OTTAWA – Le gouvernement Trudeau s’engage à mettre en vigueur d’ici 2026 l’une des plus importantes dispositions de la Loi sur les langues officielles (LLO) qui touche autant aux pouvoirs du commissaire aux langues officielles qu’au développement des minorités linguistiques.
La présidente du Conseil du Trésor Anita Anand a témoigné devant les sénateurs lundi soir que son ministère travaillait présentement à l’élaboration de règlements visant la partie VII (Partie 7) de la Loi sur les langues officielles et que celle-ci serait en application d’ici « deux à trois ans ». Le gouvernement Trudeau a modernisé avec son projet de loi C-13 en juin dernier la LLO, mais plusieurs aspects de celle-ci restent à être déterminés par réglementations.
La partie VII concerne « l’épanouissement et le développement » des minorités francophones ainsi que la prise de mesures positives par le gouvernement fédéral. Il assure la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles et engage le fédéral à prendre les mesures nécessaires, notamment au niveau monétaire, pour assurer l’égalité entre le français et l’anglais. C’est sous cette portion que sont déterminées les principales obligations linguistiques des ministères et institutions fédérales.
Par exemple, il est question d’assurer un financement aux provinces pour l’éducation francophone, fournir le financement au programme de contestation judiciaire, assurer les services en français dans les provinces, assurer la mise en place de programmes touchant les minorités linguistiques, etc.
En entrevue avec ONFR en septembre, le commissaire aux langues officielles affirmait que cette portion de la loi est « l’une des plus importantes pour le développement de nos communautés ». Elle influencera aussi son travail, car le commissaire pourra enquêter pour savoir si cette portion de la Loi est respectée. Comme elle a été renforcée en juin dernier, cette section de la LLO apportera un plus grand nombre de plaintes auprès de son bureau une fois mis en œuvre, précise Raymond Théberge.
« C’est le règlement à mon avis qui presse le plus. Sans (ce) règlement, il y a beaucoup d’imprécisions dans la Loi. Pour avoir la pleine mise en œuvre de la partie VII, c’est essentiel d’avoir un règlement », pressait-il à l’époque.
Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, presse pour une mise en œuvre rapide de la partie VII. Archives ONFR
Le plus rapidement possible, assure Anand
Il devra prendre son mal en patience, car selon Anita Anand, le cadre autour de la nouvelle version de la partie VII prendra de six à neuf mois à développer, mais la prise de règlements devra attendre 2025-2026.
« C’est deux choses et deux échéances, mais je voudrais dire que nous sommes très dévoués à cette tâche. Je suis en poste seulement d’ici la fin juin et j’ai déjà rencontré mon ministère pour m’assurer qu’ils travaillent sur le cadre et la réglementation, mais aussi pour garantir que nous travaillons aussi rapidement que possible », a assuré la présidente du Conseil du Trésor au comité sénatorial des langues officielles.
Cette dernière explique qu’il faudra près d’un an pour effectuer des consultations et une autre année pour passer à travers un processus impliquant la Chambre des communes et le Sénat. Pour le moment, il n’est pas nécessaire d’ajouter plus de ressources financières pour assurer la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur les langues officielles, selon la ministre Anand.
« Si nous avons besoin de plus d’argent et de ressources pour mettre en œuvre le projet de loi C-13, je vais aller le chercher, mais en ce moment, on a les ressources nécessaires », juge-t-elle.
Cette dernière est contredite par une étude du directeur parlementaire du budget Yves Giroux qui calculait qu’un financement alloué de 16 millions de dollars lors du budget de 2021 « ne devrait pas être suffisant pour couvrir les coûts récurrents découlant du projet de loi C-13 », écrivait-il.
Le Conseil du Trésor lui avait indiqué qu’il utiliserait une partie de ces fonds « pour recommander au gouverneur (le conseil des ministres) en conseil un nouveau règlement sur la partie VII de la Loi sur les langues officielles ».
OTTAWA – La Gendarmerie royale du Canada (GRC) concède que des enjeux opérationnels et de ressources humaines l’empêchent présentement de respecter la Loi sur les langues officielles et ses exigences linguistiques. Un peu plus d’un haut dirigeant sur dix est un unilingue occupant un poste désigné bilingue.
La Loi sur les langues officielles oblige les cadres du corps de police fédérale à être bilingues, mais 12,5 % d’entre eux ne respectent pas les exigences linguistiques. Le pire portrait se situe chez les officiers, soit les cadres dans le corps de police, puisque 60 % d’entre eux satisfont aux exigences, selon les chiffres fournis par le commissaire de la GRC, Mike Duheme.
Type de postes
Proportion des postes respectant les exigences de bilinguisme
Membres de la Fonction publique
91 %
Membres civils
95 %
Policiers et policières
82 %
Total de l’effectif de la GRC
87,5 %
Chiffres fournis par le commissaire Mike Duheme lors de sa comparution au comité des langues officielles.
Le respect des postes ayant des exigences linguistiques est un défi qui remonte à plusieurs années, avance le commissaire de la GRC.
« Lorsqu’on parle de policiers, suivre une formation pour obtenir le niveau de la langue seconde est un défi en soi à cause des demandes opérationnelles », a-t-il témoigné devant les élus en comité parlementaire.
« Ça nous oblige des fois à pourvoir un poste bilingue à quelqu’un qui est unilingue pour répondre au mandat d’assurer la sécurité publique des Canadiens », a-t-il admis.
Dans les dernières années, le bassin de candidats a été réduit, ce qui a un effet sur le bilinguisme, selon lui. « On doit respecter la Loi (sur les langues officielles) mais, dans l’environnement où nous sommes présentement, il y a un écart au niveau de la gestion supérieure et les gens qui rentrent (avec une capacité) au niveau du bilinguisme qui a été créé au fil des ans. »
Des employés unilingues qui sont engagés dans ces postes le sont avec certaines ententes par rapport à l’obtention d’un niveau suffisant en langue seconde, a-t-il ajouté. Ce dernier estime que la prime de bilinguisme ainsi que les aspirations à atteindre un haut niveau au sein de la police montée sont des motivations assez suffisantes pour que les employés se sentent obligés de devenir bilingues.
La GRC travaille présentement à augmenter le nombre de personnes bilingues. Une de ses avenues pourrait être le retour de la formation en français, a indiqué le commissaire Duheme. Le fait que la police fédérale n’exige plus à ses agents d’être disponible à être mobilisés partout à travers le pays pourrait constituer un avantage à augmenter le nombre de candidats bilingues, a-t-il aussi plaidé.
En 2019, la GRC a mis fin à sa formation en français à son école, Division Dépôt, à Regina, en Saskatchewan, misant sur un enseignement bilingue. Le plus grand nombre de membres de la GRC est situé en Colombie-Britannique et en Alberta, ce qui ajoute une couche de difficulté concède le haut dirigeant de la police fédérale.
La GRC avait été convoquée à la suite d’un article de Radio-Canada démontrant que plusieurs hauts responsables ne respectaient pas les exigences linguistiques de leurs postes. Des 10 membres de la haute direction, seuls quatre respectent les exigences en matière de bilinguisme, a mentionné Mike Duheme.
Le scandale SNC-Lavalin s’invite
La comparution du commissaire de la GRC a toutefois été écourtée après que les libéraux et conservateurs aient multiplié les rappels aux règlements pendant plus d’une trentaine de minutes. La cohue a commencé quelques secondes après le début d’une question des conservateurs au sujet d’une enquête de la GRC sur de la possible ingérence politique du gouvernement Trudeau dans la saga de SNC-Lavalin.
La semaine dernière, le Toronto Star révélait que la GRC avait refusé d’aller plus loin dans son enquête criminelle sur les actions du premier ministre Justin Trudeau lors de l’affaire SNC-Lavalin, car elle tentait d’obtenir des documents confidentiels du cabinet.
Le conservateur Larry Brock a toutefois été incapable de poser sa question sur le sujet à plusieurs reprises en raison de blocages répétés des libéraux ainsi qu’en partie du président du comité René Arsenault. Ce dernier considérait que l’objet de la question ne portait pas sur le bilinguisme au sein de la GRC. Le député conservateur s’est alors accroché à une série de questions portant sur le bilinguisme des enquêteurs et des témoins impliqués dans l’investigation sur SNC-Lavalin.
RICHMOND HILL – Port-au-Prince, Montréal, Toronto, Cornwall… Marlène Thélusma Rémy a fait plusieurs escales dans son périple universitaire qui l’a éloignée de son Haïti natal, perclu de secousses naturelles, sécuritaires et politiques qui déchirent sa population. L’implication communautaire de cette bénévole lui a valu ce samedi le Prix Florent-Lalonde remis au congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.
« Que représente ce prix Florent-Lalonde qui récompense vos efforts pour la francophonie?
J’en suis honorée. C’est un prix que j’accepte avec beaucoup d’humilité. Ça me fait chaud au cœur car je suis très impliquée dans la collectivité francophone depuis que je suis arrivée au Canada. Que ce soit à Montréal, puis à Toronto, Hamilton et maintenant Cornwall, le français m’a toujours tenu à cœur.
Vous vous investissez notamment dans la francophonie plurielle à travers la Coalition des Noirs francophones de l’Ontario (CNFO). Pourquoi ce choix?
J’en suis la scerétaire générale. Je trouve que la CNFO est un vecteur intéressant pour atteindre et faire une percée dans la communauté noire francophone hors Québec. Porter la voix de ces minorités passe par la motivation, la sensibilisation et une certaine prise de conscience, un éveil, des francophones noirs. On veut les inciter à prendre leur place. La Coalition a le potentiel de polariser cet élan. Beaucoup d’immigrants francophones d’ascendance africaine choisissent à leur arrivée en Ontario de vivre en anglais. Un de nos objectifs est de les aider à s’accrocher à la langue française.
Vous portez en partie votre attention sur la communauté haïtienne, très présente en Ontario. Avez-vous gardé des attaches avec votre pays d’origine? Comment soutenez-vous vos proches sur place dans le chaos sécuritaire actuel?
J’ai encore de la parenté en Haïti, dont un frère et ma plus jeune sœur. Grâce à Dieu, ils sont épargnés et peuvent vivre en sécurité, même si personne n’est vraiment à l’abri. C’est la foi qui nous permet de continuer à vivre. Mon mari et moi soutenons notre famille mais aussi d’autres personnes qui vivent en Haïti, par des transferts d’argent ou des containers de biens alimentaires.
Marlène Thélusma Rémy a reçu ce samedi le prix Florent-Lalonde remis par l’AFO à Richmond Hill. Crédit image : Inès Rebei
Que vous inspire l’arrivée prochaine de policiers kenyans pour lutter contre la violence des gangs sur l’île, une mission soutenue par l’ONU ?
C’est un petit pas qui entretient l’espoir d’un changement, mais en même temps, si on veut vraiment sortir par le haut, ça va prendre une prise de conscience de l’intérieur, une volonté farouche des Haïtiens de s’unir ensemble pour réussir, incluant la diaspora. C’est une situation si compliquée qu’elle requiert une unité nationale et internationale pour relever ce pays, le faire sortir du marasme et le mettre en position de s’autosuffire. Haïti revivra!
Haïti célèbrera 220 ans d’indépendance en janvier prochain…
En dépit de tout ce qui se passe en ce moment, ce 220e anniversaire est un accomplissement. C’est la première république noire de l’histoire et le premier pays d’Amérique latine à avoir réclamé son indépendance. Je suis fière de mes origines. Haïti a connu tellement d’épisodes de discrimination et d’exclusion vis-à-vis des autres nations! Si ce pays avait été considéré au même niveau que les autres pays francophones depuis son indépendance, il serait bien plus loin dans son développement qu’il ne l’est aujourd’hui.
Vous êtes également autrice. L’un de vos ouvrages s’intitule Contribution de la femme haïtienne à la construction et à la survie de son pays. Pourquoi croyez-vous aussi fermement au rôle de la femme en tant qu’actrice du changement dans la société haïtienne?
Quand j’étais petite, je voyais ma grand-mère, mes tantes et ma mère contribuer à la survie de la famille. Plus tard, quand j’ai étudié à l’Université, je me suis rendu compte que l’histoire ne nous parlait pas de l’apport de ces femmes et de leur rôle dans la lutte pour l’indépendance. Aujourd’hui encore, elles portent sur leurs épaules une grande partie de la survie économique d’Haïti. À travers ce livre qui explore les luttes menées par les femmes haïtiennes sur les champs de bataille comme au foyer, j’ai voulu que l’on reconnaisse leur statut d’héroïne dans l’indépendance du pays mais aussi dans le quotidien.
Mme Thélusma Rémy a entre autres siégé à l’Union des femmes pour le développement en Haïti, au Comité consultatif pour les services en français du ministre de la Santé et des soins de longue durée de l’Ontario et au Centre Francophone du Grand Toronto. Crédit image : TFO
Vous avez enseigné les sciences sociales, la sociologie et la psychologie durant plus de 20 ans au Collège Boréal à Toronto. Que retenez-vous de cette expérience?
J’ai beaucoup aimé le fait d’être en mesure de transmettre mes savoirs. Ça a été une merveilleuse expérience, à tel point que je n’arrive plus à quitter complètement le collège. Même si j’ai pris ma retraite, je continue encore à apporter mon expertise au campus de Toronto dans le développement de programmes et j’ai gardé de très bonnes relations, y compris au sein des étudiants que je vois évoluer dans la vie active. Il n’y a rien que le collège fait sans que quelqu’un me tienne au courant (Rires).
Vous êtes la fondatrice de Kay Créole d’entraide et de services professionnels. Quelle est la mission de cette structure?
C’est un organisme à but non lucratif que mon mari et moi avons créé à Montréal, quand nous sommes arrivés au Canada. On voulait travailler avec les familles chrétiennes pour faciliter leur épanouissement, nous assurer de l’unité familiale et prévenir la délinquance juvénile. Par la suite, quand on a quitté Montréal pour Toronto, j’ai créé une branche de cet organisme qui s’est entourée de partenaires. Kay Créole est aujourd’hui présent à Toronto mais aussi Cornwall et London entre autres.
Mme Thélusma a noué de nombreux contacts pour soutenir les nouveaux arrivants en Ontario. Gracieuseté
Les Haitiens qui fuient leur pays, empruntent majoritairement la route des États-Unis pour venir au Canada. Comment avez-vous vécu la crise du chemin Roxham en début d’année et le transfert de demandeurs d’asile vers l’Ontario?
Ça a été toute une épreuve pour de nombreux migrants et nous tous. La plupart des Haïtiens empruntaient ce passage. Certains ont été accueillis à Cornwall, d’autres à Niagara Falls. Kay Créole a collaboré avec les organisations locales comme SOFIFRAN à Welland qui font un travail d’inclusion et d’intégration extraordinaires.
Pourquoi avoir choisi le Canada et Montréal comme terre d’accueil en 1990?
Ce qui nous a poussés à franchir le pas, c’est quand mon mari a été persécuté par les militaires durant le coup d’État qui s’est produit à cette époque. On est parti au Canada, tandis que nos enfants étudiaient aux États-Unis. Quand nous nous sommes établis à Montréal, nous étions déjà « alignés » avec le Canada car j’y venais régulièrement pour donner des conférences et participer à des séminaires dans le cadre de mes recherches en psychologie, dans les années 1980. Je m’y suis facilement intégrée, surtout en aidant des organismes à but non lucratif oeuvrant pour les femmes, et j’ai continué des études universitaires dans cette ville.
Vos recherches universitaires vous ont ensuite menée à Toronto…
Je suis membre de l’équipe de recherche bilingue de l’Université métropolitaine de Toronto (ex-Ryerson) dirigée par la Dre Margareth Santos Zanchetta. Elle a établi une collaboration avec moi au niveau d’un programme délivré au Collège Boréal. On a jumelé ses étudiants de sciences infirmières à mes étudiants en travail social. On a aussi publié des revues. Je l’ai introduite à ma communauté pour faire des recherches et encadrer ces personnes marginalisées pour les aider à intégrer la collectivité francophone.
En 2018, à l’International Conference of Research World-Academicsera, Mme Thélusma Rémy a présenté une étude comparative menée en Haïti entre les phénomènes religieux. Gracieuseté
Vous aimez chanter du gospel depuis toujours. Que représente cette musique pour vous?
Oui et je chante encore! J’ai beaucoup de pièces écrites que je n’ai pas encore publiées. Je travaille actuellement sur l’une d’entre elles que j’ai écrite en 1989 lorsque j’ai découvert l’ampleur du sans-abrisme aux États-Unis, au Canada et en France, des pays riches que j’imaginais sans pauvreté quand j’étais jeune, avec mon regard haïtien. Le gospel, c’est plus qu’un genre musical, ça fait partie d’Haïti, de ses racines, de sa foi.
Vous êtes aussi très attachée au créole. Comment imaginez-vous l’avenir de cette langue parlée par 12 millions de personnes dans le monde et qui cohabite dans les Caraïbes avec les influences de l’anglais, de l’espagnol et du français?
Son avenir est assuré selon moi. Depuis que ce patois est devenu une langue officielle (en 1987, à côté du français) et une langue écrite avec sa grammaire, son lexique, son dictionnaire… il a pris une réelle envergure, un ancrage qui lui assure un avenir, même au-delà des frontières haïtiennes et caribéennes. Dans plusieurs villes américaines, le créole cohabite avec l’anglais et l’espagnol! »
Marlène Thélusma Rémy vit aujourd’hui à Cornwall, dans l’Est ontarien. Gracieuseté
LES DATES-CLÉS DE MARLÈNE THÉLUSMA RÉMY :
1952 : Naissance aux Cayes (Haïti)
1990 : Quitte Haïti et immigre à Montréal
2000 : Emménage à Toronto et devient professeure au Collège Boréal
2007 : Crée l’organisme Kay Créole d’entraide et de services professionnels
2008 : Publie Contribution de la femme haïtienne à la construction et la survie de son pays (L’Harmattan)
2023 : Reçoit le prix Florent-Lalonde de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
RICHMOND-HILL – Durant le congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) qui se déroule jusqu’au 29 octobre, un panel sur le vieillissement a apporté des pistes de réflexion sur la situation des seniors francophones. L’une d’entre elles étant de s’inspirer du modèle de l’éducation francophone en l’appliquant aux systèmes de soins pour les personnes âgées.
En Ontario, « 31 % des francophones ont 50 ans et plus », a expliqué Jean Bouchard lors de ce panel, vendredi. Les nombreux baby-boomers qui arrivent et arriveront prochainement à la retraite veulent planifier leur vieillissement.
« Il y a deux choses dont nous sommes certains dans la vie, ce sont les taxes et la mort », a plaisanté celui qui est derrière l’initiative du projet de la Communauté du Trille blanc (CTB), un village multigénérationnel et francophone dans la région du Grand Toronto.
À ses côtés, Diane Quintas, directrice générale du Réseau mieux-être francophone du Nord, Sean Keays, directeur du Foyer Richelieu Welland et Michel Tremblay, directeur général de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO) ont débattu longuement.
Au cours de ces échanges modérés par la journaliste d’ONFR Rachel Crustin, Michel Tremblay a proposé de s’inspirer de la gestion des écoles francophones et de l’appliquer à un système de soins pour les personnes âgées. « En 1998, nous avons réussi à avoir nos conseils scolaires et notre gestion, pourquoi ne pas faire pareil? », a-t-il suggéré.
Il faut un village pour élever un enfant… et pour les vieux aussi
« Aidons nos aînés, nos villages doivent s’impliquer », est convaincu M. Bouchard.
La question des soins de santé au domicile a certainement été le sujet le plus clivant de ce panel. Les quatre intervenants ont décortiqué le problème pour aboutir à une conclusion commune : il existe des solutions pour attirer des soignants à domicile, notamment l’immigration, la formation et la valorisation du métier.
Jean Bouchard, président du conseil d’administration de la Communauté du trille blanc. Crédit image : Lila Mouch
Tous favorables aux soins à domicile, les panélistes ont tout de même souligné quelques critères et pointé ce qui ne fonctionne pas.
« Dans une situation de vulnérabilité, nous ne ferons pas entrer un étranger chez nous », a fait remarquer M. Bouchard. « Qui plus est, en anglais », a renchéri Diane Quintas. « Les soins de services à la maison sont inégaux partout en Ontario », a souligné par ailleurs M. Tremblay.
« Ottawa et l’Est de l’Ontario sont quand même plus développés, mais ailleurs, on peut avoir une infirmière francophone à domicile et le lendemain une anglophone. Le système est complexe », a contextualisé le représentant de la FARFO.
Diane Quintas, directrice générale du Réseau mieux-être francophone du Nord, et Michel Tremblay, directeur général de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO). Crédit image : Inès Rebei
De plus, M. Tremblay a rappelé que les infirmières à domicile faisaient partie du personnel soignant le moins bien payé. « Les gens qui vont aux domiciles, on ne leur paie pas le temps entre deux clients. C’est aussi une réalité. Les services à domicile devraient être aussi valorisés que les services hospitaliers. »
Le foyer de soins de longue durée francophone : une denrée rare
« Si chaque francophone s’asseyait avec une personne âgée, on pourrait voir le soleil se dégager dans leurs yeux », a affirmé M. Bouchard
Le constat qui est fait en 2023 est sans appel : les personnes âgées ont particulièrement subi durant la pandémie. Ce n’est pas un secret, mais pour les panélistes des pistes de solutions peuvent être trouvées en regardant ce qui s’est passé.
D’abord, Michel Tremblay a fait remarquer qu’aujourd’hui nous avons pleine conscience de l’impact de la COVID-19 sur la population âgée. Pour le directeur de l’organisme, l’isolement dans les foyers francophones et doublement pour les francophones dans un foyer anglophone ont créé un traumatisme.
De nombreuses personnes âgées ne veulent tous simplement pas finir dans un foyer de soins. Pourtant, les foyers de longue durée sont très souvent la seule réponse aux besoins. Diane Quintas, a expliqué à ce titre que dans les régions rurales, les choix n’étaient sont pas si faciles. « Tu ne peux pas demander un service en français quand ça n’existe pas. Dans le Nord, il faut que l’on considère les distances. »
Sean Keays, directeur du Foyer Richelieu Welland, le seul foyer de soins de longue durée bilingue du sud de l’Ontario. Crédit image : Lila Mouch
En effet, dans le Nord, pour trouver un foyer en français, il faut parfois parcourir 300 kilomètres. D’après Sean Keays, il faudrait penser à des formules dans les municipalités désignées sous la Loi sur les services en français. Il prend d’ailleurs l’exemple de Bendale Acres à Toronto qui possède un pavillon francophone. « Si chaque municipalité désignée décidait de faire cela, je suis persuadé que cela aiderait profondément le système. »
Durant ce panel, les quatre experts ont appuyé l’importance d’une collaboration étroite avec les gouvernements, devant le public qui comptait dans ses rangs la députée de Mississauga-Centre, Natalia Kusendova. L’adjointe parlementaire à la ministre des Affaires francophones a d’ailleurs affirmé à l’issue de l’événement qu’elle avait pris bonne note de plusieurs pistes à suggérer à son gouvernement.
« Je suis impliquée dans ces dossiers. Étant infirmière, je peux attester que tous ces défis sont réels et encore plus en français », a-t-elle dit au micro d’ONFR. « Je crois qu’il faut appuyer toutes les bonnes pratiques et les nouveaux projets auprès de nos gouvernements », a-t-elle assuré.
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, la blogueuse et activiste du Nord de l’Ontario, Isabelle Bougeault-Tassé.
Je suis l’héritière d’arrière-arrière-grands-oncles canadiens-français du Québec qui auraient peut-être prêté main-forte à Louis Riel et la Nation métisse lors de leur résistance dans l’Ouest canadien au 19e siècle. Qu’ils aient réellement osé prendre les armes pour Louis Riel ou qu’ils aient simplement rêvé de le faire, cette légende d’ancêtres revendicateurs m’inspire.
Mes ancêtres se seraient « battus pour Louis Riel », racontait autrefois mon grand-père, Eugène Bourgeault. Canadien français et Franco-Ontarien, il allait partager cette légende avec sa fille et ma mère.
Louis Riel, père du Manitoba et grand leader politique des Métis. L’homme qui recevra bientôt le titre honorifique de premier ministre du Manitoba, un geste qui fera de lui le premier dirigeant de l’histoire de la province.
Un leader politique qui, au Canada anglais, avait été reconnu coupable de trahison après avoir mené la résistance de la rivière Rouge au Manitoba (1869-1870) et du Nord-Ouest en Saskatchewan et en Alberta (1885). Et que l’on reconnaissait, au Canada français, comme un « frère » franco, un patriote et combattant pour les droits des minorités, plus particulièrement des Métis. Un homme qui allait nourrir la lutte de toutes communautés en quête d’équité.
Un homme à la source d’une humble légende familiale canadienne-française.
« Notre frère Louis Riel est mort »
Louis Riel sera « pendu même si tous les chiens du Québec aboient en sa faveur », aurait possiblement dit le premier ministre canadien John A. Macdonald.
Louis Riel allait synthétiser « la tragédie politique des Métis », comme l’explique Jean-François Nadeau dans le journal Le Devoir. « Les conséquences de leur défaite militaire et de l’exécution de leur principal chef au 19e siècle se sont fait sentir durement jusqu’à ce jour. »
Les Métis seraient profondément stigmatisés par les événements de 1885 – que ce soit par l’exil, la dépossession de la terre, la violence des pensionnats autochtones, ou par la marginalisation culturelle, politique, économique et sociale.
En la personne de Louis Riel, le Canada français se reconnaît. À Montréal, par exemple, 50 000 manifestants descendent dans les rues quelques jours après son exécution, bouleversés par le tragique sort du leader métis.
Lorsque la nouvelle est confirmée, « colère et amertume gagnent le Québec. Il est évident aux yeux de la population que Riel a été pendu parce qu’il est Canadien français », écrit l’historien et l’archiviste Pierre Rousseau.
« Riel, notre frère, est mort, victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime du fanatisme et de la trahison, du fanatisme de Sir John et de quelques-uns de ses amis », lance le politicien Honoré Mercier qui, deux ans plus tard, devenait premier ministre du Québec.
« En tuant Riel », poursuit-il, « Sir John n’a pas seulement frappé notre race au cœur, mais il a surtout frappé la cause de la justice et de l’humanité qui, représentée dans toutes les langues et sanctifiée par toutes le croyances religieuses, demandait grâce pour le prisonnier de Regina, notre pauvre frère du Nord-Ouest ».
Les « chiens du Québec » avaient aboyé.
Vérité et réconciliation
Et ces arrière-grands-oncles, s’étaient-ils véritablement impliqués dans la lutte de Louis Riel et de la nation métisse? Pourquoi, comme Canadiens français du Québec, se seraient-ils impliqués? Où auraient-ils pris les armes? Au Manitoba? En Saskatchewan? En Alberta?
Cette extraordinaire épopée historique n’a laissé aucune trace matérielle. Effacées par le temps, peut-être, ou, plus vraisemblablement, le fruit de ces Bourgeault fabulistes, des raconteux peut-être épris de solidarité franco pour les Métis et qui, s’il avaient pu, aurait peut-être effectivement pris les armes pour les soutenir. Si le récit a persisté chez les Bourgeault depuis 1885, c’est qu’il comptait peut-être beaucoup pour eux.
« Les principes et les droits pour lesquels l’extraordinaire Louis Riel s’est battu et est mort sont plus importants que jamais », soulignait l’an dernier Salma Lakhani, la lieutenante-gouverneure et la représentante de la Couronne en Alberta.
Oui.
En cette ère de vérité et de réconciliation, il m’importe de faire revivre mes arrière-grands-oncles, des hommes qui inspirent en moi la promesse d’un engagement générationnel envers les legs de Louis Riel, des Métis, des Premières Nations et des Inuits partout sur cette terre d’accueil. Ces hommes nourrissent prise de conscience et prise de parole. Afin que je devienne moi aussi « un chien aboyeur ».
Qu’ils aient réellement osé prendre les armes pour Louis Riel, ou qu’ils aient simplement rêvé de le faire, cette légende d’arrière-grands-oncles revendicateurs m’inspire. Elle assure l’immortalité de Louis Riel au Canada franco comme ailleurs au pays. Et surtout, elle confronte les legs coloniaux de ce vaste pays de neige.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR+ et du Groupe Média TFO.
OTTAWA – La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) demande l’intervention de Justin Trudeau concernant la cible en immigration francophone, à quelques jours de l’annonce des nouveaux seuils de nouveaux arrivants au pays.
Le ministre de l’Immigration, Marc Miller, doit annoncer dans les prochains jours le nouvel objectif en matière de nouveaux arrivants francophones, actuellement à 4,4 %, un chiffre qui n’a été atteint qu’une seule fois depuis 2001. Ce dernier a laissé entendre dans les dernières semaines qu’une cible de 6 % serait le choix de son gouvernement et qu’elle pourrait éventuellement augmenter au cours des années.
La FCFA demande dès 2024, un objectif de 12 % avant d’augmenter à 20 % en 2036, alors que le ministre Miller suggère d’augmenter à 12 % seulement dans quelques années.
« 6 %, c’est inacceptable. Ce n’est pas assez pour freiner le déclin du français », s’inquiète sa présidente Liane Roy.
En juin dernier, le Parlement a adopté une nouvelle version de la Loi sur les langues officielles, qui oblige le gouvernement à établir une cible visant à rétablir le poids démographique des francophones hors du Québec à 6,1 %, alors que c’est actuellement à 3,6 %. Or, cette portion de la Loi entrera en vigeur une fois qu’elle sera adoptée par décret par le ministre Miller, un fait qu’il ignorait lui-même avait-il admis en comité parlementaire. Mais il doit y avoir une convergence entre l’esprit de la Loi et la décision que prendra le gouvernement Trudeau en immigration francophone, presse la présidente de la FCFA.
« Il n’y a pas de convergence entre les deux en ce moment, la main gauche ne sait pas ce que la main droite fait », illustre-t-elle. « 6 %, ça ne va pas avec l’esprit du rétablissement du poids démographique qui est dans la Loi. C’est pour ça qu’on voudrait le leadership du premier ministre. »
Le cabinet Trudeau tient présentement des réunions dans le but d’identifier les seuls immigrants du Canada, notamment ses cibles reliées à l’immigration comme pour les francophones ou encore les réfugiés. Une annonce est prévue en principe le 1er novembre.
« La décision n’est pas encore entièrement arrêtée. Il y a des discussions au plus haut niveau qui se poursuivent », a commenté le ministre Miller vendredi matin en conférence de presse.
Étudiants internationaux : de nouvelles mesures pour freiner la fraude
Au moment où la FCFA effectuait sa sortie, Marc Miller annonçait de nouvelles mesures pour contrer la fraude affectant les étudiants internationaux. Plus tôt cette année, plusieurs étudiants internationaux, notamment de l’Inde, sont venus au Canada pour étudier avec une fausse lettre d’acceptation de leur établissement postsecondaire, laissant une centaine d’entre eux au Canada avec un permis d’étude invalide.
Dès le 1er décembre, les établissements postsecondaires devront faire approuver la lettre d’acceptation de chaque demandeur (étudiant) directement auprès d’Immigration Canada. Les institutions se verront imposer un cadre en fonction de leurs normes de services aux étudiants étrangers comme l’offre de logement ou encore les services en santé mentale. Ceux qui auront des normes plus élevées verront le traitement de leur demande de permis d’études être traité plus rapidement.
Estelle Chen, présidente et cofondatrice de la French Tech Toronto, spécialiste des technologies et innovations dans le milieu bancaire pour la Banque TD. Cette pianiste concertiste depuis l’âge de 12 ans est également membre du conseil d’administration de l’Alliance française de Toronto qui promeut la francophonie.
LE CONTEXTE :
La French Tech, qui fête ses 10 ans, est un mouvement français qui représente plus de 140 communautés dans 67 pays à travers le monde et qui regroupe désormais plus de 20 000 startups et compte parmi les 10 organisations les plus influentes dans le domaine de l’innovation.
L’ENJEU :
Depuis la création en 2020 de l’entité ontarienne French Tech Toronto, faire rayonner les relations économiques entre la France et l’Ontario pour les francophones et francophiles du monde de la technologie et de l’innovation.
« Est-ce que la French Tech Toronto s’attache au bassin ontarien?
Oui, en effet, nous faisons vraiment la promotion de l’Ontario avec un réseau de francophones et francophiles. Il a déjà des liens très étroits entre le Québec et la France et il existe une French Tech Montréal, les deux entités au Canada, sur 14 en tout en Amérique du Nord.
Le mouvement French Tech fête ses 10 ans. Quel est son rayonnement international?
Lancé en 2013 par Fleur Pellerin, ancienne ministre française, l’objectif était de promouvoir les compagnies innovantes de la France et de se positionner comme « start-up nation ». Les efforts engagés en ce sens ont ainsi contribué à hisser la France en tête des pays ayant la plus forte politique d’investissement direct à l’étranger en 2022, et à lever 13,5 milliards d’euros.
La French Tech, qui compte désormais 140 communautés dans 67 pays à travers le monde et qui regroupe désormais plus de 20 000 startups, est le deuxième mouvement Tech en Europe et dans le top 10 mondial.
Parmi les programmes d’accompagnement annuels, les Next 40 et les Next 120, dédiés aux 40 et aux 120 start-ups françaises les plus performantes en capacité de devenir leaders de rang international, permettent un soutien d’un an en lien avec leurs enjeux et le développement en France et à l’international.
La French Tech Visa permet également une procédure de visa simplifiée, dédiée à l’écosystème Tech français, facilitant l’installation en France des talents internationaux du secteur de la Tech : salariés, fondateurs ou investisseurs.
Quand et comment la French Tech est-elle née à Toronto?
En 2020, neuf autres membres et moi-même nous sommes demandés pourquoi Toronto n’était pas sur la map alors que s’y concentrent tous les sièges sociaux et les banques et que des villes majeures comme Miami, San Francisco, New York, Austin et même Montréal pour le Canada étaient représentées.
Cette même année, nous nous sommes donc lancés. Il s’agit d’un organisme à but non lucratif, financé à hauteur de 30 % par le ministre de la Finance en France, pour nos événements annuels notamment, le reste étant financé par des fonds privés. Cela nous permet de faire connaitre le travail du mouvement French Tech, tout en travaillant en étroite collaboration avec l’Ambassade de France, le Consulat de France, la Chambre de commerce du Canada et Business France.
En 2022, à l’échelle canadienne, la France est devenue le pays européen le plus présent en Ontario avec 135 000 emplois et 842 sociétés implantées et opérant localement.
Combien de membres actifs la French Tech Toronto compte-t-elle?
Nous sommes une belle communauté de passionnés, tous bénévoles, comptant 10 membres actifs du conseil d’administration : moi-même, la présidente, le trésorier et cofondateur Benjamin Cohen, la VP ESG Coline Roux, le VP financement Ludovic André, le secrétaire général et VP Talents Marc Lijour, le VP international et cofondateur Njara Zafimehy ainsi que Damien Véran, Estelle Azemard, Frédéric Grelot et Hortense Fanouillaire, tous professionnels du milieu de la technologie.
Vous organisez des sommets annuels sur ces thèmes. Combien de personnes rassemblent-ils?
En juin 2022, nous avons réuni 360 personnes à l’AGO (Musée des beaux-arts de l’Ontario) de Toronto, dont 40 % de femmes, la parité étant très importante pour nous. Le 18 mai dernier, nous avons réuni au ROM (Musée royal de l’Ontario) le plus grand musée canadien, 520 personnes.
Ce mardi, lors de notre événement anniversaire des 10 ans du haut de la CN Tower, nous avons annoncé que notre sommet annuel, le French Tech Toronto Summit, le plus gros sommet français organisé sur le territoire canadien, se tiendra le 28 mai 2024 au château de Toronto Casa Loma, privatisé pour l’occasion pour 600 personnes, dont 50 % de femmes présentes.
Parlez-nous également de vos projets organisés tout au long de l’année…
Mon rôle en tant que présidente est vraiment d’assurer les levers de fonds, la gouvernance et les successions. Nous guidons également les investissements étrangers qui souhaitent s’installer en Europe vers la France. Mais durant l’année, pour garder notre communauté active, nous organisons des meet-ups qui rassemblent jusqu’à 70 personnes à la fois, avec une dimension sociale de rencontre et d’échanges et un volet éducatif. Nous avons également une série qui met en avant des entrepreneurs francophones et français.
Quels sont vos objectifs pour les prochaines années?
Le 8 mars dernier, Journée internationale des droits des femmes, nous avons lancé le réseau ABEONA (la déesse grecque du voyage) network, pour les femmes entrepreneurs dans la Tech. Nous avons lancé un événement en quadruplex : Toronto, Montréal, Vancouver et Paris, à travers des visioconférences.
Cela s’est accompagné du lancement d’un rapport d’une centaine de pages, travail de recherches de six mois, avec 30 organisations à travers la France et le Canada qui ont des programmes soutenant les femmes en affaires et technologie. Nous avons rédigé des recommandations pour soutenir les femmes dans ces milieux, pour faire avancer la parité.
Nous voulons organiser un évènement similaire le 8 mars prochain au Toronto Region Board of Trade avec un panel sur la mise en place d’actions concrètes pour la suite. »
Lors du lancement de Abeona Network le 8 mars 2023 au Toronto Region Board of Trade. Gracieuseté
TEMISKAMING SHORES – Le projet d’expansion de la seule usine de raffinerie de cobalt en Amérique du Nord aurait besoin de 60 millions de dollars pour terminer la construction. L’entreprise ontarienne Electra Battery Materials souhaite obtenir du financement auprès des deux paliers gouvernementaux et des acteurs de l’industrie afin de mener à terme le projet qui pourrait engendrer de gros revenus pour la région.
La veille de son assemblée annuelle des actionnaires qui s’est tenue cette semaine, l’entreprise basée à Toronto a fait paraître un communiqué dans lequel on pouvait lire qu’« il reste encore beaucoup à faire pour compléter et mettre en service l’usine d’extraction de solvants et le circuit de cristallisation ».
Depuis juin 2021, Electra rénove et agrandit une raffinerie existante située en périphérie Temiskaming Shores, pour en faire une usine de sulfate de cobalt. Une fois les travaux complétés, la raffinerie aura la capacité de produire 6500 tonnes de sulfates par an et suffisamment de cobalt pour alimenter 1,5 million de véhicules électriques par année.
« Le complexe de raffinerie d’Electra pourrait être le premier en Amérique du Nord à intégrer la production de minéraux critiques, y compris le cobalt et le sulfate de nickel, nécessaire pour la chaîne d’approvisionnement en batteries de véhicules électriques », affirme le président et directeur général (PDG), Trent Mell.
En février dernier, l’entreprise a annoncé avoir réussi son premier recyclage de masse noire à grande échelle en Amérique du Nord. Crédit image : Electra Battery
L’entreprise a annoncé qu’il manquerait un montant supplémentaire de 55,7 à 62 millions de dollars américains est nécessaire pour terminer la construction. L’usine pourrait continuer d’ici là son processus de recyclage de batteries, environ une tonne par jour y est produite en ce moment.
Le Montréalais d’origine, explique que le projet ayant commencé au moment de la pandémie de, le contexte n’était pas favorable.
« On a souffert la même pression que tout le monde, l’inflation, ce qui a causé une pause dans notre projet », confie-t-il.
Une somme de 60 millions de dollars américains a déjà été investie dans le projet depuis le début des travaux.
Ottawa veut rendre la vente de véhicules électriques obligatoire dès 2026 et la fin des véhicules à essence en 2035. Source : Canva
Plus de fonds pour le Sud?
Le ministère des richesses naturelles et des forêts de l’Ontario s’est engagé à fournir 5 millions de dollars via la Société de gestion du Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario, mais la somme reste insuffisante pour terminer le projet selon le chef d’entreprise francophone.
M. Mell indique avoir plus d’espoir en une généreuse contribution fédérale. Ce dernier dit avoir déposé une demande pour du financement dans le cadre du Fonds stratégique pour l’innovation du gouvernement fédéral, mais qu’il est encore trop tôt dans le processus pour savoir la somme qui pourrait en résulter.
Le député provincial de Timiskaming-Cochrane et leader parlementaire de l’opposition officielle, John Vanthof, se dit étonné de ne pas voir plus d’argent posé sur la table par Toronto.
« On a beaucoup entendu que le Nord jouerait un rôle important dans la révolution électrique et cette usine serait qualifiée pour ça », explique-t-il en entrevue avec ONFR.
Il cite l’exemple de l’annonce en avril dernier d’un financement de 500 millions de dollars de la part du gouvernement Ford et de 700 millions de dollars de la part d’Ottawa dans le projet de construction d’une usine de batteries pour véhicules électriques de Volkswagen à St.Thomas, dans le sud-ouest de la province.
Le député John Vanthof souhaite voir Toronto plus généreux dans son enveloppe. Archives ONFR
« C’est correct, on a voté pour ça, mais on se demande pourquoi le gouvernement ne souhaite pas autant s’impliquer dans l’autre dossier », ajoute-t-il.
Selon le néo-démocrate, il faudrait chercher des fonds ailleurs que dans le gouvernement dans le secteur privé, une piste étudiée par le PDG d’Electra qui a un contrat avec le géant coréen de la fabrication de batteries pour véhicules électriques, LG Energy Solution, pour la production de 1000 tonnes de sulfates de cobalts pour 2024.
« On va tenter de tirer un investissement avec le prochain contrat pour tenter d’avancer nos plans, espère-t-il. Il faut investir dans les entreprises canadiennes, c’est un dossier qui peut durer 100 ans et donc être un bon investissement. »
Des mises à pied
Le manque de financement a eu des conséquences sur le nombre d’employés, de 40 en avril, ils sont maintenant 9 à travailler dans la production de l’usine.
« On a dû couper des postes à la raffinerie jusqu’à ce qu’on puisse reprendre la construction », lance Trent Mell en indiquant qu’il est optimiste sur la possibilité de récupérer les travailleurs concernés par ces compressions. Le président francophone dit être en contact étroit avec des acteurs financiers privés.
« Nous sommes encouragés par les développements récents sur une solution de financement plus large pour terminer la construction et la mise en service de la raffinerie, déclare-t-il. Il y a beaucoup d’argent disponible aux États-Unis. »
John Vanthof est plus pessimiste et pense que l’usine pourrait rapporter à la région, mais son ouverture lui semble de plus en plus lointaine.
« Nous étions tous très impatients à l’idée de l’ouverture de cette usine, mais ça fait plusieurs fois qu’on est déçus », se désole-t-il.
Le cobalt transformé par Electra d’ici 2025 provient de la République démocratique du Congo. Crédit image : Electra Battery
De son côté, le maire de Temiskaming Shores, Jeff Laferriere, dit que les centaines d’employés qui pourraient travailler à l’usine pourront générer des revenus. Bien qu’ils ne soient pas très nombreux, les séjours des contractuels et responsables de l’entreprise contribuent au développement de la ville.
« N’importe quel investissement est un bon investissement que ce soit dans la ville ou aux alentours », avance-t-il.
Concernant l’avancée de l’expansion, l’ingénierie est prête à 99 % tandis que l’achat de matériel est à 90 %. Il reste 12 mois de construction pour lesquels 120 employés seront nécessaires.
ONFR a tenté de contacter le ministère des richesses naturelles et des forêts de l’Ontario, une requête sans réponse au moment d’écrire ces lignes.
OTTAWA – La sixième édition du Salon du livre afro-canadien (SLAC) se déroule au collège la Cité, à Ottawa, jusqu’à dimanche. L’organisme organisateur, Mosaïque interculturelle (MI), présente son événement comme un pont entre la communauté franco-ontarienne et ses auteurs d’origine afrodescendante. ONFR s’est entretenu avec la présidente-directrice générale de MI, Nicole Baptiste, et la présidente d’honneur du SLAC, Angèle Bassolé-Ouédraogo.
C’est en constatant le manque de représentation des auteurs afrodescendants dans le circuit régulier des salons du livre que l’équipe de MI a décidé de créer le SLAC, « un espace où les auteurs peuvent présenter leurs produits, où on peut inviter le public à faire connaissance avec eux, pour avoir une plus grande visibilité au niveau du grand public », explique Nicole Baptiste.
Des auteurs du Salon du livre afro-canadien en 2022. Source : page Facebook Mosaïque interculturelle
L’initiative a porté fruit, puisque les autres salons ont commencé à inviter MI à tenir un kiosque dans leurs événements. L’an dernier, près de 3000 visiteurs se sont rendus au SLAC. Cette année, des centaines de jeunes ont eu accès à des activités littéraires à même les écoles.
La poésie à l’honneur
La sixième édition se déroule sous le thème Nos mots pour le dire. Angèle Bassolé-Ouédraogo explique ce choix : « Ce sont les mots que nous apportons en terre ottavienne et canadienne pour les partager avec nos compatriotes d’ici. L’objectif est de tisser un lien, de bâtir un pont entre nos cultures d’origine afrodescendantes et la culture canadienne et francophone en milieu minoritaire. »
Le thème rappelle un peu le titre du recueil Avec tes mots, qui a valu à Angèle Bassolé-Ouédraogo le prix Trillium de poésie en 2004. C’est justement la poésie qui a été identifiée comme art littéraire à mettre à l’avant cette année. La présidente d’honneur s’en réjouit : « Ça a toujours été ma préoccupation de faire connaître la poésie. Certaines personnes en ont peur, alors que c’est un genre qui rassemble, populaire, expressif. La poésie fait partie de notre quotidien et nous permet d’exprimer votre vécu. »
Angèle Bassolé-Ouédraogo maîtrise différents styles d’écriture. Son essai Féminisme, vous avez dit féminisme? Perception comparatiste du mouvement féministe en Afrique et au Canada est paru en 2021. Crédit image : Rachel Crustin
L’autrice du livre Les porteuses d’Afrique (2007) profitera du SLAC 2023 pour en lancer, en quelque sorte, le petit frère. Les porteuses exilées est son neuvième recueil de poésie. « Maintenant, je parle des porteuses d’Afrique qui sont ici et qui ont un message à transmettre aux jeunes générations. » En poèmes, elle rend hommage à des pionnières méconnues de différents soulèvements populaires, au Ghana ou en Éthiopie, par exemple. « Je parle aussi de femmes d’ici qui, par leur dynamisme, portent cet espoir. L’exil n’est plus un lieu d’enfermement, c’est un lieu d’ouverture. »
Angèle Bassolé-Ouédraogo dédie ce nouveau recueil à sa petite-fille ainsi qu’à Nicole Baptiste. Source : site web Salon du livre afro-canadien
L’autrice assure que ce nouveau recueil envoie un message universel. Elle explique que le poème devient porteur de mémoire : « J’ai le privilège de la parole et j’ai le privilège de la plume. Donc, c’est un devoir pour moi de leur rendre hommage pour qu’elles ne restent pas dans le silence. »
Des conversations importantes
Cette invisibilisation des femmes a fait l’objet d’une des premières activités du SLAC jeudi soir, lors de la table ronde Du silence à la parole. Lors de son parcours universitaire, Angèle Bassolé-Ouédraogo s’est rendu compte qu’aucune lecture incluse dans le cursus n’avait été écrite par une femme. C’est ce qui lui a donné l’idée d’écrire sa thèse de doctorat sur ces femmes poètes invisibilisées. L’Ivoirienne Tanella Boni, qui était mentionnée dans sa thèse, était aussi autour de la table pour cette discussion, tout comme les autrices Marie-Célie Agnant et Andrée Lacelle.
Angèle Bassolé-Ouédraogo lors d’une discussion avec Gilles Latour et Michèle Vinet, animée par Julie Huard, au Salon du livre de l’Outaouais 2023. Crédit image : Rachel Crustin
D’autres thèmes seront abordés lors des prochains jours, comme la confection d’un album jeunesse ou l’évolution de la poésie. Le SLAC propose aussi plusieurs lancements de livres et entretiens avec des auteurs, en plus d’activités familiales.
L’entrée au site, dans les locaux de la Cité, est fixée à 5 $ pour une journée ou 12 $ pour trois jours. Deux soirées gratuites, de slam et de poésie, sont aussi proposées à la Nouvelle Scène Gilles Desjardins, respectivement vendredi et samedi. « On veut enlever toutes les barrières possibles pour que le public vienne vers nous », explique Nicole Baptiste.
Des délais trouble-fêtes
Plusieurs auteurs invités au SLAC 2023 ont dû annuler leur présence à cause de délais de traitements trop longs dans leur demande de visa de visiteur. Même si leurs démarches ont été faites au mois de mars, ils ne peuvent toujours pas entrer au Canada. C’est le cas d’une délégation de six poètes malgaches qui devaient venir faire découvrir le Kabary, un art oratoire inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2021.
Selon Nicole Baptiste et Angèle Bassolé-Ouédraogo, d’autres festivals canadiens misant sur des invités internationaux ont subi le même sort. En 2022, le Festival international Nuits d’Afrique de Montréal avait dû annuler la présence de sa tête d’affiche nigériane, Yemi Alade.
« Ça nuit aux échanges. Le Canada se positionne à l’international comme un pays ouvert. Il faut permettre aux artistes de circuler. Ça nourrit le pays », s’insurge Angèle Bassolé-Ouédraogo.
Les invités internationaux qui pourront tout de même participer au SLAC sont ceux qui détiennent un passeport français ou canadien, par exemple.
Nicole Baptiste feuillette Rictus, le recueil de poésie d’Eddy Garnier, devant l’auteur lui-même, au Salon du livre de l’Outaouais 2023. Source : page Facebook Mosaïque interculturelle
Nicole Baptiste promet de réinviter la délégation malgache pour le SLAC de l’an prochain. En attendant, MI se concentre sur l’édition en cours et sur ces ponts que les organisateurs souhaitent construire. « C’est un message de paix, de fraternité et d’humanisme que nous apportons, et je suis très heureuse de le porter comme présidente d’honneur cette année », conclut Angèle Bassolé-Ouédraogo.
OTTAWA – Originaire d’Orléans, Diego Elizondo est impliqué de façon proactive dans de nombreux dossiers propres à la communauté franco-ontarienne de la région d’Ottawa. Après plusieurs postes professionnels et bénévoles, il entamera prochainement le rôle de directeur général de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO).
Diego Elizondo est un touche-à-tout dans le domaine de la francophonie ontarienne.
Bien sûr, le patrimoine franco-ontarien n’a aucun secret pour lui, puisqu’il est historien de formation. Depuis plus de 15 ans, cet Orléanais connaît et comprend les rouages de nombreuses institutions francophones comme l’Assemblée de la francophonie ontarienne (AFO), à laquelle il a contribué à plusieurs reprises.
« Au sein de l’AFO, mon expérience a été extrêmement formatrice. Je suis content d’être passé par là avant d’arriver dans mon nouveau poste aujourd’hui », a-t-il exprimé en entrevue avec ONFR, suite à sa nomination.
Depuis plusieurs années, Diego Elizondo opérait comme agent de projets au Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO). À ce titre, il a organisé plusieurs visites guidées à Ottawa, des comités provinciaux à propos du patrimoine bâti et religieux. À la fin de cette année, « il y aura un calendrier de bâtiments patrimoniaux afin de récolter des fonds pour aider l’organisme et sécuriser du financement ».
L’expert en patrimoine a également offert plusieurs contributions au Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP). Dans ce contexte, il a côtoyé ceux qu’ils nomment des « îcones » de la communauté franco-ontarienne : Bernard Grandmaître, Gisèle Lalonde, Maurice Lapointe et bien d’autres.
Des liens avec l’ACFO qui existent depuis très longtemps
Le président de l’ACFO, Éric Barrette, s’est réjoui par voie de communiqué de l’arrivée de ce candidat « idéal », reconnaissant l’expérience diversifiée du futur directeur.
« Quand j’ai postulé, j’ai expliqué que cela faisait 15 ans que je suis dans le milieu associatif et conscient des activités de l’ACFO », rapporte Diego Elizondo. « Il faut pérenniser notre financement et diversifier nos revenus. C’est un défi qui frappe tout le monde. »
Le successeur de Valérie Bourque sait dans quoi il s’embarque. Inspiré notamment par les anciennes directions, il veut l’ACFO tournée vers l’avenir. Ses priorités seront le bilinguisme de la capitale et la pérennité des financements.
« Puis j’aimerais aussi qu’on continue à rejoindre les différentes communautés francophones qui forment la grande francophonie ontarienne de la région. »
Diego Elizondo veut aussi renouveler les liens politiques : « Nous avons des alliés partout, notamment Stéphanie Plante et Mona Fortier, mais c’est toujours important de tisser ces liens. »
OTTAWA – Les acteurs de la francophonie canadienne craignent l’adoption d’un projet de loi au Sénat sur le financement des garderies qui contribuerait à l’assimilation des francophones en milieu minoritaire, estiment-ils.
Le projet de loi C-35, présentement à l’étude en comité sénatorial, porte sur la vision et l’engagement financier du fédéral envers les milieux de petite enfance dans le cadre de ses ententes avec les provinces et territoires. Ce texte, si adopté, viendrait garantir via une loi le financement des garderies par Ottawa, faisant suite aux ententes signées en 2021 et 2022 qui visaient à une réduction des frais à 10 $ par jour.
Les organismes francophones et anglophones du Québec craignent l’omission des communautés linguistiques en milieu minoritaire à l’article 8 de la mouture qui porte sur les obligations du gouvernement à financer les milieux de garde dans sa portion des ententes. Dans sa forme actuelle, cette section du libellé fait mention d’un engagement envers les peuples autochtones, mais pas des minorités linguistiques.
« Quand on a vu dans les ententes avec les provinces, comme au Manitoba, où il y a eu un engagement ferme envers les francophones avec un montant d’argent et un nombre de places, il y a eu des résultats. Quand c’est un beau principe, c’est flou, on ne voit absolument pas de résultats », a témoigné Jean-Luc Racine de la Commission nationale des parents francophones (CNPF) devant les sénateurs jeudi.
Le projet de loi C-35 a été approuvé à l’unanimité par les députés au Parlement. Cette modification au projet de loi que souhaitent les organismes francophones n’avait pas été déposée par les partis en comité parlementaire, le Sénat étant leur dernière chance.
Un risque d’assimilation, entendent les sénateurs
L’expert en droit constitutionnel François Larocque estime quant à lui que les sénateurs pourraient créer un projet de loi incohérent en ne modifiant pas cette section de la Loi. C-35 fait référence à la Loi sur les langues officielles et aux minorités linguistiques ailleurs dans le libellé.
Mais en l’absence de mention dans la section de l’engagement financier envers ceux-ci, « il est plus que vraisemblable qu’un tribunal conclurait que le gouvernement n’est pas obligé de leur garantir un financement à long terme », explique-t-il.
« Quand il s’agit de droits linguistiques, les tribunaux sont frileux », rappelle M. Larocque. « C’est dans ce contexte, que le silence de l’article 8 à l’égard des communautés linguistiques en milieu minoritaire risque de donner l’impression que c’est un choix délibéré et intentionnel du législateur. »
En plus des demandes sur l’engagement financier, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick souhaite ajouter une mention de la spécificité linguistique de la province au sein du projet de loi.
« Si on échoue, on va contribuer directement à l’assimilation en anglais », prévient sa présidente Nicole Arseneau Sluyter.
Même son de cloche pour la Commission nationale des parents francophones qui estime qu’un manque de places dans les garderies en français est démontré sur le terrain « par un taux d’assimilation bien réel ».
« Notre expérience sur le terrain démontre clairement que, dès que les enfants (francophones) rentrent à l’école anglophone, c’est terminé… Une fois que vous passez du côté anglophone, en quelques années, vous allez avoir oublié le français », soutient Jean-Luc Racine.
L’étude de C-35 se poursuit présentement son étude en comité sénatorial.
C’est la semaine pour réveiller l’adolescent en nous, que ce soit par la nostalgie de la diaspora ivoirienne qui reçoit l’une de ses plus grandes vedettes, ou par l’esprit de rébellion qu’inspirera une pièce du Théâtre Bluff. De plus, l’intrigue qui a secoué la France s’installe en Ontario, une grande voix du jazz nous rend visite et un DJ bien connu des Franco-Ontariens prend une nouvelle recrue sous son aile.
Théâtre
Écoanxiété lumineuse
La pièce Le poids des fourmis sera présentée en Ontario dans les prochains jours. Le spectacle, qui vise le public adolescent et ce qui reste d’adolescence chez le spectateur adulte, sera de passage à La Nouvelle-Scène Gilles Desjardins (LNSGD) d’Ottawa ce samedi et à la Place des Arts du Grand Sudbury (Théâtre du Nouvel-Ontario, TNO) les 3 et 4 novembre. Deux adolescents, Jeanne et Olivier, s’affrontent aux élections scolaires dans le but de changer le monde. On y parle d’abus de pouvoir, de résistance citoyenne, d’écoanxiété, de la rage de l’adolescence et aussi d’espoir. Le texte de la pièce a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général en 2022.
Le poids des fourmis, pièce de David Paquet mise en scène par Philippe Cyr, vise un public adolescent. Crédit image : Yannick Macdonald
Ottawa, 28 octobre. Sudbury, 3 et 4 novembre. Détails et billets sur les sites de LNSGD et du TNO.
Musique
Une vedette ivoirienne à Toronto
Les Kilimanjaro Music Awards se tiendront au Toronto Pavillon ce samedi. Le gala organisé par Kilimanjaro Radio & TV récompense la musique africaine et caribéenne. Plusieurs artistes en nomination sont francophones. Les gagnants des onze catégories sont déterminés par un mélange des votes du public et du jury. La soirée culminera avec un spectacle de la vedette ivoirienne Meiway, le père du zoblazo.
Ce style musical contemporain est inspiré des rythmes afro-descendants du monde, mais particulièrement du sud de la Côte d’Ivoire. La première partie sera assurée par plusieurs artistes, dont les francophones Hassan Al Hadi, Rosemika, Abel Maxwell, Djepola, Kathy Mienje, Rinyu et Shega. Il s’agit de la sixième édition des KMA, mais l’entreprise organisatrice soulignera ses dix ans lors de l’événement.
Meiway est un pionnier de la musique ivoirienne. Gracieuseté Kilimanjaro Music Awards
La chanteuse jazz de renom sera en spectacle au Centre national des arts (CNA) à Ottawa ce vendredi et au FirstOntario Performing Arts Center de St. Catharines ce samedi. Elle présentera les chansons de son nouvel album, Our Roots Run Deep, sorti en septembre dernier. Dans ce spectacle, plus intime que les précédents, Dominique Fils-Aimé explore « les racines de son âme ». L’autrice-compositrice-interprète montréalaise a remporté un Félix en 2019, un Juno en 2020 et s’est retrouvée deux fois sur la courte liste du prix Polaris.
Le CNA accueille aussi d’autres spectacles francophones dans les prochains jours, comme l’auteur-compositeur-interprète Philippe B, la pièce pour les 4-8 ans Une petite fête et la Fa-Booh-leuse symphonie, spectacle familial de l’Orchestre du CNA pour toute la famille.
Dominique Fils-Aimé a lancé son quatrième album, Our Roots Run Deep, en septembre 2023. Crédit image : Jetro Emilcar
Ottawa, le 27 octobre et St. Catharines, le 28 octobre. Détails et billets sur les sites du CNA et de Bravo Niagara.
Nouveau EP pour DJ Unpier
À peine quelques mois après la sortie de son album Y comprendront plus tard, en mai dernier, voilà que le DJ franco-ontarien récidive avec le EP After Gaspé. Les trois chansons sont le fruit d’une résidence de création collective en Gaspésie. On y retrouve des collaborations avec DJ Weedim, Érika Zarya, LeFLOFRANCO, Monsieur Nokturn, Barazer et Rose pâle. Cette dernière, rédactrice de métier, est présentée comme une « artiste née lors de cette résidence ». La pièce Étreinte est sont tout premier extrait.
L’EP sortira ce vendredi, accompagné du vidéoclip d’Étreinte et d’un vlog où DJ Unpier raconte la tournée de Toronto à Gaspé. Le Franco-Ontarien se fait de plus en plus remarquer en 2023. Son album Y comprendront plus tard est nommé au Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec (GAMIQ) et il animera le spectacle de l’Après-Gala de l’ADISQ le 5 novembre.
La pochette de After Gaspé. L’EP contient trois chansons et donne un avant-goût du prochain album de DJ Unpier, à paraître au printemps 2024. Gracieuseté DJ Unpier
Le film ayant valu à Justine Triet la Palme d’Or 2023 est maintenant projeté dans les salles de l’Ontario. Un couple d’artistes et leur fils malvoyant vivent reclus dans les Alpes. Au retour d’une balade, Daniel (Milo Machado Graner), 11 ans, découvre le corps de son père, qui semble être tombé de la fenêtre du grenier. Accident, suicide ou homicide? Le film remarqué au festival de Cannes joue sur l’ambiguïté alors qu’on suit le procès de Sandra (Sandra Hüller), la mère de Daniel. Le film se déroule en trois langues, français, anglais et allemand, ce qui jouera un rôle important dans l’histoire.
Scène d’Anatomie d’une chute de Justine Triet, qui a remporté la Palme d’or au Festival de Cannes 2023. Crédit image : Entract Films
Dès cette semaine, dans plusieurs salles de cinéma de l’Ontario.
La Franco-Albertaine Mary Moreau deviendra juge à la Cour suprême du Canada, a annoncé le premier ministre Justin Trudeau jeudi.
Mary Moreau est la juge en chef de la Cour du Banc du Roi de l’Alberta depuis 2017 et elle prend le poste laissé vacant depuis le départ de Russel Brown. L’ancien ministre de la Justice David Lametti avait mentionné son désir, après le départ de Russell Brown, de nommer un juge bilingue en provenance de l’Ouest, comme le veut la tradition. Mary Moreau a également siégé à la Cour suprême du Yukon et à celle des Territoires du Nord-Ouest.
Elle siégeait depuis 1994 à la Cour du Banc du Roi, mais elle avait auparavant pratiqué dans le secteur privé dans divers domaines reliés au droit à Edmonton. Elle avait notamment plaidé dans plusieurs causes linguistiques comme la cause Mahé reconnue, comme l’une des grandes avancées en matière de droits linguistiques. Celle-ci avait reconnu le droit aux francophones à avoir la pleine gestion de leurs écoles et conseils scolaires.
Elle a aussi cofondé l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta. En 2009, elle présidait un projet de l’Institut national de la magistrature portant sur la création d’un outil de référence à l’intention des juges sur les droits linguistiques de l’accusé, qu’elle a aidé à mettre à jour en 2017.
