons de dance music des années 1990. Alors, j’avais le goût d’aller là-dedans. J’avais plein de chansons que j’avais créées pendant la pandémie. Je les ai mises ensemble. »
Ceux qui suivent Damien Robitaille depuis ses débuts le reconnaîtront facilement dans les paroles ludiques et sur les sons de pièces comme Ultraviolet, inspirée de l’éclipse solaire de 2024, ou de la radiophonique Kaléidoscope, lancée comme premier extrait de l’album en octobre.
En franglais, s.v.p.
Ultraviolet s’ouvre sur (She’s Got That) Je ne sais quoi, une chanson en franglais, double clin d’œil au nouveau public international et à ses origines franco-ontariennes.
« Je trouvais ça intéressant, parce que j’avais déjà entendu dans le passé des chansons en français qui montraient les expressions anglophones que les francophones utilisent. Mais en anglais aussi, ce n’est pas au même niveau, mais il y a des expressions ici et là que les anglophones vont utiliser, raconte-t-il. Je voulais faire une chanson qui visait le public anglophone, mais dont les francophones pouvaient être fiers. Il y a une dualité là-dedans que juste un Franco-Ontarien pouvait faire. »
Et le choix de prononciation, qui fera sourire les francophones, est « vraiment conscient. C’est difficile de choisir comment prononcer les mots. J’ai essayé d’exagérer encore plus en anglais, ça ne fonctionnait pas. Ensuite, j’ai essayé de le dire normalement, en français, et ça ne fonctionnait pas non plus. Alors je me suis dit : ok, il faut trouver un juste milieu, exagéré, mais subtil ».
Des influences multiples
C’est aussi une chanson en anglais qui termine l’album, simplement parce que cette langue collait à son style gospel. Superhéroïne évoque les chants d’Église avec lesquels Damien Robitaille a grandi et dont il voulait garder certains codes, sans invoquer une divinité.
Damien Robitaille au Festival franco-ontarien à Ottawa, en 2024. La tournée Ultraviolet présentera aussi des moments « homme-orchestre » et des succès des albums précédents, en plus des nouveautés. Photo : Rachel Crustin
Il y a un peu de George Harrison sur Superhéroïne, mais c’est sur Paruline Paruline que Damien Robitaille nomme directement l’influence du folk-pop-rock des années 1970, de Paul McCartney à Nick Drake, en passant par Led Zeppelin et même Beau dommage.
Pour la pièce qui suit, Point de non-retour, Damien Robitaille s’est inspiré des sons dansants des années 1990, espérant créer une chanson que l’on écoute quand on va courir.
Les styles se mélangent sur Désynchronisé, à mi-chemin entre le country et le disco. « Je voyais ça comme un genre de country-funk moderne. Tu peux faire de la danse en ligne là-dessus, mais il y a un petit côté disco-funk qui est bien groovy », explique le chanteur.
Les moments passés avec ses filles ont aussi une influence sur ses compositions : un voyage en voiture sur les routes d’Espagne pour Limousine, une séance d’observation du ciel pour Aurores boréales. Cette dernière est longtemps restée instrumentale. « C’était une ballade au piano. Je me suis dit : c’est paresseux, je vais trouver un texte à mettre dessus. »
20, juste un nombre
Damien Robitaille a été découvert aux Francouvertes en 2005. 20 ans plus tard, il ne se prend pas la tête avec des célébrations, arguant que « souligner des affaires, c’est pour quand il n’y a rien d’autre qui se passe. »
S’il y a un bilan à dresser, c’est que la persévérance a porté fruit. Le Franco-Ontarien réalise le chemin parcouru quand il se remémore des années plus difficiles. « Je montais la côte. Mais là finalement, dans ma carrière, je sens que j’ai le vent dans le dos. C’est agréable. »
C’est une foule nombreuse qui a accueilli Damien Robitaille au Festival franco-ontarien, en juin 2024. Photo : Rachel Crustin
Ayant débuté sa tournée quelques jours avant la sortie de l’album, Damien Robitaille souligne qu’il y a « une bonne réaction. Je suis content, les salles sont pleines, les gens sont heureux. C’est difficile à évaluer, car (les gens) ne connaissent pas encore les chansons. »
Le musicien apprécie aussi le rythme d’une tournée plus régulière, alors qu’il a surtout trimballé ses chansons de Noël dans les dernières années, avec des tournées très condensées. Pour l’instant, des spectacles sont annoncés jusqu’en novembre 2025, tous au Québec.
TORONTO – Le Comité consultatif des affaires francophones de Toronto veut aller de l’avant avec une étude de faisabilité d’une liste des services municipaux disponibles en français, un projet qui pourrait voir le jour dès 2025.
Quatre sujets étaient à l’ordre du jour dont la création d’un inventaire des services municipaux en français et l’adhésion de la Ville à l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO).
Selon un rapport du directeur général du Développement économique et culture, bien que la Ville puisse établir cet inventaire, cela nécessiterait une réaffectation de certains fonctionnaires, impactant ainsi d’autres services municipaux. Toutefois, le document précise qu’aucune incidence financière directe n’est à prévoir.
Malgré ces contraintes, la proposition a été bien accueillie par le Comité. Christine Michaud, la vice-présidente, a insisté sur l’importance de ce projet :
« C’est une étape nécessaire. La mise en place de cet inventaire demandera du temps, mais il aura un impact important pour les francophones et les francophiles de Toronto. »
De son côté, Hélène Grégoire, l’une des membres du comité, a salué cette initiative tout en rappelant que la Ville a encore du chemin à faire pour améliorer la visibilité des services francophones : « La Ville va au-delà de ses obligations dans certains domaines, mais il y a encore beaucoup à faire pour structurer et rendre visibles les services en français ».
Rejoindre l’AFMO pour renforcer l’offre de services
Autre point clé de la réunion : l’adhésion de la Ville de Toronto à l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO).
L’AFMO regroupe plusieurs municipalités engagées dans la défense des services en français et pourrait offrir à Toronto un réseau d’échange, des ressources supplémentaires et de meilleures pratiques en matière de services municipaux francophones.
Christine Michaud a défendu cette initiative comme une opportunité stratégique pour la Ville :
« C’est un geste fort qui nous donnera un levier important pour renforcer l’offre de services municipaux en français. »
La proposition a également reçu le soutien de la conseillère municipale de Davenport Alejandra Bravo, qui a pointé du doigt le manque de soutien de la Province de l’Ontario en matière de services pour les francophones :
« La Province de l’Ontario ne fournit pas les ressources nécessaires pour assurer des services adéquats aux francophones. En adhérant à l’AFMO, Toronto pourra renforcer son positionnement et mieux défendre ses besoins. »
Pour Amikley Fontaine, cette adhésion ne doit pas être symbolique, mais s’accompagner d’actions concrètes : « Il ne suffit pas d’adhérer à une association. Il faudra ensuite travailler sur l’intégration des meilleures pratiques et assurer un suivi régulier des progrès réalisés. »
Bien que toujours au stade de projet, après débat, le comité a voté en faveur de cette motion, marquant ainsi un engagement officiel en faveur d’une meilleure représentation des francophones dans les politiques municipales.
Deux autres thèmes étaient centrés sur la stratégie pour les aînés francophones à Toronto et sur la proposition d’une approche partenariale favorisant l’inclusivité dans le développement économique dans la ville.
NIPISSING OUEST – Le Conseil des arts de Nipissing Ouest (CANO) annonce suspendre ses activités de diffusion artistique au Centre culturel et communautaire de Sturgeon Falls pour l’année 2025.
L’organisme francophone en a fait part à la communauté mercredi sans pour autant préciser la raison derrière cette décision.
Dans un échange de courriel avec ONFR, le président du conseil d’administration du CANO, Marc Lavigne, explique que « vu le contexte socio-économique actuel, il est sage pour notre organisme de suspendre nos activités de diffusion pour la prochaine année ».
Marc Lavigne ajoute qu’un communiqué plus détaillé sera publié au cours des prochaines semaines concernant la suspension des activités de diffusion artistique pour l’année 2025.
Le spectacle de Beatles Studio a clôturé la saison 2024 à Sturgeon Falls le 15 juin dernier. Source : CANO
Une nouvelle pause
Le 14 août dernier, le CANO avait déjà annoncé devoir faire une pause de ses activités suite à une rencontre de son conseil d’administration la semaine précédente durant laquelle « certains membres avaient mentionné vouloir céder leurs places après plusieurs années d’implication et de bénévolat au sein de l’organisme ».
L’établissement culturel a revu ses orientations avec un nouveau plan stratégique pour 2025-2029, lequel proposait d’ajouter de nouveaux membres au sein du conseil d’administration.
En novembre 2022, le gouvernement du Canada avait injecté la somme de 113 000 $ afin de soutenir la programmation d’automne du CANO, après que l’organisme soit sorti d’une pause de deux ans suite à la pandémie qui avait lourdement affecté le secteur culturel de la région.
L’Ontario français vibre au rythme d’une offre culturelle aussi variée qu’enrichissante. Cette semaine, les cinéphiles auront l’occasion de redécouvrir Amélie, le chef-d’œuvre de Jean-Pierre Jeunet, sur grand écran. Les amateurs d’art pourront plonger dans l’univers nostalgique de Il était une fois de Nicole Poulin à la Place des Arts du Grand Sudbury ou encore admirer l’œuvre délicate de Noémie Roy avec L’épingle filante, présentée à l’Université de l’Ontario français.
