Les entreprises franco-ontariennes se préparent à une guerre commerciale

Alors que la Maison-Blanche maintient que les tarifs douaniers de 25 % sur les importations canadiennes entreront bien en vigueur ce samedi, les menaces de ces tarifs font déjà planer l’incertitude sur les entrepreneurs et entrepreneures francophones de la province depuis déjà quelques semaines. La plupart d’entre eux ne souhaitent pas attendre la date limite pour agir.

Voilà quelques mois que les entreprises franco-ontariennes retiennent leur souffle au même rythme qu’Ottawa, face aux menaces tarifaires de l’administration Trump. En effet, pour ces entrepreneurs c’est un processus d’adaptation encore incertain qui se profile.

François Renaud-Byrne est le PDG de Hybrid Power Solutions à Etobicoke, où des générateurs électriques sont assemblés avec un souci de durabilité, c’est-à-dire sans carburant ou de manière hybride. Selon lui, la date fatidique du 1er février ne doit pas être le seul déterminant sur lequel établir un plan de secours.

« On a toujours été chanceux d’avoir les États-Unis comme énorme marché, facile à accéder, et avec l’instabilité avec cette nation, c’est peut-être le temps que plusieurs entreprises canadiennes se rejoignent ensemble pour décider à quel prochain marché on devrait s’ouvrir. L’Europe est un continent qu’on pourrait viser. »

Bien que le gouvernement Ford estime que ces tarifs pourraient mettre en péril jusqu’à 500 000 emplois en Ontario, François Byrne peine à espérer que ces tarifs ne seront que temporaires. En effet, il prévoit que d’ici la fin d’année, 40 à 50 % de ses ventes vont être vers les États-Unis.

« On a plein de clients, on a aussi des employés, donc on espère que le gouvernement fédéral fait un effort pour résoudre les problèmes de la bordure canadienne, si c’est le cas je pense qu’on devrait être capable d’enlever n’importe quel tarif entre le Canada et les États-Unis », dit-il.

En tant que PDG de Hybrid Power Solutions à Etobicoke, François Renaud-Byrne espère que ces tarifs seront temporaires. Gracieuseté

La part des distributeurs que Francois Renaud-Byrne possède en Europe et en Australie lui en constitue finalement un levier essentiel dans un contexte volatile.

« C’est une grosse leçon pour le gouvernement et les entreprises canadiennes pour vraiment se diversifier », estime-t-il.

À Toronto, Oriane Diebou, qui est à la tête de la marque de prêt-à-porter « Orikrea », s’identifie comme une petite entreprise et avoue que la menace des tarifs risque de lui fermer une part pourtant si précieuse de sa clientèle au-delà de la frontière.

« Je veux continuer à exister et je veux continuer à vendre à mes clients qui sont aux États-Unis. Je ne suis pas la seule à craindre ce qui va arriver, car je fais partie d’une association de vendeurs à Toronto et ça fait quelques jours que nous sommes inquiets. Ça ne va pas être facile », explique la femme d’affaires.

Oriane Diebou qui est entrepreneuse dans le prêt-à-porter à Toronto, espère que les petites entreprises bénéficieront de protections face à ces tarifs. Gracieuseté

Pour Charles-Étienne Beaudry, professeur d’études politiques à l’Université d’Ottawa et auteur du livre « Radio Trump », les petites structures sont les plus vulnérables face aux menaces tarifaires, confirme-t-il.

« Ça va surtout impacter les petites et moyennes entreprises, car les grandes entreprises elles peuvent être capables de se réorganiser, donc ça va faire mourir pleines de petites entreprises ontariennes. »

Il rejoint également l’idée que l’ouverture internationale émerge comme recours principal face aux tendances ultras protectionnistes de Donald Trump.

« L’Union européenne c’est notre nouvel ami numéro un, après ça, le Mexique, l’Asie du Sud-Est et la Chine. Mais avec la Chine, il ne faut pas tomber dans le panneau, car ils ne sont pas mieux que les Américains. »

Oriane Diebou cherche encore à déterminer sa stratégie d’adaptation et elle espère que des plans d’aides financières seront débloqués pour les entrepreneures comme elle.

« Je souhaiterais que les autorités canadiennes puissent prendre des mesures spécifiquement pour les petites entreprises ou les entreprises avec un chiffre d’affaires limité. Comme une loi ou une réforme qui nous accompagne. »

Emily Thorn Corthay, qui dirige une entreprise de conseil d’efficacité énergétique et changement climatique pour les industries lourdes à Etobicoke, dit avoir déjà été affectée par ces tarifs avant même qu’ils n’entrent en vigueur.

« On était sur le point d’avoir un nouveau client dans l’industrie automobile et nous sommes allés le plus loin dans le processus de vente, mais tout à coup ils nous ont dit que les conditions économiques ne leur permettaient plus d’aller de l’avant. »

Avec sa clientèle américaine qui s’élève de 20 à 30 % de son chiffre d’affaires, Emily Thorn Corthay espère également que le gouvernement fédéral débloquera des mesures d’urgence similaires aux prêts de la COVID-19 accordés il y a quelques années.

Emily Thorn Corthay qui dirige Thorn Associates à Etobicoke, se dit vouloir travailler plus avec les entreprises canadiennes. Gracieuseté

Elle compte également pivoter vers les industries moins affectées et travailler plus avec les entreprises canadiennes.

« Je dois penser à la survie et la croissance de mon entreprise, et pour ça ce serait une diversification vers les mines ou peut-être le secteur banquier qui finance des industries un peu plus robustes et aussi se tourner vers l’Europe ou autre marchés géographiques différents. Par exemple, on travaille déjà avec l’Amérique du Sud. »

Quel futur pour les entreprises franco-ontariennes?

Le gouvernement fédéral prévoit un plan de sauvetage de plusieurs milliards de dollars, toutefois plus ciblé que le programme qui avait été déployé pendant la pandémie, selon un article du Globe And Mail.

L’aide se veut de se focaliser sur les employés licenciés et les entreprises touchées par les tarifs, ce qui pourra annuler l’incertitude pour une partie de la population.

Le ministre fédéral des Services publics et de l’Approvisionnement, Jean-Yves Duclos a toutefois tenu à dire que « toutes les options sont sur la table » sans préciser de fourchette pour ce plan d’urgence.

« Il faut changer d’axe et ne plus faire d’affaires nord-sud avec les États-Unis, mais plutôt est-ouest entre les différentes provinces », soutient Charles-Étienne Beaudry.

Élections : l’AFO incite les partis à s’engager sur plusieurs de ses propositions

Sur sa plateforme électorale rendue publique ce mercredi, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) émet plusieurs propositions pour améliorer le sort des Franco-Ontariens et souhaite que les partis s’engagent sur celles-ci.

L’organisme porte-parole des francophones de la province met en tête de ses priorités la santé, notamment la planification des services de santé en français, une planification qui ne doit plus être une adaptation des politiques mises en place pour la majorité anglophone, mais établie en parallèle de celles-ci.

L’AFO remet aussi sur la table l’identification sur la carte Santé, la mise sur pied d’équipes de soins primaires interdisciplinaires bilingues avec des navigateurs pour orienter les francophones, ainsi que l’obligation de l’offre active pour les fournisseurs désignés en vertu de la Loi sur les services en français.

En matière d’éducation, la plateforme sensibilise sur la nécessité d’assurer un financement adapté aux besoins des garderies francophones pour la petite enfance. De nombreuses garderies de langue française ont en effet souligné, ces dernières années, leurs défis face à une demande croissante.

Autre proposition : augmenter les incitatifs pour attirer les jeunes vers les métiers de l’enseignement en français. Pour l’AFO, le compte n’y est pas : les conseils scolaires restent confrontés à d’importantes difficultés dans leur recrutement.

« Si nous voulons garantir un accès équitable à l’éducation en français, il faut aller plus loin : augmenter les incitatifs, simplifier les parcours de formation et accélérer la reconnaissance des diplômes étrangers. Il est temps que les gouvernements adoptent une approche plus ambitieuse et proactive », estime Peter Hominuk, directeur général de l’AFO.

Un financement pour l’Université de Sudbury

Sur le volet postsecondaire, c’est sans surprise l’Université de Sudbury qui préoccupe : l’AFO milite encore et toujours pour un financement prioritaire pour en faire un pilier de l’éducation postsecondaire en français dans le Nord. L’établissement qui ouvre des programmes à la rentrée prochaine n’a aucune garantie sur un financement provincial pérenne.

« C’est un des enjeux cruciaux pour le Nord. Malgré un engagement fort de la communauté, elle attend toujours sa charte et un financement adéquat. Il est urgent que le gouvernement accorde à cette institution les ressources nécessaires pour en faire un véritable pilier de notre réseau postsecondaire », croit M. Hominuk.

Au niveau culturel, instaurer un financement stable et durable pour les centres culturels francophones apparaît comme la priorité, tandis qu’en matière d’immigration, l’AFO martèle son exigence de fixer une cible d’au moins 5 % pour l’immigration francophone et y allouer des ressources accrues pour l’intégration des nouveaux arrivants.

L’organisme rappelle aux différents partis engagés dans la course aux élections provinciales qu’accélérer la reconnaissance des diplômes étrangers est crucial et croit aussi qu’il faut « offrir des programmes passerelle courts pour une intégration rapide et lancer des campagnes internationales pour promouvoir l’Ontario comme destination privilégiée pour les immigrants francophones. »

« En répondant à ces priorités, le prochain gouvernement provincial aura l’opportunité d’assurer non seulement l’épanouissement des Franco-Ontariens, mais aussi leurs contributions essentielles au développement économique, social et culturel de l’Ontario », déclare l’AFO.

Comprendre les élections ontariennes en 12 chiffres

L’Ontario plonge en campagne électorale ce mercredi, 28 jours qui se concluront sur les élections provinciales, le 27 février. Voici ce que vous devez savoir sur ce scrutin en 12 chiffres.

28

La campagne durera 28 jours, soit la durée minimale prévue par la Loi électorale ontarienne. Ce seuil vise à garantir des élections rapides et moins coûteuses, tout en laissant le temps aux partis de se faire entendre.

150

C’est le prix estimé en millions de dollars que devraient au moins coûter aux contribuables l’organisation des élections générales. Cela comprend les frais administratifs, le matériel électoral et les campagnes de sensibilisation.

10,7

Près de 10,7 millions d’électeurs seront appelés aux urnes le 27 février, soit près de 38 % de la population totale du Canada. Mais moins d’un électeur sur deux s’est déplacé lors des dernières élections provinciales (43,5 %).

18

Pour voter, il faut être âgé de 18 ans ou plus, être citoyen canadien et résider en Ontario. On peut voter en personne le jour de l’élection entre 9 h et 21 h, ou bien par la Poste, ou encore par vote anticipé.

25

25 partis sont inscrits auprès d’Élections Ontario. Seuls 4 étaient représentés à Queen’s Park avant la dissolution : le Parti progressiste-conservateur (79 sièges), le Nouveau Parti démocratique (28), le Parti libéral (9) et le Parti vert (2). Auxquels s’ajoutaient 6 députés indépendants.

4

Le mandat provincial est d’une durée de quatre ans, un délai qui peut être raccourci en provoquant des élections anticipées. C’est ce qui s’est passé pour ce scrutin puisque le mandat initial ne devait prendre fin qu’en juin 2026.

124

Au total, 124 députés siègeront ensuite à l’Assemblée législative de l’Ontario. Les Ontariens vont élire le candidat qui représentera leur circonscription. Celui qui obtiendra le plus grand nombre de voix en deviendra le député.

63

Pour former un gouvernement majoritaire, un parti doit donc arriver en tête avec au moins 63 sièges, soit la moitié des 124 sièges + 1. Cette situation permet de voter des lois sans dépendre des autres partis politiques.

12

Pour être un parti officiel, il faut avoir au minimum 12 élus à l’Assemblée législative. Ce statut donne accès à plus de ressources financières, plus de temps de parole accru en chambre et aux commissions parlementaires.

44

La 44e législature débutera après les élections. Représentant la Couronne, la lieutenante-gouverneure Édith Dumont jouera alors un rôle clé à l’occasion d’une cérémonie inaugurale marquant le début des travaux de la nouvelle assemblée.

1867

C’est l’année de la première élection en Ontario. Seuls les hommes propriétaires terriens de plus de 21 ans pouvaient voter. Un vote à mains levées! Le bulletin secret sera institué en 1875 et le droit de vote des femmes en 1917.

2022

C’est l’année de la dernière élection. Elle a été remportée par le Parti progressiste-conservateur dirigé par Doug Ford, pour la 2e fois de suite. Le premier ministre sortant sollicite donc un 3e mandat en 2025.

Derniers préparatifs pour le 47e Bal de Neige dans la capitale

OTTAWA – Patrimoine Canadien et plusieurs partenaires ont convié les médias à un point de presse mardi matin, afin de donner un avant-goût du Bal de Neige 2025. La tradition hivernale, qui se déroule pendant trois fins de semaine à Ottawa et Gatineau, se tiendra du 31 janvier au 17 février.

C’est un Bal de Neige classique qui attend les festivaliers. Le parc Jacques-Cartier de Gatineau accueillera toujours le Domaine des flocons, un endroit incontournable pour les familles. On y trouve entre autres les glissades sur tubes, l’initiation au ski alpin et à la planche à neige, le labyrinthe géant, la tyrolienne et la zone Bouts de chou, pour les plus jeunes festivaliers.

De l’autre côté de la rivière, à Ottawa, la rue Sparks abordera le thème de la cabane à sucre urbaine. Elle accueillera également diverses installations lumineuses ou interactives, ainsi que les nombreuses sculptures sur glace et le salon des Glamottes, les mascottes officielles du Bal de Neige.

La Cabane à poésie, en train d’être installée sur la rue Sparks, risque de fasciner les petits et les grands lors du Bal de neige. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le marché By accueillera aussi plusieurs activités, dont la Fierté hivernale de Fierté dans la capitale, le 8 février.

La patinoire du Canal Rideau, bien que connaissant un bon début de saison, s’est vu retirer des sites principaux par mesure de prudence. De nombreuses activités ont dû être annulées dans les dernières années à cause d’une température trop élevée, qui forçait la fermeture de cet emblème ottavien. Parmi elles, on compte la drag sur glace de la Fierté hivernale, qui est prévue cette année sur la patinoire synthétique de la rue William, dans le Marché By.

L’an dernier, les organisateurs du Bal de Neige expliquaient déjà que seulement 1 % des activités se tenaient désormais sur le canal, un changement de paradigme s’inscrivant dans une grande stratégie d’adaptation aux changements climatiques.

Une démonstration de plongée froide a été faite devant les médias mardi. La plongée froide Centertown aura lieu du 14 au 16 février au profit du Centre 507 et du Centre de santé communautaire du centre-ville. Photo : Rachel Crustin / ONFR

« C’est certain qu’on essaie d’être moins dépendant des éléments de Mère Nature, ou alors d’avoir toujours une façon de gérer si on a des redoux, indique le porte-parole francophone pour 2025, Martin Routhier. Avec les années, on trouve des façons d’être résilients pour maintenir nos infrastructures. » Cela peut vouloir dire de refaire les sculptures de glace au cours de l’événement plutôt que de tenter de les garder pendant trois semaines, ou de fabriquer plus de neige avant l’ouverture du Domaine des flocons, par exemple.

Celui qui en est à son neuvième Bal de Neige se réjouit des températures actuelles. « On a une météo excellente, surtout pour les infrastructures. On manie beaucoup la glace et la neige au niveau des sculptures. C’est quelque chose que les gens apprécient. Le temps froid nous permet de maintenir ces belles œuvres artistiques. »

Le 1er février 2025, le Triathlon du Bal de Neige pourra se tenir sur la patinoire du Canal Rideau. Cette étape de huit kilomètres de patinage sera suivie de cinq kilomètres de course et de six kilomètres de ski de fond.

Nulle doute qu’une bonne partie des 500 000 visiteurs attendus pendant la durée du Bal de neige (dont un tiers provient de l’extérieur de la région) s’élancera aussi sur la plus grande patinoire naturelle du monde. Au moment d’écrire ces lignes, elle est ouverte sur toute sa longueur et l’état de la glace est très bon, selon le site de la Commission de la capitale nationale (CCN), qui en est responsable.

Des partenaires enthousiastes

Une des forces de l’événement, c’est à quel point les différents organismes et institutions d’Ottawa et de Gatineau participent à la fête. Plusieurs partenaires étaient au Marché By mardi afin de rencontrer les médias.

« C’est très important. Il faut célébrer le froid. Il faut s’amuser pendant l’hiver. On aime être un partenaire, comme toujours », exprime Katherine Day, développeuse des programmes éducatifs au Musée canadien de la nature.

L’établissement d’Ottawa, tout comme le Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, orientera certaines activités vers le castor. En 2025, ce rongeur fête son 50e anniversaire en tant que symbole officiel du Canada.

L’unifolié célèbre pour sa part 60 ans en tant que drapeau officiel du pays, un fait qui ne manquera pas non plus d’être souligné pendant le Bal de neige.

Makhena Rankin-Guérin dans une démonstration signée Expériences autochtones. Le premier weekend du Bal de Neige soulignera les cultures autochtones, par exemple lors du mini-pow wow au Musée canadien de l’histoire. Photo : Rachel Crustin

Magalie Nettevong, guide au Musée de la Banque du Canada, énumère à son tour certaines activités. Entre autres, l’artiste inuk Saelym Degrandpre expliquera le lien entre l’art et les billets de banque dans un atelier d’estampes, les 1er et 2 février.

Elle invite les gens à visiter l’établissement, qui se situe à un jet de pierre de la rue Sparks. « On est situés au coin des rues Bank et Wellington, donc c’est super central. On est toujours un musée gratuit aussi. Donc, les gens peuvent venir se réchauffer. »

Le Centre national des arts se situe tout près de la rue Sparks, d’où cette photo a été prise. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Un autre endroit pour se réchauffer est le Centre national des arts (CNA). Sa lanterne Kipnes, qui projette des œuvres lumineuses géantes sur la rue Elgin, arborera les couleurs du Bal de neige. Ses espaces publics seront comme toujours accessibles et sa programmation régulière porte subtilement le chapeau du rendez-vous hivernal. Pensons entre autres au Festival pour enfants Big Bang, qui se déroulera les 15 et 16 février.

Sur la rue Sparks, on pourra voir une réplique en glace de la statue d’Oscar Peterson qui se trouve devant le CNA. Le pianiste canadien aurait eu 100 ans en 2025.

Plusieurs grandes balançoires ont été installées sur la rue Sparks en vue du Bal de neige. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Après avoir rejoint la vraie statue de bronze, il ne reste qu’un pas pour accéder au début de la patinoire du Canal Rideau. Il est facile ensuite de se rendre, en patinant, au parc Lansdowne, quelques kilomètres plus loin. Là-bas, il sera possible de jouer à l’extérieur grâce au Pentathlon d’hiver, ou à l’intérieur avec des activités comme le patin à roulettes en famille, par exemple.

Martin Routhier a particulièrement hâte de participer à la première édition de l’Igloofest Gatineau, qui se tiendra du 13 au 15 février sur la place des festivals Zibi. Cette mouture outaouaise de l’événement montréalais « va vraiment bonifier l’offre de soirée », selon le porte-parole.

Cette année encore, le service de navettes par autobus Bus-O-Neige permettra de se déplacer entre différents lieux du Bal de Neige. Les détails des services et de la programmation sont disponibles sur le site de Patrimoine canadien.

Dissolution du parlement : une Franco-Ontarienne au cœur des rouages institutionnels

TORONTO – La lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Édith Dumont, a dissout ce mardi l’Assemblée législative. Un acte hautement symbolique dans la transition électorale qui s’annonce. Elle aura, dans les jours à venir, la responsabilité de garantir la continuité de l’État, avant de confirmer le prochain premier ministre, à la suite des élections.

Une poignée de main fugace et de lourdes portes se referment aussitôt derrière Édith Dumont et Doug Ford, au deuxième étage de Queen’s Park. Selon la tradition constitutionnelle, la lieutenante-gouverneure a reçu le premier ministre dans son bureau durant quelques minutes, à l’abri des caméras, pour accéder favorablement à sa demande de dissoudre le parlement.

Même si elle conserve une discrétion constitutionnelle, ce n’est en effet que dans des circonstances extrêmement rares – par exemple en cas d’instabilité – qu’une lieutenante-gouverneure refuse l’avis d’un premier ministre. En 2017, par exemple, la lieutenante-gouverneure de la Colombie-Britannique, Judith Isabel Guichon, avait refusé une dissolution, puisqu’une élection avait eu lieu seulement deux mois auparavant.

Pour sa part, Mme Dumont a ordonné que les décrets pour la tenue d’une élection générale soient émis ce mercredi et proclamé que la prochaine élection générale ait lieu le jeudi 27 février.

« La dissolution de l’Assemblée et le déclenchement des élections constituent des étapes cruciales dans le fonctionnement démocratique de notre province, confie-t-elle. J’assume mon rôle avec impartialité, en respectant les conventions constitutionnelles de notre système démocratique et c’est avec un profond respect pour la démocratie et le service public que je m’acquitte de ces responsabilités. » 

Alors que débute à partir de demain une campagne électorale de 28 jours durant laquelle les députés cesseront d’occuper leur fonction et les travaux législatifs prendront fin, la représentante de la Couronne aura également pour rôle d’assurer la continuité de l’État. De même qu’à titre de garante des institutions, elle veillera à ce que les processus électoraux et les parlementaires respectent strictement les normes constitutionnelles.

À l’issue des élections, Mme Dumont s’attelera à une autre mission essentielle : celle de confirmer le premier ministre dont le parti sera sorti vainqueur, puis de veiller à ce que le gouvernement qu’il forme soit capable de fonctionner avec l’appui d’une majorité des députés.

Elle nommera alors les ministres sur l’avis du premier ministre et confiera le grand sceau de l’Ontario au ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs.

La tâche d’une lieutenante-gouverneure est donc rendue bien plus facile lorsqu’un gouvernement élu est majoritaire et peut, à l’inverse, vite devenir un casse-tête en cas de gouvernement minoritaire qui peine à nouer des alliances solides.

C’est dans ce cas de figure ou tout autre situation indécise (comme la contestation de résultats par exemple) que la représentante du roi joue un rôle crucial dans le bon déroulement de la démocratie provinciale.

Sous dépendance : la renaissance de Marie‑Josée

Elle fait référence à la blessure physique qui l’a conduite à prendre des antidouleurs de type opioïdes et relate avec candeur l’histoire peu ordinaire de l’incident qui en est à l’origine.

« En 1997, à l’âge de 26 ans, je vivais dans un petit appartement d’un immeuble de la rue Sainte-Catherine. À l’époque c’était la guerre entre les gangs de bikers Hells Angels et Rock Machine, pour le trafic de drogues. Montréal c’était grave dans ces années-là. Il n’y a rien que je n’ai pas vu. » 

« Un coup de feu a été tiré dans le bloc, on a entendu des cris. Un voisin ensanglanté m’a exhortée à m’échapper. J’ai sauté du troisième étage et atterri sur l’auvent d’un restaurant, qui a amorti ma chute, puis sur le sol. »

En état de choc, elle se souvient de la police arrivée sur place, de l’appel au 911, d’une civière, de sa hanche très endommagée et des vis qui lui sont installées dans la jambe à l’hôpital.

« Face à la douleur et en état de sevrage grave, j’ai dû trouver un moyen et je me suis tournée vers les drogues de rue »

Plus tard, elle consulte des médecins pour se procurer des antidouleurs, mais après une première prescription, ils refusent de la renouveler.

« Juste parce que j’avais été honnête avec eux sur le fait d’avoir consommé des drogues par le passé, se désole-t-elle. Venant d’un foyer abusif, comme beaucoup d’adolescents, j’avais essayé, mais je n’avais jamais accroché. »

« Face à la douleur et en état de sevrage grave, j’ai dû trouver un moyen et je me suis tournée vers les drogues de rue. Je m’administrais des opioïdes très forts par intraveineuse qui faisaient disparaitre la douleur complètement. » 

Elle finit par quitter Montréal, indiquant que son ex-compagnon était violent, et qu’à chaque fois qu’elle trouvait refuge dans un centre pour femmes, il la retrouvait.

Ici, au PQWCHC, elle a pu bénéficier des services médicaux sur place, dont des radiographies qui ont confirmé son mal physique.

« Cela me prend une demi-heure de chausser un soulier le matin », glisse-t-elle.