Justin Trudeau procédera donc à la nomination d’un sixième juge au plus haut banc du pays depuis son arrivée à la tête du pays en 2015. La plus haute cour au pays sera aussi composée d’une majorité de femmes pour la première fois depuis sa fondation en 1875.
L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) s’est réjouie de la nomination de cette ancienne étudiante du Campus Saint-Jean.
« Mary T. Moreau est une francophone de l’Alberta qui a rendu de nombreux services à notre communauté (…) L’ACFA a toujours affirmé qu’il existait des juristes bilingues de haut niveau dans l’Ouest canadien pouvant aspirer à la plus haute cour du pays. Mary T. Moreau en est la preuve », a réagi sa présidente Nathalie Lachance.
SANITAGO (Chili) – Grande espoir de la nage canadienne, la Franco-Ontarienne originaire d’Ottawa a signé sa première médaille d’or au niveau sénior sur le 400 m 4 nages individuelles.
Retenez bien ce nom, Julie Brousseau. À seulement 17 ans, la nageuse du club de Nepean Kanata Barracudas dans la région d’Ottawa est un véritable phénomène des bassins. Après avoir tout raflé chez les jeunes — 11 médailles lors des Jeux du Canada en 2022 puis sept aux Championnats du monde juniors le mois dernier — elle n’a pas déçu pour ses débuts « chez les grands ».
En effet, elle s’est imposée sur le 400 mètres 4 nages, mardi à l’occasion des Jeux panaméricains, où elle représentait le Canada pour la première fois de sa jeune carrière. Ce qui impressionne le plus c’est qu’elle semblait en avoir sous le pied en remportant la course en 4′ 43″ 76, un temps assez éloigné de son record personnel (4′ 38″ 45). Elle a terminé très fort sa course en devançant l’Américaine Lucerne Bell dans la dernière ligne droite.
« Au dernier virage, j’ai pu remarquer qu’elle s’était vraiment rapprochée. J’ai poussé encore plus fort… J’ai nagé pour gagner », a-t-elle confié au journal ottavien Le Droit.
Brousseau a contribué à la réussite de la sélection canadienne de natation qui a été très productive avec un total de 23 médailles remportées, dont 10 en or. Elle faisait également partie du relais 4×100 mètres nage libre qui a également remporté l’or avec le quatuor Maggie Mac Neil, Katerine Savard, Brooklyn Douthwright et Mary-Sophie Harvey, en tant que remplaçante.
Cette compétition vient ponctuer une saison tout simplement exceptionnelle pour l’Ottavienne qui sera de retour chez elle dimanche pour un repos bien mérité.
OTTAWA – Le Conseil des arts du Canada a dévoilé les finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général ce mercredi. Deux Franco-Ontariennes, Marie-Hélène Poitras et Brigitte Haentjens se démarquent dans la catégorie Romans et Nouvelles.
Brigitte Haenjtens est nommée pour son roman Sombre est la nuit, paru aux Éditions du Boréal. Il raconte le « naufrage d’un homme, d’un couple, de toute une génération », selon la quatrième de couverture. La narratrice est une femme autrefois envoûtée par cet homme et par la vie dans les cercles élitistes de Paris, à l’époque des Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Michel Foucault.
Brigitte Haentjens est une figure importante du monde artistique franco-ontarien, ayant entre autres été la première femme à la direction artistique du théâtre français du Centre national des arts, de 2012 à 2021. Crédit image : Mathieu Rivard. / Couverture de Sombre est la nuit, gracieuseté éditions Le Boréal
L’autrice native d’Ottawa Marie-Hélène Poitras est en lice pour le même prix, grâce à son recueil de nouvelles Galumpf. Elle y explore « la manière dont humains et animaux se donnent et se reprennent les un aux autres, et les compromis nécessaires à la vie ensemble », tel que décrit sur le site des éditions Alto.
L’autrice Marie-Hélène Poitras vit à Montréal mais est née à Ottawa. Elle évoque son enfance à Aylmer, en Outaouais, dans Galumpf. Crédit image : Charles-Olivier Michaud. / Couverture de Galumf, crédit image Ai Natori.
Autres catégories
Dans la catégorie théâtre, on retrouve un texte de Martin Bellemare, intitulé Charlie, du vent derrière le nombril. La pièce s’adresse aux enfants de six à neuf ans. Les Franco-Ottaviens pourront d’ailleurs découvrir une autre pièce jeunesse du même auteur dans les prochains jours. Avec un public cible de quatre à huit ans, le spectacle Une petite fête sera présenté au Centre national des arts samedi et dimanche.
Dans la catégorie Essais, le professeur à temps partiel à l’Université Saint-Paul, Philippe Bernier Arcand pourrait remporter le Prix littéraire du Gouverneur général pour Faux rebelles : les dérives du politiquement incorrect. Le texte analyse certains courants de pensée de droite qui s’approprient la position du « rebelle » de la société, rôle qui a souvent été attribué à la gauche. On y parle du « convoi de la liberté » et de la démonisation du mouvement woke, entre autres.
Philippe Bernier Arcand est professeur à temps partiel à l’Université Saint-Paul, en plus d’être chroniqueur à l’Acadie Nouvelles. Crédit image : Valérie Loiseleux / Couverture des Faux rebelles, gracieuseté Poètes de brousse
La professeure agrégée à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, Dahlia Namian, est aussi finaliste dans la catégorie essais. Société de provocation, dont le titre renvoie à une expression de Romain Gary, navigue entre les camps de réfugiés et les mégayachts et se penche sur les inégalités sociales et les exubérances des ultra-riches.
Dahlia Namian est sociologue et professeure agrégée à l’École de service social de l’Université d’Ottawa. Crédit image : Nans Clastrier / Couverture de La société de provocation, gracieuseté Lux éditeur
La maison d’édition sudburoise Prise de parole a publié l’un des livres finalistes dans la catégorie traduction. Le recueil de poésie de Rebecca Salazar sulphurtongue, lui-même finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général en 2021 pour sa version originale anglaise, devient soufrelangue sous la plume traductrice de Madeleine Stratford. Les textes évoquent entre autres la ville du nickel et « les conséquences sur le corps de l’exploitation minière à Sudbury ».
La traductrice Madeleine Stratford travaille à la fois au Québec et en Ontario. Gracieuseté Madeleine Stratford / Couverture de soufrelangue, gracieuseté Prise de parole
TORONTO – Les quatre candidats à la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario se sont rencontrés hier soir à Toronto pour un troisième débat. S’il existe des nuances de positionnement sous-jacentes, l’heure était au consensus des opinions : rétablissement du contrôle des loyers, expansion des transports en commun, ou encore préservation du système de santé publique. Selon un politologue, c’est la question de l’image publique et de l’aura qui pourrait, elle, peser plus de poids dans le choix des candidats.
À cinq semaines des élections du prochain chef du Parti libéral de l’Ontario, cette troisième rencontre, plutôt consensuelle, a pris des airs de panel entre les candidats Yasir Naqvi, député fédéral d’Ottawa-Centre, ancien député provincial et ministre, Bonnie Crombie, mairesse de Mississauga aux trois mandats, ancienne députée fédérale, Ted Hsu, député provincial Kingston et les Iles et ancien député fédéral, et Nate Erskine-Smith, député fédéral de Beaches-East York.
« Nous devons unir notre parti, c’est le moment », a d’ailleurs déclaré sur un ton fédérateur la candidate Bonnie Crombie en ouverture.
Selon le politologue Peter Graefe, « durant une course à la chefferie au sein d’un même parti, la plupart des candidats cherchent le consensus, le débat permettant plutôt de mettre en lumière la personnalité, l’image publique, dans l’idée de déterminer qui saura séduire l’électorat ».
« Et ce n’est pas tellement surprenant, car le vote se fait sous forme de liste de préférences. Il y a un intérêt à ne pas froisser les sympathisants d’un autre candidat, car on cherche leur appui en cas de repli de second choix », précise-t-il.
Celui-ci note toutefois des nuances positionnelles un peu plus tranchées que d’ordinaire pour les libéraux, « bien que les candidats fassent de leur mieux pour le dissimuler dans ce débat », plaisante-t-il.
« Mme Crombie a été claire sur le fait qu’elle souhaite que le Parti libéral change de positionnement, plus à gauche du PC et en allant moins chercher les votes néo-démocrates, au profit des votes libéraux et progressistes-conservateurs. »
« Un positionnement moins progressiste, tandis que les autres candidats semblent plus intéressés à suivre la continuité idéologique de Mme Wynne (première ministre battue en 2018) et M. Del Duca (candidat battu en 2022). Bien qu’elle fasse de son mieux pour réduire l’écart idéologique gauche-droite. Sur la question de la santé, elle est plus en faveur du système public contre la privatisation, ce qui la rapproche des autres candidats. »
Une affaire d’image
Outre les positionnements, pour le politologue, cette course à la chefferie, c’est l’affaire de mettre en lumière la personnalité et l’image publique de chacun.
« M. Naqvi a une image assez jeune. C’est celui qui répond le plus aux communautés racisées au sein du Parti libéral. Il représente l’idée de garantir l’égalité des chances pour tous les Ontariens et ceux issus de l’immigration aussi », analyse celui-ci.
« Tandis que M. Erkine-Smith, le plus torontois, apporte une vision plus urbaine, celle d’une classe moyenne supérieure, mais qui a du mal à boucler les fins de mois du fait du coût faramineux de la vie. Un argumentaire qui aurait un peu moins de résonance en dehors de la métropole torontoise. »
De poursuivre : « Mme Crombie se vend comme une personnalité « connue ». Elle a su créer autour d’elle cette impression d’aura et de présence forte. C’est la personne qui se positionne dans l’héritage de M. McGuinty (l’ancien premier ministre libéral de 2003 à 2013), d’être le pendant plus progressiste du PC, mais en adoptant un discours plus conservateur au niveau économique. »
« M. Hsu, candidat centriste dans la continuité sur plusieurs enjeux, apparait comme une figure de sobriété, avec une approche plus modérée. Il fait campagne, non pas en essayant de plaire à tous et d’exagérer ses promesses, mais se positionne en penseur sérieux qui pourrait trouver une place ministérielle d’importance si le parti est porté au pouvoir », conclut Peter Graefe.
Des thèmes clés, un terreau commun
La crise du logement, un thème majeur du débat, a mis en avant le sujet du rétablissement du contrôle des loyers, une volonté unanime.
Le député fédéral d’Ottawa-Centre Yasir Naqvi, qui a évoqué la nécessité d’un partenariat entre les trois niveaux de gouvernement, a déclaré : « Nous avons perdu le contrôle des loyers à cause de Doug Ford et nous devons le rétablir ainsi qu’améliorer la commission des propriétaires et des locataires et son arriéré. »
« Nous ne devons pas juste construire à Toronto et à Ottawa, mais aussi dans les petites communautés qui souhaitent se développer. »
« À cause de Doug Ford, les jeunes perdent le rêve de posséder une maison. Nous avons besoin d’une politique du logement avec plus d’options, des logements fortement subventionnés, des coopératives. Nous devons nous protéger contre les renovictions et avoir une stratégie pour vaincre l’itinérance dans toutes les communautés », a lancé la mairesse de Mississauga Bonnie Crombie.
Nate Erskine-Smith, député fédéral de Beaches-East York, s’est positionné en faveur d’un système de transport en commun fort : « Nous n’avons pas de gouvernance sérieuse en matière de transport en commun. L’efficacité est la clé avec des délais de construction respectés et des transports opérationnels à temps. »
« Construire les transports publics de manière plus stratégique et progressive pour être plus rentable. Comme à Kingston, ce sont les municipalités qui devraient devrait être aux commandes des projets et pas plusieurs niveaux de gouvernement qui se disputent. La mise en place d’un bon transport en commun est une question clé de développement économique de toute la région », a défendu le député provincial Ted Hsu.
Autres sujets de consensus durant le débat : la nécessité d’allouer plus de fonds au programme d’aide aux familles d’enfants atteints d’autisme et de soutenir les 60 000 enfants sur liste d’attente, octroyer davantage de ressources aux enseignants et aux travailleurs en santé, négocier la garde d’enfant à 10 dollars par jour avec le gouvernement fédéral et plus de fonds pour lutter contre les addictions.
Le dépouillement des bulletins de vote et l’annonce des résultats tour par tour et l’annonce du nouveau chef de l’OLP auront lieu le 2 décembre prochain au Palais des congrès du Toronto métropolitain.
L’ancien commissaire aux langues officielles Graham Fraser estime que le Québec est la seule province canadienne qui a nui de façon systématique à sa minorité linguistique dans les dernières décennies.
Dans une lettre parue dans Le Devoir mardi, celui qui détient la plus grande longévité de tous ayant occupé ce poste, dénonce le traitement réservé aux anglophones du Québec depuis plusieurs années, notamment sous le gouvernement Legault avec sa plus récente annonce sur les universités québécoises. Il laisse entendre que c’est faux de prétendre que « la minorité anglophone (du Québec) est la mieux traitée au Canada ».
« Mais il n’y a aucune province, sauf le Québec, qui a fait un effort systématique au cours des dernières décennies pour affaiblir les institutions de la minorité », écrit-il.
Pour étaler sa pensée, il cite la récente ouverture de l’Université de l’Ontario français, le collège Saint-Boniface qui est devenu l’Université Saint-Boniface et le fait que l’Université Moncton célèbre son 60e anniversaire.
Le député de l’Est ontarien Francis Drouin n’a pas digéré les propos du chien des gardes des minorités linguistiques entre 2006 et 2016.
« Le jeudi noir en Ontario n’a jamais eu lieu selon l’ancien commissaire. Lorsque nous avons occupé un poste comme commissaire aux langues officielles, faire l’autruche n’est pas une excuse. Le devoir de s’informer avant de s’exprimer est important… même pour les has-been », a-t-il dénoncé sur X (Twitter).
Son collègue acadien René Arsenault se dit en « désaccord » avec les propos de M. Fraser, signalant toutefois être fier du chemin parcouru au niveau institutionnel au cours des dernières décennies, mais qu’il reste du travail à faire sur le terrain « ce qui accroche souvent dans les provinces comme le Nouveau-Brunswick », dit-il en entrevue.
Graham Fraser avance qu’un sondage réalisé au début de son mandat comme commissaire au milieu des années 2000 où les anglophones du Québec étaient pessimistes par rapport à leurs institutions alors que c’était le contraire pour les francophones « m’a fait écrire cette phrase-là », précise-t-il entrevue avec ONFR.
« Ce que je voulais souligner, c’est qu’au Québec, il y a de l’ignorance et une incompréhension de la réalité des communautés francophones hors Québec », ajoute-t-il.
Il soutient toutefois qu’il faudrait exclure les anglophones de Montréal lorsque l’on compare le sort des deux minorités linguistiques du Canada.
« Ce n’est pas comparable… La comparaison entre les anglophones à Sherbrooke, à Trois-Rivières en Gaspésie, doit se faire avec les francophones à Saint-Boniface, à Sudbury. »
Il soutient que le capital de sympathie du gouvernement Ford, avec le jeudi noir en 2018 et plus récemment avec le refus de financer l’Université de Sudbury, « n’est pas fort ». Il fait état aussi des événements des derniers mois au Nouveau-Brunswick, mais il mentionne que ces gestes posés sont plus synonymes « d’ignorance et de négligence ».
« Mais ça n’a pas détruit la morale des institutions des communautés francophones », relate-t-il.
Selon le recensement de 2021, le nombre de locuteurs de l’anglais au Québec, selon la première langue officielle parlée, à atteint pour la première fois le million et augmentant de 12 à 13 % par rapport à 2016. C’est 70 % des anglophones qui habitent sur l’île de Montréal. Hors Québec, le français a connu une chute de 3,6 % à 3,3 % en cinq ans alors que le nombre de locuteurs a diminué de 36 000. La descente la plus marquée est en Ontario qui a connu une baisse historique au niveau du français.
SUDBURY – Le conseil municipal de la ville du nickel a voté mardi soir, à la surprise générale, le rachat pour près de 12 millions de dollars de propriétés au centre-ville. L’objectif est de créer un pôle économique à l’endroit de l’arène communautaire, dont l’avenir est encore incertain.
Un « investissement historique », voilà comment le maire Paul Lefebvre a qualifié l’initiative pour laquelle le vote fut quasi unanime – seul le conseiller du quartier 2, Michael Vagnini, a fait le choix de ne pas voter, ni de s’abstenir, ce qui est considéré comme un vote en défaveur.
Cette décision avait été tenue secrète et a expliqué le retard de 45 minutes du début de la séance publique du conseil.
Les propriétés en question sont toutes situées à l’est de l’aréna, la liste est la suivante :
151, 153 et161 Brady Street
211 Shaughnessy Street
219-221 Shaughnessy Street et 170 Van Horne Street
212 Minto Street
212 Romanet Lane
222 Minto Street
À cela s’ajoute le bloc triangulaire racheté plus tôt cette année par la ville et comprenant le bâtiment de l’hôtel Ludo :
300 Elgin Street
241-243 Shaughnessy Street
324-326 Elgin and 247 Shaughnessy Street
Les bâtiments concernés par le rachat annoncé comprennent des adresses appréciées du public tels que la boulangerie Golden Grain, le restaurant Alexandria, le Old Rock Coffee. Si une démolition de ces commerces est certaine et estimée, au plus tard pour fin 2024, leur relocalisation, elle, l’est beaucoup moins.
La décision reviendrait aux propriétaires qui pourront choisir de demeurer au centre-ville ou fermer boutique.
Selon la ville, ce choix plutôt audacieux « témoigne de l’intention du conseil de renouveler le centre-ville et envoie un message clair à la collectivité et au secteur privé qu’ils ont l’intention de diriger en mettant l’accent sur l’avenir de notre ville ».
Pour ce faire, la municipalité prévoit d’utiliser des fonds d’immobilisation empruntés précédemment pour le centre d’événements Kingsway – depuis annulé- et qui s’élevaient à environ 84,8 millions de dollars.
Un an de mandat
La date choisie pour cette annonce concorde avec l’anniversaire de l’élection du maire Paul Lefebvre. Un peu plus tôt ce mardi, celui-ci avait tenu un discours à la place Tom Davies afin de revenir sur sa première année de mandat et ses intentions pour la ville. Le logement en fait partie, et selon le maire, la stratégie d’offre de logements est presque terminée pour la ville.
Et d’ajouter : « Je suis convaincu que nous atteindrons l’objectif local de 3 800 nouveaux logements qui a été établi par la province – et j’espère que nous dépasserons même cette limite. » Il a aussi rappelé sa célèbre promesse électorale d’augmenter la population de la ville à 200 000 habitants d’ici 2050, afin d’augmenter l’assiette fiscale.
« Je crois que le moment est venu pour nous d’investir en nous-mêmes, en nos enfants et notre avenir », s’était-il alors exprimé, ajoutant que c’est à la Ville de faire preuve d’initiatives pour redynamiser le centre-ville en attirant notamment des investisseurs privés.
Il en a profité pour évoquer le projet, des membres du conseil, de réaménager la place Davies en un pôle culturel, lequel abriterait sous le même toit la bibliothèque, la galerie d’art et l’Association multiculturelle et folklorique de Sudbury.
« Un grand emplacement centralisé faciliterait la tâche à un plus grand nombre de familles et aux particuliers d’accéder facilement à de multiples services et programmes municipaux au centre-ville. »
M. Lefebvre a tenu à lancer un appel aux gouvernements afin de leur signifier que la ville a plus à fournir que des minéraux critiques : « Mon message aux gouvernements fédéral et provincial est que le Grand Sudbury est plus qu’une ressource de l’arrière-pays du sud de l’Ontario. »
L’ORIGNAL – La section locale 4155 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) appelle le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO) à arrêter sa tentative de sous-traitance et de conclure une entente avec ses travailleurs de première ligne, pour enfin recevoir les augmentations salariales qui leur sont dues.
Ce mardi, lors d’une réunion ordinaire du CSDCEO à L’Orignal, environ 40 travailleurs de première ligne de la section locale 4155 se sont réunis tard dans la soirée pour faire part de leurs doléances. N’ayant pas de droit de parole, le groupe a déposé une pétition signée par près de 200 personnes « pour mettre un terme à la revendication de la direction en matière de concessions sur la question de la sous-traitance ».
Le conseil scolaire pourrait en effet avoir recours à un personnel extérieur à l’équipe engagée à temps plein. « Nous sommes là pour faire pression sur le conseil », indique Gaëtanne Caron, présidente de la section locale 4155 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).
Sans contrat de travail depuis août 2022
Cette section est le seul groupe francophone, parmi les 700 sections locales, à ne toujours avoir pas de contrat de travail. Cette situation dure depuis plus d’un an, alors qu’à l’automne dernier, le comité central de négociation du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) signait une nouvelle entente avec le gouvernement provincial et le Conseil des associations de conseillers scolaires (CACS). Cette nouvelle convention collective prévoit une hausse salariale de 1 $ de l’heure chaque année entre 2022 et 2026.
Les 260 employés du CSDCEO n’ont toujours pas perçu l’augmentation rétroactive de 2022 et le 1 $ de l’heure pour le mois de septembre.
Gaëtanne Caron est la présidente de la section locale 4155 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Source : Facebook/ SCFP Section locale 4155
En février 2017, la section locale 4155 et le CSDCEO s’étaient déjà retrouvés dans une situation similaire qui s’était soldée par une grève du personnel. Les employés étaient sans contrat de travail depuis 2015.
En 2023, « il n’y a pas de ratification locale conclue avec le CSDCEO », explique Gaëtanne Caron, en entrevue avec ONFR. Depuis que les négociations monétaires ont été conclues en fin 2022, rien n’a changé pour le personnel de 33 écoles de la région de Prescott et Russell, Glengarry, Stormont et Dundas dans l’Est ontarien.
Empêcher la sous-traitance dans les écoles du CSDCEO
Pour Mme Caron, ce qui est exaspérant, ce sont les concessions. « Le conseil scolaire veut faire de la sous-traitance de façon provisoire, mais nous avons une lettre d’entente disant qu’on ne veut pas de sous-traitance. »
« Il y a une pénurie de main-d’œuvre, donc le CSDCEO veut faire intervenir un appui temporaire qui va à l’encontre de notre convention collective. » Pour la présidente, Gaëtanne Caron, si l’employeur s’essaie à cette pratique, cela créera un précédent qui pourrait mettre en danger la pérennité de leurs emplois, déjà précaires.
« Il faut s’entendre parce qu’on n’est pas prêt à vouloir de la sous-traitance. »
Le syndicat et le conseil scolaire doivent se retrouver autour de la table de négociation le 22 novembre. « Si on est capable de faire beaucoup de pression avant le 22 novembre, on espère qu’ils laissent tomber les concessions vis-à-vis de la sous-traitance », souhaite la présidente.
Les 260 membres du personnel représentent les secrétaires, les réceptionnistes, commis, bibliothécaires, concierges, les informaticiens et informaticiennes ou encore les surveillants.
Christine Couture, membre du conseil exécutif du CSCSO, estime que les délais sont passés. Avec le climat économique, elle est d’avis que les membres ont extrêmement besoin de ces augmentations, mais cette dernière indique aussi qu’il est question de rétention. « Personne ne voudra travailler dans ces conditions. »
Christine Couture est membre exécutif du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) . Crédit image : SCFP/CUPE
« On veut aussi une égalité dans la province », ajoute-t-elle. « Toutes les autres sections locales ont fini les négociations. C’est notre seule section locale francophone qui n’a pas terminé parce que l’employeur décide de mettre des concessions sur la table. Il faut que l’employeur fasse quelque chose », s’impatiente Mme Couture.
Frustration, rétention, salaires qui ne reflètent pas les autres conseils scolaires
« Si on déclenche une grève, quel impact aura-t-elle? », se demande Gaëtanne Caron.
Cette dernière s’inquiète que la sous-traitance ait un impact négatif sur les jeunes élèves : « Pendant la pandémie, les cours en ligne à la maison, ça n’a pas été facile, ni pour les enfants ni pour les parents. Ça risque de ressembler à ça. »
D’ailleurs, elle se demande si le personnel sous ces contrats temporaires aura un salaire plus élevé que les employés sur le plancher. « Si c’est le cas, ça pourrait mal finir », croit la présidente.
De plus, l’écart de salaire entre les différents conseils scolaires est parfois très important. En étant un conseil scolaire desservant les zones rurales de l’Est ontarien, le CSDCEO vit des défis de rétention, d’attraction et d’embauche, peut-être plus importants que les grandes villes environnantes.
La prochaine négociation aura lieu le 22 novembre, d’ici là, le SCFP compte faire pression.
ONFR a tenté de contacter le CSDCEO, une requête sans réponse au moment d’écrire ces lignes.
OTTAWA – Confrontée à des enjeux aigus de recrutement de personnel et de virage numérique dans un contexte d’effritement de revenus publicitaires, la presse francophone canadienne est en outre, depuis presque trois mois, coupée d’une partie de son lectorat sur Facebook et Instagram à cause du blocage de Meta, tandis que plane la menace Google.
L’ambiance était à la célébration au Centre national des arts d’Ottawa, vendredi dernier. L’Acadie Nouvelle a été élu journal de l’année lors de l’anti-gala des Prix d’excellence de la presse francophone. L’hebdomadaire Le Voyageur (Sudbury) a reçu deux récompenses, tout comme l’Aurore boréale (Whitehorse) et l’Aquilon (Yellowknife), tandis que le quotidien Le Droit (Ottawa) s’est adjugé le Prix de la meilleure chronique, un hymne à la militante Gisèle Lalonde signé Denis Gratton.
De quoi faire un peu oublier les multiples défis que traversent les médias locaux, au premier rang desquels Meta qui barre l’accès à leurs contenus à tous les internautes canadiens sur Facebook et Instagram, depuis le début du mois d’août, suite à l’adoption du projet de loi fédéral C-18.
Composer avec le blocage de Meta et le risque Google
« Les réseaux sociaux font partie de notre écosystème. On compte sur eux pour diffuser nos nouvelles. Aujourd’hui, on est obligé de réfléchir à de nouvelles stratégies pour garder le lien avec nos lecteurs et comprendre comment les rejoindre », confie Marie-Claude Lortie, rédactrice du Droit.
Une stratégie, Julien Cayouette en a trouvé une : le rédacteur en chef du Voyageur a créé une page Facebook intitulée Les amis du Voyageur pour informer ses lecteurs du Nord.
« On n’a plus autant de vues, mais ça maintient une certaine présence appuyée par la communauté qui repartage nos contenus », dit-il. Et de nuancer : « Depuis août, on a surtout perdu du trafic tacite, c’est-à-dire des gens qui nous regardaient seulement sur Facebook, tandis que notre public habitué au site web est resté fidèle. »
Francis Sonier, éditeur-directeur général de l’Acadie Nouvelle. Crédit image : Rudy Chabannes
Si Google emboîtait Meta, « l’impact serait encore plus important »
— Francis Sonier, éditeur-directeur général de l’Acadie Nouvelle
Du côté de l’Acadie Nouvelle, tous les moyens sont bons pour compenser la perte liée à Meta : « On développe les ventes, la qualité des contenus et les infolettres », énumère Francis Sonier, éditeur-directeur général de la publication néo-brunswickoise.
Hasard du calendrier, son titre a lancé une nouvelle application mobile trois semaines après le blocage des nouvelles. « Ça nous a permis de rejoindre les gens de façon plus directe avec des notifications, par exemple. »
Si le journal acadien a réussi à atténuer en partie la perte de lecteurs occasionnée par le barrage de Meta (10 à 15 % du trafic vers le site web provenait de Facebook), la crainte aujourd’hui est que Google emboîte le pas. « L’impact serait encore plus important », s’alarme le patron de presse néo-brunswickois.
Virage numérique cherche revenus publicitaires
Malgré les coûts de fabrication et de livraison, la plupart des responsables du secteur rencontrés dans les coulisses de l’anti-gala ne sont pas prêts à abandonner le support papier, pourvoyeur de la majeure partie des revenus publicitaires. « On ne veut pas renier le papier tout de suite », affirme Nicolas Servel. Le directeur de Médias ténois, qui édite l’hebdomadaire l’Aquilon, réfléchit toutefois en permanence à migrer progressivement ses activités vers le numérique.
« On est conscient que l’avenir sera de plus en plus digital, mais une de nos préoccupations est d’arriver à transférer aussi nos revenus publicitaires vers ces plateformes et on n’a pas encore la réponse à cette question. » Diffusé dans les Territoires du Nord-Ouest, l’Aquilon coûte près de 80 000 $ par an en frais d’impression, en plus des coûts de transport et de livraison.
Marie-Claude Lortie, rédactrice en chef du Droit. Crédit image : Rudy Chabannes
« C’est tellement plus immédiat et écologique de publier en ligne »
— Marie-Claude Lortie, rédactrice en chef du Droit
« Le site web est une bonne porte d’entrée, mais on va continuer le papier tant qu’on peut », abonde le Sudburois Julien Cayouette qui observe avec attention la crise de l’imprimerie qui pourrait précipiter le passage complet au digital. « Ce n’est pas la perte du lectorat papier qui nous inquiète, mais plutôt la perte des imprimeurs. On en a perdu deux au cours des cinq dernières années. »
Dans ce concert de louanges envers l’encre et le papier, Le Droit fait figure d’exception puisqu’il cessera définitivement d’imprimer en fin d’année pour basculer à 100 % en ligne en janvier. « Que ce soit sur téléphone, ordinateur ou tablette, nos lecteurs seront bien servis », assure Mme Lortie.
« Les chiffres montrent que l’utilisation du papier est en déclin. Il y avait une certaine aberration à mettre autant d’énergie en papier et en essence dans des camions pour transporter quelque chose d’aussi éphémère, puis recommencer le lendemain, dit-elle. C’est tellement plus immédiat et écologique de publier en ligne! »
Recruter et garder les journalistes : un jeu d’équilibriste
L’autre défi sur toutes les lèvres concerne le recrutement, « un défi constant », ne cache pas Nicolas Servel. « Les gens qui répondent à nos offres viennent de loin, du Canada, mais aussi de France ou encore du Maghreb, et ils n’ont pas toujours conscience où ils mettent les pieds quand ils arrivent à Yellowknife. »
Le froid, la pandémie, le logement ou plus récemment les grands feux de forêt – qui ont contraint ses employés à évacuer la capitale pendant plusieurs jours, sont venus accentuer cette précarité en ressources humaines.
« Il faut toujours repenser l’équipe et la répartition des tâches, confie-t-il, tout en offrant de la flexibilité et des salaires attractifs, mais c’est difficile car on est en compétition avec des gouvernements, des mines et de grosses entreprises qui payent mieux qu’un média communautaire. »
Carolyne Duhaime, directrice et rédactrice en chef de l’Aurore boréale. Crédit image : Rudy Chabannes
« Le journalisme semble moins attrayant qu’avant »
— Carolyne Duhaime, directrice et rédactrice en chef de l’Aurore boréale
Vu de Whitehorse, Carolyne Duhaime – dont le titre fête ses 40 ans cette année – explique ne pas avoir de problème de rétention mais plutôt de recrutement. « Le journalisme semble moins attrayant qu’avant », suppose la responsable de l’Aurore boréale. « On a de la difficulté à trouver des gens, même en tant que pigistes et particulièrement dans les communautés éloignées. Deux journalistes et une pigiste couvrent le Yukon, territoire aux quelque 482 000 kilomètres carrés. »
S’il s’estime être moins touché que ses confrères, le Nord ontarien demeurant un bassin francophone conséquent, M. Cayouette raconte que la crise de l’Université laurentienne a coupé le robinet des talents, ce qui a eu un impact conséquent selon lui : « La fermeture de programmes a eu un impact sur notre recrutement. Les filières journalisme, histoire et littérature qui formaient des gens intéressés au journalisme n’existent plus et on doit se tourner, comme les autres journaux, vers l’immigration. »
Julien Cayouette, rédacteur en chef de l’hebdomadaire nord-ontarien Le Voyageur. Crédit image : Rudy Chabannes
« La fermeture de programmes à la Laurentienne a eu un impact sur notre recrutement »
— Julien Cayouette, rédacteur en chef du Voyageur
Dans cette période d’incertitude, les journaux de langue française hors Québec restent ainsi sur leurs gardes, d’autant qu’ils n’ont « pas complètement trouvé le modèle d’affaires qui fonctionne. On construit avec des outils qui sont mouvants », concède, lucide, Marie-Claude Lortie.
À l’heure du numérique, « la découvrabilité, l’abonnement et l’engagement sont nos priorités », complète Francis Saunier. « On doit s’assurer que les journaux de proximité ont de la valeur et contribuent au développement de nos communautés au milieu de tout ce qui peut distraire les lecteurs. »
De l’avis général, les appuis gouvernementaux sont en outre plus que jamais nécessaires. Le Fonds d’appui stratégique aux médias communautaires ne peut à lui seul garantir l’avenir de la presse francophone en contexte linguistique minoritaire.
« Ça fait plusieurs années que je recherche des fonds pour le numérique mais je trouve que c’est réservé la plupart du temps à des entreprises à but lucratif. Vu les programmes disponibles – compétitifs et limités -, on ne peut pas dire que le travail sur le web soit bien considéré », conclut M. Servel.
Nicolas Servel, directeur de Médias ténois, éditeur de l’Aquilon. Crédit image : Rudy Chabannes
Financement : « On ne peut pas dire que le travail sur le web soit bien considéré. »
— Nicolas Servel, directeur de Médias ténois, éditeur de l’Aquilon
OTTAWA – Le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge estime qu’il faudra une immigration francophone hors Québec bien plus élevée que 6,1 %, cible autour de laquelle planche le gouvernement Trudeau. Même là, il s’agirait d’un objectif difficilement réalisable, selon le ministre de l’Immigration Marc Miller.
C’est ce qu’affirmait ce dernier en comité parlementaire il y a quelques semaines.
« J’aimerais monter à 6 %, mais ça, c’est une augmentation de 50 % d’une cible difficilement réalisable. Ça va prendre de l’ambition et des mécanismes en place pour assurer la pérennité du système, quitte à pouvoir l’augmenter par la cible », présentait-il comme vision.
Hier, devant les sénateurs, Raymond Théberge a rappelé que la nouvelle Loi sur les langues officielles oblige le gouvernement à rétablir, via immigration, le poids démographique des francophones à 6,1 % comme c’était le cas en 1971.
« Pour y arriver, il faut une cible beaucoup plus importante que 6,1 %, a-t-il plaidé (…). L’immigration c’est une question existentielle pour nos communautés. »
Marc Miller doit annoncer en novembre les seuils de nouveaux arrivants que son gouvernement compte implanter après 2024, incluant une nouvelle cible d’immigrants parlant la langue de Molière. Actuellement, elle est à 4,4 %, mais elle n’a été atteinte qu’à une seule reprise depuis son implantation en 2001, soit l’an dernier.
Main-d’œuvre : l’immigration doit s’accompagner de formation
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) souhaite que le gouvernement triple son objectif dès 2024 avant d’atteindre 20 % en 2036.
Le Commissariat aux langues officielles avait d’ailleurs réalisé une étude en 2021, qui démontrait que ces échecs répétitifs depuis deux décennies, constituaient aujourd’hui un manque de 120 000 immigrants francophones hors du Québec.
Questionné sur la pénurie de main-d’œuvre francophone, notamment dans le secteur de la santé, le commissaire précise qu’une cible plus haute ne serait pas l’unique élément nécessaire pour les communautés en situation minoritaire.
« On peut accueillir un plus grand nombre de gens, mais est-ce qu’on a la capacité de les intégrer dans nos communautés? Est-ce qu’on va reconnaître leur expérience (de travail)? Si on veut réellement s’attaquer au problème de main-d’œuvre, oui il y a l’immigration, mais il faut parler de formation. Il faut développer une capacité au sein de nos institutions pour former plus de gens », plaide-t-il.
Raymond Théberge témoignait pour présenter son rapport annuel de 2022 dans le cadre d’une étude sur les services de santé dans la langue de la minorité de la part du comité sénatorial des langues officielles.
L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a décerné des prix de reconnaissance à des acteurs de la francophonie ontarienne, les récompensant pour leur implication au sein de la communauté à travers la province.
Le prix Paulette-Gagnon, qui récompense en quelque sorte le francophone de l’année, a été remis à Lucie Hotte, une chercheuse à la tête à la tête du Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF). Professeure au département de français de l’Université d’Ottawa, elle a notamment élaboré des cours sur la littérature franco-ontarienne et supervisé plus d’une trentaine d’étudiants en maîtrise et en doctorat, assurant ainsi la formation de littéraires franco-ontariens.
La professeure titulaire au Département de français de l’Université d’Ottawa Lucie Hotte. Gracieuseté
Le Prix Florent-Lalonde, qui récompense le bénévole de l’année, a été remporté par Marlène Thélusma Rémy. Elle s’est impliquée au sein des communautés immigrantes francophones, tant par le bénévolat que par le biais de son organisme, Kay Créole d’entraide et de services professionnels, qu’elle a fondé en 2007.
La lauréate du prix Jeunesse est Geneviève Thomas, qui s’est impliquée au sein de l’organisme Leadership féminin Prescott-Russell.
L’AFO a aussi remis pour la première fois un Prix Francophile qui reconnaît les efforts et l’implication d’une personne non francophone à la langue et à la culture francophone. Catherine Mensour, originaire de Sudbury, s’est vu mériter cet honneur pour son apport à la communauté artistique et culturelle de l’Ontario français au cours des 45 dernières années.
L’organisme Sports Niagara, hôte des Jeux du Canada en 2022, a remporté pour sa part le Prix de l’Horizon franco-ontarien. Cet honneur récompense un projet communautaire, entrepris par un groupe, qui contribue à la vitalité de la collectivité franco-ontarienne.
L’organisme responsable des Jeux du Canada de 2022, Sports Niagara a été récompensé par l’AFO, notamment pour l’ouverture d’un Pavillon de la francophonie sur le site de l’événement. Crédit image : Tim McKenna.
Les lauréats recevront leur récompense lors du congrès annuel de l’AFO cette fin de semaine.
TORONTO – La leader néo-démocrate Marit Stiles a annoncé, ce lundi matin, l’expulsion immédiate de la députée de Hamilton-Centre Sarah Jama du NPD pour prises de décision et actions unilatérales dommageables pour le parti. Moins d’une heure après, la chambre a voté, à 63 voix contre 23, en faveur de la motion de censure du Parti progressiste-conservateur à son encontre pour ses propos de soutien à la Palestine contre Israël.
Si l’élément déclencheur de la décision de la cheffe du NPD reste encore indéterminé, quatre jours plus tôt, l’annonce de la députée engageant une action en justice contre le premier ministre Doug Ford pour diffamation, s’il ne retirait pas ses propos contre elle, pourrait avoir surpris son caucus.
« Au sein de notre caucus, il y a de la place pour des points de vue différents, même dissidents. Mais cela repose sur les principes fondamentaux de la confiance et du travail en équipe. Mme Jama et moi avions conclu une entente pour la garder au sein du NPD, ce qui prévoyait de travailler ensemble de bonne foi et sans surprise. Nous avons déployé des efforts considérables pour la soutenir pendant cette période sans aucun doute difficile », a expliqué Marit Stiles dans un communiqué de presse.
« Depuis, elle a entrepris un certain nombre d’actions unilatérales qui ont miné notre travail collectif et brisé la confiance de ses collègues. Certaines des actions de Mme Jama ont contribué à créer des environnements de travail dangereux pour le personnel. Ainsi, avec le soutien de nos députés néo-démocrates, je n’ai eu d’autre choix que de la retirer de notre caucus », a tranché celle-ci.
Une motion de censure adoptée
Moins d’une heure après cette annonce, la chambre a tenu le vote de la motion de censure contre la députée, soumise initialement par le ministre du Logement et leader parlementaire Paul Calandra, stipulant « que le président est autorisé à ne pas donner la parole à la députée de Hamilton-Centre jusqu’à ce que la députée se rétracte et supprime ses déclarations sur les réseaux sociaux et fasse des excuses de sa place à la Chambre ».
Le couperet est tombé : la motion ayant été adoptée à 63 voix contre 23.
Mme Stiles a fermement condamné cette décision « extrême » la qualifiant d’« antidémocratique » et accusant le gouvernement de se servir du conflit israélo-palestinien à des fins politiques : « Un nouveau coup bas pour les conservateurs corrompus de Ford qui cherchent désespérément à détourner l’attention du fait qu’ils font l’objet d’une enquête criminelle de la GRC », a-t-elle commenté.
De poursuivre : « Cette motion extrême interdit à une députée de participer à l’Assemblée législative six mois seulement après son élection. Cela crée un dangereux précédent. Il s’agit d’une décision antidémocratique, et les conservateurs de Ford ont désormais privé les électeurs de Hamilton-Centre de leurs droits. »
Réaffirmation de ses positions en chambre
Sarah Jama s’est quant à elle exprimée en chambre, avant le vote, réaffirmant ses positions de soutien à la Palestine : « Il y a treize jours, j’ai appelé à un cessez-le-feu immédiat et à une désescalade de la part du gouvernement israélien, qui avait lancé un horrible siège contre les Palestiniens à Gaza. Depuis cette déclaration, Israël n’a fait qu’intensifier ses attaques contre des millions de civils. »
« Je réitère mon appel à un cessez-le-feu immédiat aux forces israéliennes et au rétablissement immédiat des vivres, de l’eau, du carburant et de l’électricité à Gaza. J’applaudis les nombreux élus du Canada qui se sont joints à cet appel ces derniers jours, et j’espère que vous serez encore plus nombreux à prendre la parole. »
« Mes propos s’appuient sur les réalités de l’apartheid israélien et sur la domination et l’occupation des terres palestiniennes par Israël. Les gouvernements et les institutions du Canada tentent d’utiliser leur poids pour faire taire les travailleurs, les étudiants, les éducateurs et les personnes en quête de paix qui osent soutenir la Palestine. »
« À toute personne prenant des risques pour défendre la dignité et la sécurité des Palestiniens, (…) nous devons continuer à nous exprimer, quel qu’en soit le prix », a conclu celle qui siégera dorénavant comme députée indépendante.
Depuis le 7 octobre, la guerre entre Israël et le Hamas fait la une de tous les bulletins de nouvelles. Mais le conflit israélo-palestinien dure depuis 75 ans. En comprendre les racines et le contexte historique et politique, surtout depuis un pays très éloigné, peut s’avérer ardu. Et à une époque où la guerre se joue aussi sur les réseaux sociaux, la pression est forte de se prononcer rapidement sur un enjeu qui nous dépasse.
Pour tenter d’y voir plus clair, ONFR s’est entretenu avec trois intervenants. Costanza Musu est professeure agrégée à l’École d’affaires publiques et internationales et Ruby Dagher est professeure adjointe à l’École de développement international et mondialisation, toutes deux de la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa. Pour sa part, Ali Lienaux est travailleur social, psychothérapeute et professeur au Collège Boréal à Toronto.
La position gouvernementale
La plupart des gouvernements occidentaux, dont celui du Canada, ont rapidement dénoncé l’attaque historique du Hamas et appuient l’État d’Israël, en mentionnant son « droit de se défendre, conformément au droit international », comme indiqué par Justin Trudeau lors d’une déclaration officielle.
Le Canada considère le Hamas comme une organisation terroriste. Le pays reconnaît l’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP) comme entité gouvernementale représentant le peuple palestinien. En 2006, le Hamas a été élu dans la bande de Gaza alors que le Fatah, parti membre de l’OLP, a été élu en Cisjordanie.
Les deux groupes ont des objectifs opposés, comme l’explique Ruby Dagher : « Pour le Hamas, c’est d’enlever Israël de la carte, pour rendre la terre aux Palestiniens, mais avec une vue spécifique basée sur la charia. Ce n’est pas le but du Fatah qui ne veut pas de système de gouvernance extrémiste islamiste. »
D’autres voix sur les réseaux sociaux
On voit aussi émerger, sur les réseaux sociaux et dans certaines manifestations, le mot-clic #freepalestine, libérez la Palestine. Ce mouvement cherche à faire contrepoids aux positions officielles des gouvernements occidentaux en rappelant les conditions de vie précaires des Palestiniens. Les colonies israéliennes continuent de se multiplier sur le territoire de la Cisjordanie. Et si les colons ont quitté la bande de Gaza en 2005, Israël en contrôle toujours l’accès en imposant un blocus qui limite drastiquement le passage du matériel et des gens à la frontière.
Selon Ruby Dagher, « l’occupation, ce n’est pas d’être là physiquement, c’est aussi de tout bloquer. Et chaque pays qui occupe un territoire a la responsabilité d’assurer un certain niveau de vie normal à la population qui fait partie de l’autre groupe ».
Ruby Dagher est professeure adjointe, École de développement international et mondialisation, à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa. Gracieuseté
Cette obligation est aussi rappelée sur le site web du gouvernement canadien qui précise que « le Canada ne reconnaît pas le contrôle permanent exercé par Israël sur les territoires occupés. » Sur la même page, il est aussi mentionné que « le Canada et Israël sont liés d’une amitié indéfectible et entretiennent des relations bilatérales solides qui vont en grandissant, basées sur des valeurs communes, notamment la démocratie ».
Les partisans de #freepalestine considèrent qu’Israël bénéficie d’une impunité des gouvernements occidentaux, ce que constate Ruby Dagher. « Il n’y a pas de conséquences. Ce n’est pas la première fois qu’ils bombardent Gaza comme ils le font actuellement. Maintenant, c’est au-delà de ce qu’on voit normalement, mais ils ont détruit Gaza à plusieurs reprises, même dans les derniers dix ans. »
La professeure adjointe croit que l’Histoire a instauré un biais collectif. « N’importe quelle attaque sur des juifs ramène les sentiments de l’holocauste et comment la communauté internationale a échoué envers eux durant la Seconde Guerre mondiale. La majorité des Canadiens ne sont pas vraiment au courant de la réalité de comment Israël agit envers les Palestiniens. »
Pour Costanza Musu, il est faux de dire que le Canada n’impose aucune conséquence à Israël, mais il y a une limite à ce qui peut être fait. « Une intervention militaire est impossible, alors on parle de pression diplomatique et économique. Ça devient très difficile. » Selon elle, si l’on condamne la position canadienne envers Israël, il faut aussi le faire par rapport à d’autres. « Le Canada a aussi des rapports politiques et économiques avec d’autres pays où les violations des droits humains sont énormes. »
Choisir un camp?
Dans un monde où la guerre se déroule aussi de façon numérique, il peut être difficile de départager l’information de la désinformation. Les algorithmes créent des bulles d’informations plus ou moins fiables qui carburent aux émotions plus qu’aux faits.
Selon le travailleur social Ali Lienaux, « c’est là que les journalistes ont un rôle important à jouer pour vérifier des sources. Les réseaux sociaux ont pris le relais des nouvelles, en quelque sorte, parce qu’on mène une vie tellement occupée qu’on n’a pas le temps d’écouter beaucoup d’information ».
Le spécialiste mentionne les travaux du prix Nobel Daniel Kahneman, selon qui deux systèmes de pensée entrent en compétition dans notre cerveau. La pensée rapide est utile pour survivre à certaines situations. Mais s’informer sur un conflit aussi complexe devrait passer par une pensée plus lente et profonde. Or, sur Internet, la tendance est aux vidéos courtes, qui feront réagir rapidement.
Ce tourbillon d’information peut générer de l’anxiété. Ali Lienaux explique : « Que l’on appartienne ou non à l’une des communautés impliquées, on a l’impression que, comme c’est une catastrophe, on doit réagir pour sortir de cette zone de danger. Est-ce qu’on le fait d’une façon rationnelle? Généralement pas. »
Ali Lienaux est travailleur social, psychothérapeute et professeur au Collège Boréal à Toronto. Gracieuseté
Le psychothérapeute explique qu’il y a trois réactions types devant le stress : se figer émotionnellement, vouloir fuir (éviter d’entendre ce qui se passe), ou « prendre en charge » la situation de façon très intense.
Donc, la personne qui ferme les réseaux sociaux et celle qui enchaîne les publications ont toutes les deux une réaction normale. Mais les écrans créent une distorsion dans les réactions, qui font qu’on en arrive à avoir « des comportements qui ne sont pas forcément inspirés par les valeurs essentielles de l’humanité ». Selon Ali Lienaux, cette distorsion se transpose aussi dans la « vraie vie », notamment au niveau politique. « Je pense que le monde entier est en train de se radicaliser. »
Ruby Dagher observe aussi cette radicalisation en dehors d’Internet. « Je pense qu’on est arrivé à un moment où, au Canada, on n’a pas d’espace où on peut se parler ouvertement par rapport à ceci sans être attaqué. » Elle témoigne d’une crainte dans la communauté arabo-canadienne, due à la position pro-israélienne que le Canada adopte de façon plus directe depuis l’époque de Stephen Harper. « Nos voix ne sont pas libres. »
Costanza Musu observe aussi la difficulté d’exprimer des nuances dans le cas de la guerre entre Israël et le Hamas. « Peut-on soutenir le droit d’Israël de vivre dans la paix et, en même temps, soutenir le droit de la Palestine de créer un État? Oui mais, quelques fois, on dirait qu’il est impossible de faire les deux en même temps. » Tout de même, « on reste une démocratie avec le droit de montrer notre idée », selon la professeure.
Interactions avec les pairs
Comment réagir face à des personnes devant qui nous ne sentons pas l’espace d’exprimer des réserves? Selon Ali Lienaux, il faut avoir de l’empathie pour son interlocuteur, dont la réaction émotive est normale. Mais devant des débats stériles sur les réseaux sociaux, mieux vaut peut-être passer son tour. « Je me questionne sur l’utilité d’avoir un engagement verbal avec quelqu’un qui est dans cet état car ça ne va mener nulle part », pense Ali Lienaux
« Notre rôle, si l’on n’est pas aussi bouleversé que la personne qui s’engage avec nous, c’est d’en savoir plus, d’en apprendre plus, afin de comprendre ce qui se passe. »
— Ali Lienaux
À l’inverse, comment gérer notre frustration devant un proche qui ne semble pas intéressé à en apprendre sur le sujet? Surtout si l’on est bien informé, « il faut prendre le recul nécessaire pour conserver l’empathie dont on a besoin pour être en communication avec des personnes pour qui cette réalité est comme un autre monde. Méfions-nous de la colère ».
Il faut aussi prendre le temps de rassurer les enfants de notre entourage. « C’est une excellente catégorie d’être humain qu’on doit protéger face à la surexposition des médias. Ce sont les mêmes conseils qu’on avait donnés après le 11 septembre 2001. De ne pas leur faire voir les nouvelles sans expliquer ce qui se passe, et de ne pas les laisser voir ces choses-là en boucle. »
En parler avec nos enfants donc, mais aussi passer du temps de qualité avec eux et leur « démontrer que leur monde tel qu’ils le connaissent est sécuritaire ».
L’empathie
Pour espérer que la génération de nos enfants soit moins radicalisée, il faut leur donner « les outils de cultiver l’empathie, de comprendre les différences, de savoir comment gérer les conflits de façon positive », selon Ali Lienaux.
L’empathie est aussi d’une grande importance dans nos interactions entre adultes. « Dans l’ensemble, on a tous une réaction normale à une situation qui n’est pas normale. »
Finalement, il faut aussi avoir de l’empathie envers soi-même. Sans faire d’évitement, il est sain de limiter notre consommation de réseaux sociaux ou de médias traditionnels, car les images et informations en boucle « augmentent notre anxiété ou notre sentiment de n’avoir aucune prise sur une situation qui est tellement complexe qu’on ne sait pas par quel bout la prendre ».
Un danger qui nous guette derrière nos écrans est l’usure de compassion. « Il y a un moment où on nous en demande tellement qu’il ne nous reste pas grand-chose pour être capable de nous mettre à la place de l’autre. Ça augmente le conflit. Quand on n’a plus la capacité de comprendre l’autre, on se bloque avec : je n’ai plus l’énergie de faire ça et ça ne m’intéresse même pas de savoir. »
Le poids des mots
Les mots peuvent servir autant à l’information qu’à la désinformation, comme l’explique Ruby Dagher. « Qu’on parle souvent des terroristes fait que beaucoup de Canadiens ont un sentiment que les Palestiniens, même s’ils ne sont pas membres de Hamas, viennent d’un environnement terroriste. » Selon elle, il faut aussi « arrêter de dire qu’on a le droit de faire n’importe quoi parce que ce sont des terroristes. Ce genre de discours rappelle ce qu’on a fait en Afghanistan ou en Irak ».
Selon Costanza Musu, « il faut se souvenir que le Hamas ne représente pas tous les Palestiniens, même pas tous les habitants de la bande de Gaza. La plupart d’entre eux n’avaient aucune idée de cette opération. Ils sont complètement pris. Ils supportent l’idée de la résistance contre Israël, peut-être même une résistance armée, mais la majorité des Palestiniens ne veulent pas aller tuer des enfants ».
Costanza Musu est professeure agrégée, École d’affaires publiques et internationales à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa. Gracieuseté
Attention aussi au mot traumatisme, réservé à un diagnostic précis pour les gens qui sont directement affectés par une situation, rappelle Ali Lienaux. « De l’avoir vu à distance sans connexion personnelle, c’est bouleversant, mais ce n’est pas du stress post-traumatique. » Lors d’un débat, il faut être conscient que certaines personnes ont réellement vécu des situations semblables et que leurs traumatismes peuvent être ravivés par la crise actuelle.
Une expression à ramener serait le bon vieux Je ne sais pas. « C’est important de commencer par là parce que, effectivement, c’est plutôt un problème d’ignorance et de connaissances », exprime le professeur du Collège Boréal.
S’informer auprès de médias fiables est crucial. « C’est très difficile de faire le tri pour tout un chacun et d’essayer de voir clair dans une situation qui, essentiellement, est chaotique. On ne sait plus où se trouve la vérité. »
TORONTO – Cofondateur de WebInterpret et de Glopal, deux leaders internationaux de solutions innovantes de e-commerce opérant dans le monde entier, ce chef d’entreprise chevronné et navigateur passionné hisse la grand-voile sur l’eau comme sur le web, en abolissant les frontières géographiques du e-commerce. De Paris et Varsovie à Toronto, découverte du parcours d’un entrepreneur qui a le vent en poupe.
« Vous avez grandi à Paris. Quelles passions vous habitaient plus jeune ?
Même si j’ai en effet principalement grandi à Paris, ma mère étant bretonne, aller en Bretagne régulièrement a très tôt développé en moi la passion de la mer et l’envie de naviguer. À l’âge de 14 ans j’ai pu aller faire un cursus sports étude voile à la Baule, ce qui m’a permis de faire mon lycée tout en naviguant.
Par la suite durant mon IUT (Institut universitaire de technologie), à Nantes, mon statut de sportif de haut niveau me permettait de me dégager du temps pour naviguer. Autour des années 2000, s’est alors posée la question de passer en professionnel ou d’arrêter le bateau. Cette période de doutes m’a décidé à prendre une année sabbatique. J’ai travaillé sur des bateaux de course en tant que pro puis je suis parti en Nouvelle-Zélande pour perfectionner mon anglais.
Benjamin Cohen a cofondé sa première société à l’âge de 27 ans seulement, WebInterpret, qui se scindera plus tard en deux entreprises, comptant désormais chacune 150 et 90 employés. Gracieuseté
Le lac Ontario vous permet-il tout de même de rester proche de votre élément de prédilection ?
Je suis un touche-à-tout en ce qui concerne les sports aquatiques : je fais du kitesurf, du wing foil, du surf, de la voile, et ici même à Toronto, j’ai deux bateaux. Je fais partie d’un club nautique et j’ai donc la chance de tirer parti du potentiel du lac Ontario et de pouvoir m’échapper sur ses îles régulièrement.
Avez-vous toujours baigné dans le milieu de la Tech ou avez-vous travaillé dans différents secteurs auparavant ?
J’ai toujours été proche de la techno, sans avoir pour autant moi-même un rôle technique même, étant plutôt dans la gestion des opérations en tant que chef d’entreprise, les relations clients et la finance.
En 2001, j’ai fait une école d’ingénieur à Paris pendant trois ans avec une expérience d’apprentissage en entreprise dans l’automobile avant de faire, en 2005, un troisième cycle à l’EM Lyon (école supérieure de commerce) dans l’entrepreneuriat. La fibre business m’habitait déjà et j’avais déjà en tête de créer ma propre compagnie. Et c’est là que j’ai rencontré Patrick Smarzynski, mon associé actuel, avec qui j’ai eu plus tard l’occasion de travailler sur une première mission en commun pour le groupe Valeo.
Benjamin Cohen et son associé Patrick Smarzynski en 2007 au moment de la création de WebInterpret, alors plateforme de conférences en ligne multilingues. Gracieuseté
Vous avez cofondé WebInterpret et plus tard Glopal. Parlez-nous de la genèse des projets…
Patrick avait créé une SSII (Société de services et d’ingénierie en informatique) entre la France et la Pologne, ses parents étant polonais. On avait aimé travailler ensemble et on a eu l’opportunité de créer une société en 2007, qui s’est appelée WebInterpret.
De Paris, on s’est installé dans le sud de la France pour travailler dans un incubateur duquel nous avons eu l’idée de proposer une solution de conférence call multilingue qui a bien marché. Forts de cette expérience, nous nous sommes ensuite intéressés au e-commerce et avons concrétisé une solution de vente à l’international sur les places de marché comme eBay, qui a aussi bien fonctionné. A ce stade, l’entreprise, bien implantée en Europe, comptait déjà plus de 200 personnes avec un grand centre opérationnel en Pologne, un bureau en Chine et en Amérique du Nord.
Patrick Smarzynski, à gauche, et Benjamin Cohen, à droite, cofondateurs de WebInterpret. Gracieuseté
Qu’avez-vous fait à la suite de ça?
Nous avons ensuite appliqué ce même concept de faire du commerce international sur les marketplaces aux sites internet cette fois. Nous avons donc développé une nouvelle solution, que l’on a lancée avec la société PayPal en premier lieu. Ayant à ce stade deux produits en un seul groupe, il était temps de le scinder en deux sociétés, ce qu’on a fait en 2020. Développer Glopal a été un travail à plein temps et nous avons pu faire une levée de fonds de 4 millions de dollars puis de 20 millions dans la foulée, donc la société grossit très bien.
Quelle est la principale différence entre les deux sociétés?
WebInterpret est maintenant très spécialisé sur les places de marché ou marketplaces, comme Amazon et eBay, et aide des petits marchands à se développer, quelque 30 000 clients qui achètent des services automatisés pour augmenter leur présence en ligne à l’international.
Glopal, qui compte 200 à 300 clients, fournit des services pour les sites internet de marques principalement. Parmi nos clients, on travaille par exemple avec Balmain, les marques du groupe LVMH, Dior ou encore Loewe, des retailers aussi comme Printemps.
L’équipe de direction de Glopal avec, de gauche à droite : Patrick Smarzynski, cofondateur et PDG de Glopal, Elise Geairon, directrice financière, Herbert Knibiehly, chef de produit, Christian Frenza, chef du personnel, Benjamin Cohen, cofondateur et chef des opérations, et Aurélie Launay-Abert, directrice clients. Gracieuseté
En quoi la solution e-commerce Glopal est-elle innovante?
Elle offre un service un peu plus large axé sur trois éléments principaux : une solution marketing qui permet de répliquer les flux marketing à l’international, une solution qui permet de traduire les sites, solution pour mieux convertir les ventes avec la bonne localisation, la devise monétaire, toute la partie paiement également avec l’application des taxes et des bons moyens de livraison et enfin une solution backoffice qui aide les entreprises à expédier avec les bons documents de douane et aide les acheteurs à retourner leurs produits avec les bons schémas et bons documents de douane.
Il s’agit de s’affranchir des frontières, transformer un site e-commerce standard en un site disponible dans le monde entier, conforme à chaque pays et à chaque acheteur.
Qu’est-ce qui vous a amené à choisir de vous implanter à Toronto?
Nous avions initialement un bureau à Sacramento, proche de San Francisco. J’habitais à l’époque à Varsovie, une expérience de cinq ans, et le voyage était assez long et le décalage horaire, pas idéal non plus. Pour développer notre marché Amérique du Nord, la côte est semblait plus intéressante pour nous. Nos deux critères étaient alors de choisir une ville compétitive, bien connectée et avec accès à un bon bassin de talents. Toronto s’est imposé avec un avantage culturel non négligeable, celui d’être à mi-chemin entre la culture européenne et américaine.
Combien d’employés les groupes comptent-ils et où les bureaux sont-ils principalement localisés?
Les bureaux de WebInterpret, qui compte 150 personnes, sont principalement situés à Toronto, à Varsovie, à Barcelone et à Shenzhen en Chine. Les 90 employés de Glopal sont entre Paris, Varsovie, Toronto ou encore en Serbie et aux États-Unis. Je suis donc amené à circuler beaucoup entre ces différentes zones.
Benjamin Cohen, à gauche, et Patrick Smarzynski, à droite, associés depuis leurs debuts, 16 ans plus tôt. Gracieuseté
Y a-t-il certains pays avec lesquels vous travaillez le plus?
Nos clients sont principalement en Europe, Amérique du Nord, Angleterre, et nos solutions les aident à expédier dans le monde entier. On travaille également avec des marques basées en Asie, Japon, Corée, Asie du Sud-est, Thaïlande.
Avec Glopal, on considère qu’on est en début d’aventure, l’idée est de continuer à se développer encore plus en Europe et Angleterre et Amérique du Nord et on verra où ça nous mène.
Vous êtes également impliqué dans French Tech de Toronto…
Oui, en effet, j’en suis le trésorier et un des membres fondateurs. La French Tech c’est l’idée de créer une communauté de gens français et francophones passionnés de Tech à Toronto. On organise de beaux évènements annuels sur des sujets autour de la Tech qui rassemblent en moyenne 600 personnes. Nous fêtons d’ailleurs mardi prochain les 10 ans de la French Tech en haut de la Tour CN. L’année dernière, nous avons lancé le réseau franco-canadien ABEONA, pour mettre des actions concrètes en place et améliorer la parité dans le monde de la Tech, qui n’est pas toujours parfaite, partager les bonnes pratiques et aider les femmes dans leur parcours. »
LES DATES-CLÉS DE BENJAMIN COHEN :
1980 : Naissance à Paris, le 18 novembre
1995 : Départ pour La Baule, en Loire-Atlantique, pour un cursus secondaire en sport études voile
2000 : Année de césure pour naviguer sur des bateaux de course en professionnel et départ pour une année en Nouvelle-Zélande
2007 : Création de WebInterpret avec son associé Patrick Smarzynski
2019/2020 : Création de sa seconde société, Glopal, et arrivée au Canada
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, place à la littérature avec l’autrice Monia Mazigh.