Côté musique, l’énergie débordante du folk-rock franco-ontarien sera au rendez-vous avec Les Rats d’Swompe, qui enflammeront la scène du Winterama à Penetanguishene. Enfin, les passionnés d’histoire de l’art pourront enrichir leurs connaissances grâce à une conférence captivante de Gilles Genty. Entre traditions et modernité, cette programmation témoigne de la vitalité culturelle francophone en Ontario et promet des moments inoubliables pour tous les publics.
Films
Projection de Amélie de Jean Pierre-Jeunet
Le film Amélie de Jean-Pierre Jeunet, chef-d’œuvre du cinéma français, sera projeté en février 2025 au Carleton Cinema à Toronto. Sorti en 2001, ce film raconte l’histoire d’Amélie Poulain, une jeune femme rêveuse et altruiste qui décide d’améliorer la vie des autres tout en cherchant son propre bonheur. Avec son esthétique colorée, sa musique envoûtante composée par Yann Tiersen et son ambiance poétique, Amélie est une véritable invitation à l’émerveillement.
Cette projection offre aux spectateurs torontois une belle occasion de redécouvrir ce classique sur grand écran et de se laisser emporter par la magie du Montmartre imaginé par Jeunet.
Audrey Tautou dans le rôle titre Amélie. Photo : Bruno Delbonnel. Gracieuseté de Sony Pictures Classics.
Toronto, du 14 au 20 février. Vente de billets au kiosque du Carlton Cinema. Détails sur le site de Imagine Cinemas.
Arts
L’histoire de l’art avec l’historien Gilles Genty
La Toronto Public Library organise une conférence en collaboration avec l’historien de l’art Gilles Genty. Spécialiste reconnu, Gilles Genty abordera des thématiques fascinantes autour de l’histoire de l’art, mettant en lumière des œuvres de Charles Baudelaire à Stéphane Mallarmé. Cette conférence offrira au public une occasion unique d’explorer l’art sous un nouvel angle, à travers l’expertise et la passion d’un conférencier renommé. Que vous soyez amateur d’art ou simple curieux, cet événement promet un moment d’échange et de découverte enrichissante.
L’exposition Il était une fois de Nicole Poulin à la Place des Arts du Grand Sudbury
L’exposition Il était une fois de Nicole Poulin explore les souvenirs d’enfance de l’artiste, notamment son enfance dans le quartier Moulin à fleur de Sudbury, où elle a grandi entourée de livres et de découvertes artistiques. Son travail multidisciplinaire traduit cette nostalgie à travers des œuvres riches en textures et empreintes de douceur et d’humour. L’événement est organisé en collaboration avec la Galerie du Nouvel-Ontario.
L’exposition L’exposition En vitrine – Saison 2 : Noémie Roy, L’épingle filante
En partenariat avec l’Université de l’Ontario français, cette exposition met en lumière le travail artistique de Noémie Roy, une créatrice dont l’approche sensible et poétique explore la matière et le mouvement. Présentée dans le cadre de la série En vitrine du Labo, cette exposition offre une immersion dans un univers où les formes et les textures racontent des histoires délicates et éphémères. À travers L’épingle filante, l’artiste joue avec la légèreté et la finesse, proposant une réflexion sur le passage du temps et la mémoire. Une occasion unique de découvrir son travail et d’apprécier la richesse de la création contemporaine.
Dîner canadien-français en compagnie des Rats d’Swompe
Le dîner canadien-français et le spectacle de Les Rats d’Swompe auront lieu dans le cadre du Winterama le 15 février 2025 à la Salle Roland Desroches à Penetanguishene. Cet événement promet une belle célébration de la culture franco-ontarienne avec un repas traditionnel et une performance musicale entraînante du groupe folk-rock reconnu pour son énergie et son hommage aux racines francophones du Canada.
Les Rats d’Swompe. Photo : Mylène Desbiens
Penetanguishene, le 15 février. Détails et billets sur le site de La Clé.
Annoncés, suspendus, appliqués en partie… Les tarifs américains se sont éloignés un temps pour revenir occuper l’espace médiatique de la première moitié de campagne et ce va-et-vient devrait perdurer jusqu’au scrutin du 27 février, voire au-delà, maintenant la province dans l’incertitude économique et la renforçant dans une certitude, à plus long terme, de rendre son économie moins dépendante de son grand voisin.
La crainte de voir s’abattre des droits de douane de 25 % sur les produits canadiens exportés aux États-Unis a servi de détonateur à Doug Ford pour déclencher des élections provinciales un an et demi avant le terme de son deuxième mandat de premier ministre.
À la mi-campagne, la situation reste extrêmement volatile. Suspendue pour une durée d’au moins un mois, l’épée de Damoclès sur l’Ontario et ses 500 000 emplois à risque s’est déplacée, offrant un répis. Ce qui n’a pas empêché le locataire de la Maison-Blanche de signer deux décrets imposant des tarifs sur l’acier et l’aluminium canadien, dont l’Ontario est le principal producteur au pays.
Que Donald Trump change d’avis ou que Doug Ford se rende à Washington pour défendre la province, l’ombre des tarifs continue donc de planer sur la campagne et de teinter diverses annonces, au gré de promesses de nature économique comme le soutien aux emplois ou les mesures de rétorsion contre les États-Unis et la Chine.
« Même si Trump disait ‘‘Non, on ne va pas appliquer les tarifs’’, ça reste le thème dominant de cette campagne, perçoit la politologue Geneviève Tellier. On ne peut pas enlever qu’en toile de fond il existe un problème qui s’appelle les tarifs douaniers qui peut revenir à tout moment, avant ou après les élections et que ça pend au nez des Ontariens. »
Manque d’imagination dans les propositions
Cette question a centré de facto la course électorale sur l’enjeu de l’économie, étouffant d’autres enjeux qu’à de rares moments mis en évidence. « Le reste ne colle pas, ce n’est pas la préoccupation des gens, d’autant qu’on n’entend aucune proposition solide de la part des autres partis », compare la professeure de science politique de l’Université d’Ottawa.
Et de constater un manque d’imagination dans les propositions : « À part promettre que dans quatre ans ça va mieux aller mieux et qu’on va dépenser plus pour préserver les gens, les partis manquent d’écoute et de propositions précises. ‘‘Faites-nous confiance, on est les meilleurs’’, ce n’est pas assez pour attirer l’attention et se distinguer. »
Dans ces conditions, le premier ministre sortant parvient à manœuvrer avec un coup d’avance sur ses adversaires « en mettant de l’avant le dossier des relations commerciales sur lequel il a peu à perdre », souligne le politologue Peter Graefe à propos de ce qui demeure en fin de compte une prérogative essentiellement fédérale.
C’est pourtant « dans l’intérêt des partis d’opposition d’engager le combat sur d’autres enjeux sur lesquels il y a un peu plus de faiblesses dans l’armature du gouvernement sortant », entrevoit le professeur de l’Université McMaster. D’autant qu’au cours des dernières années, des lignes de fraction très nettes se sont creusées à Queen’s Park sur des enjeux de société, particulièrement dans le secteur de la santé, à vif depuis la pandémie.
« Doug Ford a fait entrer le secteur privé dans le système de santé, prend pour exemple Mme Tellier. Il y aurait là des points à marquer de la part des partis d’opposition, mais ils ne vont pas sur ce terrain-là malgré des slogans qui semblaient l’annoncer. Ça donne un sentiment de non-préparation des opposants qui ont attendu très longtemps avant de dévoiler leur plateforme. »
Les débats des chefs, le moment ou jamais
Mme Tellier estime dès lors que, le seul moment où les chefs pourront faire une différence, ce sera dans les débats à venir. Une première confrontation des chefs aura lieu dans le Nord ce 14 février, avant celle du 17 février à Toronto, à 48 heures du débat des représentants francophones, le 19 février à Ottawa.
« Ça va être l’occasion de cerner Bonnie Crombie qu’on connaît peu, surtout à l’extérieur de Toronto. Marit Stiles, on la connaît, mais pas en débat. Ça devrait être le moment fort de la campagne, car pour l’instant, on s’en va sur une victoire assez convaincante de Doug Ford. »
Deux choses seront à surveiller, selon M. Graefe. Premièrement, « 20 % de l’électorat n’est pas d’accord avec une réélection de M. Ford, mais le préfère à l’offre des autres partis politiques. Une part importante peut donc bouger en fonction des performances des chefs. Deuxièmement, la moitié des Ontariens qui veulent voir un changement se divise à égalité entre Mmes Stiles et Crombie… Or, si l’une ou l’autre convainc en débat, elle pourrait parvenir à se positionner en alternative à M. Ford et bénéficier d’un effet d’entraînement. »
TORONTO – La plateforme électorale du Parti vert de l’Ontario est lancée. La formation politique s’engage notamment à renverser plusieurs décisions du gouvernement Ford dont celle de fermer les sites de consommation supervisée qui « préviennent les décès ». Parmi les points clés du programme : remettre la crise du logement dans les cartes en construisant 2 millions de logements abordables au cours de la prochaine décennie.