Le centre l’aide à remplacer sa consommation par des médicaments antidouleur, qui lui permettent de marcher et de fonctionner : « Grâce à eux, en quatorze mois j’avais complètement arrêté les drogues de rue. Ils m’ont aidée à instaurer mon protocole. »

Elle se les procure elle-même à la pharmacie avec la prescription d’un médecin du centre. Même après la fermeture, elle sera en mesure de continuer à bénéficier de son traitement grâce à son diagnostic médical. Mais ce ne sera pas le cas de tout le monde.

Une fois les sites fermés, elle estime que beaucoup seront livrés à eux-mêmes, « car quand on consomme seul, à chaque fois, c’est un risque de mourir ».

Marie-Josée, qu’on surnomme ici MJ, a tissé des liens forts avec nombre d’entre eux qui ont été capables de gérer leur addiction et de retrouver leurs proches.

« On va perdre ces gens et c’est tellement triste, sanglote-t-elle. Les familles sont également affectées par ce mal. J’ai trois filles et, sans le centre, si elles avaient dû me perdre, elles auraient été anéanties. »

« Des centaines de personnes mourront », prédit-elle gravement. Ils vont retrouver des gens partout dans les rues et les parcs, morts ou proches de la mort. Il y aura plus de débordements dans les salles d’urgence, les médecins seront débordés. On perdra 80-90 % des gens qui viennent ici, c’est garanti. »

Le centre, plus qu’une salvation, une renaissance pour celle qui aura dormi dans les rues de Toronto pendant six ans.

Elle parvient à en sortir dès 2022, aidée dans ses démarches par des conseillers via le SOS program.

On lui offre d’abord une bonne douche, un bon repas, et ce, pendant des semaines qui se transforment en mois. Très maigre, cela lui permet de se remplumer.

« Je me suis trouvé une place à vivre »

« Au Tim Hortons l’autre jour, je discutais avec un homme d’environ 60 ans qui se déplace avec une marchette. Il n’a pas accès à un médecin donc il consomme les drogues de rue pour soulager ses douleurs »

Entre deux couloirs, il utilise une métaphore : « C’est comme si on enlevait sa bouée de sauvetage à quelqu’un qui coule et qu’on lui disait d’apprendre à nager. »

Plus facile à ses yeux de pointer du doigt ces programmes de soutien plutôt que de s’attaquer aux causes sociétales.

Désabusé, il déplore notamment des délais d’un an pour avoir accès à une aide psychologique ou une place dans un programme de désintoxication, et, en parallèle, un gouvernement qui veut fermer les centres en quelques mois.

Monika Monico, une travailleuse en soutien à la prévention des surdoses, s’affaire dans la salle d’injection. Elle explique que ces programmes de quelques semaines ne font aucun suivi, avec des chances de rechute maximales avec le retour dans la rue.

« Après le 31 mars, rien n’est prêt. Où les gens vont-ils aller en attendant? On sait qu’ils vont finir par mourir en l’absence de soutien pendant cette période de transition et c’est terrifiant. »

Sans-abri, les drogues ont pignon sur rue

Sans les SCS, tous les chemins du sans-abrisme mènent aux drogues de rues.

Marie-Josée est formelle, « peu importe le programme qu’on entreprend pour se désintoxiquer, quand tu sors, sans toit, tu ne peux pas rester sobre. » 

Elle décrit un mal profond, un malaise qui dévore. Se lever sans notion du temps, sans linge propre, sans pouvoir se doucher, se laver, sans pouvoir rien garder faute d’endroit où le mettre.

« Pour geler ce mal intérieur, tu consommes. »

Tandis que MJ a trouvé un endroit décent où vivre, elle rend souvent visite à d’autres au parcours cabossé, qui n’ont pas sa chance.

Steve nous montre sa tente au parc Alexandra.

Les mains de Steve abîmées par le froid.

Exposé à une violence extrême dès l’enfance, il a développé une dépendance sévère à l’alcool et des tendances suicidaires dues au syndrome post-traumatique. Il refuse de retourner en refuge où il raconte s’être fait voler et malmener à plusieurs reprises.

« J’étais dans le parc, sale pendant des semaines. Maintenant j’ai ma chambre, avec mes deux chats de refuge dont je prends soin. Ils ne cherchent jamais à se sauver. Quand tu viens d’une place de désespoir, tu t’accroches au réconfort. Crois-moi, si tu donnes la chance à quelqu’un de trouver une place à vivre, il va la saisir. »

« J’ai parlé à pas mal d’entre eux hier soir, c’était triste. Ils n’ont pas de manteaux ni de couvertures et il faisait très froid. C’est aussi extrêmement dangereux parce qu’ils allument des feux dans des barils pour se réchauffer dans les tentes. »

Elle somme le gouvernement de se rendre dans les parcs et de mobiliser un hôtel. 

« Les centres d’hébergement d’urgence sont pleins. Les gens se retrouvent dans le froid. J’ai le goût de pleurer pour eux. Personne ne veut être comme ça. »

Le travail des centres au-delà des stigmas

Dans la salle d’injection à huis clos, des travailleurs du centre trient écouvillons, fioles et seringues stériles derrière un plan de travail médical. Des bouteilles d’oxygène sont alignées derrière les quatre stations, prêtes à être dégainées avant l’arrivée des premiers patients.

Les sites de consommation supervisée existent au Canada depuis 2003 et à l’international depuis 1986, avec le premier à Berne en Suisse. Ils permettent aux personnes souffrant d’addiction de consommer des substances obtenues au préalable, avec une supervision sécuritaire. Le plus souvent isolées, stigmatisées et marginalisées, celles-ci ont accès à une communauté, un soutien émotionnel et des références aux différents services de santé et sociaux.

Aaron nous apprend que le PQWCHC a été ouvert en 2018 pour répondre à un besoin. « C’est tellement important de savoir que le centre a été placé ici en fonction des statistiques des appels 911 pour surdoses aux services ambulanciers. Nous sommes ici parce que les surdoses sont ici. Ce n’est pas une décision au hasard. Il y a aussi beaucoup de désinformation qui circule. Nous ne sommes pas une pharmacie et ne distribuons pas de drogues », clarifie-t-il.

MJ raconte qu’elle a y suivi plusieurs formations de premiers secours et d’intervention en cas de surdose. « Une fois j’étais à la gare Union et aux toilettes des gardiens de sécurité tambourinaient à une porte pour faire sortir une femme. Je leur ai dit que j’étais formée en CPR-RCP (réanimation cardio-pulmonaire). Je suis passée par-dessous la porte pour leur ouvrir. Je savais que c’était une overdose. J’ai sorti de la naloxone de ma sacoche que je lui ai administrée par le nez. »

En 2024, le centre a enregistré plus de 7542 cas de consommation et sauvé plus de 459 personnes d’overdose. 

Le ministère de la Santé accuse entre autres les sites d’être responsables du trafic d’hydromorphone, un dérivé semi synthétique de la morphine.

Un des stigmas que veut démystifier Aaron : « Les patients doivent se procurer leurs médicaments via des prescriptions ordonnées par des praticiens autorisés. »

La législation, avec la Loi sur l’opium (Opium Act), autorise depuis 1908 les médecins et les infirmiers enregistrés à prescrire des analgésiques à base d’opioïdes.

Le PQWCHC, au centre de la vidéo, se trouve bien à plus de 200 mètres de l’entrée de l’École élémentaire catholique St. Mary, en haut à gauche. Le calcul du gouvernement s’est cependant fondé sur l’arrière de l’école, une partie clôturée qui n’est pas une zone d’entrée ou de sortie.

Sa nouvelle stratégie s’appuie sur le traitement de l’addiction par la désintoxication via des carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances (HART hubs), soit un investissement de 378 millions de dollars dans 19 nouveaux carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances.

Ceux-ci offriraient des soins primaires, de santé mentale, de lutte contre les dépendances, des services sociaux et des lits d’hébergement et de transition, soit « 375 logements avec services de soutien intenses en plus des lits de traitement et de rétablissement. »

Les centres actuels ont la possibilité de déposer une demande pour devenir des pôles HART. Neuf d’entre eux, ont reçu l’approbation pour transitionner. Cependant le ministère n’a pas été en mesure de fournir la localisation ou la date précise de ces dix premiers carrefours, censés voir le jour avant fin 2025.

« Il n’y aura pas de décès quand ces sites fermeront », avait implacablement tranché en conférence de presse la ministre de la Santé Sylvia Jones.

Les décès et visites aux urgences liés aux opioïdes ont augmenté de 300 % en 10 ans. En 2023, ces drogues étaient la cause de 7 décès par jour en moyenne.

Source : Extrait du rapport Mise en œuvre et surveillance de la stratégie ontarienne relative aux opioïdes, du Bureau de la vérificatrice générale de l’Ontario

En 2022-2023 seulement, les dix sites qui fermeront leurs portes avaient permis de prévenir des décès de plus de 1500 surdoses survenues sur place.

Dans son rapport Mise en œuvre et surveillance de la stratégie ontarienne relative aux opioïdes, Shelley Spence, la vérificatrice générale de l’Ontario, a délivré un verdict accablant : « La décision de modifier les services de consommation supervisée a été prise sans planification adéquate, sans analyse d’impact ou de consultations publiques appropriées. »

« Ces carrefours n’offriront pas certains services essentiels de réduction des méfaits tels que des services de consommation supervisée ou des programmes d’échange d’aiguilles, bien que ces services aient prouvé leur utilité pour prévenir les décès par surdose. »

Selon elle, l’investissement financier pour les carrefours a été défini sans évaluation fondée sur les besoins. De même, aucune étude n’a été entreprise pour quantifier les répercussions sur la santé publique, l’augmentation potentielle des surdoses et des visites aux services d’urgence. 

« Le ministère n’a pas non plus mené de consultations officielles auprès des parties prenantes externes touchées, dont les utilisateurs des sites qui seront fermés et les populations à risque élevé, y compris les collectivités du Nord, les populations autochtones et les jeunes. »

Des conclusions auxquelles la cheffe de l’opposition officielle Marit Stiles a vivement réagi cet hiver : « Nous savons que ces centres sauvent des vies et ces nouveaux carrefours n’auront pas ces services. Cela signifie que des gens mourront. Cela leur est égal. »

Si Aaron approuve l’approche traitement, il réclame plus de services, pas moins : « Tout le monde ici pense qu’il y a un besoin de désintoxication. La solution, investir dans plus d’espace sanitaire avec un spectre d’options. Il y a de la place pour tous ces services. »

Une approche partagée par Toronto Public Health qui a demandé au gouvernement d’autoriser le fonctionnement de tous les SCS au-delà du 31 mars 2025 et d’y intégrer les nouveaux carrefours afin de dispenser ces services médicaux vitaux en plus du traitement. 

MJ reconnaît la nécessité de protéger les enfants, mais considère qu’ils risquent d’être encore plus exposés : « Ils vont voir des gens consommer à ciel ouvert au coin de chaque ruelle sans l’accès à ces services. »

Inconstitutionnalité : un droit à la vie plus fort que la loi?

Selon l’avocate Aissa Nauthoo, directrice des Services d’aide juridique au Centre francophone du Grand Toronto, fermer les centres pourrait contrevenir à la section 7 de la Charte des droits et des libertés, « Droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne ».

« Ces centres jouent un rôle important dans la lutte contre la crise des opioïdes », souligne-t-elle.

La possibilité que l’application de la loi soit jugée anticonstitutionnelle ne serait pas sans précédent. En 2011, après une bataille juridique contre le gouvernement canadien, un site de consommation supervisée, le PHS Community Services Society de Vancouver, a pu demeurer ouvert.

La cour a déterminé que l’on privait les utilisateurs de leur droit à avoir accès à des services vitaux, considérant la dépendance comme une maladie et non un choix.

« Je suis une toxicomane, ça ne veut pas dire que ma vie ne vaut rien »

Quand Denis Gratton défendait le patrimoine franco-ontarien

Chaque samedi, ONFR propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.

Ce jeudi, la Commission de la capitale nationale (CCN) a dévoilé le concept qu’elle a retenu pour la mouture du nouveau pont qui remplacera le pont Alexandra, qui relie Ottawa-Gatineau. Ce dernier sera démoli même s’il est patrimonial. En désaccord avec les desseins de la CCN, je vous en avais parlé dans une chronique l’automne dernier.

Avant moi, quelqu’un d’autre l’avait fait aussi : « comme si le fédéral allait démolir l’un des plus beaux ponts au pays. Ben voyons donc!? (…) Comme si on allait faire fi de 120 ans d’histoire et du patrimoine architectural de la capitale. Ben voyons donc!? » Cette citation est de Denis Gratton. Il l’a écrite dans une chronique parue dans le quotidien Le Droit en 2021. En ce lendemain de funérailles du chroniqueur vedette franco-ontarien, qui a rendu l’âme en décembre dernier, je vous propose ici une chronique pour lui rendre hommage, en rappelant quelques prises de position qu’il a eues en faveur de notre patrimoine.

L’enseignement du Règlement 17

En 2016, 100 ans après la fameuse « bataille des épingles à chapeaux », Radio-Canada rapportait que les enseignants du secondaire dans les écoles de langue française de l’Ontario ne sont pas obligés de parler du Règlement 17 dans les cours d’histoire, puisque ce sujet ne fait pas partie du curriculum du ministère de l’Éducation.

Dans une chronique datée du 4 mai 2016, Denis Gratton sort de ses gonds : « Les jeunes doivent connaître leur histoire, d’où ils viennent, les sacrifices qui ont été faits afin qu’ils puissent recevoir aujourd’hui, plus de 100 ans après cette lutte historique des Canadiens français, une éducation dans leur langue maternelle.

Manifestation d’écoliers contre le Règlement 17, devant l’école Brébeuf, dans la basse-ville Est d’Ottawa, à la fin janvier ou au début février 1916. Photo : Université d’Ottawa, Centre de recherche sur les francophonies canadiennes, Fonds Association canadienne-française de l’Ontario (C2), Ph2-142a.

Comment peut-on leur demander de ‘lutter’ pour conserver leur langue et leur culture et d’en être fiers s’ils n’ont aucune notion des luttes entreprises par leur peuple au fil de l’histoire pour conserver ses droits?

Le Règlement 17, qui a banni l’enseignement du français des écoles ontariennes pendant 15 ans, soit de 1912 à 1927, est une histoire de persévérance, de courage, de détermination, de justice. C’est l’histoire d’une victoire inspirante des francophones de l’Ontario. Et elle se doit d’être enseignée à tous les étudiants du secondaire, dans toutes les écoles de langue française en province. Le ministère de l’Éducation de l’Ontario se doit d’y voir. »

L’église Saint-Charles-Borromée

À deux reprises, Denis Gratton prit la plume pour défendre le patrimoine de l’église Saint-Charles-Borromée. Cette église de Vanier, datant de 1908, a fermé ses portes en 2009. C’est aussi le lieu de fondation de l’Ordre de Jacques-Cartier. Dans une chronique de 2013, alors que l’église pourrait être rasée, Gratton prend fermement position en faveur de sa préservation. « Ce serait insensé et totalement inacceptable. On ne détruit pas un monument historique. C’est pourquoi il est urgent, extrêmement urgent, que l’église Saint-Charles […] soit désignée comme édifice patrimonial et ainsi éviter sa démolition. »

Visiblement mécontent qu’une épée de Damoclès plane sur l’ancienne église non désignée, Gratton se demandera : « Comment se fait-il qu’elle ne l’est pas déjà? Fouillez-moi. Faut croire que quelqu’un dort au gaz à la Ville d’Ottawa et dans la communauté franco-ontarienne. Oui, dans la communauté franco-ontarienne. Il faut prendre un peu le blâme, chers compatriotes francos. C’était à nous d’allumer et de demander cette désignation il y a des lunes. Et il n’est pas trop tard. Il faut sauver cette église. »

L’ancienne église Saint-Charles-Borromée dans le quartier Vanier d’Ottawa, dans les dernières années avant sa fermeture en 2009. Photo : Archives ONFR

Rappelant que l’ancienne église fut l’endroit de fondation de l’Ordre de Jacques-Cartier, Gratton insiste pour l’obtention d’une protection patrimoniale « parce que l’église Saint-Charles, au-delà de sa signification religieuse, représente énormément pour l’histoire de Vanier et des Canadiens français (incluant les Québécois). Mais selon moi, il faut d’abord et avant tout obtenir une désignation patrimoniale pour cette église. Il faut la sauver. Parce qu’il sera trop tard quand le pic des démolisseurs se pointera sur la rue Beechwood. Beaucoup trop tard. »

Un comité de citoyens, formé entre autres du militant du patrimoine Michel Prévost, du francophile Mike Steinhauer et de l’animatrice Ginette Gratton (la sœur de Denis Gratton), obtiendra une désignation patrimoniale, sauvant l’église de la démolition.

Après cette victoire, Denis Gratton dénoncera dans une chronique de 2017 l’absence de français dans le marketing de la compagnie immobilière qui a acquis l’ancien lieu de culte : « nulle part dans cette description de Modbox du ‘Marché St Charles Market’ ne peut-on lire le mot ‘francophone’, ou ‘Canadien français’, ou encore ‘Franco-Ontariens’. Rien. »

Monument à Montfort

Au début de la crise de S.O.S. Montfort en 1997, un monument est créé sur le parterre de l’Hôpital Montfort. Baptisé Oh! Francophone Anonyme d’Amérique, c’est une réalisation du sculpteur Yves Leduc. Avec le projet d’agrandissement de l’hôpital en 2005, le monument est déplacé, caché et négligé. Une source impliquée dans le patrimoine franco-ontarien informe Gratton de ce dossier. Ce dernier écrira : « la sculpture de M. Leduc a été enveloppée dans de vieilles planches de contre-plaqué délavées, dépareillées et qui semblent avoir été trouvées dans les poubelles. Et l’œuvre a été placée à l’écart, le long d’une clôture, dans un buisson. Loin de la vue des passants. Vous devez littéralement pousser des branches d’arbres pour la voir de plus près. Au premier coup d’œil, j’ai cru qu’il s’agissait d’un amas d’ordures que l’hôpital souhaitait cacher. Mais en m’approchant, j’ai pu lire clairement les mots ‘Oh! Francophone’ gravés dans le roc. »

Le contre-monument Ô francophones anonymes d’Amérique d’Yves Leduc devant l’Hôpital Montfort, vers la fin des années 1990. Photo : Hôpital Montfort.

Gratton souligne que la sculpture « racontait une page d’histoire de la communauté franco-ontarienne. Une page qu’il ne faudrait jamais oublier… ou cacher. » Quelques mois après la publication de la chronique de Gratton en 2015, le monument sera remis en valeur par l’hôpital.

L’année suivante, il espérait le retour de la statue de Louis-Marie Grignion de Montfort dans l’hôpital franco-ontarien.

Murales

À Vanier, près d’une quarantaine de murales géantes peintes à l’extérieur des bâtiments embellissent l’espace public depuis la fin du XXe siècle, un projet d’Yvon Dubé et de l’organisme qu’il présidait, Publi’Art. « On ne compte plus les murales dans ma ville natale. Chaque secteur, chaque coin de l’ancienne ville de Vanier a sa murale pour nous rappeler nos ancêtres, notre patrimoine, nos racines, notre enfance » écrivait Denis Gratton dans une chronique de 2004.

Au début du projet, Denis Gratton n’était pourtant pas chaud à l’idée : « j’avoue cependant que j’étais contre ce projet de peintures murales lors de son lancement en 1998. J’ai même écrit dans une chronique que l’argent investi dans ce projet serait peut-être mieux dépensé ailleurs dans Vanier. Je me trompais », reconnaissait-il en 2017. En effet, dès 2004, ces murales pouvaient l’émouvoir : « la nouvelle murale m’a vraiment renversé. J’ai cru retourner 35 ans en arrière. »

Il avait donc compris le bien-fondé des murales, puisqu’en référence à la murale Hommage aux Franco-Ontariens de l’artiste Pierre Hardy dans le Marché By, il écrivait en 2017 : « Elle pourrait créer, jusqu’à un certain point, un sentiment d’appartenance et enrichir notre histoire, notre communauté et notre héritage. » L’année suivante, il écrit : « Elles sont belles, ces murales. Elles sont uniques. Elles sont à nous. Et elles nous rappellent notre histoire, notre ‘village’, nos victoires et nos ancêtres. »

La murale géante S.O.S. Montfort, située à Ottawa au coin de la promenade Vanier et de l’avenue McArthur de 2010 à 2017. Photo : Muséoparc Vanier

Parmi ses murales préférées trônait celle commémorant S.O.S. Montfort, à l’angle de la promenade Vanier et du chemin McArthur. « Je ne peux passer par là sans jeter un coup d’œil sur cette fresque des principaux acteurs de cette lutte historique. Les Gisèle Lalonde, Michelle de Courville Nicol, Ronald Caza, Gérald Savoie et un certain Michel Gratton… Un mélange de fierté, de tristesse et de nostalgie m’habite chaque fois que j’aperçois cette œuvre de l’artiste Marie-Hélène Lajoie » écrivait-il en 2018.

Cependant, en raison des intempéries, cette murale fut retirée et entreposée à partir de 2017, ce qui le piqua au vif en 2018. « Alors on fait quoi? On oublie ces murales et on passe à autre chose en sachant que les 36 autres fresques de Vanier subiront éventuellement et inévitablement le même sort? On laisse ces murales se détériorer et s’effacer à petit feu jusqu’à ce qu’elles se fondent au décor démoralisant de certains coins de Vanier? On oublie notre passé, nos victoires et nos ancêtres? »

Depuis 2023, le premier panneau de la nouvelle exposition permanente du Muséoparc, intitulé Vanier. Notre Place, est un texte de Denis Gratton. Photo : Muséoparc Vanier.

Au cours de sa carrière en journalisme, Denis Gratton s’est entretenu avec des gens impliqués dans le milieu patrimonial : Michel Prévost (2019), Jean Yves Pelletier (2016), Jean Dumontier (2000) et Blanche Boissonneault-Doucet (1997). Il a également couvert des événements liés au patrimoine (l’inauguration du musée des Sœurs de la Charité d’Ottawa en 1995, par exemple). Mais en l’an 2000, c’est lui qui a obtenu la primeur qu’un musée allait être fondé à Vanier. Cette institution muséale, le Muséoparc Vanier, a ouvert ses portes en 2006. Au moment de la refonte de son exposition permanente en 2022, le Muséoparc lui a demandé d’écrire le texte d’introduction qui accueille les visiteurs. Denis Gratton fait maintenant partie de notre patrimoine.  

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.

Chefferie du Parti libéral : Freeland réclame deux débats en français

OTTAWA — L’ex-ministre des Finances Chrystia Freeland réclame la tenue de quatre débats, dont deux débats en français, dans le cadre de la course à la chefferie du Parti libéral du Canada.

Celle qui souhaite succéder à Justin Trudeau à la tête du parti a publié un communiqué vendredi, réclamant la tenue de quatre débats des candidats, deux en anglais et deux en français, « dans les plus brefs délais. »

« Tout le monde mérite de nous voir débattre de nos idées, de la voie à suivre pour notre parti et notre pays », a-t-elle justifié dans un message adressé aux autres candidats.

Chrystia Freeland fait partie d’une liste de sept candidats déclarés, qui compte notamment l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et d’Angleterre, Mark Carney, et la ministre Karina Gould. La date limite pour les candidatures était le 23 janvier.

Les autres candidats et candidates déclarés :

  • Frank Baylis : député libéral de 2015 à 2019
  • Chandra Arya : député libéral depuis 2015
  • Jaime Battiste : député libéral depuis 2019
  • Ruby Dhalla : députée libérale de 2004 à 2011

L’ancienne vice-première ministre réclame aussi que l’ensemble des candidats s’engage à se présenter lors de la prochaine élection fédérale, même s’ils ne remportent pas la course à la chefferie. Cette pointe vise principalement Mark Carney, qui n’est pas élu au Parlement. Ce dernier a refusé la semaine dernière, lors de son lancement de campagne à Edmonton, de préciser dans quel comté il se présenterait lors de la prochaine élection.

« En nous engageant à faire partie de cette équipe à long terme, nous pouvons montrer aux Canadiennes et aux Canadiens que nous ne sommes pas là pour nous-mêmes, mais pour eux. Nous savons ce qui est en jeu. Pierre Poilievre présente une vision du Canada qui sème la discorde, qui est cynique et creuse », indique Chrystia Freeland.

Pour le moment, l’exécutif du Parti libéral n’a pas annoncé de détails sur de possibles débats des candidats. Mais déjà, les principaux concernés accumulent les appuis, avec Mark Carney en avant-scène. Ce dernier a réussi à obtenir une majorité d’appuis d’actuels ministres du gouvernement Trudeau, comme Mélanie Joly, Patty Hajdu, François-Philippe Champagne, Steven Guilbeault et Steven Mackinnon.