[CHRONIQUE]
L’histoire se répète-t-elle? Plusieurs historiens ont répondu différemment à cette question qui d’emblée paraît simple mais en réalité reste complexe et clivante.
Georges Satayana, penseur et philosophe américain avait dit en 1905, dans son livre The Life of Reason 1905, qu’« un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». Quelques années plus tard, le premier ministre britannique Winston Churchill avait repris une phrase similaire.
Alors qu’au 19e siècle l’économiste philosophe Karl Marx avait dit : « L’histoire se répète toujours deux fois, la première comme une tragédie, la seconde comme une farce. »
Dans son roman Par-delà les frontières, publié aux Éditions David, Jean Mohsen Fahmy nous fait découvrir une période méconnue de l’histoire du Québec qui, à plusieurs niveaux, nous rappelle ce que nous vivons aujourd’hui : la montée du fascisme, l’émergence de l’extrême droite, la propagande, le populisme et la haine des uns envers les autres.
L’auteur franco-ontarien a choisi la communauté italienne dans les années 40 avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Une communauté hermétique et insulaire qui a fui la pauvreté de certaines régions comme la Sicile ou la Calabre du début du 20e siècle et est venue chercher une meilleure vie dans un Montréal qui était aussi fermé sur lui-même, les Canadiens français d’un côté et les « autres » de l’autre.
La vie de ces Italo-Canadiens n’était pas facile. Comme plusieurs autres communautés qui se sont établies au Canada, elles voulaient gagner leur vie tout en gardant leur langue, leur tradition et leur culture. Chose qui n’est pas toujours bien vue par les deux peuples fondateurs : les Français et les Anglais.
Cet isolement de la communauté italienne lui a permis de travailler ardemment, de vivre ensemble, de protéger ses enfants et ses familles et de maintenir des relations familiales fortes, mais c’était aussi source de plusieurs problèmes. Les rumeurs qui circulent trop vite, la jalousie entre familles, la suspicion des « autres » et aussi l’attachement profond à la mère patrie et les idées qui y circulent.
Ces Italiens sont-ils vraiment des Canadiens ou sont-ils encore attachés à leur terre natale et aux idées dangereuses qui y émergent? Peut-on être à la fois Italiens et Canadiens?
La Seconde Guerre mondiale pour toile de fond
Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette question avait une seule réponse : on ne peut être loyal qu’au Canada et tout autre attachement ou différence d’opinion est perçu comme une trahison ou un danger imminent pour la nation. Il va sans dire que c’est un environnement qui encourage la montée de l’extrême droite, qui étouffe les esprits, qui hait la différence et qui voit dans toute communauté tissée serrée une menace à la cohésion sociale.
C’est dans ce milieu que nous transporte Jean Mohsen Fahmy avec l’histoire de Carlotta, la fille d’immigrants italiens et de Mario son amoureux, fils de Canadiens français, qui se rencontrent dans le magasin du père de Carlotta et qui commencent ensemble une belle histoire d’amour.
Maintes fois en lisant cette histoire je me suis trouvée en train d’établir des parallèles avec l’histoire des Canado-Japonais à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. En été 2018, j’ai eu la chance de passer trois mois dans la résidence de Joy Kogawa, une auteure canadienne d’origine japonaise qui a vécu une partie de son enfance à Vancouver dans la maison qui est devenue aujourd’hui une résidence pour écrivains.
Avant de partir de sa maison avec sa famille, forcée par une loi du gouvernement canadien de quitter la ville, pour un camp d’internement dans une région montagneuse et isolée de la Colombie-Britannique, la petite Joy a entouré le cerisier de leur jardin de ses petites mains et fait un vœu. Celui de retourner un jour au pays.
Son vœu a été exaucé des années plus tard quand elle est revenue visiter sa maison après l’exil et le déracinement dans son propre pays. Elle y est revenue adulte et reconnue pour ses talents littéraires.
Est-ce que l’histoire se répète?
En 2001, après les attaques du 11 septembre, le président américain Georges W. Bush a déclaré au monde qu’il fallait choisir son camp : où on est avec les États-Unis ou on est avec les « terroristes ». Du jour au lendemain, ma famille s’est trouvée, non par choix, mais plutôt imposée par les États-Unis et son allié le Canada dans le camp des terroristes. Mon monde s’est écroulé. Mon mari s’est retrouvé en prison et ma loyauté envers le Canada était remise en cause.
Une histoire d’amour dans des années d’enfer
Jean Mohsen Fahmy est un écrivain optimiste. Il nous raconte une histoire d’amour dans ces années d’enfer. Une histoire tragique où l’amour l’emporte sur la bêtise humaine, la haine et l’injustice. Et son optimisme n’est pas irréaliste. Joy Kogawa a triomphé. Mon mari a été libéré. Les Canada-Japonais ont eu droit à des excuses et des dommages de la part du gouvernement. Mais doit-on toujours passer à travers l’obscurité pour retrouver la lumière?
Pourquoi Carlotta et sa famille doivent-ils vivre l’injustice et la douleur pour qu’un jour ces Italo-Canadiens soient reconnus pour leur humanité et non pas par leurs racines italiennes et ce que d’autres Italiens ont fait ou commis comme actes. Est-ce qu’il faut toujours une deuxième, troisième, nième fois pour que les hommes apprennent leur leçon d’histoire.
Je ne sais pas si L’auteur a choisi cette histoire pour nous rappeler que l’injustice ne dure jamais, que les extrémistes perdent toujours, que le fascisme, même s’il peut séduire quelques esprits perdus, ne peut perdurer et que ces périodes sombres de notre histoire n’ont qu’une seule issue : disparaître graduellement et rester des taches sombres dans notre histoire commune.
Et cela malgré les terribles nouvelles qui nous arrivent, malgré les guerres violentes et les bombardements des populations civiles et la montée de la haine et de la violence.
J’ose l’espérer.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.
Difficile d’aborder l’identité de genre et l’éducation sexuelle sans basculer dans un débat clivant en Ontario. La question a atteint son paroxysme le 20 septembre dernier, dans des manifestations qui ont embrasé le Canada et dans lesquelles plusieurs affirmations ont circulé. Trois experts les battent en brèche.
Exposer un enfant au concept d’identité est l’influencer dans ses décisions…
Un des aprioris les plus relayés dans les récentes manifestations est que le fait que d’exposer un enfant au concept d’identité de genre pourrait l’influencer et lui faire prendre des décisions à risque.
Selon Mona Paré, professeure et vice-doyenne aux études supérieures à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, sensibiliser les enfants à un tel concept leur permet au contraire de comprendre la diversité et de favoriser l’acceptation des autres avec leurs différences.
« C’est important, dit-elle, pour combattre l’intimidation et de faire des écoles des espaces sûrs pour les enfants. Cela leur permet aussi de mieux s’accepter eux-mêmes, de passer librement par leurs processus de développement et ainsi avoir une meilleure santé mentale. L’éducation au respect de son identité et de celle des autres ne mène pas à des traitements médicaux. »
« Les identités de genre ne s’attrapent pas! », renchérit la responsable du programme jeunesse à FrancoQueer, Anne-Sophie Ruest-Paquette. « Ni au contact d’une personne trans, non binaire ou non conforme dans le genre ni lors d’un cours sur le concept d’identité de genre. » Et de rappeler que, dès l’âge de trois ans, les enfants sont conscients des codes genrés binaires, fille ou garçon. On observe chez certains d’entre eux, une dysphorie de genre (détresse liée au décalage entre l’identité de genre assignée et celle ressentie).
« Les enfants cisgenres ne souffrent pas de ce processus, car iels s’alignent avec les codes normatifs. Les enfants trans, non binaires et non conformes dans le genre peuvent, au contraire, en souffrir, surtout lorsque l’émergence de leur identité de genre ressentie est contrainte ou opprimée par sa famille et son entourage. »
Tous les jeunes méritent de voir leur vie reconnue à l’école, ajoute la juriste transféminine et bioéthicienne Florence Ashley. « Nier l’existence des jeunes trans, c’est comme nier l’existence des jeunes gais, lesbiennes, ou bisexuelles. Ça ne les empêche pas d’exister, ça ne fait que leur envoyer le message que leur existence n’est pas la bienvenue et ça, il n’y a rien de pire pour le bien-être et le sain développement. »
Les mineurs sont trop jeunes pour prendre des décisions concernant leur genre…
Une autre idée répandue, et sur laquelle nombre de parents s’interrogent, est que les mineurs seraient trop jeunes pour prendre des décisions concernant leur genre.
Rejeter l’identité de genre des jeunes au motif que c’est trop jeune pour prendre une décision, ça peut avoir un effet nocif sérieux parce que ça enseigne aux jeunes que leurs besoins et connaissances de soi ne méritent pas d’être écoutés, affirme au contraire Florence Ashley.
Florence Ashley, juriste transféminine et bioéthicienne, professeure adjointe, Faculté de Droit, Université de l’Alberta. Gracieuseté
« Au Canada, les enfants ont des droits », complète Anne-Sophie Ruest-Paquette. « Il est fortement recommandé de consulter les enfants dans la prise de décisions concernant leur corps et leur santé. »
Mona Paré prend d’ailleurs pour référence la Convention des droits de l’enfant qui stipule que les parents doivent donner à l’enfant, d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités, l’orientation et les conseils à l’exercice des droits de l’enfant.
Les enfants ont accès à des traitements aux hormones et opérations d’affirmation de genre…
D’autres voix massivement partagées allèguent que les enfants ont accès à des traitements aux hormones et opérations d’affirmation de genre. Or, les enfants prépubères ne sont pas éligibles aux traitements hormonaux ni chirurgicaux. Cela requiert un diagnostic officiel de dysphorie de genre (détresse marquée et soutenue) émis par un médecin agréé.
« En Ontario, les jeunes n’ont pas besoin du consentement de leurs parents ou personnes tutrices pour obtenir des soins hormonaux », indique Anne-Sophie Ruest-Paquette. Pour ce qui est des chirurgies d’affirmation de genre, elles sont uniquement accessibles aux personnes de 18 ans et plus. Par contre, la masculinisation du torse peut être autorisée à partir de 16 ans, avec le consentement parental.
« Les premiers traitements offerts sont les bloqueurs de puberté, qui ne font rien avant les développements pubertaires et donc le début de l’adolescence, précise Florence Ashley. Ceux-ci permettent d’éviter une puberté qui crée de la détresse et, dans certains cas, évitent le besoin de certaines chirurgies visant à renverser des changements occasionnés par la puberté. »
Les écoles mettent à la disposition des élèves du matériel sexuel explicite et pornographique…
« C’est faux », rétorque Mona Paré. « On enseigne la reproduction de manière scientifique. Cela peut et devrait être explicite. »
« Il suffit de consulter le Programme de la maternelle et du jardin d’enfants et le Curriculum de l’Ontario en éducation physique et santé des paliers élémentaire et secondaire pour savoir que cette affirmation est mensongère, les domaines concernés n’ayant rien d’obscène. Au contraire, les informations transmises sont factuelles, basées sur des données probantes, adaptées au groupe », avance de son côté Anne-Sophie Ruest-Paquette.
On enseigne l’éducation sexuelle aussi tôt que la maternelle…
À ceux qui scandent qu’on enseigne l’éducation sexuelle aussi tôt que la maternelle, Anne-Sophie Ruest-Paquette répond qu’il n’y a aucun contenu sur la santé sexuelle dans le programme de la maternelle et du jardin d’enfants. À l’élémentaire, ils apprennent le nom exact des parties du corps, y compris génitales.
« Lorsque les enfants savent comment prendre soin de leur corps et nommer les parties du corps, ils peuvent mieux se comprendre et se respecter et communiquer clairement ou demander de l’aide en cas de maladie, de blessure ou de mauvais traitements », décrypte l’experte.
Anne-Sophie Ruest-Paquette, responsable du programme jeunesse chez FrancoQueer. Gracieuseté
Les années suivantes, ils étudient la façon dont le corps change, le concept de consentement, l’intimidation, le respect de la différence et la puberté. Enfin, la reproduction, l’influence des stéréotypes et la santé sexuelle interviennent après la 5ᵉ année. L’identité de genre en 8ᵉ année.
« Les parents ont le droit d’exempter leurs enfants de l’enseignement relatif au sujet – du cursus – Développement de la personne et santé sexuelle (palier élémentaire), nuance Anne-Sophie Ruest-Paquette. Il y a donc des limites, en Ontario, au droit des enfants du palier élémentaire à l’éducation. »
L’éducation sexuelle à l’école sexualise les jeunes et encourage la pédophilie…
Non, répond Florence Ashley qui prend le contre-pied de ce préjugé : « Tout au contraire, l’éducation sexuelle aide les jeunes à reconnaître les comportements inappropriés provenant des adultes ce qui est crucial à la lutte contre les violences sexuelles envers les jeunes. Le consensus en la matière suggère que l’éducation sexuelle protège contre les violences sexuelles, alors que les approches visant l’abstinence, primées dans le sud des États-Unis, créent une culture d’ignorance et de honte qui cache et facilite les violences sexuelles. »
La recherche démontre qu’il s’agit d’une fausse croyance, abonde Anne-Sophie Ruest-Paquette car, au contraire, une éducation complète à la sexualité apprend à « mieux connaître, comprendre et soigner son corps, à développer son intelligence émotionnelle, à établir et maintenir des relations platoniques et amoureuses saines et équilibrées basées sur le consentement. »
Les écoles manquent de transparence sur leurs politiques d’identité de genre…
Les conseils scolaires et établissements scolaires appliquent la politique provinciale en la matière, rappelle Mona Paré. Ces directives sont accessibles en ligne. « Pour l’instant, en Ontario, les écoles sont considérées comme des lieux sûrs pour les élèves. Les élèves peuvent utiliser les noms et pronoms qu’ils veulent. La plupart du temps, les parents sont au courant et, bien entendu, c’est mieux ainsi. Il faut encourager les discussions ouvertes et respectueuses entre parents et enfants. Dans certains cas, les parents peuvent être contre ces changements chez leur enfant et la relation entre enfant et parents peut en pâtir. »
Mona Paré, professeure et vice-doyenne aux études supérieures à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa. Gracieuseté
« Quand les écoles respectent le droit à la confidentialité des élèves 2SLGBTQIA+, elles le font conformément à leurs obligations légales, pour protéger la sécurité des enfants, et non par manque de transparence », clarifie Anne-Sophie Ruest-Paquette.
Le ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires stipule d’ailleurs qu’« il ne faut pas « dévoiler l’identité de genre » d’un enfant ou d’un jeune sans sa permission ».
Dans plusieurs cas, les écoles doivent aussi faire attention au risque que peut poser informer des parents, sensibilise Florence Ashley : « Les études démontrent que beaucoup de parents réagissent négativement au coming out de leur enfant trans et que, dans trop de cas, cela mène les parents à mettre dehors leur enfant, à commettre des violences physiques, sexuelles, et émotionnelles, et/ou à envoyer l’enfant à une thérapie de conversion. Ce sont des conséquences potentiellement très graves et c’est donc normal qu’on donne aux écoles certaines marges de discrétion. »
Cette semaine, la culture jaillit de toute part en Ontario francophone. Redécouvrir notre cœur d’adolescence, encourager les participants à une initiative théâtrale communautaire, découvrir un courant artistique ou de nouvelles œuvres ou participer au retour d’une discipline particulière à Orléans, voici quelques idées auxquelles accoler l’étiquette #ONmlesARTS. Ce mot-clic est une initiative de l’Alliance culturelle de l’Ontario pour promouvoir la culture francophone pendant le mois d’octobre.
Théâtre
Happening théâtral
Des acteurs amateurs de Hearst, Cornwall, Oshawa, Toronto, Kingston et Ottawa convergeront dans la capitale de vendredi à dimanche. Ayant suivi des formations dans leur coin de province durant l’année, ils viennent mettre en commun les fruits de leur travail en créant un spectacle de théâtre déambulatoire présenté au Centre d’excellence artistique de l’Ontario, à l’École secondaire publique De La Salle. Il s’agit de la neuvième édition du Happening théâtral communautaire de l’organisme Théâtre action. L’événement bisannuel se tient en alternance à Ottawa et dans les régions ontariennes. La représentation ouverte au grand public aura lieu ce dimanche à 13 h 30.
Le Happening théâtral communautaire 2023 explore le thème du théâtre déambulatoire. Gracieuseté Théâtre action
Le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) fait revivre sa ligue d’improvisation. Arrêtée depuis une décennie, cette ligue a permis à de nombreux artistes franco-ontariens, comme Katherine Levac, Patrick Groulx et les membres d’Improtéine, de faire leurs premières armes sur scène. Le MIFO prévoit des événements mensuels qui seront composés d’un volet scolaire et d’un volet communautaire. Il est possible de s’inscrire jusqu’au jeudi précédant chaque événement. Le premier aura lieu ce mardi. Les suivants sont prévus le 28 novembre et le 14 décembre.
Photo d’archives de la ligue d’improvisation du MIFO. Gracieuseté MIFO
Orléans, le 24 octobre. Détails et billets sur le site du MIFO.
Arts visuels
De nouvelles œuvres à Toronto
La galerie d’art Thompson Landry, lieu de diffusion torontois qui se spécialise dans les artistes québécois, présente une exposition collective qui débutera le 26 octobre. De nouvelles œuvres de différents artistes seront exposées dans les deux locaux du district de la distillerie, soit l’espace Stone et l’espace Cooperage. Le public pourra entre autres découvrir plusieurs œuvres du peintre de l’île d’Orléans, Michel Blouin, fraîchement débarquées à la galerie. Avant le début de cette nouvelle exposition, il est toujours possible de découvrir les œuvres de France Jodoin alors que l’exposition Retreat Into Peace se déroule jusqu’à dimanche.
Cheval de cirque, Michel Blouin, 48 X 48, huile sur toile. Source : Galerie Thompson Landry
La bibliothèque publique de Toronto organise une conférence virtuelle sur l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui s’est tenue à Paris en 1925. L’historien de l’art Gilles Genty décortiquera le grand débat de l’époque, où se confrontent des visions du design à l’opposé l’une de l’autre, entre le raffiné et l’industriel. La conférence aura lieu samedi à 14h, mais sera enregistrée et mise à la disposition des participants ensuite.
La bibliothèque publique de Toronto propose souvent des conférences virtuelles pour découvrir différents courants d’art. Gracieuseté Bibliothèque publique de Toronto
Conférence virtuelle, le 21 octobre. Détails et réservation sur la plateforme Crowd cast.
Cinéma
Foire et film en français à Kingston
Le Festival du film canadien de Kingston (KCFF) et la Franco-Foire des affaires et services en français s’unissent pour offrir une projection gratuite du film Cœur de slush ce samedi. Réalisé par Mariloup Wolfe et basé sur le roman de Sarah-Maude Beauchesne, le long-métrage raconte l’histoire de Billy, 16 ans, sauveteuse dans un parc aquatique. Le film ravivera les sentiments des premières amours et de la définition de soi propre à l’adolescence. Cœur de slush est présenté ces temps-ci dans plusieurs festivals à travers le monde, par exemple en Allemagne et en Estonie.
La Franco-Foire comprend aussi des activités familiales comme une heure du conte, un spectacle jeunesse, du maquillage et un atelier de robotique, en plus des activités pour découvrir les services en français de la région de Kingston et les Mille-Îles. L’événement organisé par l’Association canadienne-française de l’Ontario, conseil régional des Mille-Îles (ACFOMI) est gratuit et se tiendra au Centre communautaire de l’Est de Kingston.
TORONTO – Dans le contexte du vote de censure imminent contre la députée de Hamilton-Centre, motion déposée par le gouvernement pour ses propos contre Israël, Sarah Jama, qui ne s’est pas présentée en chambre depuis les faits, a fait parvenir un avis juridique au premier ministre ontarien, le menaçant de le poursuivre en justice pour calomnie s’il ne se rétracte pas et ne présente pas des excuses. Un retournement de situation inattendu.
Plus tôt dans la matinée, avant que l’annonce ne soit publique, ONFR a reçu d’une de ses sources une note que la députée a transmise à son équipe du NPD, mentionnant : « J’ai reçu la confirmation que Ford a enfin reçu mon avis de diffamation contre lui pour son tweet dans lequel il a menti sur ce que j’ai dit. J’ai retenu les services d’un avocat pour cette affaire. »
Ledit tweet, datant du 11 octobre dernier, accusait notamment Sarah Jama d’avoir « une longue histoire d’antisémitisme » et de « soutenir publiquement le viol et le meurtre de juifs innocents », avant de l’intimer de démissionner de son siège à l’Assemblée.
Via son avocat, la députée a ainsi envoyé un avis de diffamation au premier ministre Doug Ford pour « déclarations malveillantes et imprudentes » dans une tentative de ternir sa réputation, invoquant la Loi sur la diffamation et la calomnie de l’Ontario.
Celle-ci exige notamment qu’il retire formellement sa publication de X (ex-Twitter), se rétracte et s’excuse publiquement dans les sept prochains jours, faute de quoi, elle envisagera de porter plainte contre lui.
Marit Stiles, la cheffe de l’opposition officielle, qui avait condamné verbalement la publication de M. Ford, s’est exprimée dans une déclaration officielle, expliquant simplement que « le premier ministre a lancé des accusations incendiaires contre la députée provinciale (…) Il s’agit désormais d’une question juridique. Je ne peux donc pas faire de commentaires supplémentaires ».
Un vote de soutien à Israël qui divise
Avant même que cela ait été rendu officiel, l’ambiance de la matinée à Queen’s Park était déjà plus qu’électrique entre les membres du gouvernement et les troupes du NPD, les premiers attaquant le parti adverse sur les positions de Mme Jama, l’opposition officielle centrant son propos sur le scandale de la Ceinture de verdure et l’enquête en cours de la GRC.
La motion consistant à condamner les attaques perpétrées par le groupe Hamas et à reconnaitre le droit d’Israël à se défendre a été adoptée, soutenue par le Parti progressiste-conservateur et le Parti libéral.
Les néo-démocrates se sont en revanche abstenus de voter, leur demande d’amendement au texte avec l’ajout de mentions sur l’envoi d’aide humanitaire, le cessez-le-feu à Gaza, ou encore sur la libération des otages ayant été rejetée.
Lors du vote, des membres du public ont dû être escortés par la sécurité, à plusieurs reprises, pour des interventions très vocales revendicatives de soutien à la Palestine. Des messages tels que « Honte à vous, Parlement », « Libérez la Palestine » ou encore « Arrêtez le génocide palestinien » ont notamment été scandés.
OTTAWA – Les demandes de permis de travail dans une bonne partie de pays francophones prennent près du double du temps comparativement à d’autres pays plus anglophones. Un écart qui pourrait s’expliquer par une allocation des ressources biaisée en Afrique, expose un rapport de la vérificatrice générale du Canada.
Selon les données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), les demandes de permis de travail de pays d’où proviennent la majorité des immigrants francophones peuvent prendre jusqu’à 20 semaines pour être traitées. Les principaux pays d’origine des immigrants francophones comme le Maroc (19 semaines), l’Algérie (19 semaines), Haïti (10 semaines), Cameroun (33 semaines) peuvent prendre en majorité entre 4 à 8 mois avec exception de la France (64 semaines).
À contrario, des pays comme la Chine (12 semaines), les Philippines (12 semaines), l’Inde (10 semaines), le Nigeria (11 semaines) prennent tous autour de 3 mois avec comme exception le Royaume-Uni avec 64 semaines. Un traitement différencié est aussi similaire pour les demandes de permis de visiteurs.
Pays/ Délai de traitement
Permis de travail
Permis de visiteur
France
64 semaines
380 jours
Chine
12 semaines
83 jours
Inde
10 semaines
31 jours
Nigéria
11 semaines
524 jours
États-Unis
6 semaines
31 jours
HaÏti
10 semaines
132 jours
Royaume-Uni
27 semaines
85 jours
Ghana
24 semaines
69 jours
Maroc
19 semaines
169 jours
Algérie
19 semaines
63 jours
Philippines
12 semaines
29 jours
République démocratique du Congo (Kinshasa)
69 semaines
432 jours
Cameroun
33 semaines
234 jours
Côte d’Ivoire
13 semaines
469 jours
Source : portail de données ouvertes sur les délais de traitement chez Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
Ces pays anglophones et francophones sont considérés, selon le Recensement de 2021, comme les principaux pays d’origine des immigrants canadiens. Dans une déclaration écrite IRCC, affirme que « la langue n’est en aucun cas un facteur déterminant dans la rapidité avec laquelle une demande sera traitée ».
« Aucune préférence n’est accordée au traitement des candidatures des pays anglophones par rapport aux pays francophones », écrit une porte-parole d’Immigration Canada dans un courriel.
Mais dans un rapport publié jeudi sur IRCC, la vérificatrice générale du Canada Karen Hogan soutient qu’il existe un favoritisme en faveur de certains pays et bureaux basés sur les pays de résidence, étale-t-elle.
« Les résultats sont clairs, il y a des résultats différentiels basés sur la race ou le pays du demandeur. Où l’individu est (situé) lors de la demande d’application détermine où l’application va être envoyée », statue-t-elle en conférence de presse.
Par exemple, les demandes en provenance d’Haïti sont presque toutes prises en charge de façon manuelle (par un agent) alors qu’en Inde et en Corée du Sud, c’est fait de façon plus automatisée, démontre le rapport.
Karen Hogan énonce qu’en Afrique subsaharienne, où sont situés des pays à forte démographie francophone comme la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, sont « touchés par un manque chronique de ressources ». Malgré cela IRCC a tout de même continué à leur attribuer des volumes de demandes parmi les plus élevés.
« Et il n’avait aucun plan immédiat pour réduire l’importante accumulation de demandes et les temps d’attente plus longs auxquels étaient assujetties les personnes à l’origine de ces demandes », est-il écrit.
Ce constat n’est pas surprenant, car le ministère ignore lui-même la capacité de ses bureaux, mais ils continuent tout de même à leur fournir une demande, qui dépasse le seuil de capacité de traitement, a constaté la vérificatrice générale. Certaines demandes prennent de trois à quatre ans à être traitées, notamment pour les réfugiés, est-il exposé.
La chercheuse de l’Université d’Ottawa Luisa Veronis avance qu’il n’est pas surprenant que les demandes de permis de travail des pays comme l’Inde et la Chine soient favorisées par rapport à certains pays francophones.
« La Chine et l’Inde, ce sont des gens qui travaillent dans les technologies informatiques, les STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) et peut-être que là, ça va plus vite, car ça pourrait être en fonction des domaines, ce qui ne serait pas le cas des autres pays (francophones) », explique la spécialiste en immigration francophone.
Un seuil qui aura un impact, plaide Hogan
Concernant le traitement différencié pour certains bureaux, notamment en Afrique subsaharienne, le ministre de l’Immigration Marc Miller affirme qu’il va s’enquérir auprès des fonctionnaires de son ministère pour changer les choses.
« Quand je vois une allocation de ressources qui me semble biaisée, je me dois de poser des questions (…). En Afrique subsaharienne, il y a une pénurie de ressources, mais c’est clair qu’il y a des choses qu’on peut faire uniquement sur le terrain, mais il y a des choses qu’on peut faire selon notre système global », réagit-il.
Marc Miller, est arrivé en poste en juillet comme ministre de l’Immigration. Crédit image : Stéphane Bédard.
Les seuils migratoires du gouvernement, de 500 000 nouveaux arrivants en 2025, mettront de la pression sur le système et ce n’est pas en raison d’un manque de ressources ou d’argent, mais plutôt d’organisation à l’interne du travail, souligne Karen Hogan.
« Il y a un risque que quand tu augmentes le seuil, il y ait un fardeau de travail qui augmente. C’est certain que les individus vont attendre alors c’est pour cela qu’il faut être clair que les standards sont désuets et que c’est le temps de les améliorer et d’être plus transparent avec les temps requis », suggère-t-elle.
« Ceci n’est pas un excellent rapport », a commenté le ministre de l’Immigration Marc Miller. Ceci n’est pas le standard d’excellence auquel je m’attends, ajoute-t-il concernant les délais d’attente.
Ce dernier avance vouloir miser sur une meilleure organisation des ressources au lieu de baisser le nombre de nouveaux arrivants.
TORONTO – Inauguré ce jeudi, le nouveau campus torontois du Collège Boréal a ouvert ses portes en septembre dans le quartier historique de La Distillerie. Une page se tourne après 11 ans passés au 1, rue Yonge. Voici neuf chiffres à retenir sur ce projet.
« On peut être fier de notre histoire », a lancé Daniel Giroux. Avant de couper le ruban rouge inaugural, le président du Collège a mis en exergue les aspects qui rendent son institution unique.
« Nous sommes la seule institution à garantir un emploi, a-t-il pris pour exemple. Si un étudiant diplômé du Collège Boréal ne trouve pas d’emploi un an plus tard dans son domaine, il peut venir nous voir et obtenir n’importe quel autre programme gratuitement. »
La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a salué cette spécificité et le rôle joué par le collège face à la pénurie de travailleurs : « Beaucoup d’employeurs ontariens recherchent une main-d’œuvre bilingue qualifiée pour combler des emplois dans des domaines diversifiés et le Collège Boréal joue un rôle déterminant établissant un pont entre l’apprentissage et le marché du travail. »
Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, a pour sa part souligné un « moment marquant de l’histoire de l’éducation postsecondaire ». Tour du campus en neuf chiffres…
3
Initialement prévu d’être achevé en 2020, le chantier a été retardé de près de trois ans par une annonce optimiste, puis la pandémie. ONFR révélait dès l’annonce officielle que l’échéancier serait impossible à tenir. Les restrictions d’approvisionnement provoquées par la pandémie anti-COVID-19, les mesures sanitaires et la conception tenant compte du caractère historique du bâtiment ont ensuite ajouté au délai de livraison final.
445
Cette première rentrée concerne 445 étudiants, dont près du tiers suivent leurs cours en ligne, et 17 professeurs à temps plein. À l’échelle de l’Ontario, près de 1 600 étudiants sont inscrits dans un des huit campus du Collège Boréal. Ils proviennent principalement du Canada mais aussi de 28 autres pays étrangers. Entre 2022 et 2023, le nombre des demandes d’admission aux programmes postsecondaires de Boréal a bondi de 48 %.
Daniel Giroux au moment de l’inauguration ce jeudi. Crédit image : Rudy Chabannes
4500
Les étudiants bénéficient de 4 500 m2 d’espaces sur quatre niveaux, plus un cinquième situé à part de l’édifice principal. On recense 17 programmes postsecondaires enseignés ici : des formations qui mènent à des carrières d’adjoint juridique, d’entrepreneur social ou encore de préposé aux services de soutien personnel. On y enseigne aussi les soins infirmiers auxiliaires, l’administration des affaires et, entre autres, l’éducation en services à l’enfance.
500 000
Au-delà des salles de cours, le campus abrite un centre d’emploi et l’Espace d’innovation, de recherche et d’incubation (EIRI), un incubateur d’entreprises financé à hauteur de 500 000 $ par le Fonds du Grand Mouvement de Desjardins. Son rôle sera d’offrir aux créateurs un environnement propice à l’émergence de leurs projets, comme des formations en comptabilité, ressources humaines et autres aspects juridiques, pour réussir leur projet.
Crédit image : Rudy Chabannes
1927
Les salles de cours ont été aménagées dans un édifice historique restauré quasi centenaire : le Case Goods Warehouse. Il date de 1927 après qu’Harry C. Hatch se soit porté acquéreur des distilleries Gooderham & Worts en (1923) et Hiram Walker (1926). Il comporte de nombreux éléments témoins de l’ère industrielle torontoise tels qu’un convoyeur en spirale qui s’élève sur trois étages dans notre hall d’entrée principal et qui servait autrefois à l’emballage et au stockage des boissons alcoolisées.
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Il ne s’agit pas d’une adresse définitive pour le Collège Boréal qui a dû quitter plus rapidement qu’il ne l’aurait souhaité le 1, rue Yonge suite à une réorganisation de l’immeuble. D’ici cinq à huit ans, il déménagera dans un campus permanent, toujours dans le quartier historique de la Distillerie, dans la tour Ribbon, dont la construction démarrera après le feu vert de Metrolinx qui s’affaire au creusage de la future ligne de métro.
L’édifice date de 1927. Crédit image : Rudy Chabannes
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Toronto est d’un des sept campus du Collège Boréal répartis à travers la province avec Hearst, Kapuskasing, Nipissing, Sudbury, Timmins et Windsor. On dénombre au total 36 sites d’apprentissage dans 27 communautés pour 80 programmes postsecondaires dispensés et une vaste sélection de services et de formations.
1,5
Le Collège Boréal a reçu 1,5 million de dollars afin de favoriser l’embauche, l’intégration, le maintien en poste et l’avancement professionnel des personnes en situation de handicap. Provenant du Fonds fédéral d’intégration pour les personnes handicapées, ce montant devrait bénéficier également au campus torontois qui dispensera des ateliers en accessibilité et inclusion au travail.
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C’est le sixième campus temporaire du Collège Boréal dans la Ville reine depuis sa création en 2002. Cette année-là, il signait son premier bail et reprenait les activités du Collège des Grands-Lac, avec 69 étudiants pour démarrer. Il a ensuite déménagé au College Centennial, sur l’avenue Carlaw, puis sur la rue Collège, puis dans les locaux du College Glendon en 2006, puis sur la rue Yonge en 2012, avant de s’établir cette année dans le quartier historique de la Distillerie.
OTTAWA – Les élus fédéraux invitent le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Mike Duheme, à s’expliquer au sujet de postes bilingues occupés par d’unilingues anglophones au sein du corps de police. Les députés convoquent aussi la présidente de CBC/Radio-CanadaCatherine Tait dans un autre dossier concernant un balado traduit en français à Paris.
Radio-Canada rapportait au début du mois d’octobre que plusieurs hauts gradés de la GRC occupent des postes bilingues même s’ils ne parlent pas français. Ces employés de la haute direction, estimés à une demi-douzaine, ne suivent pas de cours de français actuellement, rapportait le radiodiffuseur. Cela est en contradiction avec la Loi sur les langues officielles qui oblige à ce que les cadres aux postes désignés bilingues supervisent et gèrent en français et en anglais.
À la suite d’une motion du Bloc québécois appuyée par tous les autres partis, il a été convenu d’inviter Mike Duheme, qui parle français, au Comité des langues officielles d’ici le 8 novembre. Le ministre de la Sécurité publique Dominic Leblanc pourrait aussi être appelé à s’expliquer dans ce dossier, mais à une date ultérieure.
« Il y a vraiment une dégradation », a déploré le député du Bloc Mario Beaulieu et auteur de la motion.
Ce dernier a souligné les mentions concernant la GRC effectuées par les commissaires aux langues officielles dans leurs différents rapports au cours des dernières années.
En 2019, la GRC avait mis fin aux formations unilingues en français à son école, Division Dépôt en Saskatchewan, misant plutôt sur une formation bilingue. En 2016, l’ancien commissaire aux langues officielles Graham Fraser avait réprimandé la GRC, car ses agents sur la Colline parlementaire ne parlaient pas français. Près de trois ans plus tard, le problème n’était toujours pas réglé, selon Radio-Canada. La GRC a l’obligation d’y offrir des services en français et en anglais, selon la Loi sur les langues officielles.
CBC et un balado traduit à Paris
Les élus ont aussi décidé de convoquer la présidente de CBC/Radio-Canada Catherine Tait. Cette dernière est appelée par les élus suite à une histoire du Journal de Montréal. Le quotidien québécois rapportait qu’un balado de CBC, Alone : A Love Story, a été traduit en français à Paris dans le but d’éviter l’accent québécois.
« On ne voulait pas un français québécois, pour favoriser l’intérêt à l’international », affirmait au Journal Cesil Fernandes, producteur exécutif chez CBC Podcasts.
Ce dernier et Emilie Brazeau Béliveau, une haute dirigeante marketing chez CBC/Radio-Canada, accompagneront Mme Tait devant les élus. La motion des conservateurs a été adoptée à l’unanimité.
Le bureau de CBC/Radio-Canada à Ottawa. Crédit image : : AWSeebaran / iStock Unreleased
« Cette histoire est totalement, mais totalement inacceptable… L’accent québécois, le français canadien ou l’ensemble de la francophonie canadienne n’a pas à justifier sa place dans le monde international pour sa compréhension », s’est indigné l’auteur de la motion, le conservateur Bernard Généreux.
Le ministre des Langues officielles Randy Boissonnault, qui doit aussi comparaître en compagnie de ses fonctionnaires, a été invité à accompagner ces hauts dirigeants de la société d’État. Les libéraux sur le comité avaient tenté de retirer cette invitation mais leur motion a été défaite par les trois partis d’opposition.
Le gouvernement fédéral a annoncé qu’il reconduisait partiellement le financement accordé à la Fête nationale de l’Acadie pour 2024, quelques mois après un cri de cœur des organisateurs.
En août, les promoteurs de l’événement annuel avaient levé le drapeau rouge au moment où le gouvernement Trudeau avait mis fin à ce financement pour 2024. Ces derniers demandaient au fédéral de rectifier le tir, et ce rapidement en raison des mois de préparatifs nécessaires en vue du 15 août.
Depuis 2019, le fédéral investit 500 000 $ annuellement pour la Fête nationale acadienne. Patrimoine canadien a annoncé ce mercredi qu’une somme de 250 000 $ serait allouée pour la tenue d’une dizaine d’activités gratuites dans le cadre des célébrations, est-il indiqué dans le communiqué de l’annonce.
« Et donc aux 500 000 $, on confirme aujourd’hui le 250 000 $ qui est destiné aux fêtes communautaires pour la journée de la Fête nationale de l’Acadie… On sait que c’est important pour les communautés locales, donc je suis très contente de faire cette annonce-là », a commenté au Parlement la ministre du Patrimoine, Pascale St-Onge, entourée de certains de collègues libéraux acadiens et de l’Atlantique.
S’il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction, la Société nationale de l’Acadie (SNA) souligne que la moitié manquante est ce qui permet d’assurer le financement du spectacle télévisé le jour de la Fête nationale de l’Acadie.
« La fête de la Saint-Jean-Baptiste, elle est diffusée chaque année », compare son président Martin Théberge. Il y a donc une inquiétude que ce financement ne revienne pas et c’est une de nos grandes questions.
Le fédéral soutient plutôt qu’un 250 000 $ restant sera puisé d’un fond de 4,6 millions de dollars, qui avait été annoncé en août 2022 dans le cadre du Congrès mondial acadien qui se tiendra en 2024 dans les régions acadiennes de Clare et d’Argyle, dans le Sud‑Ouest de la Nouvelle-Écosse.
Martin Théberge souligne toutefois la rapidité avec laquelle un financement a pu être confirmé.
« Un événement d’envergure de la Fête nationale, ça ne s’organise pas en deux mois. En plus de ça, l’an prochain, c’est le Congrès mondial acadien donc je dirais qu’il y a un peu plus de compétition entre les différents organisateurs. On est content que le financement soit confirmé rapidement. »
S’il se dit aussi content que la SNA ait été entendue par le gouvernement, le président de l’organisme acadien s’inquiète du futur de la Fête nationale alors que le financement n’est que pour l’année prochaine.
« Qu’arrivera-t-il après? C’est l’autre grande question qui se pose », avance-t-il.
Un appel de propositions sera lancé auprès des organismes intéressés dès janvier prochain.
Direction Fire River, où Inès Rebei rencontre un groupe de chasseuses aguerries. Celles-ci lui montrent comment tirer à l’arc, une technique complexe qui nécessite une dextérité ainsi qu’une précision sans faille.
Inès Rebei apprend aussi l’importance de la chasse pour les autochtones de la région – une pratique ancestrale qui contribue à l’équilibre de l’écosystème – le tout dans l’une des dernières zones sans internet ou autres artéfacts de la vie moderne.
Du haut de sa cache, Inès apprend à observer la nature, à attirer les ours et à être patiente, très patiente. Sera-t-elle confrontée à un immense mammifère, et si oui, trouvera-t-elle la force de le chasser?
OTTAWA – La prochaine édition de Contact ontarois se fera sous le signe de la simplicité. L’événement de vitrines artistiques a lancé sa programmation ce mardi. En plus du dévoilement des artistes participants, les organisateurs ont mis l’accent sur leur volonté de le rendre plus inclusif et accessible.
Réseau Ontario a laissé tomber les grands slogans pour l’événement qui se déroulera du 17 au 20 janvier prochain. L’équipe veut recentrer le message avec un simple : « Contact ontarois, le marché du spectacle de l’Ontario français ».
Toute la campagne marketing et le graphisme sont axés autour de l’idée de la simplicité et de l’inclusion, avec une police d’écriture accessible et des formes géométriques dont les couleurs sont inspirées des différentes couleurs de peau. Ces quatre symboles forment CO24. Nouveauté importante, certains événements seront retransmis en direct en langue des signes au moyen d’interprètes sur place. C’était le cas lors de la conférence de presse.
Marie-Claude Sabourin est directrice générale du Centre culturel Les trois p’tits points d’Alexandria et présidente du conseil d’administration de Réseau Ontario. Crédit image : Rachel Crustin
Au micro d’ONFR, la présidente du conseil d’administration, Marie-Claude Sabourin, explique la motivation des membres de l’équipe. « Nous trouvions que c’était important, en tant qu’organisme leader en Ontario, d’être un des premiers à vraiment avoir ce mandat-là, puisque notre organisme regroupe tellement d’autres organismes et d’artistes, nous voulions que tout le monde se sente inclus. »
La directrice générale adjointe de Réseau Ontario, Maëva Leblanc, est du même avis. « Je suis super fière qu’on ait plus d’accessibilité dans l’événement. » Elle nomme en exemple les élèves du Consortium Centre Jules-Léger, une institution d’éducation francophone spécialisée, qui pourront enfin participer aux activités.
Disciplines diversifiées
Sur 191 candidatures reçues, 42 artistes auront l’occasion de se produire devant les diffuseurs entre le 17 et le 20 janvier, dans l’espoir de décrocher des contrats. C’est un jury externe à Réseau Ontario, composé des diffuseurs membres et de représentants de l’industrie, qui élabore la programmation.
Un coup d’œil rapide permet de constater que plusieurs disciplines seront représentées, non seulement en musique et en théâtre, mais aussi en humour ou en conte, par exemple.
L’art de la parole aura d’ailleurs son propre espace pour rayonner lors de la Bulle de la parole, comme le spécifie Maëva Leblanc. « Dans le passé, on a eu une bulle de danse, par exemple. Ce sont des bulles d’une discipline ou d’une autre. Il s’agit de donner aux artistes un endroit propice à leur discipline. » Par exemple, la Nouvelle Scène Gilles Desjardins est un endroit plus approprié que le grand Centre des arts Shenkman pour cette première Bulle de la parole de l’histoire de Contact ontarois.
Parmi les artistes qui seront présents, certains ont gagné ou gagneront prochainement leur place lors d’autres événements du genre, comme celui du Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec (ROSEQ) ou Contact Ouest. L’alignement annoncé ce mardi compte bien sûr des artistes émergents, mais aussi des artistes établis. On y retrouve entre autres le nom de Michel Lalonde, qui a connu le grand succès de Garolou dans les années 1970. Le chanteur a déménagé en Saskatchewan en 1990.
Maëva Leblanc lors du dévoilement de la programmation de Contact Ontarois 2024. Crédit image : Rachel Crustin
« C’est une plateforme pour que tous les artistes puissent diffuser, autant les artistes établis que les artistes émergents. Des fois, ça prend juste un petit coup de pouce pour dire : je suis encore là, je veux tourner en Ontario », précise Marie-Claude Sabourin.
Le duo Beau Nectar, grand gagnant du dernier gala Trille Or, sera aussi en vitrine à Contact Ontarois 2024. Parmi les autres Franco-Ontariens présents, on retrouve Moonfruits, Sugar Crush, Zilla Manikongo, Éric Leclerc, SMPTY, les Productions Effet Papillon, le Théâtre du Nouvel-Ontario, Alex Tétreault et le Trio de guitare d’Ottawa.
La porte-parole fransaskoise du dernier Mois de la francophonie, Alexis Normand, fera partie des vitrines grand public, tout comme la Québécoise Mélissa Bédard et l’artiste innu Shauit, pour ne nommer que ceux-là. Les Vitrines Grand public, comme leur nom l’indique, sont accessibles à tous. Les billets sont déjà en vente au coût de 20 $ pour une soirée ou 50 $ pour un forfait trois soirs. Les spectateurs verront défiler plusieurs artistes pour des performances d’une vingtaine de minutes chacun. Une belle façon de magasiner son année culturelle, comme le font les diffuseurs pendant tout l’événement.
Scènes francophones
Le portail Scènes francophones, lancé en juin dernier, veut faire le lien entre les artistes, les diffuseurs et le public. La plateforme commence à faire ses preuves. Toute la programmation de Contact ontarois a été élaborée sur Scènes francophones, au niveau des inscriptions et de la délibération du jury.
« Ça a facilité le travail de plusieurs personnes. La logistique derrière était déjà toute faite », explique Marie-Claude Sabourin. À terme, les diffuseurs auront également accès à toutes les fiches techniques des artistes, ce qui facilitera également l’élaboration de leur propre programmation culturelle.
Quelques-uns des artistes de la prochaine programmation de Contact Ontarois. Crédit image : Rachel Crustin
Les artistes intéressés ont profité d’un processus de dépôt de candidature simplifié et pouvaient remplir à la fois les formulaires de Réseau Ontario, de RADARTS et du Réseau des grands espaces.
Contact ontarois peut avoir un effet énorme sur la carrière des artistes. Que ce soit lors des vitrines scolaires ou grand public, lors des événements de réseautage ou lors des prestations éclairs, c’est l’occasion de donner un avant-goût de leur spectacle afin de convaincre les diffuseurs de les intégrer à leur programmation dans l’année à venir. En exemple, l’artiste originaire de Timmins Stéphanie Morin-Robert avait brillé lors des Vitrines Grand public 2023. Elle est maintenant en plein cœur d’une tournée de plusieurs dizaines de dates à travers l’Ontario avec son spectacle Angle mort.
TORONTO – Depuis l’attaque du Hamas contre Israël et sa riposte armée, le conflit israélo-palestinien est sur toutes les lèvres et les parlements ontarien et canadien ne font pas exception. La province a soumis une motion de soutien à Israël et à son droit à se défendre contre le Hamas, mais des dissidences sur le narratif du conflit divisent les partis.
Depuis les propos de la députée de Hamilton-Centre Sarah Jama sur les réseaux sociaux qui défendaient la libération palestinienne contre « l’apartheid » israélien, et malgré ses excuses publiques condamnant la violence et les actes terroristes, le gouvernement ontarien a déposé une motion dès ce lundi proposant de censurer la députée néo-démocrate pour ses déclarations.
Rédigée par le leader parlementaire du gouvernement et ministre du Logement Paul Calandra, la motion stipule « que le président est autorisé à ne pas donner la parole à la députée de Hamilton-Centre jusqu’à ce que la députée se rétracte et supprime ses déclarations sur les réseaux sociaux et fasse des excuses de sa place à la Chambre ».
Sarah Jama ne serait pas reconnue à l’Assemblée législative jusqu’à ce que des excuses officielles soient présentées. Examinée cette semaine, cette motion pourrait être votée dans les prochains jours.
La seconde motion, présentée par le gouvernement ce mardi consiste à condamner les attaques perpétrées par le groupe Hamas et à reconnaitre le droit d’Israël à se défendre.
Le premier ministre ontarien Doug Ford, qui a rendu hommage aux victimes, incluant les six Canadiens israéliens décédés, s’est exprimé tôt ce matin en chambre.
« Monsieur le président, nous devons condamner les actes de terreur odieux du Hamas. Des actes de terreur qui ont semé le trouble dans la région. Des actes de terreur qui utilisent des Palestiniens innocents comme boucliers humains. Il n’y a aucune excuse, aucune justification pour l’horreur que nous avons vue. »
« C’est du terrorisme sous sa forme la plus sombre. Il faut être clair, Israël a le droit absolu de se défendre et de défendre ses citoyens (…). Hamas ne montre aucun respect pour les vies humaines israéliennes et palestiniennes », déclare Doug Ford, souhaitant « la paix et la libération pour tous ceux dans cette région ».
Il a également annoncé un investissement de 25 millions de dollars de l’Ontario dans le cadre de la Subvention ontarienne pour les mesures de sécurité visant la prévention des crimes haineux pour lutter l’antisémitisme et l’islamophobie.
Si le discours est partagé par les membres du NPD, la députée de Scarborough-Sud-Ouest et chef adjointe de l’opposition officielle Doly Begum a néanmoins déploré le fait que les Canadiens palestiniens ne bénéficiaient pas des mêmes avantages de rapatriement que les Canadiens Israéliens pour lesquels des vols sont affrétés.
« Ceux-ci doivent prendre un bus pour la Jordanie et se débrouiller seuls pour leurs vols. N’ont-ils pas le même droit de revenir dans leur pays ? »
« Je rappelle également qu’il faut ne pas oublier les origines de ce conflit pour le comprendre dans son entièreté. Ce n’est pas quelque chose qui date seulement de la semaine dernière », a-t-elle conclu.
Un sixième Canadien décédé
La ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly a annoncé mardi matin qu’un sixième Canadien était mort depuis le début de l’offensive du Hamas et que deux sont toujours disparus. Jusqu’à présent, 1300 Canadiens ont été évacués d’Israël.
« Lorsque vient la question de Gaza et l’évacuation de Canadiens à Gaza, c’est une priorité. Je suis en contact avec plusieurs pays, notamment l’Égypte, notamment le Liban, notamment la Jordanie, plusieurs joueurs de la région, mais aussi, j’ai été en contact avec le G7 plus tôt, aujourd’hui », a-t-elle commenté.
Mardi en début d’après-midi, des médias ont rapporté qu’Isarël avait frappé un hôpital de la ville de Gaza, faisant des centaines de victimes, un geste illégal, a dénoncé Justin Trudeau.
« Les nouvelles qui sortent de Gaza aujourd’hui sont dévastatrices. C’est horrible. C’est inacceptable. Le Canada s’attend à ce que le droit humanitaire international soit toujours respecté. Ça va toujours être notre position. Non, ce n’est pas légal », a dit celui-ci mardi avant de faire son entrée à la période des questions.
Toutefois, Israël accuse plutôt le Djihad islamique palestinien d’avoir mené cette offensive.
Hormis quelques exceptions, une bonne partie des futurs étudiants francophones hors Québec devront, dès l’an prochain, payer près du double en frais de scolarité s’ils souhaitent étudier dans une université québécoise.
Dès l’automne 2024, les étudiants non québécois de premier et deuxième cycles et qui ne sont pas dans un programme actuellement verront leur plancher de frais de scolarité passer de 8900 $ à près de 17 000 $, a expliqué la ministre québécoise Pascale Déry, chargée des établissements postsecondaires. Ce tarif plancher sera ainsi équivalent à ce que coûte au gouvernement la formation d’un étudiant, expliquait-elle vendredi dernier.
Des étudiants francophones, dont un programme similaire est offert en français hors du Québec, seront touchés par cette mesure, selon ce que laisse entendre la ministre du gouvernement Legault. Les étudiants internationaux à l’exception des Français et des Belges en raison d’accords signés sont aussi concernés par une hausse substantielle.
La Loi 96 (désormais Loi 14) permet aux minorités francophones de payer des frais de scolarité similaires aux étudiants québécois à condition que leur programme ne soit pas offert en français hors Québec. Dans un article de mars 2023, Radio-Canadarapportait que le Québec tardait à faire appliquer cette nouvelle directive de la Charte de la langue française auprès des établissements postsecondaires.
En conférence de presse vendredi dernier, Pascale Déry indiquait que davantage d’exemptions seraient accordées à certains étudiants francophones hors Québec, – ce qui n’est toutefois pas mentionné dans le communiqué de l’annonce – mais elle ne précise pas lesquels. Mais quelques instants plus tard, elle affirmait que ces nouveaux tarifs s’appliqueraient à l’ensemble du réseau, peu importe la langue.
« Je veux le mentionner – car il y a de l’information un peu erronée qui a été véhiculée – que le montant forfaitaire ne sera pas juste prélevé chez les anglophones, mais à travers le réseau et tous les étudiants non internationaux », a-t-elle tenu à préciser.
Par exemple, un Franco-Ontarien souhaitant étudier en droit ou en science politiques au Québec en français pourrait voir ses frais doubler, car ces programmes sont déjà offerts à l’Université d’Ottawa et ailleurs. Idem pour un futur étudiant en médecine de la province ou encore du Nouveau-Brunswick avec l’Université Moncton. ONFR a tenté d’obtenir plus de détails sur ces exemptions auprès du ministère de l’Enseignement supérieur, sans toutefois obtenir de réponse au moment de publier cet article.
Freiner le déclin du français
On estime à près de 10 000 le nombre d’Ontariens qui étudient au Québec, mais on ignore combien le font en français. Cette annonce a été décriée par les universités anglophones comme McGill et Concordia qui seront les principales institutions touchées.
Le gouvernement Québec précise que ce geste fait partie d’un ensemble de mesures qui vise notamment à freiner le déclin du français à Montréal.
« Il ne faut pas se mettre des lunettes roses : à Montréal, les étudiants canadiens et internationaux sont de plus en plus nombreux et ils fréquentent majoritairement nos universités anglophones », a commenté le ministre de la Langue française et de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge.
Le ministre Jean-François Roberge. Crédit image : Sandra Padovani
« Ces universités reçoivent des fonds pour accueillir chaque année des milliers d’étudiants hors Québec qui n’ont pas nécessairement une connaissance du français », dénonce-t-il.
Parmi les autres objectifs de cette annonce, réduire l’écart financier entre le réseau francophone et anglophone et éviter de payer pour la formation d’étudiants qui ne resteront pas au Québec après leurs études.
À Ottawa, les libéraux québécois du cabinet ministériel n’étaient pas enthousiastes à cette idée.
« Je ne pense pas nécessairement que ce soit la meilleure décision. Pour moi, les universités, c’est comme une fenêtre sur le monde. Là, j’ai l’impression qu’on ferme un peu nos fenêtres », soutient le lieutenant du Québec Pablo Rodriguez.
« Je pense que les universités anglophones font partie de l’écosystème. C’est important pour attirer des talents chez nous… Alors il faut se donner toutes les chances d’être sûr de continuer à attirer des étudiants chez nous », a affirmé de son côté le ministre de l’Innovation, François-Philippe Champagne.
GATINEAU – Dans un rapport sur le décès de l’ancien directeur du Muséoparc Vanier rendu public ce lundi, le Bureau du coroner du Québec met en lumière plusieurs brèches dans les délais de renouvellement d’équipement médical et la communication au sein de l’Hôpital de Hull.
Bien qu’accidentel – consécutif à une chute dans les escaliers de son domicile –, le décès de Jean Malavoy survenu en octobre 2020 aurait-il pu être évité sans le va-et-vient entre deux hôpitaux pour cause d’équipement en panne? Si la question reste sans réponse, la coroner Julie-Kim Godin qualifie le « délai difficilement justifiable » pour procéder au remplacement d’un CT-Scan (machine capable de détecter des saignements chez les patients polytraumatisés) et à l’achat d’un second appareil prévu depuis 2016.
Tributaire de ce seul appareil en fin de vie et déclaré en panne le soir de l’admission du patient, les équipes médicales de l’Hôpital de Hull ont dû transférer en urgence M. Malavoy à l’Hôpital de Gatineau. Son examen sur place a révélé une rupture de la rate et la présence de sang dans l’abdomen mais, faute de chirurgien disponible, il a alors été à nouveau transféré vers l’Hôpital de Hull, afin d’y être opéré. Son état s’est dégradé par la suite, en soins intensifs, avant qu’il ne décède.
« On savait depuis plusieurs années qu’il y avait des risques pour la sécurité des usagers à n’avoir qu’un seul CT-scan et qu’il y aurait éventuellement d’autres victimes si des changements n’étaient pas faits, rendant la situation d’autant plus intolérable », résume la coroner Julie-Kim Godin.
Et de pointer dans son rapport d’enquête la lenteur du processus pour remplacer un tel appareil et en acquérir un second qui aura pris finalement cinq ans, soit quelques mois après le décès du Franco-Ontarien de 71 ans. Une responsabilité qui appartient au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) dont fait partie L’Hôpital de Hull.
De poursuivre et d’intensifier ses actions dans le but d’optimiser la planification et le processus d’acquisition de l’équipement médical requis afin de prévenir tout bris de service ou diminution de la qualité des soins. Des responsables de projet doivent notamment être nommés et tenus responsables de la planification, de l’acquisition et de l’installation de l’équipement requis;
De poursuivre et d’intensifier ses actions dans le but de réduire les délais en cas de bris ou d’interruption de service d’un équipement médical, d’améliorer les communications et de prévenir la survenance d’incidents ou d’accidents pour ses usagers.
Un autre point ressort de ce rapport concernant la véracité de la panne au moment où M. Malavoy a quitté l’établissement en ambulance vers 1 h 33. Au même moment, le CT-scan de l’Hôpital de Hull était fonctionnel et en cours d’utilisation, mais un manque de communication n’a pas permis de le déterminer avant le transfert de M. Malavoy, peut-on découvrir dans le document de 16 pages.
« Si les procédures et la communication avaient été optimales, il est bien possible que M. Malavoy soit demeuré à l’Hôpital de Hull pour y subir son CT-scan », en déduit la coroner. « Dans ce cas, les transferts interhospitaliers auraient été évités et les délais auraient certainement été réduits. M. Malavoy aurait été opéré plus rapidement et son pronostic en aurait bénéficié. »
À ce titre, le CISSSO s’est d’ores et déjà engagé à améliorer ses procédures en cas de bris, à consolider les responsabilités des intervenants impliqués et à bonifier les canaux de communication incluant lors de transferts interhospitaliers.
« Je conviens que la gestion de bris techniques et de l’achat d’un appareil de radiologie spécialisé est complexe. En revanche, cette complexité ou la lourdeur administrative ne devrait pas devenir une excuse à des délais indus ou à des ruptures de service », conclut Me Godin.
Successivement à la tête de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF), de la Fondation Trillium, du Centre francophone de Toronto, de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et de la Nouvelle Scène, Jean Malavoy était directeur du Muséoparc Vanier dans ces ultimes fonctions.
La brutale disparition du septuagénaire en octobre 2020 avait suscité l’émotion et, en février 2022, une enquête publique avait été ordonnée pour déterminer et établir et de comprendre la trajectoire de soins du leader franco-ontarien, les décisions prises et les circonstances entourant la panne de l’appareil de tomodensitométrie. Lors de l’enquête au mois de septembre suivant, 17 témoins ont été entendus.
TORONTO – Un peu moins de quatre semaines après l’annonce de l’abandon du projet de développement immobilier de la Ceinture de verdure, résultant de l’envergure du scandale éponyme, le gouvernement présente un projet de loi pour en restaurer les terres retirées et en accroitre la protection des frontières dans le futur.
En conférence de presse, le ministre des Affaires municipales et du Logement Paul Calandra a expliqué que cette proposition permettrait non seulement de réintégrer les terres qui avaient été retirées, mais garantirait également que des modifications futures ne puissent être adoptées que dans le cadre d’une procédure publique et transparente nécessitant l’approbation de la législature.
La Loi de 2023 visant à préserver la ceinture de verdure rétablira également les protections fournies précédemment par la Loi sur la Réserve agricole de Duffins-Rouge et propose de conserver les 9 400 acres (3 800 hectares) de la ceinture de verdure ajoutés en 2022.
« Elle comprend la nécessité d’un nouvel examen tous les 10 ans par des experts impartiaux, hors gouvernement, qui fourniront des recommandations sur la base de la préservation des terres agricoles, des réserves d’eau et du patrimoine naturel, soumises à la vérificatrice générale », a précisé M. Calandra, ajoutant qu’il y aurait des consultations avec les Premières Nations également.
Face aux remarques pressantes des journalistes sur la gravité de cette bévue qui fait office d’une enquête criminelle, le ministre du Logement de répondre : « Nous avons pris une décision politique mal accueillie par la population. Nous voulons construire 1,5 million de logements, mais nous devons aussi l’écouter et c’est la raison pour laquelle nous voulons revenir en arrière. »
« Nous nous assurerons que les 15 recommandations de la vérificatrice générale soient toutes appliquées, mais nous ne perdons pas de vue notre objectif de nous attaquer à la crise du logement en Ontario et de travailler avec nos partenaires municipaux pour atteindre nos objectifs communs en matière de logement. Nous savons qu’il y a encore du travail à faire », a-t-il conclu.
Les partis d’opposition aux aguets
« Aujourd’hui est une journée importante pour tous les citoyens, écologistes, défenseurs du logement et agriculteurs (…) Nous nous sommes unis, nous avons repoussé et nous avons gagné », se réjouit la cheffe de l’opposition officielle Marit Stiles qui déplore la perte de temps induite par « le scandale de corruption des conservateurs de Ford qui a fait reculer l’Ontario de plusieurs années dans la construction des maisons dont notre province a désespérément besoin ».
« Et les sales affaires de M. Ford vont au-delà de la Ceinture de verdure. Il continue de forcer les municipalités à construire sur des terres agricoles de premier ordre au profit de certains des mêmes spéculateurs fonciers, alors même que son gouvernement fait l’objet d’une enquête de la GRC », renchérit la leader néo-démocrate.
Le leader par intérim du Parti libéral John Fraser a lui aussi mis en cause le gouvernement au-delà de l’affaire de la Ceinture de verdure, citant entre autres les arrêtés ministériels de zonage (un arrêté ministériel de zonage (MZO) autorise le ministre des Affaires municipales et du Logement à réglementer l’utilisation des terrains, des bâtiments et des structures, autorité prévalant sur la municipalité), l’expansion urbaine ou encore la Place de l’Ontario, dont le gouvernement a présenté un plan de développement du secteur privé.
« À mesure que ce projet de loi progresse dans le processus législatif, les Verts de l’Ontario présenteront des amendements pour renforcer les protections de la Ceinture de verdure afin de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir que quelque chose comme cela ne se reproduise plus », a exprimé Mike Schreiner, le chef du Parti vert.