C’est ce mercredi que la plateforme électorale du Parti vert de l’Ontario a été dévoilée, en présence de Mike Schreiner, chef du parti, Aislinn Clancy, députée sortante et candidate pour la circonscription de Kitchener-Centre et Matt Richter, chef adjoint et candidat pour Parry Sound-Muskoka.
Grande absente depuis le début de la campagne, la crise des opioïdes est ramenée à l’avant-plan par les Verts, annonçant que, s’ils étaient au pouvoir, ils annuleraient la fermeture des sites de consommation supervisée, tout en augmentant leur nombre, dans les régions où le nombre de décès liés aux opioïdes est élevé, comme le Nord de l’Ontario.
Cela comprendrait le déploiement d’un personnel ayant une expérience dans la planification et l’organisation de tous les programmes de lutte contre la consommation de substances, ainsi que l’accès à des lits de traitement.
Cette approche sanitaire inclut la création et l’expansion d’équipes mobiles permanentes d’intervention en cas de crise, 24 heures sur 24, où des travailleurs de la santé mentale seraient déployés lorsque les personnes traversent une crise de santé mentale ou liée à la toxicomanie, ainsi que dans des cliniques de médecine de la toxicomanie à accès rapide.
Enfin, il est question de créer 60 000 nouvelles places en logement avec services de soutien avec des services complets entièrement financés. En effet, le chef du parti a déclaré vouloir « ramener l’équité sur le marché du logement en Ontario ».
La crise du logement et d’abordabilité au cœur du programme
Dans la prochaine décennie, le parti annonce vouloir construire 2 millions de logements en favorisant différents types, y compris les quadruplex, immeubles de taille moyenne actuellement absents des grandes zones urbaines, leur construction y étant interdite en vertu des lois d’urbanisme actuelles.
Il prévoit ainsi de modifier plusieurs lois d’urbanisme et de zoning pour garantir une combinaison de logements vivables et abordables dans tous les quartiers.
Pour aider les premiers acheteurs de maison, ceux-ci bénéficieraient également d’une suppression de leurs frais des droits de cession immobilière et en supprimant les frais d’aménagement sur les maisons de moins de 2000 pieds carrés construites dans les limites urbaines.
« Notre plan construit des logements abordables et met fin aux rénovictions »
— Mike Schreiner
Entre autres mesures pour alléger les pressions financières des Ontariens, les Verts proposent de :
Réduire les impôts des personnes à revenu faible ou intermédiaire de moins de 65 000 $ et des ménages gagnant moins de 100 000 $, permettant d’économiser jusqu’à 1 700 $ par an.
Doubler les taux du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (ODSP-POSPH)
Mettre fin aux subventions des contribuables aux entreprises de combustibles fossiles
Réduire les factures d’énergie en fournissant une thermopompe gratuite aux ménages dont les revenus sont inférieurs à 100 000 $ et des prêts à taux zéro aux ménages de plus de 100 000 $
Environnement, santé et éducation
Côté environnement, le parti dit vouloir renverser de nombreux projets engagés par le gouvernement Ford comme la construction de l’autoroute 413 et la voie de contournement de Bradford.
Concernant le réaménagement de la Place de l’Ontario, il romprait le contrat de 95 ans pour l’implantation d’un Spa thermal privé, et envisagerait à la place un parc et des installations publiques, en plus de créer une ceinture alimentaire ontarienne pour protéger de façon permanente les terres agricoles de premier ordre comme la Ceinture de verdure.
Un volet éducation prévoit notamment l’augmentation immédiate du financement par étudiant de 1 500 $ « pour compenser les 3,1 milliards de dollars de coupes imposées par le gouvernement Ford depuis 2018 », en plus de limiter la taille des classes de la quatrième à la huitième année à un maximum de 24 élèves et celle de la maternelle à un maximum de 26 élèves, doit être dotée d’un enseignant certifié à temps plein et d’un éducateur de la petite enfance désigné.
Côté santé, il prévoit de recruter 3 500 médecins supplémentaires afin que chacun ait un prestataire de soins primaires d’ici trois à quatre ans et l’augmentation du financement provincial pour les hôpitaux ruraux.
« Le programme des Verts lutte pour un avenir plus juste pour nous tous, a déclaré Mike Schreiner. Notre plan construit des logements abordables et met fin aux rénovictions, rétablit l’équité de nos systèmes de santé et d’éducation, protège les terres agricoles de premier ordre et réduit vos factures d’énergie. Nous savons que nous pouvons bâtir ensemble un meilleur Ontario. »
En déplacement à Washington pour défendre les intérêts ontariens contre les tarifs douaniers, le candidat Doug Ford agit comme un premier ministre en exercice. Est-ce contraire à la tradition électorale? Oui, jugent des politologues qui décrivent une situation ambiguë, hors des conventions. Et ses adversaires politiques ne se privent pas de le dénoncer.
En période électorale, le gouvernement a un devoir de retenue. Pour faire court, quasiment tout est « arrêté » et, si une décision importante doit être prise, elle doit l’être en accord avec tous les chefs de partis. C’est ce que stipule la convention de transition qui s’applique entre le jour du déclenchement des élections et le jour de l’assermentation d’un nouveau gouvernement.
Or, Doug Ford est sorti du territoire pour se rendre à Washington avec sa casquette de premier ministre de l’Ontario et de président du Conseil de la fédération (CDF) pour « défendre les intérêts de l’Ontario » face au risque de hausse tarifaire américaine et pour cibler la concurrence chinoise.
Après s’être adressé mardi à la Chambre de commerce des États-Unis, il rencontre ce mercredi des dirigeants américains, accompagné d’un groupe de premiers ministres. Il a précisé que ce déplacement était financé par son parti et non par les contribuables.
« Le gouvernement continue d’agir comme s’il était encore aux affaires, relève Geneviève Tellier, professeur d’études politiques à l’Université d’Ottawa. Ce n’est pas normal, mais en même temps il ne va pas prendre une décision à Washington à laquelle le prochain gouvernement sera lié. Sur les principes, oui, cela aurait été mieux de ne pas le faire, mais cela n’aura pas énormément de conséquences sur le gouvernement. »
Doug Ford était ce matin à la chambre de commerce de Washington. Il a exprimé sa déception sur l'imposition de tarifs américains de 25 % sur toute importation d’acier ou d’aluminium. Il a rappelé sa détermination à renforcer la forteresse Amérique-Canada.#ONelxn#onpolipic.twitter.com/xyWM2mOXfn
Le premier ministre sortant a défendu mardi l’idée que les États-Unis et le Canada pouvaient être autosuffisants en énergie et « vendre le pétrole dans le monde entier sans dépendre des pays qui ne nous aiment pas ». Il a aussi promu l’approvisionnement canadien en minéraux critiques dont dépend l’économie américaine et prévénu que des milliers d’emplois étaient dans la balance d’une hausse de tarifs de 25 % que fait planer le président Donald Trump, après une première hausse sur l’acier et l’aluminium.
« Envoyez le message au président Trump que ce n’est pas une bonne idée », a plaidé Doug Ford devant la Chambre de commerce des États-Unis, au lendemain de sa promesse d’interdire les investissements chinois dans les infrastructures ontariennes s’il était réélu.
« On est en situation de crise, observe Mme Tellier. Ça peut à la limite se justifier même s’il a tout à gagner à y aller. Les États-Unis représentent une plateforme qui lui offre de la visibilité en Ontario. Il veut montrer qu’il est le meilleur pour gérer ce dossier. »
Les opposants politiques à M. Ford critiquent depuis plusieurs jours ce mélange des genres.
Une ferme réprobation de l’opposition
« Je pense qu’il brise la convention de transition, qu’il joue avec les règles », a estimé la cheffe libérale Bonnie Crombie.
« Ford a applaudi la réélection de Trump, sachant qu’il prévoyait de frapper à nouveau nos travailleurs. Nous ne pouvons pas lui faire confiance pour défendre l’Ontario maintenant », a renchéri Marit Stiles.
« Contrairement à Doug Ford, je ne voulais pas de Donald Trump et d’Elon Musk à la Maison-Blanche parce que je savais que ce serait mauvais pour l’Ontario, a insisté la cheffe du Parti libéral. Nous avons besoin d’un leader qui se tiendra aux côtés de la population de l’Ontario contre les menaces de Trump, et la réalité est que l’approche de Doug Ford a échoué »
La cheffe néodémocrate Marit Stiles n’a pas non plus mâché ses mots, quant aux choix d’association de Doug Ford : « Doug Ford organise une réception avec le sénateur Kevin Cramer, qui a soutenu les tarifs douaniers de Trump sur l’acier canadien en 2018 – des tarifs contre lesquels Ford ne voulait pas lutter. »
D’ajouter que « Cramer a déclaré que les préoccupations tarifaires étaient une « hystérie » et que les tarifs étaient un « levier de négociation » pour « obtenir un meilleur accord » pour l’Amérique. Les reportages locaux de l’époque indiquaient que Kevin Cramer « soutenait fermement Trump et sa politique commerciale ».
Le NPD fait notamment mention de l’opposition du sénateur au mariage homosexuel, aux droits reproductifs et du fait qu’il accepte de l’argent d’organisations contre la communauté LGBTQ+.