Chrystia Freeland obtient quant à elle l’appui des ministres Arif Virani, Ahmed Hussen ou encore celui de l’ancien ministre des Langues officielles Randy Boissonnault.

L’ensemble des députés libéraux du Nord de l’Ontario avait prévu une conférence de presse vendredi matin, en compagnie de Mark Carney, pour annoncer leur appui derrière l’ex-dirigeant financier. Celle-ci a été annulée pour un conflit d’horaire, a affirmé la représentante de Thunder Bay, Patty Hajdu. De cette liste de députés, on compte les élus franco-ontariens Marc Séré et Vivianne Lapointe, qui représentent les deux circonscriptions du Grand Sudbury, ainsi qu’Anthony Rota dans Nipissing—Timiskaming.

Les libéraux doivent élire leur prochain chef le 9 mars.

L’Ontario entrera en campagne électorale dès mercredi

TORONTO – Le premier ministre ontarien a déclaré, ce vendredi matin, qu’il convoquera des élections mercredi prochain. Un super-caucus mobilisera les troupes progressistes-conservatrices ce samedi, à l’aube d’une campagne électorale qui s’achèvera sur un scrutin le 27 février.

« Nous allons convoquer des élections mercredi, a déclaré Doug Ford, en déplacement à Brampton. Je vais rencontrer la lieutenante-gouverneure mardi (pour lui demander la dissolution l’assemblée législative). Il faut un mandat de la population pour lutter contre les droits de douane de Donald Trump et son attaque contre nos familles, nos entreprises et nos communautés. »

La veille, le premier ministre avait encore fait allusion à de possibles élections, sans les confirmer clairement. « Quand vous avez un mandat clair des gens, peu importe que vous soyez confronté à des tarifs ou que Trump veuille détruire notre économie. Je demande un mandat des Ontariens pour être sûr qu’on les protège », plaidait-il déjà, en marge d’un déplacement à Mississauga.

Des sources anonymes au sein du parti évoquaient aussi la date du 27 février auprès de CBC, Global News et La Presse canadienne, dès jeudi.

« Il manquait un prétexte à M. Ford pour aller en élections et il l’a trouvé en Donald Trump, entrevoit la politologue Geneviève Tellier, professeure à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa. Il peut convaincre les électeurs avec cette crise, sans trop montrer une autre menace pour lui : Pierre Poilievre, dont l’élection (au fédéral) pourrait abîmer son image. »

Après son investiture, le président américain a affirmé son intention d’imposer des droits de douane à la hauteur de 25 % sur les produits canadiens, dès le 1er février. Le premier ministre Ford a évoqué un impact dévastateur sur 500 000 emplois en Ontario.

« Trump a donné une belle carte à Ford, un enjeu économique qui le démarque des autres partis comme le NPD, estime Mme Tellier. Il aura plus de légitimité à offrir de l’aide publique à ceux qui vont subir les conséquences (des tarifs douaniers) s’il remporte une élection après l’avoir clairement dit dans sa campagne. »

« Relancer la fougue électorale »

« Doug Ford n’a pas besoin d’un mandat du peuple pour faire ce qu’il veut faire, mais c’est une bonne occasion pour relancer son programme, voire relancer son caucus, croit Patrice Dutil, professeur au Département de politique et d’administration publique de l’Université métropolitaine de Toronto. Son programme est à sec. Il est à la recherche de nouvelles idées, de nouvelles têtes, et rien dans son programme n’est intéressant en dehors du défi posé par Donald Trump. »

Selon le politologue torontois, de telles élections avant le terme du mandat prévu dans un peu plus d’un an et demi sont de nature à « relancer la fougue électorale » à l’avantage du premier ministre sortant, « d’autant que les libéraux sont toujours à la dérive, que les Ontariens sont assez indifférents aux élections et que l’économie pourrait commencer à piquer du nez en fin 2025, si Donald Trump applique ses tarifs douaniers. »

M. Dutil invoque une autre raison : « Ça s’annonce mal au niveau de la gestion du gouvernement. Toutes sortes de questions sont soulevées sur la santé, l’éducation, le postsecondaire… Toutes ces questions auraient continué de pourrir si M. Ford attendait trop. »

La cheffe libérale Bonnie Crombie affirme dans un communiqué que Doug Ford « ne tiendra pas tête à Trump. L’Ontario n’a pas besoin d’élections anticipées, il a besoin d’un premier ministre qui a un plan. »

Marit Stiles, cheffe du NPD, pense qu’avec ce scrutin anticipé, les Ontariens ont « le pouvoir de riposter contre Trump, de tourner la page de Doug Ford et d’élire un premier ministre qui soit de votre côté. »

« Face aux menaces de tarifs douaniers qui se profilent à l’horizon, l’Ontario a besoin de stabilité, pas d’élections, assure Mike Schreiner, chef du Parti vert. Nous devons faire preuve de force en nous unissant pour défendre les travailleurs canadiens, les emplois canadiens et les entreprises canadiennes. »

Une grande variété d’activités culturelles en Ontario

Du théâtre aux arts visuels ou de Toronto au comté de Simcoe, la culture franco-ontarienne se manifeste de toutes sortes de façons cette semaine. Voici quelques suggestions en vrac.

Le prénom à Toronto

Si le choix du prénom d’un enfant est tout personnel, nombreux sont ceux qui tentent de connaître (et de juger) en avance les idées des futurs parents. Y a-t-il des prénoms inacceptables? La comédie de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Pattelière est reprise ici par la troupe de théâtre communautaire francophone les Indisciplinés de Toronto. Le spectacle aura lieu les 24, 25 et 31 janvier, ainsi que le premier février, à l’auditorium de l’école secondaire catholique Saint-Frère-André.

La troupe de théâtre communautaire francophone, les Indisciplinés de Toronto. Photo : Gracieuseté des Indisciplinés

Toronto, du 24 janvier au 1er février. Billets sur le site des Indisciplinés de Toronto.

Mise en lecture à Ottawa

Le dramaturge franco-ontarien Michel Ouellette présente une lecture de sa pièce La reine se recompose, le 29 janvier, à la Quatrième salle du Centre national des arts (CNA). En formule 5 à 7, il présentera ses mots en duo avec Marie-Ève Fontaine, artiste en résidence du Théâtre français du CNA. C’est l’histoire de Gabrielle, 71 ans. De passage dans le Nord de l’Ontario pour l’enterrement d’une amie d’enfance, elle se remémore les grands moments de sa vie en s’adressant à un mystérieux Marc-Olivier. La pièce explore entre autres le rapport entre l’auteur de fiction et ses personnages.

Michel Ouellet présente une lecture gratuite de son oeuvre, La reine se recompose. Photo : Sylvain Sabatié

Ottawa, le 29 janvier. Événement gratuit, détails sur le site du CNA.

Les loups-garous de Simcoe

L’artiste multidisciplinaire d’origines francophones, métis et algonquines Nathalie Bertin est de retour au Musée d’art et d’histoire d’Orillia, où son exposition Loup-garou et mocassins est présentée pour la cinquième fois. Le vernissage aura lieu ce samedi de 13 h à 15 h, et l’exposition sera en cours jusqu’au 19 avril. L’exposition fait un parallèle entre les contes racontés aux enfants au moment de dormir et certains éléments des cultures traditionnelles autochtones, comme les robes et les mocassins perlés.

Nathalie Bertin est une artiste multidisciplinaire aux origines francophones, métis et algonquines. Photo : Gracieuseté de Nathalie Bertin

Orillia, comté de Simcoe. Vernissage le 25 janvier et exposition jusqu’au 19 avril. Détails sur le site du Musée d’art et d’histoire d’Orillia.

Dansez et improvisez à Orléans

Le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) a annoncé que ses activités seraient relocalisées à compter de la mi-avril, en raison de la démolition à venir de son centre de culture, qui fera place à un bâtiment neuf. L’équipe du MIFO prendra donc place dans un local de la Place d’Orléans, juste en face du Centre des arts Shenkman, où se déroule déjà une bonne partie de sa programmation de spectacles.

En attendant cette relocalisation, plusieurs autres événements auront lieu au centre culturel de la rue Carrière. Ce vendredi, le MIFO s’offre une soirée typiquement canadienne-française avec la danse callée, en collaboration avec Patrimoine canadien et le Centre franco-ontarien de folklore. Le calleur renommé Jean-François Berthiaume sera sur place pour animer la soirée. Le lendemain, il donnera des ateliers pour ceux qui aimeraient apprendre à caller. Les participants auront ensuite la chance de tester leurs nouvelles compétences lors d’une deuxième soirée, samedi.

Le mardi suivant, c’est le prochain match d’improvisation du MIFO, avec un match secondaire en première partie et un match adulte pour terminer la soirée. Un déjeuner franco et un atelier de peinture auront également lieu le 30 janvier.

Photo d’un match précédent de la ligue d’improvisation du MIFO. Gracieuseté MIFO.

Orléans, toute la semaine. Détails sur le site du MIFO.

Célébrez à Ottawa

La Maison de la francophonie d’Ottawa fête ses cinq ans ce samedi, à 17 h. L’événement sera animé par l’auteur-compositeur-interprète YAO. L’activité et les hors-d’œuvre sont gratuits et il y aura un service de bar payant. Peu de détails ont été dévoilés, mais on promet de la musique, des échanges avec l’équipe de la maison et de la camaraderie.

YAO lors de l’animation du spectacle pour les 25 ans de Réseau Ontario, en janvier 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Ottawa, le 25 janvier. Détails et inscription gratuite sur la page Facebook de la Maison de la francophone d’Ottawa.

Plusieurs activités à North Bay

Les Compagnons des francs loisirs ont remporté le prix Alliance Rideau à Contact ontarois dans les derniers jours.  Le diffuseur de North Bay se voit donc invité à l’événement équivalent de la ville de Québec, à la mi-février.

Cette semaine, l’organisme accueille un spectacle du chansonnier Yannick Pépin le 25 janvier, un atelier « peindre et pinte » avec l’artiste Hélène Chayer le 28 janvier et une activité de danse en ligne le 30 janvier. C’est également le 30 janvier qu’aura lieu la soirée à micro ouvert animée par l’auteur-compositeur-interprète franco-ontarien Dayv Poulin. Les talents locaux qui pratiquent différents arts de la scène sont invités à participer. Il s’agit des premières activités du Carnaval des Compagnons 2025, qui se déroulera plus officiellement du 2 au 8 février.

Le directeur général des Compagnons des francs loisirs, Arnaud Claude, lors de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

North Bay et les environs, toute la semaine. Détails sur le site des Compagnons des francs loisirs.

Voici comment la décision sur la Loi 21 pourrait affecter l’éducation en français hors du Québec

OTTAWA — La Cour suprême du Canada a annoncé jeudi qu’elle entendra la contestation judiciaire de la Loi sur la laïcité du Québec, plus communément appelée la Loi 21. Le jugement que rendra la Cour suprême aura un impact sur l’éducation en français hors du Québec, juge un expert constitutionnel, à tel point que le commissaire aux langues officielles souhaite intervenir dans la cause.

L’affaire sera donc entendue devant la plus haute juridiction au pays, à une date ultérieure. Il s’agit d’une contestation notamment menée par plusieurs groupes de la société québécoise, comme la Commission English-Montréal, l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) et le groupe de défense des anglo-québécois, Quebec Community Groups Network.

Cette législation adoptée en 2019 interdit le port de signes religieux pour les employés de l’État québécois en position d’autorité comme les juges, les policiers, les procureurs de la Couronne, les directeurs d’école et les enseignants.

Dans un premier jugement, la Cour supérieure du Québec avait maintenu la légalité de la Loi 21, mais avait exempté les commissions scolaires anglophones. Ce jugement statuait que la Loi sur la laïcité contrevenait à l’article 23 de la Charte des droits et libertés, qui protège le droit à l’enseignement dans la langue de la minorité linguistique. L’exemption accordée aux écoles anglophones avait toutefois été renversée par la Cour d’appel du Québec dans un jugement de février 2024. 

C’est sur cette portion de cette affaire juridique que le commissaire aux langues officielles compte intervenir. Raymond Théberge indique que comme cette « cause a indéniablement des effets sur les écoles de la minorité au Québec », il compte se joindre à la contestation « en ce qui concerne le droit de gestion et de contrôle de la minorité anglophone de ses établissements et de son éducation ».

« Je l’ai répété à maintes reprises, l’éducation constitue l’outil le plus puissant d’une communauté pour assurer sa survie et l’épanouissement de sa langue et de sa culture. Comme mes prédécesseurs, j’ai saisi chaque occasion possible pour faire valoir des arguments novateurs devant la Cour suprême du Canada à l’égard du droit à l’éducation dans la langue de la minorité », soutient Raymond Théberge dans une déclaration écrite.

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge. Crédit image: Commissariat aux langues officielles du Canada
Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge. Crédit image : Commissariat aux langues officielles du Canada

Car cette décision aura un impact sur l’éducation en français hors du Québec, affirme l’expert en droit constitutionnel, François Larocque. Il explique que la première décision, rendue dans la cause de la Loi 21, faisait écho à l’arrêt Mahé en 1990, qui donnait le droit de pleine gestion des écoles de la langue minoritaire aux conseils scolaires.

« La question qui va monter à la Cour suprême est : Avec la Loi 21, en limitant le port de symboles religieux, le gouvernement peut-il forcer un conseil scolaire public anglophone sur l’embauche de son personnel? », explique le professeur de l’Université d’Ottawa et spécialiste en droits linguistiques.

Comme l’article 23 s’applique autant aux minorités francophones hors Québec qu’aux anglophones du Québec, la décision rendue aura un effet similaire, ajoute le professeur universitaire. Donc, « la Cour suprême va avoir la chance d’élaborer et de nous dire ce que l’Article 23 protège, au chapitre de la culture et de la langue », poursuit François Larocque.

« Est-ce que ça inclut également les pratiques d’embauche et le climat d’apprentissage que les écoles cherchent à mettre en place? Est-ce que ça inclut des dimensions qui ne sont pas directement liées à la langue, mais qui peuvent inclure et déborder sur des notions communautaires, des traits plus larges de la communauté en question? », lance l’expert des questions constitutionnelles.

Le professeur à l’Université d’Ottawa, François Larocque. Archives ONFR

Clause dérogatoire

L’une des contestations soulevées par les groupes dans la cause est l’utilisation de la clause dérogatoire de manière préventive, invoquée par le gouvernement Legault pour se prémunir de contestations judiciaires. Les groupes la jugent à l’encontre de la Charte des droits et libertés. Or, la cause dérogatoire ne peut pas s’appliquer à l’article 23 sur l’éducation dans la langue minoritaire, rappelle François Larocque.

En Ontario, le gouvernement Ford a utilisé cette clause en 2021 avec la Loi sur le financement en période électorale, qui avait pour but de limiter les dépenses publicitaires des tierces parties. Il l’avait aussi invoqué en 2018 pour réduire le nombre d’élus au conseil municipal de la Ville de Toronto.

Il l’avait aussi utilisée en 2022, mais pour une première fois, de manière préventive pour empêcher une grève du personnel dans le système éducatif, avant de la retirer de son projet de loi quelques jours plus tard. Le gouvernement Trudeau a déjà indiqué à plusieurs reprises que le gouvernement entendait intervenir dans la cause pour contester la Loi sur laïcité du Québec.

La 32e édition du Salon du livre de Toronto placée sous le signe de l’inclusion 

TORONTO – Ce mercredi, en fin de matinée, le Salon du livre de Toronto et ses partenaires, dont l’Université de l’Ontario français où se tiendra l’événement, ont dévoilé le programme de la 32e édition. Celle-ci se déroulera du 27 février au 2 mars prochain et aura pour thème principal l’inclusion.

Le président du conseil d’administration, Valéry Vlad, a évoqué le processus de sélection de ce thème, choisi il y a un an et demi, et qui résonne particulièrement avec l’actualité récente, notamment au sud de la frontière canadienne avec l’élection de Donald Trump.

« Au moment du choix, on n’imaginait pas que nous serions là où nous sommes aujourd’hui avec la menace du Sud et d’ailleurs. Mais nous avons choisi l’inclusion comme un mot qui incarne une valeur essentielle. »

Selon M. Vlad, « On ne pouvait pas choisir de meilleur thème, vu ce qui se passe dans le monde. Ce n’est plus seulement une valeur dont on peut parler, mais une nécessité : comment devons-nous nous accrocher à l’inclusion, cette valeur primordiale, surtout au Canada, pour survivre en tant que francophones, en tant que Canadiens? C’est devenu un combat. Et sans remporter ce combat, je ne sais pas si nous existerons encore dans quelques années. »

Les temps forts de la première journée du salon. Gracieuseté du Salon du livre de Toronto

Inclure les jeunes et les aînés

La première intention des organisateurs est d’inclure la jeunesse, un enjeu primordial, comme l’a souligné M. Vlad. « Quand on parle d’inclusion, on pense aussi aux exclus. Les jeunes ont leurs jeux, leurs préoccupations, leurs réseaux sociaux et ils ne lisent pas : 2 % lisent. Donc les 98 % restants, personnellement, je les considère comme des exclus. »

On pourrait se contenter de produire des livres pour les 2 %. Mais doit-on pour autant abandonner les autres? Les laisser à TikTok et leurs préoccupations? Non, parce que ces 98 % vont voter dans quelques années. Si on veut éviter de se retrouver dans des situations comme celles que nous vivons aujourd’hui, il faut attirer ces jeunes vers le livre. Ce n’est pas de l’endoctrinement, c’est leur donner la capacité de choisir. »

Pour cela, le salon proposera des ateliers destinés aux jeunes et décernera un prix Jeune Talent littéraire à des étudiants de l’UOF, de Glendon et du Collège Boréal, qui seront en compétition.

Le programme complet de la deuxième journée. Gracieuseté du Salon du livre de Toronto

À l’autre bout du spectre, les aînés ne seront pas oubliés : un atelier de création poétique leur sera dédié lors de la deuxième journée.

« Il est important, lorsqu’on parle d’inclusion, d’accorder une place à nos aînés », a indiqué Eunice Boué, directrice générale du salon. « Nous avons travaillé avec différents partenaires qui sont ravis de nous envoyer des groupes d’aînés. Ils sont déjà prêts et attendent avec impatience de monter dans les navettes pour se rendre au salon. »

L’atelier de création poétique sera suivi d’une visite des stands du salon.

Le programme du troisième jour. Gracieuseté du Salon du livre de Toronto

Inclure les autochtones et la communauté LGBTQ+

Le samedi 1er mars, troisième jour du salon, plusieurs thèmes seront abordés, notamment l’inclusion des communautés autochtones et leur place dans la francophonie, à travers une table ronde.

« Les communautés autochtones doivent avoir leur mot à dire, confie M. Vlad. Nous les inviterons et leur donnerons la parole pour qu’elles puissent définir leur rôle dans la francophonie et dans l’inclusion en général. »

Cette table ronde sera précédée d’une autre intitulée « Voix nouvelles et inclusives », consacrée à la littérature queer francophone au Canada.

« Mettre en avant la communauté LGBTQIA+, les valeurs qu’elle a su imposer, est essentiel. Sinon, on risque de suivre l’exemple de nos voisins du Sud, où l’on préfère balayer ces questions sous le tapis », a précisé M. Vlad.

Le programme complet de la journée de clôture du salon. Gracieuseté du Salon du livre de Toronto

La journée de clôture, le dimanche 2 mars, mettra en lumière des auteurs en situation de handicap, à travers une autre table ronde, cette fois sur la littérature et le handicap.

La 32e édition du Salon du livre de Toronto se tiendra du 27 février au 2 mars 2025 à l’Université de l’Ontario français. L’entrée est gratuite.

Grève évitée à l’Université d’Ottawa

OTTAWA – L’Association des professeurs de l’Université d’Ottawa (APUO) et l’Université d’Ottawa sont parvenues à une entente de principe de deux ans, après plusieurs mois de négociations.

Les 1300 professeurs et bibliothécaires avaient massivement voté pour un mandat de grève en novembre dernier en cas d’impasse. Ils n’auront pas à s’en servir. Les deux parties sont arrivées à s’entendre, en fin de semaine dernière, après trois jours intensifs de conciliation.

« Au cours des sept derniers mois, nous avons démontré notre force collective et notre capacité à intensifier notre lutte pour défendre la mission de notre université », a déclaré Dimitri Karmis, le président de l’APUO.

L’entente doit maintenant être présentée aux membres de l’APUO dans les prochaines semaines, lors d’une assemblée générale extraordinaire, avant un vote secret de ratification de l’entente.

Les négociations collectives avaient débuté en juin dernier. Puis, en août, l’APUO avait déposé une demande de conciliation et proposé une journée complète de médiation, qui s’est finalement déroulée le 17 octobre. La conciliation s’était amorcée les 5 et 6 novembre, se poursuivant les 15, 16 et 17 janvier.

En octobre, 74.6 % des membres avaient signé une pétition demandant à l’employeur de négocier sérieusement sur nos propositions concernant la charge de travail, le soutien à la qualité de l’enseignement et de la recherche, ainsi que la démocratisation de la prise de décision. Le 14 novembre , un mandat de grève était voté à 80.9 %.

Retour à la normale à Hearst suite à une panne de courant

HEARST – Des centaines de résidents privés d’électricité lundi ont retrouvé le courant la nuit dernière. L’abri d’urgencea fermé, tous les résidents étant rentrés chez eux. L’Université a rouvert ses portes, ce qui n’est pas le cas pour toutes les écoles.

Lundi, une première panne a coupé le courant à 328 clients, puis une seconde à 466 clients supplémentaires.

« En patrouillant sur nos infrastructures, les équipes ont trouvé deux disjoncteurs qui fonctionnaient mal à la station de transmission de Hearst, rapporte le service de communication d’Hydro One. Des équipes de stations ont été amenées de Timmins et de Thunder Bay pour effectuer ces réparations, tandis que des équipes de distribution de Kapuskasing ont continué à patrouiller le long de nos lignes. »

Le courant a été rétabli aux alentours de 23h pour une partie des sinistrés. Vers minuit, les équipes d’Hydro One ont trouvé un isolateur (équipement de sécurité qui empêche l’électricité de circuler vers le sol) cassé et le courant des 100 clients restants a été rétabli.

Université réouverte, écoles en partie fermées

L’Université de Hearst a rouvert ses campus ce mardi. « Nous sommes prêts à accueillir les étudiantes et les étudiants sur nos trois campus ce matin. N’oubliez pas de vous habiller chaudement », a-t-elle communiqué sur ses réseaux sociaux. Idem pour l’école l’École publique Passeport Jeunesse, qui dépend du Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario.

En revanche les autres écoles francophones de la ville restent portes closes. « Nous avons dû écouler les systèmes de chauffage afin de prévenir des dommages dans trois de nos écoles et il sera impossible de rétablir une température ambiante acceptable à temps pour le début des cours demain », a indiqué aux familles le Conseil scolaire catholique des Grandes Rivières.

L’École secondaire catholique de Hearst, l’École catholique Pavillon Notre-Dame et l’École catholique St-Louis sont donc fermées aux élèves et au personnel pour la journée. De même qu’aucun autobus de Hearst et Mattice ne circule.

La municipalité a remercié tous ceux qui ont « travaillé sans relâche dans ces conditions météorologiques extrêmes pour assurer la sécurité et le bien-être de notre communauté ».

Froid extrême : Hearst privé d’électricité, le maire furieux contre Hydro One

HEARST – Confrontée à un froid extrême et à une panne électrique touchant plusieurs centaines d’habitants, la ville du Nord a déclaré l’état d’urgence ce lundi. Le réseau pourrait être rétabli d’ici demain matin.

Le thermomètre a franchi ce lundi les -30 degrés Celsius à Hearst qui s’est résolu à déclarer l’état d’urgence en fin d’après-midi, après que plus de 350 résidents et près de 500 autres clients le long de la route 11 se soient retrouvés sans courant en tout début de matinée.

À l’origine de la panne, deux disjoncteurs qui auraient dysfonctionné. L’hôtel de ville a mis en place une ligne téléphonique, le 705-362-4341, afin de communiquer au public les ressources disponibles, les abris d’urgence et les mesures de sécurité. Un centre d’accueil d’urgence a notamment été improvisé dans le gymnase de l’École catholique Sainte-Anne, sur la rue Allen.

L’état d’urgence restera en vigueur « jusqu’à ce que l’électricité soit entièrement rétablie et jusqu’au retour à la normale », précise la municipalité.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, la Corporation de distribution électrique de Hearst, qui gère le réseau, a annoncé que la panne de courant devait se prolonger « jusqu’à ce soir ». Finalement, les résidents devront s’armer de patience jusque dans la nuit.