« Le gouvernement peut commencer par étendre les servitudes de conservation au-delà de la réserve agricole Duffins Rouge pour envoyer un message clair aux spéculateurs selon lequel les terres de la Ceinture de verdure ne sont pas à vendre », conclut celui-ci, ajoutant que l’Ontario ne peut se permettre de perdre davantage de terres agricoles de premier ordre au profit de spéculateurs fortunés.
TORONTO – Autour de la conseillère municipale Alejandra Bravo, huit membres auront la tâche d’améliorer la place du français dans la Ville reine. Cette nouvelle équipe sélectionnée par les fonctionnaires de la Ville doit prochainement être entérinée en conseil municipal.
Mis entre parenthèses depuis les élections municipales d’octobre 2022, voilà ce comité à nouveau opérationnel. Parmi les plus de 50 candidats, huit profils ont finalement été retenus.
Il sera entre autres composé de quatre membres issus du milieu postsecondaire : Hélène Grégoire, directrice de La Cité à Toronto, Hela Zahar, professeure agrégée à l’Université de l’Ontario français (UOF), Mareva Cestor, directrice du Carrefour des savoirs et de l’innovation de l’UOF et Carlo Charles Handi, professeur associé à l’Université de Windsor qui entame ainsi un deuxième mandat consécutif.
Complètent l’effectif : Christine Michaud, directrice des communications à la Banque TD, Liben Grebemikael, président-directeur général du Centre communautaire Taïbu de Scarborough, Amikley Fontaine, directeur et fondateur de la Fondation Sylvenie Lindor et José Bertrand, directeur général de la Franco-Fête de Toronto.
Les huit membres du comité consultatif des affaires francophones de la Ville de Toronto. Montage ONFR
L’un d’entre eux sera ultérieurement nommé coprésident au côté de la conseillère Bravo. L’élue de Davenport a été nommée après la victoire d’Olivia Chow à l’élection partielle, alors que dans un premier temps sa consœur Diane Saxe avait revendiqué ce poste.
Le mandat du Comité consultatif des affaires francophones de Toronto sera de guider le conseil municipal au cours des trois années à venir afin qu’il inclue les communautés francophones dans ses politiques.
Il s’agit aussi d’« identifier les tendances, les projets et les initiatives francophones qui peuvent contribuer à la vitalité de Toronto », selon les contours définis par la Ville. Cela englobe autant des aspects culturels qu’économiques et peut donc toucher autant au bilinguisme de la ville qu’au patrimoine ou encore à la compétitivité des entreprises francophones.
« Faire avancer nos dossiers francophones »
Mais les succès de ce comité réactivé par l’ancien maire John Tory sont très maigres jusqu’ici. Un manque de résultats essentiellement attribué à deux seules réunions annuelles, au caractère consultatif de la structure ainsi qu’à des mises en sommeil répétitives. Le comité ne s’est en effet pas réuni depuis plus d’un an, une situation qui s’est déjà produite avant la nomination de l’équipe précédente en 2020.
Difficile dans ces conditions d’assurer des suivis solides et d’émettre des recommandations qui parviennent jusqu’au conseil municipal. Sans compter que le français est plus perçu par la Ville comme une communauté parmi d’autres qu’une langue officielle sur le même pied d’égalité que l’anglais, confient plusieurs observateurs.
Alejandra Bravo, conseillère municipale (Davenport) lors du lever de drapeau franco-ontarien. Crédit image : Rudy Chabannes
Néanmoins, l’optimisme est de mise pour les nouveaux membres. « J’ai hâte de me mettre au travail aux côtés des autres membres et avec les conseillers municipaux pour faire avancer nos dossiers francophones », a réagi Amikley Fontaine, engagé dans le domaine de l’inclusion économique des jeunes franco-torontois.
Le président de la Fondation Sylvenie Lindor aimerait notamment voir se concrétiser un programme de soutien financier aux organismes franco-torontois et un accès bilingue à toutes les ressources de ville. Il croit en outre qu’il est nécessaire d’élargir l’offre municipale de services en français.
En marge des célébrations du lever du drapeau franco-ontarien, la conseillère Bravo a déclaré au micro d’ONFR son enthousiasme à coprésider ce comité qu’elle entrevoit comme « un outil de dialogue et d’avancées dans les domaines qui préoccupent les francophones de Toronto. »
SUDBURY – Juriste, avocat, conférencier, musicien, sexologue, chroniqueur : Jacques Babin est l’exemple même de la versatilité. Originaire de Kapuskasing, mais Sudburois d’adoption, ce discret infatigable a siégé au sein de plusieurs comités de la ville, et vient tout juste d’être annoncé le gagnant du Mérite Horace-Viau remis par les Clubs Richelieu du Grand Sudbury.
« Vous venez de recevoir le Prix Mérite Horace-Viau, était-ce une surprise pour vous?
Oui, j’étais surpris quand je regarde les gens qui ont le mérite par le passé surtout que je travaille toujours en arrière-plan. Souvent les gens réalisent après coup que je suis impliqué dans tel ou tel projet parce que je suis une personne introvertie. Ce qu’on m’a dit c’est qu’on a vu toute l’étendue de tout ce que j’ai accompli dans la région de Sudbury et que c’était impressionnant. Mais oui, définitivement, j’étais agréablement surpris.
Vous êtes originaire de Kapuskasing mais habitez depuis 1988 à Sudbury : qu’est-ce qui vous a amené dans la capitale du Nickel?
À la base, c’était pour enseigner au niveau postsecondaire, pour enseigner des cours de droit. À ce moment-là je pratiquais le droit à Hearst et Kapuskasing donc on m’a proposé une offre à Sudbury et j’ai accepté.
Que retenez-vous de vos longues études universitaires qui ont touché à plusieurs domaines?
Beaucoup de chance et de fierté. Le droit m’avait toujours intéressé, une chose dont je suis très fier c’est que j’ai pu faire toutes mes études en français. J’ai dû aller au Nouveau-Brunswick, à l’Université de Moncton, pour étudier le droit en français, car c’était la seule université où on pouvait le faire et la seule au monde pour le Common law en français. Je trouvais ça dommage qu’on ne puisse pas étudier en français avant et même à l’Université d’Ottawa c’était uniquement en anglais jusqu’à un certain moment.
En 2022, Jacques Babin s’est vu remettre un prix de reconnaissance par le Club Richelieu de la Vallée dont il est le président. Crédit image : Le Voyageur.
On parle de vous comme d’un pionnier dans le milieu légal franco-ontarien, étant parmi les premiers avocats à exiger des documents légaux en français en Ontario?
Oui, il faut dire que quand on sort de l’université après avoir étudié le droit en français, on nous encourage à pratiquer en français. On était la première génération d’avocats à avoir étudié complètement en français, donc nous on prenait notre place. Dans le Nord justement, il y avait des anglophones qui étaient ouverts à ça. Ils travaillaient pour le gouvernement et voulaient qu’on puisse offrir des documents dans les deux langues, car les clients étaient parfois francophones. Aujourd’hui, l’Ontario n’est pas une province bilingue, mais je peux vous assurer que tous les documents légaux sont traduits dans les deux langues. Donc on a poussé c’est sûr, mais on a eu de l’aide.
Que pensez-vous de la pression exercée par des avocats pour l’adoption de la Constitution canadienne en français?
Je suis d’accord avec eux, je reste un constitutionnaliste convaincu. Néanmoins, ce que j’aime au niveau fédéral, c’est qu’on dit qu’on ne doit pas regarder la version anglaise et se servir du côté anglais et l’interpréter à la française, mais il faut se servir des mots exacts qui se trouvent dans la version française d’une Loi ou d’une Constitution. Et c’est arrivé dans le passé qu’on utilise la version française, car elle était plus avantageuse pour les francophones.
Vous portez plusieurs chapeaux : juriste, notaire et avocat, procureur de la Couronne fédérale et provinciale, traducteur de documents juridiques : est-ce difficile de choisir?
Oui, mais souvent dans la société on pense qu’on devrait être spécialiste dans un seul domaine. Personnellement je reste convaincu que quand on a plusieurs intérêts, pourquoi ne pas les combiner et étudier dans plusieurs domaines. J’ai une maîtrise en histoire et quand j’ai eu la chance d’étudier au niveau doctoral surtout dans le domaine des infractions criminelles à nature sexuelle et faire de la recherche dans la matière, j’ai sauté dessus. Je n’aurai pas cru que ça m’amènerait à avoir une chronique sur la sexualité à Radio-Canada depuis cinq ans, mais c’est le cas.
Jacques Babin aux côtés de Stéphane Paquette et la députée France Gélinas exhortent en 2018 le gouvernement de Doug Ford à ramener l’indépendance du Commisariat aux services en français et l’Université de l’Ontario français. Source : Compte Facebook de France Gélinas
Oui, car vous êtes aussi sexologue et thérapeute?
Oui, d’ailleurs j’étais le premier sexologue avec doctorat à Sudbury et l’un des premiers à offrir des consultations à la fois en anglais et en français. J’ai eu pendant plusieurs années un bureau et j’ai dû arrêter, non pas parce que je n’avais pas assez de demandes, mais plutôt le contraire. On me consulte toujours aujourd’hui, les médecins et autres professionnels par rapport à des cas de patients.
Quels sont les cas les plus fréquents pour lesquels on vous consulte?
C’est surtout dans le domaine sexuel. J’en ai parlé à ma dernière chronique justement, sur le fait qu’on enseigne pas assez la sexualité. Durant les quatre ans où on nous a enseigné à l’école de médecine, on avait juste quatre heures par semaine ce qui est absolument incroyable pour des médecins. Je ne pense pas que ça ait changé aujourd’hui et c’est pour ça qu’on vient souvent me voir.
Vous avez l’avantage de voir à la fois le côté légal/juridique mais aussi l’angle de la sexualité, ça aide?
Et psychologique aussi, alors oui c’est sûr que c’est pour ça aussi que j’aime faire la chronique. J’aime éduquer les gens au sujet des nouvelles recherches scientifiques, les partager avec les auditeurs et auditrices.
eN 2018, Jacques Babin, alors trésorier à l’ACFO du Grand Sudbury, remet un prix de reconnaissance à Sophie Bouffard, ancienne rectrice de l’Université de Sudbury. Crédit image : Le Voyageur
En ce moment, le débat fait rage au sujet des questions d’identités sexuelles et de genre, c’est important pour vous de les informer à ce propos aussi?
Premièrement, j’adore le fait que l’on puisse en discuter. Par contre, ce qui me fait un peu peur, c’est qu’il semble y avoir un recul. Il y avait une ouverture envers les gens qui ne sont pas hétérosexuels depuis les années 80, mais depuis quelques années, il semble y avoir un recul. Je ne suis pas le seul à le penser, tous les sexologues sont du même avis. Aujourd’hui, on sent une certaine tendance dans la société de vouloir persécuter les gens qui sont différents et c’est vraiment alarmant. Forcément, ça amène ces personnes-là à rechercher de la thérapie pour les accompagner, car ce n’est vraiment pas facile pour elles. On observe ça de très près et il va y avoir de la recherche qui va paraître à ce sujet.
On entend souvent dire que la différence est encore plus difficile à accepter dans le Nord, où les communautés sont moins nombreuses et isolées, l’avez-vous constaté?
Absolument. On a des ressources, mais pas assez. Encore là, je ne parle pas que de celles de la communauté ou des agences sociales par exemple, mais des ressources de type médicales et autres. Et si les gens ne sont pas formés ou ne savent pas référer à d’autres professionnels alors évidemment il y a des lacunes. C’est pour ça que les jeunes se sauvent, si je peux dire ça comme ça, pour aller vers les grands centres comme Ottawa ou Toronto parce qu’il y a de plus grandes communautés pour eux et ils s’y sentent plus à l’aise. Un peu comme dans les années 1950-1960-1970 pour les homosexuels, par exemple dans ma ville natale, ils s’en allaient à Toronto.
Jacques Babin a été acteur et chanteur pendant plusieurs années dans la pièce Kanata 1534. Gracieuseté
Vous avez été impliqué au comité de chantier de la Place des Arts, êtes-vous content du résultat aujourd’hui?
J’en suis très fier, à chaque fois que j’y mets les pieds, c’est incroyable le travail qui y a été fait. C’est un vrai bijou pour le centre-ville.
Vous avez aussi passé seize ans au conseil d’administration du Théâtre du Nouvel-Ontario, avez-vous un intérêt pour les arts?
Oui, je suis musicien et j’ai cofondé un groupe de acapella, Acapazilda. Un groupe avec des hommes, et on va donner des concerts dans des endroits où se trouvent des personnes vulnérables comme des centres de cancérologie, des maisons de personnes âgées etc.
Jacques Babin était membre de la chorale des Troubadours. Gracieuseté
Vous auriez pu faire carrière dans le football aussi…
J’étais un bon joueur de football au niveau secondaire, j’avais été recruté mais malheureusement une blessure a mis fin à ma carrière. J’ai pu me concentrer sur mes études au moins!
Un autre talent caché?
Je fais partie de la Société humaniste de l’Ontario depuis plusieurs années et je peux marier des personnes dans la province de l’Ontario. Il s’agit de mariage civil, donc un mariage non religieux. Je peux marier en français, en anglais et même dans les deux langues comme c’est souvent le cas ici à Sudbury. J’entraîne d’ailleurs des célébrants dans le cadre de mon implication. J’ai fait des mariages partout, dans les parcs, sur le bord de l’eau, la plupart des gens aiment se marier dehors. Du moment qu’un couple obtient une licence de mariage de l’hôtel de ville, je peux les marier.
Jacques Babin a agi comme célébrant pour le mariage de son fils. Gracieuseté
Aujourd’hui, vous êtes à la retraite, qu’est-ce qui vous occupe le plus?
Je fais du bénévolat, j’aide à travailler au bingo, et même si je ne siège plus à aucun conseil d’administration, on continue de solliciter mes conseils alors quelque part je suis encore impliqué. J’écris aussi des articles à la Voix du Nord et au Voyageur sur la sexualité de temps en temps alors ça me garde occupé. »
LES DATES-CLÉS DE JACQUES BABIN :
1956 : Naissance à Kapuskasing
1985 : Diplômé en droit de l’Université de Moncton (Nouveau-Brunswick)
1988 : S’installe à Sudbury
2000 : Commence à pratiquer en tant que sexologue
2023 : Annoncé comme le Mérite Horace-Viau des Clubs Richelieu du Grand Sudbury
Chaque fin de semaine, ONFR+ rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.
[CHRONIQUE]
OTTAWA – Il y a 25 ans, la communauté franco-ontarienne franchissait un pas de géant avec la création des 12 conseils scolaires de langue française, après quelque vingt ans de revendications. Retour dans sur l’histoire des bâtiments sièges sociaux des conseils scolaires de langue française de l’Est de l’Ontario actuels et ceux bilingues qui les ont précédés.
La commission des écoles séparées d’Ottawa : des sièges sociaux franco-ontariens
Fondée en 1856, la Commission des écoles séparées d’Ottawa (bilingue) a précédé la Confédération canadienne de 1867. Ce conseil scolaire fut l’un des rares en province où les Franco-Ontariens formaient la majorité en son sein et qui s’opposa probablement le plus vigoureusement contre le Règlement 17, avec à sa tête le militant Samuel Genest.
La désormais célèbre École Guigues où enseignaient les sœurs Béatrice et Diane Desloges et où a eu lieu la fameuse bataille des épingles à chapeaux était une école de ce conseil scolaire.
C’est d’ailleurs dans celle-ci (la plus spacieuse du conseil) que durant près d’un siècle, de 1864 à 1959, se trouvaient les bureaux du conseil scolaire.
En 1958, le conseil scolaire (toujours bilingue et où les Franco-Ontariens forment encore la majorité) se fait construire un bâtiment flambant neuf au 140, rue Cumberland pour héberger son siège social dans la Basse-Ville Ouest d’Ottawa.
Coupure de presse du 21 février 1959 du journal Le Droit au moment de l’ouverture du premier siège social en 95 ans de la Commission des écoles séparées d’Ottawa. Les plans de l’immeuble ont été dessinés par l’architecte franco-ontarien Roger Thibault. Source : Le Droit
L’immeuble est une réalisation d’un jeune architecte franco-ontarien à l’orée d’une fructueuse carrière dans l’architecture institutionnelle franco-ontarienne, Roger Thibault (1927-2019).
Au moment de la création du premier conseil scolaire de langue française d’Ottawa en 1988, le conseil scolaire catholique bilingue qui existait depuis 1856 est dissous et le bâtiment du siège social passe sous le giron du conseil catholique anglophone. Il sera démoli approximativement au milieu des années 2000.
Bien entendu, l’ancienne École Guigues est quant à elle protégée en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario depuis 1980 et a été au cœur d’une âpre lutte patrimoniale pour sa survie avant de faire l’objet d’une reconversion réussie. J’en ai parlé dans une précédente chronique.
Le conseil scolaire d’Ottawa : un ancien siège social patrimonial menacé
Du côté public, le conseil scolaire anglophone logeait dans un bâtiment construit en 1922 selon les plans de William Caven Beattie (1886-1945), architecte-surintendant responsable des immeubles. Situé au 330, rue Gilmour, le siège social scolaire a également été l’hôte des réunions du conseil municipal d’Ottawa de 1931 à 1958.
Le conseil scolaire public devient bilingue en 1969 au moment où les premières écoles secondaires publiques de langue française sont fondées.
Tout ce qui a trait à l’éducation du palier secondaire et des adultes franco-ontariens d’Ottawa à partir de 1969 se trouvait dans ce siège social. Charlotte Lemieux, Eugène Bellemare, Gérard Lacombe ou Paul Bard y ont œuvré, notamment, tandis que le militant Gérard Lévesque y a fait plusieurs présentations pour réclamer un conseil scolaire homogène de langue française.
L’ancien siège social du Ottawa School Board/Conseil scolaire d’Ottawa, lequel fut bilingue de 1969 à 1988. Notez la panneau bilingue qui l’atteste. Crédit image : Emily Jung Essex, »Building a Memory : Reactivating a Lineage of Community Life at Centretown’s 330 Gilmour Street », Carleton University, thèse de maîtrise en architecture, page 34.
Au moment d’obtenir leur premier conseil scolaire francophone à Ottawa, en 1988, les francophones cessent d’utiliser le bâtiment. Ce dernier revient uniquement aux anglophones jusqu’au déménagement en 2001 vers un nouveau siège social, situé dans l’ouest de la ville d’Ottawa.
Depuis ce temps, le bâtiment est vacant et laissé à l’abandon. Étant donné sa grande précarité, l’ancien siège social du conseil scolaire se trouve sur la liste de surveillance des biens à valeur patrimoniale créée en 2016 par le Groupe de travail du maire de la ville d’Ottawa pour les questions d’ordre patrimoniales. La liste comprend des bâtiments jugés à risque en raison d’une négligence ou d’une dégradation.
Au fil des ans, plusieurs projets de reconversion du bâtiment n’ont jamais abouti. L’un des plus récents était d’y loger de façon permanente l’École élémentaire catholique Au-Cœur-d’Ottawa au sommet d’une tour résidentielle et commerciale qui serait construite sur une partie de l’ancien site du siège social du conseil scolaire.
L’an dernier, des citoyens ont déposé à la ville d’Ottawa une demande de désignation patrimoniale en vertu de la Loi pour le protéger.
1994 : des premiers sièges sociaux permanents
Comme je l’ai raconté dans une autre chronique, la réunion inaugurale du Conseil scolaire de langue française d’Ottawa-Carleton a eu lieu exceptionnellement à l’hôtel de ville de Vanier. À cette époque, il s’agissait d’un des deux premiers conseils scolaires francophones à être créés en Ontario.
Après cette réunion inaugurale, le siège social du Conseil scolaire de langue française d’Ottawa-Carleton s’est retrouvé dans des bureaux situés dans les nouvelles tours de la Place Blair, construites par l’entrepreneur Harold Shenkman à Gloucester.
Dévoilement de la plaque d’inauguration du premier siège social du Conseil scolaire de langue française d’Ottawa-Carleton en 1989. À gauche : Aurèle Lalonde, président du conseil plénier et à droite, Gilles Morin, député provincial de Carleton-Est. Crédit image : Université d’Ottawa, Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF).
La bisbille permanente entre les deux sections du conseil scolaire francophone (catholique et public) font en sorte qu’une collaboration entre tous devient impraticable au grand dam de ceux qui avaient rêvé ce conseil scolaire unique (et utopique), Maurice Lapointe en tête.
Ce climat malsain et la mise sous tutelle en 1991 par la province de la section publique en raison d’une mauvaise gestion financière font en sorte que le gouvernement n’a d’autre choix que de scinder le premier conseil scolaire francophone d’Ottawa en deux nouveaux conseils scolaires totalement indépendants l’un de l’autre. Ajouté au fait que les coûts des loyers étaient jugés trop élevés, on se mit à chercher de nouveaux locaux pour les sièges sociaux des deux nouveaux conseils divorcés.
L’ancienne École Genest devient le siège social d’un conseil scolaire
Dans le cadre d’une réorganisation des immobilisations scolaires de la région d’Ottawa qui implique tous les conseils scolaires (tant anglophones que francophones, publics comme catholiques), l’ancienne École Genest, située à Vanier et fermée depuis 1977, passe du giron catholique francophone à public francophone.
Construite en 1930 selon les plans du prolifique architecte régional Charles Brodeur (1871-1936), l’école a été nommée en l’honneur de Samuel Genest (1865-1937). Elle a subi un agrandissement de deux ailes en 1954 par l’architecte franco-ontarien Lucien Leblanc (1893-1966).
L’ancienne École Genest, située à Vanier. Siège social du Conseil des écoles publiques d’Ottawa-Carleton de 1994 à 1998, puis du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario de 1998 à 2004.
C’est dans celle-ci que le siège social du Conseil des écoles publiques d’Ottawa-Carleton y élit domicile en 1994. Il y restera jusqu’en 2004.
Cette année-là, le Conseil des écoles publiques de langue française de l’Est de l’Ontario (CEPEO) déménage son siège social dans les premiers locaux de La Cité collégiale, dans le parc industriel d’Ottawa. Construits par l’entrepreneur Pérez, les locaux ont temporairement accueilli le premier collège francophone d’arts appliqués et de technologie de l’Ontario de son ouverture en 1990, jusqu’en 1995.
Quant au bâtiment de l’ancienne École Genest, il est redevenu depuis 2009 une école publique de langue française nommée Trille-des-Bois.
Choix controversés pour le nouveau siège social du conseil scolaire catholique francophone
En 1993, la section catholique du conseil scolaire de langue française d’Ottawa-Carleton décide de se faire construire un siège social sur un terrain qu’il possède déjà dans le village de Cyrville, en bordure de l’autoroute 417, soit celui de la cour de récréation de l’ancienne École Ste-Thérèse (construites en 1931) et du site de l’ancienne École St-Joseph (ouverte en 1953, selon les plans de l’architecte René Richard). Après avoir accueilli les premiers locaux du Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques entre 1974 et 1976, les écoles fermées en 1973 ont été démolies en 1979.
Le quotidien Le Droit révèle en 1993 que le choix de l’architecte pour la construction du nouveau siège social du conseil scolaire catholique francophone sème la controverse.
La raison : un contrat accordé sans appel d’offres à une firme d’architectes anglophones. Cette façon de faire soulève bien des questionnements et surtout l’ire de l’architecte Roger Thibault, le même qui a dessiné les plans du siège social du conseil scolaire catholique précédent, en 1958! Dans les pages du journal Le Droit, il ne mâche pas ses mots.
Siège social du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est depuis 1994. Lieu du premier dévoilement du Monument de la Francophonie de l’Ontario en 2006. Crédit image : Assemblée de la francophonie de l’Ontario.
Au même moment, les défenseurs du patrimoine franco-ontarien tentent désespérément de convaincre le conseil scolaire de loger son nouveau siège social dans l’ancienne École Guigues, fermée depuis 1979, laissée à l’abandon et qui se trouve dans une condition alarmante.
Malgré les critiques virulentes, le conseil scolaire ne déroge pas de son plan et le nouveau bâtiment de son siège social sera inauguré tel quel en 1994.
C’est devant ce siège social que le premier Monument de la francophonie de l’Ontario a été dévoilé, en 2006.
En 2010, Alain Fortin (1950-2009), le surintendant en immobilisation entre autres responsable du projet de construction de 1994 a été commémoré dans la toponymie alors qu’une école du conseil scolaire à Orléans a été nommée en son honneur.
À L’Orignal
Dans l’Est ontarien, le premier conseil scolaire de langue française, fondé en 1991, est catholique. Son siège social demeure inchangé de celui du Conseil des écoles catholiques de Prescott-Russell qui s’y trouvait depuis la fin des années 1970 à L’Orignal.
Le Foyer de Prescott-Russell, à L’Orignal, première résidence pour personnes âgées des comtés unis de l’Est ontarien, construite en 1906. Siège social scolaire catholique depuis la fin des années 1970, il est ensuite devenu le siège social du premier conseil scolaire catholique autonome de langue française de l’Ontario, en 1991. Aujourd’hui, il sert de siège social du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO). Crédit image : Patrimoine L’Orignal-Longueuil Heritage. (Avec permission).
Construit par le gouvernement régional, cve bâtiment de 1906 fut la première résidence pour personnes âgées des Comtés unis de Prescott-Russell. Les plans du Foyer de Prescott-Russell furent dessinés par l’architecte de Kingston William Newlands fils. Elle fut agrandie et rénovée en 1954 par l’architecte Lucien Leblanc.
D’un bâtiment construit en 1906 à L’Orignal à celui des premiers locaux du Collège La Cité en passant par l’ancien site des Écoles Genest, Ste-Thérèse et St-Joseph de Cyrville, les sièges sociaux des conseils scolaires de langue française de l’Est de l’Ontario se sont élevés sur l’histoire qui la précédait.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR+ et du Groupe Média TFO.
TORONTO – Pour la dernière conférence de la 17e édition du Toronto Global Forum, le bilinguisme français-anglais, comme ingrédient de réussite en Ontario et au Canada, était au cœur des débats. Modéré par la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney, le panel a abordé notamment la stimulation de la compétitivité et du développement des entreprises par l’amélioration de leur capacité linguistique.
Le Toronto Global Forum, créé en 2006, rassemble pendant trois jours de conférences des leaders du monde des affaires autour des enjeux, défis et opportunités de l’économie mondiale d’aujourd’hui.
Ce panel Leveraging French bilinguism in the talent war (Tirer parti du bilinguisme français dans la guerre des talents), le premier de la ministre en tant que modératrice, a donné notamment la parole à Richard Kempler, directeur général de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA).
« Au début, au moment de la création de la FGA, on ne connaissait pas l’échelle de l’économie francophone en Ontario », a-t-il déclaré, rappelant que les 600 000 francophones et bilingues de la province, soit 1,5 million de personnes en tout, contribuaient désormais à hauteur de 12 % du PIB de l’Ontario, soit 80 milliards de dollars.
« Il y a maintenant 300 000 emplois tous confondus à pourvoir, sur l’ensemble des postes de la province, et il manque une main-d’œuvre bilingue dans tous les secteurs. »
« Les deux tiers de la communauté francophone sont issus de l’immigration. Nous devons aussi pouvoir accueillir les familles et les retenir avec un système adéquat », a-t-il expliqué.
Caroline Mulroney a mentionné qu’un des enjeux du Conseil du trésor, dont elle a pris la présidence lors du dernier remaniement ministériel, est de pouvoir recruter des employés bilingues dans un bassin restreint.
« C’est également le rôle de notre gouvernement de soutenir les petites et moyennes entreprises en français en comblant les manques et de faire en sorte que l’écosystème soit là pour eux. »
Le panéliste Régis Michaud, président fondateur de RM Recruitment international, a mentionné qu’avoir des employés bilingues était un énorme avantage dans les affaires.
Selon lui, le meilleur moyen d’attirer des travailleurs francophones qualifiés vers les entreprises où le français est la langue minoritaire est de leur offrir une formation linguistique solide avant de venir au Canada, un processus également important dans le recrutement d’anglophones en venant au Canada avec l’apprentissage du français.
Guillaume Rachline, vice-président finance de Walmart Canada, a ajouté que le bilinguisme dans le commerce était stratégique, car il permettait de mieux comprendre culturellement le marché et les communautés, tout en travaillant localement, mais aussi internationalement avec les pays francophones.
« Pour le côté purement transactionnel, les Chat GPT et autres outils de traduction pourraient suffire, mais ils ne remplaceront jamais les nuances culturelles et le contact humain. »
« Le bilinguisme donne une chance de plus de mobilité aux personnes, plus d’opportunités à travers le monde », a renchéri Mme Mulroney en fin de panel.
« Avec une population francophone grandissante, dans 20 ans, le besoin de parler une seconde langue sera encore plus pressant. Si on embauche en premier lieu pour une expertise et un savoir-faire, le français est un avantage certain. Le futur est prometteur pour les francophones », a conclu Richard Kempler.
Charles Milliard, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), organisation cofondatrice de l’Alliance de la francophonie économique canadienne (AFEC), participait au Toronto Global Forum.
LE CONTEXTE :
L’avantage commercial de la francophonie et le bilinguisme dans la guerre des talents étaient au coeur de la 17e édition qui a rassemblé durant trois jours cette semaine les leaders économiques canadiens.
L’ENJEU :
Alors que l’Ontario fait face à une pénurie de main d’oeuvre critique dans de multiples secteurs, attirer de la main d’oeuvre qualifiée dans les deux langues officielles devient crucial.
« Avec l’Ontario, l’Alberta et le Nouveau-Brunswick, la FCCQ est à l’origine de l’AFEC. Où en êtes-vous dans ce projet lancé en février dernier?
On vient de s’enregistrer comme organisation officielle. On va avoir des discussions avec le gouvernement fédéral sur de potentielles collaborations et on cherche des partenaires pour avoir un représentant par province qui va défendre les intérêts franco-canadiens à l’intérieur de l’Alliance.
Quel intérêt les entreprises et chambres de commerce québécoises ont-elles à voir se développer un tissu économique de langue française en Ontario et ailleurs au Canada?
Il y a un intérêt économique et politique. Au niveau économique, on veut connecter davantage avec les entrepreneurs car c’est beau de faire du commerce international mais le commerce à l’intérieur du Canada est sous-utilisé, selon moi. On a plusieurs initiatives entre le Québec, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario pour valoriser cet entrepreneuriat-là.
Et sur le plan politique et international?
Il y a un discours identitaire très important au Québec. On parle beaucoup du français dans un contexte défensif mais le français est aussi un outil offensif en matière économique. La stagnation voire le déclin du français au Canada est à contre-courant de la tendance sur la scène internationale où le français est en croissance dans le monde. Le nombre de locuteurs augmentera de 500 à 800 millions en 50 ans selon les projections, majoritairement sur le continent africain. Et la part du PIB mondial consacrée aux affaires francophones est beaucoup plus importante qu’on ne le pense.
Le français comme langue d’affaires en Amérique du Nord, n’est-ce pas un peu utopique, ou tout du moins exagéré?
Non, je ne suis pas d’accord avec ça. Le français est l’une des trois plus grandes langues d’affaires au monde. C’est la plus répandue sur la planète avec l’anglais. Le Canada est un pays du G7 qui a le français pour langue officielle. Tout ça compte. L’idée n’est pas que les gens parlent français mais utilisent le français comme langue d’affaires.
Mais les échanges se font avant tout en anglais...
L’idée est de voir le français comme un outil supplémentaire. Ce n’est pas une guerre du français contre l’anglais mais une complémentarité entre l’un et l’autre. Être Canadien et bilingue est un atout sous-valorisé car on parle toujours du français dans un contexte identitaire, plutôt qu’économique.
Le français permet aussi aide mieux connaitre les réalités d’affaires des autres régions du pays, sans compter qu’on a un accord de libre-échange canadien, un levier sous-utilisé. Des PME québécoises connaissent mieux les marchés français et américain que le marché albertain qui est pourtant en croissance exponentielle. Mettre de l’avant ce Canada bilingue est en outre un outil d’attraction pour des entreprises internationales qui veulent réussir sur le marché francophone.
Comment qualifieriez-vous la francophonie économique hors Québec vue de la Belle Province?
C’est une francophonie vivante avec des réseaux méconnus. Une entreprise de Rimouski n’a aucune idée de l’ampleur ni de la réalité de cette francophonie d’ailleurs. On veut la faire connaître avec l’AFEC, s’entraider et amener un marché qui représente 8 millions de personnes qui parlent français. Les entreprises francophones représentent en retour un point de contact pour aider les nôtres à s’implanter au-delà des frontières.
Les entreprises de l’Ontario et du Québec sont en concurrence sur le marché de l’emploi pour attirer les talents bilingues. Où est la frontière entre collaboration et compétition?
On peut collaborer sur certaines choses et être en compétition sur d’autres. L’immigration économique est un enjeu important et on la veut majoritairement en français. Attirer des travailleurs francophones est forcément une compétition et on la perçoit d’ailleurs particulièrement à la frontière. Les entreprises ontariennes disent aux travailleurs du Québec « Venez » et c’est de bonne guerre. Ça n’empêche pas les collaborations économiques en vue de développer les échanges.
Le volume des échanges interprovinciaux est-il à la hauteur selon vous entre le Québec, l’Ontario et les autres provinces?
La connexion économique entre l’Ontario et le Québec est déjà très forte. On peut l’accroître, mais je pense aussi aux autres provinces. Si on prend le cas de l’Alberta, il y a un désert de connaissance des réalités entre le Québec et cette province, alors que c’est une communauté de pensée assez similaire. On doit chercher à les rapprocher. Le potentiel est colossal. »
L’équipe de Première Ligue canadienne de soccer la plus francophone de l’Ontario a manqué la qualification en phase finale au terme d’un mois de septembre à oublier. Blessé, le jeune Français de l’Atlético Ottawa revient sur cette difficile épreuve d’un point de vue individuel et collectif.
Champion en titre de la saison régulière et finaliste la saison dernière, l’Atlético Ottawa après une montée en puissance sur les mois de juillet et août se trouvait en embuscade à deux points de la première place à l’entrée du dernier mois de compétition.
Absent en raison d’une déchirure aux ischiojambiers qui l’aura tenu éloigné des terrains pendant près de deux mois, Abou Sacko a vu, impuissant, ses coéquipiers s’effondrer à cinq reprises en fin de match. Cinq buts encaissés dans des fins de rencontre en septembre puis début octobre qui ont mis fin à la saison de l’équipe de la capitale de manière prématurée.
Avec son but à la 88e minute, Kevin Santos (York FC) est le bourreau des Ottaviens lors de l’avant-dernière journée. Crédit : Canadian Premier League.
Avec seulement un point pris en cinq matchs en septembre, ajouté à une défaite face à York à la 88e minute, les hommes de Carlos Gonzalez ont creusé leur tombe. La victoire finale à Forge dans un sursaut d’orgueil s’est avérée insuffisante pour reprendre la cinquième place perdue face à York lors de la semaine précédente. Comment expliquer un tel craquage mental pour une équipe expérimentée et habituée à jouer les premiers rôles?
« Je pense qu’il y a un peu de tout. C’est de la malchance, du relâchement, et du moins bien, une petite baisse de forme qui a eu un impact direct sur les résultats », explique Sacko.
« Mais, au final, je ne pense pas que nous étions mauvais. C’est juste qu’à la fin des matchs, je pense qu’on perdait en lucidité et ça a duré sur plusieurs rencontres. Au final, si on enlève la moitié des matchs où on encaisse un but à la fin, on est qualifié pour la phase finale. »
La terrible série de résultats négatifs de l’Atlético en septembre et octobre. Source : canpl.ca
Ces cinq buts encaissés en fin de match ont coûté cinq points aux Ottaviens. En ajoutant ces points au classement – sans même prendre en compte que les adversaires en auraient perdu deux – l’Atlético pointerait à la troisième place juste derrière Forge.
« Quand ça arrive une fois, tu te dis que c’est de la malchance, mais quand ça se répète comme ça encore et encore, ça devient dur. York c’était comme une petite finale pour nous. On avait un point d’avance sur eux, c’était le match pour assurer notre place en phase finale », confie le jeune arrière gauche de 21 ans.
« Et de nouveau perdre comme ça, à la fin, sur une occasion comme celle-ci, tu te dis vraiment que le sort s’acharne contre toi. Je n’étais pas présent là-bas mais d’après les retours que j’ai eus, tout le monde était effondré. Je pense aussi à nos partisans qui ont fait le déplacement et qui nous ont encouragés toute la saison, ça fait mal. »
Encore plus de regrets après Forge
Et pourtant, malgré la déception et un espoir de qualification qui s’est envolé avec la victoire de York à Vancouver (2-1), les Ottaviens se sont imposés à Forge 1-0 face à une équipe qu’ils n’avaient battue qu’à une seule reprise dans toute leur histoire.
« Forcément, ça laisse plus de regrets, mais de toute façon, nous savions de quoi nous étions capables. On a montré notre niveau tout au long de l’année, on savait qu’on pouvait tenir tête à cette équipe mais aussi à n’importe qui dans la ligue », regrette Sacko.
« Aucune équipe ne nous faisait peur. Quand nous étions à 100 % comme par exemple au mois de juillet, où nous étions dans une forme excellente. On a montré notre niveau et personne n’en doutait. Tout le monde savait qu’on était un des acteurs majeurs pour le titre dans cette ligue. Malheureusement, parfois ça ne se passe pas toujours comme prévu, mais personnellement je n’ai jamais douté de mon équipe. Ça ne me choque pas qu’on ait gagné le dernier match. »
Un sentiment d’être inutile
A titre personnel, la pilule a été encore plus dure à avaler pour le jeune Français qui débutait sa carrière professionnelle dans le soccer, fraîchement arrivé du centre de formation du Havre. Victime d’une déchirure de 23 cm aux ischiojambiers lors d’une entrée en jeu fin juillet, il n’a plus retrouvé les terrains depuis et a dû subir cette situation collective avec un sentiment d’impuissance.
« Je ne m’y attendais pas. Je n’avais jamais eu ce type de blessure. Au début, j’essayais de rester positif. J’ai tenté à plusieurs reprises de reprendre l’entraînement mais j’avais encore mal. J’aurais pu revenir plus tôt, mais avec un risque de rechute », explique-t-il.
Saison difficile mais aussi saison d’apprentissage du monde professionnel pour le jeune Français. Crédit : Tim Austen/Freestyle Photography
« J’ai essayé de bien le prendre, mais ça reste dur pour un footballeur d’être éloigné du groupe. Tu as l’impression de ne servir à rien. Tu finis ta séance en salle, tu rejoins le groupe sur le terrain… Ils sont en train de jouer et toi tu les regardes depuis le banc. Une semaine, deux semaines, un mois, un mois et demi… Tu ne vois toujours pas le terrain et t’as l’impression que ça ne va jamais se finir. C’était très frustrant. Parfois, je voulais même essayer de reprendre quitte à ce que ça pète. »
Même s’il confie avoir eu le soutien de ses coéquipiers, notamment les francophones de l’équipe, Abou ne cache pas que cette première expérience dans un pays étranger loin de sa famille n’a pas été facile. Cette blessure avec laquelle il n’était pas familier a forcément compliqué les choses.
Le latéral gauche ne pense pas que ce soit un manque d’échauffement qui a entraîné cette blessure survenue à peine trois minutes après son entrée en jeu. Il pointe plutôt du doigt l’enchaînement d’une saison quasi complète en France à la suite de laquelle il a directement enchaîné en PLC.
« J’ai enchaîné plus d’une demi-saison avec Le Havre puis une saison complète ici. J’ai mis mon corps à rude épreuve. Je m’entrainais beaucoup et le match d’avant contre Valour, j’avais aussi beaucoup couru, le tout dans une période de fortes chaleurs. »
Rester positif
Si d’un point de vue sportif, la saison reste une grosse déception, du point de vue de son expérience au Canada, le Français ne s’est pas forcément senti dépaysé à Ottawa, même s’il note des différences évidentes avec son pays natal.
« Je trouve qu’il y a des similitudes entre Ottawa et le Havre dans le sens où elles font partie des grandes villes du pays mais ce ne sont pas non plus les plus grandes. Ottawa c’est la capitale, mais on y a vite fait le tour. On connaît rapidement la ville. Son calme est un environnement parfait pour un sportif. On ne te dérange pas et il n’y a pas non plus trop de distractions en dehors du métier, un peu comme au Havre », compare-t-il.
« Il y a quand-même des différences avec la France : ce n’est pas le même pays, ce n’est pas la même culture, la même langue même s’il y a Gatineau à côté. Mais personnellement, j’ai adoré la ville d’Ottawa, j’aime bien y vivre. C’est vrai que seul ce n’est pas évident non plus, mais ce n’est pas la première fois que je vis seul. En plus, j’ai amélioré mon anglais. »
Rebondir la saison prochaine
Pour revenir au sportif, Sacko va maintenant profiter de vacances bien méritées en France au sein de sa famille, pour se ressourcer et se préparer pour la saison prochaine avec un esprit revanchard.
Avec une année de contrat garantie pour la saison prochaine et la confiance de son entraîneur et de ses dirigeants, Abou a toutes les cartes en main pour se relancer.
Abou Sacko a hâte de retrouver les terrains de PLC la saison prochaine. Crédit : Tim Austen/Freestyle Photography
« L’entraîneur m’a démontré qu’il avait confiance en moi en étant exigeant alors qu’il aurait pu me délaisser. Je n’ai pas réussi à lui rendre cette confiance du mieux que je pouvais. Je m’en veux et j’ai envie de me préparer au mieux pour la saison prochaine et être disponible pour lui à 100 % tout le temps. On va bien se reposer puis se préparer pour la saison prochaine avec de nouveaux objectifs : essayer de jouer le plus de matchs possible et surtout éviter de rater toute une deuxième partie de saison. »
L’Atletico Ottawa devrait démarrer la préparation à la mi-janvier du côté d’Ottawa avant de partir en Espagne pour son traditionnel camp d’entraînement en février. À son arrivée au club, Abou Sacko avait rejoint ses nouveaux coéquipiers directement en Espagne sans passer par la case « froid » du mois de janvier. Le début d’année 2024 sera donc l’occasion pour lui de découvrir le climat hivernal de la capitale.
« Je n’ai pas hâte, ça va piquer! », confie-t-il avec un large sourire.
De l’émergent à l’établi, avec tout ce qu’il y a entre les deux, les amateurs de musique ont du choix cette semaine en Ontario. De plus : anniversaire important pour un centre francophone, des rencontres avec des auteurs et une réalisatrice, et des humoristes anglophones qui s’essaient à faire rire… en français.
Musique
Le choix de Patricia Cano
Les Sudburois ont accès à un concept original pour découvrir de nouveaux sons cette année. Pour le Bistro des découvertes, La Slague invite un artiste établi en Ontario francophone et lui demande de choisir un artiste émergent qu’il souhaite faire découvrir au public. Ce mardi, c’est Patricia Cano qui présentera Lady Son. Yeti Ajasin, de son vrai nom, mêle ses origines nigériane, italienne et juive dans une musique afro-cubaine qui se fait de plus en plus remarquer sur la scène torontoise. L’événement aura lieu au bistro de la Place des arts du grand Sudbury dans une ambiance conviviale.
Lady Son est la découverte musicale de Patricia Cano, au Bistro des découvertes. Source : La Slague
Sudbury, le 17 octobre au Bistro de la Place des arts. Détails et billets sur le site de La Slague.
Edith Butler en cadeau d’anniversaire
Le Cercle de l’amitié de Mississauga s’offre Edith Butler pour son cinquantième anniversaire. C’est à l’occasion de son Bal d’or que le centre culturel et communautaire invite la chanteuse acadienne à présenter son spectacle Le tour du grand bois. La prestation sera précédée d’un banquet de diverses activités et discours pour rendre hommage à ceux qui se sont impliqués au Cercle de l’amitié depuis un demi-siècle. La soirée sera animée par la Chiclette Nathalie Nadon.
Edith Butler est une pionnière de la musique acadienne. Gracieuseté : Edith Butler
Originaire de Trois-Rivières, le groupe QW4RTZ fait sensation dans les salles québécoises depuis plusieurs années. Les quatre chanteurs reprennent des succès connus, mais les font entendre d’une façon bien différente des originaux : a cappella, c’est-à-dire avec leurs voix comme seuls instruments de musique. L’humour et les chorégraphies font aussi partie de ce spectacle mis en scène par Serge Postigo. Le quatuor prend la route de l’Ontario en octobre pour se produire à Hamilton le 14, à Hearst le 20, à Timmins le 21, à Ottawa le 26 et à Alexandria le 27.
Le groupe QW4RTZ a été formé à Trois-Rivière (Québec) en 2010. Crédit image : Olivier Campeau
Du 14 au 27 octobre. Détails de la tournée et billets sur le site de QW4RTZ.
Maude Audet à Toronto
Après avoir lancé un cinquième album, Il faut partir maintenant, en mars, Maude Audet présentera son spectacle dans la ville reine, sous l’invitation de l’Alliance française Toronto. Sa musique folk, à la fois orchestrale et feutrée, résonnera au théâtre Spadina ce samedi. Sur scène, Maude Audet est accompagnée de trois multi-instrumentistes.
Maude Audet s’arrêtera un seul soir en Ontario, le 14 octobre. Crédit image : Fred Gervais
Le Bookfest / festival du livre de Windsor se tient de jeudi à dimanche. L’événement se déroule majoritairement en anglais, mais une branche de programmation francophone est organisée par l’Association des communautés francophones de l’Ontario de Windsor, Essex, Chatham, Kent (ACFO WECK). Entre autres cette année, le public est invité à assister à une conversation avec les auteurs Edem Awumey et Didier Leclair, samedi soir.
Carol Rose Goldeneagle lors de l’édition 2022. Gracieuseté : Festival du livre de Windsor.
La Semaine des bibliothèques publiques, officiellement une initiative québécoise, traverse la frontière pour une rencontre entre les lecteurs de Hawkesbury et Patrick Sénécal. L’auteur de suspense et d’horreur sera à la bibliothèque municipale ce mardi à 18 h. 80 usagers ont pu mettre la main sur l’une des places à l’événement, qui affiche complet. La bibliothèque publique de Hawkesbury organise plusieurs autres activités dans sa programmation d’automne, comme les heures du conte et des projections de films.
80 personnes ont réservé leurs places pour avoir la chance de rencontrer Patrick Sénécal. Crédit image : Danila Razykov
Hawkesbury, 17 octobre. Complet. Détails sur les activités de la Bibliothèque publique de Hawkesbury sur sa page Facebook.
Cinéma
Questions de vampires
Le film Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est maintenant projeté dans les salles de cinéma régulières, après avoir fait parler de lui dans la saison des festivals. Présenté entre autres dans la section Centerpiece au Festival international du film de Toronto (TIFF), le long métrage a remporté le prix de la meilleure réalisation dans la section Giornate degli Autori (Venise Days) à la Mostra de Venise, où il a connu sa première mondiale. Le cinéma Bytowne projettera le film du 18 au 20 octobre. Après la première représentation, la réalisatrice gatinoise sera sur place pour répondre aux questions du public.
Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est le premier long métrage d’Ariane Louis-Seize, réalisatrice de plusieurs courts métrages primés. Crédit image : Pavlin Shawn
Des humoristes anglophones, pas nécessairement bilingues, s’essaieront à présenter un numéro en français ce dimanche. Inspiré par son fils bilingue, Rodney Ramsay a eu l’idée créer le spectacle Wronglais : Butchering les two officielles langages du Canada, une joke à la time. L’événement a déjà été présenté à Ottawa et Montréal, et revient cette fois au Laugh Lounge, à l’invitation de la Maison de la francophonie d’Ottawa. Rodney Ramsay sera entouré de Simone Holder, Trevor Thompson, Mariam Khan, Darren Henwood, Kia Mazhar et Goofy Welldone.
SUDBURY – Plus d’un an après l’ouverture de la Place des Arts, ce sera au tour de celle de la librairie en novembre prochain. L’organisme a annoncé avoir recruté une directrice générale et prévoit de se doter d’un nom officiel.
« Je suis honorée et fébrile à l’idée de commencer l’aventure avec les membres de la Librairie-boutique et la population du Grand Sudbury », déclare la nouvelle directrice, Monica Meza Giron.
La recherche n’aura pas été de tout repos. L’organisme a tenté de recruter aussi loin qu’en France mais c’est finalement au Québec que la nouvelle directrice a été sélectionnée. Monica Meza Giron a étudié la photographie, le design graphique et a complété une maîtrise en communications à l’Université du Québec à Montréal.
« Engagée, intelligente, réfléchie, curieuse »… Stéphane Cormier, codirecteur général et directeur de la commercialisation aux Éditions Prise de Parole qui a chapeauté l’embauche, ne tarit pas d’éloge sur la nouvelle recrue.
Parmi ses expériences professionnelles, on compte des projets pour la Maison d’Haïti et de la médiation culturelle pour le Musée McCord. Bien qu’elle n’ait pas d’expertise directement reliée au milieu de la librairie, celle-ci a eu le droit à un stage d’un mois payé par l’organisme au Québec, assure Stéphane Cormier.
Il explique que l’intérêt marqué de la jeune femme pour la littérature francophone était un atout majeur pour l’embauche et qu’elle pourra bénéficier d’un appui des membres du conseil d’administration.
Elle a posé ses bagages dans le Grand Sudbury pour débuter son mandat avec pour objectif de faire de la Librairie-boutique un lieu de rassemblement.
« Ma visite dans la région, la vitalité de sa population et l’histoire des Franco-Ontariens m’ont convaincue de la nécessité de créer un espace propice au dialogue par les livres et les activités culturelles », confie-t-elle.
Elle ajoute vouloir y réunir tous les amoureux de la langue de Molière : « La Librairie-boutique sera la maison des francophones, des francophiles, des amoureux des mots, incluant « any person too shy to speak French ». »
D’autres nouveautés
La Librairie-boutique devrait se doter prochainement d’un nom officiel « qui saura véhiculer l’esprit qui anime le projet » et fait appel aux suggestions du public.
L’ouverture de la librairie-boutique est très attendue par la communauté. Archives ONFR
Même si une date précise d’ouverture n’a pas encore été annoncée, celle-ci devrait se situer aux alentours de la fin du mois de novembre « à temps pour le magasinage de Noël ».
« En librairie-boutique, Noël c’est le plus grand moment de l’année, c’est là que les gens viennent bouquiner et acheter le plus de livres », juge Stéphane Cormier.
Reste encore à garnir les étagères vides de la librairie, mais des commandes seront passées afin d’avoir une base intéressante pour l’ouverture selon Stéphane Cormier.
Les deux tiers de la libraire seront consacrés aux livres : « Il y a beaucoup de livres mais aussi d’autres marchandises car il va y avoir des sections consacrées aux jeux francophones ou encore de la papeterie. » La libraire-boutique fournira également des articles et ouvrages en lien avec les événements de la Place des Arts, en lien avec son mandat de médiation avec les organismes fondateurs de l’institution.
L’organisme dit ne pas exclure une célébration en vue de l’événement et vouloir recruter prochainement un·e commis-libraire.
Vendredi dernier, les membres des organismes fondateurs tenaient leur assemblée de fondation, les Éditions Prise de parole, le Salon du livre du Grand Sudbury, le Carrefour francophone et la Place des Arts du Grand Sudbury.
On apprend que le nouveau conseil d’administration sera composé de Stéphane Cormier (présidence), Diane Leblanc (vice-présidence), Geneviève LeBlanc (vice-présidence), Jean-Gilles Pelletier (trésorerie) et Stéphane Gauthier (secrétariat).
VANIER – Tous les mardis soir, plusieurs résidents d’Ottawa marchent dans les quartiers touchés par l’itinérance et la crise des opioïdes. L’initiative « Bons voisins » veut sensibiliser la population à l’insécurité, la toxicomanie et l’itinérance dans leur ville. Dans ces marches nocturnes, les volontaires apportent aussi leur aide aux personnes vulnérables.
« Certains résidents étaient tannés de la situation à Vanier », explique Myka Delisle-Spencley, présidente du comité de sécurité de l’Association communautaire de Vanier (ACV).
« Nous sommes témoins de l’escalade de crimes et de gens qui prennent de la drogue dans la rue. On voit des surdoses, puis on sait que les gens ont des problèmes de santé mentale. Ils ont besoin d’aide », clame-t-elle.
Le groupe de résidents, mené par Myka Delisle-Spencley, apporte des bouteilles d’eau et snack à distribuer à la population itinérante. Crédit image : Lila Mouch
Cette initiative bénévole a émergé à un moment où les citoyens s’étonnaient du manque d’action de la Ville. Plusieurs résidents se sont rencontrés pour parler de solutions à portée de main, sans inclure la police ni la Ville.
La première marche a eu lieu le 8 août et depuis, tous les mardis, au départ du Centre Pauline-Charron, plusieurs personnes se joignent au mouvement. Initiés par des francophones et des anglophones du quartier, les groupes « Bons voisins » suscitent de plus en plus d’intérêt.
Un peu comme un rôle de travailleurs sociaux
« Il n’y a pas grand-chose que l’on peut faire pour les itinérants. On leur donne des bouteilles d’eau, des barres de granola et on leur parle. »
« Parfois, les gens ont juste besoin d’un contact social. Ils vont nous raconter un peu leur histoire et, s’ils veulent aller dans un abri, on peut essayer d’avoir de l’aide », relate Myka Delisle-Spencley.
Parmi les résidents qui se sont rejoints mardi dernier, une majorité de francophones. La conseillère Stéphanie Plante participe souvent à ces marches, indique la présidente du comité de sécurité.
Ce soir-là, six d’entre nous ont parcouru les rues de Vanier à la rencontre des sans-abri. Sur le chemin de Montréal, « c’est là que les personnes sont le plus souvent ». La conversation n’est pas toujours simple, l’état d’ébriété compliquant parfois la tâche.
C’est parfois dans des coins cachés, des parkings ou derrières de bennes à ordures que les personnes vulnérables se trouvent. Crédit image : Lila Mouch
Le groupe « Bons voisins » a déjà vagabondé dans plusieurs rues du quartier 12, celui de la conseillère municipale franco-ontarienne, le plus touché par ce fléau. « La semaine dernière, nous sommes allés dans le Marché By », se rappelle Mme Delisle-Spencley. Le quartier Rideau à Ottawa concentre une grande partie des personnes sous l’influence de drogues ou seulement itinérantes.
« Là où il y a le plus de sans-abri et de la drogue, c’est dans notre quartier le plus populaire pour les touristes », constate-t-elle. « Je ne veux pas cacher les gens, mais je crois qu’il faut les aider. »
Parmi les volontaires, Bruce McConville est particulièrement à l’écoute des personnes vulnérables. Au détour d’une rue, c’est sans aucune retenue que l’habitant de Vanier apporte son aide à une personne visiblement sous l’influence de drogues. La poche de Naloxone n’est jamais très loin.
D’ailleurs, les bénévoles ont eu droit à une formation. Dispensée par la ZAC Vanier, ils ont appris à dés-escalader une situation négative et comment administrer le Naloxone.
Aujourd’hui, M. McConville voit quatre problèmes interconnectés : le sans-abrisme, les surdoses de drogue, les maladies mentales et la criminalité de rue.
Le logement devrait être une priorité pour combattre l’itinérance
Avec l’hiver qui arrive, le bénévole s’inquiète de la situation qui, selon lui, ne pourrait être réglée sans un investissement majeur dans le logement.
Ottawa aurait besoin de plus de 20 000 unités de logement, d’après Bruce McConville. « Nous n’avons tout simplement pas les ressources nécessaires pour aider les personnes sans abri. Certaines sont inscrites sur des listes d’attente depuis des années pour obtenir un logement abordable. »
Le comité de sécurité de l’ACV veut améliorer la sécurité dans les rues et créer une présence visible de citoyens concernés. Crédit image : Lila Mouch
Environ 10 000 personnes seraient en situation d’itinérance chronique et n’auraient nulle part où vivre. Certains des résidents de Vanier, présents durant la marche, estiment que les refuges sont de moins en moins équipés pour fournir une solution.
Dans le petit groupe de marcheurs, une vieille dame se dit profondément touchée par cette situation. « Les gens ont peur de sortir de chez eux, de se promener dans les rues. Souvent, ils sont harcelés. »
« En tant que citoyens, notre réponse est que nous pouvons agir. »
Myka Delisle-Spencley croit qu’il est très important pour les résidents de participer à ces marches. D’abord, parce que les personnes dans la rue pourraient avoir besoin d’aider et que le groupe pourrait les guider au travers de discussions. « Plusieurs personnes commencent à réaliser qu’il n’y a personne qui choisit cette vie-là. »
« On ne se lève pas le matin pour dire : « Je vais être un sans-abri dans la drogue. » Ce sont les conditions de la vie qui t’amènent à ce point-là. Ça pourrait être n’importe qui, ça pourrait être nous », exprime Mme Delisle-Spencley.
Améliorer la sécurité des quartiers et se préparer à l’hiver
« Le froid est pire pour eux que pour nous », croit la présidente du comité.
« On va continuer malgré le froid qui s’en vient. On veut aussi amener différents organismes ensemble. Je sais qu’il y a des organismes qui tricotent des foulards, des mitaines pour les sans-abris. On aimerait se rassembler avec ces groupes pour pouvoir distribuer ces choses-là en même temps. »
L’organisme invite ceux qui le souhaitent à les joindre les mardis dès 19 h, devant le Centre Pauline-Charron. Myka Delisle-Spencley espère pouvoir offrir des soupes ou de quoi réchauffer les gens quand les nuits seront froides. Elle souhaite plus de bénévoles et d’organismes partenaires, mais sait aussi que des dons d’argent pourraient soutenir le mouvement « Bons voisins » à prendre de l’ampleur.
Bruce McConville estime que cette démarche pourrait, là encore, inviter les gouvernements à se saisir du problème. « Nous sommes en train de construire un consensus autour de bonnes pratiques. C’est quelque chose de nouveau et il bénéficie d’un soutien massif. »
Les marches de sensibilisation ont lieu tous les mardis à 19 h au départ du Centre Pauline-Charron à Vanier. Crédit image : Lila Mouch
Le bénévole voudrait que même ceux qui ne sont pas témoins de cette réalité participent. « Je crois que les personnes qui vivent en dehors du centre-ville ne s’en préoccupent pas assez. »
La volonté de ce groupe semble solide. En fin de compte, si cette démarche s’avère efficace, « nous pourrions être un exemple de succès, dans la capitale du Canada », croit M. McConville.
« On veut voir Ottawa passer d’une dépendance envers les centres pour sans-abris et consacrer chaque ressource disponible au logement d’abord. »
OTTAWA – L’autrice franco-ottavienne Nancy Vickers s’est adjugé le Prix du livre d’Ottawa en français dans la catégorie fiction pour son livre Capharnaüm, publié aux Éditions David. Les lauréats ont été dévoilés ce mercredi soir aux Théâtres Meridian de Centrepointe en présence du maire Mark Sutcliffe.
« Je suis ravie d’avoir remporté ce prix et très fière de moi, car écrire ce livre a presque été un exploit », a-t-elle confié à l’annonce de son nom, faisant référence à son combat contre le cancer. « J’ai écrit Capharnaüm après de rudes traitements de chimiothérapie qui m’ont brûlé le cerveau et d’autres traitements de radiothérapie qui m’ont laissé plusieurs séquelles. Cela a donné le livre le plus capoté que je n’ai jamais écrit. »
C’est aussi avec ce même roman que Mme Vickers a été finaliste des Prix Trillium cette année. L’héroïne de son roman, Elsa, accumule toutes sortes d’objets qui finissent par encombrer sa maison à un point tel qu’elle en devient insalubre et voit ses relations familiales se dégrader, la conduisant à faire des rencontres inattendues.
Dans cette catégorie qui englobe le roman, la nouvelle, la poésie et la littérature jeunesse, l’autrice de nombreux romans et contes à la frontière du fantastique, du gothique et de l’érotisme, était en compétition avec la poétesse Andrée Lacelle pour Dire (Prise de parole), Gilles Lacombe pour Circé des hirondelles, Gilles Latour pour Feux du naufrage (L’Interligne) et Claudia Lahaie pour Les voies du slam (Éditions David).
Nancy Vickers, autrice de Capharnaüm et lauréate du Prix littéraire d’Ottawa, catégorie fiction. Source : Ville d’Ottawa
Dans la catégorie non-fiction, qui comprend les biographies, les mémoires, les essais, le journalisme littéraire et l’histoire culturelle, le jury a porté son choix sur Maurice Henrie, auteur de La tête haute paru aux Presses de l’Université d’Ottawa.
« J’ai écrit 23 livres dans ma vie et j’en suis fort heureux », a réagi ce dernier. « Je remercie ici ce soir tous les éditeurs qui m’ont aidé dans ma carrière d’écrivain et tous les gens d’être venus et de m’avoir donné la chance de vous dire quelques mots, ce que je n’avais pas fait depuis 30 ans! »
M. Henrie était en lice aux côtés de Brigitte Pellerin pour Le livre Uber, Janine Messadié pour Lettre à Tahar Ben Jelloun (L’Interligne), Ariane Brun del Re pour Décoder le lecteur (Les Presses de l’Université de Montréal) et Philippe Bernier Arcand pour Faux rebelles (Poètes de brousse).
Maurice Henrie, auteur de La tête haute et lauréat du Prix littéraire d’Ottawa, catégorie non-fiction. Source : Ville d’Ottawa
Enfin, le Prix littéraire Émergence de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF), qui met en lumière la créativité littéraire au sein de la communauté francophone de l’Ontario, a été remis à Alexis Rodrigue-Lafleur pour son deuxième roman publié aux Éditions L’Interligne, Rêve-Creux.
Depuis 1985, les Prix du livre d’Ottawa reconnaissent les meilleures œuvres publiées en français et en anglais au cours de l’année précédente. Chacune des langues comprend deux catégories distinctes : la fiction et la non-fiction. Les finalistes sélectionnés reçoivent 1000 $ et le lauréat remporte un prix de 7500 $.
Le jury évalue plusieurs critères parmi lesquels la fluidité narrative, le style, la technique, le point de vue, la perspective, l’innovation, les idées nouvelles, la recherche et la portée.
TORONTO – Les prises de position contre Israël hier de la députée néo-démocrate de Hamilton-Centre Sarah Jama ont fait réagir. Depuis la demande de rétractation de Marit Stiles, la cheffe du Nouveau Parti démocratique (NPD), le suspense planait sur l’avenir de la députée au sein du parti. Celle-ci s’est finalement excusée en fin de journée, condamnant le terrorisme du Hamas contre des civils.