« C’est normal de voir un premier ministre vouloir maximiser l’avantage de l’étoffe du chef, analyse Peter Graefe, professeur de science politique à l’Université McMaster, mais c’est contre notre convention de retenue qui veut qu’en période électorale, on ne se lance pas d’une manière publique dans ses fonctions de premier ministre. À ce niveau-là, il va un peu trop loin. Ça l’aide à orienter le débat électoral vers cette thématique (des tarifs américains) qui lui a permis de déclencher les élections. »
Dans le dernier épisode de notre balado, ONvote 2025, on plonge dans les enjeux sous-estimés de la campagne électorale ontarienne jusqu’à présent.
Dans ce deuxième épisode de ONvote 2025, la politologue Stéphanie Chouinard et le journaliste Rudy Chabannes explorent les grands thèmes de la première partie de campagne électorale. Des enjeux à l’avant-plan comme les transports et la santé, d’autres moins abordés, mais tout aussi importants, comme l’éducation ou encore la francophonie.
ONvote 2025 est disponible sur YouTube, mais aussi sur les plateformes Spotify, Amazon Music et Apple Podcasts. Retrouvez le premier épisode du balado ici.
OTTAWA – Les deux débats organisés par le Parti libéral du Canada à Montréal pour la course à la chefferie se feront sans traduction simultanée, malgré la demande d’une candidate unilingue anglophone.
Le premier débat, le 24 février, aura lieu en français alors que le second, le lendemain, aura lieu en anglais. Ruby Dhalla, l’une des cinq candidates à la chefferie, réclamait que de la traduction soit offerte aux candidats, elle qui ne parle pas français.
« Le Parti organisera un débat en français et un débat en anglais. Aucune traduction ne sera fournie aux candidats lors de ces débats », a fait savoir le directeur des communications du Parti libéral du Canada, Patrick Lund, dans une déclaration.
En entrevue avec La Presse canadienne, celle qui a été députée libérale de la région de Brampton de 2004 à 2011 avait demandé à ce qu’un interprète soit offert lors du débat en français. Elle a indiqué qu’elle fera une allocution de départ et de clôture en français même si elle ne parle pas cette langue.
La principale intéressée a indiqué qu’elle comptait y participer même si elle « reconnait les défis liés à la participation au débat français ».
Le mois dernier, le député libéral Chandra Arya avait suscité la colère de ses collègues députés francophones lorsqu’il avait affirmé que ce n’était pas important de parler français pour occuper le rôle de chef du parti.
La personne qui remplacera Justin Trudeau comme chef et premier ministre sera connue le 9 mars. Les aspirants sont Mark Carney, Chrystia Freeland, Karina Gould, Frank Baylis et Ruby Dhalla.
Pénurie d’enseignants, santé mentale des élèves, écoles vieillissantes, taille des classes… Les enjeux éducatifs n’ont pas encore trouvé leur place qu’ils mériteraient dans la campagne électorale, selon plusieurs acteurs du milieu, qui attendent des engagements clairs des partis politiques.
« Tarifs, tarifs, tarifs… On a entendu que ça depuis le début de la campagne », se désespère Paul Baril, président de Parents partenaires en éducation. Avec la suspension durant un mois de la menace de droits de douane américains, le porte-parole de parents d’élèves espère que les chefs vont enfin se tourner vers le dossier de l’éducation.
« On veut que le prochain gouvernement accorde la priorité à l’éducation de langue française », insiste-t-il. Nos écoles sont vieillissantes et manquent de personnel. Des parents nous disent qu’ils vont inscrire leurs enfants dans des écoles anglophones, car elles ont plus de personnel qualifié et de meilleures infrastructures. Il faut s’assurer d’avoir des écoles équivalentes avec du personnel à l’intérieur. Sinon, nos enfants ne pourront pas aller de l’avant. »
La première semaine de campagne a gravité autour de la question des tarifs douaniers américains, avant de bifurquer sur les transports, notamment sur la gratuité de l’autoroute 407 et le projet conservateur de tunnel sous celle de la 401. L’éducation a été très peu abordée. Seul le Nouveau Parti démocratique a promis de consacrer 830 millions de dollars de plus par année à la réparation et à l’entretien des écoles.
Paul Baril, président de Parents partenaires en éducation. Photo : gracieuseté
« L’éducation est un enjeu important qui dépasse le quotidien des écoles. C’est l’avenir de notre société, », clame Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO).
« On veut une reconnaissance de l’école publique en tant que pilier de nos communautés et un engagement que le prochain gouvernement va vraiment s’en inquiéter et investir. »
Mme Lemieux regrette que le rapport sur la pénurie des enseignants francophones ait été mis sur la glace. « Avec le nombre considérable de retraites ces prochaines années, si on ne résout pas la crise, maintenant, ça ne fera que s’aggraver. »
Elle s’alarme des départs de collègues chevronnés en milieu de carrière, faute de revalorisation du métier. « On nous demande d’en faire toujours plus avec toujours moins de ressources, dans des classes de 35-40 élèves à tous les niveaux… C’est inacceptable. »
Gabrielle Lemieux, présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO). Photo : gracieuseté
« L’éducation est au septième ou neuvième rang des sujets discutés, c’est extrêmement décevant. Je ne peux pas croire que les politiciens ne mettent pas davantage d’accent là-dessus », réagit pour sa part Isabelle Girard, directrice générale de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO).
Elle voudrait que les candidats s’emparent de la question de la formation des enseignants qu’il faudrait ramener de deux ans à un an dans les facultés d’éducation de l’Ontario, afin de contrer la pénurie de personnel. Or, aucun chef de parti n’en parle.
« Avec le même financement, on doublerait le nombre d’enseignants qualifiés chaque année. Ce serait une belle façon fiscalement responsable de contrer la pénurie », est-elle convaincue.
Mme Girard pointe aussi les besoins en immobilisation : « Nos conseils sont victimes de leurs succès et plusieurs écoles sont à pleine capacité, sans compter que certaines régions ne sont pas desservies par des écoles de langue française. »
Isabelle Girard, directrice générale de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO). Photo : archives ONFR / Rudy Chabannes
De son côté, la présidente de l’AEFO attire l’attention sur un autre problème : la montée de la violence dans les établissements. « C’est ce dont mes collègues me parlent le plus, ces derniers temps. Il faudra s’asseoir ensemble avec les syndicats, les conseils scolaires et le prochain gouvernement pour contrer ce phénomène. »
« On veut un soutien accru à nos écoles et un engagement formel des partis, conclut M. Baril, mettant le doigt sur d’autres questions comme celle du financement des transports scolaires . Mais certains n’ont même pas encore sorti leur plateforme électorale ou n’ont pas encore investi tous leurs candidats. On doit pouvoir voter le 27 février en connaissance de cause. »
La grippe aviaire H5N1 connaît une recrudescence inquiétante en Ontario, touchant de nombreuses fermes avicoles et soulevant des questions sur la sécurité alimentaire et les risques sanitaires. Alors que les experts analysent l’évolution du virus et son potentiel de transmission aux humains, les agriculteurs sont sous pression pour renforcer les mesures de biosécurité.
Cette vidéo explicative explore les impacts de l’épidémie sur : l’industrie avicole et les pertes économiques, la santé publique et les risques pour les consommateurs, les stratégies de prévention et la gestion de la crise. Quels sont les véritables enjeux pour la communauté franco-ontarienne? Le Canada est-il prêt à affronter une recrudescence encore plus forte du virus?
Économie, santé, pouvoir d’achat, postsecondaire, itinérance, opioïdes … La cheffe libérale Bonnie Crombie répond aux questions d’ONFR sur plusieurs enjeux clés qui émergent, dominent ou se font plus discrets durant la campagne électorale. Si elle est élue à la tête d’un gouvernement, elle s’engage à mettre sur pied une stratégie de santé franco-ontarienne.
Quelle est votre priorité?
Certainement la santé. Nous investirons 3 milliards de dollars pour garantir des médecins de famille et faire en sorte que chaque Ontarien ait accès aux soins de santé dont il a besoin, que ce soit d’un médecin ou d’un hôpital. Nous ne voulons plus jamais voir une situation comme celle de Walkerton, où vous aviez des personnes âgées avec des déambulateurs et de jeunes mères avec des poussettes attendant pendant six heures pour s’enregistrer auprès d’un médecin de famille.
Boucler les fins de mois est un casse-tête pour de nombreux Ontariens. Si vous deveniez première ministre le 27 février prochain, quelles seraient très concrètement vos premières mesures pour les aider?
La première chose que nous ferions serait de réduire l’impôt sur le revenu de la classe moyenne et de supprimer la taxe de vente provinciale sur les factures de chauffage et d’électricité. Cela rendrait la vie beaucoup plus abordable pour les gens qui économiseraient presque 100 $ par mois. Nous allons faire en sorte que les personnes qui gagnent 75 000 $ ou moins payent 20 % de moins dans leurs impôts sur le revenu. On va aussi couper de moitié les taxes sur les petites entreprises de 3,2 % à 1,6 %. Ces sont des mesures tangibles.
Baisser impôts et taxes, n’est-ce pas prendre le risque de se priver de revenus et de creuser le déficit dans un contexte économique incertain?