« En début d’après-midi, un disjoncteur de Hydro One sur un circuit différent a cédé lors d’une tentative de rétablir le circuit central », rapporte la Corporation de distribution électrique de Hearst. Par conséquent, ce disjoncteur doit être remplacé, et une évaluation supplémentaire sera nécessaire. »

Hearst Power a indiqué vouloir apporter de petits ajustements dans son propre système pour partager l’électricité des zones qui en ont actuellement avec celles qui en sont privées depuis 7h30 du matin ce lundi, sans garantie de succès.

La panne a paralysé quelques institutions locales, à l’image de l’Université de Hearst qui a annulé les cours sur ses trois campus dans l’après-midi.

Roger Sigouin, maire de Hearst, se tient au courant depuis Toronto, où il est en déplacement. Photo : Archives ONFR/Rudy Chabannes
« C’est inacceptable qu’Hydro One démontre une moindre urgence pour le Nord »
— Roger Sigouin, maire de Hearst

Actuellement hors de la ville, en déplacement à la conférence annuelle de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario (ROMA) à Toronto, le maire Roger Sigouin suit les événements à intervalles réguliers, espérant un retour à la normale autour d’1h du matin, mardi.

Et d’appeler à la solidarité des résidents : « S’il y a des familles qui ont de l’électricité, de la chaleur, qu’ils invitent des gens à aller prendre un café ou autre. Personne ne devrait connaitre une situation comme ça ».

L’édile trouve « inacceptable qu’Hydro One démontre une moindre urgence pour le Nord. C’est une équipe de Timmins qui s’est déplacée à Hearst. C’est trois heures de route, trois de perdues pendant que les gens sont sans électricité. Hydro One ne travaille pas pour notre utilité dans nos communautés », regrette-t-il.

« On avait un groupe à Hearst prêt à travailler avec eux autres, mais ils ont refusé de travailler ensemble. C’est frustrant. »

Le maire espère croiser un ministre provincial durant son séjour à Toronto pour pointer ce qu’il qualifie de « manque d’expertise d’Hydro One au niveau des états d’urgence dans le Nord. »

Joint par ONFR, Hydro One n’avait pas donné suite à nos sollicitations au moment d’écrire ces lignes.

La police provinciale de l’Ontario (PPO) recommande de ne pas utiliser d’appareils ou de générateurs au propane à l’intérieur, ces appareils peuvant produire des niveaux dangereux de monoxyde de carbone, inodore et mortel. « Si vous ne pouvez pas rester au chaud à la maison en raison de la panne, le détachement de Hearst de la Police provinciale de l’Ontario est disponible comme centre de réchauffement », alerte la PPO, appelant à recourir au 911 en cas de besoin urgent d’assistance.

Un nouveau rapport révèle l’ampleur de l’économie franco-ontarienne

La deuxième édition du livre blanc sur l’économie franco-ontarienne vient de sortir, et à l’issue des 15 mois de décryptage qu’il a fallu à la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario pour évaluer sa croissance, il en ressort un rapport se voulant comme une nouvelle étude, qui souligne à la fois les mérites, mais aussi les défaillances d’une économie qui ne cherche qu’à se développer. 

La grande nouveauté cette année se niche dans la contribution de la firme de sondage Léger Marketing, à travers laquelle les entrepreneurs francophones ont pu faire avancer la recherche en exprimant leurs inquiétudes et leurs besoins.

Le document, qui contient cinq recommandations adressées autant aux pouvoirs publics qu’aux communautés francophones, appelle à « une grande collaboration », indique le directeur général sortant de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA), Richard Kempler.

Les recommandations issues du livre blanc. Source : FGA

Le poids économique de la francophonie

Pendant que l’Ontario continue d’abriter la moitié des entreprises francophones minoritaires au pays, les nouvelles données du rapport confirment que les entreprises dirigées par des francophones ont bel et bien montré un taux de croissance annuel supérieur à 20 %. En effet, en étant capables de piocher dans les deux bassins linguistiques, elles bénéficient d’un avantage d’innovation.

Même si ces entreprises demeurent actives dans tous les secteurs, elles apparaissent fortement représentées dans des secteurs comme le commerce de détail, la construction ou encore les services scientifiques et techniques. Le rapport indique aussi qu’elles ont plus souvent tendance à s’identifier comme de taille moyenne et grande, comptant entre 20 et 499 employés par rapport à celles dirigées par des non-francophones.

Quelles entraves à la croissance?

Toutefois, le rapport s’attelle à une myriade de problématiques qui freinent les perspectives d’une économie franco-ontarienne forte. Le directeur sortant de la FGA ajoute que le manque d’une définition claire de l’entreprise francophone complique la tâche de rendre compte de l’ampleur réelle de cette économie et d’établir des comparaisons claires. « On a dit qu’on a 30 000 entreprises francophones, mais, suivant les définitions, on pouvait aller jusqu’à quasiment 72 000 entreprises », déplore-t-il. 

Il n’hésite d’ailleurs pas à pointer du doigt la timidité des politiques gouvernementales de promotion des villes éloignées des grands centres auprès des nouveaux arrivants. Des grands bassins tels que Toronto ou Ottawa peuvent témoigner du potentiel inexploité d’une population qui pourrait utiliser le français, pendant que dans le nord de l’Ontario, les pénuries techniques et géographiques, combinées au vieillissement de la population, font de la francophonie une richesse d’autant plus mal exploitée.

Pourcentage d’entreprises francophones selon la croissacne annuelle de l’entreprise en 2020. Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement et la croissance des petites et moyennes entreprises

Les barrières entrepreneuriales exprimées par les jeunes entrepreneurs peinent à se détourner du problème du manque de financement. Membre du conseil d’administration de la FGA et lui-même entrepreneur, José Mafra explique que « c’est souvent un manque d’information, qu’il y a énormément de programmes et qu’il faut juste trouver les bons partenaires ».

Présente au lancement du livre blanc, Lina Ravelojaona, qui est consultante et gestionnaire des services d’appui aux entrepreneurs francophones au sein de la FGA, explique qu’elle a commencé à exporter ses services à Madagascar l’année dernière. « J’ai approché des institutions comme l’American Chamber of Commerce à Madagascar », dit-elle. 

L’emplacement géographique de la province s’avère instrumental pour devenir un acteur économique majeur de la francophonie internationale en Amérique du Nord. Toutefois, en ce jour d’investiture du président désigné Donald Trump, la question des obstacles commerciaux, notamment les tarifs douaniers, peut peser sur les ambitions des jeunes entrepreneurs francophones.

Types de services offerts en français par les entreprises ontariennes en 2022. Source : Statistique Canada

En prenant compte du contexte domestique, s’ajoute la dure tâche du Canada à retenir ses immigrés francophones, dans la mesure où un récent rapport du Conference Board du Canada a démontré que le Canada perdait 35 % de ses immigrants francophones à long terme, notamment en Ontario. 

Les dirigeantes et les entrepreneuses, déjà défavorisées dans les données de la première édition, ne témoignent pas de progression et constatent une participation féminine qui stagne toujours. Catherine Goueth, entrepreneuse en agroalimentaire à Ottawa, explique que la culture des affaires reste un obstacle majeur dans l’intégration des nouveaux arrivants : « Ces autres aspects de la vie, ce n’est pas à l’école qu’on les apprend. Il faut comprendre le système. »

Innovante et bien placée pour capitaliser sur les opportunités, l’économie franco-ontarienne est sous-estimée, ce qui limite son influence auprès des décideurs. La reconnaissance du potentiel économique joue un rôle capital dans sa croissance à court et long terme. « Le temps de l’entreprise n’est pas le temps de l’administration », ajoute Richard Kempler. Ce dernier encourage la distribution simple et rapide de 100 000 dollars sans plus tarder aux débutants afin d’ouvrir la voie aux nouveaux entrepreneurs.

Français : à peine candidat, Mark Carney attaqué par ses adversaires

OTTAWA — À peine quelques jours après qu’il ait officialisé sa candidature pour la chefferie libérale, Mark Carney se voit la cible de critiques sur son français chez ses adversaires, autant chez les libéraux que chez les conservateurs.

L’ancien gouverneur de la Banque du Canada et celle d’Angleterre a lancé sa campagne jeudi dernier en Alberta. Mark Carney a prononcé un discours dans les deux langues, mais principalement plus en anglais, lors de son lancement, en plus de répondre à des questions en français et en anglais. 

Il avait quelques jours auparavant accordé une entrevue, à saveur de précampagne, sur le réseau américain Comedy Central à l’émission de Jon Stewart’s The Daily Show

« Carney n’a donné aucune entrevue en français au Québec, mais il a lancé sa campagne avec une entrevue aux États-Unis, en anglais seulement », a dénoncé sur X le chef conservateur Pierre Poilievre, ce qu’il qualifie de « honteux ». « Mettre le Canada d’abord doit inclure le respect de nos deux langues officielles. »

« Les francophones méritent d’entendre les candidats à la chefferie dans leur langue maternelle. Chrystia Freeland est partante pour un débat en français. Mark Carney, l’êtes-vous? » l’a pressé l’ex-ministre du Revenu national et de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, qui se range derrière sa collègue dans cette course.

L’ex-ministre des Finances Chrystia Freeland est l’une des aspirantes à la chefferie libérale. Photo : John Lehmann/Fortune

Mark Carney n’a d’ailleurs pas encore accordé d’entrevue en français contrairement à sa principale concurrente.

L’ex-ministre des Finances, qui a lancé sa campagne dimanche à Toronto, s’est d’ailleurs targué d’avoir accordé sa première entrevue en français, soulignant qu’elle est « ici pour défendre le français et le bilinguisme » au pays. Une autre membre du cabinet au cours des dernières années, Karina Gould, a livré un plaidoyer semblable dimanche lors de son lancement de campagne, soulignant son apprentissage du français dans le système d’immersion en Ontario.

« C’est sûr que ça détonne par rapport à ses deux adversaires pour le moment, au sens où à la fois Mme Freeland et Mme Gould ont pris la peine de donner plus de place au fait français dans leur campagne pour le moment », analyse la professeure en science politique au Collège militaire royal de Kingston, Stéphanie Chouinard.

Lorsqu’il était gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney parlait régulièrement en français lors de discours et allocutions en plus d’accorder des entrevues aux médias francophones dans le cadre de ses fonctions entre 2008 et 2013.

« Il est peut-être un peu rouillé. Depuis les dix dernières années, il n’a peut-être pas eu la chance de pratiquer son français autant que deux parlementaires à Ottawa. Il a moins de facilité à exprimer ses idées en français », observe Mme Chouinard, qui croit que ça pourrait lui nuire au Québec et dans les bastions francophones hors du Québec si ça ne change pas.

« C’est un parti qui a une base importante au Québec. Les Québécois francophones sont sensibles à la question linguistique comme le sont les francophones à l’extérieur (du Québec) et s’attendent à ce que leur chef soit en mesure de s’exprimer correctement dans leur langue. »

Mark Carney a toutefois reçu un appui de taille de la part de la ministre des Affaires étrangères et ex-ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, reconnue pour ses qualités d’organisatrice au Québec. Pour Stéphanie Chouinard, c’est plutôt la réponse du prochain chef aux menaces des tarifs américains de Donald Trump et l’injection de nouvelles idées, qui déterminera l’identité du remplaçant de Justin Trudeau, mais ajoute que la maîtrise du français pourrait jouer par la suite.

« Le ou la candidate va devenir au même moment premier ministre et très rapidement va être appelé(e) à défendre ses idées lors d’une campagne où il devra se mesurer à un Pierre Poilievre, mais surtout un Yves-François Blanchet… Ils n’auront pas le temps de suivre des cours ni de se préparer à d’éventuels débats de campagnes électorales », ajoute-t-elle.

Une langue universelle : un conte surréaliste qui unit les différences

Matthew Rankin, réalisateur visionnaire originaire de Winnipeg, s’associe aux artistes iraniens Ila Firouzabadi et Pirouz Nemati pour imaginer Montréal, Téhéran et Winnipeg dans un Canada alternatif où le farsi est la langue officielle. Choisi pour représenter le Canada dans la course aux nominations des Oscars, ce film audacieux arrive en salle dès le 31 janvier.

Doug Ford vainqueur en cas d’élections anticipées, selon un sondage

Si des élections provinciales avaient lieu maintenant, les progressistes-conservateurs de Doug Ford arriveraient en tête, devançant les libéraux de Bonnie Crombie et les néo-démocrates de Marit Stiles, d’après un sondage menée par la firme Mainstream Research.

Dans ce coup de sonde publié dimanche, on apprend que 29 % des personnes interrogées porteraient leur voix sur le Parti progressiste-conservateur, contre 26 % sur le Parti libéral, 18 % sur le Nouveau Parti démocratique – qui forme actuellement l’opposition officielle – et 4 % sur le Parti vert. Une forte proportion de sondés se disent toutefois indécis : 21 %.

Si on met à part les indécis, parmi les sympathisants et les électeurs décidés, les intentions de vote grimpent à 40 % pour le parti de Doug Ford, 30 % pour les libéraux, 21 % pour les néo-démocrates et 5 % pour les verts.

Ce sont les résultats d’une enquête en ligne menée entre le 10 et le 15 janvier dernier, auprès de 943 adultes de 18 ans ou plus vivant en Ontario. La marge d’erreur du sondage est de +/- 3,2 % au niveau de confiance de 95 %.

Mainstream Research a aussi demandé à son échantillon quelle devrait être la priorité du prochain gouvernement. L’économie et le logement préoccupent plus de la moitié des participants.

30 % ont répondu l’économie, 25 % le logement, 22 % la santé, 11 % les relations commerciales avec les États-Unis, 9 % les crimes et 2 % l’éducation.

Quant à savoir si les sondés étaient pour ou contre la tenue d’élections anticipées, 40 % se sont déclarés en faveur, 40 % contre et 19 % sans opinion.

Depuis plusieurs mois, planent en Ontario des rumeurs d’élections – avant le terme du mandat actuel qui doit s’achever en juin 2026 –, renforcées par les récentes déclarations du premier ministre qui n’a pas exclut cette hypothèse au regard notamment de la menace de tarifs douaniers américains à hauteur de 25 % sur les produits canadiens.

« Nous voulons protéger les travailleurs à tout prix, l’Ontario sera là pour eux », a lancé Doug Ford la semaine dernière lors d’une réunion à Ottawa avec ses homologues des provinces et territoires, ainsi que Justin Trudeau, le premier ministre du Canada.

Plus tôt, lundi dernier, il déclarait : « Si nous devons dépenser des dizaines de milliards de dollars, nous nous adressons au peuple – laissons le peuple décider, c’est son argent ». Avant d’ajouter : « Rien n’a été décidé, voyons où vont les tarifs douaniers. »

Dans une déclaration diffusée dimanche soir, à la veille de l’investiture de M. Trump, Doug Ford a assuré que « si les tarifs douaniers imposés par le président Trump rendent des représailles nécessaires, je me tiendrai aux côtés de l’Équipe Canada pour riposter en utilisant tous les outils à notre disposition. La province est prête à soutenir les tarifs douaniers fédéraux dans le cadre de la première ligne de représailles du pays. »

« Nous sommes la 1ère destination d’exportation pour 17 États américains et la 2e pour 11 autres Etats (…). Quand les tarifs (américains) seront imposés, on éliminera tous les alcools américains des étagères de la LCBO. Ils vont le ressentir », a-t-il renchéri, ce lundi, lors de la conférence annuelle de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario (ROMA).

En tant que président du Conseil de la fédération, il se rendra à Washington le 12 février prochain à la tête d’une mission conjointe des premiers ministres des provinces et des territoires du Canada.

Contact ontarois : des prix donnés à la paire et une grande célébration

OTTAWA – La 44e édition de Contact ontarois s’est terminée samedi soir. Le spectacle spécial pour souligner les 25 ans de Réseau Ontario a pris des allures de rassemblement familial. En début de soirée, une sobre cérémonie de remise de prix a couronné entre autres Stéphane Guertin, Mimi O’Bonsawin et Caroline Raynaud.

Il s’agissait du deuxième prix Distinction Réseau Ontario de suite pour Stéphane Guertin, qui en avait été le premier récipiendaire l’an dernier, alors que Réseau Ontario avait remanié ses catégories. Le traditionnel prix Coup de cœur laissait ainsi la place aux prix Distinction et Audace.

Cette année, c’est lors de la vitrine jeunesse élémentaire qu’il a pu captiver les jeunes et les diffuseurs avec son premier conte pour enfants, Quand les orteils auront des dents. Sa performance solo lui a aussi valu le prix Alliance Acadie. RADARTS l’invite donc à présenter un extrait de spectacle à la prochaine FrancoFête en Acadie.

Stéphane Guertin et Mimi O’Bonsawin se partagent le prix Distinction de Réseau Ontario, remis par Desjardins. Photo : Rachel Crustin / ONFR

En 2025, le conteur et fondateur de la compagnie Effet papillon partage le prix Distinction avec Mimi O’Bonsawin. Cette dernière a également remporté le prix Alliance Ouest du Réseau des grands espaces, lui assurant une place en vitrine au prochain Contact Ouest.

« Je ne m’attendais vraiment pas à ça », a lancé Mimi O’Bonsawin au micro d’ONFR, soulignant qu’il s’agissait de sa première vitrine à Contact ontarois. « Je n’ai pas beaucoup de mots, je suis émue. »

L’audace sudburoise

Le prix Audace a été remis à Caroline Raynaud pour sa pièce Le téton tardif, présentée lors de la bulle de théâtre et de danse jeudi après-midi. La Franco-Sudburoise repart également avec le prix Alliance ROSEQ. Elle présentera donc une vitrine à Rimouski, au Québec, cet automne.

La Française d’origine raconte avoir vécu une agréable surprise au moment d’entendre la description du prix. « Je me suis dit : tiens, c’est une région que je n’ai pas encore visitée. Et tout à coup, j’ai entendu mon nom. C’était presque irréel. »

Caroline Raynaud a remporté le prix Audace de Réseau Ontario, remis par Desjardins. Photo : Rachel Crustin / ONFR

C’est la deuxième année que le prix Audace est remporté par un artiste de Sudbury, alors qu’Alex Tétreault en a été le récipiendaire l’an dernier. Le prix est remis à une proposition franco-ontarienne originale qui « s’adressera à de nouveaux publics, fera découvrir de nouvelles formes ou de nouvelles approches artistiques ».

« Je suis très touchée ce soir. Pour moi, c’est la preuve que j’arrive à transmettre le message que je veux, ce pour quoi j’écris ce spectacle. » Caroline Raynaud souligne que les spectateurs lui mentionnent être touchés pour une variété de raison, après ses quelques représentations devant public durant la création de la pièce. « La vulnérabilité, la légèreté, et de parler de sujets qui ne sont pas nécessairement faciles à aborder, comme la sexualité, le rapport à son corps » et les moments inconfortables de l’adolescence, abordés avec sensibilité, mais aussi avec humour.

Un autre Franco-Ontarien qui pourra explorer le marché québécois est LeFLOFRANCO, récipiendaire du prix du Festival international de la chanson de Granby.

« Je me sens vu, écouté, honoré. On va pouvoir aller représenter la belle francophonie canadienne sur le territoire québécois. C’est une grosse bibitte et on veut tous avoir notre place sur ce marché. »

LeFLOFRANCO, habitué de Contact Ontarois, présentait une vitrine grand public pour la première fois. Photo : Rachel Crustin / ONFR

LeFLOFRANCO a déjà un agenda bien rempli pour l’année à venir, entre autres grâce à sa productrice Natalie Aloessode-Bernardin (Amixie Solution), qui a elle-même remporté le prix Product’Or pluridisciplinaire pour sa récente tournée.

Le prix Product’Or scolaire a été remis à Martin Rocheleau pour la tournée Angle mort de Stéphanie Morin-Robert. L’artiste originaire de Timmins avait remporté trois prix, dont le Coup de cœur, à Contact ontarois 2023.

Les prix Product’Or sont remis « aux deux producteurs avec lesquels il a été le plus agréable de travailler et qui ont démontré une ouverture d’esprit face aux réalités de la diffusion en Ontario lors de la saison 2023-2024. »

Le prix FrancoFlamme, remis pour souligner l’engagement d’un diffuseur envers « le rayonnement des artistes franco-canadiens », a été accordé au Conseil des organismes francophones de la région de Durham (COFRD). L’organisme ayant pignon sur rue à Oshawa a consacré plus de 87 % de sa programmation de la dernière année à des artistes franco-ontariens.

Également une récompense pour les diffuseurs, le prix Alliance Rideau a été remis ex aequo aux Compagnons des francs loisirs de North Bay et au Centre de loisirs culturels de Kapuskasing.

C’est avec émotion qu’Élaine Legault a accepté le prix Martin Arseneau, soulignant son apport continu à la culture franco-ontarienne. Photo : Rachel Crustin / ONFR

En tout début de cérémonie de récompense, Réseau Ontario a remis le prix Martin Arseneau, qui récompense une personne employée ou bénévole qui s’est impliquée dans l’équipe d’un diffuseur membre du réseau. C’est Élaine Legault qui a remporté les honneurs sous les applaudissements soutenus de la foule.

La délégation internationale a pour sa part donné son appui au Fransaskois Shawn Jobin et au duo ottavien Moonfruits, qui n’avait pas présenté de vitrine cette année, mais avait été remarqué en 2024.

25 ans de Réseau Ontario

L’édition 2025 de Contact ontarois s’est terminée avec un spectacle pour souligner les 25 ans d’incorporation de Réseau Ontario, qui organise Contact ontarois depuis 23 ans.

23 ans, c’est également le nombre d’années passées sur le conseil d’administration pour Élaine Legault, dont l’implication a été soulignée à grands traits durant le spectacle, en plus du prix Martin Arseneau remporté un peu plus tôt.

Des clins d’oeil ont aussi été faits à la comédie musicale Vaches, The Musical, dans laquelle on pouvait voir Stéphane Guertin et Geneviève Roberge-Bouchard. Photo : Rachel Crustin / ONFR

L’apport de plusieurs autres personnes a aussi été souligné par les animateurs, Yao et Stef Paquette. C’est notamment le cas du directeur technique Claude Faucon, qui s’est impliqué pendant 35 ans à Contact ontarois.

Le public a été sollicité tout au long de la soirée, les gens dans la salle racontant diverses anecdotes et se relançant même entre eux, dans ce qui a pris l’allure d’une grande réception familiale.  

En performance, en plus des animateurs, on a pu voir entre autres Hey, Wow, Geneviève Roberge-Bouchard, Improtéine et Makhena Rankin-Guérin.

La danseuse de cerceux anishinaabe et franco-ontarienne Makhena Rakin-Guérin a clôturé le spectacle des 25 ans de Réseau Ontario. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Questionnée par ONFR à la suite de cette 44e édition de Contact ontarois, la directrice générale de Réseau Ontario, Marie-Ève Chassé, s’est dite satisfaite.

« On est vraiment contents. Ça a été une édition sous le seau de la découverte. C’est le mot que j’ai entendu le plus cette semaine » de la part des diffuseurs. Elle souligne que ces derniers auront des choix difficiles à faire, entre autres à cause de la variété de l’offre. « Peu importe à qui je parlais, ce n’était jamais les mêmes coups de cœur (…) Ça veut dire que l’offre dans les communautés sera variée dans la prochaine année. »

À propos du spectacle, elle souligne avoir été heureuse de revoir sur scène certains artistes qui ont marqué les 25 dernières années. « Je pense aussi que pour ceux qui connaissent moins l’organisme, ça donne un bon instantané de ce qu’on est, de l’énergie, de la dynamique. Ça a aussi permis de mettre à l’honneur des gens qui ont bâti » Réseau Ontario, souligne-t-elle.

Vive la COVID

Chaque samedi, ONFR propose une chronique franco-ontarienne. Cette semaine, l’auteur torontois Soufiane Chakkouche narre ses défis d’immigration canadienne, un récit à suivre en plusieurs parties.

Loin de moi l’idée de remuer le couteau dans la plaie, mais la nécessité a ses raisons que les déloyaux ignorent. Conditions sine qua non de mon engagement, je l’avais promis dès le départ : cette série de chroniques est pour déshabiller mon expérience, dépoussiérer mes souvenirs, bons comme mauvais, et dénuder le fond de ma pensée, complètement. Alors, nulle retraite ou échappatoire à la période virale qui m’avait cueilli en plein envol. Pas de replis, certes, mais sous les angles sincères de l’amitié et de l’art! 

Après s’être fait rapatrier en urgence depuis mon Maroc natal (les mots rapatrier et natal ne devraient pas être alignés côte à côte!) pour cause de fermeture des frontières, suite à l’apparition du virus couronné, vint la « quarantaine » imposée par le gouvernement canadien.