En cause, la publication hier de la députée sur X (ex-Twitter) réagissant à l’attaque du groupe islamiste Hamas (aux commandes de Gaza en Palestine depuis 2007) contre Israël.
Ses positions, qui n’impliquaient pas de mention de condamnation de la violence de l’attaque contre les civils israéliens, qualifiaient « l’occupation de la Palestine depuis une génération » d’apartheid et mettaient l’accent sur le message suivant : « Nous devons mettre fin à toute occupation des terres palestiniennes et à l’apartheid ».
Le soir même, Marit Stiles avait exhorté la députée de son caucus à retirer sa publication : « Cette déclaration ne reflète pas la position de notre parti. La déclaration de la députée Sarah Jama n’a pas été approuvée par notre caucus. J’ai demandé qu’elle retire sa déclaration et demande clairement qu’elle dénonce toute violence contre les peuples israélien et palestinien. Les attaques terroristes du Hamas contre des milliers de civils israéliens innocents sont injustifiables et doivent être condamnées sans équivoque. »
La publication toujours en ligne 24 heures après, soit une prise de position potentielle de Sarah Jama, laissait présager la possibilité d’une décision radicale d’exclusion de la députée de Hamilton-Centre du caucus, un peu moins de sept mois après son élection.
Plus tôt dans la journée, le premier ministre ontarien Doug Ford a, dans une déclaration publique, sommé la députée de démissionner de son siège, la qualifiant d’antisémite, en référence à sa participation à des rallyes propalestiniens.
« Sarah Jama a une longue histoire d’antisémitisme bien documentée. (…) Près de 24 heures après la déclaration inquiétante de Mme Jama, Mme Stiles ne l’a pas encore tenue pour responsable d’avoir publiquement soutenu le viol et le meurtre de juifs innocents. En tant que premier ministre, je fais ce que Mme Stiles ne fait pas et j’appelle Sarah Jama à démissionner immédiatement de son poste de députée provinciale. »
Prise de position et rétractation
En cette fin de journée, la cheffe du NPD s’est positionnée via une déclaration publique réitérant tout d’abord le manquement de la publication de la députée qui « n’a pas dénoncé sans équivoque la violence du Hamas contre les Israéliens », ce qui « ne reflétait pas les positions de notre parti ».
Invoquant des raisons personnelles comme circonstances atténuantes – « Je comprends l’impact personnel que cela a sur elle en tant que personne ayant une famille palestinienne » –, Marit Stiles déclare avoir « clairement indiqué que tous les membres de notre caucus condamnaient les attaques terroristes du Hamas et que nous soutenions la position du NPD fédéral qui appelle à la fin de nouvelles effusions de sang. La députée Jama a réaffirmé son engagement à cet égard ».
« Les néo-démocrates ont toujours défendu avec passion les droits de la personne des Palestiniens et des Israéliens. Nous sommes solidaires des communautés contre l’antisémitisme, le racisme anti-palestinien et l’islamophobie », conclut celle-ci.
Sarah Jama s’est quant à elle excusée de la peine causée auprès du peuple juif et israélien et a condamné le terrorisme du Hamas et la violence contre des civils, tout en maintenant son opposition à la riposte d’Israël : « Les bombardements et le siège d’Israël contre les civils à Gaza, comme l’ont également souligné les Nations Unies, sont une erreur. »
Alors que la saison de Ligue nationale de hockey(LNH) a repris ce mardi, cinq Franco-Ontariens seront à surveiller dans la plus grande ligue de hockey au monde.
Pour cette nouvelle saison de la Ligue nationale de hockey, les Canadiens seront de nouveau majoritaires avec plus de 400 joueurs qui représentent un peu plus de 40 % des athlètes de la ligue. L’Ontario demeure l’un des pourvoyeurs de talents principaux. Parmi ces Ontariens, on comptera cinq francophones avec des situations et des enjeux différents cette année.
Les joueurs confirmés
Claude Giroux (35 ans, né à Hearst) Équipe : Sénateurs d’Ottawa Position : aile Repêchage : 22e choix en 2006 par les Flyers de Philadelphie Expérience : 18e saison
Véritable légende franco-ontarienne du hockey sur glace, Claude Giroux après une longue carrière du côté des Flyers de Philadelphie avait retrouvé son Ontario natal la saison dernière en rejoignant les Sénateurs d’Ottawa. Malgré une fin de carrière qui se rapproche, le natif de Hearst a été productif sur le front de l’attaque avec un total de 79 points (35 buts et 44 aides).
Les Sens compteront encore grandement sur lui et le trio qu’il forme avec Tim Stützle et Brady Tkachuk cette saison. Avec un rôle de mentor au sein d’une jeune équipe d’Ottawa, il va tenter de guider les siens vers les séries éliminatoires. La pré-saison a été prometteuse avec un bilan de six victoires en huit matchs. Les Sénateurs débutent leur saison ce mercredi à l’extérieur contre les Hurricanes de la Caroline avant d’enchaîner cinq rencontres à domicile.
Evan Bouchard (23 ans, né à Oakville)
Équipe : Oilers d’Edmonton Position : défenseur Repêchage : 10e choix en 2018 par les Oilers d’Edmonton Expérience : 4e saison
Evan Bouchard va débuter sa quatrième saison au sein de la défense des Oilers d’Edmonton. Il se distingue par sa capacité à apporter sa contribution en attaque. La saison dernière il a signé huit buts et 32 aides (total de 40 points). C’est un candidat très sérieux au top 10 des meilleurs pointeurs parmi les défenseurs cette saison dans la lignée de ses performances en séries éliminatoires de 2023 où il avait été le meilleur dans ce domaine avec 4 buts et 13 aides en 12 matchs.
Les Oilers ont été éliminés en demi-finale de conférence par les gagnants de la Coupe Stanley, Las Vegas. Avec de nouveau l’apport solide de leur défenseur franco-ontarien, l’équipe de l’Alberta compte bien encore jouer les premiers rôles à l’ouest.
Erik Gudbranson (31 ans, né à Ottawa)
Équipe : Blue Jackets de Columbus Position : défenseur Repêchage : 3e choix en 2010 par les Panthers de la Floride Expérience : 13e saison
Recruté la saison dernière pour apporter son expérience au sein d’une jeune équipe de Columbus, Erik Gudbranson devrait avoir le même rôle cette saison sur la troisième paire défensive de l’équipe. Après avoir connu sept équipes en 11 saisons, le vétéran espère poser durablement ses valises dans l’Ohio afin de jouer ce rôle de mentor auprès des jeunes et apporter sa dureté en défense. Avec un bilan de 25 victoires pour 48 défaites et une dernière place dans la conférence de l’est la saison dernière, les Blue Jackets visent tout simplement de progresser. Le natif d’Orléans aura un grand rôle à jouer dans ce sens.
Liam Foudy (23 ans, né à Scarborough)
Équipe : Blue Jackets de Columbus Position : Centre Repêchage : 18e choix par les Blue Jackets de Columbus en 2018 Expérience : 5e saison
Jeune coéquipier de Gudbranson à Columbus, Liam Foudy entre dans sa cinquième saison en LNH. Grand espoir lors de sa sélection au 18e rang des repêchages en 2018, le Franco-Ontarien a peiné à confirmer les espoirs placés en lui. Il entre dans une saison qui pourrait être décisive pour son avenir du côté de Columbus voire même de la ligue. Il va devoir prouver qu’il mérite mieux que les 3e ou 4e lignes offensives qu’on lui promet cette saison.
Damien Giroux (23 ans, né à Sudbury)
Équipe : Rochester Americans en AHL (affilié aux Sabres de Buffalo) Position : centre Repêchage : 155e choix par le Wild du Minnesota en 2021 Expérience : 1 match en LNH
Le jeune Sudburois avait fait sensation en avril dernier après avoir été appelé pour la première fois en LNH par le Wild du Minnesota, l’équipe qui l’avait repêché en 155e position en 2021. Il aura finalement eu l’occasion de ne disputer qu’un seul match… Cet été, la franchise ne l’a pas conservé. Il tentera de rebondir avec les Americans de Rochester en AHL, équipe affiliée aux Sabres de Buffalo. Sera-t-il de nouveau capable de regoûter à la grande ligue? C’est la question principale pour la saison 2023-2024 de Damien Giroux. À suivre…
SAULT STE. MARIE – Le conseil municipal de Sault Ste. Marie a approuvé à l’unanimité l’étude d’un projet visant à établir un lieu de dépôt sécurisé de nourrissons. Ce serait une première dans le Nord de l’Ontario et le second de la province.
La motion proposée par la conseillère Angela Caputo, quartier 3, et son homologue du quartier 2, Lisa Vezeau-Allen, n’a pas rencontré d’obstacle lors du conseil municipal de la ville en toute fin de séance mardi soir.
Le projet est originaire de Calgary, en Alberta, où l’organisme de bienfaisance Gems for Gems – appuyant les survivants de maltraitance- avait décidé de lancer, en 2021, l’initiative intitulée Hope’s Cradle.
L’objectif : offrir aux mères un moyen sans jugement de confier des nourrissons à des professionnels de services à l’enfance.
La boîte de retour de nourrisson serait située au sein même d’un bâtiment clé de la ville, telle que la caserne de pompier selon les premières discussions. Un système d’alarme prévient immédiatement les intervenants d’urgence dès le dépôt.
La boîte contient les instructions pour les personnes déposant le bébé. Source : Facebook de Hope’s Cradle Canada
La conseillère Caputo a expliqué que la recherche pour présenter ce projet a pris plusieurs mois et fut émotionnellement difficile. Elle en a profité pour citer que des bébés étaient régulièrement abandonnés, y compris dans des poubelles et dans les ruelles, et que la plupart ne survivent pas ou ne sont même pas retrouvés.
« Je veux vraiment insister sur le fait que je crois fermement au droit de la femme de choisir, mais nous avons une responsabilité envers ces bébés qui sont nés », a-t-elle lancé au conseil après avoir affirmé avoir consulté plusieurs organismes importants de la ville tels que les services à l’enfance et le Centre d’amitié autochtone.
La conseillère Caputo, à gauche, a été élue en octobre 2022 et la conseillère Vezeau-Allen sert présentement son deuxième mandat. Source : page internet de la municipalité de Sault Ste. Marie
Séquence émotion
Elle a également rappelé avoir elle-même adopté un enfant et que le processus n’a pas été de tout repos.
La conseillère Vezeau-Allen a elle aussi parlé de son histoire personnelle, reconnaissant être une enfant adoptée. « Je suis extrêmement chanceuse d’avoir pu rencontrer ma mère biologique à l’âge de 34 ans et je ne peux même pas imaginer combien ça a dû être difficile pour elle de devenir maman à 21 ans », a-t-elle déclaré non sans émotion.
Cette dernière a avancé que la mise en place de ce dispositif ne devrait pas coûter plus que 20 000 $ à la Ville.
Elle continue : « Les choses doivent changer, les gens doivent être ouverts à ce genre d’idée. Il s’agit d’assurer la sécurité de notre communauté. »
Plusieurs conseillers ont tenu à saluer le courage des conseillères d’évoquer ainsi leur histoire personnelle. Source : capture d’écran internet
Tant que l’enfant n’a pas de marque de maltraitance, aucune poursuite ne pourra être intentée auprès de la génitrice et aucun suivi ne sera fait auprès de celle-ci, selon les explications de la conseillère Caputo. La personne déposant le bébé aura alors 30 jours pour se rétracter et le récupérer.
La température de la boîte de remise sera contrôlée afin de s’adapter à toutes les saisons, y compris au plus fort de l’hiver.
Un comité devrait prochainement se pencher, étude à l’appui sur la question, avant de pouvoir lancer officiellement le projet.
Les deux premières boîtes pour bébés du programme ont été installées sur les murs extérieurs des casernes de pompiers de Strathmore, en Alberta, en 2021, et de Taché, au Manitoba en mars dernier.
Un autre devrait ouvrir au courant de cet automne à Clarington, dans la région de Durham, soit le premier site de l’Ontario.
Emily Laxer, directrice anglophone et francophone du nouvel Observatoire bilingue sur le populisme, titulaire de la chaire de recherche de York sur le populisme, les droits et la légalité et professeur agrégé au département de sociologie du Campus Glendon de l’Université York.
LE CONTEXTE :
Idéologie politique controversée et mal comprise aux multiples visages, qui peut parfois s’aligner sur des idéologies opposées, le populisme était jusqu’alors marginal au Canada. Mais de plus en plus de partis et de leaders empruntent cette rhétorique pour mobiliser les votes et obtenir l’approbation de la population.
L’ENJEU :
Lancé fin septembre dernier, l’Observatoire sur le populisme permettra de générer des recherches empiriques et théoriques pour comprendre le rôle croissant du populisme et son influence dans la société canadienne.
« Est-ce qu’il s’agit du seul observatoire francophone du Canada et/ou de l’Ontario ?
Bien qu’il y ait d’autres centres de recherche et projets qui concernent différents aspects du terrain politique au Canada, il s’agit en effet du seul observatoire national bilingue de ce type et de cette portée à travers le Canada, disponible en français et en anglais.
Comment est née l’idée de sa création?
Après avoir reçu une chaire de recherche de l’Université York avec des subventions pour explorer les questions du populisme, du droit et de la légalité, j’ai embauché plusieurs assistants de recherche et de là est née l’idée de l’Observatoire. En collaboration avec deux collègues chercheurs, Rémi Vivès de l’Université York et Efe Peker de l’Université d’Ottawa, nous avons décidé de débuter ce projet plus large pour créer une communauté travaillant sur ce sujet avec des membres affiliés basés dans différentes universités.
Nous souhaitons également promouvoir des recherches existantes et organiser des minis colloques sur le populisme au Canada pour rassembler des chercheurs de diverses universités qui travaillent dans les deux langues.
Quel est votre objectif de recherche principal ?
Même si on ne peut pas encore parler de montée du populisme en soi, il y a une montée extraordinaire d’intérêt sur le sujet. On a remarqué qu’une majorité des recherches scientifiques francophones et anglophones à travers le monde a été effectuée dans la dernière décennie. Au Canada, il y a même une croissance des recherches Google sur le populisme par exemple. Les gens s’y intéressent, surtout depuis l’élection de Donald Trump ou encore le Brexit. Les médias véhiculent également ce vocabulaire, décrivant certains mouvements tels que la création du Parti populaire du Canada ou encore le Convoi de la liberté, comme populistes.
Cependant, nous n’avons que peu de clarté et de précision sur ce dont on parle et sur la façon de mesurer l’impact du populisme sur ces événements. Notre but est de comprendre à l’aide d’outils scientifiques la portée du mouvement populiste dans le contexte canadien.
Nous publierons régulièrement sur le site internet nos notes de recherche, ce qui est peu commun, pour que le public puisse apprendre également. La version française sera d’ailleurs disponible d’ici une semaine.
Comment définir le populisme?
La littérature sur le populisme est vaste et controversée. Pour la définition générale, il s’agit d’un ensemble de discours, de styles et de stratégies qui cherche à créer un antagonisme entre deux groupes : un peuple défavorisé et une élite corrompue. Mais, partant de là, on peut observer du populisme de différents bords, de gauche ou de droite.
Ce qui est toutefois commun chez les dirigeants et militants est ce message : ils affirment être les seuls à offrir des solutions légitimes aux menaces posées par les élites, se réclamant une position morale plus élevée et créant un fossé entre différentes parties de la population.
Dans les populismes de gauche, on a tendance à avoir une définition du peuple basée sur des intérêts économiques. Dans ceux de droite, on a tendance à avoir une définition du peuple centrée sur des questions d’ethnicité et de culture.
Nos recherches ne consistent pas à catégoriser des politiciens ou des partis. Selon nous, il s’agit d’un phénomène très nuancé qu’on peut voir à travers le spectre politique. L’aspect important est de comprendre dans quelles circonstances on observe des manifestations de populisme.
Est-ce que le risque d’une politique basée sur l’émotionnel ne serait pas de s’éloigner du factuel ?
Cela se pourrait en effet, mais cela dépend des cas. Le populisme et la désinformation sont des phénomènes distincts par exemple. On les voit souvent ensemble, mais l’un n’implique pas nécessairement l’autre.
Je dirais cependant qu’il est vrai que la méfiance du populisme à l’égard des grandes institutions, dont les médias, peut entrainer une tendance à la désinformation. Les leaders associés au populisme sont connus pour leur tendance à remettre en question les discours des médias traditionnels ou de questionner les résultats des élections ou de critiquer les universités, etc. Mais de notre côté, c’est une démarche empirique de déterminer où différents acteurs politiques se situent dans la sphère canadienne. »
SUDBURY – Le festival Les vieux m’ont conté débute aujourd’hui à Sudbury. Jusqu’à dimanche, c’est l’occasion de découvrir le conte, un art ancestral et pourtant méconnu. Coup d’œil sur la programmation de cette septième édition.
Organisé par le Centre franco-ontarien de folklore (CFOF), le festival Les vieux m’ont conté veut mettre de l’avant le patrimoine oral de l’Ontario francophone. La majorité des conteurs participants proviennent de différents coins de la province, mais on invite aussi des artistes du Québec et d’ailleurs dans le monde.
Des conteuses participantes à l’édition 2022 : Les vieux m’ont conté… leurs voyages. Crédit image : Léo Duquette
Chaque année, les organisateurs ajoutent un thème à ce titre évocateur. En 2023, Les vieux m’ont conté… leurs héritages. En entrevue avec ONFR, le directeur général du CFOF, Patrick Breton, explique pourquoi le mot héritage est au pluriel : « Ça peut être aussi simple que tu as l’héritage de ton père et l’héritage de ta mère, comme tu peux venir d’un autre pays et avoir l’héritage canadien et ton héritage d’origine. »
C’est avec ce thème en tête qu’on découvrira, par exemple, Marta Saenz de la Calzada, Québécoise et Espagnole, ou Pascal Guéran, Belge et Japonais. La programmation veut aussi refléter l’Histoire de l’Ontario, comme le souligne Patrick Breton.
« Il y a un vieux dicton qui dit : il faut savoir d’où on vient pour savoir où l’on s’en va. C’est un peu l’idée. Le début du festival va chercher le côté autochtone. Ensuite, on intègre des gens de différentes nationalités. »
Daniel Richer lors du festival Les vieux m’ont conté… leurs voyages, en 2022. Crédit image : Léo Duquette
Les vieux m’ont conté… leurs héritages s’ouvre sur un atelier ouvert au public, mais dirigé vers les conteurs eux-mêmes. Daniel Richer, conteur Wabanakis, leur donnera des outils pour intégrer des éléments autochtones à leurs histoires sans faire d’appropriation culturelle.
Celui qui est aussi crieur public fait également partie de la distribution du Cercle métissé, l’événement du mercredi soir. Ce spectacle alliant musique et contes traditionnels autochtones réunit aussi Christian Pilon, Michel Paiement et Mélanie Smits.
Un art méconnu
Le festival Les vieux m’ont conté attire entre 250 et 300 spectateurs par année, de 30 à 40 personnes par activité. Si cela paraît peu, le nombre de gens par spectacle est semblable à ce qu’on trouve dans d’autres festivals de contes, même dans les grandes villes comme Montréal. Selon Patrick Breton, « c’est encore quelque chose que les gens sont en train de découvrir. Je remarque qu’il y a toujours une nouvelle clientèle, qui augmente tranquillement ».
Photo de l’édition 2022. Chaque spectacle attire quelques dizaines de spectateurs, mais le CFOF souhaite fidéliser la clientèle afin de la voir grandir tranquillement. Crédit image : Léo Duquette
Il explique que des préjugés persistent, malgré la popularité de conteurs comme Fred Pellerin ou Boucar Diouf. « Les gens ont encore l’idée que, quand on parle de contes, c’est Blanche Neige et les sept nains. »
Le but est d’attirer les gens une première fois, pour que certains aient la piqûre et qu’une clientèle fidèle s’établisse peu à peu.
« C’est un monde à découvrir. Ce n’est pas de l’impro. Ce n’est pas du théâtre. Avec le conteur, tu as une relation directe. Et tous les contes vont avoir une morale, mais tu vas chercher la morale que tu veux. »
Des activités originales
Le festival propose différentes façons de découvrir cet art vivant. La randonnée contée permet de se dégourdir les jambes tout en écoutant une demi-douzaine de conteurs professionnels.
Patrick Breton en compagnie des conteurs de la randonnée contée du festival Les vieux m’ont conté 2022. De gauche à droite : Daniel Richer, Alexandre Matte, Patrick Breton, Aimé Avolonto, Marta Saënz de la Calzada, Joëlle Roy et Félix Dubytz.
L’activité Crêpes et contes permet aux familles de déjeuner en écoutant des histoires pour enfants à prix abordable. Les conteurs donnent aussi des trucs aux parents pour raconter eux-mêmes des histoires à leurs enfants. L’activité se déroule à Science Nord et le prix comprend le billet d’accès pour la journée.
L’apéro conté, une nouveauté, permettra d’assister à près de deux heures de contes en sirotant un verre au Bistro de la Place des Arts. L’artiste en vedette est le maître-conteur Pascal Guéran. De passage à Sudbury plus tôt cette année alors que le CFOF accueillait le congrès de l’organisme Conteurs du Canada, le belgo-japonais a lui-même tâté le terrain pour faire partie du festival. Patrick Breton s’est empressé de lui faire une place.
En plus de l’apéro conté, Pascal Guéran donnera également un atelier destiné aux conteurs et participera à la randonnée contée et au marathon du conte. Cette dernière activité permet aux gens de découvrir rapidement plusieurs styles, alors que les artistes s’enchaînent pour présenter de courtes histoires.
Pour les Sudburois et ceux de l’extérieur
Cette année, il y a deux façons de participer à distance au festival Les vieux m’on conté. D’abord, les capsules l’Ontario raconté, mises en ligne quotidiennement, feront découvrir six conteurs de cinq régions ontariennes.
Henri Lagrandeur (à gauche) reçoit le prix de l’Enfirouapeur en chef des mains de Patrick Breton (à droite), au concours de la plus grande menterie 2022. Crédit image : Léo Duquette
Le concours de la plus grande menterie, dimanche soir, aura aussi lieu en ligne. Les participants doivent préparer une histoire de sept minutes afin d’espérer être nommés enfirouapeur en chef. Le gagnant fera la première partie d’un des spectacles du festival 2024.
Des collaborations enrichissantes
Le gagnant de la plus grande menterie de l’an dernier, Henri Lagrandeur, se produira avant le spectacle Histoires de nos voisins. Il s’agit d’un plateau double, résultat d’une quatrième résidence croisée avec la Maison natale Louis-Fréchette de Lévis. La conteuse de Penetanguishene, Joëlle Roy, a passé 10 jours là-bas. Le Lévisien Maxime Plamondon a fait de même à Sudbury.
Il a pu s’inspirer des nombreuses archives du CFOF et a ajouté un peu de fantastique à une histoire locale. Patrick Breton explique que Maxime Plamondon est du genre contemporain, comme il a pu le constater en le voyant dans un festival québécois.
« Il commence à conter la chasse-galerie, mais sa version se passe dans un autobus de ville. C’était une twist carrément différente. »
Joëlle Roy, qui participera à la randonnée contée et à Histoires de nos voisins, est une habituée du festival Les vieux m’ont conté. Crédit image : Léo Duquette
Les Contes à boire et à manger soulignent le 20e anniversaire du Festival de contes et légendes en Abitibi-Témiscamingue avec trois conteurs de cette région, jeudi soir.
L’auteur-compositeur-interprète et conteur Thomas Hellman sera de passage à Sudbury samedi. Il présentera Mythomane, en version pour enfants à 11 h et en version régulière à 20 h. Ces spectacles s’inspirent de la mythologie grecque.
Les habitués du festival Les vieux m’ont conté reconnaîtront plusieurs conteurs, dont Alexandre Matte, qui participera à l’activité crêpes et contes et à la randonnée contée, en plus d’animer le concours de la plus grande menterie. Crédit image : Léo Duquette
Le festival Les vieux m’ont conté… leurs héritages se tient du 10 au 15 octobre à Sudbury et en ligne. L’événement tire son nom de l’anthologie du Père Germain Lemieux, fondateur du CFOF en 1972.
Aujourd’hui marque le 61e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. En plongeant dans une collection d’archives inédites et les carnets de terrain d’un caméraman qui les a filmées, Ciné-Guerrillas : Scenes from the Labudovic Reels explore comment le cinéma est devenu une arme dans la lutte anticoloniale, de Belgrade à Alger, en passant par les Nations Unies.
RENFREW – Mimi O’Bonsawin a lancé son premier album complet en français le 29 septembre. Le titre, Boréale, rappelle les aurores, la forêt et le territoire du Nord de l’Ontario qui l’a vue grandir. ONFR l’a rencontrée pour parler de ce projet significatif.
Mimi O’Bonsawin compte six albums précédents, dont l’EP Elle danse, paru en 2020. Composer en français, un défi personnel, lui a fait découvrir un « autre outil d’expression créative ».
Et il y avait une demande. « Ma communauté à Sudbury m’a toujours encouragée et demandé de composer en français. J’ai commencé à collectionner des chansons, jusqu’à ce que j’en aie assez pour faire un album. »
Mimi O’Bonsawin est fière d’être une artiste bilingue, francophone et autochtone. Gracieuseté
Boréale est paru quelques mois après Willow, son plus récent opus anglophone.
À la maison
Mimi O’Bonsawin et son conjoint Ryan Schurman possèdent un studio d’enregistrement dans leur salon, ce qui donne un aspect coconnage aux albums.
« Vivre avec l’album. Cuisiner avec l’album. Faire pousser mes semences avec l’album. On a pu vraiment juste s’isoler dans la création », explique l’artiste. « Ce sont de vrais moments qui ont été vécus dans le studio. Il n’y a rien de fake. »
Mimi O’Bonsawin en spectacle au Bluesfest d’Ottawa 2023. Crédit image : Laura Collins
Le couple a quitté Toronto il y a trois ans pour s’installer dans cette maison en forêt, dans l’Est ontarien. « Ça fait du bien d’être capable de vivre dans un endroit silencieux, isolé, et de pouvoir voyager pour nos spectacles. »
L’inspiration de Boréale vient du nord, mais la forêt de l’est a servi de rappel. « Ça me fait beaucoup penser à ce territoire-là. C’était facile de tirer ces influences et ces textures pour l’album. »
En famille
Mimi O’Bonsawin a aimé voir son mari anglophone travailler sur l’album en français. En plus, la pochette de Boréale est une création de Carole Diotte-O’Bonsawin, la mère de Mimi. Et les chansons lancent des clins d’œil posthumes à son grand-père Raymond Émile et à son cousin Mario.
« Quand j’écris en français, c’est vraiment connecté à ma famille et à mon chez-moi », analyse l’artiste. « C’est arrivé naturellement et je l’apprécie beaucoup. »
La pochette de Boréale, oeuvre de Carole Diotte-O’Bonsawin. Gracieuseté
Les membres de sa famille ont une réaction émotive à l’album, entre autres pour la chanson Dis-moi ce que tu vois. « Perdre mon cousin a été extrêmement difficile. La musique était toujours là pour moi. C’est une chanson qui exprime le chagrin, mais aussi la gratitude d’avoir connu quelqu’un. »
Si la culture abénaquise se ressent du début à la fin, c’est la franco-ontarienne qui ouvre et ferme l’album. La première pièce, Pépère, a été créée avec des archives où l’on entend chanter Raymond Émile O’Bonsawin.
« J’ai reçu ce cadeau de la musique à travers mon pépère. Il était fier de sa belle voix et je n’ai jamais eu la chance de l’inviter à chanter sur mon album. »
Boréale est le septième album de Mimi O’Bonsawin. Gracieuseté
On fredonne par réflexe la dernière chanson, À la claire fontaine. Un choix plus significatif qu’il n’y paraît. « Je trouve intéressant, mais peut-être pas de la bonne façon, d’avoir grandi avec de vieilles chansons françaises et pas des chansons abénaquises. C’est un fait qui devrait être connu. C’est l’histoire coloniale de notre famille. »
En France
Mimi O’Bonsawin vient de terminer une première tournée en France. Les salles étaient pleines et le public, enthousiaste.
« Je crois qu’ils étaient plus intéressés par mon accent ontarien. Mais ils ont posé des questions par rapport à mon tambour, à d’où je viens. Je n’ai pas eu le temps d’avoir des conversations profondes mais, pendant mes spectacles, je parle beaucoup de mon territoire, de mes racines. »
Mimi O’Bonsawin en performance aux Prix de la musique de la capitale 2023, un gala bilingue, où elle était nommée trois fois. Crédit image : Laura Collins
Au moment de l’entrevue, la chanteuse était de retour en Ontario pour quelques performances avant de retourner à la conférence MaMA de Paris, un événement de musique international.
Des chansons vivantes
L’amour du territoire résonne dans toutes les chansons, à commencer par Lac Huron, sa préférée en spectacle. « Ça parle du lac Huron, de l’île Manitoulin, du Nord de l’Ontario, ma place préférée dans le monde. C’est vraiment proche à mon cœur ».
Boréale compte aussi Rivière, version francophone de TheRiver, qu’on a connue sur Willow. « Je n’ai jamais voulu faire une traduction. C’est une chanson que j’ai reçue de la rivière qui coule dans notre communauté, un matin en partant d’Odanak. La version française est arrivée naturellement pendant un spectacle. Tout d’un coup, j’ai commencé à chanter en français. »
« La chanson Rivière a une vie et elle voulait être dans les deux langues. »
— Mimi O’Bonsawin
Pour l’autrice-compositrice-interprète, il est important que les textes soient incarnés. Écrire en français ne lui demande plus autant d’efforts qu’avant. « Des fois, les chansons vont juste sortir en français. Je ne suis même plus surprise. »
Qu’elle soit dans le Nord ou dans l’Est, la forêt est une source d’inspiration pour Mimi O’Bonsawin. Gracieuseté
Voilà aussi pourquoi il n’y aura pas de traduction en abénaquis d’une pièce existante. Comme de nombreuses personnes autochtones de sa génération, Mimi O’Bonsawin n’a pas grandi avec la langue de ses ancêtres.
« Si jamais j’ai l’inspiration d’écrire en abénaquis, je veux que ça vienne d’une place authentique. Je veux que ce soit un travail bien pensé, avec de bonnes intentions et les gens de ma communauté. »
Un premier Trille Or
En septembre, Mimi O’Bonsawin a remporté le Trille Or Folk / Country / Trad pour son album instrumental de 2022, Fiddleheads & Ferns. Elle avait récolté deux nominations en 2021, mais c’était la première fois qu’elle tenait la statuette dans ses mains.
« J’ai pleuré devant une salle pleine de personnes que j’aime. »
— Mimi O’Bonsawin à propos du Trille Or
L’artiste explique que cette récompense représente l’accueil de ses pairs. « J’étais émotive, car je me sens chez moi dans la communauté franco-ontarienne. C’était vraiment un beau moment. »
Mimi O’Bonsawin a gagné le Trille Or dans la catégorie Folk / Country / Trad en 2023. Source : page Facebook Mimi O’Bonsawin
Les fans anglophones s’intéressent aussi à Boréale. « C’est mon but, de bâtir des ponts entre nos communautés (…) et ça fait chaud au cœur quand je vois des gens s’engager avec un contenu qui n’est pas dans leur langue. »
Si elle profite de la tournée jusqu’à la fin du mois, Mimi O’Bonsawin a hâte de se poser dans son cocon pour l’hiver. Avec le studio du salon, nul doute que la créativité sera au rendez-vous.
OTTAWA – Si vous êtes aujourd’hui capable d’envoyer votre enfant dans une école francophone en milieu minoritaire ou dans un des quatre coins de l’Ontario, vous pouvez certainement remercier Pierre Foucher. Juriste et professeur de droit pendant plus de 40 ans, il aura été un travailleur de l’ombre dans les causes ayant impliqué le droit des francophones à avoir des écoles gérées dans leur langue, conseillant les associations de parents ou les avocats qui ont plaidé au cours des années dans ce type de causes. Récemment, une trentaine de collègues du professeur Foucher ont lancé un livre en son honneur, intitulé Droits, langues et communautés et regroupant des écrits sur divers thèmes reliés au droit.
« Vous êtes né à Montréal et y avez fait vos études en droit. Qu’est-ce qui vous a poussé vers le droit linguistique et les minorités francophones?
C’est le dossier scolaire. Quand j’ai décidé d’enseigner, c’était à l’Université Moncton. Là, j’ai pris contact avec l’Acadie puis j’ai vu les problèmes que les gens avaient au niveau de leurs écoles. Ils n’avaient pas d’écoles francophones ou très peu. C’était bilingue et il n’y avait pas de commissions scolaires. Mon premier dossier a été les droits scolaires et, de là, mon intérêt est venu pour les autres domaines des droits linguistiques.
Est-ce que vous envisagiez au départ un avenir dans un tel domaine?
Non. Ni le droit linguistique ni l’enseignement. C’est tout à fait un concours de circonstances. Quand j’étais à la maîtrise à l’Université Queen’s, un professeur est tombé malade et on m’a demandé de donner le cours à sa place. Quand je suis sorti de mon premier cours en salle de classe, ça a été comme Saint-Paul sur le chemin de Damas : une illumination pour me dire : ‘’C’est ça je vais faire’’.
Crédit image : Groupe CNW/Conseil supérieur de la langue française.
Certains de vos collègues identifient les causes scolaires touchant les francophones comme un de vos principaux legs. Pourquoi?
Après l’adoption de la Charte (canadienne des droits et libertés) en 1982, j’ai eu l’occasion de me promener un peu partout au pays et de rencontrer les groupes de parents, leur expliquer ce qu’ils pouvaient faire, la préparation des causes, etc. Et là, les procès ont commencé. Le premier jugement qui est sorti sur cette question a été en 1984 à la Cour d’appel de l’Ontario qui a commencé à débroussailler un peu le sujet. Puis, il y a eu d’autres causes qui ont commencé en Alberta, au Manitoba, en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et partout au Canada. La première qui est montée en Cour suprême, ça a été la cause Mahé (en Alberta). J’ai « trempé » indirectement dans nombre de ces dossiers-là. Je ne les ai pas plaidés, mais j’étais un conseiller ou une sorte de consultant pour les avocats qui plaidaient.
Vous étiez une sorte de travailleur de l’ombre mais, au bout du compte, qui a eu un impact sur les écoles francophones qui existent au pays aujourd’hui?
J’écrivais beaucoup à l’époque sur ces questions-là et les avocats (qui plaidaient pour les causes scolaires) lisaient ce que je faisais et mettaient ça dans leurs dossiers et ensuite les tribunaux s’en servaient et mentionnaient ce que j’avais écrit.
Parlez-nous de l’impact de la cause Mahé qui est allée en Cour suprême, un dossier dans lequel vous avez été impliqué indirectement, et qui a donné le droit de gestion des écoles aux francophones?
Ça a été énorme. Sans Mahé, tout le reste n’aurait pas déboulé. Vous savez, la jurisprudence est comme un édifice auquel on ajoute des briques. Si tes premières briques sont solidement posées, alors tu es capable de continuer à monter ton édifice.
Pierre Foucher a reçu en 2017 les insignes de l’Ordre de la francophonie des Amériques au Parlement de Québec lors d’une cérémonie. Crédit image : Groupe CNW/Conseil supérieur de la langue française.
À vous entendre, vous êtes quasiment une encyclopédie juridique?
Ah! Bien, après 40 ans, on finit par s’en rappeler (Rires)! (…) Mais aujourd’hui, je suis à la retraite et je crois qu’il faut laisser la place aux jeunes. C’est à leur tour.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le droit linguistique?
On est rendu dans une nouvelle phase. Au début, il fallait débroussailler le terrain. Je me souviens des premiers chapitres que j’ai écrits sur les droits linguistiques – à la demande de Michel Bastarache dans son livre -, il n’y avait rien! C’est la première fois qu’on avait des droits linguistiques au Canada alors il fallait se creuser les méninges et avoir de l’imagination pour créer quelque chose de cohérent. Aujourd’hui, c’est réglé avec les règles d’interprétation. Maintenant, c’est plus une question d’exécution des obligations dans la Charte.
Quand vous regardez vos 40 ans de carrière dans le rétroviseur, que retenez-vous?
Ça a été très le fun! C’est certain que les droits linguistiques, ça a été quelque chose. Les deux highlights de ma carrière resteront l’Accord du lac Meech (projet avorté de réforme constitutionnelle négocié en 1987) et le renvoi sur la sécession du Québec. Le jugement. Meech, car j’ai été beaucoup sollicité par les associations de francophones hors Québec pendant trois années pour les aider et je me suis investi corps et âme là-dedans. Et ensuite, le renvoi, j’ai eu la chance d’être analyste sur RDI. Toutes les deux heures, on était en ondes, un de mes très beaux souvenirs de ma carrière professionnelle même si ce n’était pas de l’enseignement.
La couverture du livre Droits, langues et communautés, qui a été lancé en l’honneur de Pierre Foucher. Gracieuseté Éditions Liber.
Quelle a été votre réaction quand vous avez su qu’il y aurait un livre en votre honneur?
Ça m’a fait plaisir. Premièrement, car j’ai pris ma retraite au début de la pandémie et il n’y avait rien eu, pas vraiment de célébration. Deuxièmement, c’est un hommage auquel je ne m’attendais pas. J’ai été surpris, flatté et honoré… J’ai écrit une centaine d’articles. J’ai travaillé fort mais, comme quelqu’un l’a dit dans la préface, tu fais ton travail et tu n’y penses pas. Près de 40 ans plus tard, tu regardes en arrière et tu te dis ‘’OK ouin, j’ai fait ça’’. »
LES DATES-CLÉS DE PIERRE FOUCHER :
1956 : Naissance à Montréal
1980 : Devient professeur de Droit à l’Université de Moncton
2008 : Devient professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa.
2016 : Reçoit l’Ordre de la Pléiade de l’Assemblée législative de l’Ontario.
2017 : Reçoit l’Ordre des francophones d’Amérique en 2017.
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, la blogueuse et activiste du Nord de l’Ontario, Isabelle Bougeault-Tassé.
Ils sont arrivés au cœur de la nuit. Armés de pelles, ils voulaient « voir par eux-mêmes » si des enfants autochtones étaient véritablement enterrés sur les terrains de l’ancien Kamloops Indian Residential School, en terre sacrée de la Première Nation de Tk’emlúps te Secwépemcarmés en Colombie-Britannique.
« Les Canadiens ne peuvent être fiers d’un pays qui permet que l’on manque complètement de respect à l’égard des sépultures d’enfants, qui permet que les pelles aillent briser les os des ancêtres et qui se cache de la vérité » , souligne le rapport provisoire de Kimberly Murray, l’interlocutrice spéciale indépendante pour les enfants disparus et les tombes et les sépultures anonymes en lien avec les pensionnats indiens.
Qui brise les os des ancêtres. Et qui se cache la vérité.
Le Estcwicwéy̓ – Les Disparus
Cette « marée montante de ressentiment », « sombre inverse de la prise de conscience nationale naissante », conduit certains à « minimiser les atrocités du système », expliquait récemment la journaliste Michelle Cyca dans le magazine The Walrus.
« La nouvelle honte nationale », écrit la journaliste nêhiyaw, « est le nombre de personnes qui détournent encore les yeux de la vérité ».
Oui.
Ces enfants, Le Estcwicwéy̓, qui se traduit par « les disparus » dans la langue du peuple Tk’emlúpsemc en Colombie-Britannique, existent bel et bien. Et chaque personne autochtone est soit un survivant des pensionnats indiens, soit l’enfant d’un survivant, soit le petit-enfant d’un survivant – ou soit les trois à la fois.
Mais dans nos communautés, nous entendons ces voix qui nient la vérité. Qui répètent les mythes – que « les intentions étaient bonnes », que « les Autochtones ont appris de nouvelles compétences » dans ces pensionnats, ou encore « que l’on ne peut pas juger le passé selon les valeurs d’aujourd’hui », une idée qui fait abstraction des leaders canadiens et autochtones qui ont dénoncés ces pensionnats au fil de notre histoire.
Plus de 5000 enfants sont morts dans les pensionnats à travers le Canada aux XIXe et XXe siècles – et ce chiffre ne fait qu’augmenter. Arrachés avec violence à leurs familles, volés à leur langue et leur culture, ces enfants autochtones retrouvés dans les tombes anonymes sur les terrains d’anciens pensionnats à travers le Canada nous confrontent à l’histoire coloniale de notre pays.
Ici, dans le Nord de l’Ontario, nous prenons à peine conscience que nous étions le point zéro pour 14 des 16 pensionnats indiens partout en province. Que les terrains de l’ancien pensionnat de Shingwauk, aujourd’hui l’Université Algoma à Sault-Sainte-Marie, est le site d’un cimetière qui compte 109 sépultures, dont 72 étudiants décédés entre 1875 et 1956. Que le pensionnat de St. Mary’s à Kenora, en terre de la Première Nation de Wauzhushk Onigum, a révélé 171 sépultures potentielles plus tôt cet année. Et que d’autres anciens pensionnats dans le nord restent à dévoiler leurs crimes.
Il faut faire face à nos vérités historiques. Et confronter ceux qui s’obstinent à saper la vérité et à faire l’apologie des gouvernements coloniaux. Car, loin d’être marginaux, les négationnistes et apologistes font déjà partie intégrante de la politique et du journalisme mainstream.
« Un outil du génocide »
« Ce n’est peut-être pas étonnant », écrivait en 2019 la journaliste Tanya Talaga. Dans un article pour le Toronto Star, la journaliste anishinaabe, polonaise et canadienne écrivait que la riposte au mot « génocide » dans le rapport final de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées prouvait que l’enquête nationale avait eu raison d’utiliser cette expression.
« Au cours des 150 dernières années, ce pays a appris à ses enfants – ses futurs policiers, politiciens, médecins et rédacteurs – à détourner le regard de la véritable histoire du Canada, à détourner les yeux du « problème indien » ou à le traiter comme un problème créé de toutes pièces par les peuples autochtones ».
« Ce détournement de l’attention, ce déni, est un outil de génocide », conclut-elle.
Oui.
Il ne peut avoir de réconciliation sans vérité.
Aucune réconciliation sans une confrontation des moyens par lesquels l’histoire persiste aujourd’hui – une violence qui s’est transmutée en rafle des années 60 ou en services de protection de l’enfance, qui a pris en charge trois fois plus d’enfants autochtones qu’il n’y en avait dans les pensionnats à leur apogée.
Aucune réconciliation sans fouiller les dépotoirs de Brady Road and Prairie Green à Winnipeg. au Manitoba, pour redonner Morgan Harris, Marcedes Myran et Mashkode Bizhiki’ikwe à leurs familles et à leurs communautés.
Aucune réconciliation sans la justice environnementale pour la Première Nation de Wetʼsuwetʼen en Colombie-Britannique jusqu’à la Première Nation de Grassy Narrows dans le Nord de l’Ontario.
Aucune réconciliation sans réaliser le rêve de la jeune Shannen Koostachin d’Attawapiskat, dans le Nord ontarien, qui a mené la lutte pour tous les enfants autochtones afin d’obtenir des écoles « sûres et confortables » et de recevoir un enseignement de qualité fondé sur leur culture.
Aucune réconciliation sans mettre en oeuvre du Principe de Jordan, afin de garantir que les enfants des Premières Nations obtiennent les services dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin partout au Canada.
Il faut reprendre le sentier de la réconciliation auprès des Premières Nations, des Métis et des Inuits par la vérité.
Nous, qui peuplons l’Ontario français avec notre vaste diversité culturelle, avons un devoir de confronter les forces de notre histoire coloniale ici, comme ailleurs, tout comme nous confrontons ces crises qui ont renversé l’Ontario français au fil des siècles.
Alors qu’une prise de conscience déferle sur le pays, rappelons-nous que, cette fois, ce n’est pas que notre langue et notre culture qui sont en jeu, mais bel et bien l’avenir collectif de notre pays.
Et celui de notre humanité.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR+ et du Groupe Média TFO.
Plusieurs partenaires en immigration de six comtés de l’Est ontarien se sont réunis lors d’un sommet virtuel intitulé : Stratégie d’attraction et de rétention des immigrants de l’Est de l’Ontario, cette semaine. C’est là que les chercheures Luisa Veronis, Jainaína Nazzari Gomes et Shannon Leitch ont présenté les résultats préliminaires de leurs enquêtes sur l’importance du paysage linguistique et les expériences des francophones immigrants de l’Est de l’Ontario.
« La francophonie en Ontario passe par un moment de transformation démographique important, d’une part, par la fragilité de son poids démographique, le vieillissement, l’assimilation, l’exode des francophones et, en même temps, le fait que l’immigration francophone est devenue la stratégie prioritaire pour stabiliser sa vitalité », a indiqué ce jeudi Luisa Veronis, durant sa conférence.
« L’Ontario a non seulement la communauté francophone la plus grande en situation minoritaire du pays, mais ses immigrants proviennent surtout de l’Afrique du Nord, de l’Afrique subsaharienne, de l’Europe, mais aussi s’élargissent à d’autres régions comme l’Amérique latine ou l’Asie. »
Titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes à l’Université d’Ottawa, Luisa Veronis, estime que « la francophonie ontarienne passe par un moment de diversification, mais qui est inégale selon les régions ».
Son objectif est de documenter les expériences quotidiennes vécues par les francophones par rapport à l’accès et l’utilisation des services en français dans différentes régions de l’Ontario.
Les francophones ne sont pas répartis de manière égale
Pour maintenir une croissance économique constante, l’Est ontarien veut garantir un réservoir de talents capable de répondre aux exigences de la main-d’œuvre locale.
Dans un rapport financé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et publié en août dernier, des partenaires en immigrations ont dévoilé des visions communes et objectifs pour attirer de nouveaux arrivants et les retenir.
Luisa Veronis est professeure titulaire au département de géographie, environnement et géomatique et titulaire de la chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes à l’Université d’Ottawa. Gracieuseté
D’après cette enquête, l’immigration francophone dans l’Est de l’Ontario augmente de manière encourageante. Il reste, cependant, des possibilités d’amélioration dans la répartition de la population francophone.
L’Est de l’Ontario devient de plus en plus un moteur de la croissance dans la province, « grâce à ses abondantes ressources naturelles, à l’expansion de son secteur manufacturier et à l’essor de son industrie touristique », est-il possible de lire dans le rapport Stratégie d’attraction et de maintien des immigrants dans l’Est de l’Ontario.
A contrario de l’Est, les données collectées par Mme Veronis, démontrent qu’à Toronto, les francophones représentent moins de 2 % de toute la population de la région métropolitaine.
Pour la chercheure, il faut aussi imaginer et prendre en compte que les distances y sont énormes. Les zones scolaires sont un bon exemple : « Les enfants doivent être dans l’autobus pendant une heure pour arriver à l’école, contrairement à Ottawa ou Sudbury », affirme Luisa Veronis.
« Peut-être que les gens préfèrent envoyer leur enfant à l’école en anglais, dans leur quartier », ajoute-t-elle.
La population francophone de Toronto ne représente que 2 %, alors que celle de Sudbury représente 30 % de la population. Capture d’écran/ONFR
« Pour une personne nouvellement arrivée, comprendre tout ça, en pensant qu’on allait pouvoir vivre en français, c’est une réalité complexe. »
Comprendre la linguistique par la géographie
« La complétude institutionnelle, ce concept important pour dire que les communautés ont accès à toute la gamme de services ou d’institutions dont ils ont besoin, est une réalité qui est très inégale à travers l’Ontario », assène la chercheure.
Pour comprendre si le profil démographique joue un rôle dans l’accès ou l’utilisation des services, les chercheures ont ciblé des facteurs « structuraux », soit qui ne sont pas sous le contrôle des personnes.
Parmi les premiers résultats, sur un premier groupe de 700 personnes, l’étude montre qu’une majorité des migrants indiquent faire partie de la catégorie de l’immigration économique. Dans l’Est de la province, cette catégorie représente 65 % des migrants.
Les chercheures souhaitent rencontrer encore 800 personnes pour cette enquête. En effet, les données concernant la population du Nord de la province sont encore peu fournies.
C’est pourquoi, dans l’analyse préliminaire, les résultats combinent les réponses de la région du Centre-Sud-Ouest et du Nord. Ce qui offre un résultat intéressant là aussi.
Par exemple, pour ce qui est de l’accès à l’utilisation des services de santé, l’usage du français est supérieur à l’Est. Parmi les sondés, 23 % des gens accèdent uniquement au français pour leurs soins de santé dans la région de l’Est et seulement 16 %, dans la région du Centre-Sud-Ouest et du Nord, utilisent le français.
Par contre, nous trouvons une nette différence dans l’usage de l’anglais. En effet, 45 % des personnes dans la région du Centre-Sud-Ouest et du Nord ont indiqué avoir accès à des services de santé exclusivement en anglais, alors que seulement 21 % dans l’Est de la province reçoivent leurs soins en anglais uniquement.
Ces résultats serviront à croiser des données qui, selon Mme Veronis, « vont contribuer à mieux comprendre les divers profils des francophones en Ontario ».
D’après elle, ces recherches pourront offrir une meilleure compréhension des pratiques linguistiques, « surtout face à des défis pour accéder aux services ».
Avec cette étude, Luisa Veronis espère déterminer si certains profils démographiques ont des besoins qui ne sont pas comblés. « On espère aussi que nos résultats pourront servir à améliorer l’accessibilité, l’utilisation des services ou venir combler des besoins par rapport à l’accès des services », conclut-elle.
OTTAWA – Le duo franco-ottavien Sugar Crush a lancé son nouvel EP devant une salle pleine le 9 septembre dernier. Plus personnel, Pause fait découvrir la personnalité de Joanie Charron et Marie-Soleil Provost à un public qui connaissait déjà leur côté festif. ONFR s’est entretenu avec Joanie Charron à propos de ce mini-album disponible sur toutes les plateformes depuis le 15 septembre.
Les artistes vous diront que le récent EP est plus personnel, plus introspectif. Mais les admirateurs de Sugar Crush ne seront pas désorientés. Ce nouvel effort se situe plus dans la continuité, la fameuse maturité du nouvel album dont on entend souvent parler. Et c’est le prix du public remporté au Gala Country 2022 qui a donné aux deux musiciennes l’assurance nécessaire pour se dévoiler davantage.
« On était dans un moment où l’on se demandait si les gens voulaient vraiment entendre ce qu’on avait à dire, ou s’ils voulaient juste faire le party avec nous », explique Joanie Charron, précisant que la musique country-folklorique a toujours été un véhicule très festif sur scène, mais qui manquait peut-être d’authenticité.
« On se disait que, peut-être, c’était ça notre voie. On est un band de party. Mais dans la vie, Marie-Soleil et moi, on n’est tellement pas des filles de party! On a des personnalités super douces. »
Sugar Crush a remporté le Prix du public au Gala Country 2022. Gracieuseté
La chanson J’aurais dû parle du moment où elles ont réalisé qu’il était plus facile d’être soi-même. Mais ce sont les chansons L’hiver te saoule, sur la consommation, et Comme avant, sur l’écoanxiété qui sont les plus personnelles. Joanie Charron les voyait comme des « chansons d’album », qui seraient jouées une seule fois sur scène, au lancement du EP. Mais la réaction du public l’a fait mentir.
« C’était la première fois que ça m’arrivait comme artiste, de vraiment aller à la rencontre du public avec de vraies choses. Des fois, on porte des chansons plus tristes, mais qui ne sont pas les nôtres. Cette fois-ci, c’étaient nos chansons et j’avais l’impression que les gens voulaient vraiment les entendre. »
Sugar Crush ne renie pourtant pas son côté festif, qu’on retrouve entre autres sur Pars un rigodon. L’espoir et le positivisme sont aussi au cœur de la chanson-titre, Pause. Les paroles du refrain, il faut prendre une pause pour comprendre bien des choses, sont devenues un mantra pour Joanie Charron. « Encore aujourd’hui, je me le répète tellement souvent! »
Le EP Pause a été lancé officiellement le 15 septembre 2023. Gracieuseté
Un peu de recul permet entre autres de ressentir de l’empathie pour les gens qui nous ont causé du tort. « Être en colère, ça ne me sert à rien. Ce n’est vraiment pas un sentiment que j’aime », explique la musicienne. De plus, la pause personnelle a permis à l’art de Sugar Crush de prendre un nouveau sens. C’est avec sérénité que le duo récite aujourd’hui des paroles qui paraissaient si lourdes. « On les avait mises dans un tiroir et on ne voulait plus y toucher, parce qu’on n’était pas prêtes. Aujourd’hui, on les chante vraiment différemment, justement parce qu’on a pris une pause. »
Une histoire d’amitié
Il y a près d’une décennie maintenant que Joanie Charron a acheté un ukulélé à Marie-Soleil Provost pour la convaincre de l’accompagner lors d’un spectacle à Toronto. La saxophoniste de formation a appris les chansons, assise dans le siège passager, entre les capitales nationale et provinciale. Cette anecdote a scellé une amitié, mais aussi une façon de travailler, explique Joanie Charron.
« Encore aujourd’hui, on compose la majorité de nos chansons quand je conduis et qu’elle est à côté avec le ukulélé. C’est bien pratique, finalement! »
Sugar Crush est aussi l’histoire d’une grande amitié entre Joanie Charron (à gauche) et Marie-Soleil Provost (à droite). Gracieuseté
Les Franco-Ottaviennes commencent à sentir une base d’admirateurs plus solide se forger autour de Sugar Crush. Une communauté bienveillante, qui rejoint les raisons pour lesquelles elles ont choisi de faire de la musique country, pour la culture qui ne place pas les musiciens sur un piédestal.
« Le show-business ne m’intéresse pas », précise Joanie Charron. « Quand tu vas dans un festival country, il y a quelque chose de sincère, une camaraderie. Les artistes et le public se réunissent pour passer un bon moment. »
Marie-Soleil Provost (à gauche) est originaire de St-Jean sur Richelieu et Joanie Charron (à droite) est née à Ottawa. Gracieuseté.
L’évolution de Sugar Crush, même si déclenchée par des « tempêtes personnelles », permet de connecter de façon plus profonde avec le public. « Je me suis rendu compte que la vie n’est pas juste un party, et c’est correct. C’était le moment d’en parler et que notre spectacle soit plus près de la réalité. » Joanie Charron souligne tout de même que la fête n’est pas évacuée de la scène. « On garde la signature festive aussi. Tu vis un moment difficile, tu t’en occupes et après, ça va mieux. Ça donne une belle nuance dans notre spectacle. »
Encore en français, S.V.P.
Le premier EP de Sugar Crush, paru en 2018, annonçait les couleurs du duo avec son titre En français S.V.P. Joanie Charron insiste sur son envie de poursuivre dans cette veine.
« Il y a des artistes qui disent que c’est plus difficile d’écrire en français à cause du rythme, de la musicalité et de la phonétique. Moi, je ne vis pas ça, au contraire. Je trouve que c’est tellement une langue riche, tu peux avoir plusieurs mots pour exprimer une chose. »
La Franco-Ontarienne est particulièrement fière de voir ses chansons résonner chez la plus jeune génération. « Dans ma famille, on a vraiment cette réalité de minorité francophone en Ontario. Je trouve ça super touchant que mes petites nièces chantent mes chansons, et qu’elles découvrent ensuite d’autres artistes franco-ontariens. Elles aiment tellement venir à nos spectacles qu’elles apprennent littéralement le français avec nous. »
Un événement de lancement a eu lieu à Gatineau le 9 septembre. Gracieuseté
Sugar Crush annoncera prochainement une nouvelle tournée pour faire vivre les cinq chansons du EP Pause sur scène.
OTTAWA – En juillet dernier, Ottawa avait lancé une consultation publique sur les soins de longue durée dans le cadre de l’élaboration d’une loi visant à améliorer la sécurité dans les centres de soins de longue durée. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) propose de nouvelles recommandations au gouvernement. Le but : bien intégrer la lentille francophone en situation minoritaire dans la loi.
Des experts avaient déjà formulé des normes pour améliorer la santé des résidents, durant des consultations publiques, qui se sont terminées le 21 septembre. Les recommandations étaient d’améliorer les conditions de travail du personnel, l’amélioration de la collecte de données et l’ajout d’imputabilité en ce qui concerne la qualité et la sécurité des résidences.
L’AFO a transmis au ministère de la Santé une liste d’améliorations pouvant servir à l’élaboration de cette loi et en incluant la lentille francophone.
D’après l’AFO, il y aurait un lit pour 3400 francophones en Ontario. Archives ONFR
En entrevue avec ONFR, le président de l’organisme franco-ontarien, Fabien Hébert, explique qu’il y a des disparités entre les lits pour anglophones et francophones.
« En Ontario, on sait qu’il y a un lit pour 3400 francophones, et la province de l’Ontario n’a pas de compréhension de ce qu’est un lit francophone. »
D’après M. Hébert le reste de la population peut jouir d’un ratio plus important, soit un lit pour 170 Ontariens.
C’est pourquoi l’AFO liste cinq recommandations. D’abord, l’organisme propose aux gouvernements la reconnaissance que le fait de vivre en situation linguistique minoritaire à un impact sur la santé des individus et constitue un déterminant social de la santé.
« Prenons l’exemple de la Loi 7, de la province de l’Ontario, qui enlève des ressources de la communauté. »
D’après M. Hébert, à Toronto, de nombreux lits francophones sont occupés par la population anglophone.
Des soins adaptés linguistiquement et culturellement
L’AFO demande à ce que le gouvernement définisse des standards de services de soins de longue durée pour les francophones qui comprennent, des soins culturellement et linguistiquement adaptés.
Fabien Hébert parle d’une participation à la vie sociale et récréative du foyer adapté culturellement et linguistiquement.
« Que toutes les activités francophones que les gens faisaient dans leur vie de tous les jours soient présentes. Pour les francophones de l’Ontario, on aurait la célébration de la Saint-Jean ou dans le temps des sucres, la tire sur la neige, par exemple. »
« On doit offrir une programmation qui est adaptée aux besoins de la communauté », reprend-il.
Fabien Hébert, président de l’AFO, interpelle le gouvernement pour inclure des normes francophones dans sa future loi fédérale. Archives ONFR
Des recommandations pour la création de normes
L’AFO souhaite aussi que dans l’élaboration de cette future loi, le gouvernement assure aux francophones l’accès, « au minimum dans les régions désignées selon la loi sur les services en français de l’Ontario », à des places en soins de longue durée comprenant le standard francophone (des soins culturellement et linguistiquement adaptés, des soins de qualité et sécuritaires et une participation à la vie sociale et récréative du foyer).
Dans sa 4ᵉ recommandation, l’AFO demande à ce que les gouvernements fédéraux et provinciaux, conjointement, mettent en place « des stratégies agressives d’augmentation des ressources humaines francophones et bilingues ».
Pour ce faire, M. Hébert propose d’augmenter les programmes, de façon équitable, dans la province et de les gouverner sous le Consortium national de formation en santé (CNFS).
De plus, l’organisme suggère qu’il faille faciliter le processus de reconnaissance des diplômes étrangers « qui reflète les qualifications réelles et met fin au protectionnisme que démontrent certains ordres professionnels en Ontario ».
Enfin, un standard de qualité devrait être obligatoire et comprendre un module général, un module de langues officielles et un module de prévention des infections, accessibles en français.
Un moment charnière en santé
Pour ce qui est de l’élaboration de la loi, il faudra certainement prendre son mal en patience. « On sait que le système est en transformation », estime le président de l’AFO. « Je peux vous dire que de façon régulière, nous avons des rencontres avec les politiques et justement pour marteler ces idées. »
M. Hébert pense que dans les prochains mois, il y aura un effort intensif. « Une fois le projet de loi adopté, il faudra attendre de nombreux mois avant une application. Cela reste une possibilité d’avancement », conclut-il.
CHELMSFORD – C’était toute une expérience qu’ont vécue les jeunes de l’École secondaire catholique Champlain (ESC) de Chelmsford, alors que près de 85 d’entre eux ont passé la nuit dans la rue pour prélever des fonds et vivre la réalité du sans-abrisme. Ils ont pu aussi vivre une rencontre imprévuemais marquante avec avec un sans-abri.
La 13e édition de la Soirée sans-abri a pris fin ce jeudi matin après une soirée qui s’est déroulée dans des conditions optimales.
Cette année encore, l’objectif était de sensibiliser les jeunes à l’itinérance et de récolter des vêtements d’hiver pour des familles dans le besoin et d’offrir des articles à la banque alimentaire pour nourrissons à Sudbury ainsi qu’à la banque alimentaire de Chelmsford.
Des membres de la communauté ont fait don de produits alimentaires durant la soirée. Crédit image : Inès Rebei
Des boites pour dormir, un simple diner avec hot dogs et soupe servi en début de soirée et rien d’autre que de bonnes discussions et des cartes pour socialiser : tout a été pensé pour vivre une nuit comme le ferait une vraie personne sans abri.
Olivia Lachapelle et Alexie Blais et Jonathan Houle sont tous trois de retour cette année après avoir apprécié leur expérience de l’année passée.
Bien que ceux-ci récoltent 10 heures de service communautaire qui iront pour le compte de leur diplôme en fin d’année, leur participation va au-delà de tout intérêt curriculaire.
Olivia Lachapelle et Alexie Blais et Jonathan Houle, de gauche à droite, avaient hâte de revivre l’expérience cette année. Crédit image : Inès Rebei
« J’aime beaucoup, car ça nous montre la vraie vie, et qu’on n’est pas tous chanceux », pense Olivia Lachapelle.
Et la température très clémente de la soirée, en plus de la faciliter, a permis une certaine réflexion sur l’expérience. « Il fait beau aujourd’hui, mais les gens sans abri font ça par -30 à -40 degrés même, donc on est très chanceux, doublement aujourd’hui », souligne Alexie Blais.
Les enseignants ont passé la nuit avec les élèves pour partager la même expérience. Crédit image : Inès Rebei
Une visite inusitée
Assis avec des élèves, dans l’ombre de l’édifice, le regard tourné vers le sol, il y avait ce jeune homme que l’on pourrait presque confondre avec ces derniers. Anthony Marinier est sans abri depuis quatre mois.
« On lui a offert de venir souper avec nous et il nous a raconté son histoire », fait savoir une élève.
La vingtaine entamée, des vêtements bien trop amples pour sa corpulence, Anthony Marinier n’a pas hésité une seule seconde lorsqu’on lui a proposé de venir à l’événement.