L’argent est là, mais Doug Ford le gaspille. Presque 2 milliards de dollars ont été utilisés pour étendre les ventes de bière dans les dépanneurs et 2 autres milliards pour les compagnies (du projet torontois de réaménagement) de la Place de l’Ontario. Près de 7 milliards de dollars auraient pu être mieux utilisés et servir à développer la communauté francophone, la santé, l’éducation ou encore rendre la vie plus abordable.
Quel est votre plan pour les francophones?
On veut protéger la langue française. Ça commence par rétablir le commissariat (indépendant) aux services en français. C’est très important pour moi. Ça veut dire aussi travailler de façon rapprochée avec les conseils scolaires pour ajouter des fonds qui leur permettront de renforcer leurs programmes et de recruter des enseignants. On doit ouvrir l’apprentissage du français à tous les élèves ontariens et développer un plan d’action qui augmente le nombre de places en garderie de langue française.
Vous faites de la santé votre priorité, mais prévoyez-vous un volet francophone dans votre plan?
Oui, on a besoin de renforcer le système de santé en français. On va développer une stratégie de santé franco-ontarienne pour recruter plus de docteurs, d’infirmiers et de professionnels de la santé, tout comme augmenter le nombre d’étudiants internationaux dans les filières de la santé et les services sociaux.
Quelle est votre position sur l’Université de Sudbury et plus largement le postsecondaire en français dans le Nord?
En consultation avec la communauté, on élargira l’accès à l’éducation postsecondaire en français, particulièrement dans le Nord, en nous appuyant sur l’Université Laurentienne et l’Université de Sudbury, pour que nous puissions élargir les programmes de formation des enseignants et ainsi remédier à la pénurie d’enseignants.
Un premier ministre doit-il être capable de s’exprimer en français en Ontario, la province qui concentre le plus grand nombre de francophones hors Québec?
Idéalement, je souhaiterais que mon français soit meilleur. J’ai appris cette langue, mais vivant dans le Sud de l’Ontario, je ne l’ai pas pratiqué autant que je l’aurais voulu. Je le lis pas trop mal, je le comprends bien, mais je le parle très peu.
Citez une chose que Doug Ford a bien faite comme premier ministre?
Doug Ford est un showman qui a du charisme. C’est agréable mais c’est aussi une distraction envers le fait qu’il ne fait pas son travail, qu’il n’est pas où il doit être, ici en Ontario pour comprendre comment protéger nos industries, nos boulots. Le seul travail que Ford protège est le sien. Il n’y a pas un seul premier ministre au Canada qui choisirait ce moment d’instabilité et d’insécurité pour lancer des élections.
Que vous inspirent les chèques de 200 $ envoyés par le gouvernement?
Ça démontre que Doug Ford n’est pas concentré sur les fondamentaux. Il a dit qu’il réduirait les impôts des classes moyennes, il ne l’a pas fait. Il a dit qu’il mettrait fin à la médecine de couloir, il ne l’a pas fait. Il a dit qu’il construirait 1,5 million de logements, il ne l’a pas fait…
Ces élections sont-elles nécessaires pour contrer le risque de tarifs américains, comme l’affirme le premier ministre sortant?
Ce sont des élections inutiles et onéreuses, alors même que Doug Ford avait un gouvernement majoritaire et pouvait agir. On avait besoin de stabilité, de certitude, pas de chaos. Il se bat pour garder son boulot, pas pour garder nos emplois. Au lieu de tenir fermement le volant, il préfère fuir à Washington, alors que ce doit être la réponse (aux tarifs américains) est une réponse fédérale. (…) Il justifie qu’il a besoin d’un mandat fort, mais il l’a déjà.
Malgré leur suspension, les tarifs américains pourraient toutefois lourdement affecter la province. Comment protégeriez-vous la province si vous étiez en charge?
On a besoin d’être prêt. Le problème est que Doug Ford n’a pas diversifié notre économie. Il n’a pas créé d’emplois, car le secteur manufacturier a perdu 21 000 emplois, le secteur de la construction 36 000. Il n’a pas investi dans d’autres secteurs que ceux de batteries électriques, il n’a pas soutenu le secteur automobile, il n’a pas établi de relations avec les gouverneurs des 17 États qui sont nos plus gros ou seconds plus gros partenaires commerciaux. Nous avons besoin d’une réponse forte et nous devons le faire ensemble au niveau du Canada.
La crise des opioïdes frappe de plein fouet la province. Comment vous y prendriez-vous pour la contrer?
Quand j’étais mairesse de Mississauga, des mères sont venues me voir et m’ont dit : « Mon enfant serait encore en vie aujourd’hui s’il y avait eu un centre de consommation supervisée accessible pour ma fille ou mon fils ». Alors, nous nous sommes battus pour que ce soit le cas dans la région de Peel.
Nous devons investir dans la guérison, dans les traitements et dans les mesures préventives. J’ai visité ces centres : ils conseillent les toxicomanes sur la non-utilisation de ces substances, sur les toxines qu’elles contiennent, ils les coachent, ils essaient de les faire sortir de cette vie. C’est dans ce genre de programme que nous devons investir pour sauver des vies.
Pourtant, vous êtes favorable à la fermeture de certains centres de consommation supervisée à Toronto : ceux près des écoles…
Il y a des preuves évidentes que ces sites sauvent des vies et donc nous devrions les garder, mais je suis d’accord qu’il ne faut pas les situer à côté des écoles, des garderies. Il faut les placer dans des voisinages dans lesquels ils sont accessibles aux personnes qui en ont besoin, mais pas à proximité des enfants.
Le sans-abrisme atteint des niveaux alarmants en Ontario. Quelle solution envisagez-vous dans votre programme?
Les villes sont laissées à l’abandon sans aucun fond ni aucune stratégie provinciale pour combattre l’itinérance. C’est bien beau de dire qu’on va construire des centres de support, mais avec quels fonds? Les maires ont fait un important travail en dénonçant ce problème, mais cela ne devrait pas être pris sur leur budget des payeurs d’impôt foncier. C’est une forme de désengagement.
Nous devons investir dans le soutien au logement et nous inspirer des meilleures pratiques. Qu’il s’agisse de mini-logements ou de maisons modulaires, il y a beaucoup de solutions expérimentées au niveau municipal mais nos maires ont besoin d’un financement adéquat.
Vous vous présentez dans la circonscription de Mississauga East-Cooksville. Regrettez-vous de ne pas avoir saisi plus tôt une occasion de gagner un siège à Queen’s Park, au moment d’une élection partielle, pour avoir plus de visibilité?
Il n’y avait aucun siège de disponible qui avait un sens. Les deux élections n’avaient pas d’intérêt pour la mairesse de Mississauga. Si les élections avaient eu lieu en 2026, j’aurais cherché un siège, mais elles arrivent plus vite. Très bientôt, j’aurais un siège et très bientôt je serai première ministre, je prendrai les décisions et je rendrai la vie des Ontariens plus facile. Je pourrai faire plus pour vous.
Chaque samedi, ONFR propose une chronique franco-ontarienne. Cette semaine, l’auteur torontois Soufiane Chakkouche narre ses défis d’immigration canadienne, un récit à suivre en plusieurs parties.
[CHRONIQUE]
Je l’ai appris à mes dépens : depuis ma dernière chronique où j’avais exposé mon désir ardent de griller ce stupide merle pour le grailler pendant la COVID, un pan de mon lectorat pense que je suis l’ennemi des animaux, voire le bourreau de ces derniers. Un fidèle lecteur m’a même traité poliment de personne atteinte de zoophobie, un terme dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Rien que pour cela, merci, cher lecteur. La présente chronique est donc pour rétablir la vérité, l’unique vérité, celle du vécu, celle de l’atavique.
Ceux qui me connaissent au-delà des mots ne le savent que bien : je ne suis pas un malfaiteur animalier, bien au contraire. Et pour cause, j’ai grandi dans mon pays natal avec une cohorte de chiens et de chats libres comme l’air et quelques lézards qui n’avaient d’yeux que pour les appétissantes mouches de Marrakech. Plus que cela, bien souvent, voire toujours, je préfère la compagnie de ces « bêtes » à celle des bipèdes pensants.
Le contexte
Le dernier chien qui partageait ma vie avant que j’immigre au Canada était une chienne, une magnifique Rottweiler couleur feu et nuit à l’intelligence bien supérieure à bien des hommes et qui répondait au nom d’Olga. L’origine de ce sobriquet est à chercher du côté de son ancien maître, un de ces hommes à l’intelligence largement inférieure à celle d’Olga. Un sadique qui utilisait ce bel animal pour les combats canins. Pas étonnant que le canidé avait mis beaucoup de temps à m’accorder sa confiance lorsque je l’avais adopté, l’arrachant à coup de milliers de dirhams des mains de son tortionnaire. Mais la peine valait son inestimable pesant d’or, car, une fois cette confiance accordée, seule la mort pouvait l’abolir. La mort, justement!
Quelques jours avant mon départ au Canada, comme pour graver dans l’eau notre Adieu que j’espérais un au revoir de tout cœur, j’avais emmené Olga pour une balade de deux jours au départ de Casablanca à destination d’Azemmour en longeant l’océan.
Une petite parenthèse s’impose, le nom de famille du politicien français Éric Zemmour trouve son origine dans cette petite ville marocaine, lui qui a été condamné à plusieurs reprises pour des propos racistes proférés au nom de l’identité française.