La quatorzaine

En réalité, il s’agit là d’un autre abus de langage admis sans résistance jusqu’aux hautes sphères, un non-sens du même acabit que la parenthèse plus haut. Dans les faits, c’est d’une quatorzaine dont il était question et non d’une quarantaine.

En effet, toute personne en provenance de l’étranger devait s’isoler immédiatement et ne pas mettre le nez dehors sous aucun prétexte, et ce en vertu du décret d’urgence sur la Loi de la quarantaine instauré à la hâte à cette époque. Au passage, je me permets d’y coller un lien officiel pour les nostalgiques, à l’instar de votre serviteur.

Oui! Nostalgique de cette période il m’arrive de l’être aujourd’hui. Mais ne brûlons pas les étapes, ne plaçons pas le jour avant la nuit, l’aube avant les ténèbres!          

Toute infraction à cette loi pouvait entraîner jusqu’à six mois de taule ou 750 000 $ d’amende.  À 125 000 $ le mois de prison, ce fut très dissuasif sur moi. Pas question de sortir, même pour aller faire des courses.

Le réfugié au gros cœur

Prisonnier jusqu’à la panse, un ami, de 20 ans mon ainé, réfugié turc de son statut, s’est proposé de faire les courses et me les livrer à domicile à chaque fois que moi ou ma petite famille eussions besoin de quelque chose.

Pour la petite histoire, j’avais rencontré ce sexagénaire quelques mois plutôt sur les bancs de l’école où une amitié bâtie au mortier du mal du pays était immédiatement née. Il faut dire que l’homme avait un cœur gros comme une pastèque. D’ailleurs, je me demande toujours comment une cage thoracique aussi petite pouvait contenir un cœur aussi épais! Tellement épais qu’aujourd’hui, mon fils le considère comme le grand-père qu’il n’a jamais eu, par fatalité. Alors, Mostapha, cette chronique t’est dédiée, que Dieu, s’il existe, fasse naître plus d’âmes comme la tienne sur cette terre mère nourricière. Amen!  

J’ai donc accepté sa proposition volontiers pour ne pas crever la dalle et finir par bouffer ce satané merle d’Amérique qui venait taper du bec chaque matin sur ma fenêtre, croyant dans sa stupidité qu’il se battait contre un rival, lui aussi gonflé à bloc à coup de testostérones en cette saison de reproduction.

Et sa bêtise était incroyablement ponctuelle pour un si petit cerveau : 6 h tapante du matin. Un messager de bonne fortune, tu parles! (Un grand mea-culpa s’impose aux amis des animaux, mon humour est à l’image de mon anglais, maladroit, mais compréhensif, du moins, je veux bien le croire.)  

Le confinement, mon meilleur allié

Hormis cette parenthèse des cœurs, les premiers jours de cet isolement obligatoire loin des miens étaient terribles. À la manière d’un fauve fraichement capturé dans une cage ne sachant quoi faire de son temps dans un espace si exigu, je tournais en rond avec le poids de l’incertitude mondiale sur les épaules, et cela commençait à jouer sur ma santé mentale.

Il fallait se reprendre, et si je ne le faisais pas pour moi, il fallait le faire pour ma petite famille. Le salut est venu de l’écriture. En effet, lors d’une séance de réflexion insomniaque, je compris que ce confinement était finalement une chance pour l’écrivain que je suis. Après tout, de quoi a vraiment besoin un créateur, si ce n’est de temps? Et du temps, on en avait tous à revendre. C’est clair comme l’eau de roche : le vrai luxe n’est ni or ni argent, le vrai luxe ne brille point, le vrai luxe c’est le temps.

Dès lors, face à face avec mon art, je m’étais mis à écrire comme jamais, inspiré comme un diable dans ce silence forcé. Résultats : un roman achevé en un temps record répondant au titre de Zahra, le meilleur de ma carrière, à mon goût.

Il n’y a pas de doute là-dessus, pour ma petite personne, artistiquement, la COVID n’était pas une coquille vide. Ce qui semblait être un abîme de solitude s’est transformé en une force créatrice. Deux années ou presque à créer, deux années qui ne sont certainement pas à jeter dans les profondes oubliettes du passé.

Enfin, loin de ce raisonnement un brin égoïste et/ou opportuniste, avec le recul qu’on a aujourd’hui après le passage de la tempête, il s’avère que, études à l’appui, le confinement planétaire n’avait pas été des plus efficaces, à l’instar de la solution proposée par Donald Trump à l’époque et qui consistait à s’injecter du gel désinfectant directement dans les veines pour se protéger du virus, un vrai génie!

Pour rappel, la deuxième investiture du même Donald Trump à la tête du pays le plus puissant du monde est prévue pour ce lundi. Mais, cela est une autre paire de manches.

À bon entendeur, Salamoualikoum (que la paix soit sur vous).

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.

Musique, arts et cinéma : l’Ontario français brille de tous ses feux 

Une semaine de célébration et d’hommages aux œuvres et histoires qui ont marqué à jamais la scène culturelle est au premier plan en Ontario français. Des soirées de musique classique, une exposition artistique et des films francophones font partie de l’offre riche et diversifiée inscrite à l’agenda. 

Le compositeur belge Bernard Foccroulle interprète le journal d’Hélène Berr

L’émouvant portrait d’une jeune juive parisienne déportée à Auschwitz prend vie au Royal Conservatory of Music de Toronto grâce à la soprano Elena Howard-Scott et au Quatuor de la Glenn Gould School.

Considérée comme la « Anne Frank » française, cette jeune étudiante a documenté sa vie durant l’occupation allemande à travers son journal qu’elle a rédigé entre 1942 et 1944. Un an plus tard, quelques jours avant sa libération du camp de concentration Bergen-Belsen, elle meurt du typhus, laissant derrière elle son journal qui inspirera des générations à venir. Le journal d’Hélène Berr n’a été publié que 63 ans plus tard.

Hélène Berr dehors. Collection Mariette Job / Mémorial de la Shoah

Toronto, le 21 janvier. Détails et billets sur le site du Royal Conservatory of Music.

Le pianiste virtuose Maxime Zecchini sur scène à Ottawa

L’un des pianistes français les plus renommés, Maxime Zecchini, est de passage à Ottawa par l’entremise de l’Alliance française. M. Zecchini est connu pour sa programmation novatrice qui explore le répertoire pour la main gauche seulement. Il interprète des œuvres qui nécessiteraient normalement l’utilisation des deux mains en n’en utilisant qu’une seule. En concert à l’église Mackay United, ce virtuose épatera son auditoire en interprétant des œuvres emblématiques des grands compositeurs français, notamment de Maurice Ravel, Gabriel Fauré et Camille Saint-Saëns. 

Le pianiste Maxime Zecchini. Photo : JB Millot

Ottawa, le 18 janvier. Détails et billets sur le site de l’Alliance française Ottawa.

L’exposition Effervescence à la Galerie du Nouvel-Ontario

Des artistes du Nord de l’Ontario se réunissent à travers l’art pour célébrer la richesse et la diversité des communautés racialisées. Ali Rodriguez-Beaudoin, Connor Lafortune, Isak Vaillancourt, Myths and Mirrors Community Arts et Ra’anaa Yaminah Ekundayo tous issus de différentes pratiques de création artistique, fusionnent leurs histoires avec l’exposition Effervescence pour raconter la solidarité et la résilience présente dans chacune de leurs communautés.

Visuel de l’exposition Effervescence. Gracieuseté de la Galerie du Nouvel-Ontario

Sudbury, du 16 janvier au 28 février. Détails et programmation sur le site de la Place des arts du Grand Sudbury. 

Les 20 ans du Regroupement des artistes cinéastes de la francophonie canadienne

En collaboration avec le RACCORD, l’Alliance française de Toronto prête ses locaux pour célébrer les 20 ans de l’organisme qui porte la voix des cinéastes francophones en situation minoritaire au Canada. À l’occasion de son anniversaire, le RACCORD lance une programmation riche en cinéma avec deux projections spéciales en deux volets : série de courts métrages et la projection du long métrage Rêver en Néon de la réalisatrice, Marie-Claire Marcotte. Les spectateurs auront l’opportunité d’échanger avec la réalisatrice qui sera présente le soir de la projection.

Le film Rêver en néon. Gracieuseté de Corey Loranger

Ottawa, le 18 janvier. Détails et billets sur le site de l’Alliance française Ottawa

Rémi sans famille d’Antoine Blossier au Sudbury Indie Cinema 

Fidèle à son mandat de projeter des films francophones et anglophones, le Sudbury Indie Cinema diffusera le film de Antoine Blossier, Rémi sans famille dans ses locaux. Une histoire d’amitié et d’aventure, le jeune orphelin Rémi accompagne un musicien nomade dont il apprendra beaucoup en parcourant la France à ses côtés.

Image du film Rémi sans famille. Gracieuseté de Mars Films.

Sudbury, le 26 janvier. Détails et programmation sur le site du Sudbury Indie Cinema.

C’est parti pour Contact ontarois 2025

OTTAWA – L’industrie du spectacle francophone se donne rendez-vous ces jours-ci à Contact ontarois, qui a tenu son cocktail d’ouverture mercredi soir à l’hôtel Marriott d’Ottawa. Jusqu’à samedi, l’événement de Réseau Ontario offre de nombreuses occasions de réseautage et différents types de vitrines, pendant lesquelles les artistes franco-canadiens tenteront de décrocher des contrats pour la prochaine saison artistique.

Après un cocktail d’ouverture très simple où l’on a eu droit à quelques discours de bienvenue, les participants se sont dirigés vers le Centre des arts Shenkman, où se tenaient les premières vitrines grand public de cette édition 2025.

Il s’agit du seul pan de l’événement ouvert à tous. Les détenteurs de billets ont pu découvrir six artistes qui avaient 20 minutes chacun pour convaincre les diffuseurs de les engager, en plus d’une courte entrevue sur scène avec l’animatrice Anne Gutknecht. C’est l’artiste originaire du Brésil, Diogo Ramos, qui a ouvert le bal.

Le public a ensuite pu retrouver Gabrielle Goulet, qui s’était faite plus discrète dans les dernières années. Flanquée des musiciens de Buscadero, la chanteuse pop-country semblait nerveuse, mais heureuse de retrouver la scène. En plus de se concentrer sur son rôle de mère, l’artiste originaire de Bourget a candidement expliqué avoir beaucoup souffert d’anxiété depuis le début de la pandémie, elle dont la carrière était florissante en 2019.

Un autre artiste de l’Est de l’Ontario, Brian St-Pierre, est venu défendre son quatrième album solo, intitulé Malgré tout.

Brian St-Pierre à Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Baie à Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Samuel Bourgeois, avec André Bourgeois à gauche et Janelle Dupuis à droite. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Mélissa Ouimet et Olivier Laroche à Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Diogo Ramos à Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Anne Gutknecht en entrevue avec Diogo Ramos après sa vitrine. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Gabrielle Goulet à Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Après l’Ontario, le Nouveau-Brunswick. Les costumes blancs à franges de Baie se sont installés sur la scène pour présenter un « disco pop fun party » acadien juste assez décalé.

On est ensuite passé du blanc du disco aux couleurs terre du bluegrass, alors qu’un autre Acadien a pris la scène. Samuel Bourgeois présentait son projet, mais la proposition donnait l’impression d’assister au spectacle d’un groupe plutôt qu’à celui d’un artiste solo. La chimie avec ses musiciens André Bourgeois (son frère), Janelle Dupuis et Miguel Cyr était palpable.

La dernière vitrine de cette première soirée revenait à une autre chouchoute du public franco-ontarien, Mélissa Ouimet. L’interprète de Personne ne pourra m’arrêter en a profité pour présenter de toutes nouvelles chansons, avouant ressentir les mêmes émotions que lors d’un premier rendez-vous.

Et ça continue

Les vitrines jeunesse auront lieu jeudi et vendredi en avant-midi, à l’école secondaire publique De La Salle, devant un public composé de diffuseurs et d’élèves de la région. En vitrine pour le niveau secondaire, jeudi, on verra le magicien et mathématicien Marc Trudel, le Théâtre Catapulte, le rappeur fransaskois Shawn Jobin et les Franco-Ontariens Jessy Lindsay et DJ UNPIER.

Le lendemain, les élèves de l’élémentaire assisteront aux performances de la troupe de Commedia Dell’arte Qu’en dit raton?, de l’artiste de danse SAM, des Illusionnistes, de Stéphane Guertin (Effet papillon) avec son nouveau conte pour enfants Quand les orteils auront des dents et de la chanteuse pour enfants Maria Cannelloni.

Cocktail d’ouverture de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Cocktail d’ouverture de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Cocktail d’ouverture de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Cocktail d’ouverture de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Cocktail d’ouverture de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Cocktail d’ouverture de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Entre-temps, la bulle de théâtre-danse aura lieu à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins. Chaque année, Contact ontarois offre à quelques artistes d’une même discipline la possibilité de montrer une œuvre intégrale ou en chantier avancé dans une formule plus longue que les vitrines habituelles. Ce sera le cas, en théâtre, de la Franco-Sudburoise Caroline Raynaud avec sa pièce Le téton tardif et de la Franco-Torontoise Katia Café-Fébrissy avec Ça rime avec vinaigre. La compagnie BoucharDanse présentera le spectacle hybride Très loin et le Québécois Marc Boivin mêlera danse et théâtre avec La porte s’ouvre à l’Ouest.

Les vitrines grand public de jeudi soir accueilleront Matiu, Joyce N’Sana, Soleil Launière, Les Chiclettes, Waahli et, dans une discipline moins souvent vue à Contact ontarois, l’humoriste François Massicotte.

Vendredi, les présentations éclairs (d’une dizaine de minutes) et les dernières vitrines grand public auront lieu.

Samedi, après la remise de prix, place à un grand spectacle pour souligner les 25 ans de Réseau Ontario.

Bien que majoritairement réservé aux membres de l’industrie culturelle, Contact ontarois est vu par les participants comme le premier grand rendez-vous de l’année. À l’issue de l’événement, les diffuseurs choisiront des spectacles à ajouter à leur programmation de l’année suivante. Une bonne performance à Contact ontarois peut donc changer le cours de l’année d’un artiste en vitrine de façon significative.

Tarifs américains : « Protéger les travailleurs à tout prix »

OTTAWA – Les premiers ministres des provinces et territoires ont rencontré Justin Trudeau ce mercredi, à cinq jours de l’investiture du président élu Donal Trump. Aucune décision n’a été dévoilée quant à d’éventuelles représailles économiques à la menace de tarifs douaniers de 25 %, mais un consensus et une position claire se sont dégagés : « Rien n’est exclu » et « nous protégerons les travailleurs à tout prix ».

« Au niveau du fédéral, des provinces et des territoires, nous sommes alignés, nous défendons notre pays », a lancé Justin Trudeau en conférence de presse, entouré des premiers ministres ainsi que de son ministre des Finances et des affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.

Parmi eux, Doug Ford a rapidement enchainé : « Nous n’abandonnerons jamais, nous sommes Canadiens et fiers de l’être. Nous voulons protéger les travailleurs à tout prix, l’Ontario sera là pour eux. » Le premier ministre ontarien a été omniprésent ces dernières semaines sur la question des tarifs douaniers.

M. Trudeau dit espérer qu’il n’y aura pas d’application de tels tarifs qui nuiraient aux consommateurs américains et canadiens. D’ajouter qu’il y a eu de bonnes discussions aujourd’hui débouchant sur un consensus : « Nous devons protéger les Canadiens et montrer de quoi nous sommes faits ».

Il indique d’autre part vouloir s’assurer qu’aucune région au Canada ne portera un fardeau disproportionné par rapport aux autres : « Nous devons être équitables pour tous. »

François Legault, le premier ministre québécois a renchéri : « Nous ne sommes pas ici pour vous dévoiler ce qu’on fera. Ce qu’on a conclu, c’est qu’on n’exclut rien. »

Dans un communiqué commun, que tous ont signé, excepté la première ministre de l’Alberta Danielle Smith, qui était absente, on peut lire : « Les relations entre le Canada et les États-Unis en matière de commerce et d’investissement soutiennent des millions d’emplois de part et d’autre de la frontière et contribuent à assurer une circulation sûre des biens et des personnes entre les pays. »

« Les premiers ministres continueront de travailler ensemble et de défendre les intérêts des Canadiens face à la menace de droits de douane injustifiés et déraisonnables des États-Unis. »

Le document met en exergue une volonté commune de « poursuivre les efforts conjoints pour tenter de prévenir l’imposition de droits de douane par les États-Unis, y compris les mesures prises par le gouvernement fédéral pour renforcer la sécurité à la frontière et freiner la circulation des drogues illicites, telles que le fentanyl, dans les communautés canadiennes et américaines. »

Les signataires ont en outre reconnu qu’il fallait augmenter les dépenses en matière de défense et atteindre le plus rapidement possible l’objectif de 2 % fixé par l’OTAN et qu’il fallait prendre des mesures collectives pour préserver la sécurité et la souveraineté de l’Arctique.

« Le Canada n’est pas à vendre », affirme Doug Ford

Ce matin, à la surprise générale, Doug Ford s’est adressé aux médias affublé d’une casquette avec le message « Canada is not for sale » (le Canada n’est pas à vendre). Un clin d’œil au port de la casquette de Donald Trump, au message « Make America great again » (Rendre à l’Amérique sa grandeur).

Le premier ministre ontarien a déclaré que les tarifs douaniers étaient une menace pour l’économie du Canada et pourraient faire perdre des centaines de milliers d’emplois aux Ontariens.

Photo : Conseil de la fédération

Au cours de la dernière semaine, Doug Ford a fait une série d’annonces sur son plan d’envergure pour renforcer la « forteresse Amérique-Canada », développer et dynamiser son économie avec des mesures telles que l’établissement d’un groupe de travail transfrontalier avec les législateurs américains et canadiens et des experts en énergie et en sécurité.

Parmi les mesures annoncées : l’accélération du développement des ressources stratégiques, notamment les minéraux critiques dans la région du Cercle de feu et des mesures pour « protéger les terres, les airs et les eaux de l’Amérique et du Canada ».

L’investiture du président élu Donald Trump, le 20 janvier prochain, précèdera la visite des premiers ministres des provinces et territoires à Washington le 12 février pour le rencontrer.  

Le Big Bang d’Ottawa invite les enfants à investir le CNA

OTTAWA – Le Centre national des arts (CNA) sera une fois de plus l’hôte du festival bilingue Big Bang les 15 et 16 février. Cet événement est conçu pour un public de cinq à 12 ans et leurs familles. Une foule d’activités artistiques et musicales gratuites ou à bas prix se déroulent dans les différents espaces du CNA.

« C’est un événement unique dans l’année où le CNA est complètement transformé (…) pour les enfants, » explique la productrice associée du festival, Annick Huard, en entrevue avec ONFR.

« Le CNA n’est plus un endroit où il faut porter des perles et des grandes robes, ajoute-t-elle. C’est aussi pour tout le monde, pour les familles. Les enfants sont les bienvenus. »

Le Big Bang excelle en deux choses : laisser les enfants s’approprier les différents espaces de ce haut lieu de la culture canadienne, et proposer des expériences hybrides et originales.

C’est ainsi qu’on verra entre autres la fanfare hip-hop Basement Brass, qui donnera même certaines prestations en mode déambulatoire, ou le résultat d’un projet de peinture sonore entre l’artiste turque-allemande Ceren Oran et un groupe d’enfants de l’école publique Alta Vista. Cette dernière proposition est la version 2025 du projet NOMAD, où un artiste international est jumelé avec une école locale.

L’activité Le son des couleurs est de retour en 2025, après un passage au Big Bang en 2023. Photo : Jonathan Lorange

Un succès d’une précédente édition est de retour avec le parcours sonore interactif et bilingue Klank de Kleuren – Le son des couleurs. Chaque participant reçoit un casque d’écoute qui déterminera dans quel groupe il se trouve. Chaque groupe reçoit des instructions différentes pour se promener et bouger dans l’espace, créant une chorégraphie immersive.

En nouveauté, on trouvera également le bal costumé Bêtes de fête, où les participants pourront se déhancher au son du DJ Rise Ashen.

Les enfants seront sans doute hilares devant la sculpture sonore L’abreuvoir, qui reprend le principe du téléphone à ficelle, mais avec des bols de toilette et urinoirs en guise de cannes de conserve. « Il va y avoir toutes sortes de choses un peu drôles dans les tuyaux. C’est une grosse installation qui va utiliser toute la fontaine » du CNA, précise Mme Huard.

L’aérophone, ou « machine la plus inutile du monde », était l’installation interactive de Pierre-Luc Clément au Big Bang 2024. Photo : Rachel Crustin

Il s’agit d’une idée de Pierre-Luc Clément, qui était aussi présent l’an dernier avec son projet de clavier farfelu L’aérophone. Le Gatinois participe également à l’une des loges musicales.

Activités à petit prix

Les loges musicales font partie des quelques activités payantes (entre 7 $ et 15 $) du Big Bang. Il s’agit de spectacles d’une quinzaine de minutes, dans des lieux que les spectateurs ne découvriront qu’au moment de la performance. Ce concept est parfait pour les tout-petits dont le temps d’attention est limité, mais offre assez de mystère et de découverte pour être apprécié de tous.

Les loges musicales de cette année proposent de la claquette, un instrument géant et étonnant ainsi que des traditions musicales inuites. Pour cette dernière proposition, l’artiste de Kuujjuaq, Sylvia Cloutier, entrainera même les spectateurs à l’extérieur pour profiter d’un décor plus immersif.

Quelques choix d’expériences un peu plus longues sont aussi proposés. Le spectacle de jonglerie, de rythme et de musique Maputo-Mozambique, est présenté avec le Théâtre français du CNA. « Les jeunes vont en avoir plein les yeux et les oreilles. Ils vont vouloir bouger dans leur siège, et ils sont encouragés à le faire, affirme Annick Huard. Des fois, on demande aux jeunes de rester tranquilles. Mais au Big Bang, on veut qu’ils sortent de leur siège. »

Au festival Big Bang, de nombreuses activités et installations sont interactives afin de stimuler la créativité et la curiosité des enfants pour l’art. Photo : Rachel Crustin

Le groupe latino-montréalais El Balcón promet pour sa part un spectacle qui mélange les langues et les styles musicaux. Et le Moskitto Bar propose des sons d’Ukraine, des Balkans, d’Iraq, du Moyen-Orient et de la France celtique. Le nom du groupe Torontois est un clin d’œil aux « moustiques voraces du Nord de l’Ontario qui mangeaient tout rond les trois membres fondateurs du groupe lors de leurs premières répétitions », peut-on lire dans la description de l’événement.

Le Festival Big Bang est un concept belge, adopté par le CNA en 2019. Cette version ottavienne en est la seule antenne en Amérique du Nord. L’objectif est de recevoir environ 6000 visiteurs cette année.

En plein Bal de neige

Le Festival Big Bang se déroulera ainsi lors de la dernière fin de semaine du Bal de neige, l’événement hivernal classique de la région d’Ottawa-Gatineau. De nombreuses activités se dérouleront des deux côtés de la rivière des Outaouais entre le 31 janvier et le 17 février, Jour de la famille en Ontario.

Les trois sites officiels sont le Domaine des flocons (Parc Jacques-Cartier, Gatineau), la rue Sparks et le Marché By, mais d’autres lieux proposent des activités gratuites ou payantes en marge de la programmation principale.

Nouveau partenaire cette année, le Muséoparc Vanier animera un kiosque sur la rue Sparks les 2 et 9 février. Le thème de la cabane à sucre urbaine se retrouvera d’ailleurs au cœur du Bal de neige, tout comme le 60e anniversaire du drapeau canadien.

Les traditionnelles sculptures sur glace, la glissade sur neige, le triathlon d’hiver et de nombreuses activités familiales sont également de retour.

Déclencher des élections anticipées : pas toujours une bonne idée

Rappeler aux urnes les électeurs ontariens avant le terme de son mandat en juin 2026 assurerait probablement le maintien au pouvoir du premier ministre Doug Ford, si on se fie aux sondages. Mais dans l’histoire de l’Ontario, solliciter les électeurs plus tôt que prévu n’a pas toujours été une stratégie payante.

L’ancien premier ministre David Peterson en sait quelque chose. La manœuvre lui a coûté son siège de premier ministre et de député en 1990. Après trois ans au pouvoir, avec un gouvrnement majoritaire et fort d’une popularité certaine – trois points communs avec Doug Ford aujourd’hui –, le libéral a rappelé aux urnes les électeurs qui ont finalement élu, à la surprise générale, le néo-démocrate Bob Rae.