Anthony Marinier a partagé son vécu avec les jeunes tout au long de la soirée. Crédit image : Inès Rebei
Que pense-t-il de l’initiative? « C’est original. Il y a beaucoup de personnes sans abri à Sudbury et dans le monde », confie-t-il avant de fondre en larmes en expliquant qu’il a tout perdu, même son chien, qu’il a dû remettre à un organisme en raison du froid et du risque lié aux animaux sauvages.
« Il ne peut pas avoir d’emploi, car il n’a pas d’adresse, c’est vraiment injuste », se désole Olivia Lachapelle.
Le jeune itinérant raconte avoir rencontré les enfants alors qu’ils brandissaient des pancartes en marchant et les avoir questionnés sur le sens de leur démarche. Crédit image : Inès Rebei
Se nourrir n’est pas non plus évident pour le jeune homme qui dit s’être fait refuser l’envoi de nourriture à la banque alimentaire de Chelmsford : « Même si je pourrais y avoir droit, ils ne peuvent même pas m’envoyer de la nourriture, car je n’ai pas d’adresse, alors tous les jours je dois quémander de l’argent. C’est horrible ».
Il ajoute qu’avec l’inflation les gens sont moins généreux qu’en temps normal et que même trouver un endroit où dormir dans les rues de Chelmsford est de plus en plus difficile : « J’ai reçu une amende de 400 $ pour avoir dormi à l’entrée d’une banque. »
Une pierre à l’édifice
Avec la situation du sans-abrisme qui empire dans la plus grande ville du Nord, une telle visite prend tout son sens pour les élèves de l’ESC. C’est ce que pense Alexie Blais : « Voir les gens de la communauté de Sudbury qui vivent cette situation-là ça, c’est sûr que ça mérite de l’action », estime Alexie Blais.
La soirée tombe, hasard du calendrier, une semaine après que la ville du Grand Sudbury a annoncé vouloir mettre fin au sans-abrisme pour 2030.
Un feu de camp a été allumé pour recréer des conditions réelles de l’itinérance. Crédit image : Inès Rebei
« Cette soirée-là ça ne va pas guérir tout ce qui va mal dans la ville, mais ça commence quelque chose », confie la jeune Olivia Lachapelle qui rêve à une carrière de journaliste.
« C’est un bon exemple de ce que peut faire la communauté quand elle se rassemble », Jonathan Houle.
Le bruit des klaxons qui saluent les enfants s’est fait entendre toute la soirée et de nombreux curieux se sont arrêtés dans ce quartier très francophone du Grand Sudbury pour témoigner de leur admiration.
« Il y a plusieurs personnes qui sont venues nous voir pour nous remercier car ça a aidé quelqu’un de la communauté », déclare avec émotion le jeune de 17 ans.
Les élèves ont pu profiter de jeux coopératifs organisés jusqu’au couvre-feu imposé à 23h. Crédit image : Inès Rebei
Et après ?
Après la nuit, les élèves ont eu le droit à une douche froide – littéralement – à l’école suivie d’une discussion encadrée au gymnase avec tous les écoliers pour revenir sur les enjeux de la nuit avec une réflexion plus large sur la situation du sans-abrisme.
« Depuis que mes enfants ont vécu cet événement-là, ils aident plus les sans-abris et d’eux-mêmes ils font des dons de nourriture à la communauté », explique Julie Gareau, directrice adjointe de l’ESC et parent d’anciens élèves ayant pris parti à l’initiative.
C’est la première fois que Julie Gareau participe à l’événement en tant que directrice-adjointe. Crédit image : Inès Rebei
Comme chaque année, pour participer à l’événement, les élèves ont recueilli bien plus que les 20 $ nécessaires avant l’événement, pour lesquels certains ont même réussi à récolter près de 100 $.
« Les gens de la communauté sont très généreux, ils donnent énormément de fonds », se félicite Carol Bradley-Whissell, enseignante qui chapeaute la soirée.
« Autant c’est une activité de notre école, mais c’est aussi une activité communautaire », ajoute-t-elle.
Carol Bradley-Whissell se dit très satisfaite de l’engouement constant de la communauté pour l’événement. Crédit image : Inès Rebei
Les dons amassés s’élèvent à près de 3000 $ pour l’événement et les boites de conserve n’ont cessé de s’accumuler sur les tables de l’école.
Depuis 2019, à l’initiative de l’Alliance culturelle de l’Ontario (ACO), octobre est le Mois des arts et de la culture francophones de l’Ontario. L’ACO invite les gens à utiliser le mot-clic #ONmlesARTS sur les réseaux sociaux afin de partager idées, coups de cœur et sorties culturelles. Théâtre, musique, danse et littérature, voici quelques événements qui se déroulent cette semaine dans la province et sur lesquels on peut apposer l’étiquette #ONmlesARTS.
Théâtre
Mamuche part en voyage
La production du Théâtre Mauve Sapin de Hearst s’est installée dans sa ville cette semaine. Après avoir été joué pour un public scolaire, ce spectacle de marionnettes et de contes sera présenté gratuitement ce vendredi à 18h, à la bibliothèque de Hearst. Mamuche est le nom du mammouth en peluche de Grace, une jeune fille qui vit avec plusieurs troubles d’apprentissage en plus d’une tempête à la maison : la séparation de ses parents.
Se sentant seule, elle trouve le réconfort auprès de Mamuche, avec qui elle vivra toutes sortes d’aventures dans le Nord de l’Ontario. C’est aussi ce qui arrivera à l’équipe dans la vraie vie, alors qu’une tournée débute dans les jours suivants pour emmener Mamuche à Hornpayne, Dubreuilville, Wawa, Chapleau, Sudbury, Blind River, Sault-Sainte-Marie, Elliot Lake et Spanish. La pièce de Kariane Lachance sera aussi présentée dans le Grand Toronto en fin de tournée. Mamuche vise un public jeunesse 5-10 ans.
La comédienne Virginie Charland manipule la marionnette Mamuche. Crédit image : Clémence Roy-Darisse
Hearst, représentation gratuite à la bibliothèque le 6 octobre. Détails sur la pièce sur le site web du Théâtre Mauve Sapin.
La radio et la passion
Œuvre théâtrale aux allures radiophoniques, L’écoute d’une émotion est un monologue porté par Larissa Corriveau et écrit par Marie-Laurence Rancourt. L’autrice mêle ses chapeaux de dramaturge, de sociologue et de réalisatrice radio pour créer ce personnage d’animatrice qui se confie au public à propos d’une passion dévorante. L’histoire d’amour et l’émission de radio : même combat.
Même inconnu dont le début déterminera la suite. « Ce récit, dans lequel se loge une pensée du désir féminin, interroge les limites du langage à le dire », explique Marie-Laurence Rancourt sur le site de l’Espace Go, où L’écoute d’une émotion a été présentée en mai dernier. C’est au Centre national des arts (CNA) qu’elle s’arrête cette fois, de mercredi à samedi.
Larissa Corriveau dans L’écoute d’une émotion. Crédit image : Marlène Gélineau Payette
Ottawa, du 11 au 14 octobre. Détails et billets sur le site du CNA.
Danse
Traditions indiennes et puissance féminine
L’Arohafest, festival bilingue qui célèbre la culture indienne au Canada, revient au CNA pour une deuxième fois cette année. Du 9 au 14 octobre, l’édition Navratri se déroulera dans les lieux publics de l’institution de la rue Elgin. Navratri est une fête hindoue qui célèbre le pouvoir et la puissance de l’énergie féminine.
Différentes danses classiques et contemporaines de l’Inde seront à l’honneur, en plus de peinture au henné, d’ateliers interactifs, d’une murale communautaire Rangoli (au sol) et d’une exposition d’arts visuels. En marge d’Arohafest, le mercredi, la salle Southam du CNA accueillera Anoushka Shankar, une sitariste de renommée mondiale. Toutes les autres prestations sont gratuites.
La danse Garba est traditionnellement dansée pendant Navratri. Une performance de l’Association culturelle Gujarati d’Ottawa aura lieu le 13 octobre à 18h. Source : Aroha Fine Arts
Ottawa, du 9 au 14 octobre. La plupart des activités sont gratuites. Détails sur le site de Aroha Fine Arts.
Cinéma
Le succès de l’été à voir à Toronto
Avec plus de 2 millions de dollars au box-office, le film Le temps d’un été s’est imposé comme un nouvel incontournable du cinéma québécois. Il sera présenté lors de l’activité Place au cinéma avec Cinéfranco de la Bibliothèque publique de Toronto ce mardi. C’est à la bibliothèque de référence sur la rue Yonge que le public pourra découvrir le scénario de Marie Vien, réalisé par Louise Archambault.
L’histoire mène le cinéphile dans le Bas-Saint-Laurent, où le curé Marc Côté vient d’hériter d’une propriété. Il décide d’y emmener un groupe de personnes en situation d’itinérance qu’il a l’habitude de côtoyer comme aumônier de rue. Le film sera présenté avec sous-titres en anglais. La fondatrice de Cinéfranco, Marcelle Lean, sera sur place pour échanger avec le public.
Une scène du film Le temps d’un été. Crédit image : Immina Films
La Société d’histoire de Toronto (SHT) organise une conférence en ligne avec Danielle Carrière-Paris, l’autrice de la biographie de Rose-Aimée Bélanger. Cette dernière, qui a eu 100 ans en juillet dernier, a vécu en « bonne mère de famille » avant d’entamer une carrière de sculptrice internationale. Son succès fulgurant cache l’histoire d’une femme victime de son époque, en avance sur son temps, qui a pu prouver qu’il faut toujours rêver. Rose-Aimée Bélanger avait la mi-quarantaine lorsqu’elle est retournée à sa passion artistique qui avait été mise de côté pour se marier, élever ses enfants et épauler son mari, très impliqué dans le développement du Nord de l’Ontario.
Le livre de Danielle Carrière-Paris témoigne aussi du féminisme que la future sculptrice exprimait parfois malgré le carcan dans lequel elle se trouvait, comme lors de cette anecdote où un homme d’affaires venu souper à la maison lui a demandé si elle travaillait. Rose-Aimée Bélanger raconte : « Je lui ai presque renversé le bol de soupe sur la tête. Non, je ne travaille pas, je m’occupe de huit enfants. » L’œuvre Les chuchoteuses, qui a inspiré le titre de la biographie, est aujourd’hui la sculpture la plus photographiée de Montréal.
Rose-Aimé Bélanger, à l’ombre des chuchoteuses raconte le destin exceptionnel de la sculptrice franco-ontarienne, en plus d’être témoin de toute une époque où on bâtissait l’Ontario français. Crédit image : Rachel Crustin
Conférence en ligne. Gratuit mais inscription nécessaire. Détails sur le site de la SHT.
OTTAWA – Dans le but d’encourager le gouvernement Ford, le fédéral veut sortir la carotte au lieu du bâton concernant l’Université de Sudbury. Le ministre des Langues officielles Randy Boissonnault se dit prêt à mettre des millions de dollars sur la table dans le dossier de l’établissement du Nord de l’Ontario en guise d’invitation à son homologue ontarien à venir négocier.
À la fin juin, Queen’s Park a annoncé qu’il n’irait pas de l’avant avec le projet de l’Université de Sudbury, citant que la programmation offerte par l’établissement « ne correspond pas à la demande actuelle et aux tendances relatives aux inscriptions » au niveau du postsecondaire en Ontario français.
À la suite de la décision, Ottawa demandait à la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney et sa collègue aux Collèges et Universités Jill Dunlop d’entamer un dialogue. Aujourd’hui, le fédéral va plus loin pour convaincre le gouvernement Ford en sortant le chèque.
« On a pas seulement la volonté, mais nous avons de l’argent sur la table pour la province de l’Ontario, s’ils veulent », envoie comme message le ministre des Langues officielles au fédéral, Randy Boissonnault.
Il entend jeter les bases prochainement avec les deux ministres du gouvernement Ford.
La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney a refusé notre demandes d’entrevue. Quant au bureau de Mme Dunlop, ministre des Collèges et Universités, il n’a pas voulu répondre à savoir si cette nouvelle information pourrait être un facteur déterminant dans le dossier. L’attachée de presse de la ministre, Liz Tuomi, déclare ne pas avoir eu de demande officielle de la part du fédéral et que celui-ci « n’a fourni aucun détail concernant le financement fédéral de l’Université de Sudbury ».
« On peut seulement fonctionner avec une institution postsecondaire financée par la province », rappelle M. Boissonault en entrevue avec ONFR il y a près d’une dizaine de jours.
Randy Boissonnault le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles. Crédit image : Stéphane Bédard.
Il énonce ne pas être prêt à mettre un chiffre sur cette somme, mais que « c’est assez pour continuer à faire notre part pour l’Université de Sudbury ».
« Il reste un fonds pour appuyer l’éducation postsecondaire en français, mais il faut que la province vienne à la table », renchérit-il, ajoutant que plusieurs universités comme Simon-Fraser en Colombie-Britannique ou encore le Campus Saint-Jean avaient reçu un financement de plusieurs millions de dollars de la part d’Ottawa dans les deux dernières années.
Ce fonds annuel de 40 millions de dollars du budget de 2021 visant à aider les établissements francophones hors du Québec. Questionné à savoir si l’argent disponible pour l’Ontario pourrait être dans les eaux de l’accord conclu entre le gouvernement Trudeau et Ford en 2019, pour l’Université de l’Ontario français, Randy Boissonnault répète que le mot final revient à la province, mais que le fédéral « sera là pour appuyer ».
Vers une entente comme l’UOF?
En 2019, la ministre des Langues officielles Mélanie Joly avait conclu avec l’Ontario une entente de financement de huit ans de 126 millions de dollars, partagé à parts égales, la province assumant 100 % des coûts lors des quatre dernières années de l’accord.
Le député néo-démocrate à Queen’s Park, Guy Bourgouin, estime qu’on se dirige vers un autre scénario similaire à celui de l’UOF où l’investissement du fédéral avait changé la donne dans le dossier.
« Ils attendent que le fédéral fasse le travail pour eux », estime-t-il en désignant le gouvernement Ford.
« Pourquoi on est toujours obligé d’attendre et que la communauté soit tout le temps mise dans une situation telle que celle-ci pour que le gouvernement agisse pour les Franco-Ontariens », interroge-t-il.
TORONTO – Le rapport annuel de l’ombudsman de l’Ontario fait état de 24 551 plaintes reçues pour 2022-2023, dont 296 par l’Unité des services en français, qui a ouvert deux nouvelles enquêtes, en cours, ayant trait à des obstacles ou manquements à l’accès des services en français.
Ce premier rapport de l’Unité des services en français de l’ombudsman (USEF) depuis l’entrée en vigueur de l’offre active sur les services en français, annoncé le 1er avril dernier, comprend la période du 1er avril 2022 au 31 mars 2023, soit un jour avant l’application de la mise à jour de la Loi sur les services en français.
Les sujets les plus courants des plaintes reçues par l’USEF demeurent la prestation des services et les communications en français du gouvernement.
296 plaintes ont été enregistrées, un chiffre similaire à l’année précédente avec 361 dont 60 à propos du même dossier : les coupes effectuées par l’Université laurentienne dans les programmes de langue française.
Parmi les enquêtes en cours, il y est fait état de l’ouverture d’une nouvelle enquête en juillet dernier par le commissaire aux services en français par intérim, Carl Bouchard, sur l’absence du français dans la publicité extérieure du gouvernement de l’Ontario sur des panneaux électroniques, abribus et autobus.
La seconde enquête mise en lumière par l’équipe d’intervention spéciale de l’ombudsman concerne les personnes adultes ayant une déficience intellectuelle qui seraient hébergées de manière injustifiée dans des hôpitaux avec pour obstacle l’accès aux services en français « empêchant de donner à ces personnes leur congé de l’hôpital », peut-on lire dans le rapport. Les enquêteurs, aidés par l’USEF, examineront également la façon dont les ministères abordent ces obstacles.
« Il est particulièrement préoccupant que des personnes vulnérables ayant des besoins complexes soient hospitalisées – souvent pour de longues périodes – alors qu’elles n’ont aucunement besoin de l’être sur le plan médical », déclare Paul Dubé.
Des mises à jour importantes sur ces actions, tendances et recommandations du Bureau de l’ombudsman pour l’amélioration des services en français, seront présentées dans le rapport annuel du commissaire aux services en français, qui paraîtra en décembre prochain, pour la période qui s’étend d’octobre 2022 à septembre 2023.
Autres chiffres et tendances pour 2022-2023
Les organismes faisant l’objet du plus grand nombre de plaintes sont les tribunaux décisionnels Ontario se chiffrant à 2043, dont 1894 plaintes concernant la Commission de la location immobilière, suivis du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées enregistrant 922 plaintes, puis le Bureau des obligations familiales cumulant 471.
En ce qui concerne les rapports d’enquêtes précédentes, côté santé, le rapport explique notamment que le ministère des Soins de longue durée a accepté les 76 recommandations de l’Ombudsman pour préparer la province à une prochaine crise sanitaire, le cas échéant, notamment dans les foyers de soins de longue durée.
58 recommandations ont été acceptées pour améliorer les services, la formation et les pratiques pour mieux protéger les jeunes après qu’une jeune fille autochtone de 13 ans a disparu sept fois alors qu’elle était sous la supervision d’un organisme chargé de foyers d’accueil.
Concernant les enquêtes précédentes achevées, le rapport relève l’exemple des 29 recommandations de l’ombudsman sur 32 appliquées, visant à améliorer la surveillance des personnes détenues placées en isolement, ou encore l’exemple du ministère de la Santé ayant observé 29 des 53 recommandations de l’Ombudsman visant l’amélioration de son processus d’examen et d’enquête relatif aux plaintes de la patientèle sur les services ambulanciers.
Pour les cas individuels, l’intervention de l’Ombudsman a notamment permis à un élève francophone ne pouvant pas aller à l’école en raison de ses besoins spéciaux d’avoir accès à un programme spécial en français, ou encore, à une famille risquant de se trouver sans toit après un incendie dans son logement subventionné d’être immédiatement mise en contact avec une personne s’occupant de la gestion des logements.
Les dépenses réelles du Bureau de l’ombudsman pour cette période s’élèvent à 24,05 millions de dollars, moins que le budget de 31,28 millions alloué, la différence étant remise au ministère des Finances.
OTTAWA – Le ministre de l’Immigration Marc Miller indique que le fédéral songe à la possibilité d’augmenter la cible en immigration francophone hors Québec de 4,4 % à 6 %, soit près de la moitié de ce que demandent les communautés francophones.
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) attend du gouvernement qu’il établisse une cible de 12 % de nouveaux arrivants francophones dès 2024, dans le but de rattraper le poids démographique des francophones. Les données de la firme Sociopol, qui a réalisé une étude sur l’immigration francophone, suggèrent qu’un objectif en dessous de 8 % ne permettrait pas de freiner le déclin du poids démographique des francophones mais simplement de le ralentir.
Le ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) entrevoit très mal de viser un chiffre aussi haut, car même augmenter la cible à 6 % serait compliqué, affirme-t-il.
« J’aimerais monter à 6 %, mais ça, c’est une augmentation de 50 % d’une cible difficilement réalisable. Ça va prendre de l’ambition et ça va prendre des mécanismes en place pour assurer la pérennité du système quitte à pouvoir l’augmenter par la cible », a-t-il répondu devant les députés en Comité des langues officielles.
À aucun moment depuis 2001, à l’exception de 2022, le gouvernement fédéral n’a atteint sa cible de 4,4 % d’immigration francophone hors Québec, un manque total de 120 000 immigrants depuis près de 20 ans. Dans une étude, le Commissariat aux langues officielles affirmait que ces échecs répétitifs avaient contribué au déclin du français au Canada.
« Aller de 4,4 % à 6 % est faisable, mais ça va être difficile », prévient Marc Miller. « Je ne suis pas confiant qu’on peut l’atteindre pour l’instant. Mais je suis confiant que la fonction publique va pouvoir mettre en place les mécanismes pour rencontrer ces défis et par la suite augmenter les seuils plus facilement, que ça soit à 7 ou à 8 %. »
Le principal problème est le manque de francophones dans « l’inventaire » du bassin de candidats de son ministère, souffle celui qui est arrivé à ce poste en juillet dernier. C’est pourquoi à plusieurs reprises Marc Miller a insisté sur la mise en place de « mécanismes » – sans nécessairement préciser ceux-ci- qui permettrait d’attirer une plus grande proportion de francophones au Canada pour ainsi pouvoir augmenter et atteindre la cible.
« Ça va prendre un effort concerté de refaire notre façon d’attirer des gens qui parlent français au Canada, que ça soit d’Afrique de l’Ouest ou encore dans d’autres parties du monde », avance-t-il.
Au lendemain des propos de M. Miller en comité parlementaire, la FCFA a indiqué qu’elle n’était pas « rassurée » par les intentions du ministre ajoutant qu’un objectif de 6 % « ne serait ni suffisant, ni acceptable ».
« On parle ici d’un enjeu existentiel pour la francophonie canadienne. Nous ne doutons nullement de la bonne volonté et de l’engagement du ministre Miller, mais il faut qu’il aille plus loin », a déclaré sa présidente Liane Roy.
La politique en immigration francophone, pas pour demain
La Loi sur les langues officielles, récemment modernisée, oblige IRCC, via l’immigration francophone, à rétablir le poids des francophones hors Québec à 6,1 % comme c’était le cas en 1971, alors que c’est actuellement de 3,6 %. Le ministre doit adopter, quand bon lui semble, les nouvelles obligations pour une politique en matière d’immigration francophone, un aspect que semblait ignorer Marc Miller lui-même. Pressé par le député conservateur Joël Godin, le ministre a peiné à répondre s’il était au courant que l’adoption de cette politique faisait partie de son rôle.
« Le saviez-vous que cet article-là n’est pas en vigueur présentement? » l’a poussé le député conservateur.
« Peu importe, j’ai cette vision et vous allez voir dans les nouveaux indicateurs qu’on va avoir un objectif réaliste », a-t-il répondu, ajoutant qu’il « ignore » lui-même à quel moment cette politique serait déposée.
Le ministre Miller a aussi confirmé ne pas avoir encore reçu sa lettre de mandat du premier ministre après près de 10 semaines de sa nomination.
« J’ai mes propres priorités… J’ai quatre priorités que j’ai communiquées directement au premier ministre », a-t-il soutenu.
OTTAWA – Une campagne de sociofinancement a été mise sur pied sur la plateforme Gofundme pour soutenir le slameur franco-ontarien Yao et sa famille, suite au décès de sa fille Jordan.
Au moment d’écrire ces lignes, une quarantaine de dons cumulaient 4350 $, sur un objectif de 15 000 $. Parmi les donateurs, on retrouve entre autres le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO). Le CEPEO précise qu’il s’agit d’un regroupement de dons privés amassés par l’équipe d’animation culturelle et non de fonds publics. L’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) a pour sa part fait un don en tant qu’organisation, pour soutenir l’un de ses membres. Jordan est décédée le 27 septembre, à moins de deux semaines de son cinquième anniversaire.
Au début du mois de septembre, Yao a remporté le prix Trille Or du meilleur spectacle pour sa tournée Kintsugi. Le titre de l’album vient de l’art traditionnel japonais qui constitue à réparer un objet brisé avec des métaux précieux, souvent de l’or. Sans être explicites, les chansons évoquaient les épreuves et le cheminement de vie de l’auteur-compositeur-interprète, dont le combat de sa fille, atteinte d’une maladie orpheline.
En entrevue avec ONFR à la sortie de l’album, l’artiste avait expliqué : « Je suis parti de cette idée pour faire un kitsungi de l’homme en mettant la lentille sur mes propres blessures et essayer d’en faire quelque chose de beau en retrouvant de la beauté dans le chaos. »
Yao avait aussi déclaré : « Ce n’est pas vrai que toute adversité nous rend plus forts. Toute adversité nous détruit. La seule vérité du processus est qu’une fois que l’on est en mille morceaux, on a le choix de rester en mille morceaux ou de se reconstruire. »
L’organisateur de la campagne de financement, Ammayas Khidas, souhaite ainsi contribuer à recoller les cœurs suite à cette nouvelle épreuve.
« La communauté artistique et ses proches lancent cette campagne de deuil pour soutenir Yao, son épouse et son fils dans cette terrible épreuve qu’aucun parent, aucune famille ne devrait avoir à vivre », peut-on lire sur Gofundme.
Sur sa page Facebook, l’artiste a indiqué avoir « beaucoup de questions. Très peu de réponses », quant au déroulement des jours précédant le drame.
L’élection de Wab Kinew à la tête de la province du Manitoba est bien vue par la francophonie manitobaine, qui estime qu’il sera un interlocuteur clé pour faire avancer l’accès aux services en français notamment dans le domaine de la santé.
Wab Kinew est aussi devenu le premier autochtone issu d’une Première Nation à gouverner une province. Au niveau francophone, il s’agit d’une première à ce poste alors qu’entre 2009 et 2016, le chef néo-démocrate Greg Selinger conversait dans la langue de Molière, étant le représentant de la circonscription la plus francophone de la province, Saint-Boniface avec près de 11 % de francophones. Ce n’était pas le cas pour les deux successeurs de M. Selinger, deux chefs progressistes-conservateurs, Brian Pallister et Heather Stephenson, qui a annoncé hier qu’elle démissionnerait de son poste de cheffe.
M. Kinew marque aussi l’arrivée d’un premier ministre francophone hors Québec, ce qui n’était pas le cas depuis le départ de Jason Kenney en octobre 2022 en Alberta. Le chef néo-démocrate reste le seul premier ministre provincial, hormis François Legault, à pouvoir s’exprimer en français.
« Notre province est une province bilingue et pour moi c’est très important de toujours regarder notre patrimoine comme Manitobain, mais aussi de marcher vers l’avenir. Pendant toute la campagne, j’ai dit que je voudrais être un premier ministre qui voudrait engager avec la francophonie dans votre langue maternelle », a commenté M. Kinew en conférence de presse dans un excellent français au lendemain de sa victoire.
Ce dernier a affirmé que lui et son député néo-démocrate dans Saint-Boniface, un Franco-manitobain, Robert Loiselle travailleraient main dans la main à livrer des services dans la langue française en santé et en éducation, a-t-il énuméré.
« On veut inclure la francophonie dans notre gouvernement », a affirmé celui qui parle ojibwé en plus des deux langues officielles du pays.
La Société de la francophonie manitobaine (SFM) note au lendemain de cette victoire qu’il y aura plus de visages francophones au sein du gouvernement, se réjouit son directeur général, Daniel Boucher.
« Avoir un premier ministre qui parle français, c’est évidemment un atout. C’est quelque chose qui est important pour nous. Ce n’est pas le seul facteur, mais ça va aider », reconnaît-il.
La santé, la priorité de tous
Ce dernier cite l’accès aux soins de santé en français comme un enjeu clé pour les Franco-Manitobains. En 2017, le gouvernement progressiste-conservateur avait adopté la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine venant renforcer certaines obligations de services gouvernementaux en français. La Loi de façon générale « aide », mais il y a encore beaucoup à faire pour assurer le respect de la mise en œuvre de celle-ci, note la SFM, principalement dans le système de santé.
On doit donner un coup de barre (en santé) pour assurer davantage de services en français », affirme son directeur général Daniel Boucher.
C’est un enjeu qui a aussi résonné à l’échelle provinciale. 54 % des Manitobains identifiaient durant l’élection, la santé comme l’enjeu principal en arrière du coût de la vie. Wab Kinew était aussi vu comme le meilleur candidat par 40 % des Manitobains pour s’attaquer à cet enjeu, selon les données de la firme de sondage Angus Reid. Le premier ministre a d’ailleurs souligné que « guérir le système de santé sera une de nos priorités, la plus grande ».
« Ce que les autochtones veulent, c’est la même chose que le reste de la province, c’est-à-dire une meilleure qualité de santé et une vie plus abordable. Comme membre d’une Première Nation, on a vécu des défis dans le système de santé, c’est l’une des raisons qui m’ont poussé à lancer ma carrière en politique. »
Parmi les demandes au nouveau gouvernement de la part des Franco-Manitobains : le retour d’un service en français auprès de la ligne téléphonique d’info-santé du gouvernement, perdu durant la pandémie et d’une cible en immigration francophone. Des priorités dont les néo-démocrates se sont montrés favorables, indique M. Boucher
« Notre travail, ça va être maintenant de s’asseoir avec eux et de commencer à travailler sur la mise en œuvre et de faire en sorte que ces priorités-là soient respectées. On est quand même optimiste, car on commence quelque part avec des promesses électorales… Maintenant, ils doivent passer à l’action, mais on est optimiste qu’ils vont passer à l’action. »
Après une longue route de plus de 400 km, Inès arrive dans la grande région de Hearst, où la journaliste s’initie à une activité exigeante, mais essentielle : la plantation d’arbres.
Accompagnée de deux employées de la Hearst Forest Management, l’une des entreprises les plus influentes de la région, Inès apprend la bonne technique pour planter des épinettes. Ses nouveaux collègues l’aident à mieux comprendre l’importance de la reforestation dans cette région du nord, mais aussi les défis de recrutement dans cette industrie pourtant si capitale. Inès Rebei aura-t-elle le physique de l’emploi?
Ce reportage représente le deuxième épisode de notre série Micro & Boussole.
CHUTE-À-BLONDEAU – Ce jeudi aura lieu le deuxième symposium annuel organisé par Leadership féminin Prescott-Russell. Sur le thème de l’égalité, cette rencontre mettra à jour les résultats d’une étude sur la condition féminine dans l’Est ontarien. Cette année, le chroniqueur Mickaël Bergeron et auteur de COCORICO Les gars faut qu’on se parle, offrira une discussion autour des hommes et de leur engagement dans la poursuite de l’égalité des genres.
« C’est important d’avoir cette discussion, puisqu’elle concerne tout le monde », affirme M. Bergeron en entrevue avec ONFR. « Je pense que ça fait beaucoup trop longtemps que les hommes ne participent pas de manière active à la conversation. »
C’est ce que proposera – entre autres – le symposium du Leadership féminin Prescott-Russell (LFPR), ce jeudi au Centre communautaire de Chute-à-Blondeau.
Marie-Noëlle Lanthier, la présidente de l’organisme franco-ontarien, pense que COCORICO Les gars faut qu’on se parle veut « allumer des lumières ».
Elle qui favorise la collaboration, admet que les femmes ne peuvent pas réussir à elles seules sur le plan de l’égalité, préconisant ainsi, la nécessité de faire participer des alliés. « On peut faire mieux et avec des alliés », clame-t-elle.
Mickaël Bergeron est un journaliste, chroniqueur et auteur québécois. En 2019, il sortait son premier livre, La vie en gros et en 2020, Tombée médiatique. Son troisième livre, Cocorico, Les gars, faut qu’on se parle promet d’être une véritable discussion sur la masculinité. Gracieuseté
L’image dominante de la masculinité, « c’est un peu comme un carcan pour les hommes ». D’après Mme Lanthier, « l’égalité n’est pas juste libératrice pour les femmes, elle peut l’être pour les hommes ».
C’est pourquoi, lors du symposium, un panel de cinq hommes dont Mario Bourgeois, Stephane Gougeon, Mario Zanth, Eric Greer et Eric Marcotte, tous de la région de Prescott et Russel ont été invités pour discuter des différents points de vue que propose l’œuvre de Mickaël Bergeron.
Les hommes doivent embarquer dans la conversation
Non seulement les hommes doivent participer au débat, mais aussi « faire la même conversation entre eux », pense M. Bergeron.
« Depuis que je suis journaliste, je ne peux pas compter le nombre de reportages ou de textes que j’ai écrits sur la violence conjugale, le taux de suicide, la détresse psychologique et les pères absents. À un moment donné, il y a un problème de société. Il faut le dire, Il faut le décrire, le nommer, le mettre sur la place publique, comme on fait avec d’autres problèmes. »
L’année dernière, la sénatrice Bernadette Clément faisait partie des participantes, ainsi que Mario Zanth, le maire de Clarence-Rockland. Gracieuseté
Pour le journaliste et écrivain, cette réflexion vient probablement d’une quête personnelle, celle de sa propre masculinité, mais aussi sa place en tant qu’homme.
« Je pense que très jeune, j’ai été conscientisé ou du moins témoin de la violence que les femmes peuvent subir de la part des hommes. Je pense que c’est quelque chose sur quoi je me questionne depuis longtemps. »
Mickaël Bergeron estime que depuis plus d’un siècle, les femmes réfléchissent aux normes sociales qui les concernent. Elles réfléchissent aux dynamiques sociales, à leur place, leur rôle et attentes. D’après lui, les hommes ont besoin de faire cette réflexion et de se demander : « Est-ce qu’on remet en question le rôle attendu des hommes? Est-ce qu’on remet en question les attentes, les valeurs, les relations, les dynamiques sociales? »
« Tant les hommes ne le feront pas, je pense que ce sera impossible d’atteindre cet idéal de l’égalité. »
Le tout premier symposium en 2022 s’était déroulé à Clarence -Rockland. Gracieuseté
Selon Mme Lanthier, il est rare de voir un organisme féminin offrir une place aussi importante aux hommes au cours d’un événement. « Cela est fait exprès parce qu’on est un peu tanné de parler d’égalité entre femmes. Il faut que les hommes embarquent et il faut mobiliser nos alliés masculins leur faire de la place pour avoir des conversations. »
Comprendre les inégalités et les barrières systémiques
Myriam Hebabi et Fanny Cazaux du Centre de leadership et d’évaluation (CLÉ), un organisme pancanadien et francophone, vont dévoiler les résultats d’une étude intitulée Portrait statistique de la condition féminine dans Prescott-Russell et les barrières systémiques à l’égalité des genres. LFPR a mandaté le CLÉ en mai 2023 pour lancer cette enquête.
« J’étais surprise de certains résultats », explique la présidente, « par exemple, lorsqu’on a demandé aux femmes d’autoévaluer leur santé. La grande majorité a indiqué être en bonne et très bonne santé. Mais un très grand nombre révélait aussi un important niveau de stress et d’anxiété. »
« C’est quand même bizarre », analyse-t-elle. « D’une part, elles disent être en très bonne santé, mais d’un autre côté, elles signalent qu’il y a beaucoup de stress et de charges mentales. »
« On ne considère peut-être pas la santé mentale comme un problème de santé, voyez-vous. »
Marie-Noëlle Lanthier, présidente de Leadership féminin Prescott-Russell (LFPR), croit que pour avancer sur l’égalité, les hommes sont une part importante de la conversation. Gracieuseté
En choisissant, d’analyser seulement les femmes d’expression française, les résultats de cette étude se veulent fidèles à la réalité des femmes dans cette grande région majoritairement francophone. Cette enquête a été réalisée en prenant en compte quatre volets, que sont l’économie, la politique et la gouvernance, la justice, ainsi que la santé et le bien-être.
Le symposium de Leadership féminin Prescott-Russell se déroulera dès 8h ce jeudi, puis se conclura avec la présentation du projet Concerté. e. s pour l’égalité, une table de concertation en partenariat avec Centraide Est de l’Ontario.
SUDBURY – L’établissement Horizon Santé-Nord (HSN) a annoncé la nomination de David McNeil à titre de nouveau président-directeur général (PDG). Le docteur Pankaj Bhatia est de son côté promu au poste de médecin-chef d’HSN. Les deux dirigeants ne maîtrisent pas le français.
La nomination d’un nouveau PDG unilingue pourrait surprendre : c’est la première fois qu’un PDG non bilingue est nommé depuis que l’établissement a été officiellement désigné bilingue, en vertu de la Loi sur les services en français (LSF) en 2013.
« C’est toujours décevant quand une institution qui est bilingue n’assure pas une haute administration complètement bilingue », regrette Joanne Gervais, directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Ontario du grand Sudbury (ACFO) du grand Sudbury.
« Évidemment, après avoir eu un PDG et un médecin en chef qui parlent tous les deux le français ça peut être inquiétant d’avoir un PDG et docteur en chef unilingue anglophone », déclare quant à elle Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario.
Elle se veut néanmoins rassurante : « Mais j’ai déjà travaillé avec des PDG anglophones champion pour la francophonie, ainsi que des PDG francophones qui l’étaient moins. »
« Malgré le fait qu’il est unilingue anglophone, je pense qu’il connaît très bien la réalité du Nord-est de l’Ontario, de la communauté francophone et de celle des Premières nations », réagit, de son côté, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert, lequel a une longue carrière en santé dans le Nord.
Il estime qu’il est encore tôt pour s’inquiéter et que l’organisme gardera un œil sur la situation des services en français à HSN : « On va lui donner la chance de faire ses preuves. ». Même son de cloche chez Mme Gervais qui considère que « sa volonté et son engagement à desservir la population francophone reste à voir. »
Un seul francophone dans la direction
Pourquoi ne pas avoir sélectionné un candidat bilingue? « On a choisi les meilleurs candidats pour les postes mais il y a d’autres moyens de s’assurer de respecter les exigences en lien avec la LSF », avance Stéphan Plante, président des conseils d’administration d’HSN et de l’Institut de recherches d’Horizon Santé-Nord (IRHSN).
Bien que le poste de PDG n’est pas désigné bilingue en tant que tel, l’établissement a l’obligation d’embaucher au moins trois personnes francophones dans la haute direction, ce qui n’est pas le cas actuellement où il n’y en a qu’un seul. Selon M. Plante, cette « lacune » devra être corrigée par le nouveau PDG : « C’est une responsabilité que le nouveau PDG aura, de monter un nouveau plan pour s’assurer de nous permettre de respecter notre engagement envers la désignation et la LSF. »
« Il y a d’autres postes à combler », justifie-t-il en ajoutant qu’il y a plusieurs francophones au sein du conseil d’administration (CA).
Le futur directeur, de son côté, s’engage à respecter les avancées de l’établissement en matière de services en français comme il l’a confié au micro d’ONFR : « En tant que PDG, je m’engage complètement à ce que les patients francophones qui viennent se faire soigner ici aient le choix de communiquer dans la langue officielle de leur choix. »
Il entend également continuer à utiliser les mécanismes mis en place par l’établissement pour respecter la désignation tels que l’exigence de maîtriser le français comme critère d’embauche de certains postes ou encore l’évaluation de la satisfaction de la clientèle francophone via le comité consultatif des familles de patients de l’établissement.
Le chef de famille, dont l’épouse et les enfants sont parfaitement francophones, dit regretter de ne pas parler la langue de Molière et aimerait pouvoir maîtriser le langage à l’avenir.
En septembre dernier, un comité consultatif sur les services en français incluant 16 membres de la communauté francophone a été mis sur pied, avec comme objectif d’accompagner le CA pour mieux comprendre les besoins et attentes de la communauté.
Un retour à Sudbury
lE nom de David McNeil est loin d’être inconnu dans les couloirs de l’institution publique de la santé de Sudbury puisqu’il y a travaillé pendant 28 ans, dont plus de deux décennies au sein de l’équipe de direction, notamment à titre de vice-président principal.
Il a ensuite accepté le rôle de PDG pour le Brant Community Healthcare System dans le Sud-Ouest de l’Ontario, qu’il occupe depuis les cinq dernières années.
David McNeil succède ainsi à Dominic Giroux, qui a quitté HSN en juin pour le poste de PDG de l’Hôpital Montfort à Ottawa.
« J’ai vraiment hâte de revenir travailler ici », a-t-il déclaré dans l’annonce de sa nomination.
Et d’ajouter : « J’ai commencé à HSN en 1991 comme infirmier de soins généraux et le fait d’y retourner à titre de PDG est un témoignage des possibilités et des occasions de croissance qu’offre HSN. »
« Lorsque je réfléchis aux compétences et à l’expérience dont nous avons besoin en ce moment, je ne vois personne de mieux pour ce poste », a laissé savoir Stéphan Plante.
Et d’ajouter : « Il a supervisé l’amélioration de la situation financière et d’autres améliorations considérables concernant l’engagement du personnel, des médecins et des patients. »
Après avoir obtenu des diplômes en sciences infirmières, en administration de la santé et en santé dans les milieux ruraux et nordiques à l’Université Laurentienne, M. McNeil a commencé en 1988, une carrière comme infirmier dans la communauté d’Attawapiskat de la baie James.
Il a ensuite occupé le poste de président du conseil d’administration du Collège Cambrian et de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario entre autres.
« Nominations unanimes »
Les nominations de David McNeil et du Dr Bhatia ont fait l’objet de décisions unanimes par les conseils d’administration, selon les informations du communiqué.
De son côté, Le Dr Pankaj Bhatia se joint à David McNeil sur l’équipe de direction à titre de médecin-chef, prenant la relève du Dr John Fenton. Le Dr Bhatia travaille à HSN depuis 12 ans et il occupe actuellement le poste de directeur médical au Laboratoire de simulation d’HSN.
Médecin lauréat diplômé de l’University of Western Ontario de London, il a enseigné à l’Université de l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) à titre de professeur agrégé et de directeur du Programme de résidence en chirurgie générale.
Ces nominations arrivent au moment où HSN est sur le point d’entreprendre le processus d’élaboration d’un nouveau plan stratégique, pour lequel le futur directeur promet de consulter non seulement le personnel de l’hôpital mais aussi les membres de la communauté, y compris les francophones de la ville.
David McNeil commencera son mandat de cinq ans à titre de président-directeur général le 16 octobre tandis que le Dr Bhatia commencera son mandat de trois ans à titre de médecin-chef le 30 octobre.
WINNIPEG – La situation est inédite au Canada : Wab Kinew devient le premier autochtone issu d’une Première Nation à gouverner une province. Ainsi en ont décidé les électeurs manitobains appelés aux urnes ce mardi. La première ministre sortante a quant à elle échoué à reconduire au pouvoir le camp progressiste-conservateur pour un troisième mandat consécutif.
Après sept ans d’absence aux commandes de la province, le Nouveau Parti démocratique (NPD) revient aux affaires au Manitoba et formera un gouvernement majoritaire. Son chef, Wab Kinew, a fait tomber la sortante progressiste-conservatrice Heather Stefanson.
Selon les résultats non officiels, à l’heure où nous écrivions ces lignes, le NPD s’adjugeait 33 sièges (contre 18 avant la dissolution) à l’Assemblée législative du Manitoba, les progressistes-conservateurs 23 sièges (contre 35), les libéraux se contentant d’un député (contre 3), pour un total de 57 sièges en jeu au Parlement.
« Regardez ce que notre petite province a fait de grand! » a réagi Wab Kinew dans son discours de victoire. Il s’est ensuite adressé en premier lieu aux travailleurs de la santé, à la jeunesse et au monde des affaires.
« Vous qui travaillez dans la santé, on a besoin de vous pour construire quelque chose de spécial ici au Manitoba. Aux jeunes, je vous dis qu’on m’a donné une deuxième chance dans la vie et je veux croire que vous pourrez faire pareil. Ma vie est devenue meilleure quand j’ai cherché des raisons. Il y a une condition pour que ça marche : vous devez vouloir le faire. »
Et de conclure : « Il n’y a pas de défis que nous ne puissions surmonter quand on se présente unis, comme un seul Manitoba. »
Le NPD n’avait pas dirigé le Manitoba depuis la période 1999-2016 sous les gouvernements Gary Doer et Greg Selinger, un règne auquel Brian Pallister avait mis fin en 2016.
Originaire du Nord-Ouest de l’Ontario
M. Kinew s’est engagé à « rendre la vie des Manitobains plus abordable » et à « éparer les soins de santé » – un thème omniprésent durant les quatre semaines de campagne électorale -, notamment via une stratégie de dotation en personnel de santé de 500 millions de dollars. Il veut s’attaquer à la pénurie de médecins de famille et réembaucher les 300 infirmières supprimées sous le précédent gouvernement.
Il a promis d’investir dans les arts, le tourisme et la culture. Il a l’intention d’accroître le nombre des places en garderie et d’enseignants, y compris de langue française. Il compte par ailleurs rétablir le poste de sous-ministre adjoint à l’Éducation française. Il s’est en outre engagé à créer 10 000 nouveaux emplois et à lutter pour l’environnement, tout en visant l’équilibre budgétaire d’ici 2026.
Ontarien d’origine, le nouveau premier ministre élu a grandi dans la Première Nation ojibwée d’Onigaming, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, avant de déménager à Winnipeg. Diplômé en sciences économiques de l’Université du Manitoba, il parle trois langues : ojibwé, anglais et français.
Avant d’embrasser une carrière politique, il a été rappeur, écrivain, journaliste et vice-recteur adjoint aux affaires autochtones de l’Université de Winnipeg. Il était chef de l’opposition officielle depuis 2017.
Les progressistes-conservateurs formeront l’opposition officielle
Cette soirée électorale s’est soldée par un échec du Parti progressiste-conservateur à se maintenir au pouvoir pour un troisième mandat d’affilée. Ayant fait élire le plus de députés après le NPD, les troupes d’Heather Stefanson constitueront l’opposition officielle. Réélue dans sa circonscription de Tudexo, Mme Stefanson a annoncé dans son discours de défaite qu’elle quittait la tête du Parti progressiste-conservateur.
« Le vote a parlé », a-t-elle réagi. « On n’a pas toujours été d’accord Wab Kinew et moi mais je lui souhaite le meilleur et ferai tous les efforts pour que cette transition du leadership soit sans anicroche. La nature historique de sa victoire doit être reconnue ici, ce soir. J’espère qu’elle suscitera l’engagement citoyen des jeunes partout au pays. »
Arrivée au pouvoir en octobre 2021, la députée de Tuxedo et ancienne vice-première ministre avait succédé à Brian Pallister, démissionnaire avant le terme de son mandat – après avoir remporté la course à la chefferie de son parti. Elle était alors devenue la première femme première ministre de la province.
Défait dans sa circonscription électorale de Saint-Boniface, le chef du Parti libéral a lui aussi démissionné de la tête de sa formation politique dans la foulée des résultats, en cours de soirée.
Doug Ford veut « travailler ensemble » avec son voisin
« Ce soir, le Manitoba est entré dans l’histoire en élisant son premier premier ministre anishnabe », a réagi , sur le réseau social X (ex-Twitter) Sol Mamakwa, unique député ontarien autochtone. « C’est un très grand jour pour le Manitoba et pour la représentation autochtone. »
Le premier ministre ontarien Doug Ford a lui aussi félicité son homologue. « Être premier ministre est l’honneur d’une vie. En tant que voisins, nous pouvons travailler ensemble sur de nombreux points, notamment bâtir des économies plus fortes pour nos deux provinces. »
« Ce soir est une soirée historique pour les Manitobains et tous les Canadiens », a renchéri Jagmeet Singh, chef du NPD canadien. « Vous avez inspiré des générations de jeunes autochtones à venir. »
TORONTO– Alors que les employés de TVO affiliés au syndicat de la Guilde canadienne des médias (GCM) entrent dans leur septième semaine de grève, et après le refus de la dernière proposition salariale de la direction, ils demandent au gouvernement ontarien d’intervenir et d’offrir un arbitrage exécutoire pour trancher.
Dans la négociation des contrats de travail, les salaires constituent le dernier point de friction entre TVO et le syndicat GCM, qui a rejeté l’offre de TVO de 7,5 % sur trois ans, la jugeant « à perte » pour les employés, au vu de l’inflation au cours de la seule première année de l’accord qui était alors déjà de 6,8 %.
« Il leur coûterait moins de 300 000 $ par an de répondre à notre demande salariale. Cela représente une infime partie du budget de fonctionnement », explique Cara Stern, vice-présidente de la branche TVO de GCM, qui demande 13 % sur trois ans avec 2 500 $ par employé dont le salaire avait été plafonné par la Loi 124.
« La direction de TVO, qui se voit augmenter en moyenne de 6 % par an, est assise sur 17 millions de dollars de fonds d’investissement. C’est vraiment inhabituel pour une agence publique et, quand on leur demande de rendre des comptes à ce sujet, ils refusent de répondre », publie TVO/GCM sur son compte X (ex-Twitter).
Aujourd’hui à Queen’s Park, des représentants TVO du syndicat ont tenu une conférence de presse pour présenter la situation et s’en remettre à la province : « Nous demandons au gouvernement d’intervenir et d’offrir son arbitrage exécutoire », a déclaré Meredith Martin, la présidente de TVO/GCM.
Une mésentente lourde de conséquences
À l’heure actuelle, les principales pertes qu’essuie le personnel s’élèvent à 700 000 $ de salaires perdus.
« TVO dépense plus de 500 000 $ par semaine (nous en sommes à la semaine 7) pour payer ses autres employés à temps plein pour qu’ils fassent moins qu’un travail à temps plein (principalement à domicile pour éviter les piquets de grève) afin de pouvoir continuer à opprimer 74 personnes. Ils n’ont pas de nouveau contenu avec lequel travailler », a fait savoir la vice-présidente.
Avant le début de la grève, le syndicat avait déjà proposé de recourir à l’arbitrage exécutoire pour éviter tout arrêt de travail ou interruption des services au public, ce que la direction du diffuseur public avait refusé, l’arbitrage exécutoire ne devant selon elle être utilisé qu’en dernier recours, dernier recours atteint que la GCM estime atteint.
« La direction de TVO pourrait mettre fin à cette grève aujourd’hui en acceptant un arbitrage exécutoire. »
« Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce ou le premier ministre Doug Ford pourraient mettre fin à cette grève aujourd’hui en expliquant à la direction de TVO que l’arbitrage exécutoire est la meilleure prochaine étape », conclut le syndicat dans un communiqué de presse.
OTTAWA – Le député québécois et libéral Greg Fergus a été élu comme président de la Chambre des communes.
Ce mardi matin, dans un vote préférentiel tenu secret de l’ensemble des 338 députés d’Est en Ouest du pays, le député de Hull-Aylmer Greg Fergus a obtenu la majorité nécessaire dès le premier tour. Parfaitement bilingue, le député l’élu de la circonscription voisine du Parlement est actuellement secrétaire parlementaire de la présidente du Conseil du Trésor et du ministre de la Santé, rôle qu’il va cédé avec ce nouveau poste. Entre 2021 et 2023, il était le secrétaire parlementaire du premier ministre. Il a été élu pour la première fois en 2015.
Ce dernier a battu sept autres candidats en lice, dont quatre libéraux : Sean Casey, Alexandra Mendès, Peter Schiefke et Stéphane Lauzon qui s’est retiré de la course avant le vote. Les autres candidats étaient Chris d’Entremont (conservateur), la Franco-Ontarienne Carol Hughes (NPD) et la cheffe du Parti vert Elizabeth May.
L’élection survient après la controverse de l’invitation d’un ex-nazi lors du discours du président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky il y a deux semaines à l’invitation de l’ancien président de la Chambre Anthony Rota. Le Franco-Ontarien avait invité et rendu hommage à cet ex-soldat d’une unité militaire nazi, Yaroslav Hunka, un citoyen de sa circonscription. Il avait démissionné quelques jours après cet événement. Son départ avait été réclamé par tous les partis de l’opposition.
Dans un discours avant le vote, M. Fergus a annoncé que « le respect sera mon credo ».
« Les mots que nous utilisons comptent. Les symboles comptent. Je le sais pertinemment. Puis, en tant que votre président, je vais agir rapidement pour restaurer l’honneur de cette Chambre », a-t-il certifié.
Utilisant une analogie, le nouveau président a comparé son rôle à un arbitre au hockey.
« Personne ne paie cher pour aller voir l’arbitre, ils vont voir les vedettes vous, les joueurs sur la glace », a-t-il dit en direction de ses collègues.
« Mon rôle en tant que président est juste de vous assurer que les règlements seront suivis pour que vous puissiez vous engager dans un combat que j’espère respectueux, amical, mais sincère dans cette Chambre », a-t-il ajouté.
Comme l’a souligné Justin Trudeau dans un discours après le vote, M. Fergus devient la première personne de race noire de l’histoire du Canada à occuper ce poste
« Cela devrait être une source d’inspiration pour tous les Canadiens, mais plus particulièrement pour les plus jeunes générations qui veulent s’impliquer dans la politique », a commenté le premier ministre.
Entre les rumeurs de transfert de l’été, une prolongation de contrat qui ne vient pas et de l’individualisme pointé du doigt par Masai Ujiri, la vedette francophone des Raptors n’a pas été épargnée lors de la journée des médias des Raptors.
Ce lundi 2 octobre marquait la reprise de la saison NBA pour les Raptors de Toronto. La traditionnelle journée des médias a permis de faire le point sur l’été de chacun et de se projeter sur la nouvelle saison à venir. Toujours présent dans l’effectif malgré les rumeurs de transfert de l’été, Pascal Siakam en tant que visage de la franchise a été le premier joueur à se présenter face aux journalistes après Masai Ujiri (président des opérations basket) et Darko Rajakovic le nouvel entraîneur en chef.
Dans sa dernière année de contrat et toujours dans l’attente d’une prolongation lucrative (192 millions sur quatre ans), la vedette camerounaise des Raptors n’a pas échappé aux questions sur ce sujet.
Dans les rumeurs de transferts cet été, une information était sortie dans les médias américains comme quoi il ne garantirait pas sa resignature à une équipe qui ferait un transfert pour lui. Une façon de dissuader les autres franchises d’essayer de le récupérer et de s’assurer que Toronto ne se débarasse pas de lui. Interrogé à ce sujet, Siakam a réfuté le fait que ces informations venaient de lui.
« Je n’ai jamais rien dit. Je ne parle pas aux médias (pendant l’été). Je ne vois pas de quoi vous parlez », a-t-il déclaré. « Je suis toujours sous contrat. Pour moi, c’est ça l’essentiel. »
Même s’il est bien sous contrat pour la saison à venir, le problème majeur est le refus de Masai Ujiri de prolonger son joueur étoile dès maintenant. Le président des opérations basket a confirmé qu’il n’avait pas entamé les discussions à ce sujet avec ses représentants. Il a même ajouté qu’il attendait de voir comment le meilleur joueur de son équipe allait s’intégrer dans le nouveau style de jeu mis en place par Darko Rajakovic.
Ujiri n’y est pas allé de main morte non plus sur les raisons de l’échec de la saison dernière. Il a réitéré ses propos de mai dernier en pointant du doigt de l’individualisme au sein de l’équipe. Même s’il n’a visé aucun joueur, il a tout de même de nouveau utilisé cet argument lors d’une question sur… Pascal Siakam.
« Nous croyons en Pascal, nous croyons aussi que beaucoup de nos joueurs n’ont pas joué de la bonne manière la saison dernière. Nous voulons les voir jouer de la bonne façon. Je l’ai dit et je ne vais pas changer mon discours, nous avons été égoïstes et nous n’avons pas joué de la bonne manière. Donc nous allons voir comment cela se passe quand nous jouons de la bonne manière. »
Ce thème de l’égoïsme dans l’effectif la saison dernière a été récurrent tout au long de la journée. Siakam au cœur de la réponse d’Ujiri – même si le doute peut subsister sur le fait que Masai visait son joueur vedette – n’a pas échappé à la question et a répondu avec fermeté.
« Je vais parler pour moi : je n’ai jamais été un joueur égoïste de ma vie. J’ai toujours joué de la bonne manière depuis la première fois que j’ai commencé à jouer au basket. J’ai toujours été un joueur collectif, tout ce que je fais sur un terrain c’est pour l’équipe. J’ai fait ça toute ma carrière », s’est-il défendu.
« De mon côté, je veux continuer à évoluer en tant que joueur, comprendre de mieux en mieux le jeu. Avant, j’étais dans le coin et personne ne me craignait. J’ai travaillé et fait évoluer mon jeu pour être dans une position où j’attire l’attention de la défense. Je suis très surveillé maintenant et je dois faire les bons choix, faire la bonne action. J’essaie toujours de faire la bonne action, même si parfois ça peut donner l’impression que je tire au-dessus de deux défenseurs. »
La situation demeure inédite. Très rarement en NBA, une franchise s’est dite prête à attendre de voir comment son meilleur joueur allait s’intégrer dans un nouveau système avant de lui donner une prolongation de contrat.
En sept saisons dans la ligue et avec une ascension fulgurante, Siakam a démontré qu’il était un candidat régulier au top 15 des joueurs de la NBA chaque année. S’il venait à partir libre l’été prochain sans contrepartie, ce serait un nouvel échec cuisant pour la direction après la perte de Fred VanVleet de la même manière l’été prochain.
Du côté de Siakam, on laisse le soin des négociations à ses représentants. Comme il l’a toujours fait, il s’est de nouveau concentré sur le travail et s’améliorer pendant l’été.
« C’était plus ou moins (un entraînement) global mais j’ai essayé d’être capable de dribbler mieux, d’être capable d’encore mieux comprendre le jeu, continuer de tirer à 3-points. C’est quelque chose que je vais poursuivre. Je me suis focalisé sur tout, mais ces choses-là en particulier, un peu plus. »
Dernier sujet majeur abordé, la saison à venir. La volonté de tourner la page Nick Nurse est claire du côté des Raptors avec un nouvel entraîneur en chef Darko Rajakovic qui semble en totale opposition avec son prédécesseur du point de vue de la personnalité et des concepts de jeu. Masai Ujiri a insisté sur un changement de culture du côté de la franchise canadienne. Ce renouveau est bel et bien incarné par le technicien serbe, même s’il en est qu’à ses prémices.
« C’est encore trop tôt pour le dire. Je ne sais pas en quoi la culture a changé. Nous allons le découvrir », a indiqué Siakam tout de même motivé pour sa huitième année en NBA.
« Je suis excité pour cette saison. C’est sûr que ça fait mal d’avoir perdu Fred (VanVleet) mais je suis content de pouvoir continuer à me développer en tant que joueur et essayer de gagner plus de matchs. »
Les Raptors se sont envolés pour Vancouver où ils débutent ce mardi leur camp d’entraînement, avant de disputer leur premier match de présaison face à Sacramento dimanche 8 octobre (20h). La mauvaise nouvelle côté francophone est l’absence de Christian Koloko. Le pivot camerounais ne sera pas avec ses coéquipiers, souffrant de problèmes respiratoires. La communication du club est restée vague sur ce problème de santé qui a déjà touché le joueur début juillet, le privant de ligue d’été. Il est pour l’instant absent indéfiniment et la franchise communiquera ultérieurement sur l’évolution de sa santé.
Sabine Daniel est productrice chez Apartment 11 Productions. Elle produit l’émission Sunny’s Quest à TVOkids, qui connaîtra bientôt une version francophone à TFO, La quête de Lumie.
LE CONTEXTE :
L’émission veut montrer la diversité de la francophonie ontarienne en racontant les histoires quotidiennes d’enfants noirs de partout en province. Il est aussi possible, pour un enfant bilingue, de participer aux versions francophones et anglophones lors d’un même tournage.
L’ENJEU :
La productrice souhaite rejoindre les enfants des communautés rurales comme urbaines afin de dresser un portrait plus représentatif de la population et que les jeunes téléspectateurs se reconnaissent dans l’émission. La quête de Lumie sera diffusée à l’automne 2024. Il est possible de poser la candidature d’un enfant en cliquant sur ce lien pour accéder au formulaire, d’ici le 15 octobre.
« Quel est le concept de l’émission Sunny’s Quest?
C’est une émission qui met à l’avant-plan des enfants afrodescendants de 8 à 11 ans de partout au Canada. Pour la version française, qui s’en vient à TFO, nous voulons miser sur la population de l’Ontario. Nous cherchons autant dans les grandes villes, comme Toronto ou Ottawa, que dans les plus petites municipalités et dans les milieux ruraux, parce que l’immigration francophone a pris beaucoup d’ampleur. Nous voulons montrer cette diversité aussi rurale qu’urbaine. Nous voulons montrer que la population noire est multifacettes et que cette nouvelle génération vient de partout en Ontario.
Quel est l’enjeu de recrutement?
La version anglophone a été faite à travers le pays. Les Noirs au Canada ont 400 ans d’histoire, comme les francophones. L’enjeu, pour les Franco-Ontariens, c’est qu’on a une grande immigration francophone de première génération. Ces gens qui viennent de s’installer ont un héritage culturel riche, mais ne savent pas nécessairement qu’ils peuvent le partager dans une émission comme la nôtre, car nous ne le faisions qu’en anglais.
Sabine Daniel est productrice des émissions Sunny’s Quest et La quête de Lumie. Gracieuseté
L’enjeu est de trouver des jeunes de 8 à 11 ans qui connaissent leur culture, ou peut-être pas tant que ça, mais qui veulent la partager à travers des danses ou des mets traditionnels, tout en montrant leur intégration dans leur ville.
C’est une émission qui met à l’avant-plan leur héritage culturel noir, mais qui montre en même temps le paysage qu’ils habitent à Timmins, Welland, Sudbury, Ottawa, etc.
Quels genres d’enfants cherchez-vous?
Nous voulons montrer l’excellence noire. Il y a des enfants qui excellent dans plein de domaines. Nous cherchons des enfants dynamiques et passionnés que ce soit de sport, de musique ou autres. Nous avons trouvé un poète dernièrement, un garçon qui aime le slam et qui en fait en français… nous cherchons aussi des gens qui font des choses atypiques et qui démontrent leur région.
En tant que productrice, l’enfant idéal incarne son identité nord-américaine, par exemple en jouant au soccer ou en faisant de la planche à neige. Et en même temps, quand il arrive à la maison, il mange des mets traditionnels avec ses parents, et il n’est pas moins franco-ontarien qu’un autre. Nous voulons voir et entendre l’environnement dans lequel ces enfants évoluent, leurs amis, leurs accents, leurs régionalismes.
Pourquoi la représentativité est-elle importante à la télévision?
Parce qu’on parle souvent de diversité, et ça s’arrête souvent à la couleur de peau. Ce que je prône en tant que productrice est que la diversité vient aussi de ton lieu et de ton environnement. Si tu habites à Ottawa ou à Timmins, les réalités ne sont pas pareilles, même s’il y a des traits communs. Cette diversité est dans les accents, dans l’environnement rural ou urbain, dans la proximité avec l’anglais et tout ce qu’il faut faire pour conserver notre langue.
La quête de Lumie cherche à montrer les enfants à la fois dans les traditions de leur pays d’origine et dans leurs activités dites canadiennes. Gracieuseté
Quand je suis arrivée en Ontario depuis le Québec, il y avait beaucoup d’immigration de la Somalie et du Rwanda, mais il n’y avait pas autant de diversité que maintenant. Le portrait des Franco-Ontariens a changé et je veux le refléter dans cette émission-là. Je veux montrer la diversité de l’Afrique, évidemment, mais aussi des Caraïbes. Moi, je suis d’origine haïtienne, mais il y a aussi la Martinique, St-Vincent et les Grenadines, la Guadeloupe, etc. Ce ne sont pas nécessairement des pays dont on parle souvent.