Passons! Lors de la première nuit à la belle étoile, un évènement étrange s’était produit, un signe que je ne pouvais interpréter, semant le doute dans le bienfondé de ma décision de quitter les miens, animaux compris.
J’avais alors griffonné ce sentiment sur une feuille orpheline froissée par le vent de l’Atlantique et jaunie par le temps apatride, un texte jamais publié, jamais lu devant quelqu’un, un petit texte secret écrit avec une plume trempée directement dans l’encre noire de ma bile. Voici son contenu brut que j’espère suffisant pour ma rédemption auprès de vous :
La mer et mon chien noir
Ce premier signe, la mer, toujours la même qui nous nargue et nous prévient. Même le chien noir, ma chienne, mon homme dans ce périple avait peur. Une peur qui réveilla la mienne. Je dois sortir mes lunettes du sac pour la regarder en face. Je n’ai rien vu, je l’ai sentie parcourir ma peau.
Ça y est, la peur de la chienne est mienne. Ça y est, on a la force du nombre. On est deux hommes, on est deux chiens. Elle mordra pour moi, j’arracherais des yeux pour nous deux.
Ce n’est pas grave, l’épuisement final attendra. On est prêt, les poils et les muscles dressés, tu ne peux que les caresser. Tu n’oses même pas en abattre un, parce que tu as peur, toi la peur. Tu as peur de l’union qui fait notre force, moi et le chien noir, ma chienne, mon homme dans ce périple.
Alors, approche et détache-toi de ton eau, on aura un combat d’homme à homme, de femme à femme, parce que tu n’as pas de sexe. Tu souris et je vois tes dents. Ris, tu as raison, la vengeance est un plat qui se mange froid et tu as le temps de nous voir refroidir.
Tu ne te détaches pas de ta mer, on ne se détache pas de notre sac de couchage. Alors, à demain, quand la lumière de ce dieu qui est le tien nous éclairera, je t’affronterai si dieu le veut, le nôtre cette fois. »
Jusqu’à ce que la mort ou l’exil nous sépare.
Voilà! Le texte vaut ce qu’il vaut, mais il a le mérite d’être pur, sans révision ni artifices, d’autant plus qu’il prend tout son sens aujourd’hui.
En effet, quelques mois après cette écriture automatique, je reçus un coup de fil en provenance du bled qui m’arracha de mon lit très tôt le matin, vers 10h. On m’annonça sans ménagement qu’Olga avait rendu l’âme naturellement en poussant un hurlement prolongé et plaintif avant de s’éteindre. Il est vrai qu’elle était vieille, mais son regard et son cœur s’étaient éteints depuis mon départ.
Morale de l’histoire : c’est aussi ça l’immigration, risquer de perdre des êtres chers sans pouvoir leur dire adieu. L’angle vaut sa pensée. Adieu, mon amie.
À bon entendeur, Salamoualikoum (que la paix soit sur vous).
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.
OTTAWA – Les représentants francophones de chacun des principaux partis s’affronteront sur le plateau de Radio-Canada à Ottawa lors d’un grand débat coorganisé par TFO et Radio-Canada, le 19 février.
Caroline Mulroney du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, Michelle Petersen du Parti vert de l’Ontario, Lucille Collard du Parti libéral de l’Ontario et France Gélinas du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario répondront aux questions des journalistes Sandra Padovani, correspondante parlementaire d’ONFR, et Sébastien St-François, chef d’antenne du Téléjournal Ontario.
Enregistré dans les studios de Radio-Canada à Ottawa le 19 février, le débat sera diffusé le jour-même en soirée à 20 h à la télévision sur ICI Télé et TFO, ainsi qu’à la radio sur ICI Première et en ligne sur TFO.org
La chaine CPAC et les radios communautaires CHOQ FM 105.1, Unique-FM (Ottawa), CINN FM 91,1 (Hearst), CKGN (Kapuskasing) et Francopresse rendront le débat disponible sur leurs plateformes respectives.
Si la ministre sortante des Affaires francophones Caroline Mulroney et la députée sortante de Nickel Belt France Gélinas avaient déjà croisé le fer lors du débat en français des dernières élections en 2022, ce sera en revanche une première pour la candidate libérale et députée sortante d’Ottawa-Vanier Lucille Collard et la candidate verte d’Orléans Michelle Petersen.
« Ce débat est une occasion essentielle de mettre en lumière les réalités des francophones de l’Ontario et de permettre à nos communautés d’entendre des discussions sur des enjeux qui les touchent directement », estime Xavier Brassard-Bédard, président-directeur général de TFO.
Zaahirah Atchia, directrice régionale de Radio-Canada en Ontario et Yvan Cloutier, directeur régional de Radio-Canada Ottawa-Gatineau saluent « un espace de dialogue où les francophones et les francophiles peuvent se reconnaître, s’informer et échanger sur les enjeux qui les concernent ».
Selon un sondage, quatre électeurs sur cinq, soit 78 %, dont une majorité de l’électorat conservateur, considèrent que les élections n’ont été appelées que pour servir les intérêts du premier ministre ontarien sortant Doug Ford, sans que son parti ne baisse pourtant en popularité dans les intentions de vote.
De nouvelles données de l’Institut Angus Reid, révèlent que les Ontariens ne sont convaincus ni du moment ou de la motivation de l’élection.
Quatre Ontariens sur cinq (78 %) – dont trois sur cinq qui déclarent actuellement qu’ils soutiendront le parti de Ford – affirment que ce déclenchement d’élections a été lancé pour servir les intérêts de Doug Ford et non ceux de la province. Sept personnes sur dix (68 %) qualifient l’élection d’« inutile ».
Sondage d’opinion sur l’affirmation suivante : « Doud Ford a déclenché cette élection pour servir ses propres intérêts », présentée à l’électorat des quatre principaux partis. (Bleu foncé : Tout à fait d’accord/D’accord – Rouge : Fortement en désaccord/En désaccord – Gris : Pas certain/Ne peut pas se prononcer). Source : Angus Reid Institute
L’institut précise toutefois que la popularité du gouvernement n’aurait pas souffert si on en croit la plupart des sondages avec le Parti progressiste-conservateur (PPC) en tête des intentions de vote.
Une préférence entre autres attribuable au contexte des menaces tarifaires des États-Unis vis-à-vis duquel le parti de Doug Ford fait figure de favori quant à la gestion économique (trois Ontariens sur cinq affirment que Doug Ford a bien tenu tête à Donald Trump au cours des dernières semaines) et à l’opposition divisée qui se partage l’électorat non conservateur.
« Ni le NPD de Marit Stiles ni les libéraux de Bonnie Crombie n’ont été capables de créer un quelconque avantage clair sur les conservateurs au début de la campagne, partageant plutôt entre eux le grand nombre d’électeurs non conservateurs. »
À la question « quel serait le meilleur parti pour la pour la qualité de vie générale des Ontariens, le PPC totalise 30 % contre 25 % du NPD, et 20 % des libéraux ».
En revanche à la question opposée, « quel serait le pire (parti) pour la qualité de vie », le PPC culmine à 40 % contre 17 % des libéraux, 16 % du NPD.
Sondage d’opinion quant à la question suivante : « Lequel des partis listés ci-dessous serait le pire pour votre qualité de vie globale et celle de votre foyer s’il formait un gouvernement ? » Source : Angus Reid Institute
OTTAWA – À la fin d’un processus entamé il y a trois ans, le festival de théâtre Undercurrents est maintenant complètement bilingue. L’événement d’hiver organisé par le Fringe d’Ottawa se déroule à la Cour des arts jusqu’au 15 février et les Franco-Ontariens sont bien présents dans la programmation. ONFR s’est entretenu avec le directeur artistique et exécutif, Alain Richer.
La bilinguisation du festival Undercurrents a été faite par étapes : offrir des spectacles en français, tester la réaction du public, puis offrir les services aux festivaliers dans les deux langues.
Les organisateurs ont été agréablement surpris de la réaction des habitués, explique Alain Richer. « On pensait qu’il faudrait trouver complètement un nouveau public, mais en réalité, il y a beaucoup de notre public qui venait déjà et qui va aussi assister aux spectacles en français. »
Le directeur explique qu’il a fallu faire connaître l’option, mais que les spectateurs se présentent chaque année en plus grand nombre. Pour une meilleure accessibilité linguistique, Undercurrents a ajouté des surtitres en anglais aux spectacles francophones, un incitatif qui fonctionne réellement.
La description de Daddy’s Issues précise : « Ce spectacle bilingue (français/anglais) refuse de privilégier une langue au détriment de l’autre. Il remet en question les normes de séparation linguistique et, au contraire, embrasse le chaos familier des nos oralités. » Photo : Gracieuseté de Undercurrents
« On avait aussi l’idée de faire l’inverse. Jusqu’à présent, l’intérêt du public n’est pas là. La plupart des francophones d’Ottawa sont assez bilingues qu’ils n’ont pas le désir de voir le spectacle anglophone avec des surtitres en français. »
La région d’Ottawa-Gatineau est également parfaite pour offrir des pièces qui ne se préoccupent pas de s’adresser à un public soit francophone ou anglophone.