Son geste à l’époque avait été perçu par une partie de l’électorat comme une forme d’arrogance, alors qu’il jouissait d’une majorité confortable.

Le progressiste-conservateur Ernie Eves a connu un revers électoral similaire en 2003. Élu chef du parti en 2002 à la suite de la démission du premier ministre Mike Harris, il cherchait un mandat fort pour asseoir sa légitimité. Mais les libéraux de Dalton McGuinty sont sortis vainqueurs des urnes à la tête d’un gouvernement majoritaire, en faisant campagne sur l’héritage Harris et ses réformes controversées ainsi que sur le désir de changement.

Ernie Eves a rappelé les Ontariens aux urnes plus tôt que prévu, en 2003… Les électeurs ont porté les libéraux de McGuinty au pouvoir. Photo : TPL ( Toronto Public Library)

L’histoire peut donc se montrer cruelle envers les plus audacieux. Déclencher des élections anticipées constitue une grosse prise de risque rappelle la politologue Stéphanie Chouinard.

« C’est une carte que le gouvernement en place peut décider de jouer s’il pense que c’est stratégique pour lui de le faire, mais il y a toujours un risque que quelque élément hors de contrôle fasse dérailler la stratégie au profit d’une des deux oppositions », selon la professeure agrégée de science politique au Collège militaire royal.

Cette carte, de nombreux premiers ministres en quête d’une majorité plus large ont d’ailleurs su la jouer au bon moment justement.

Kathleen Wynne a rappelé les électeurs aux urnes en 2014, remportant un gouvernement majoritaire. Photo : archives ONFR

Lorsqu’après avoir perdu le soutien d’une partie de l’opposition le gouvernement libéral minoritaire de Kathleen Wynne a rappelé les électeurs aux urnes en 2014, ceux-ci lui ont offert un gouvernement majoritaire.

Avant elle, les progressistes-conservateurs George Drew (1945), John Robarts (1963) ou encore Bill Davis (1977) ont remporté des élections anticipées mais avec plus ou moins de succès. Davis et Robarts ont dû se contenter d’un gouvernement minoritaire.

Actionné récemment dans d’autres provinces, ce levier a mené à la victoire de John Horgan en Colombie britannique (2020) et Tim Houston en Nouvelle-Écosse (2024). Provoquer des élections anticipées peut ainsi se révéler être un très bon coup… quand il fonctionne.

Le premier ministre Bill Davis a hérité d’un gouvernement minoritaire lors des élections anticipées de 1977. Photo : TPL ( Toronto Public Library)

Phénomène d’usure et d’abstention

« Rappeler les électeurs trop tôt peut les contrarier et avoir un effet négatif sur la participation », avertit Alexandre Rivard, professeur adjoint à l’école de politique publique de l’Université Simon Fraser à Vancouver et coauteur d’une étude publiée en 2024 qui démontre que les élections anticipées, en désynchronisant les cycles électoraux, aboutissent à une usure de l’électeur.

« Les gens se fâchent ou se fatiguent s’ils sentent qu’on les sollicite pour des raisons qui ne les convainquent pas, dit-il, ajoutant que l’abstention sera d’autant plus importante si, dans une période rapprochée, deux élections surviennent. Ce qui pourrait se dessiner en Ontario, avec les provinciales et les fédérales dans la même année. »

Si une faible participation est signe de mauvaise santé démocratique, elle pourrait toutefois profiter à Doug Ford. « En 2022, il a formé un gouvernement majoritaire avec seulement 40 % de participation, rappelle M. Rivard. Pour lui, ce n’est pas donc une mauvaise idée d’aller en élections s’il pense que ce taux bas se maintiendra, car c’est son moyen de conquérir une autre majorité. »

« Quelle que soit la décision que prendra le premier ministre, il y aura toujours un élément de risque »
— Ian Roberge, politologue

« Quelle que soit la décision que prendra le premier ministre, il y aura toujours un élément de risque », synthétise le politologue Ian Roberge, professeur à l’École de politiques publiques et d’administration de l’Université York.

« Si M. Ford attend une élection à date fixe en juin 2026, les conservateurs fédéraux auront été au pouvoir pendant un an, la situation américaine avec Donald Trump demeurera très instable et des problèmes de politique ontarienne persisteront… Attendre pose donc un risque. Peu importe la décision, elle requiert un calcul risque-bénéfice par le parti au pouvoir. »

Basketball : les attentes en 2025 pour les francophones des Raptors 

Même si la saison NBA ne s’est pas arrêtée pendant le temps des fêtes, l’arrivée de la nouvelle année donne l’occasion de faire le point sur ce qu’on peut attendre de Chris Boucher, RJ Barrett et Ulrich Chomche sur les parquets de la NBA et de la G League en 2025. Le tout avec le regard expert du spécialiste NBA franco-ontarien Patrick Bizindavyi, co-animateur de l’émission Franco Raptors sur CHOQ FM 105.1. 

RJ Barrett : sa meilleure saison en NBA 

Fer de lance de l’attaque torontoise, meilleur marqueur de l’équipe avec une moyenne de 23,5 points par match et en progression dans son jeu de passe, le plus ontarien des francophones des Raptors brille individuellement cette saison. 

Si les portes du match des étoiles ne devraient pas s’ouvrir pour le natif de Toronto qui a grandi en France puis à Mississauga, on attend qu’il poursuive sur sa lancée en attaque. Dans un cinq de départ pour la première fois au complet le 6 janvier dernier contre les Bucks, le besoin d’un apport défensif accru se fait sentir. C’est à ce niveau-là que RJ Barrett peut poursuivre sa progression en montrant qu’il peut être un joueur impactant des deux côtés du terrain.

En étant mieux entouré avec un effectif des Raptors qui, on l’espère, sera enfin épargné par les blessures, on peut s’attendre aussi à ce que ses pourcentages de réussite au tir, qui sont en baisse par rapport à la saison dernière, remontent. 

L’œil de l’expert  : « C’est déjà sa meilleure saison jusqu’à présent. Donc  2025 sera sa meilleure année, à condition qu’il ne connaisse pas de blessure. »

Ses statistiques complètes cette saison (moyenne par match) : 31 matchs disputés, 22,7 points à 46 % au tir (32,8 % à 3-points), 6,7 rebonds, 5,9 passes décisives, 0,4 contre et 0,8 interception en 34 minutes.  

Chris Boucher : perte de temps de jeu et départ possible 

La saison du Montréalais Chris Boucher est très étrange. Dans sa dernière année de contrat, il avait très bien débuté la saison. Il était même, lors des premiers matchs, le premier joueur à sortir du banc pour apporter son énergie habituelle. Malgré ses 31 ans, le natif de Castries sur l’île de Sainte-Lucie avait montré des progrès notamment en attaque dans ses lectures de jeu et son implication au sein de l’attaque de Darko Rajakovic. 

Malheureusement, au fil du temps et avec les retours des blessés, notamment ceux de Kelly Olynyk et Bruce Brown, Chris Boucher a été relégué en bout de banc. Il n’a joué que 5 minutes face aux Nets de Brooklyn le 1er janvier puis a enchaîné deux matchs sans voir le terrain par la suite. Grâce à une bonne entrée en jeu dans une fin de match sans enjeu face aux Knicks de New York le 8 janvier avec 10 points inscrits en 3 minutes, il a forcé l’entraîneur Darko Rajakovic à le remettre dans la rotation. Le lendemain, il a signé un gros match contre les Cavaliers de Cleveland (23 points et 12 rebonds), puis a été de nouveau très actif face aux Pistons de Detroit samedi dernier avec 14 points.

Chris Boucher à l’échauffement avec les Raptors, une image qu’on ne pourrait plus voir après le 6 février 2025. Photo : Albane Toulouse

Malgré cela, l’avenir de l’un des joueurs favoris des partisans francophones des Raptors s’inscrit en pointillés avec la franchise torontoise. Le 6 février, date limite des transactions en NBA pourrait voir le numéro 25 faire ses valises, surtout que ses dernières performances lui ont, sans aucun doute, permis d’attirer l’attention sur lui.

L’oeil de l’expert : « Je pense que c’est la dernière année pour Chris Boucher comme membre des Raptors.  D’ici la date limite des transferts, à mon avis, il va être transféré ailleurs dans une équipe qui a besoin de lui, une équipe qui aura des prétentions dans les séries éliminatoires. En retour, les Raptors devraient recevoir des jeunes joueurs à potentiel et un choix de repêchage pour l’année prochaine. »

Ses statistiques complètes cette saison (moyenne par match) : 34 matchs disputés, 10,4 points à 48 % au tir (35.6 % à 3-points), 4,3 rebonds, 0,6 passe décisive, 0,6 contre et 0,6 interception en 17,4 minutes.

Ulrich Chomche : l’année du développement

Plus jeune joueur sélectionné lors du dernier repêchage, Ulrich Chomche connaît une saison d’apprentissage. Le jeune Camerounais qui a eu 19 ans fin décembre évolue principalement avec les Raptors 905, l’équipe de ligue de développement des Raptors (en G League).

Avec l’entraîneur franco-ontarien Justin Serresse recruté pour s’occuper de lui, le jeune intérieur arrivé directement de l’académie NBA au Sénégal a été mis dans des conditions idéales pour prendre le temps de s’acclimater à un nouveau pays, une nouvelle ville, une nouvelle culture et une nouvelle façon de jouer au basket. 

Ulrich Chomche travaille avec Justin Serresse avant un match des Raptors 905. Photo : Mickael Laviolle / ONFR

Avec les 905, Ulrich Chomche a déjà montré des flashs de son potentiel, notamment défensif avec plusieurs matchs à plus de cinq contres. Il s’est petit à petit acclimaté aux systèmes de jeu – qui demeurent encore simplifiés pour lui – mis en place par l’entraîneur Drew Jones, se montrant de plus en plus à l’aise sur le terrain. Tout reste néanmoins à travailler pour ce diamant brut qui ne demande qu’à être poli et demeure un projet sur le long terme. 

L’oeil de l’expert : « C’est l’année du développement pour Ulrich Chomche. Il va continuer  à apprendre. Il va commencer à se faire son nom, parce qu’on commence déjà à le voir circuler déjà dans les médias, avec son potentiel. Ce sera une année où on va voir un développement accru avec les Raptors 905, en espérant qu’il aura un peu de temps de jeu avec l’équipe première, mais ça devrait prendre tout de même deux ou trois ans pour qu’il se développe comme un joueur NBA qui peut contribuer. » 

Ses statistiques complètes cette saison ( moyenne par match en G League) :
Tournoi d’ouverture (14 matchs) : 5,9 points à 52,9 % au tir, 6,1 rebonds (dont 2,1 offensifs), 0,8 passes décisives, 0,1 interception, 2,7 contres, 1,4 balle perdue en 22,7 minutes. 

Saison régulière (6 matchs) : 7,5 points à 50 % au tir, 9,2 rebonds (dont 3,7 offensifs), 1 passe décisive, 0,3 interception, 2,5 contres, 2,5 balles perdues en 22,9 minutes.

Les médecins étrangers francophones désavantagés en Ontario

Les médecins étrangers francophones auraient plus de barrières systémiques pour s’établir au Canada et en Ontario. Parmi celles-ci, le dernier programme du ministère de la Santé, permettant à 100 praticiens formés à l’étranger de s’établir plus facilement dans le Nord de l’Ontario dès 2025, qui n’est pas disponible en français. Soutenue par l’AFO, la Société des Canadiens qui étudient la médecine à l’étranger (SOCASMA) exige une rectification de ces inégalités et dépose une plainte auprès de l’Ombudsman.

Le ministère de la Santé a annoncé en décembre que, dès 2025, 100 médecins de famille formés à l’étranger exerceront leur profession dans des collectivités rurales et du Nord, grâce à un programme pilote Préparation à la pratique en Ontario, ayant supprimé les barrières habituelles.

Le bémol pour l’organisme pancanadien SOCASMA est que cette évaluation n’est disponible qu’en anglais.

Carole Lafrenière, membre du conseil d’administration, est convaincue de l’importance de réduire les barrières qui empêchent les médecins francophones ou bilingues formés à l’étranger de venir pratiquer la médecine en Ontario pour mieux desservir la population francophone de l’Ontario.

Le Touchstone Institute, qui délivre ce programme financé par le gouvernement, pourtant favorable à offrir le programme en français, l’a informée que le problème résidait dans un manque de financement adéquat de la part du ministère à cet effet.

« Veuillez noter que le programme Préparation à la pratique médicale en Ontario n’est actuellement offert qu’en anglais » est-il mentionné sur le site internet du programme financé par le ministère de la Santé de l’Ontario. Source : Capture d’écran du site officiel

Le ministère de la Santé a décliné tout commentaire : « Les questions concernant le programme doivent être posées directement au Touchstone Institute. »

« Les francophones sont complètement oubliés », déplore Mme Lafrenière à notre micro.

« Or, selon la Loi sur les services en français, cette évaluation devrait être proposée dans les deux langues », ajoute-t-elle, notant que seul le Nouveau-Brunswick l’offre en français.

Dans la lettre qu’elle a fait parvenir aux ministères de la Santé et des Affaires francophones, appuyée par l’AFO, elle indique : « Pour les immigrants francophones, la situation est multipliée par l’absence quasi totale d’information de base, ainsi que de systèmes et d’outils d’évaluation en français.  L’Ontario a éliminé certaines barrières (…) mais il y a lieu de faire mieux, surtout en ce qui concerne les candidats francophones ».

Des barrières systémiques additionnelles

Pour un médecin étranger, il y a actuellement un autre recours pour exercer en Ontario. Mais là aussi, des disparités subsistent, « pour les francophones, la dynamique est encore pire ».

Ils peuvent faire une demande de résidence, un jumelage, de deux ans en médecine familiale après avoir passé deux examens du Conseil médical du Canada, pour lesquels les documents de préparation sont très rares en français.

L’année passée, rapporte Mme Lafrenière, 111 candidats francophones unilingues ont postulé en résidence à travers le Canada, seulement 24 ont pu être jumelés et tous seulement au Québec, soit 87 non jumelés.

« Sans compter qu’en l’obtenant, c’est une résidence de deux ans pour la médecine familiale, qui peut monter à cinq, sept ans et plus pour des spécialités. Des médecins qualifiés repartent de zéro ».

De même, les Canadiens qui ont étudié la médecine à l’étranger doivent aussi faire une demande de résidence au Canada, avec un taux de jumelage de seulement 22 %.

« 1000 médecins canadiens l’année dernière n’ont pas été jumelés au Canada et doivent soit aller ailleurs, soit changer de métier. Comparativement, 60 % des médecins étrangers parviennent à obtenir une résidence aux États-Unis », rapporte-t-elle, désabusée.

Carole Lafrenière explique que sa fille, une Franco-Ontarienne qui a étudié la médecine aux États-Unis, n’avait pas pu revenir exercer en Ontario, qui n’a reconnu qu’en 2023 l’équivalence en médecine de son voisin américain. Trop tard pour celle-ci qui s’était déjà établie de l’autre côté de la frontière. Photo : Gracieuseté

À cette inégalité s’ajoutent des barrières systémiques à plus grande échelle. Parmi les pays approuvés par le Collège Royal des médecins et chirurgiens du Canada, la Suisse est le seul pays francophone, avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Hong Kong, Singapour, l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni et l’Irlande.

Seul Québec a une entente bilatérale avec la France par exemple, mais pas reconnue à l’échelle du Canada.

Des requêtes formelles et une plainte auprès de l’Ombudsman

Le ministère des Affaires francophones, à qui la lettre était adressée également, avait répondu que la responsabilité relevait du ministère de la Santé. La députée néo-démocrate de Nickel Belt France Gélinas avait de son côté fait parvenir une copie de la lettre de Carole Lafrenière à la ministre de la Santé Sylvia Jones.

Estimant que les francophones de l’Ontario ont le droit de recevoir des services en français dans les deux langues officielles du Canada, l’organisme y a formulé les requêtes suivantes :

  • Qu’une stratégie soit développée dans le but d’identifier les lacunes au niveau de la prestation des services de médecins en français dans le but de mettre en œuvre une stratégie.
  • Que le Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario et tous les organismes responsables du recrutement et de l’évaluation des médecins formés à l’étranger disposent d’un service d’accueil, d’information et d’évaluation bilingue, y compris un site web complètement bilingue, ainsi qu’un processus d’évaluation de la capacité à exercer la médecine qui est aussi bilingue.
  • Qu’un certain nombre de pays francophones (France, Belgique, Tunisie, Algérie, Maroc, etc.) soient reconnus comme juridictions approuvées par le Collège Royal des médecins et chirurgiens du Canada, ainsi que le Collège des médecins de famille du Canada, au même titre que les juridictions anglophones approuvées.
  • Que les médecins francophones qui veulent immigrer en Ontario puissent être évalués en français et, si nécessaire, qu’une formation de mise à niveau en anglais soit offerte pour les candidats qui ont besoin de perfectionner leurs connaissances de l’anglais. (La responsabilité d’évaluer les candidats relève de la Touchstone Institute qui n’a présentement pas le mandat et les ressources pour offrir cette évaluation en français.)

Une plainte formelle a également été envoyée auprès de l’Unité des services en français de l’Ombudsman…

« L’Ontario doit prendre toutes les mesures nécessaires afin de faciliter l’intégration des professionnels de santé formés à l’extérieur du pays, tout en s’assurant le respect des standards de pratique et de sécurité pour les patients », estime pour sa part Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francohonie de l’Ontario (AFO).

31 décembre 1999, à Tunis

Chaque samedi, ONFR propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, c’est Rym Ben Berrah qui évoque des enjeux de société et d’éducation qui rejoignent le quotidien.

31 décembre 1999. Je m’en souviendrai toute ma vie. C’est la journée où j’ai eu la cicatrice qui habille mon front depuis. C’est aussi une journée tant attendue et marquante pour le reste de l’humanité : le passage au nouveau millénaire. Cette journée-là, j’étais encore à Tunis. J’ai reçu une énorme barre de fer sur le front, dû à des vents violents qui balayaient la capitale tunisoise. Aucune polyclinique ou pharmacie n’étaient ouvertes, tout le monde se préparait pour les festivités du rite de passage. Les pâtisseries, boulangeries et épiceries étaient bondées et le reste des institutions étaient désertées. 

Nous nous sommes retrouvés, mes parents et moi, dans un petit hospice (un dispensaire où l’on fait des pansements rudimentaires) de 16 mètres carrés. Le monsieur qui y travaillait n’était même pas infirmier. Il m’a cousue à vif, sans anesthésie, sans rien. Un fil et une aiguille qui me transpercent la chair. J’avais tout de même le sourire aux lèvres. Les larmes de ma mère coulaient en regardant le tableau. C’était aussi la première fois de ma vie que je voyais une larme briller au coin des yeux de mon père.

Avec ma voix, je les rassurais : « Ne vous mettez pas dans cet état! C’est le Nouvel An, et ça ne fait même pas mal. » C’est comme ça que j’ai traversé de millénaire en millénaire, un énorme pansement de soldat de guerre épais et quadrillé au front (qualité d’hospice du quartier oblige). Pourtant, une photo de moi dansant aux coups de minuit, mangeant une part de gâteau à la crème de noisette, orne l’album de photos de famille dans la section « Enfance à Tunis ».

Le phénomène du fresh start

C’est comme ça que nous sommes tous un peu vers le 31 décembre, non? Résilients, téméraires, avec un espoir changé si on était blasé dans les derniers mois. Un élan de motivation nous habite. Nous croyons fortement que nous avons droit à une rédemption. Nouvel An : 365 pages blanches à écrire. J’ai toujours détesté cette phrase. Et les 365 précédentes, sont-elles des brouillons? Sont-elles à éradiquer? Avons-nous besoin de nous berner autant pour calmer l’acuité de nos échecs? Nous entrons tous dans une frénésie d’oubli, avec ce besoin viscéral d’oublier ce qui n’a pas bien été et de se donner une chance, ainsi que de donner aux autres une chance. En tous les cas, tout est bon pour enjoliver les sourires du 31 décembre. 

Photo de moi intacte, qui date d’avant le 31 décembre 1999. Photo : Rym Ben Berrah

Nous voici en 2025, en train de consolider nos espoirs envers cette année. Pourtant, avec la vague de nouvelles perçues à la fin de l’année dernière, très peu de bon est à présager pour le moment. Et pourtant… Le champagne a coulé pour les uns, le moût de pomme pour les autres. Les gens ont trinqué avec des sourires tout sauf lucides. Pas grave. Le phénomène du fresh start est un concept vieux de quelques décennies. Nous nous donnons les moyens de bien finir une année pour s’armer afin d’en commencer une autre. Un regain de passion et de motivation, une frénésie populaire palpable et un désir de consommation, comme lors de toute fête qui se respecte. 

Les résolutions

Viennent donc les fameuses résolutions annuelles. Nous dressons une liste de ce que nous voudrions améliorer, acquérir, compléter, avoir. Certains le font pour eux-mêmes, afin de se compléter, de s’améliorer, de s’approfondir. D’autres le font pour les autres, ou plutôt afin d’appartenir, avant même le fait de se faire plaisir. Des études démontrent que la majorité des résolutions sont oubliées par le mois de mars. Nous notons une constance dans les bonnes habitudes pour quelques semaines (ou jours, selon l’élan) du mois de janvier, qui se dissipent ensuite avec les élans de l’amour en février, et se font prendre par la frivolité de la vie au mois de mars. 

Au final, que voulons-nous? Perdre du poids, arrêter de boire/fumer, renouer avec certaines habitudes saines, renouer certains contacts (mal)sains, aller mieux, être mieux, se plaire, plaire en général. En fait, loin de moi l’idée de penser que je saisis le sens de tout cela, mais si je jauge la question, je dirais que les désirs intrinsèques sont plus aptes à perdurer et à être complétés si on les dissèque par petits accomplissements : « J’aimerais faire du sport le mardi et le jeudi après le travail » est plus réalisable que « j’aimerais me remettre en forme ». Ce qui vient de nous et nous touche de l’intérieur a plus intérêt à demeurer que ce qui vient des autres. De ce fait, les désirs extrinsèques -en majorité des phénomènes de mode ou des mouvements de meute- s’envoleraient dès que la lassitude de janvier s’empare de nous et qu’on se retrouve un jeudi 16 janvier à 23h devant une série, le frigo semi-vide, le portable qui ne sonne pas, éreinté par la journée passée entre le boulot, le froid et les enfants et la tête pleine de pulsions. C’est fou comment c’est individualiste le temps d’après les fêtes.

Pour 2025, je nous souhaite de la justice, de la solidarité, de la conscientisation sociale, de la douceur, et de l’amour, de l’amour, de l’amour, toujours.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.

Nouvelles écoles : quoi de neuf du côté franco-ontarien en 2025?

Un nouvel établissement dans le Nord et un autre dans l’Est viendront élargir le réseau d’écoles de langue française en Ontario cette année. Plusieurs autres projets verront aussi le jour en 2026. Tour d’horizon.

Dans le Grand Sudbury, les travaux de l’école élémentaire catholique à Val Thérèse vont bon train. Elle sera le fruit de la fusion de trois écoles existantes : Notre-Dame (Hanmer), St-Joseph (Hanmer) et Val Thérèse. Le nouvel établissement pourra recevoir jusqu’à 567 élèves.

Financé à hauteur de 16,5 millions de dollars, ce projet du Conseil scolaire catholique Nouvelon doit permettre d’offrir des infrastructures plus modernes, dont un double gymnase et 24 classes, puisque celles des trois autres écoles actuelles sont vieillissantes et il aurait coûté plus cher de les rénover. Une garderie de 88 places ouvrira également.

Du côté d’Ottawa, 2025 sera l’année d’ouverture de l’école élémentaire publique Barrhaven-Manotick. Gérée par le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), qui a pu compter sur un financement de 10 millions de dollars de l’Ontario et de 1,6 million de dollars du fédéral, l’établissement aura une capacité de 475 élèves, de la maternelle à la 6e année. Une garderie d’une capacité de 10 poupons, 15 bambins et 24 enfants d’âge préscolaire est couplée au projet.

Le chantier de l’école l’école élémentaire publique Barrhaven-Manotick. Photo : CEPEO

Toujours à Ottawa, pas de nouvelle construction au sein du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), mais le campus Saint-Jean-Baptiste, qui a reçu en 2024 sa première cohorte d’élèves de 7e et 8e cette année, s’enrichira d’un niveau scolaire supplémentaire. Des élèves de 9e année la fréquenteront dès septembre.