Par exemple, on vient de trouver une enfant qui habite à Embrun, qui connaît sa culture martiniquaise et qui, en même temps, aime rouler 12 kilomètres chaque fin de semaine sur les pistes cyclables de l’Est ontarien.
L’affiche de la version anglophone, Sunny’s Quest,dont la deuxième saison est diffusée les mardis à 17h sur TVOkids. Gracieuseté
On cherche aussi des familles exogames, où les parents ne viennent pas nécessairement tous les deux d’Afrique, où il y a un parent anglophone et un parent francophone, etc.
Le fait d’être Franco-Ontariens n’enlève pas le fait d’être originaire d’un autre pays, qu’on y ait grandi ou pas. On veut conserver notre culture et marier les deux. La francophonie est plurielle. Et plus les enfants vont se voir et s’entendre avec leurs différents accents, les accents de leurs parents, plus ils vont se retrouver et plus ils vont être fiers de porter tous leurs drapeaux.
Comment se passe un tournage?
C’est un tournage sur deux jours. Nous cherchons aussi des enfants bilingues, qui pourraient participer autant en anglais qu’en français. Si l’enfant est choisi pour un tournage bilingue, c’est trois jours.
Nous voulons filmer tout ce qui rend l’enfant unique. Nous allons faire des recettes traditionnelles, le voir dans sa tenue traditionnelle. Nous allons aussi le voir dans ses activités dites canadiennes : nous allons faire de la raquette, cueillir des pommes, etc. Nous voulons mettre l’accent sur l’univers, et voir les paysages de l’Ontario, parce qu’on ne les voit pas assez. »
NIPISSING OUEST – Daniel Stevens est un ex-enseignant passionné qui a à cœur le bien-être et le développement personnel de ses élèves. Anishnabe, francophone et anglophone, il est depuis plus d’un an, le directeur d’éducation de l’école secondaire de la Première Nation de Nipissing, laquelle met la culture autochtone au cœur de ses enseignements.
« Comment définiriez-vous vos racines?
J’ai grandi à Sturgeon Falls, j’ai toujours vécu dans la région jusqu’à ce que j’aie l’âge d’aller à l’université, quand je suis parti à London. Mon père est citoyen de Nipissing First Nation et ma mère est francophone de Sturgeon Falls. Mon père travaillait pour les chemins de fer, ma maman travaillait à North Bay comme hygiéniste dentaire. Comme le travail de mon père le forçait à partir hors de la ville souvent, j’ai grandi dans un environnement principalement francophone. J’ai fait l’école francophone catholique jusqu’à la 8e année et au secondaire, j’ai fait l’école anglaise de Northern.
Parlez-vous la langue ojibwée?
Non, mais je l’apprends. Dans la réserve, je communique principalement en anglais avec les membres de la communauté. C’est vraiment un rêve que nous avons, d’avoir la langue autochtone comme première langue. On est très chanceux d’avoir de plus en plus de familles qui apprennent le langage traditionnel à leurs enfants. Dans notre Constitution, on a avoué que notre langage est la première langue même si on ne s’en sert pas tout le temps.
On a seulement 10 aînés, sur 6000 membres dans notre Première Nation, qui ont le langage comme langue maternelle. Alors, aujourd’hui, on fait beaucoup d’efforts pour revitaliser et propager notre langue. Même sur nos autobus on peut voir des affichages en langage traditionnel. Plus tu le vois dans la langue dans la vie quotidienne, plus tu vas l’utiliser.
Daniel Stevens, à gauche, a été un des conseillers du Conseil de la Première Nation de Nipissing de 2021 à 2022 jusqu’à sa nomination à la direction de l’éducation de l’école de la nation. Crédit image : Première Nation de Nipissing.
Quand avez-vous décidé d’entreprendre une carrière dans l’éducation?
C’est à l’université que je regardais mes options. J’ai fait des demandes d’admission en médecine et en droit, mais les circonstances particulières dans ma vie privée ont fait que j’étais fatigué d’aller à l’école. Mais je tenais à faire quelque chose de différent qui aurait un impact et j’ai réfléchi à mon parcours académique en réalisant que j’ai fait beaucoup d’accompagnement et aidé d’autres élèves donc j’ai décidé de tenter l’enseignement. Je ne regrette pas du tout ce choix aujourd’hui, bien au contraire.
En 2016, M. Stevens, alors enseignant, s’adresse à des élèves d’une école secondaire locale pour discuter de l’importance des traités et de la façon dont ils ont façonné le Canada à ce jour. Gracieuseté
Vous êtes le directeur de l’éducation d’une école autochtone que vous présentez comme étant unique. Qu’est-ce qui distingue votre apprentissage de celui des autres écoles?
C’est ça, dans notre école, on essaie d’enseigner les aspects culturels qui sont propres à nous les anishnabes de Nipissing. On veut que nos étudiants se voient dans le curriculum. Quand tu vas dans le curriculum de la province, on est un ajout, il n’est pas écrit pour nous. Mais quand on va dans notre école, on prend ce même curriculum et on l’adapte à nous. Et ça se voit chez nos élèves chez qui ça développe une confiance en soi, un sens de la fierté. On a plus cette assimilation qui s’opère, mais c’est vraiment l’idée que le matériel pédagogique est pour nous. Les professeurs chez nous travaillent très fort pour que le contenu et la méthodologie pour enseigner, reflètent notre culture de Nipissing.
Quels aspects en particulier de cette culture?
Par exemple, on essaie de montrer que la culture n’est pas stagnante mais évolutive. On peut vivre au 21e siècle et reconnaître que le monde a changé. Nous, on s’adapte avec nos valeurs et nos traditions.
Daniel Stevens félicite sur scène un élève diplômé de l’école de la Première Nation de Nipissing, en juin dernier. Gracieuseté
Est-ce quelque chose que vous tentiez de faire lorsque vous étiez enseignant à l’école Northern?
Dans mes salles de classe, quand j’étais dans le système public, j’enseignais toujours dans le sens communautaire. Si tu connais la réponse, c’est ton devoir d’aider quelqu’un qui ne la connaissait pas. J’enseignais les mathématiques alors, pour moi, la bonne réponse ce n’était pas toujours le moyen d’avoir le plus de points. Pendant la COVID-19, avec l’enseignement à distance, je faisais en sorte de bâtir une communauté au sein même de ma salle de classe où les étudiants se sentaient en sécurité. Ça ne faisait aucune différence à quelle culture ou quelle ethnie mes élèves appartenaient.
Considérez-vous avoir le financement et les ressources nécessaires pour le bon fonctionnement de l’école que vous dirigez actuellement?
La relation avec le Canada est complexe. Le Canada ne nous donne pas l’argent nécessaire pour fonctionner, c’est toujours des investissements minimes. Ça nous nuit dans le sens que, si tu vas au provincial, eux ont des ressources et une programmation à laquelle nous n’avons même pas accès, nous, en tant que Premières Nations. Et ça c’est un enjeu qui est lié au fait que la programmation est de juridiction provinciale et notre école qui est de juridiction fédérale.
On est très créatifs et on fait comme on peut, mais, à la fin, on a plusieurs défis à relever pour que nos élèves obtiennent des diplômes de la province, avec beaucoup moins de programmation et de moyens financiers. Il y a des enjeux financiers très importants dans notre région aussi au niveau des salaires des enseignants et des transferts des élèves qui veulent aller dans le système provincial.
Rencontre du Congrès du travail du Canada avec Charlie Angus, député néodémocrate, au sujet de la reconnaissance des droits des Autochtones à l’occasion de la Journée de lobbying pour les droits des Autochtones en avril 2019. Gracieuseté
Auriez-vous aimé, si vous aviez pu, étudier dans une école comme la vôtre?
Oui c’est certain, si j’avais eu cette chance. Dans mon temps, c’était une programmation d’adultes. On a évolué d’une manière un peu différente de la norme, à tel point qu’on a une école secondaire aujourd’hui.
Transmettre les valeurs inhérentes à votre culture autochtone, est-ce une chose importante pour vous?
Oui, comme n’importe quel parent j’essaie de leur communiquer nos valeurs et nos traditions et, comme chaque enfant, ils résistent. Mais mon aînée commence à se rapprocher de son identité et est de plus en plus curieuse. Évidemment, ce n’est pas quelque chose que l’on peut forcer, ils vont faire ce qu’ils vont faire et en tant que parent on ne peut que les soutenir dans leurs choix.
Il a eu l’occasion de procéder à la reconnaissance du territoire à la Journée d’action politique du 6 avril 2021 à Queens Park, en face de 32 000 travailleurs de l’éducation. Gracieuseté
Quels sont les défis qui demeurent dans votre territoire en particulier?
On a de la chance ici car on a de bonnes relations avec les villes qui nous entourent. On a des problèmes évidemment, au niveau des ressources, mais le fait d’être à proximité de grands pôles urbains aide beaucoup, contrairement à d’autres nations plus isolées.
Vous parlez un français impeccable, est-ce facile de jongler avec vos différentes identités?
Des fois oui, des fois et non. Je dis toujours que je m’assois sur le coin de trois cultures : mon père est autochtone oui, mais il est anglophone, et ma mère est purement francophone. Il y a des conflits, mais j’essaie de prendre le meilleur de chaque identité.
Daniel Stevens aux côtés de Hassan Yussuff, ex-président du Congrès du travail du Canada, en 2021 lors de la 1ère Journée de lobby autochtone. Gracieuseté
Nous sommes en plein dans la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, alors si vous deviez choisir une vérité que vous souhaiteriez que les gens connaissent par-dessus les autres, ce serait laquelle?
C’est une question délicate. Je pense qu’il faut vraiment vivre le concept de respect. On ne va pas se comprendre l’un l’autre, car on est des peuples totalement différents. Alors oui on parle tous de respect, mais, quand on regarde ce qui se passe, on réalise que les actions ne se font pas dans le respect. Nous, on veut juste être respectés pour qui nous sommes.
On veut que quand quelqu’un vienne à un Pow wow, qu’il ne voit pas que des costumes, mais un rassemblement de communautés, le tambour comme une musique spirituelle. C’est notre façon de voir le monde et les gens n’ont pas besoin de comprendre pour nous respecter. Je n’ai jamais été dans une mosquée ou une synagogue, mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas besoin de les respecter, qu’ils n’ont pas le droit de propager leur culture, leur vision globale. C’est ma responsabilité en tant qu’humain de les respecter.
Daniel Stevens, qui a été coprésident du Cercle des Premières Nations, des Métis et des Inuits à la Fédération du travail de l’Ontario, parle d’action et de responsabilité dans son discours au Congrès de l’éducation de la Fédération du travail de l’Ontarioen novembre 2019. Gracieuseté
Trouvez-vous qu’il y ait un véritable effort de réconciliation aujourd’hui, en 2023?
Beaucoup de monde appelle certaines choses une réconciliation, mais c’est juste politique. Parfois, on dit ‘’on va faire ça pour les autochtones’’, c’est bien beau, mais, en disant ça, vous nous séparez du groupe, vous nous isolez encore une fois. Pareil, ici encore on a besoin de respect. On veut être consultés pour des décisions, on veut que quand vous vous trouvez chez nous, vous nous laissiez parler et faire notre propre cheminement. Parfois, on a besoin de l’espace, parfois de l’intervention, mais ça, c’est à nous de décider. »
LES DATES-CLÉS DE DANIEL STEVENS
1979 : Naissance à Sturgeon Falls
1998 : Entame des études à l’Université Western de London
2005 : Commence sa carrière d’enseignant à l’école Northern
2021 : Devient le premier citoyen de Sturgeon Falls à être élu au sein du conseil de la Première Nation de Nipissing
2022 : Est nommé directeur d’éducation à l’école secondaire de la Première Nation de Nipissing
Chaque fin de semaine, ONFR+ rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
Dans une de mes chroniques antérieures intitulée Le cercle de la vie, j’ai parlé du livre à la fois émouvant et bouleversantde Michel Jean, écrivain Innu, sur la vie de Kukum, sa grand-mère. Cette femme menue mais forte qui a forgé une ligne profonde dans le sol gelé de ce grand territoire qui fut autrefois le territoire exclusif d’un peuple nomade ravagé depuis par la colonisation et la modernité.
Michel Jean est revenu, en 2021 en pleine pandémie COVID-19, avec un roman dont j’ai pris connaissance lors du Salon du livre de Toronto en 2022. C’est seulement lors de mes récentes vacances d’été que j’ai pu faire mon rattrapage littéraire et lire ThioTiÁ :Ke.
Il va sans dire que ma fascination pour l’écriture de cet écrivain ne s’est pas le moins refroidie ni n’a décliné.
S’éloignant légèrement de l’histoire de Kukum et d’un récit biographique, Jean raconte l’histoire d’Élie Mestenapeo, un jeune innu, talentueux joueur de hockey, ayant passé dix ans en prison pour le meurtre de son père, un homme alcoolique et violent.
Je ne sais pas si l’histoire d’Élie a réellement existé mais dans mon cœur j’y crois tellement et je souhaiterais vivement qu’elle le soit.
Dans ce roman, Jean présente aux lecteurs Élie, ce jeune homme calme, silencieux, attachant et qui pourrait être notre fils, notre voisin ou notre élève s’il n’était pas né dans une communauté aussi éloignée que celle de Nutashkuan et qu’il ne soit littéralement exilé, une fois sa peine purgée, dans la grande métropole : Montréal.
M. Jean brosse le portrait de ce jeune homme malmené par la vie, banni par sa propre communauté depuis qu’il a commis l’horrible et irréparable acte de tuer son propre père.
Destin d’un survivant
Quoi de plus triste et de plus honteux que de tuer celui qui nous a donné la vie. Plusieurs écrivains, depuis les tragédies grecques en passant par le célèbre écrivain russe Dostoïevski, jusqu’aux romanciers les plus modernes, se sont penché sur le sujet du parricide, qui à la fois fascine et révulse. Mais Michel Jean n’est pas obsédé par ce thème. Dans ThioTiÁ :Ke, c’est plutôt le destin d’Élie qui importe aux yeux de l’auteur. C’est le survivant qui compte. Celui qui a survécu à la tragédie mais qui continue à vivre dans la honte, la solitude et la misère des rues frigides de Montréal.
Élie débarque à Montréal comme plusieurs Innus qui terminent leur peine et se retrouvent livrés à la gueule de ce gros monstre urbain, sans le sou, privés de leur communauté, de leur langue maternelle et surtout des grands espaces, des lacs et rivières du Grand Nord, pays de leur enfance.
Mais tout n’est pas noir et tout n’est pas malheur. Le son de la communauté n’est jamais trop loin et Élie, plongé dans les dédales de la ville, multiplie les rencontres qui le mèneront vers des horizons plus lumineux.
C’est une histoire d’espoir et combien on en a besoin en cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Une journée symbolique certes, mais trop importante pour saisir un moment, aussi furtif soit-il, pour réfléchir à la vie de nos hôtes et hôtesses, les peuples autochtones, qui nous ont acceptés sur leurs terres ancestrales et qui nous ont permis d’y vivre et d’étendre nos racines après qu’elles aient été déplacées de leur habitat original. Cette réflexion est d’autant plus urgente et cruciale à faire que le chemin de la vérité est tortueux et éprouvant.
Un écho à la Réconciliation
Avec son roman ThioTiÁ :Ke, Michel Jean nous aide à entreprendre cette réflexion. Un portrait à la fois. Une image à la fois. Pour arriver devant la porte de la vérité, y frapper, y être reçu et éventuellement qu’on puisse ouvrir la porte à cette réconciliation qui tarde à se faire.
Récemment, j’ai eu l’honneur de rendre visite à des aînés autochtones installés dans un campement à quelques mètres du musée des droits de la personne de Winnipeg.
Dans un petit jardin connexe à la structure géante du musée, ces hommes et femmes ont installé leurs tentes depuis l’été dernier et bientôt monteront un tipi pour exiger des autorités gouvernementales que les dépotoirs de la ville soient fouillés pour y retrouver des femmes autochtones disparues.
Plusieurs membres des familles de ces femmes insistent pour dire que leurs mères, épouses, sœurs ou amies ont été jetées après avoir été tuées et démembrées dans ces poubelles à ciel ouvert.
Je suis restée émue en entendant les histoires racontées par ces hommes et ces femmes dont le combat n’a jamais cessé depuis leur enfance ou celle de leur parent, survivant des pensionnats autochtones, jusqu’à leur propre vie avec des pertes, des traumatismes et beaucoup de souffrances.
L’espoir dans les fresques
Mais en plein milieu de cette tristesse, j’ai pu détecter l’espoir de mes propres yeux. Des fresques peintes à même le sol par des femmes et des hommes avec des couleurs brillantes et attrayantes. Une tortue, pour représenter l’île de la Torture, qu’on appelle aujourd’hui Canada, nageant dans les eaux, avec des bulles d’air autour et surplombées de plumes d’aigle pour représenter toutes ces femmes ou bispirituelles disparues. Une fresque simple et éblouissante pour nous rappeler que la vérité n’est jamais trop loin.
Michel Jean n’est pas le seul écrivain qui nous rapporte ces histoires sur des communautés que nous connaissons si peu et si mal. Mais il a ce grand avantage et talent de nous raconter ces histoires en français dans une langue limpide qui sent les épinettes noires, le bruissement des lièvres qui fuient dans la forêt et l’odeur du poisson attrapé dans les rivières et ses affluents : Mahkunipiu, Mistanipisipou, Pehatnaniskau… Des noms innus donnés à ces fleuves qui nous semblent difficiles sinon impossibles à prononcer mais qui ajoutent beaucoup d’authenticité à ces histoires et surtout une richesse jusque-là inconnue.
Lire ces mots, c’est confirmer leur existence. Lire ces histoires c’est préserver ces lieux. Écouter ces histoires, c’est se rapprocher un peu plus de cette vérité. Même quand elle est lourde à lire. Même quand elle est difficile à entendre.
TORONTO – Ce samedi, Journée nationale de la vérité et réconciliation, pour la première fois, l’hymne national canadien sera chanté en algonquin, français et anglais à un match des Blue Jays de Toronto. La voix de la policière franco-algonquine Chantal Larocque, de la région de Nipissing dans le Nord ontarien, résonnera devant près de 49 000 spectateurs.
Ce fut tout un cocktail d’émotions pour la sergente Chantal Larocque, du service de police Anishinabek de la Première Nation Nipissing, au moment où elle a reçu l’appel, un mois plus tôt, lui indiquant la nouvelle.
« La première fois quand j’ai reçu le message, je n’y ai pas cru », confie-t-elle. C’est grâce à une vidéo propulsée sur les réseaux sociaux et dans laquelle la policière chantait, dans les trois langues, l’hymne du pays que la proposition est arrivée sur la table.
Diffusée en 2021 et réalisée par le réalisateur de North Bay, Ed Regan, la vidéo a fait le tour des écoles et des équipes sportives et a rencontré un certain succès sur la toile.
« Quelqu’un des Blue Jays a vu la vidéo et a pensé que ce serait une bonne idée pour la journée de vérité et réconciliation de retrouver cette policière-là », raconte-t-elle.
Et de la difficulté, il y en a eu, car celle-ci explique qu’il y a eu un petit moment avant qu’ils puissent la rejoindre. Pour donner une réponse à la proposition, en revanche, ça n’a pas été long : « J’ai dit oui, tout de suite », indique-t-elle.
Depuis, la réponse de la communauté est unanime et les messages de félicitations ne cessent de lui être adressés.
Une première
Il s’agit de la première fois que l’hymne est entonné à la fois en langue algonquine et celle de Molière avant un match de l’équipe mythique de baseball de Toronto. L’an dernier, à la même journée, l’hymne avait été chanté en Pied-noir (ou Blackfoot en anglais, un langage d’une Première Nation d’Alberta), français et anglais par la chanteuse albertaine Tsuaki Marule.
En 1978, la chanteuse Ruth Ann Wallace avait entonné l’hymne partiellement en français, sous les huées du public de l’époque. Un scénario qui aurait du mal à se reproduire aujourd’hui alors que plusieurs autres cérémonies d’ouverture ont employé la langue de Molière. Loin d’être inquiète, la policière se dit excitée de chanter devant une aussi grande foule.
« Ça me surprend, mais ça me rend encore plus fière. C’est la Journée de la réconciliation, mais je suis aussi Franco-Ontarienne donc pour moi c’est un honneur de le chanter dans les trois langues qui me représentent », déclare-t-elle.
Et de continuer : « J’ai conscience que les temps ont changé plus rapidement que ceux des affaires autochtones. J’espère marquer le début d’une ouverture d’esprit à ce sujet. »
Pour l’occasion, l’hymne sera divisé en trois parties : la première en français, la seconde en anglais et la troisième en algonquin. « Le meilleur pour la fin », plaisante-t-elle.
Une belle énergie dans le stade
Pour accompagner ce moment historique, la sergente portera une tenue traditionnelle qui comprend une plume d’aigle. « C’est celle qui représente notre détachement à Nipissing. Je vais la porter avec fierté demain, non seulement pour nous, le service policier, mais pour tout le peuple autochtone de toutes les différentes Nations », explique-t-elle.
Elle souhaite ainsi voir une certaine reconnaissance envers la communauté : « Souvent, on n’est pas connu, pas reconnu et encore plus souvent quand on fait les manchettes c’est pour les mauvaises raisons. »
« C’est tellement le fun d’avoir une histoire positive, et une représentation positive aussi », continue-t-elle.
La sergente a hâte d’arborer sa tenue pour l’événement de ce samedi après-midi. Gracieuseté
La sergente est-elle une admiratrice de l’équipe des Blue Jays? « Je ne regarde pas beaucoup le baseball, faute de temps, mais si je devais en supporter une ce serait définitivement celle-ci. » Ce match sera aussi décisif pour l’équipe qui pourrait se qualifier pour les séries en cas de victoire.
« Ils sont dans une très bonne position en ce moment. Je pense qu’il va y avoir une belle énergie dans le stade », dit-elle en espérant que son chant puisse porter chance à l’équipe. « Je ne veux pas me faire blâmer s’ils perdent après ma version d’Ô Canada! » prévient-elle avec humour.
Une délégation de 200 personnes, incluant des membres de sa division de police et de son entourage, viendra assister à l’événement, dont une vingtaine de francophones de sa région.
Et une chose est sûre, il sera difficile de les manquer, car ils porteront un t-shirt orange fait sur mesure pour l’événement avec le nom de la police algonquine : « La majorité, 130, va être dans la même section donc on devrait avoir un impact visuel, disons. »
L’orange est la couleur portée à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Gracieuseté
Ne pas s’arrêter là
Impossible, pour le moment, de savoir si une telle initiative pourrait se pérenniser, mais, selon la Franco-Algonquine, il faudrait penser au-delà de cette journée : « La Journée de la réconciliation, c’est beau, mais ce qui compte c’est ce qu’on fait les autres 364 jours de l’année. »
Elle ajoute qu’elle aimerait voir d’autres grands événements sportifs de l’année incorporer une portion de langue autochtone dans l’hymne précédant les joutes.
« Si ça amène à d’autres choses, ça n’a pas besoin d’être la mienne, mais ce serait tellement le fun de voir d’autres gens avoir l’opportunité de donner leur version avec un segment ou la totalité en langue autochtone. »
Le match aura lieu samedi à 15h07 au stade Rogers, au centre-ville de la Ville Reine, et opposera l’équipe de Toronto à celle des Tampa Bay Rays. Le match affiche presque complet à l’heure où nous écrivons ces lignes. D’importantes délégations autochtones, comprenant des enfants et des survivants, seront célébrées lors du match.
De nombreux peuples autochtones ont été et continuent d’être affectés par la saison des feux de forêt. Partout au Canada, des milliers de personnes ont été évacuées entre mai et septembre. Parmi les personnes les plus touchées, les peuples autochtones le sont en grande partie. Plusieurs raisons évidentes l’expliquent, mais malgré tout, l’impact de ces feux pour de nombreuses communautés est irréversible. Voués à se répéter, ces événements climatiques font craindre le pire pour ces communautés reculées.
Les peuples autochtones sont disproportionnellement touchés par les feux. Ils représentent 5 % de la population et pourtant d’après Sécurité publique Canada, depuis plusieurs années, 42 % d’entre eux ont déjà vécu des évacuations en lien avec les feux de forêt.
La principale raison, c’est qu’ils vivent souvent dans des régions plus reculées et boisées.
Depuis le début de la saison, plus de 90 communautés des Premières Nations ont reçu des ordres d’évacuation en raison de ces feux. D’après Service autochtone Canada, au 22 septembre, il y avait encore 23 Premières Nations vivant dans des réserves en proie aux feux (une en Alberta, 20 en Colombie-Britannique et deux dans les Territoires du Nord-Ouest). En plus de cela, huit Premières Nations n’ont pas encore pu retrouver leur réserve (cinq en Colombie-Britannique, une en Alberta, deux dans les Territoires du Nord-Ouest).
Mathieu Bourbonnais étudie la dynamique des incendies de forêt en Alberta et en Colombie-Britannique. Auparavant, il a travaillé comme pompier forestier dans le cadre du programme de rappel d’incendie de forêt de l’Alberta et pour Parcs Canada. Crédit image : UBC
Mathieu Bourbonnais est un ancien pompier, expert en feux de forêt et professeur adjoint à l’Université de la Colombie-Britannique. D’après lui, « la plupart des évacuations qui ont lieu à travers le Canada concernent les communautés autochtones ou les communautés rurales, et sont donc disproportionnellement touchées ».
Le chercheur s’inquiète des effets à long terme de ces incendies sur les communautés. « J’ai parlé avec des évacués à plusieurs reprises au cours d’une même saison et d’autres sur plusieurs années. Ce qui est certain, c’est qu’il y a un coût cumulatif lié à ces évacuations. »
Pour quantifier les conséquences, nous pourrions dans un premier temps constater les difficultés d’évacuation. Certaines réserves sont difficiles d’accès. Il y a parfois une seule route pour y entrer ou pour sortir. Pour d’autres, l’accès se fait par les eaux ou les airs. La communication se fait aussi difficilement, sans compter les difficultés financières liées à l’évacuation et tous les problèmes qui en découlent.
« Cela peut engendrer un traumatisme, car vous quittez votre domicile dans des circonstances difficiles », explique M. Bourbonnais.
Le Dr Nicole Redvers est membre de la Première Nation Deninu K’ue (T.N.-O.) et a travaillé avec des patients, des chercheurs et des communautés autochtones du monde entier. Elle est professeure associée au département d’épidémiologie et de biostatistique de l’Université Western. Crédit image : Nicole Osborne
Nicole Redvers, directrice de la Santé planétaire autochtone à l’École de médecine et de dentisterie Schulich de l’Université Western Ontario à London et également membre de la Première Nation, Deninu K’ue dans les Territoires du Nord-Ouest, explique au micro d’ONFR que « l’impact disproportionné sur les communautés autochtones existe en raison de la proximité immédiate avec la nature ».
« L’intérieur de la maison devient presque aussi toxique que l’extérieur »
— Nicole Redvers
« D’où je viens, dans les Territoires du Nord-Ouest, nous avons connu notre lot d’évacuations cet été. En fait, 68 % de la population a été évacuée, y compris mon père et ma mère. »
Des effets sur la santé émotionnelle, culturelle et spirituelle
D’après Nicole Redvers, « nous pensons souvent seulement aux impacts physiques des incendies de forêt. Bien sûr, il y a un danger immédiat pour les personnes ainsi que pour les infrastructures physiques. Mais ce qui est souvent minimisé, ce sont les effets sur la santé mentale, émotionnelle, culturelle et spirituelle que subissent les communautés lorsqu’elles sont déracinées pendant les périodes clés de l’été ».
Darren Reynolds, un habitant du district régional de Columbia-Shuswap en Colombie-Britannique montre ce qui reste de sa maison après les incendies de l’été 2023. Crédit image : Columbia Shuswap Regional District (CSRD)
L’été est une période importante puisque c’est à ce moment de l’année que se déroulent les récoltes, la chasse et les activités culturelles. Des pratiques qui ne peuvent pas avoir lieu lorsque ces événements surviennent.
« C’est cet élément, je pense, qui n’est pas souvent pris en compte ni compris en termes d’impact », croit-elle.
Une des graves conséquences souligne l’experte, ce sont les grosses fumées des incendies. « Bien sûr, la principale préoccupation concerne les conditions pulmonaires, notamment l’exacerbation de l’asthme. Nous avons effectué des recherches qui montrent qu’au cours de cette saison, la fumée des incendies de forêt est particulièrement dense et les taux d’asthme, en particulier dans les services d’urgence, augmentent considérablement. »
« Nous avons beaucoup perdu et c’était une saison très stressante »
— Raymond Supernault
« La plupart de nos communautés autochtones ont des logements très médiocres », ajoute-t-elle. « Dans ma région natale, dans nos maisons, l’air entre littéralement par les bouches d’aération des salles de bain. C’est parce que les maisons sont construites différemment, pas hermétiques. L’intérieur de la maison devient presque aussi toxique que l’extérieur. »
Bonnie Lépine Antoine est Métis de la rivière Rouge, son mari Frank Antoine est le chef de la Première Nation Bonaparte en Colombie-Britannique. Franco-Métisse et Franco-Colombienne, Bonnie Lépine Antoine est directrice de l’éducation autochtone pour le Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique. Crédit image : CSF
En Colombie-Britannique, Bonnie Lépine Antoine, une Métis de la rivière Rouge et directrice de l’éducation autochtone pour le Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique, « ne veut plus respirer la boucane ».
« La qualité de l’air m’inquiète. On reste souvent dans l’école pour ne pas respirer ça. Cet été, ça a commencé tôt. En plus, un de mes enfants a eu un cancer », confie-t-elle.
« On essaie de se tenir éloigné mais mon mari, chef de la bande Bonaparte, est resté pour combattre les feux. »
En Alberta, l’établissement Métis d’East Prairie a subi de nombreuses pertes cet été. En rencontre avec ONFR, le président Raymond Supernault se souvient exactement du jour où sa réserve est « passée au feu ».
« C’était le 5 mai », se rappelle-t-il, « actuellement, nous avons encore sept ou huit familles qui résident dans des chambres d’hôtel, depuis mai. Il est vraiment crucial que nous ramenions ces familles chez elles ».
Un habitant sur une réserve regarde un tas d’appareils brûlés, dont un chauffe-eau, et d’autres objets ménagers sur l’emplacement de ce qui était sa maison dans l’établissement Métis d’East Prairie, en Alberta. Cette maison a été détruite le 5 mai 2023. La Presse canadienne/Jeff McIntosh.
Pour l’instant l’objectif de M. Supernault est de reconstruire. « Nous avons beaucoup perdu et c’était une saison très stressante. »
« C’est une perte de notre culture », considère-t-il. « Le feu a tout dévasté, notamment là où se trouvaient les orignaux. Les animaux que nous chassons ne sont plus là. Nous ne savons plus où chasser et nous sommes plus éloignés que jamais. »
Les Premières Nations, les Métis et Inuits ont subi la perte de lieux sacrés, y compris des cimetières et des sites archéologiques. Leur culture et leur mode de vie ont été frappés de plein fouet.
Dans la région de Kamloops en Colombie-Britannique, la réserve de Little Shuswap Lake est passée au feu. Bonnie Lépine Antoine connaissait bien cette communauté, puisqu’elle y a vécu durant quinze ans. « Les saisons des feux s’intensifient année après année et étrangement on s’y habitue », remarque-t-elle.
« Nous essayons d’être autonomes pour être capables de protéger notre communauté »
— Bonnie Lépine Antoine
D’après Mathieu Bourbonnais, « nous avons battu le record national de superficie brûlée depuis 1989 à l’échelle du pays ».
« Et les conditions sont réunies », pense-t-il. « Il y a de nombreuses raisons à cela. Il y a le changement climatique qui touche l’ensemble du pays, avec des saisons des feux plus longues et des conditions météorologiques plus propices aux incendies. »
Comment ne plus être les premières victimes des changements climatiques?
Nicole Redvers est certaine que le Canada a aussi son rôle à jouer dans ce domaine. « Il faut une plus grande implication des Premières Nations, des Inuits et des Métis dans les politiques de gestion forestière. Nous avons une longue histoire et des façons traditionnelles de contrôler les feux. »
Ce que corrobore Mathieu Bourbonnais, indiquant à son tour qu’il existe plusieurs mesures à prendre. « Historiquement, les autochtones ont protégé leurs communautés en utilisant le feu comme un outil. Ces communautés pratiquaient activement la combustion contrôlée, mais maintenant cette pratique est devenue illégale. »
Une camionnette détruite repose dans l’allée d’une maison incendiée en Alberta. Crédit image : Jonathan Hayward / La Presse Canadienne via Bloomberg
« Je pense que l’une des solutions pour les communautés autochtones et rurales », ajoute-t-il, « sera de les habiliter à reprendre certaines de ces pratiques pour protéger leurs communautés, restaurer leurs paysages et préserver leurs pratiques culturelles ancestrales ».
Cet été, Raymond Supernault a combattu les feux avec des membres de sa communauté, en Alberta. « Nous n’avions pas le choix, sinon on y passait », a-t-il dit.
Du côté de la bande Bonaparte en Colombie-Britannique, même son de cloche : « Les hommes sont restés combattre le feu, mais c’est en grande partie par manque de confiance dans le système », explique Mme Lépine Antoine.
« Ce n’est pas facile pour nous d’avoir confiance, avec les traumatismes du passé. La communauté s’est demandé si le gouvernement allait nous venir en aide. »
« Les feux ont brûlé pendant des semaines et des semaines et quand l’ordre d’évacué est tombé, nous n’avions que 20 minutes », rappelle-t-elle.
« Nous essayons d’être autonomes pour être capables de protéger notre communauté, parce que nous sommes témoins d’inégalité de toute façon. »
« Ce que cela a fait, c’est créer un héritage où la gestion des incendies intervient toujours comme « sauveur » et n’exploite pas efficacement les connaissances locales »
— Mathieu Bourbonnais
Plus d’une trentaine de feux sont toujours actifs en Ontario. Source : Gouvernement de l’Ontario / 29 septembre 2023
Nicole Redvers croit fermement qu’il y subsiste un manque de préparation en matière de réponse d’urgence face aux catastrophes environnementales au Canada.
D’après elle, la plupart des municipalités et des communautés ont des plans trop légers. « Cela impliquerait, par exemple, l’évacuation immédiate des communautés et, non seulement de penser aux effets physiques, mais aussi aux impacts mentaux, émotionnels, spirituels et culturels sur les personnes qui continueront à être touchées par ces événements. »
Pour ce qui est de la lutte contre les feux de forêt, M. Bourbonnais demeure optimiste. « Je pense que les organisations de gestion des incendies, les agences gouvernementales et les gouvernements eux-mêmes réalisent que nous ne pouvons pas continuer à privilégier la gestion des incendies comme nous le faisons. »
D’après l’ancien pompier forestier, il faut travailler de manière collaborative et comprendre la logistique des évacuations dans les communautés rurales, éloignées et autochtones qui peuvent être très difficiles.
De plus, « les pompiers professionnels, même s’ils sont saisonniers, sont très bien formés et très compétents dans ce qu’ils font. Cependant, nous sommes désormais dans une ère où cela ne suffit plus. Ce que cela a fait, c’est créer un héritage où la gestion des incendies intervient toujours comme « sauveur » et n’exploite pas efficacement les connaissances locales. »
M. Bourbonnais est d’avis que la suppression des incendies restera toujours une partie importante de la solution, mais que le changement climatique va favoriser des saisons comme celle de 2023.
« Sommes-nous prêts à accepter cela comme notre avenir? » demande-t-il. « Pour moi, la réponse devrait être non. Si nous voulons changer cela, il faut envisager le changement climatique comme un problème sociétal majeur et progresser, même si cela peut sembler lent. »
TORONTO – Le Centre de demande d’admission aux universités (OUAC) a mis à jour ses chiffres de la rentrée universitaire qui révèlent une légère baisse du volume des inscriptions dans la province par rapport à 2022. Une tendance générale pour les deux langues officielles confondues, mais plus ou moins marquée selon les institutions avec notamment, côté francophone, l’Université du Hearst qui enregistre une baisse de 45,2 %.
Par rapport à la rentrée 2022, les admissions générales pour l’Ontario passent de 109 369 à 107 920, soit une baisse légère de 1,3 %. C’est la première fois depuis 2014 que ces chiffres décroissent, et ce, malgré la pandémie, n’ayant pas eu d’impact négatif en termes de chiffres sur les rentrées de 2021 et 2022. Les inscriptions de cette année sont toutefois toujours au-dessus des chiffres de 2021 qui s’élevaient à 107 449.
Si cette tendance à la baisse est générale, à la fois côté anglophone et francophone, elle apparait plus ou moins marquée au sein des trois établissements postsecondaires de langue française, contrairement à ce que laissait présager le volume de demandes d’admission enregistrées cet été.
L’Université d’Ottawa, qui parmi les universités francophones enregistre les plus gros volumes d’inscriptions, voit une baisse de 5,9 % des étudiants du secondaire venant de l’Ontario par rapport à l’année dernière, mais une augmentation de 6,8 % d’étudiants venant d’autres provinces, étrangers ou d’âge adulte, pour une croissance totale mineure de 0,2 %.
L’Université de l’Ontario français (UOF) de Toronto enregistre une augmentation de 50 % d’étudiants du secondaire de la province, mais une perte de 19,3 % dans la catégorie d’étudiants issus d’autres provinces, de l’étranger ou d’âge mature, soit une baisse totale de 18,3 % par rapport à 2022.
Quant à l’Université de Hearst, dans le Nord de l’Ontario, si les inscriptions des étudiants du secondaire en Ontario augmentent de 18,2 %, celles des étudiants d’autres provinces, étrangers ou d’âge adulte baissent de 80 %, soit une baisse totale significative de 45,2 %.
Nombre total de confirmations, candidats ayant accepté une offre d’admission, aux programmes de premier cycle. Comparaison entre septembre 2022 et septembre 2023. (Surlignées en jaune, les universités francophones.) Source : site de l’OUAC
Un engouement pour de nouveaux programmes francophones
C’est en revanche le phénomène inverse pour deux nouveaux programmes universitaires en français qui ont reçu cette rentrée un engouement certain, notamment le baccalauréat en éducation de l’Université de l’Ontario français (UOF) qui, au vu du nombre d’inscriptions, a augmenté sa capacité d’accueil de 40 places pour sa première rentrée universitaire.
« L’engouement envers le programme a été tel que l’Université a dû se tourner vers le ministère des Collèges et Universités qui a autorisé promptement à doubler le nombre de places au programme pour la rentrée 2023 », selon l’UOF.
Créée en 2021, la jeune université compte actuellement 230 étudiants, dont plus de 80 inscrits à ce nouveau programme d’éducation d’une durée de 16 mois consécutifs, en format accéléré.
Jour de l’inauguration du nouveau baccalauréat en éducation de l’UOF avec, de gauche à droite : Jacques Naud, président du Conseil de gouvernance de l’UOF, Paulin Mulatris, vice-recteur aux études et à la recherche, Stephen Lecce, ministre de l’Éducation, Jill Dunlop, ministre des Collèges et Université, Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones, Pierre Ouellette, recteur et vice-chancelier de l’UOF, Nicolas Sefrani, président de l’association étudiante de l’UOF, Laurie Carlson Berg, responsable du Pôle d’Enseignement et apprentissage, professeure titulaire du baccalauréat en éducation. Crédit image : UOF
Premier lancement également pour le programme de pharmacie de l’École des sciences pharmaceutiques de l’Université d’Ottawa qui a reçu cinq fois plus de candidatures qu’il n’y a de places disponibles. L’Université songe ainsi même à augmenter les effectifs à l’avenir.
C’est le seul programme de doctorat de premier cycle en pharmacie enseigné en français à l’extérieur du Québec. Il a accueilli une première cohorte de 61 étudiants en provenance d’Ontario, du Nouveau-Brunswick et du Québec.
En quatre ans, ces étudiants seront formés à une carrière en pharmacie en milieu hospitalier et centres de soins, dans la recherche ou dans l’industrie pharmaceutique, ce qui « viendra pallier la pénurie de pharmaciens. On estime qu’il en faudra 750 de plus au Canada hors Québec d’ici l’horizon 2026 ».
« Cette nouvelle offre de formation en santé en français vient consolider le rôle de leader en éducation francophone en milieu minoritaire qu’occupe l’Université d’Ottawa, qui forme déjà la forte majorité des professionnels de la santé bilingues en Ontario », explique un communiqué de presse de l’Université d’Ottawa.
OTTAWA – Les partis d’opposition à Ottawa pressent le gouvernement Trudeau de s’engager à augmenter considérablement sa cible en immigration francophone hors Québec, en ce moment à 4,4 %.
Récemment, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a pressé le fédéral à prendre un engagement ferme concernant l’augmentation de cet objectif qui n’a été atteint qu’une seule fois depuis 2001, soit l’an dernier.
Une étude du Commissariat aux langues officielles soutenait que l’échec de cette cible de façon répétitive constituerait un manque de 112 000 francophones hors Québec. Le ministre de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) Marc Miller a déjà signalé que son gouvernement était prêt à augmenter celle-ci, mais qu’il fallait que ça soit fait de « façon réaliste ».
Son collègue aux Langues officielles, Randy Boissonnault, avance que les deux ministres travaillent en étroite collaboration sur ce nouvel objectif qui devrait être annoncé au mois de novembre. Il insiste toutefois lui aussi à plus d’une reprise à ne pas pas mettre une cible trop élevée, mais une qui obtiendra « des résultats ».
« Moi je veux que ce poids (démographique des francophones) soit rétabli », clame-t-il, se défendant de vouloir faire baisser les attentes.
« Je n’ai pas de chiffre en tête. Je vais faire le travail avec le ministre Miller. Mais on a très bien entendu le sentiment d’ambition de la communauté et ça, j’en prends note pour avoir une politique robuste sur l’immigration francophone », poursuit le Franco-Albertain.
Randy Boissonnault le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles. Crédit image : Stéphane Bédard.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) estime que le gouvernement devrait se calquer sur les objectifs de la FCFA qui souhaite tripler la cible dès 2024, considérant l’immigration comme « un élément central pour combattre le déclin du français au pays ». À cela devrait s’ajouter « une vision d’ensemble » de la part du gouvernement, estime la députée Niki Ashton.
« Par exemple, ça fait longtemps que je parle de la pénurie de main-d’œuvre en éducation et on n’a pas un plan coordonné pour assister nos divisions scolaires, nos communautés, universités et collèges pour cibler, accueillir et soutenir les gens (dans ces domaines) qui veulent venir ici. »
Les conservateurs, qui ont souvent refusé de dire s’ils baisseraient les seuils d’immigration, du Canada, précisent ne pas avoir un objectif précis en tête, mais estiment que le gouvernement devrait augmenter cette cible. En entrevue avec Francopresse, le chef Pierre Poilievre avait affirmé que « l’une de mes priorités sur la question de l’immigration, c’est davantage de francophones ».
« 8 %, 12 %, 20 % (comme cible), je vais laisser les experts déterminer le chiffre, mais il y a des gains à faire et l’objectif est de faire un rattrapage », plaide son député Joël Godin en entrevue.
Le Bloc Québécois se dit en faveur d’une immigration francophone plus élevée hors Québec à condition « de ne pas déshabiller Paul pour habiller Pierre ».
« Il faut une augmentation de l’immigration francophone au Québec, hors Québec et en Ontario. Mais on pense que le gouvernement aurait avantage à cibler l’immigration francophone le plus possible dans des endroits à haute densité francophone », souhaite son député Mario Beaulieu.
Même à Québec, on plaide pour un objectif plus féroce en francophonie dans les autres provinces, soulignant que l’accomplissement de l’an dernier ne suffit pas.
« ll n’y a pas de mérite à dépasser un seuil minimum. C’est clair qu’il faut l’augmenter », demandait le ministre des Relations canadiennes Jean-François Roberge.
En comité parlementaire, la spécialiste en immigration francophone Luisa Veronis a plaidé devant les élus qu’il faudrait qu’IRCC scinde en deux son département, un pour les francophones et l’autre pour les anglophones pour que le pays accueille davantage de nouveaux arrivants parlant la langue de Molière.
« Les besoins en immigration francophone sont différents de l’immigration en général. Donc, on applique des critères complexes pour l’immigration générale à un groupe où les besoins et le profil sont différents. Donc, il y a une inadéquation », explique la professeure de l’Université d’Ottawa.
TORONTO – Les résultats des élèves francophones aux tests provinciaux 2022-2023 publiés par l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) montrent une certaine amélioration des compétences par rapport à l’année dernière, avec une hausse des pourcentages de réussite à la norme provinciale, notamment en mathématique en cycle primaire et moyen.
Pour la deuxième année consécutive, l’OQRE communique les résultats de tests numérisés et modernisés réalisés par 580 000 élèves ontariens des niveaux élémentaires et secondaires de langue française et anglaise, indiquant leur niveau de compétence en lecture, écriture et mathématiques par rapport au curriculum scolaire.
Par rapport à l’année précédente, les résultats de 2022-2023 des élèves de primaire de la 3e année sont en amélioration en mathématiques, le pourcentage des élèves ayant atteint la norme provinciale passant de 67 à 70 %, et sont légèrement meilleurs en littératie : passant de 81 à 82 % en lecture et de 67 à 68 % en écriture.
Comparaison du pourcentage d’élèves de 3e année ayant atteint la norme provinciale entre 2021-2022 et 2022-2023. Source : OQRE.
Même phénomène observé pour le cycle moyen de 6e année. Le pourcentage d’élèves ayant atteint la norme provinciale reste stable en lecture, à 97 %, mais augmente légèrement en écriture, passant de 80 à 83 %, et augmente nettement en mathématiques, passant de 50 à 55 % de réussite.
Comparaison du pourcentage d’élèves de 6e année ayant atteint la norme provinciale entre 2021-2022 et 2022-2023. Source : OQRE.
Les étudiants de 9e année, quant à eux soumis à un test de mathématiques suite à la mise en œuvre du programme-cadre universel et décloisonné de mathématiques en 2021, font montre d’une progression de 4 % par rapport à l’année précédente, passant de 56 à 60 %.
Comparaison du pourcentage d’élèves de 9e année ayant atteint la norme provinciale en mathématiques entre 2021-2022 et 2022-2023. Source : OQRE.
Pour les élèves de 10e année, les taux de réussite au Test provincial de compétences linguistiques (TPCL), qui mesure leur compétence en littératie dans toutes les matières, apparaissent globalement élevés, passant en un an de 89 à 91 % chez les élèves admissibles pour la première fois.
Même si un écart important chez les élèves admissibles antérieurement est à dénoter, diminuant de 91 % à 76 % en 2022-2023, l’OQRE explique toutefois ce grand écart par une cohorte réduite l’année dernière à cause de l’interruption des tests causée par la pandémie. « Par rapport à la cohorte 2018-2019, qui constitue une meilleure comparaison, les résultats de 2022-2023 représentent ainsi une augmentation de 52 % à 76 % », note l’organisme.
Comparaison du taux de réussite au TPCL des élèves entre 2021-2022 et 2022-2023 en pourcentage. Source : OQRE.
Un outil de suivi des tendances d’apprentissage
« Après deux années de mise en pratique de notre nouveau programme de tests en ligne à la suite des perturbations du système scolaire causées par la pandémie, il est encourageant de constater des progrès dans le rendement en mathématiques, tandis que le rendement en lecture et en écriture reste stable dans toute la province », note Dan Koenig, le directeur général de l’OQRE.
Le président du conseil d’administration Cameron Montgomery souligne quant à lui l’importance de ces tests pour l’observation des tendances d’apprentissage grâce à des données fondées sur des preuves.
« Il est essentiel que chaque Ontarien puisse accéder à ces données afin de soutenir l’équité en matière d’éducation et d’éclairer les initiatives conduisant à des changements positifs dans le rendement de la prochaine génération. »
« Les résultats aux tests de l’OQRE montrent que les investissements historiques de l’Ontario dans l’éducation publique conjugués aux vigoureux efforts veillant à ce que les enfants restent en classe et bénéficient du retour aux éléments fondamentaux se traduisent par un meilleur rendement des élèves », a-t-il déclaré.
« C’est maintenant qu’il faut travailler ensemble pour faire en sorte que les élèves restent en classe et apprennent les compétences de base qui les mettront sur la voie de la réussite à long terme », a conclu M. Lecce.
La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation aura lieu ce samedi. Le 30 septembre est l’occasion de prendre le temps de s’informer sur l’histoire autochtone au Canada, de réfléchir sur le colonialisme et ses impacts encore présents aujourd’hui. Participer à un événement de sensibilisation, visiter une exposition ou découvrir un nouvel album sont quelques exemples de façons d’ouvrir notre esprit en s’engageant dans une activité culturelle. En plus de ces quelques suggestions, la semaine marque aussi le début de saison pour un théâtre francophone bien connu, on célèbre le jazz à Toronto et une nouvelle soirée jeu-questionnaire voit le jour à Ottawa.
Communauté
Nous étions si loin
Si l’histoire des pensionnats autochtones est un peu mieux connue depuis quelques années, il en reste énormément à raconter. L’exposition Nous étions si loin : l’expérience inuite des pensionnats indiens met l’accent sur les enjeux propres à la communauté inuite lors de cette sombre période de l’histoire canadienne.
À travers des témoignages et des photographies historiques et personnelles, l’exposition bilingue nous raconte l’histoire de huit personnes inuites ayant fréquenté les pensionnats. Nous étions si loin a été créée par la Fondation autochtone de l’espoir, un organisme dirigé par des Autochtones qui prône l’éducation, la sensibilisation, l’empathie et l’apaisement. À voir jusqu’à samedi sur la scène du foyer du canal, au Centre national des arts (CNA).
Traumavertissement : l’exposition Nous étions si loin aborde des sujets durs en lien avec les violences faites aux enfants autochtones dans les pensionnats. Gracieuseté Centre national des arts
Ottawa. Gratuit, jusqu’au 30 septembre. Détails sur le site web du CNA.
Activité de vérité et réconciliation à l’Alliance française Ottawa
La Fondation autochtone de l’espoir a également conçu une activité à laquelle pourront participer les visiteurs de l’Alliance française Ottawa vendredi soir. L’exposition 100 ans de perte revient sur l’histoire et les conséquences des pensionnats autochtones, dont le dernier a fermé ses portes en 1996. Un professeur de français de l’Alliance française Ottawa animera des ateliers d’éducation et de dialogue basés sur un guide de la Fondation autochtone de l’espoir. À ONFR, l’Alliance française Ottawa a indiqué s’engager à offrir plus d’activités de ce genre tout au long de l’année.
Les activités de l’Alliance française Ottawa seront animées par un de leurs professeurs de français, mais ont été conçues par la Fondation autochtone de l’espoir. Gracieuseté Alliance française Ottawa
Les soirées de jeux-questionnaires gagnent en popularité et le Muséoparc Vanier embarque dans la vague. Les soirées quiz night seront bilingues et reviendront de façon régulière, mais la programmation n’a pas encore été dévoilée. La toute première soirée aura lieu ce vendredi à la cabane à sucre du Muséoparc. Le thème du jour sera le patrimoine francophone, faisant écho à la Journée des Franco-Ontariens qui s’est déroulée dernièrement. C’est Diego Elizondo, agent de projet au Réseau du patrimoine franco-ontarien qui animera l’événement.
La cabane à sucre du Muséoparc Vanier se transformera en salle de jeux pour la première soirée quiz ce vendredi. Sur la photo : la foule à l’inauguration officielle de la cabane, au printemps dernier. Crédit image : Rachel Crustin
Ottawa, le 29 septembre. Activité 19 ans et plus. Gratuit mais inscription obligatoire sur le site du Muséoparc Vanier.
Littérature
S’éduquer en famille à la bibliothèque
Sept succursales de la Bibliothèque publique d’Ottawa seront ouvertes ce samedi pour inviter les citoyens à des activités en lien avec la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. En plus de découvrir les suggestions de lecture mises en évidence, les visiteurs pourront contribuer à un jardin de cœurs et peindre des roches du souvenir. Les familles seront invitées à suivre un sentier des contes pour découvrir le livre Chaque enfant compte de Phyllis Webstad. Cette dernière est à l’origine de la journée du chandail orange, qui existait avant que le 30 septembre soit officiellement reconnu par le gouvernement canadien. Les succursales présenteront également des six films de l’Office national du film (ONF), qui seront aussi disponibles en ligne.
Phyllis Webstad est une survivante des pensionnats autochtones. La journée du chandail orange est inspirée de son histoire, lorsque son nouveau chandail orange a été enlevé à l’enfant de six ans qu’elle était, à son arrivée au pensionnat. Source : Bibliothèque publique d’Ottawa
Le Théâtre français du Centre national des arts (CNA) présente la première pièce de sa programmation de jeudi à samedi. L’institution fait place à la relève, puisque L’ombre est le fruit du travail du Collectif 2023. À l’initiative du directeur artistique Mani Soleymanlou et en partenariat avec le théâtre du Rideau vert, neuf jeunes acteurs fraîchement diplômés des écoles de théâtre ont eu accès à un encadrement professionnel afin de créer ce spectacle divisé en différents tableaux. Ils ont été dirigés par Marie Brassard. « Dans un siècle qui louange parfois à l’excès la clarté, la précision et les dogmes, ce spectacle se veut un hommage à l’ambiguïté, à l’incertitude et au doute », peut-on lire dans la description du spectacle.
Au moment d’écrire ces lignes, la première représentation affichait complet, mais il restait quelques billets pour les représentations de vendredi 19h30 et samedi 15h.
L’ombre met en vedette neuf jeunes interprètes et créateurs fraîchement diplômés de différentes écoles de théâtre. Crédit image : Jean-François Hamelin
Ottawa, jusqu’au 30 septembre. Détails et billets sur le site web du CNA.
Musique
Faire revivre Django Reinhardt
Django à Gogo est un festival qui existe depuis vingt ans pour rendre hommage au guitariste Django Reinhardt, le père du jazz manouche. Habituellement présenté à New York et Mapplewood, l’événement fait des petits à Los Angeles et Toronto cette année. Dans la capitale ontarienne, le fondateur de Django à Gogo Stephane Wrembel sera rejoint par ses compatriotes français Simba Baumgartner et Aurore Voilqué, en plus de son quartet original et des Torontois Nathan Beja et Debi Botos. Les concerts auront lieu à l’Alliance française Toronto. La tournée Django à Gogo prévoit aussi deux concerts à Ottawa au début octobre.
Le français d’origine, Stephane Wrembel, fait revivre Django Reinhardt depuis vingt ans. Crédit image : Casey Ryan Vock
L’autrice-compositrice-interprète Mimi O’Bonsawin dévoilera son premier long jeu en français ce vendredi. Intitulé Boréale, l’album comptera 10 pièces et s’inspire entre autres de ses identités abénakises et franco-ontariennes, ainsi que des paysages du Nord de l’Ontario qui l’ont vue grandir. En 2020, Mimi O’Bonsawin avait lancé un EP francophone, intitulé Elle danse. Ce projet lui a donné l’envie d’explorer davantage l’écriture en français. Celle qui réside aujourd’hui dans l’Est ontarien a récemment remporté le prix Trille Or dans la catégorie Folk / Country / Trad pour son album instrumental Fiddleheads & Ferns.
Boréale est le premier album complet en français pour Mimi O’Bonsawin. Gracieuseté
Disponible sur toutes les plateformes dès le 29 septembre. Détails sur le site web et la page Facebookde Mimi O’Bonsawin.
TORONTO – La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO-OSSTF), qui compte 60 000 membres dont 5000 francophones, a voté favorablement à la proposition de régler les négociations des conventions collectives avec le gouvernement de l’Ontario au moyen d’un arbitrage exécutoire.
Conformément à l’entente provisoire qui avait été discutée avec le ministère de l’Éducation le 25 août dernier, les membres de la FEESO ont voté majoritairement en faveur de la poursuite des négociations avec le gouvernement ontarien, remportant 78,4 % des votes.
Si les négociations pour le personnel enseignant, le personnel enseignant suppléant et les travailleurs en éducation n’ont pas abouti d’ici le 27 octobre prochain, les deux partis accepteront ainsi de se soumettre à un arbitrage extérieur qui prendra des décisions sur toutes les questions restées en suspens.
La décision du syndicat implique une renonciation à toute grève durant ces rondes. La proposition comprend également un redressement des salaires « qui ont été injustement perdus en raison du projet de loi 124 ».
« Nous sommes fiers d’annoncer qu’après un vote qui aura duré trois semaines, ouvert à tous les membres dans le secteur des conseils scolaires, les membres de la FEESO-OSSTF ont voté en faveur d’une proposition qui fera en sorte que tous les éléments irrésolus seront confiés à un arbitre tiers », a déclaré dans un communiqué de presse la présidente Karen Littlewood.
« Le premier ministre Ford n’est pas digne de confiance. Pendant plus de 14 mois, nous avons tenté d’engager le gouvernement dans des négociations de bonne foi, mais nous n’avions pas un partenaire à la table qui se soucie de protéger notre système d’éducation public. Maintenant, nous avons l’occasion de contourner les parcours de négociation traditionnels en vue d’obtenir une convention collective juste », ajoute-t-elle.
Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce aujourd’hui en conférence de presse s’est dit très heureux, « car notre intérêt est de garder les élèves dans les salles de classe ».
« Si c’est positif pour les enfants, c’est positif pour toutes les parties. Je demande à tous les syndicats de signer un accord », a-t-il renchéri.
Fin août, l’Association des enseignantes et des enseignants francophones de l’Ontario (AEFO) et les syndicats anglophones l’Elementary Teachers’ Federation of Ontario (ETFO) et l’Ontario English Catholic Teachers’ Association (OECTA) avaient répondu par la négative via une déclaration commune.
« L’annonce faite aujourd’hui par le ministre de l’Éducation Stephen Lecce et OSSTF/FEESO, selon laquelle les parties se soumettront à un arbitrage exécutoire, n’est pas une solution que l’AEFO, l’ETFO et l’OECTA peuvent envisager à nos tables de négociations respectives pour le moment », avait déclaré Anne Vinet-Roy, la présidente de l’AEFO.
MATTAWA – L’hôpital de Mattawa aura finalement son nouveau lit de soins palliatifs, un rêve devenu réalité selon le personnel de l’hôpital.L’entourage du patient pourra accompagner celui-ci dans les derniers moments de sa vie, en toute intimité.
Cette initiative est « l’aboutissement de mois de travail acharné et de dévouement de la part du personnel et des bénévoles qui ont travaillé sans relâche pour réaliser le rêve d’un hospice local », selon un communiqué de presse publié par l’hôpital Mattawa.
« C’est complètement nouveau pour notre petite communauté », se réjouit Kayla Michaud, gestionnaire de l’équipe de santé familiale et des services aux patients de l’hôpital et responsable du projet. Il s’agit du premier lit pour la région qui ne peut compter que sur l’établissement pour ce genre de soins de fin de vie. L’accès à la chambre sera notamment sans frais pour le patient, tient à préciser, Mme Michaud.
« On avait déjà une place pour les soins palliatifs à l’intérieur de l’hôpital, mais la vision était d’avoir une chambre spéciale pour soins palliatifs, on a vu l’opportunité quand on a construit le nouveau foyer de longue durée attaché à l’hôpital », confie la francophone.
Concernant la possibilité d’avoir du personnel bilingue, elle indique que des efforts seront faits en ce sens avec la présence d’au moins un ou une francophone à proximité, en accord avec la mission de l’établissement lequel est désigné en vertu de la Loi sur les services en français : « On va toujours faire notre mieux pour servir les patients dans la langue de leur choix. »
Si le concept fonctionne et que le budget le permet, l’établissement ne ferme pas à la porte à une autre extension de l’édifice pour accueillir d’autres chambres de soins palliatifs. Crédit image : Kayla Michaud
Ce nouveau lit vise à fournir un « environnement chaleureux et réconfortant » pour les patients en phase terminale. Parmi les soins proposés, on compte la gestion de la douleur, le soutien émotionnel et les soins spirituels.
« C’est comme un appartement à une chambre », confie Mme Michaud qui explique qu’il comprend une entrée individuelle pour la famille, une cheminée, un frigidaire, une cuisinière et un ordinateur pour le personnel infirmier. Avec plusieurs fauteuils sofas-lits, en plus du lit double pour le patient et son ou sa conjoint(e), l’appartement pourra accueillir jusqu’à six personnes de l’entourage du patient.
Le projet a notamment été possible grâce à un financement provincial de 70 100 $ à l’hôpital annoncé en juin dernier par le ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce et député de Nipissing, Vic Fedeli. L’hôpital recevra des fonds annuels de 85 554 $, pour payer le personnel de la chambre entre autres à laquelle une infirmière dédiée sera consacrée.
« Encore beaucoup de travail à faire »
L’établissement dit accepter dès maintenant les références par le biais des soins à domicile et communautaires et commencera à fournir des soins palliatifs aux patients au cours des prochaines semaines.
Un premier patient a néanmoins été accueilli en juillet dernier en guise d’essai avant l’ouverture officielle cette semaine : « C’était une expérience formidable pour la famille », fait-elle savoir.
Kayla Michaud a tenu à remercier la communauté pour son soutien dans la levée de fonds et l’engagement envers l’hospice lors de l’inauguration du 16 septembre dernier. Gracieuseté
Bien que, pour le moment, il n’y ait pas eu de demande pour le logement, la gestionnaire juge qu’il reste « encore beaucoup de travail à faire » comme publiciser et expliquer ledit service. Une journée portes ouvertes a eu lieu la semaine passée en ce sens et a rencontré un certain succès.
Il faut également rassurer la famille et les patients concernant le fait que cette nouvelle chambre, contrairement à celle d’avant qui était rattachée à l’infirmerie, se situe à deux minutes de marche de l’édifice principal où se trouve le personnel de l’hôpital.
« Je pense que les gens vont faire une demande et que notre lit va être occupé tout le temps, une fois que les gens comprendront de quoi il s’agit », conclut-elle en invitant le public à la contacter au 705-744-5511, extension 4005, pour prévoir une visite privée de l’appartement.
OTTAWA – Le Bloc québécois veut forcer le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) à consulter le gouvernement du Québec et les minorités francophones lors de sa prise de décisions et de réglementations.
La formation politique a déposé le projet de loi C-354 qui modifierait à même la mission du CRTC en ajoutant une couche de consultation supplémentaire. Cela protégerait « la spécificité culturelle du Québec et les marchés francophones », est-il écrit dans le projet de loi.