C’est le cas de Daddy’s issues, texte de Merlin Simard mettant en vedette Xénia Gould et Sophie-Thérèse Stone-Richards. « On saute vraiment entre le français, l’anglais et le franglais. C’est quelque chose d’unique, que je n’ai pas vu sur scène jusqu’à présent », affirme Alain Richer.
Les artistes nord-ontariens à l’honneur
En sortant de Cochrane d’Alain Lauzon est une pièce chouchou d’Undercurrents, qui suit son évolution depuis trois ans. « Le spectacle a débuté avec nous en 2023, lors d’une résidence de développement, explique Alain Richer. On a été très intéressés dans la voix théâtrale qu’Alain apporte. C’est du théâtre documentaire, mais la façon dont le texte est écrit, tu ne sens pas que tu regardes un documentaire. »
Alain Lauzon, originaire de Moonbeam, raconte sa double histoire de silence familial : les tabous entourant l’accident de sa mère et son propre coming out. Il délie les langues et tente de faire la paix avec cette période de sa vie dans un récit autobiographique.
Trois pièces ont en commun d’être écrites par des artistes franco-ontariens qui s’inspirent de leur propre histoire. C’est le cas de En sortant de Cochrane, d’Alain Lauzon. Photo : Denny Alexander
Le directeur artistique et exécutif d’Undercurrents est heureux de pouvoir présenter une pièce qui prend place dans le Nord de l’Ontario, « qu’on ne voit pas assez souvent à Ottawa, même en anglais. Il y a beaucoup de projets qui nous arrivent de Toronto ou de Montréal, mais c’est rare qu’on a des artistes du Nord de l’Ontario. »
Le Nord ontarien est pourtant bien représenté cette année, avec Alain Lauzon (maintenant établi à Ottawa), Caroline Raynaud (Sudbury) et Stéphanie Morin-Robert, aujourd’hui établie à Winnipeg, mais originaire de Timmins.
Cette dernière propose à Undercurrents deux versions de son spectacle. Il est possible de voir Blind Side ou Angle mort. L’artiste multidisciplinaire avait remporté le prix Coup de cœur de Contact ontarois en 2023.
Stéphanie Morin-Robert brise de nombreux tabous dans Angle mort, où elle raconte sa vie avec un oeil de verre. Photo : Gracieuseté de Undercurrents
En 2025, c’est la Sudburoise Caroline Raynaud qui a remporté le prix Audace Réseau Ontario (le prix Coup de cœur ayant été modifié en 2024 pour offrir un prix Distinction et un prix Audace). Rencontrée par ONFR, la principale intéressée avait raconté les réactions du public.
« Il y a des personnes qui sont venues me voir et m’ont parlé de ce qui les a touchés : la vulnérabilité, la légèreté ou de parler de sujets qui ne sont pas nécessairement faciles à aborder, comme la sexualité, le rapport à son corps. (…) Je pars d’une expérience intime que j’ai transposée dans une autofiction. Là où ça marche, c’est que les gens se sentent touchés et se racontent ensuite leur propre histoire. »
Le Téton tardif avait avant cela été présenté devant public en mode laboratoire, aux Feuilles vives 2024 à Kingston et au Cabaret de la cellule d’écriture du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO), à Sudbury, qui appuie la création du spectacle.
Une dernière proposition en français sera présentée au « mardi nouveautés », une séance de lecture publique de quatre nouveaux textes, le 11 février.
Qu’en est-il du Fringe?
Le festival Fringe d’Ottawa a lui aussi entamé un processus de bilinguisation. Le site web est maintenant bilingue. Les formulaires et informations pour les artistes seront aussi complètement offerts dans les deux langues d’ici la fin de l’année.
Le Fringe 2025 sera la première édition avec une catégorie francophone. Huit spectacles seront présentés en partenariat avec La Nouvelle Scène Gilles Desjardins. Il a toujours été possible de proposer des spectacles en français, mais il fallait gagner à la loterie des inscriptions, que notre candidature soit pigée dans le même bassin que les autres. Cette fois, des places ont été réservées spécifiquement pour des équipes francophones.
« On a eu beaucoup plus d’intérêt qu’on pensait pour la première année. On a hâte de voir ce que ça va donner au mois de juin », se réjouit Alain Richer.
Le téton tardif est coproduit avec le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) de Sudbury. Des étapes de création ont été présentées lors du Cabaret de la cellule d’écriture du TNO, à Feuilles vives 2024 (Kingston) et à Contact ontarois 2025 (Ottawa). Photo : Joel Ducharme
Le Fringe est un concept de festival né à Édimbourg, en Écosse, et connu un peu partout dans le monde. Il présente des spectacles indépendants, parfois écrits directement pour le Fringe, et les propositions peuvent aller dans tous les sens.
Undercurrents propose des spectacles un peu plus établis, qui ont déjà été présentés à un Fringe ou lors d’un laboratoire, par exemple. Mais l’idée reste la même.
« On dit souvent (aux visiteurs du Fringe) de prendre une chance, parce que c’est accessible (…) c’est facile sur le temps et le portefeuille. C’est la même chose avec Undercurrents », qui propose une billetterie accessible, où les gens peuvent choisir de payer 10, 20 ou 50 $, rappelle Alain Richer.
Environ 1200 visiteurs se rendent à Undercurrents chaque année. Le festival en est à sa 15e édition. Une exposition d’art bilingue prend également place à la Cour des arts, coordonnée cette année par Fierté dans la capitale et la Bibliothèque trans d’Ottawa.
La semaine s’annonce riche en événements culturels incontournables pour les amateurs de cinéma, de musique et d’humour francophone! Entre le MyFrenchFilmFestival, qui mettra en lumière le meilleur du cinéma francophone en ligne, et le spectacle Harry Paper de l’humoriste Jérémie Larouche, qui promet une parodie hilarante de la célèbre saga de J.K Rowling, le divertissement sera au rendez-vous. Côté musique, le groupe Moonfruits enchantera le public du MIFO, tandis que Ponteix dévoilera son nouvel album Le Canadien errant lors d’un lancement attendu au Centre national des arts. Enfin, le pianiste Louis Lortie offrira un concert magistral à la Koerner Hall, célébrant son talent et sa virtuosité.
De la comédie à la musique en passant par le cinéma, voici un tour d’horizon des événements à ne pas manquer!
Musique
Louis Lortie au piano à Koerner Hall
Le pianiste renommé connu pour son style raffiné, son intelligence musicale et sa virtuosité est à Toronto cette semaine pour faire vivre le répertoire de Maurice Ravel. Avec plus de trente ans d’expérience à son actif, Louis Lortie s’est forgé une carrière internationale en se produisant avec les plus grands orchestres, notamment le London Symphony Orchestra et l’Orchestre de Paris. Réputé pour son vaste répertoire, il excelle dans l’interprétation des œuvres de Chopin, Beethoven, Ravel et Liszt.
Ses enregistrements, en particulier son intégrale des sonates de Beethoven et ses interprétations de Ravel, sont largement salués par la critique. Installé aujourd’hui en Europe, ce québécois originaire de Montréal partage son temps entre concerts, enregistrements et enseignement.
Le pianiste Louis Lortie. Photo : Elias.Photography
Le duo musical franco-canadien formé par Alex Millaire et Kaitlin Milroy sera au Mouvement d’implication francophone d’Orléans pour une soirée folk où les deux artistes mettront de l’avant leur répertoire anglophone et francophone. Originaire d’Ottawa (MIFO), le groupe se distingue par son folk raffiné avec des harmonies vocales envoûtantes et une instrumentation délicate, Moonfruits tisse des récits poétiques qui explorent des thèmes sociaux, identitaires et imaginaires.
Leur album Ste-Quequepart (2017) propose un univers fictif où se mêlent réalité et fable, illustrant leur approche narrative unique. Engagés et authentiques, ils captivent leur public par des performances intimistes et immersives tandis que leur plus récent album Salt (2022) aborde les thèmes de responsabilité, de famille et de perte.
Alex Millaire et Kaitlin Milroy de Moonfruits. Photo : Curtis Perry.
Ottawa, le 12 février. Programmation et billets sur le site du MIFO.
Humour
Tournée nord-ontarienne du spectacle Harry Paper et la comédie en carton de Jérémie Larouche
Jérémie Larouche est un humoriste québécois connu pour son style décalé et ses spectacles inspirés de la culture geek. Son prochain spectacle, Harry Paper et la parodie en carton, est une comédie où il revisite l’univers de Harry Potter en résumant les sept livres à l’aide de marionnettes en papier. Ce spectacle, destiné à un public de 16 ans et plus, promet une approche humoristique et irrévérencieuse, pleine de références et de clins d’œil à la saga. Il sera présenté à plusieurs dates et lieux cette semaine, notamment à Hearst, Sudbury et North Bay.
La 15ème édition du MyFrenchFilmFestival se poursuit
La 15e édition du MyFrenchFilmFestival se déroule du 17 janvier au 17 février 2025. Ce festival innovant, lancé en 2010, met en avant la nouvelle génération de cinéastes francophones en proposant une sélection de films en ligne, accessibles dans le monde entier via plus de 70 plateformes sur demande (Apple TV, Google Play, YouTube, Amazon Prime Video, etc.) La programmation comprend 18 films français et 2 films belges, réalisés en partenariat avec Wallonie-Bruxelles Images.