Dans le Grand Toronto, pas non plus d’ouverture de nouvelle école cette année. Parents et élèves de l’École élémentaire catholique Saint-Michel à Scarborough devraient toutefois profiter de l’ajout de quatre classes, un réaménagement financé à hauteur de quatre millions de dollars. Une bulle d’oxygène pour cette école du Conseil scolaire catholique MonAvenir, qui a vu ses effectifs doubler en dix ans.

Et en 2026?

D’autres chantiers scolaires sont par ailleurs en cours avec une ouverture estimée en 2026. C’est le cas deux écoles élémentaires à Ottawa. La première, adossée à un financement de 20 millions de dollars, se situera dans le secteur Avalon Ouest. La construction a débuté en août dernier et se poursuivra jusqu’en avril prochain. « Elle permettra à 412 élèves de la maternelle à la 6e année de s’ajouter à la grande famille du CECCE dès la rentrée scolaire 2026-2027 et offrira 49 places en garderie », précise son directeur de l’éducation, Marc Bertrand.

La seconde, du côté d’Orléans-Sud « va répondre non seulement à la demande croissante d’une éducation de qualité en français à Ottawa, mais elle servira également de centre dynamique pour la communauté », selon le directeur de l’éducation du CEPEO, Christian-Charle Bouchard.

 Le site de la future école élémentaire catholique à Avalon-Ouest, à l’intersection du chemin Tenth Line et de la promenade Sweetvalley. Photo : CECCE

2026 est aussi la rentrée visée par le Conseil scolaire Viamonde pour l’ouverture de l’École élémentaire public Paul-Demers à Toronto. Situé à North York, l’établissement sera capable de recevoir 412 élèves, sans compter 48 places en garderie préscolaire, auxquelles s’ajouteront 10 poupons et 15 bambins. Sa construction doit débuter dans la première partie de l’année 2025.

Trois autres projets d’écoles élémentaires sont dans les cartons du conseil scolaire à Hamilton Ouest, Ajax et Quarry Lands (Toronto Est), mais il est encore trop tôt pour définir l’échéance d’ouverture .

Parti libéral : parler français n’est « pas important », dit un aspirant chef

Le fait de ne pas être bilingue et de ne pas maîtriser le français n’a pas d’importance, selon l’un des premiers candidats à s’être déclaré à la succession de Justin Trudeau, Chandra Arya, un député fédéral d’Ottawa.

Il a annoncé jeudi qu’il se déclarait candidat pour devenir le chef du Parti libéral du Canada en remplacement de Justin Trudeau, qui a annoncé sa démission lundi. Chandra Arya en a fait l’annonce sur X dans une vidéo et un communiqué de presse entièrement en anglais.

« Non, pas de français », a-t-il d’abord répondu lorsque questionné (en anglais) sur sa maîtrise du français à l’émission Power & Politics sur CBC.

« Le point est qu’autant les Québécois que les Canadiens anglais, ce n’est pas la langue qui est importante, mais c’est ce qui leur est livré », a dit celui qui représente la circonscription de Nepean, en banlieue d’Ottawa.

« Mais à la fin de la journée, la langue est très importante au Québec? », l’a alors relancé l’animateur.

« Non », a-t-il répété, soutenant que les Québécois « voient qui a livré quoi ».

« Croyez-moi, à la fin de la journée, pour les Canadiens français et anglais, ce qui compte, c’est ce qui est bon pour leurs enfants et leurs petits-enfants, la prospérité dont vont profiter leurs enfants », a-t-il dit.

Le ministre et lieutenant pour le Québec chez les libéraux, Jean-Yves Duclos, n’a pas tardé à dénoncer les propos de son collègue, écrivant sur X que « le prochain chef du Parti libéral devra impérativement être bilingue ».

« Le français et l’anglais font parties intégrantes de l’identité canadienne (…) C’est une question de respect et de valeurs. C’est aussi essentiel pour maximiser nos chances de gagner les prochaines élections », a-t-il plaidé.

Soulignant que le pays a toujours eu « des anglophones, et des personnes qui parlent couramment le français comme premiers ministres », Chandra Arya estime que ce qui compte le plus pour les Québécois, « c’est que le Canada devienne un pays souverain ».

Ce dernier fait de l’abolition de la monarchie britannique l’une de ses promesses s’il devient chef du Parti libéral. Ingénieur et entrepreneur né en Inde, il a immigré au Canada en 2006 et a été élu en 2015 sous la bannière libérale. Il promet aussi d’augmenter l’âge de la retraite de deux ans, d’augmenter le PIB réel du Canada à 5 billions de dollars d’ici 25 ans, en plus de reconnaitre la Palestine comme un État.

Mélanie Joly ne sera pas de la course

Au moment d’écrire ces lignes, Chandra Arya est le premier député qui a annoncé qu’il se présentait. L’ex-ministre des Finances, Chrystia Freeland, l’ancienne première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark et l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de l’Angleterre, Mark Carney, seraient d’autres candidats qui se lanceraient, ont rapporté le Globe And Mail et Radio-Canada dans les derniers jours.

D’autres ministres ont affirmé publiquement qu’ils réfléchissaient à l’idée de se lancer dans la course, comme François-Philippe Champagne, Jonathan Wilkinson et Steve MacKinnon. Ce dernier a d’ailleurs plaidé que seules les personnes bilingues devraient pouvoir se présenter comme chef du Parti libéral.

« Et bilingue pour moi, c’est de savoir apprécier le fait francophone au Canada, savoir apprécier le Québec dans son ensemble et l’ensemble des communautés francophones au pays et donc aussi, ce facteur-là va être primordial », avait-il plaidé plus tôt cette semaine.

Mélanie Joly, l’ancienne ministre des Langues officielles et actuelle ministre des Affaires étrangères, a indiqué vendredi qu’elle ne se présenterait pas à la chefferie, après avoir laissé entendre plus tôt cette semaine qu’elle y réfléchissait. Elle explique que la nature de son poste lui force à « consacrer chaque minute de mon temps et toute mon énergie à défendre les intérêts des Canadiens ».

« Bien que je sois prête à devenir la première femme à diriger le Parti libéral du Canada, j’ai conclu que la situation internationale actuelle, en particulier la menace des tarifs et des autres pressions économiques complètement injustifiables de la part du président élu des États-Unis, requiert une réponse ferme et urgente. La menace est maintenant », a-t-elle écrit sur X.

Le Parti libéral a d’ailleurs annoncé jeudi que le nouveau chef sera choisi le 9 mars et que les aspirants chefs ont jusqu’au 23 janvier pour se déclarer. Les membres auront jusqu’au 27 janvier pour s’enregistrer pour voter. Seuls les résidents permanents et les citoyens canadiens âgés de 14 ans et plus auront le droit de vote. Les aspirants chefs devront de leur côté amasser une somme de 350 000 $ pour être éligibles.

Bon début d’année culturelle

Alors que les souhaits de bonne année s’estompent et qu’on revient tranquillement à la routine, n’oublions pas de réserver quelques moments aux activités culturelles en français en Ontario. Les arts visuels sont à l’honneur cette semaine. On y ajoute un peu de musique, d’improvisation et tout simplement quelques occasions de se rassembler.

Sudbury en effervescence

La Galerie du Nouvel-Ontario (GNO) accueille une exposition conjointe des artistes Ali Rodriguez Beaudoin, Connor Lafortune, Isak Vaillancourt, Myths and Mirrors Collective et Ra’anaa Yaminah Ekundayo. Cette dernière est aussi la commissionnaire de l’exposition. À Sudbury, elle est connue entre autres comme la fondatrice et présidente de Black Lives Matter Sudbury.

Les œuvres d’Effervescence ont en commun de célébrer la diversité des cultures dans les communautés racialisées. « Ces œuvres sont un témoignage puissant de notre joie, de notre libération et de notre solidarité entre personnes de couleur, rejetant le conformisme et la performance pour le regard blanc. (…) Effervescence est l’endroit où nous nous réunissons pour créer, vivre et être libres », peut-on lire dans la description. Le vernissage d’Effervescence aura lieu le jeudi 16 janvier à 17 h et l’exposition sera en place jusqu’au 28 février.

Le vernissage d’Effervescence aura lieu le 16 janvier à 17 h à la Galerie du Nouvel-Ontario, située dans la Place des arts du Grand Sudbury. Photo : Gracieuseté de la GNO

Sudbury, du 16 janvier au 28 février. Détails sur le site de la GNO.

Romantiques et tragiques

La bibliothèque publique de Toronto organise une série de conférences virtuelles sur l’histoire de l’art. Celle de ce samedi 11 janvier s’intitule Delacroix et les Romantiques passionnés par Shakespeare, Walter Scott et Byron. L’historien de l’art Gilles Genty expliquera comment les artistes de l’époque romantique, en France, se sont inspirées des tragédies anglaises, comme les pièces de Shakespeare ou la vie du poète Lord Byron.

La liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. Ce dernier fait partie des peintres présentés dans la conférence de Gilles Genty. Image : Domaine public / Wikimedia Commons

En ligne, le 11 janvier à 14 h. Détails sur le site de la Bibliothèque publique de Toronto.

Les œuvres de Joseph Sagaj à Toronto

À l’Alliance française de Toronto, c’est l’artiste anishinaabe Joseph Sagaj qui sera à l’honneur du 11 janvier au 8 février, à la Galerie Pierre Léon. Le titre de l’exposition, Rétrospection et introspection, témoigne déjà des ponts entre le collectif et le personnel, qu’on retrouve dans les œuvres de l’artiste originaire de Neskantaga, dans le Nord de l’Ontario.

Les oeuvres de Joseph Sagaj seront à l’honneur à la Galerie Pierre Léon. Photo : Gracieuseté de l’Alliance française de Toronto.

Toronto, du 11 janvier au 8 février. Détails sur le site de l’Alliance française de Toronto.

C’est aussi à l’Alliance française de Toronto que s’arrêtera le pianiste Maxime Zecchini le jeudi 16 janvier. Le musicien français sera aussi de passage à l’Alliance française d’Ottawa deux jours plus tard. La particularité de Maxime Zecchini est sa spécialisation dans les œuvres pour main gauche. C’est ainsi d’une seule main, en donnant l’illusion d’en utiliser deux, qu’il interprétera des pièces de Gabriel Fauré, Camille Saint-Saëns et Maurice Ravel, entre autres.  

Maxime Zecchini a bien ses deux mains, mais il n’utilise que la gauche pour jouer au piano. Photo : Gracieuseté de l’Alliance française de Toronto

 

Toronto le 16 janvier, Ottawa le 18 janvier. Billets sur les sites de l’Alliance française de Toronto et d’Ottawa.

Retour de l’Acronyme à Ottawa

La ligue d’improvisation francophone d’Ottawa reprend du service avec un match arbitré par Emmanuelle Walsh-Viau ce vendredi 10 janvier à l’Institut canadien-français d’Ottawa. Les équipes qui s’affronteront sont les noirs (Anne-Charlotte Carignan, Josée Bazinet, Alix Sanche-Mayer, Éric Dumon et Arianne McNicoll) et les verts (Geneviève Perrier-Proulx, Vincent Pomerleau, Jonathan Dion, Marie-Hélène Dubé et Patrik Guillotte). L’Acronyme présente ses matchs tous les deux vendredis. Les prochains matchs auront lieu le 24 janvier et les 7 et 28 février.

L’Acronyme lors d’un match précédent. Photo : Gracieuseté de l’Acronyme

Ottawa, le 10 janvier. Détails sur la page Facebook de l’événement.

En français à Thunder Bay

Le Club culturel francophone (CCF) de Thunder Bay organise quelques activités dans les prochains jours. Entre autres, une rencontre francophone aura lieu à la Légion royale canadienne ce vendredi 10 janvier, et une activité de cabane à sucre se tiendra ce dimanche 12 janvier, dans la programmation de l’événement local Winter FunDays. Et pour bien visualiser l’année à venir, un atelier de création de planche d’inspiration bien-être sera donné par Natalie Lehto au studio Within You, le samedi 18 janvier.

Le CCF de Thunder Bay se trouve sur la rue Van Norman. Photo : Rachel Crustin

Plusieurs dates, Thunder Bay. Détails sur le site du CCF.

Élections anticipées en Ontario : Doug Ford face à un choix tactique

TORONTO – Une alternance politique fédérale quasi inéluctable au printemps conjuguée à des sondages très favorables à la Ford Nation renforcent l’hypothèse d’élections anticipées en Ontario. Extrêmement prudent dans ses déclarations, le premier ministre Doug Ford considère trois options : convoquer des élections avant le scrutin fédéral dès le retour en chambre fin février, attendre l’automne, ou se risquer à aller au terme de son mandat en 2026. Son appel cette semaine à la « stabilité » (et chaque jour qui passe) l’éloigne de l’option 1 et le rapproche d’un scénario post-élections fédérales.

« Il n’a jamais été aussi important que le Canada démontre stabilité, force et unité », s’est fendu lundi, dans un communiqué, Doug Ford en réaction à la démission du premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Un peu plus tard, il esquivait – encore une fois – la question récurrente des journalistes en conférence de presse, sur sa tentation de provoquer des élections provinciales anticipées : « Je suis concentré à 100 % sur les tarifs » (américains).

Avec un parlement prorogé jusqu’en mars, des élections fédérales devraient intervenir, sauf revirement extraordinaire, autour du mois de mai et consacrer l’arrivée au pouvoir des conservateurs de Pierre Poilièvre que tous les sondages donnent gagnant.

Aux manettes en Ontario depuis 2018, les progressistes-conservateurs ont donc tout intérêt à prendre de vitesse cet agenda fédéral en déclenchant eux aussi un scrutin anticipé, bien avant la fin du mandat actuel prévu en juin 2026. Pourquoi? Car rarement dans l’histoire canadienne les partis au pouvoir ont été du même bord politique au même moment au fédéral et au provincial.

Instabilité fédérale et popularité au beau fixe

Cependant, la démission de Trudeau « ralentit les intentions de Doug Ford de lancer une campagne électorale trop tôt », croit la politologue Stéphanie Chouinard, à rebours des spéculations depuis l’été dernier sur une dissolution de l’Assemblée législative ontarienne dès mars de cette année.

« Étant donné qu’on a un échéancier qui vient soudainement clarifier de façon plus nette au fédéral, peut-être que M. Ford va remettre ses intentions à plus tard en 2025, une fois le scrutin fédéral passé », anticipe la professeure du Collège militaire royal, excluant deux élections en même temps.

Le premier ministre sortant ne devra toutefois pas trop tarder dans l’année s’il ne veut pas qu’une politique de rigueur budgétaire fédérale porte ombrage à sa cote de popularité, ni que l’opposition gagne en assurance. Les plus récents sondages le créditent d’une confortable avance sur ses opposants : 42 % selon Abacus Data (26 % aux libéraux, 22 % au NPD), 40 % selon Angus Reid (25 % au NPD, 23 % aux libéraux).

Il faut dire qu’il a mis toutes les chances de son côté en multipliant les annonces qui touchent au portefeuille des Ontariens : bières dans les dépanneurs, chèque de 200 $ à chaque Ontarien, prolongement du gel de la taxe sur les carburants… Il a aussi esquissé de futures actions dans les transports – une corde sensible pour les électeurs – comme le démarrage du chantier de l’autoroute 413 et la promesse d’un gigantesque tunnel sous la 401 pour désengorger Toronto.

La menace Trump, une occasion d’incarner un leadership

Celui qui préside le Conseil de la fédération s’est en outre trouvé un nouveau combat : tenir tête frontalement à Donald Trump et se positionner en protecteur de l’économie canadienne face à la menace de tarifs dévastateurs sur les exportations canadiennes que fait planner le président américain élu. Le premier ministre a suggéré de couper l’approvisionnement en électricité aux États-Unis et, à la boutade trumpiste de faire du Canada un 51e État des États-Unis, il a proposé d’acquérir l’Alaska et le Minnesota, appelant à un peu de sérieux dans les médias des deux côtés de la frontière.

« Face à la menace de Trump, M. Ford se présente comme Capitaine Canada, car personne ne semble le faire au niveau fédéral. C’est un rôle qui lui va assez bien, qui rehausse sa crédibilité », observe le politologue Ian Roberge, professeur à l’École de politiques publiques et d’administration de l’Université York qui y décèle un positionnement préélectoral, plutôt en vue d’une échéance à l’automne également.

« Ce sera une période de retour à la stabilité fédérale, imagine-t-il avant de nuancer, prudent : beaucoup de choses peuvent changer en six à huit mois. »

Au cours des derniers mois, plusieurs cadres du parti au pouvoir ont confirmé qu’ils se représenteraient à l’image des ministres Kusendova, Dunlop, Parsa et Sarkaria. En réponse, les partis d’opposition ont multiplié les nominations de candidats en prévision d’un déclenchement hâtif de campagne, préférant relancer les appels aux dons plutôt que de s’engager dans de coûteux congrès.

Ces derniers sont néanmoins encore très loin d’inquiéter le pouvoir en place. « Tous les coureurs sont prêts à quitter les starting-blocks sans savoir quand le coup de feu retentira, pas même l’arbitre », ironise un stratège progressiste-conservateur, affirmant que toutes les options sont sur la table.

« Marit Stiles (NPD) n’est pas beaucoup connue, tandis que Bonnie Crombie essaye de reconstruire le Parti libéral, mais plus vite les progressistes-conservateurs iront en élections, moins elle aura le temps de le faire », recontextualise pour sa part M. Roberge.

Enquête de la GRC, la grande inconnue

Les vents sont ainsi très favorables à Doug Ford, en position de force pour solliciter un troisième mandat et conforté par des victoires rassurantes dans plusieurs élections partielles (Milton, Lambton-Kent-Middlesex et Baie de Quinte).

Mais la brise ne sera peut-être pas éternelle pour le premier ministre qui manœuvre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : les conclusions de l’enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur la ceinture de verdure pourraient entamer la confiance d’électeurs pas nécessairement ravis et compréhensifs de retourner aux urnes avant l’heure.

Attendre juin 2026 apparait enfin comme le choix le plus hasardeux. « Doug Ford voudra que les Ontariens aient encore à l’esprit les fameux chèques envoyés, une manoeuvre politique bien connue, une tentative d’acheter des votes », argumente Mme Chouinard.

Ce serait prendre le risque que s’installe une certaine usure du pouvoir après huit ans, complète M. Roberge. « Cette fatigue-là va se ressentir au bout d’un moment. Ford est assez populaire mais certains dossiers clés qui n’avancent finalement que très lentement comme la crise du logement pourraient venir creuser un peu plus ce sentiment dans l’opinion. »

Les sportifs franco-ontariens incontournables en 2025 

Pour cette nouvelle année, ONFR vous propose une liste non exhaustive d’athlètes franco-ontariens à ne pas manquer.

Si 2026 s’annonce riche en compétitions sportives majeures avec les Jeux olympiques d’hiver en février et la Coupe du monde de soccer organisée par le Canada, les États-Unis et le Mexique, 2025 servira pour de nombreux athlètes franco-ontariens d’année de préparation pour ces grands événements.

C’est le cas dans les sports d’hiver avec Ivanie Blondin, Paul Poirier et Valérie Grenier, que ce soit sur la glace pour les deux premiers ou sur la neige pour la troisième.

Un début d’année chargé pour Blondin

Ivanie Blondin a des échéances importantes avant de se tourner vers 2026, comme elle l’a confié à ONFR fin 2024. En premier lieu, la prochaine étape de Coupe du monde qui se déroulera chez elle à Calgary du 24 au 26 janvier. Elle devra ensuite enchaîner sur les trois dernières étapes de la saison : à Milwaukee, aux États-Unis, du 31 janvier au 2 février, puis à Tomaszów Mazowiecki, en Pologne, du 21 au 23 février avant de terminer en Hollande, à Heerenveen, du 28 février au 2 mars. La patineuse de vitesse ottavienne terminera ensuite sa saison avec les Championnats du monde à Hamar, en Norvège, du 13 au 16 mars.

Déjà tournés vers 2026

Pour Valérie Grenier, ce début d’année 2025 servira de test pour retrouver des sensations sur le slalom géant et le super G. Elle avait signé une très encourageante quatrième place sur le slalom géant de Semmering, en Autriche, fin décembre, avant de réaliser une performance décevante cette dernière fin de semaine, ne se qualifiant pas pour la deuxième manche du slalom géant de Kranjska Gora (Slovénie) qu’elle avait pourtant remporté lors des deux dernières éditions. Le retour à un haut niveau constant nécessitera du temps, mais c’est pour cela que la saison de ski de l’Ottavienne fait partie des événements à suivre en 2025.

Du côté du patinage artistique, Paul Poirier confiait fin 2024 que son esprit était déjà tourné vers les Jeux olympiques de 2026. Avant cela, il devra, avec sa partenaire Piper Gilles, parfaire ses deux programmes rythmiques et libres en vue des Championnats du monde qui auront lieu à Boston du 24 au 30 mars. Après avoir décroché la deuxième place l’an dernier, le duo visera l’or pour se racheter de sa finale de Grand Prix ratée à Grenoble, en France, où ils ont terminé à une surprenante cinquième place. S’en suivra un été important durant lequel ils devront créer et mettre en application leurs deux nouveaux programmes pour les Jeux qu’ils travailleront tout au long du début de saison 2025-26.

Les Sénateurs de retour

Toujours sur la glace mais avec un bâton et un palet, la deuxième partie de saison des Sénateurs d’Ottawa de Claude Giroux sera à suivre de très près. En effet, pour la première fois depuis sept ans, l’équipe de la capitale fédérale est dans la course pour jouer les séries éliminatoires.

« La conférence de l’Est est moins forte que lors des années passées et on a l’impression que presque tout le monde a une chance », a confié Jean-Philippe Forgues, animateur franco-ontarien du balado La Brigade, à ONFR.

La route est encore longue pour les Ottaviens, mais les espoirs sont là. La légende franco-ontarienne Claude Giroux demeure un joueur très utile en deuxième ou troisième ligne. Il faudra toutefois surveiller de près la date limite des transactions en LNH, le 7 mars, pour voir si le natif de Hearst, dans sa dernière année de contrat, sera conservé par les Sens ou échangé pour lui permettre de rejoindre une équipe avec de plus grandes ambitions pour y finir sa carrière.

Objectif Coupe du monde 2026

Enfin, sur le rectangle vert du soccer, on suivra avec grand intérêt les performances de l’attaquant franco-ontarien de Lille et de la sélection canadienne, Jonathan David. Dans une année pré-Coupe du monde, qui se déroulera en plus à la maison, l’Ottavien devra poursuivre ses belles performances en club et en sélection.

Avec les Rouges, il disputera le 20 mars la demi-finale de la Ligue des Nations CONCACAF face au Mexique. Le reste du programme des matchs amicaux n’a pas encore été annoncé, mais on sait d’ores et déjà que le Canada participera à la Gold Cup du 14 juin au 16 juillet, sa dernière compétition officielle avant la Coupe du monde.

Au-delà de ces têtes d’affiche, on n’oubliera pas de jeter un coup d’œil sur les performances de Jacqueline Madogo sur les pistes d’athlétisme, celles de Michael Woods sur son vélo, qui fera son retour au Tour de France, mais aussi nos nageurs Alexandre Landry et Benjamin Winterborn, la joueuse de volley de plage Brandie Wilkerson, ainsi que les joueuses de l’équipe féminine de soccer Vanessa Gilles et Cloé Lacasse.

Être ou ne pas être Fransaskois

SASKATOON – Si certains francophones se considèrent Fransaskois dès leur arrivée en Saskatchewan, d’autres, nés dans cette province, refusent l’étiquette. ONFR a profité d’un passage à Saskatoon pour interroger différentes personnes sur ce qui les pousse à adopter le terme ou non.

Selon l’Assemblée communautaire fransaskoise, un Fransaskois est « quelqu’un qui s’identifie à la communauté francophone de la Saskatchewan, que ce soit par naissance, par mariage, par adoption, ou simplement par identification. »

Il y a par contre un écart entre la définition formelle et celle sous-entendue, comme le rappelle le professeur de philosophie et ex-professeur en études francophones et interculturelles à l’Université de Regina, Jérôme Melançon. « La manière dont les gens l’utilisent (…) renvoie à une identité ethnique et pas seulement linguistique ».

L’Association jeunesse fransaskoise (AJF) a joué un grand rôle dans la popularisation du néologisme, dans les années 1970, dans le but de se défaire du terme Canadien-Français.

De plus en plus hétéroclite

En Saskatchewan, quelques villages francophones en milieu rural sont habités par les mêmes familles depuis des générations. Mais il y a moins de cohésion dans les villes, qui ne comptent pas de quartiers francophones.

Auparavant, l’immigration francophone était peu nombreuse et provenait surtout d’Europe. C’est seulement depuis une vingtaine d’années que les parcours se diversifient.