Ça complète une demande tardive du gouvernement du Québec au projet de loi C-11 adopté au printemps dernier. Ce dernier modernise la Loi sur la radiodiffusion, avec pour but d’obliger le financement et la promotion du contenu canadien par les plateformes comme Netflix, Spotify et YouTube. Elle donne des pouvoirs accrus au CRTC en plaçant les plateformes de diffusion en ligne sous l’autorité réglementaire de l’organisme.
Le député bloquiste Martin Champoux estime que la modification que souhaite apporter son parti permettra aux minorités francophones d’avoir « un droit de regard supplémentaire » que de ce qui est actuellement dans la Loi. Ceux-ci pourront par la suite participer de manière active au processus en faisant connaître leurs revendications auprès de leurs gouvernements provinciaux, plaide-t-il.
« Honnêtement, c’est un projet de loi qui ne fait pas de mal à personne. Il n’y a personne qui va faire de compromis. Ça satisfait le Québec et les francophones hors Québec, du moins c’est le but. Alors je pense que ça sera une démonstration de mauvaise foi si ça ne passe pas », dit-il en entrevue.
Le CRTC a présenté au printemps dernier les directives générales autour de l’application de la Loi. Le projet tel qu’adopté mentionne les communautés de langues officielles en milieu minoritaire en plus d’accentuer, par rapport à l’ancienne Loi, le devoir de consulter celles-ci.
Mais en ajoutant le devoir de consultation auprès de Québec, cela aura un effet collatéral à l’extérieur de la Belle province, car Québec « ne laissera pas par la suite les communautés francophones se débrouiller ou être pénalisées par ces consultations-là », selon Martin Champoux.
C-11 a pour but d’obliger le financement et la promotion du contenu canadien par les plateformes comme Netflix, Spotify et YouTube.. Crédit image : Canva
Le député rappelle qu’« avec C-11, le CRTC devra s’assurer que les artistes francophones soient bien présents et faciles à découvrir ». Dans un contexte comme celui-là où il devrait consulter le Québec et les gouvernements provinciaux au sujet des francophones, « il y aura des retombées (positives) évidentes », considère le député.
La Fédération culturelle canadienne-française estime que le projet de loi du Bloc avancera la cause des francophones hors Québec, en ajoutant une structure supplémentaire pour que celles-ci puissent avoir leur mot à dire dans le processus du CRTC.
« Cela a un biais favorable par rapport à tout ce qui freine le déclin du français au Canada », réagit sa directrice générale Marie-Christine Morin en entrevue.
ORLÉANS – Mauvaise surprise pour les cinéphiles d’Orléans. Le cinéma Ciné Starz, l’un des seuls à diffuser régulièrement des films francophones à Ottawa, a fermé définitivement ses portes, et ce, sans avertissement.
Une note a été apposée sur la porte de l’établissement mardi. Il y est indiqué que le cinéma accumulait une dette de loyer impayé de plus de 80 000 $. Un avis de défaut de paiement aurait été envoyé à Ciné Starz le 14 septembre, demandant à ce que la dette soit remboursée avant lundi, soit la veille de la fermeture. Le propriétaire des lieux affirme avoir repris possession des locaux selon les clauses du bail.
Les employés du Ciné Starz Orléans auraient été informés de la nouvelle dans la journée de mardi. Joint au téléphone, un membre de l’administration locale a d’abord indiqué à ONFR que le bail était terminé. Devant nos questions, il n’a pas voulu commenter davantage ni même s’identifier. Mercredi, le site web de Ciné Starz avait déjà rayé le cinéma d’Orléans de la liste de ses succursales. La page Facebook a également été fermée en après-midi.
Une affiche sur la porte du Ciné Starz Orléans indiquait mardi que le propriétaire avait repris possession des lieux suite à un défaut de paiement. Crédit image : Diego Elizondo
Un porte-parole de Ciné Starz, Daniel Smajovits, affirme que l’entreprise qui gère plusieurs salles de cinéma a été prise de court par cette fermeture. Selon lui, la compagnie n’éprouve pas de difficultés financières. La dette accumulée à Orléans proviendrait des mois de fermeture des salles de cinéma durant la pandémie. L’avis du propriétaire indique en effet que la dette aurait été contractée entre avril 2020 et septembre 2023.
Le locataire aurait essayé de trouver un arrangement avec le propriétaire lors des négociations entourant le renouvellement du bail, comme l’explique Daniel Smajovits : « Nous étions en pourparlers avec le propriétaire des lieux pour prolonger le bail, mais il est évident que la société de gestion n’était pas un partenaire sincère dans la négociation. »
Selon le porte-parole, il est improbable de voir les portes du Ciné Starz rouvrir au même endroit. « Nous comprenons l’importance d’un cinéma local, particulièrement pour la communauté francophone d’Orléans. C’est pourquoi nous espérons qu’un nouveau locataire se manifeste pour assurer que la communauté puisse profiter à nouveau de cet espace. »
La compagnie propriétaire des lieux, Colonnade Bridgeport, a refusé de répondre à nos questions.
Une perte pour la communauté francophone
Le Ciné Starz Orléans était l’un des seuls cinémas de la capitale canadienne à présenter régulièrement des films francophones, grâce entre autres à un partenariat avec le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), qui devait d’ailleurs y présenter le long-métrage La dégustation mercredi soir.
La directrice artistique du MIFO, Anne Gutknecht, a appris la nouvelle dans la journée de mardi. « D’abord, on est choqué. Deuxièmement, on est triste. Ce n’est jamais drôle de voir une institution culturelle fermer. On ne tombe pas de notre chaise non plus, dans le sens où ce n’est pas le premier cinéma de quartier qui ferme, et ce ne sera sûrement pas le dernier. Il y a des changements d’habitude de consommation. Mais c’est sûr que c’est brutal », réagit-elle au micro d’ONFR.
Durant la pandémie, le MIFO s’est procuré de l’équipement pour pouvoir présenter des films directement à son centre de la rue Carrière. C’est ce qui sera fait pour la projection reportée de La dégustation, le 4 octobre. Mais Anne Gutknecht explique être à la recherche d’autres lieux de diffusion pour les soirées de cinéma récurrentes, ainsi que pour le festival Objectif Cinéma qui aura lieu en novembre. La programmation n’avait pas encore été dévoilée. La directrice artistique affirme que toutes les activités prévues pourront se tenir.
« C’est un caillou dans la chaussure et ça fait de la peine de perdre ce lieu-là. Mais le programme Objectif Cinéma du MIFO existait sans le Ciné Starz. Ce n’est pas la première fois qu’on bouge de lieu. On se fait fragiliser, mais on ne se fait pas mettre à genoux. »
L’intérieur d’une salle du Ciné Starz Orléans. Crédit image : Alex Marson
La nouvelle a fait réagir sur le groupe Facebook Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens d’Orléans… avec un accent! « Je suis tellement triste d’apprendre ça. J’espère que le MIFO trouvera une alternative pour nos films français », indique une internaute. « Malheureusement, les salles étaient toujours vides. Les dernières fois que nous sommes allés, nous étions les seuls », explique une autre. « C’est tellement plate. Landmark n’offre pratiquement jamais de film en français, surtout pour les enfants, même Ciné Starz ce n’était pas constant. Nous devons toujours nous rendre à Hull ou Gatineau », se désole une citoyenne, Veronique Sigouin.
Reste à voir si un autre joueur, nouveau ou existant, reprendra le flambeau pour continuer de proposer des films francophones aux citoyens d’Orléans sur une base régulière.
OTTAWA – Le premier ministre Justin Trudeau a prononcé des excuses au nom du Parlement, à la suite de l’invitation du président de la Chambre des communes d’un ex-soldat nazi lors du discours du président ukrainien vendredi dernier.
« Au nom de toutes les personnes présentes dans cette Chambre, je tiens à présenter mes plus sincères excuses pour ce qui s’est produit vendredi et pour la situation dans laquelle le président Zelensky et la délégation ukrainienne ont été placés », s’est excusé Justin Trudeau à la période des questions.
« C’est une erreur qui a mis le Parlement et le Canada dans un embarras profond, et nous regrettons tous profondément de nous être levés dans la Chambre et d’avoir applaudi, même si nous l’avons fait sans être conscients du contexte », affirmait-il quelques instants plus tôt dans une déclaration aux journalistes.
En rappel, le président de la Chambre, le Franco-Ontarien Anthony Rota, avait invité et rendu hommage à un ex-soldat nazi de la Seconde Guerre mondiale lors du discours du président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky, assis dans la Tribune du Parlement. Le premier ministre se dit troublé à l’idée que « cette flagrante erreur soit politisée par la Russie et ses partisans afin de diffuser une propagande mensongère sur les raisons qui poussent l’Ukraine à combattre ».
Questionné en Chambre par le Bloc Québécois, Justin Trudeau n’a pas voulu explicitement certifié s’il avait appelé le président Zelensky.
« Nous avons passé plusieurs messages directement au peuple ukrainien et au président Zelensky », a-t-il répondu.
Tous les partis de l’opposition pressaient le premier ministre d’aller dans ce sens dans les derniers jours. En matinée, le chef conservateur demandait ce geste à Justin Trudeau, qu’il tient « responsable pour la pire catastrophe en ce qui concerne la réputation diplomatique de notre pays de notre histoire ». Le premier ministre et son bureau auraient dû avoir prévenu cette crise, estiment les conservateurs, ce que réfute le principal intéressé.
« Que le leader de l’opposition suggère que tous les invités des parlementaires soient approuvés par le gouvernement en place constitue en fait une grave attaque contre les droits et privilèges des parlementaires », critique le chef libéral.
Hier, c’était le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD) qui demandaient au premier ministre de présenter des excuses au nom du Canada pour cet événement en compagnie du président Zelensky.
Les libéraux derrière Anthony Rota
Malgré les événements des derniers jours, le désormais ancien président de la Chambre des communes Anthony Rota a toujours la confiance du caucus libéral.
« Moi j’ai confiance en M. Rota … Je pense qu’il mérite de pouvoir continuer à travailler », a réagi Mona Fortier, la députée d’Ottawa-Vanier.
Le représentant franco-ontarien pourra rester dans le caucus libéral, selon ses collègues du parti qui sont venus à sa défense.
« Bien sûr, pourquoi pas? Il a été élu et je garderais la porte bien ouverte pour lui. Ça a été un bon représentant du peuple pour sa circonscription. Il a du travail à faire et puis il faut qu’il continue à faire ce travail », estime le député acadien Darrell Samson.
« La décision qu’on a prise hier était à propos de la chaise du président. C’est un précédent qu’on crée », affirme le député de l’Est ontarien Francis Drouin.
« C’est important quand il y a une erreur comme ça qui a été commise que ça soit reconnu pour les futurs présidents et je ne veux pas dénigrer M. Rota. Il reste un homme intègre et puis je le respecte », ajoute le représentant franco-ontarien.
Le ministre Jean-Yves Duclos plaide lui aussi pour le maintien d’Anthony Rota au sein des banquettes du gouvernement.
« M. Rota est un député libéral comme les autres députés libéraux et il a maintenant besoin de continuer à faire son chemin sur la base de ce qu’il a déjà exprimé », dit le ministre québécois.
Déjà des successeurs potentiels
Un peu moins de 24 heures après le départ de M. Rota, plusieurs ont démontré de l’intérêt pour devenir président ou présidente de la Chambre des communes. À l’heure actuelle, c’est le doyen au Parlement, le député bloquiste Louis Plamondon qui assume l’intérim jusqu’au 3 octobre, date de l’élection d’un nouveau président.
La députée franco-ontarienne Carol Hughes, qui agit à titre de vice-présidente adjointe de la Chambre actuellement, sera la candidate pour les néo-démocrates. La députée du Nord de l’Ontario pourrait devenir la première femme à ce poste depuis 1983.
« Je crois également qu’il est temps que le Parlement élise une femme à la présidence. Cela fait plus de quarante ans qu’une femme n’a pas occupé le poste de président. Cher.e.s collègues, certains d’entre vous n’étaient même pas nés lorsque Jeanne Sauvé a pris son tour historique à la présidence. À ce jour, elle n’est pas seulement la première, mais la seule femme à avoir occupé le poste de Président », écrit-elle dans une lettre adressée à ses collègues parlementaires.
La députée franco-ontarienne d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing, Carol Hughes. Crédit image : archives ONFR+
Cette dernière aura de la compétition de la part de l’actuel vice-président Chris d’Entremont, qui a présidé les deux dernières séances.
« Bien sûr que je veux être président », a répondu le député acadien aux journalistes à son arrivée au caucus conservateur.
« Je l’ai fait pendant les deux dernières années. J’en suis venu à apprécier le travail que tout le monde fait à la Chambre. Je pense que j’ai l’expérience d’offrir à la Chambre au moins une façon de travailler avec tous les membres du Parlement » a-t-il vendu.
Le député libéral Greg Fergus a aussi indiqué qu’il déposerait sa candidature à ce poste. Le processus d’élection est un vote permettant aux députés de classer leurs collègues par ordre de préférence dans un scrutin préférentiel qui demeure secret.
OTTAWA – À partir de quand les mauvais joueurs fédéraux en matière de services en français, comme Air Canada, seront pénalisés ou contraints de changer leurs pratiques? La question reste en suspens alors que le gouvernement Trudeau doit statuer sur plusieurs des nouveaux pouvoirs du Commissariat aux langues officielles, un processus qui suivra son cours, plaide le ministre dans le dossier.
Le projet de Loi C-13, adopté en juin dernier, est venu mettre à jour la Loi sur les langues officielles qui n’avait pas connu une telle refonte depuis une vingtaine d’années. Mais des éléments centraux de la Loi ne sont toujours pas en vigueur. Des articles de la mouture doivent être décidés par réglementation et sont entre les mains du ministre Randy Boissonnault.
On peut notamment penser aux accords de conformités que le commissaire pourrait conclure ou encore aux amendes financières, à la hauteur de 25 000 $ qu’il pourra distribuer. Quels manquements à la Loi obligeront le commissaire à aller devant les tribunaux par exemple ou qui constitueront une amende?
Pour l’instant, ça reste une page blanche, mais le ministre indique que les fonctionnaires ont déjà commencé à s’y pencher. Ce dernier explique qu’il « a un engagement ferme à faire le travail, qui ne prendra pas des années ».
« Je ne veux pas faire un décret qui ignore certains éléments », affirme-t-il en entrevue à son bureau de la Colline.
« Est-ce que j’ai un échéancier? Non, car je veux que le travail soit bien fait et de la bonne manière et ça implique une certaine grille de rencontres. »
Il reste aussi à identifier les « régions à forte présence francophones », au pays (hors Québec) qui obligeront un service au consommateur et un droit de travailler en français dans les instances fédérales.
Réglementation : le commissaire « presse » le fédéral
Parmi d’autres exemples, les détails autour des prises de mesures positives restent inconnus, alors qu’avec la Loi, les institutions fédérales ne pourront prendre des décisions affectant de manière négative les communautés francophones. Le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge estime que cette section de la LLO est « primordiale » pour les francophones en situation minoritaire et que « ça presse » d’aller de l’avant. Son bureau prépare actuellement un plan et a déjà formulé des demandes de financement en vertu de ses nouveaux pouvoirs auprès de l’appareil fédéral, indique-t-il.
« Mais ce qui est important, c’est la mise en œuvre rapide de tous les éléments du projet de loi. De la partie 7 à la Loi sur l’usage du français (dans les entreprises fédérales). On a notre loi, mais là ce qui compte, c’est la mise en œuvre », formule-t-il comme demande en entrevue.
Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge. Archives ONFR+
De son côté, le ministre veut connaître le point de vue aux différents partis impliqués dans le dossier, mais il ajoute, vouloir offrir le plus de latitude possible au commissaire aux langues officielles.
Succédant à Ginette Petitpas Taylor aux Langues officielles, M. Boissonnault pilote aussi le portfolio de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre, une combinaison avec un avantage notable à son avis concernant le manque de travailleurs bilingues au pays.
« Je sais ce qu’on a besoin, c’est plus de main-d’œuvre, et si on parle de l’abordabilité, c’est quoi la meilleure façon de contourner une crise du cout de la vie? Un bon emploi. Là, on a les leviers pour faire ce double travail. »
Le Plan d’action sur les langues officielles
« On a beaucoup d’annonces qui vont venir », prévient le politicien franco-albertain.
Ottawa avait annoncé en mai dernier un Plan d’action pour les langues officielles de 2023 à 2028 avec un investissement de 4,1 milliards de dollars, dont 1,3 milliard en bonification. On ignore encore toutefois vers quels programmes ou organismes seront redirigés les montants promis lors du budget de 2023.
Le ministre mentionne la possibilité de nouveaux partenariats et le fait qu’il y a « beaucoup d’argent » sur la table pour l’éducation postsecondaire et la pénurie de main-d’œuvre francophone.
SUDBURY – Le conseil municipal de Sudbury a voté en faveur d’un projet visant à mettre fin au sans-abrisme d’ici 2030.
C’est durant une séance de trois heures que le conseil municipal de la ville du Nickel a décidé de promouvoir l’initiative mardi soir à la Place Tom Davies.
Présentée par les conseillers francophones Michel Parent (quartier 5) Pauline Fortin (quartier 4) et le maire Paul Lefebvre lui-même, la stratégie inclura les besoins financiers et en ressources humaines pour les services de transition des refuges temporaires aux logements de transition et aux logements permanents avec des services de soutien.
Lesdits conseillers disent s’appuyer sur les données de l’organisme Alliance nationale pour la fin du sans-abrisme qui rapporte qu’il existe « une vaste et croissante base de données probantes » démontrant que l’initiative Housing First, ou « Logement d’abord » en français, serait une solution efficace au sans-abrisme.
Cette approche d’aide, inspirée d’un courant new-yorkais, priorise de donner aux personnes sans abri un domicile permanent, pour ensuite leur prodiguer des mesures de soutien, y compris la santé physique et mentale, l’éducation, l’emploi, la toxicomanie et les liens communautaires.
Le maire Paul Lefebvre, élu il y a presque un an, considère la construction de logements comme une de ses priorités. Capture écran internet
Des ressources supplémentaires
La nouvelle intervient alors qu’au début du mois, l’équipe du département de la stabilité du logement et des sans-abris de la municipalité avait déclaré avoir embauché quatre employés destinés à l’accompagnement des clientèles vulnérables et prévoit en employer quatre autres en janvier prochain.
Ces nouvelles embauches sont rendues possibles grâce au programme provincial de prévention du sans-abrisme propulsé par la province. Avant ces recrutements, la ville comptait trois employés dans ce secteur.
Le nombre de sans-abri est passé de 168 en janvier 2023 à 196 dans les dernières semaines à Sudbury. Pour y remédier, la ville a annoncé la construction d’un complexe de logement abordable de 40 unités sur la rue Lorraine, laquelle offrira aux gens des services complets en matière de toxicomanie et de santé mentale avec une ouverture prévue en décembre prochain.
La construction de la rue Lorraine a débuté en mai dernier. Source : Ville du Grand Sudbury
La stratégie pour mettre fin au sans-abrisme, confiée à l’équipe de développement communautaire, sera présentée au Conseil municipal d’ici la fin du premier trimestre de 2024.
Pas de décision pour l’aréna
L’autre gros dossier sur la table, l’arène du centre-ville, n’a pour sa part toujours pas trouvé de résolution après des années de débats endiablés.
À l’ordre du jour de la soirée, deux propositions de résolutions dont une qui demandait au personnel d’enquêter sur la rénovation de l’aréna communautaire, et une autre sur la construction d’un nouveau centre d’événements au centre-ville.
C’est finalement, et contre toute attente, les deux options qui ont été adoptées à l’unanimité suite à une motion du maire Lefebvre.
« Alors que nous nous adressons aux contribuables pour faire un investissement historique dans ce centre-ville, je pense que nous devons avoir tous les faits devant nous pour savoir à quoi cela ressemble », a déclaré le maire aux conseillers en amont de la proposition.
L’estimation de la rénovation de l’aréna oscille de 74 millions de dollars à environ 150 millions de dollars selon des rapports, mais pourrait être réévaluée à la hausse en raison de l’inflation. L’option de la construction d’un nouvel édifice, quant à lui, délocaliserait l’aréna dans le district sud du centre-ville.
Le projet du Kingsway Entertainment district, prévu pour remplacer l’aréna, a finalement été abandonné en juillet 2022 après une estimation des coûts passée de 100 M $ à 215 M $. Source : Ville du Grand Sudbury
Le chercheur et historien de l’Université Laval, Serge Dupuis, et la directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Sudbury, Joanne Gervais ont fait une présentation bien accueillie par le conseil.
Emmenée par deux Franco-Ontariennes, l’équipe féminine de soccer canadienne a validé sa participation aux Jeux olympiques 2024 à Paris en éliminant la Jamaïque grâce à une victoire 2-1.
Les championnes olympiques en titre seront bien présentes à Paris en 2024 pour défendre leur titre l’été prochain. Elles ont validé un succès de 4-1 sur l’ensemble des deux matchs contre la Jamaïque.
Vanessa Gilles, Cloé Lacasse et leurs coéquipières avaient assuré une avance de deux buts lors du match aller face à la Jamaïque à Kingston dans une confrontation aller-retour qui offrait un billet pour les Jeux à l’équipe victorieuse.
C’était donc au stade BMO de Toronto que les joueuses de Bev Priestman avaient pour mission de gérer cette avance en ce mardi soir. Si elles se sont fait une petite frayeur avec l’ouverture du score à la 33e minute pour la Jamaïque par Drew Spence d’un sublime coup franc, Cloé Lacasse a rassuré tout le monde sur corner avec une égalisation de la tête, six minutes plus tard (1-1, 39e).
Les Canadiennes ont ensuite mis fin à tout suspense avec un but de Huitema tout juste entrée en jeu, dès le retour des vestiaires (2-150e). La jeune attaquante a repris de la tête un centre de Lawrence pour tromper Spencer au ras du poteau droit de la gardienne jamaïcaine.
Le score n’a plus bougé par la suite malgré plusieurs occasions, notamment pour la joueuse légendaire de la sélection Christine Sinclair qui n’a pas réussi à inscrire son 191e but pour sa 328e sélection.
Les deux Franco-Ontariennes ont grandement participé au succès de la sélection. Cloé Lacasse avec son but a été élue joueuse du match et a disputé 85 minutes après avoir été sur la pelouse lors de la totalité de la rencontre à Kingston. Solide en défense et toujours aussi régulière dans ses performances, Vanessa Gilles a enchaîné un sixième match de suite complet sans quitter le terrain.
Après une Coupe du monde décevante où, à la surprise générale, elles n’ont pas passé la phase de poule, les joueuses de Bev Priestman ont rectifié le tir et seront bel et bien en mesure de défendre leur titre à partir du 25 juillet à Paris.
« Obtenir cette qualification et avoir la chance de défendre notre médaille d’or olympique, cela représente vraiment un sentiment indescriptible. Le faire en plus ici à Toronto avec ma famille qui était présente, c’est vraiment fantastique », a déclaré la Sudburoise Cloé Lacasse au micro de One Soccer après la rencontre.
OTTAWA – Le président de la Chambre des Communes Anthony Rota a succombé à la pression venue de toute part en annonçant sa démission mardi en milieu de journée. Il en a fait l’annonce vers 14h mardi, tout juste avant le début de la période des questions.
« Le travail de cette Chambre est au-dessus de chacun d’entre nous, par conséquent, je dois me retirer de mon rôle de président de la Chambre des Communes », a-t-il annoncé dans un court discours.
M. Rota a tenu à réitérer « mes profonds regrets pour mon erreur », lui qui a invité vendredi dernier, lors du discours au Parlement du président ukrainien Volodymyr Zelensky, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale ayant combattu au sein des nazis. Après le discours, le président des Communes a rendu hommage à Yaroslav Hunka le désignant comme un « héros canadien et ukrainien ».
Le président Zelensky et tout le Parlement ont par la suite ovationné l’homme de 98 ans de North Bay, qui a servi dans la 14e division Waffen Grenadier de la SS, une unité militaire nazie qui a commis des crimes contre l’humanité pendant l’Holocauste.
« Cette reconnaissance publique a causé de la douleur aux individus et aux communautés, y compris la communauté juive du Canada et du monde entier, en plus des survivants des atrocités nazies en Pologne, et d’autres pays. J’accepte l’entière responsabilité de mes actes », s’est excusé le Franco-Ontarien, qui occupait ce poste depuis 2019.
Son départ se fera officiellement mercredi pour laisser le temps de mettre en place un processus d’élection pour le remplacer. C’est le vice-président de la Chambre, le député conservateur et acadien Chris d’Entremont qui le remplacera entre temps.
Un départ réclamé par tous
Après le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc Québécois lundi, les libéraux et les conservateurs avaient à leur tour mardi matin demandé le départ du Franco-Ontarien.
La leader en Chambre du gouvernement Karina Gould estimait que le geste posé par le président des Communes était « honteux pour le Parlement et les Canadiens ».
« Basé sur les conversations que j’ai eues, je ne vois pas qu’il aurait l’appui des libéraux et j’ai cru que c’est le temps qu’il fasse la chose honorable », avait-elle commenté mardi matin.
Idem pour la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly qui suggérerait « qu’il devrait écouter les députés et démissionner ». Sa collègue aux Pêches Diane Lebouthillier abondait dans le même sens, avançant qu’elle « démissionnerait si elle était dans les souliers de M. Rota ».
Le chef conservateur Pierre Poilievre avait aussi réclamé le départ de M. Rota via Twitter écrivant que « Trudeau (et son Président libéral) ont jeté l’opprobre sur le Canada ».
« Mais cela n’excuse pas le fait que Justin Trudeau n’ait pas fait en sorte que son énorme appareil diplomatique et de renseignement vérifie et empêche d’honorer un nazi », a-t-il déclaré.
En matinée, Justin Trudeau s’était gardé d’imiter ses ministres affirmant qu’il était « certain » que le président des Communes était « en train de réflechir » aux prochaines étapes. Le poste que M. Rota occupait est indépendant, mais il est tout de même un député libéral, lui qui a été élu lors de trois élections consécutives depuis 2015 sous les troupes de Justin Trudeau dans Nipissing-Timiskaming.
Cette invitation avait soulevé la colère de groupes de défense juifs, comme Les Amis du Centre Simon-Wiesenthal qui avait aussi réclamé sa démission.
La Pologne, via son ministre de l’Éducation Przemyslaw Czarnek, a publié un communiqué mardi affirmant qu’elle considérait demander l’extradition de Yaroslav Hunka. Le ministre de la Justice Arif Virani n’a pas voulu commenter, mais a affirmé que personne du gouvernement polonais ne l’avait contacté à ce sujet.
SUDBURY – Le Prix de la francophonie de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du grand Sudbury revient cette année à la militante Germaine Paquette, qui se voit remettre cette distinction au courant du fameux Banquet de la francophonie, tradition sudburoise de retour après plusieurs années de pandémie.
« Pourquoi moi ? » réagit celle qui est devenue la 41e récipiendaire du Prix avant d’ajouter avec un trémolo dans la voix : « Ça m’a vraiment touchée que ma communauté, ma famille francophone, me reconnaisse. » Elle succède ainsi à Amélie Hien, première femme noire à avoir remporté le trophée.
Originaire de Hallébourg, au nord de Cochrane, et installée à Azilda, celle qui est la maman du populaire chanteur et comédien sudburois Stéphane Paquette, a enseigné durant 35 ans en plus de ses implications bénévoles au sein de plusieurs organismes.
Parmi les expériences qui l’ont le plus marquée, son passage de deux ans à Wawa où elle venait de débuter sa carrière d’enseignante. C’est là, dit-elle, qu’elle a réalisé le fossé existant entre les anglophones, très majoritaires, de la région et les francophones, qui à l’époque ne maîtrisaient pas la langue de Shakespeare.
Elle a décidé d’offrir gratuitement en soirée, sans grande attente, des cours de français pour adultes. « J’ai été agréablement surprise, ça a été un grand succès », se souvient-elle.
Une résistante des premiers temps
Retraitée depuis 23 ans, elle a fait longtemps partie du conseil d’administration (CA) du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury.
Un autre incident, comme elle l’appelle, l’a amenée sur le premier plan de la résistance franco-ontarienne : Une lettre du ministre de la Santé et des Soins de longue durée, ministre de l’Énergie et de l’Infrastructure et vice-premier ministre de l’Ontario, George Smitherman, envoyée au CA du centre, au sein duquel elle siégeait, et qui obligeait ce dernier à devenir bilingue sous peine de voir son financement coupé.
Elle s’est alors rendue accompagnée des membres du CA et de la députée néo-démocrate France Gélinas à Toronto, afin de rencontrer l’ex-ministre, mais celui-ci ne semblait pas réceptif, raconte-t-elle.
« J’étais tellement frustrée que, quand ça a été mon tour, j’ai tapé du poing sur la table et je lui ai dit qu’il ne comprenait pas la réalité des francophones du Nord », lance-t-elle. Elle a alors exprimé que le risque d’assimilation aurait été trop important si le centre devenait bilingue. Ce que le ministre a semblé avoir compris, car la demande avait été abandonnée.
C’est en raison de cet événement, entre autres, que Mme Paquette avait alors été décorée du prestigieux Ordre de la Pléiade en 2014 pour lequel l’avait nominée France Gélinas.
Germaine Paquette, à droite, aux côtés de France Gélinas après avoir reçu l’Ordre de la Pléiade. Gracieuseté
Celle qui est deux fois arrière-grand-mère est aussi connue pour aider des internautes sur le groupe Facebook Franco-Ontariens du Nord de l’Ontario dont elle est administratrice depuis 2015.
Depuis, c’est à au Club d’Âge d’Or d’Azilda ou encore à la Place des Arts qu’elle consacre son temps libre, où il est très possible de la voir assez souvent en train d’aider le personnel.
Le retour du banquet de la francophonie
Cette édition du banquet était très attendue, car pour la première fois depuis 2019, c’est en présentiel que s’est enfin rassemblée la communauté de la région au courant de ce qui est connu pour être le repas francophone le plus important de l’année dans le Nord.
Et, tradition oblige, cette année encore c’est au restaurant Au Pied du rocher du Collège Boréal que se sont retrouvés les membres de la société civiles et dignitaires. Parmi eux, d’anciens gagnants du Prix, le maire Paul Lefebvre, le chroniqueur Réjean Grenier, ou encore le président du conseil d’administration de l’Université de Sudbury, Pierre Riopel.
Les invités étaient présents jusqu’à la fin de la soirée qui s’est clôturée avec le remise du Prix de la francophonie. Crédit image : Inès Rebei
Après un coquetel et du réseautage en tout début de soirée, ce fut le moment de dévoiler officiellement le rapport sur le bilinguisme de la ville qui revient sur les 50 dernières années de politiques municipales en français dans la ville, et le constat est sévère : il y a un véritable recul pour la langue de Molière au sein de la municipalité.
Le chercheur Serge Dupuis, de l’Université Laval à Québec, a fait le déplacement pour présenter les conclusions de son rapport, lequel suggère sept pistes d’amélioration à la ville et sera présenté au conseil municipal le lendemain matin à la Place Davies.
Le recteur et vice-chancelier Serge Miville a fait une allocution dans laquelle il a tenu à rappeler la résilience dont on toujours fait preuve, selon lui, les Franco-Ontariens de Sudbury en citant notamment le dossier de l’Université de Sudbury qui a essuyé un revers en juin dernier.
TORONTO – En ce Jour des Franco-Ontariens, le ministère des Affaires francophones, a annoncé un investissement de 2 millions de dollars pour le Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO), qui profitera à 51 petites entreprises et organismes à but non lucratif avec une majorité de 45 projets financés sous le volet communauté et culture.
« L’Ontario est un fier partenaire de sa communauté francophone. Il est donc tout à fait approprié qu’à l’occasion du Jour des Franco-Ontariens, nous annoncions notre investissement de 2 millions de dollars dans le Programme d’appui à la francophonie ontarienne. L’engagement de notre gouvernement envers les projets de 51 entreprises et partenaires sociaux francophones démontre notre ferme volonté de construire l’Ontario avec eux et pour eux », a déclaré la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney dans un communiqué.
Créé en 2017, comme programme phare de la Stratégie de développement économique francophone, le PAFO a vu son budget doubler en 2021, soutenant d’abord les organismes communautaires à but non lucratif puis, également les petites entreprises, passant de 1 million à 2 millions de dollars.
Depuis sa création, 283 organisations et entreprises, représentant divers secteurs tels que la santé et les services sociaux, ont bénéficié des subventions.
Parmi les spécificités de cette année, une majorité de 45 projets seront financés sous le volet Communauté et culture, allocations comprises entre 50 000 et 16 144 dollars. Six autres projets sont financés sous le volet Développement économique, allant de 50 000 dollars à 7479 dollars.
Quant à la répartition géographique des financements, « 40 % des projets sélectionnés sont localisés dans l’Est de l’Ontario, 28 % dans le centre de l’Ontario, 18 % dans l’ouest de l’Ontario et 14 % dans le Nord de l’Ontario ».
La langue française au cœur des initiatives
Parmi les plus grosses enveloppes de la catégorie Communauté et culture, le projet Connexion petite enfance francophone de l’Association francophone à l’éducation des services à l’enfance de l’Ontario (AFÉSEO), dans l’Est, permettra par exemple d’aider 350 employeurs ontariens à recruter de façon internationale.
Le Centre’Elles dans le Nord pourra quant à lui lancer son projet « Avancement des femmes d’expression française du nord-ouest de l’Ontario vers une meilleure qualité en français », par le biais de 72 ateliers de formation et cinq activités éducatives culturelles.
Sofifran pérennisera le Salon du livre francophone du Niagara qui met en avant la littérature francophone favorisant les échanges entre les auteurs et le grand public, en collaboration avec le Conseil scolaire Viamonde et le Conseil scolaire Catholique MonAvenir.
Le Centre francophone du Grand Toronto au centre développera un programme de formation des bénévoles pour permettre aux francophones et francophiles d’acquérir de l’expérience dans de différents services comme aide juridique, santé, emploi, etc.
Dans la catégorie Développement économique, parmi les subventions conséquentes, le Renfrew county community futures development corporation, dans l’Est, lancera son projet « Création d’emplois francophones dans le comté de Rendrew 4.0 » en offrant aux employeurs une subvention de 50 % pour embaucher des francophones à temps plein, ce qui renforcera la capacité des organisations à fournir des services en français.
Dans l’Est toujours, le Centre de service à l’emploi délivrera une formation Diversité et Inclusion pour sensibiliser les employeurs dans la grande région rurale francophone de Prescott-Russell, Stormont et Glengarry et pallier les pénuries de main-d’œuvre.
Côté Centre, Altimex Consulting & Services Inc. lancera le projet TechnoClic! à destination de la communauté francophone en situation minoritaire avec des sessions de formation et de familiarisation à l’informatique pour démocratiser les outils technologiques en français.
SUDBURY – Un rapport d’enquête réalisé pour l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du grand Sudbury revient sur la situation des politiques de bilinguisme municipal dans le Grand Sudbury, lesquelles fêtent 50 ans d’existence cette année. Après avoir en avoir relevé les nombreuses lacunes, l’historien Serge Dupuis, qui a réalisé l’étude, émet sept avenues possibles pour améliorer la place du français dans la ville, lequel aurait reculé depuis une vingtaine d’années.
Parmi ses constats, la recherche parue le Jour des Franco-Ontariens, établit que les politiques de bilinguisme de 1973-1974 et de 2001, malgré qu’elles aient pu contribué à légitimer la place du français dans le milieu municipal ont eu pour conséquence « de chasser le français comme langue de travail au sein de l’administration municipale ».
Selon Serge Dupuis, la fusion municipale imposée en 2001 par le gouvernement progressiste-conservateur de Harris a eu un impact négatif pour les francophones du Grand Sudbury.
« C’est inquiétant pour une ville qui se dit bilingue », confie le maire élu en octobre dernier, Paul Lefebvre au micro d’ONFR, qui ajoute que la ville produira également un rapport sur la question qui devrait paraître d’ici quelques mois.
Jonché de témoignages d’ex-employés et conseillers municipaux et de militants francophones, d’expertises, de chercheurs et d’extraits d’articles de presse, ce rapport établit des parallèles avec « deux villes bilingues d’envergure », Ottawa et Moncton (Nouveau-Brunswick) dont le chercheur estime qu’il serait pertinent de suivre l’exemple.
La langue de travail est un des plus importants reculs dans la municipalité où des employés ont témoigné de certaines insécurités linguistiques dans l’exercice de leur travail en français et où le nombre d’employés bilingues et francophones continue de diminuer. « Il y a quelque chose qui manque, le moment est opportun, c’est une conversation à avoir et une ville à tout à gagner à avoir des employés bilingues », juge l’ex-député fédéral de Sudbury et premier maire franco-ontarien de la ville depuis 1982.
L’étude sera présentée au courant du banquet de la francophonie de l’ACFO-Sudbury ayant lieu en soirée dans la ville du nickel, mais aussi demain lors du conseil municipal.
Le chercheur Serge Dupuis rappelle que le recul du français à Sudbury révélé par le dernier recensement est à relier à celui de la langue de travail à la municipalité. Crédit image : Inès Rebei
Établir un règlement pour le bilinguisme
La première des sept pistes de solution proposée par l’auteur pour remédier à la situation consiste à la mise en place d’un « règlement costaud surveillé par le Commissariat provincial », car celui-ci permettrait une intervention de l’Ombudsman de l’Ontario en vertu de la Loi sur les municipalités.
L’ex-présidente de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO), Nicole Fortier Levesque, considère qu’un tel règlement « pourrait libérer la directrice des communications et l’ACFO du grand Sudbury du fardeau de devoir gérer les plaintes », laquelle pourrait plutôt se concentrer à élargir la place du français dans l’administration municipale.
Pourrait-on voir une telle initiative à municipalité? « Oui parce que comme c’est là, c’est nous qui l’observons alors si l’Ombudsman est prêt à le faire, ça va nous libérer un peu de travail et puis c’est bon d’avoir une tierce partie pour juger de tout ça », lance M. Lefebvre.
De son côté, la présidente de l’ACFO du grand Sudbury relève des incohérences au niveau du poste de coordonnateur du Programme local en immigration, créé au printemps 2019 lorsque Sudbury devient une des 14 villes accueillantes à l’immigration francophone par le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration. En plus du fait qu’il ne s’agit pas d’un poste désigné bilingue, « le poste est toujours occupé par une personne qui ne parle pas le français », regrette Joanne Gervais.
Une autre avenue pour la ville concerne l’affichage commercial bilingue pour, notamment, baigner les enfants dans un environnement où le français est aussi visible que l’anglais.
Avec une vingtaine de plaintes par année, Joanne Gervais consacre beaucoup de son temps à la gestion et aux suivis des problèmes, ce qui l’empêche de se concentrer sur la mission principale de l’ACFO-Sudbury, soit de développer des stratégies pour la francophonie sudburoise. Crédit image : Inès Rebei
Le français comme langue de travail
Tout au long du rapport, un amalgame entre le français comme langue de service et langue de travail, qui, en plus du manque d’employés bilingues ou francophones, affectent durablement la capacité de développer le français dans la municipalité.
Ce à quoi répondent deux autres pistes d’opportunité, à savoir, entre autres, « l’instauration de projets pilotes de recrutement et de formation linguistique pour que le français devienne une langue de travail dans quelques années permettrait d’évaluer l’expérience, en vue de l’implanter dans d’autres secteurs », et d’établir des équipes travaillant en français.
« L’idée avait été promise lors de la fusion de la ville en 2001, mais il n’y a jamais eu un focus dessus puis ça a été un peu délaissé », avance le maire Lefebvre qui juge que cette piste, que son administration compte évaluer, est celle la plus réalisable dans un futur proche.
Le chercheur conclut également que la ville de 165 000 habitants aurait à gagner à réformer le bilinguisme, car « le signal pour la langue de travail vient d’en haut », autrement dit, il propose de fixer un délai pour que les chefs de service deviennent bilingues, comme le fait Ottawa depuis 1994.
Le maire Paul Lefebvre se dit engagé dans la poursuite de l’amélioration du bilinguisme municipal à deux ans du 50è anniversaire de drapeau franco-ontarien. Crédit image : Inès Rebei
S’orienter vers l’avenir
M. Dupuis suggère la création d’un organisme qu’il appelle « Dialogue Grand Sudbury » et qui pourrait agir « comme liaison entre les parents anglophones, les programmes d’immersion française, les organismes de la communauté francophone, ainsi que la Ville afin de dépasser la tradition minimaliste des services en français ».
Il en veut pour exemple l’initiative de Dialogue Nouveau-Brunswick (DNB), lequel existe depuis 1991, qui pourrait s’avérer utile pour des discussions avec les anglophones réfractaires au bilinguisme, et dont l’action s’inscrirait dans la reconnaissance, la sécurité, linguistique et l’habilitation.
Enfin, le chercheur à l’Université Laval établit qu’il faudrait élaborer une évaluation et des plans stratégiques quinquennaux. Il juge, qu’en ce sens, trois études menant à poser un constat de la situation « pour humaniser la démarche et comprendre les frustrations des employés », « à évaluer les capacités bilingues de la ville », et « évaluer de l’impact économique du bilinguisme pour la ville ».
Choisir son combat, le dilemme des francophones
Un élément que l’on retrouve tout au long du récit des 50 dernières années est le manque de ressources en français, l’insécurité à la fois des citoyens et des employés municipaux, qui conduit les francophones à devoir choisir leurs combats.
Dans les années 80, l’historien parle d’un rendez-vous manqué avec l’avènement de la Loi sur les services en français qui n’a pas eu d’impact sur la place du français dans la municipalité régionale. La raison est que les acteurs francophones consacrent leurs énergies à la mise sur pied du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (1991), du Collège Boréal (1995) et des deux premiers conseils scolaires de langue française (1998).
Une situation quasi similaire a lieu en 2015 lorsque le Comité d’appui sur les services en français envisageait de réformer la politique linguistique de la Ville du Grand Sudbury « pour s’assurer qu’elle rencontre les besoins de la communauté », et de l’inscrire dans le plan opérationnel. Au même moment, l’auteur relève que les énergies des Franco-Sudburois ont été consacrées à la fondation de la Place des Arts et au chantier de l’Université de Sudbury, délaissant ainsi le bilinguisme municipal.
Le chercheur finit par parler d’aujourd’hui comme d’un moment pour agir, avec la récente adoption de la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Et de conclure sur une note d’espoir : « Pour réduire l’ampleur de la dysfonction, il faudra essayer de nouvelles choses, quitte à se tromper, quitte à être surpris par la découverte de pratiques gagnantes là où on ne les attendait pas. »
La communauté a célébré le Jour des Franco-Ontariens ce lundi à travers l’ensemble de la province. La cérémonie qui avait lieu à Sudbury était la première depuis le refus du financement de l’université. À Toronto, c’était aussi une première pour la mairesse Olivia Chow et le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Fabien Hébert. Tour d’horizon en Ontario, y compris à Ottawa et dans l’Est.
Sous un ciel estival à Queen’s Park, le lever de drapeau a été marqué par l’absence de Caroline Mulroney, la ministre des Affaires francophones, pour cause d’un conflit d’agenda. C’est le directeur général de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) Peter Hominuk qui a officié la cérémonie devant une foule enthousiaste de francophones et de francophiles.
Tour à tour, Ted Arnott, le président de l’Assemblée législative, la députée progressiste-conservatrice de Newmarket-Aurora et adjointe à la ministre de la Santé Dawn Gallagher Murphy, la députée libérale d’Ottawa-Vanier Lucille Collard, le chef du Parti vert Mike Schreiner et le président de l’AFO Fabien Hébert se sont exprimés sur l’importance de la célébration de la communauté franco-ontarienne.
La cérémonie devant l’Assemblée législative de l’Ontario a été l’occasion de souligner les 25 ans d’existence des conseils scolaires franco-ontariens. Crédit image : Jackson Ho
Guy Bourgouin, porte-parole néodémocrate des Affaires francophones et député de Mushkegowuk-Baie James, a donné à son tour un discours édifiant sur le symbole de ce Jour des Franco-Ontariens : « Ce drapeau vert et blanc est bien plus qu’un simple symbole. Il incarne notre identité et notre histoire, fière de plus de 400 ans de présence française en Ontario. »
Et d’ajouter : « Aujourd’hui marque le 48ᵉ anniversaire du premier lever de drapeau franco-ontarien, le 25 septembre 1975, qui représente un sentiment d’appartenance et de fierté. Au fil des siècles, notre communauté a célébré plusieurs victoires, a participé à la construction de l’Ontario, mais au fil des siècles, notre communauté a été confrontée à de nombreux défis. Notre histoire est une histoire de résilience. Plus de 400 ans plus tard, les francophones sont toujours en Ontario. Plus de 1,5 million d’Ontariens parlent le français couramment, dont une communauté vibrante de 795 760 Franco-Ontariens. »
Près de 500 élèves ont chanté l’hymne Notre Place à l’hôtel de ville de Toronto. Crédit image : Rudy Chabannes
À quelques pas de là, sur le parvis de l’hôtel de ville de Toronto, près de 500 élèves se sont rassemblés pour écouter les paroles de bienvenue de la mairesse Olivia Chow, dont c’était le premier discours de lever de drapeau franco-ontarien.
À ses côtés, la nouvelle coprésidente du Comité consultatif des affaires francophones, Alejandra Bravo, conseillère municipale de Davenport, s’est adressée à la foule en français et s’est dite impatiente de travailler avec la communauté pour trouver des voies de développement de la langue française dans le Ville Reine.
« Pour moi, le français est une passion », a lancé celle dont les parents chiliens se sont réfugiés au Canada lorsqu’elle était enfant. « C’est un privilège aujourd’hui de vous donner une voix à Toronto, en Ontario, au Canada. »
Sudbury « ne lâche pas » en ce jour de célébration
Dans le Nord, c’est à Sudbury que tous les yeux étaient rivés ce lundi matin, là où a eu lieu le tout premier lever de drapeau en 1975, devant l’édifice de l’Université de Sudbury. Une autre page de l’histoire s’écrit alors qu’une trentaine de personnes ont tenu à assister, sous un beau soleil, à la première cérémonie de lever de drapeau depuis le refus du provincial d’accorder du financement à l’établissement en juin dernier.
C’est devant l’Université de Sudbury que la cérémonie du lever de drapeau s’est déroulée, ce lundi matin, un symbole fort de la francophonie ontarienne. Crédit image : Inès Rebei
Le maire francophone élu en octobre dernier, Paul Lefebvre, a invité toutes les personnes présentes à « se rappeler du moment où le drapeau est venu les chercher ». L’émotion était au rendez-vous alors que le recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury, Serge Miville, a prononcé un discours dans lequel il a évoqué avec espoir le futur de l’institution, scandant son désormais incontournable « On ne lâche pas ».
La directrice de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Sudbury, Joanne Gervais, a quant à elle lancé un message sans équivoque au premier ministre ontarien : « M. Ford, je vous assure que votre refus sournois fait en fin d’après-midi, un vendredi avant une fin de semaine prolongée ne change rien à notre revendication. »
À Markstay-Warren, ce 25 septembre. Crédit image : Marc Lavigne
À Thunder Bay, le maire anglophone a prononcé des mots en français. Crédit image : Rachidata Sidibé
Un rassemblement en vert et blanc vu du ciel à Nipissing. Crédit image : Compagnons des Francs Loisirs
Une centaine de personnes ont hissé le drapeau franco-ontarien à Red lake, comme chaque année. Crédit image : Agathe Breton-Plouffe
Sturgeon Falls était aussi de la fête. Crédit image : Guy Madore
C’est aussi aujourd’hui que la Fiducie du patrimoine ontarien, en partenariat avec le Réseau d’action communautaire Haute-ville Sudbury, dévoilera une plaque provinciale en l’honneur de l’École Saint-Louis-de-Gonzague. La plaque sera installée de façon permanente devant l’ancienne école qui a, exclusivement, éduqué des élèves franco-ontariens entre 1923 et 1927, malgré le Règlement 17, lequel interdisait l’enseignement en français dans les écoles primaires de l’Ontario au-delà de la 2ᵉ année.
Ailleurs à Mattawa aura lieu le tout premier lever de drapeau organisé par les Compagnons des francs loisirs de North Bay. Autre nouveauté cette année, du côté de la municipalité de Markstay-Warren, où samedi, les Franco-Ontariens ont pu voir le premier lever de drapeau depuis la récente désignation bilingue de la ville votée deux mois plus tôt.
À North Bay, entre 400 et 500 personnes étaient présentes pour fêter cette journée. Crédit image : Compagnons des Francs Loisirs
Le Jour des Franco-Ontariens à Ottawa et dans l’Est ontarien
À Ottawa, ce lundi matin, plusieurs célébrations du Jour des Franco-Ontariens ont eu lieu, notamment, dans les nombreuses écoles francophones de la capitale et au sein de plusieurs bâtiments municipaux.
À Ottawa, le ministre des langues officielles, Randy Boissonnault (à gauche, crédit image : Éric Barrette) a annoncé un financement de plus de 3 millions de dollars qui ira à une vingtaine d’organismes franco-ontariens. À droite, Éric Barrette et Stéphanie Plante ont animé le lever de drapeau devant l’hôtel de ville. Crédit image : Lila Mouch
En centre-ville, sur la rue Elgin, une centaine de personnes se sont déplacées pour assister dès 9h à une cérémonie organisée par l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) et l’hôtel de ville sous l’égide de la conseillère municipale Stéphanie Plante. L’absence du maire Mark Sutcliffe s’est fait remarquer par la foule de participants.
Mme Plante a ouvert la cérémonie en rappelant l’engagement de la Ville pour la politique de bilinguisme. Éric Barrette, président de l’ACFO Ottawa a souligné l’effort que la municipalité déploie pour offrir plus de services en français.
Aujourd’hui, le quartier général du Service paramédic d’Ottawa, le quartier général du Service de police d’Ottawa, le Service des incendies d’Ottawa arboraient fièrement le drapeau franco-ontarien.
Au centre-ville d’Ottawa, ce lundi matin, la conseillère municipale Stéphanie Plante et le président de l’ACFO Ottawa, Éric Barrette, ont animé la cérémonie du Lever de drapeau, ayant réuni une centaine de personnes devant le bâtiment historique de la place Nelson Mandela. Crédit image : Lila Mouch
À Orléans, c’est à l’École secondaire publique Gisèle Lalonde que la célébration a pris un tournant plus intime. Au micro d’ONFR, la directrice de l’établissement, Valérie Beauchamp, s’est dit fière d’offrir à la communauté et aux élèves une vitrine des artefacts appartenant à Gisèle Lalonde. La petite fille de Mme Lalonde, Geneviève Lalonde, est enseignante dans l’école et c’est elle qui a souhaité offrir ces objets de valeur sentimentale.
Guy Lalonde et sa fille Geneviève Lalonde devant la nouvelle vitrine en hommage à Gisèle Lalonde. Crédit image : Lila Mouch
« On vit tous avec un héritage de Gisèle », a expliqué, en entrevue, le fils de Gisèle Lalonde.
À travers cette vitrine, la petite fille de Gisèle Lalonde, espère pouvoir influencer les jeunes. « Je trouve ça parfois difficile, justement, d’aller encourager mes élèves à s’entreprendre dans une lutte quelconque parce qu’ils se disent : je suis juste une petite personne, je n’ai pas de grande influence. »
« Ma grand-mère n’a pas commencé, en étant la grande Gisèle Lalonde non plus », rappelle l’enseignante.
Dans l’Est ontarien, plusieurs municipalités ont joué le jeu, Cornwall, Embrun, Clarence-Rockland ou encore Alfred ont célébré cette journée en grande pompe.
Le drapeau franco-ontarien flottait à plusieurs endroits dans la municipalité de Cornwall. Crédit image : Sonia Behillil
La communauté francophone de Cornwall s’est déplacée en nombre. Crédit image : Sonia Behilil
D’après l’ACFO SDG plus de 1000 élèves étaient présents pour célébrer le Jour des Franco-Ontariens. Crédit image : Sonia Behilil
Le groupe Improtéine était en spectacle devant plus de 900 élèves au Collège Mer Bleue à Orléans. Crédit image : Mathieu Fortin
À Clarence-Rockland, près de 60 personnes se sont déplacés pour assister au lever de drapeau en compagnie du maire Mario Zanth. Crédit image : Trevor Stewart
Lever du drapeau à Vanier, l’association communautaire de Vanier a organisé l’événement. Crédit image : Josée Shimansky
Lever du drapeau à Embrun devant le monument de la francophonie. Crédit image : Kim Savage
Le Sud-Ouest n’a pas été en reste avec des cérémonies à Sarnia, London et Hamilton. Dans la région du Niagara, deux rassemblements se sont formés à devant l’hôtel de ville de Welland et aux abords de la municipalité régionale, à Thorold.
Dans certaines localités, des événements se sont déroulés dès le vendredi comme à Windsor avec son traditionnel French Part’Eh et le dimanche comme à Cambridge où les francophones de Kitchener et Waterloo ont hissé le drapeau conjointement avec leurs voisins.
Dans le Niagara, élèves et parents se sont réunis à Thorold près du panneau Niagara de la municipalité régionale. Crédit image : La Boîte à soleil
À Hamilton, l’esplanade de l’hôtel de ville était recouverte d’une foule vêtue de vert et blanc. Crédit image : ACFO régionale Hamilton
Des célébrations ont également eu lieu à Sarnia avec un concert de Hey Wow au Centennial Hall à l’initiative du Centre communautaire francphone de London. Crédit image : CCFL
À Welland, l’ambiance était aussi au rendez-vous sur la place civique, devant l’hôtel de ville où le drapeau flotte tout au long de l’année. Crédit image : La Boîte à soleil
OTTAWA – Le NPD et le Bloc Québécois demandent que le président de la Chambre des Communes, le Franco-Ontarien Anthony Rota, quitte son poste à la suite de l’invitation, lors de la visite du président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky, d’un vétéran de la Seconde Guerre mondiale ayant combattu au sein des nazis.
Après l’adresse du dirigeant ukrainien au Parlement vendredi dernier, Anthony Rota a rendu hommage à Yaroslav Hunka, un citoyen de sa circonscription à North Bay. Ce dernier était assis dans la tribune de la Chambre des communes, où il a reçu une ovation de tous les partis et du président Zelensky.
Des organisations de défense de la communauté juive ont dénoncé au cours de la fin de semaine cette invitation, le président Rota ayant présenté Yaroslav Hunka comme un « héros canadien et ukrainien ». L’homme de 98 ans de North Bay a servi dans la 14e division Waffen Grenadier de la SS, une unité militaire nazie dont les crimes contre l’humanité pendant l’Holocauste sont bien documentés, indique le groupe de défense juif, Les Amis du Centre Simon-Wiesenthal.
« Notre confiance envers le président est fortement ébranlée et c’est pour cette raison-là que j’ai demandé de la part de notre caucus aujourd’hui que le président démissionne. Je ne le fais pas avec gaieté de cœur (…), mais les circonstances sont telles qu’à mon avis, il ne pourrait pas rester en poste », soutient le leader à la Chambre pour les néo-démocrates, Peter Julian.
Le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet demande lui aussi une issue similaire.
« Le Bloc Québécois ne peut que constater, d’une part, les dommages causés par l’erreur de la présidence et, d’autre part, la perte de confiance de la Chambre dont il a besoin pour exercer sa fonction. En conséquence, nous invitons le Président de la Chambre à agir de façon responsable et renoncer à sa fonction », a-t-il déclaré.
Dans un message en Chambre lundi matin, Anthony Rota dit avoir reçu, dans les derniers jours, « de nouveaux renseignements qui me font regretter ma décision ».
« Je souhaite présenter mes excuses à la Chambre. Je suis profondément désolé d’avoir offensé de nombreuses personnes par mon geste et mes remarques », s’est-il excusé.
Il précise qu’il a invité le vétéran nazi de sa propre initiative. Le premier ministre Justin Trudeau, son bureau, les membres de la délégation ukrainienne et les députés n’étaient pas au courant, ajoute-t-il.
Justin Trudeau a réagi qualifiant l’événement de vendredi « d’inacceptable ».
« Le président de la chambre a pris sa responsabilité et s’est excusé, mais il va sans dire que c’est profondément gênant pour le Parlement et par extension pour tous les Canadiens. Je pense particulièrement aux parlementaires juifs et à toute la communauté juive d’un bout à l’autre du pays. »
Le bureau de Justin Trudeau a signalé n’avoir eu aucun mot à dire dans l’invitation, car « le Parlement et le bureau du président de la Chambre sont indépendants du premier ministre et du cabinet du premier ministre ».
« La décision quant à l’envoi des invitations a été prise uniquement par le président et les membres de son personnel. »
Le Parti conservateur n’est pas du même avis. L’opposition officielle affirme que la faute revient à Justin Trudeau et à son cabinet, qui auraient dû vérifier les invitations.
« Dans ce cas-ci, ça aurait pris une simple recherche sur Google pour trouver une publication écrite par cet individu disant qu’il a servi sous une division nazie durant la Seconde Guerre. Le mandat et les responsabilités sous l’enceinte parlementaire reviennent au gouvernement », a dénoncé le leader à la Chambre chez les conservateurs, Andrew Scheer.
L’opposition officielle n’a pas encore demandé la démission d’Antony Rota, mais Andrew Scheer a laissé entendre dans son discours en Chambre que son parti en aurait plus à dire au cours de la journée. Le Franco-Ontarien occupe ce rôle depuis 2019, lui qui a fait son entrée au Parlement en 2015 sous la bannière libérale dans la circonscription de Nipissing-Timiskaming.
Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), organisme qui lutte pour les droits des francophones.
LE CONTEXTE :
En ce 25 septembre, Jour des Franco-Ontariens, c’est également la rentrée parlementaire à l’Assemblée législative de l’Ontario. M. Hébert nous rappelle les dossiers francophones brûlants qui seront sur les tablettes de Queen’s Park, avec notamment l’éducation, le postsecondaire et la santé. Il évoque en outre les nouvelles négociations du financement fédéral pour les organismes francophones de l’Ontario.
L’ENJEU :
Le 3 juillet dernier, le gouvernement ontarien a annoncé qu’il ne financerait pas l’Université de Sudbury, un revers difficile pour la communauté francophone qui l’attendait pour desservir le Nord de l’Ontario. L’AFO a par la suite déposé une plainte auprès de l’ombudsman contre le ministère des Collèges et Universités suite au refus de financement de l’Université de Sudbury.
« Peut-on affirmer que l’Université de Sudbury sera le sujet le plus attendu de la rentrée parlementaire côté francophones?
Nous avons été très surpris en début d’été avec cette décision prise par le gouvernement ontarien, car on nous avait toujours laissé entendre dans les discussions que le projet était prometteur et répondait à la demande. La communauté francophone n’a plus confiance en l’Université laurentienne et a besoin d’une institution universitaire indépendante dans le Moyen Nord.
Nous avons un plan B et un plan C, et n’avons pas fini d’être actifs dans le dossier. L’AFO a déjà invité les gens à déposer des plaintes auprès de l’Ombudsman en réponse à ce refus, car on considère qu’il y avait des obligations relatives à la Loi sur les services en français. Pour nous, c’est juste la première étape qui va nous amener à avoir gain de cause.
Sentez-vous qu’il pourrait y avoir un élément déterminant favorable à l’ouverture de cette troisième université entièrement francophone?
Absolument, car même si le gouvernement a fait la sourde oreille cet été, on considère qu’il y a une ouverture possible. En ce Jour des Franco-Ontariens, ce 25 septembre, on va initier des rencontres et des discussions avec des parlementaires. Nous en sommes seulement aux premières étapes de notre plan et empruntons encore la route diplomatique. On veut avoir une meilleure idée de ce qui a motivé leur décision, ce qui nous permettra de faire des contre-propositions avisées.
Quels sont les autres sujets majeurs qui vont occuper les prochains mois sur les dossiers francophones?
La priorité de l’AFO pour la rentrée, c’est la santé. On a déposé des mémoires à Santé Ontario, au ministère de la Santé et au ministère des Soins de longue durée, donc on va continuer en ce sens. Le gouvernement a déjà lancé un processus de révision pour les entités de planification. On a déjà rencontré la firme qui s’occupe de la consultation pour les entités, auprès de laquelle on va déposer un mémoire également.
Parmi nos objectifs : réaligner la lentille francophone en santé. On sent que la santé pour les francophones n’est pas une priorité alors que ça devrait l’être. Elle doit être adaptée culturellement et linguistiquement. C’est ce qu’on veut transmettre comme message. L’étude pour les entités de planification doit être déposée à la mi-novembre, et ça sera un gros sujet pour la communauté. L’AFO a d’ailleurs procédé à une embauche dédiée au dossier santé afin, entre autres, de procéder à un recensement, faire le tour des agences de santé pour parler des défis de l’accès des services de santé en français.
Vous en parliez plus tôt, l’éducation est aussi au centre des défis…
Oui et on s’est également doté d’une nouvelle ressource en éducation postsecondaire qui travaille à temps plein, incluant l’Université de Sudbury, mais pas uniquement. On a besoin de développer des stratégies pour s’assurer que nos jeunes francophones poursuivent leurs études en français au postsecondaire. On sait qu’on perd beaucoup d’étudiants au profit des programmes anglophones lorsqu’ils sortent du secondaire. Il y a un vrai travail à faire auprès des écoles secondaires et des systèmes d’orientation pour donner la bonne information des programmes offerts dans leur langue à des élèves qui souvent n’étaient pas au courant qu’une équivalence en français était accessible.
Vous évoquiez également un gros projet pour les organismes francophones à venir cet automne?
Au niveau fédéral, un Plan d’action aux langues officielles a été annoncé. C’est un financement global et nous négocions la part que touchera l’Ontario. L’Ontario représente 53 % de la communauté francophone hors Québec. 33 % des organismes financés par Patrimoine Canada sont en Ontario et, malgré tout, on ne reçoit que 17 % de l’enveloppe budgétaire fédérale. Certains organismes francophones sont en train de mourir de faim, car ils ne reçoivent pas de financement.
L’Ontario a été délaissé par Patrimoine Canada dans la dernière décennie et les deux derniers plans d’action, qui a investi des sommes énormes dans d’autres provinces. C’est au tour de l’Ontario d’avoir sa part. Les organismes à l’extérieur de l’Ontario reçoivent en moyenne 105 000 $ contre 52 000 en Ontario. C’est un autre gros dossier et les annonces de financements sont prévues pour la fin d’année. »
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