Plusieurs prix seront décernés, notamment le Grand Prix du Jury International, doté de 15 000 €, et des récompenses attribuées par le public et des jurys spécialisés. Les courts-métrages sont disponibles gratuitement partout dans le monde, tandis que les longs-métrages sont accessibles à l’achat ou en streaming gratuit dans certaines régions.
Gracieuseté de UniFrance
MyFrenchFilmFestival en ligne du 17 janvier au 17 février. Pour découvrir la sélection complète et voter pour vos films préférés, rendez-vous sur le site officiel du MyFrenchFilmFestival.
Le groupe Fransaskois Ponteix lance son nouvel album Le canadien errant au Centre national des arts
Le groupe fransaskois Ponteix, mené par Mario Lepage, lancera son nouvel album Le Canadien errant le 6 février 2025 au Centre national des arts à Ottawa. Cet album, réalisé en collaboration avec Louis-Jean Cormier, explore la dualité entre les racines de Lepage dans les Prairies canadiennes et son héritage culturel québécois. Parmi les extraits dévoilés, Partir pour revenir, en duo avec Laurence-Anne, illustre cette tension entre départ et retour. Ce nouvel opus promet une fusion captivante de pop psychédélique, d’électronique et de rock indie, portée par des arrangements soignés et des collaborations prestigieuses.
Les années Ford n’ont pas été un long fleuve tranquille en Ontario. Des coupes du Jeudi noir à la guerre tarifaire américaine, en passant par la pandémie, retour sur sept années de remous linguistiques, sanitaires et économiques.
2018 – Le Jeudi noir de l’Ontario français
À peine élu, le premier ministre a marqué bien des esprits en annonçant, au détour d’un énoncé économique, une série de compressions budgétaires (…) Nous sommes le 15 novembre 2018 et les Franco-Ontariens apprennent avec stupeur l’abandon du projet d’Université de l’Ontario français (UOF) et l’abolition du Commissariat aux services en français.
La nouvelle suscite un tollé dans la communauté. Les appels à la résistance débouchent sur une manifestation d’une ampleur exceptionnelle le 1er décembre suivant : 14 000 Franco-Ontariens battent le pavé partout en province au nom de la défense des droits linguistiques.
L’une des manifestations franco-ontariennes à Ottawa, le 1er décembre 2018. Archives ONFR+
Après cette entrée en matière tonitruante destinée à faire des économies, le gouvernement réajustera son approche vis-à-vis des francophones en actant plusieurs progrès au cours des années suivantes, de l’ouverture de l’UOF à la modernisation de la Loi sur les services en français (LSF), en passant par l’autonomisation de l’Université de Hearst, la désignation d’une 27e région sous la LSF ou encore le réchauffement des relations avec l’Organisation internationale de la francophonie.
2019 – Le bras de fer avec les enseignants
Partout en province, les mêmes images : des cortèges multicolores déferlent dans les rues dans le froid de l’hiver 2019-2020. Les enseignants laissent échapper leur ras-le-bol d’abord par des grèves du zèle, puis dans des manifestations massives qui paralysent les écoles. Une première depuis plus de 20 ans. Les raisons de la colère : des négociations collectives qui piétinent et un plafonnement à 1 % de l’augmentation des salaires, issu de la Loi 124 que les syndicats contestent devant la justice.
Les enseignants francophones entrent dans le mouvement en janvier de l’année suivante, puis durcissent le ton en février. Le premier ministre envoie au front son ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, cible quotidienne de l’opposition à Queen’s Park. Dans une entrevue à ONFR, il plaide la désescalade, là où les syndicats critiquent son passage en force.
Face à la pression populaire, il cèdera une partie du terrain et conclura en mars des ententes. La justice, elle, donnera raison aux syndicats en première instance et en appel, rendant nul le gel des salaires.
La dernière grève des enseignants franco-ontariens est survenue en 2020 tout juste avant la pandémie. Archives ONFR
2020 – Les ravages de la pandémie de COVID-19
En mars 2020, COVID-19 oblige, le gouvernement se résout à fermer les écoles et les entreprises. L’état d’urgence est décrété pour limiter la propagation du coronavirus. Comme presque partout sur la planète, l’économie s’en trouve bouleversée. Les hôpitaux aussi. Avec des services d’urgences débordés, on se dote à la hâte d’hôpitaux de campagne. Doug Ford adapte sa politique et investit des milliards de dollars dans le secteur de la santé.
Mais le pire est ailleurs. Frappés par des éclosions à répétition, les foyers de soins de longue durée côtoient la mort. Des milliers de résidents, à commencer par les plus fragiles, ne survivent pas. Le public découvre alors l’état lamentable, à la limite de la dignité humaine, de certains établissements dont on ignorait la réalité. Suffisamment dramatique pour que le fédéral y envoie l’armée.
Au total, la COVID-19 aura été responsable de près de 15 000 morts en Ontario. Une crise face à laquelle la province était mal préparée et qui placera sous le feu de la critique la ministre des Soins de longue durée de l’époque, Merilee Fullerton.
La COVID-19 a mis sous tension les hôpitaux et a fait près de 15 000 morts en Ontario. Photo : Canva
2021 – La crise des opioïdes à son paroxysme
Si la crise des opioïdes est sans fin en Ontario, on peut sans détour affirmer qu’elle a culminé en 2021 avec un tragique record de surdoses, aux environs de 2800 décès cette année-là, dont presque 600 à Toronto. La pandémie a accentué l’isolement et les problèmes de santé mentale, un terreau fertile à la consommation de drogues de synthèse comme le fentanyl.
Pour faire face, le gouvernement met en place des programmes de distribution de Naxalone, médicament qui inverse les effets d’une surdose, et s’appuie sur des centres de consommation supervisée.
Mais trois ans plus tard, voilà que 10 des 19 existant en Ontario se voient condamnés à la fermeture, car ils sont trop proches des écoles. La vérificatrice générale conclura à un manque de planification et à une stratégie provinciale désuète.
Les surdoses liées aux opioïdes ont connu un pic en 2021. Photo : Christopher Katsarov Luna
2022 – Crise du logement : une cible difficile à tenir
Des prix de l’immobilier qui flambent, un marché locatif en extrême tension, des constructions trop timides et des vagues de rénovictions (…) Dans une période d’inflation et de grimpée des taux directeurs, les Ontariens ont été mis à rude épreuve pour se loger et boucler leurs fins de mois.
Confronté à une crise majeure, le gouvernement Ford a promis la construction de 1,5 million de logements au cours des dix prochaines années. Sa logique : augmenter l’offre pour mieux répondre à la demande et ainsi dégonfler les prix.
Cependant, le rythme ne suit pas dès le départ de l’avis des maires ruraux notamment, et le manque de contrôle des loyers est très critiqué par l’opposition. Résultat : un exode vers d’autres provinces plus abordables, malgré des tentatives d’innovation dans un secteur saturé. ONFR y consacrera une série, Au pied du Mur pour en cerner les contours et en faire émerger des solutions.
Doug Ford s’est engagé à construire 1,5 million de logements au cours des dix prochaines années. Photo : Canva
2023 – La saga de la Ceinture de verdure
Autoriser le développement immobilier sur cette immense langue de terre de 2 millions d’acres encerclant le Grand Toronto aura constitué un des gestes les plus controversés du règne de Doug Ford. L’idée de départ se défend en période de crise immobilière : permettre la construction de 50 000 logements en rognant sur 7400 acres.
Le scandale devient incontrôlable, l’opposition dénonce une affaire de corruption et Doug Ford doit faire machine arrière. Le projet est abandonné, un ministre tombe, puis un autre… La Ceinture de verdure est à nouveau protégée, mais reste à connaître les conclusions d’une ultime enquête, celle menée par la Gendarmerie royale du Canada, à la demande de la Police provinciale de l’Ontario.
La Ceinture de verdure a été au coeur d’un scandale qui a entrainé la chute de deux ministres. Photo : Canva
2025 – Crise tarifaire : à la recherche d’un mandat fort
En 2025, une nouvelle crise éclate, économique celle-là. En affirmant qu’il appliquera des tarifs douaniers sur les produits importés du Canada à hauteur de 25 %, le président américain Donald Trump réussit à liguer contre lui les premiers ministres canadiens. Sous le leadership de Doug Ford, ils dénoncent d’une seule voix l’attaque commerciale et réfutent les invitations du locataire de la Maison-Blanche voulant que leurs pays deviennent le 51e État américain.
La crise est suffisamment grave pour que le premier ministre déclenche des élections générales. Ses détracteurs dénoncent une manoeuvre politique. Lui, justifie que la réponse à Trump nécessite un mandat clair des électeurs pour protéger 500 000 emplois à risque dans la province.
Ses premières contre-attaques tombent : fini l’alcool américain dans les LCBO, fini les contrats provinciaux aux entreprises américaines et le contrat Starlink avec Elon Musk… puis sont aussitôt suspendues alors que Donald Trump accorde un sursis d’un mois au pays. Si cette parenthèse ne devait être qu’éphémère, les économistes prédisent de sombres jours pour la croissance ontarienne.
Autoriser les témoins de navigation
En poursuivant votre navigation sur notre site Internet, vous acceptez l’utilisation de fichiers témoins (« cookies »). ONFR fait usage de ceux-ci afin d’améliorer votre expérience, conformément à nos conditions d’utilisation.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.