L’église de St-Denis est emblématique de ce hameau francophone près de Saskatoon. Photo : Rachel Crustin

« Il y a toujours ce jeu entre l’identité plus traditionnelle, liée à la religion, à la langue et à la descendance, et la volonté d’être plus ouverts et de répondre au fait que la francophonie est beaucoup moins homogène qu’elle ne l’a été par le passé », explique Jérôme Melançon.

Les gens croisés par ONFR ont été nombreux à mentionner cette nouvelle diversité comme un aspect crucial de la fransaskoisie actuelle. L’autrice-compositrice-interprète et réalisatrice Alexis Normand croit que les conversations sur la francophonie s’accompagnent de thèmes importants.

« Oui, on parle d’ouverture, d’exogamie, de sécurité linguistique. Mais quand on parle d’une communauté francophone plus ouverte, on va éventuellement parler d’antiracisme et de colonisation », affirme-t-elle.

Accueillis tout de suite

Séduit par un kiosque du Conseil économique de Saskatchewan à Paris, Samblo Marseille est arrivé à Saskatoon en mars 2024. Il a facilement trouvé la communauté francophone, grâce à de bons services d’intégration et à l’Église Saints-Martyrs-Canadiens de Saskatoon, qui reste un point de rassemblement pour la Fransaskoisie. Il se dit « totalement » Fransaskois.

« Quand je suis arrivé ici, tout de suite, les premières personnes que j’ai croisées me disaient bonjour. J’étais vraiment surpris par l’accueil des gens. »

Sylvie Clairefond, à gauche, et Samblo Marseille, à droite, viennent tous deux de France et ont choisi de s’établir en Saskatchewan. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Selon Jérôme Melançon, les premières rencontres dans une communauté sont déterminantes, en plus de la volonté de s’impliquer ou de vivre de façon plus individuelle. « La relation de chaque personne à (…) l’identité commune peut varier pour des raisons qui ne sont pas nécessairement sociologiques, mais qui dépendent des parcours personnels. »

La Française Sylvie Clairefond a aussi été surprise à son arrivée, il y a trois ans. « Je ne m’attendais pas à avoir une vie sociale totalement en français, et c’est ce que j’ai aujourd’hui. »

Le musicien Michel Lalonde a vécu de nombreuses années en Saskatchewan, à partir de 1990. « Je me suis senti chez moi dès le début. C’est une communauté très inclusive. »

Pas complètement

Pourtant, on trouve en Saskatchewan des francophones qui ne désirent pas porter l’étiquette fransaskoise. C’est le cas du réalisateur Simon Garez, né en Saskatchewan de parents français.

Dans son parcours scolaire, il n’a eu accès à une école francophone que pendant un an. Les longs trajets d’autobus vers Zénon Park l’ont contraint à revenir à son école locale de Nipawin, en programme d’immersion. « Mes frères, ma sœur et moi parlions mieux français que tous les autres élèves. (…) Il y avait l’accent anglophone, qu’on a un peu pris puisqu’on en était entourés. Ensuite, il y avait l’accent fransaskois, qui était différent. Et il y avait nous, les Franco-Canadiens… nous ne savions pas trop comment nous nommer. »

Simon Garez est l’un des rares à réaliser des films en français en Saskatchewan. Photo : Rachel Crustin

La suppression du programme d’immersion l’a forcé à poursuivre en anglais, dès la neuvième année. Les livres francophones ont même été retirés de la bibliothèque. « C’était inacceptable, mais j’étais tellement jeune que je ne le réalisais pas », affirme celui qui se dit aujourd’hui frustré de cet événement et de son manque de couverture médiatique.

Pour s’identifier, il privilégie le terme Français-Canadien, car « je sais que de dire Canadien-Français, ça a un contexte historique qui ne s’applique pas vraiment à moi. »

Grand ambassadeur de la Fransaskoisie, le rappeur Shawn Jobin reconnaît quand même que cette identité relève d’un choix.

« Je prends souvent l’exemple de mon épouse, qui est Belge. Elle a fait le choix de venir en Saskatchewan, elle a contribué à la communauté fransaskoise, mais (…) elle dit : je suis Belgo-Canadienne. (…) Et c’est important, ça aussi, de dire qu’on n’est pas obligés de s’identifier à ça. »

Un apéro franco à la microbrasserie 9 Mile Legacy de Saskatoon, en juillet 2024. Photo : Rachel Crustin

Arrivée en Saskatchewan dans l’enfance, l’artiste originaire de l’Alberta Sylvie Walker a aussi longtemps refusé le terme. « Ce sont des choses qui changent avec l’âge, l’expérience, les gens que tu croises. »

Issue d’une famille exogame et assimilée, Alexis Normand parle de son combat contre le sentiment de l’imposteur dans son documentaire Assez French.  

« Ma version de la francophonie est bilingue. J’essaie le plus possible d’agrandir l’espace que la francophonie occupe dans mon quotidien. (…) Mais veut, veut pas, j’habite Saskatoon. Veut, veut pas, il y a beaucoup de gens dans ma famille qui ne peuvent pas s’exprimer en français. J’ai réalisé qu’il y a plus qu’une version de ce à quoi peut ressembler la francophonie. »

Nouvelles générations

Jérôme Melançon explique que la façon dont les jeunes expriment leur identité évolue. « La question d’appartenance ne va plus de soi. (…) Les gens de 30 ans et moins n’ont pas la même relation à la communauté. Les manières de se lier, de communiquer et de se rassembler ne sont pas les mêmes. »

Certains revendiquent le droit d’être francophones sans militer activement. C’est le cas de la musicienne Émilie Lebel (éemi). « Je travaille en français. Mes amis sont francophones. Ce n’est pas qu’on fait le choix de se parler en français. On se regroupe, on est amis, on s’amuse en français. (…) Mais on n’est pas dans la face des gens. »

Des organismes comme le Conseil culturel fransaskois ou l’AJF jouent encore un rôle déterminant. Sylvie Walker affirme : « S’il n’y avait pas l’AJF, je ne pense pas que j’aimerais participer à la communauté. Quand tu es jeune, ce n’est pas cool d’être francophone. »

Shawn Jobin estime qu’il est primordial d’inspirer la jeunesse. Avec l’AJF, il programme le festival Franco-Fièvre. « On leur monte une expérience intense, avec un gros spectacle de festival en français, pour leur montrer que la musique qu’ils consomment en anglais se fait aussi en français, ici, au Canada. »

L’activité de la disco silencieuse avec Shawn Jobin a été populaire auprès des jeunes lors du Festival fransaskois. Photo : Rachel Crustin

Comme Shawn Jobin, l’artiste Anique Granger se considère toujours fransaskoise, même si elle vit au Québec. « Je pense que pour être Fransaskois, il faut que tu veuilles être Fransaskois. Ce n’est que ça. Que tu parles français, que tu sois en Saskatchewan ou que tu viennes de la Saskatchewan. Il y a des francophiles et des nouveaux arrivants. Je pense qu’il y a vraiment un esprit d’accueil et d’inclusivité. »

Anique Granger et Sylvie Walker ont réalisé un balado sur la Construction langagière, identitaire et culturelle (CLIC), un élément du cursus scolaire fransaskois. La série DéCLIC décortique les éléments qui construisent l’identité.

« On est tous des êtres hybrides, avec plusieurs facettes, explique Sylvie Walker. Je dirais que le fil conducteur de la Fransaskoisie est la fierté de la langue. Et un peu l’esprit de résistance. »

Parti libéral : Mélanie Joly se dit en réflexion pour la chefferie et Leblanc se retire

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères et ancienne ministre responsable des Langues officielles, Mélanie Joly, affirme être en réflexion pour se présenter à la chefferie du Parti libéral du Canada. De son côté, le ministre acadien Dominic Leblanc a annoncé qu’il ne se lancerait pas.

Mélanie Joly a déclaré aux représentants des médias à Ottawa qu’elle réfléchissait à l’idée de succéder à Justin Trudeau, deux jours après qu’il ait annoncé sa démission.

« Au cours des derniers jours, j’ai reçu beaucoup d’appuis partout à travers le pays, du fait que plusieurs m’ont écrit, particulièrement au Québec. En même temps, j’ai eu plusieurs rencontres avec mon équipe de proches conseillers et je vais continuer ma réflexion », a-t-elle indiqué avant une réunion du caucus libéral.

Le fait de jongler avec les responsabilités de ministre des Affaires étrangères « valors que la relation avec les Américains présentement est très difficile fait partie aussi de ma réflexion », a-t-elle indiqué, mais laisse « au premier ministre et au parti décider » si elle peut être candidate et ministre au même moment.

D’autres candidats ont soutenu publiquement qu’ils soupesaient l’idée de prendre la tête du parti. C’est le cas du ministre du Travail, Steven MacKinnon, et de celui de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson.

« Je suis effectivement en réflexion », a confirmé Steven MacKinnon, qui a insisté sur plusieurs qualités que devrait avoir le prochain chef, comme être parfaitement bilingue.

« Et bilingue pour moi, c’est de savoir apprécier le fait francophone au Canada, savoir apprécier le Québec dans son ensemble et l’ensemble des communautés francophones au pays et donc aussi, ce facteur-là va être primordial », a insisté le député de Gatineau.

« Je considère (la chefferie) et je n’ai pas pris une décision maintenant, mais bien sûr, je dois (me) décider dans la prochaine semaine », a exprimé Jonathan Wilkinson.

D’autres possibles candidats sont le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie du Canada, François-Philippe Champagne, la ministre des Transports Anita Anand, qui n’a toutefois rien laissé savoir publiquement, l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, Marc Carney, ainsi que l’ancienne première ministre de la Colombie-Britannique Christy Clark.

Dominic Leblanc écarte la chefferie

Contrairement à certains de ses collègues, le ministre des Finances et député du Nouveau-Brunswick Dominic Leblanc a laissé savoir qu’il ne comptait pas tenter sa chance.

« Des députés et des libéraux à travers le pays m’ont encouragé et j’ai beaucoup apprécié ça, a-t-il soutenu. J’ai réfléchi et j’ai conclu que pour le moment, le travail important que j’ai comme ministre des Finances face à la menace des tarifs douaniers des États-Unis était quand même une job à temps plein et j’ai décidé de focuser là-dessus. »

L’actuel ministre des Finances avec Justin Trudeau. Photo : Page Facebook de Dominic Leblanc

« C’est sûr que ça me déçoit », a lancé le député du Nouveau-Brunswick, Serge Cormier, au sujet de l’annonce de son collègue acadien.

« J’aurais très bien vu M. Leblanc prendre le poste de premier ministre. Je l’ai dit depuis le jour un, que M. Leblanc pourrait faire cette job-là les yeux fermés, mais je respecte sa décision », soutient le représentant de la circonscription d’Acadie-Bathurst.

Le Parti libéral du Canada et son exécutif doivent se réunir dans les prochains jours pour décider des règles sur la course à la chefferie, qui devrait être de courte durée alors que la Chambre des communes doit recommencer à siéger le 24 mars. Déjà, les trois partis de l’opposition au Parlement ont signalé qu’ils feraient tomber le gouvernement dès que possible lors d’un vote de confiance, ce qui plongerait probablement le pays en élection au printemps.

Vox pop : qu’est-ce que la « Fransaskoisie »?

Qu’est-ce que la « Fransaskoisie » et comment la vivre au quotidien? Pour répondre à cette question, la journaliste culturelle Rachel Crustin se déplace au parc provincial de Pike Lake, en Saskatchewan, pour rencontrer des Fransaskois en mode célébration. Accueillants et divers, ils ne cachent pas leur fierté francophone. Rachel trouvera-t-elle une famille d’accueil au sein de ces francophones des Prairies?

Français et langues officielles : quel bilan peut-on tirer du règne de Justin Trudeau?

OTTAWA – En annonçant sa démission lundi, Justin Trudeau laisse derrière neuf années remplies en politiques publiques, notamment en matière de français comme la modernisation de la Loi sur les langues officielles ou encore des nominations controversées. On a demandé à trois experts en francophonie canadienne de faire un bilan des années Trudeau en matière de langues officielles.

Malgré le long processus qui a mené à sa modernisation, la réforme de la Loi sur les langues officielles vient au haut de la liste des réalisations de Justin Trudeau, soutiennent nos experts.

« C’est clairement un héritage important du gouvernement. C’est une loi qui a innové dans la reconnaissance du caractère minoritaire du français en Amérique du Nord et en intégrant le principe d’égalité réelle », note la titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal.

« Lorsqu’on va se rappeler du mandat de M. Trudeau dans dix ou vingt ans, c’est sûr qu’on va noter qu’il a réussi à moderniser la Loi sur les langues officielles, ça reste un de ses legs », soutient le professeur de l’Université Simon-Fraser et spécialiste des politiques linguistiques canadiennes, Rémi Léger.

Parmi les moins bons coups, on note les nominations du premier ministre dans les dernières années à des postes clés ne parlant pas français, soulignent les spécialistes de la francophonie minoritaire.

« Ce qui a frappé la symbolique, ce sont les nominations du premier ministre, analyse la professeure en sciences politiques du Collège militaire royal de Kingston, Stéphanie Chouinard. 

« La nomination de la lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick Brenda Murphy a fait couler beaucoup d’encre, tout comme la nomination de Mary Simon faisant fi des enjeux du bilinguisme et des langues officielles », donne-t-elle en exemple, avec des plaintes records au Commissariat aux langues officielles.

La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Brenda Murphy. Source: Facebook gouvernement du Nouveau-Brunswick
Justin Trudeau avait nommé en 2019 Brenda Murphy lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick malgré qu’elle ne parle pas français. Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

« Ça en dit long sur la place qu’occupaient les langues officielles et le français dans l’esprit de M. Trudeau. Pour lui, le Canada devait désormais prioriser la réconciliation avec les peuples autochtones et la question du français était secondaire », émet comme observation Rémi Léger.

Les réinvestissements dans les langues officielles sous son gouvernement entrent dans les sections des bons coups, note Stéphanie Chouinard. Elle cite les bonifications aux plans d’action pour les langues officielles sous son règne ou encore le financement de l’Université de l’Ontario français.

« Durant l’ère Trudeau, la réalité des langues officielles n’a pas été remise en question et le premier ministre dans ses délégations à l’étranger a toujours fait attention de présenter le français et l’anglais à l’égalité. C’est quelque chose qui ne marque pas à moins d’un scandale », illustre encore la chercheuse sur la francophonie canadienne.

Pour Linda Cardinal, les exemples du manque de respect du français à la Commission Rouleau, la Commission sur l’ingérence étrangère ou encore la fin de l’étiquetage bilingue en pleine pandémie de la COVID-19, démontre toutefois que l’état du français dans la fonction publique fédérale au cours des dernières années n’a pas connu d’améliorations sous ce gouvernement libéral.

Si elle qualifie le dossier du français, notamment grâce à la réforme de la Loi sur les langues officielles, de succès pendant les neuf années du premier ministre, c’est plus en raison du travail de ses ministres, car « sur le terrain, on n’a jamais senti que M. Trudeau était le grand défenseur des langues officielles », analyse Linda Cardinal. 

« On n’a jamais senti que M. Trudeau était le grand défenseur de la francophonie au Canada, parce qu’il avait une relation compliquée avec le Québec. En milieu minoritaire, il a toujours vu le français comme une langue identitaire et non comme une langue officielle (…). Je ne pense pas que c’était le point fort de M. Trudeau », résume la professeure de l’Université d’Ottawa.

« Cela a été un succès malgré lui-même, abonde Rémi Léger. Il s’est fait amener sur le terrain des langues officielles malgré lui. C’est un terrain qui ne l’intéressait clairement pas et qu’il voulait éviter à tout prix à son arrivée en 2015. Il s’est fait tirer dans le carré de sable des langues officielles et il a été forcé de prendre des décisions comme la modernisation de la Loi sur les langues officielles. »

Pour la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), le mandat de M. Trudeau aura eu « beaucoup plus de positifs que de négatifs. »

« Ce n’était pas parfait, mais quand on regardera dans plusieurs années, je pense que le premier ministre Trudeau sortira comme une des personnes qui aura fait beaucoup pour la francophonie canadienne », affirme sa présidente Liane Roy.

Carl Bouchard passe au maquillage

Originaire d’Alma, Carl Bouchard découvre vite sa passion pour la francophonie minoritaire lors de ses études en journalisme à Ottawa. Aujourd’hui, il défend les Franco-Ontariens en tant que commissaire aux services en français au sein de l’Ombudsman. Hors travail, il partage son temps entre son chien, la cuisine, l’art et… les puzzles!

La démission de Justin Trudeau fait réagir en Ontario

Le premier ministre de l’Ontario a réagi à l’annonce de Justin Trudeau avec un seul mot d’ordre : les tarifs douaniers à prioriser avant tout. Les chefs de l’opposition ont salué le service de Justin Trudeau non sans renvoyer la balle à Doug Ford pour des problèmes « qui relèvent de la compétence provinciale ». Vives réactions également des députés fédéraux francophones.

« La démission de Justin Trudeau ne veut pas dire qu’il ne sera plus premier ministre durant les deux prochains mois et il doit impérativement prioriser les négociations à la menace des tarifs douaniers américains », a immédiatement lâché Doug Ford en conférence de presse, ce lundi.

Il a rappelé que dans deux semaines Donald Trump prêtera serment en tant que président des États-Unis et que le premier ministre devait veiller à ce que les menaces de 25 % de tarifs douaniers ne se concrétisent pas.

Plus tôt dans la journée, il avait publié sur son compte X que « le gouvernement fédéral doit faire tout ce qui est humainement possible pour éviter ces tarifs, notamment en faisant davantage pour sécuriser notre frontière et en proposant un plan crédible pour investir davantage dans l’armée canadienne afin de respecter et de dépasser nos engagements en matière de dépenses auprès de l’OTAN. »

Par trois fois, Doug Ford a évité la question de la date des élections provinciales anticipées et d’une quelconque décision suite au revirement de situation à Ottawa.

À la place, il a réaffirmé son intention de faire preuve « de stabilité et de force en ce moment critique, et le gouvernement fédéral doit de toute urgence expliquer aux Canadiens comment il évitera des tarifs qui pourraient avoir des effets dévastateurs sur notre économie ».

Les leaders d’opposition ontariens renvoient la balle à Ford

« Il s’agit d’un moment crucial pour notre pays et notre province, a déclaré la cheffe de NPD Marit Stiles. Le changement est arrivé à Ottawa et il est temps que le changement s’opère également en Ontario (…) Nous avons besoin d’un leadership à tous les niveaux qui accordera la priorité aux besoins des travailleurs pour une fois. »

Bonnie Crombie, la leader libérale, a rendu hommage à près de 17 ans de service de Justin Trudeau au Canada en tant que député, chef de parti et premier ministre.

« Il a dirigé notre pays à travers une période difficile, marquée par une pandémie mondiale et un climat géopolitique conflictuel et difficile (…) Je resterai, comme toujours, concentré sur la mise en œuvre du changement dont l’Ontario a désespérément besoin. »

« La vie est plus difficile que jamais, a publié Mike Schreiner, le chef du Parti vert ontarien. L’Ontario ne fait pas exception. Bien que le premier ministre Ford pointe du doigt Trudeau, la réalité est que la plupart des problèmes auxquels les gens sont confrontés relèvent de la compétence provinciale. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’un gouvernement provincial qui travaille pour les Ontariens ordinaires – et non pour les grandes entreprises et les milliardaires. »

Des députés fédéraux saluent « un impact durable »

À l’instar de Doug Ford, plusieurs députés libéraux fédéraux de l’Ontario ont réagi au départ de leur chef.

« Je remercie Justin Trudeau pour ses années de service pour le Canada et les Canadiens. Je lui souhaite, à lui et sa famille, le meilleur », a écrit l’ancienne ministre des Finances et vice-première ministre, Chrystia Freeland.

« Je tiens à dire merci à M. Trudeau et merci à sa famille. Je lui dois ma carrière », a réagi en entrevue le député de l’Est ontarien Francis Drouin.

Parmi les réalisations du premier ministre qu’il souligne, l’adoption de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, l’allocation canadienne pour enfants implantée en 2016 et le programme des garderies à 10 $.

« Il aura été un bon premier ministre pendant neuf ans, mais c’était clair que pour unifier notre caucus, il fallait un changement au sein de la chefferie », soutient le représentant de Glengarry—Prescott—Russell.

Ce dernier croit que l’élection d’un nouveau chef pourra se faire rapidement, rappelant que la course ayant mené Doug Ford à la tête du Parti progressiste-conservateur en 2019 aura pris près de cinq semaines.

« On a amplement le temps de le faire dans un temps qui est raisonnable (…). Je crois qu’on va être capable de présenter une vision réaliste pour le pays », affirme celui qui apporterait son soutien au ministre acadien Dominic Leblanc si ce dernier venait à se présenter.

Sa collègue dans Ottawa-Vanier, Mona Fortier, a salué le premier ministre pour « son leadership remarquable et son dévouement au service des Canadiens ».

« Vous laissez un héritage qui aura un impact durable », a-t-elle écrit sur X.

« Sous son mandat, des collaborations fructueuses ont permis d’obtenir des avancées significatives pour la francophonie ontarienne »
— Assemblée de la francophonie de l’Ontario

Des organismes francophones ont aussi salué l’annonce du chef libéral, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) soulignant que son gouvernement « passera à l’histoire comme celui qui a mené la modernisation la plus substantielle de la Loi sur les langues officielles en une génération ».

« Le bilan de Justin Trudeau en matière de francophonie et de langues officielles n’est bien sûr pas parfait, comme ceux de ses prédécesseurs n’étaient pas parfaits non plus. Cependant, au cours de sa décennie à la barre du pays, nombreux sont les gestes qu’il a personnellement posés qui montrent son engagement envers la dualité linguistique et le rayonnement de nos communautés », a indiqué sa présidente Liane Roy dans un communiqué.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) soutient que « sous son mandat, des collaborations fructueuses ont permis d’obtenir des avancées significatives pour la francophonie ontarienne ».

Justin Trudeau démissionne, mais restera en poste jusqu’à l’arrivée d’un remplaçant

OTTAWA – Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé lundi sa démission comme chef libéral, mais il restera en poste jusqu’à l’élection d’un remplaçant comme nouveau chef. Les activités au Parlement seront aussi prorogées jusqu’au 24 mars jusqu’à l’élection d’un nouveau chef libéral.

Justin Trudeau en a fait l’annonce lors d’une conférence de presse à 10h45 à Rideau Cottage, un lieu à l’air familier pour les nombreuses conférences de presse qu’il aura tenu durant la pandémie de la COVID-19 et l’endroit qu’il occupe depuis neuf ans, depuis son élection en 2015.

« Hier soir, j’ai partagé avec mes enfants la décision que je partage avec vous tous aujourd’hui. J’ai l’intention de démissionner de mon poste de chef du Parti libéral du Canada et de premier ministre une fois que le parti aura choisi son prochain chef », a-t-il annoncé, ajoutant que de longues conversations avec ses proches et la pause du temps des fêtes ont nourri sa décision.

S’il se qualifie de « fighter », Justin Trudeau a expliqué qu’il ne pouvait être à la tête des libéraux lors des prochaines élections fédérales en raison de la gronde au sein de ses troupes.

« Le pays mérite un choix clair et réel lors des prochaines élections et il est devenu évident pour moi que si je dois me concentrer sur des batailles internes, je ne peux pas être la meilleure option lors de cette élection », a-t-il affirmé.

La grogne était grandissante au caucus libéral dans les dernières semaines, alors que de nombreux députés du caucus libéral de l’Ontario et de celui de l’Atlantique avaient demandé au premier ministre de quitter. Cela fait suite au départ fracassant, le mois dernier, de la ministre des Finances et vice-première ministre Chrystia Freeland. Le député franco-ontarien Francis Drouin était l’un de ceux qui avaient réclamé le départ de M. Trudeau suite à la démission de Mme Freeland.

Le premier ministre n’a d’ailleurs pas voulu s’avancer sur les raisons qui lui ont mené à demander à Chrystia Freeland de quitter son poste de ministre des Finances.

« Je ne suis pas quelqu’un qui partage les détails de mes conversations privées. »

Le Parlement sera d’ailleurs prorogé, soit un ajournement des activités parlementaires, jusqu’au 24 mars pour laisser le temps à l’élection d’un successeur de M. Trudeau, qui a été voir la gouverneure générale Mary Simon à Rideau Hall, qui a accepté de mettre en pause le Parlement.

« On a pu très peu accomplir durant les derniers mois. Le Parlement a besoin d’un reset et de se calmer un peu les pompons pour se remettre au travail pour les Canadiens et pas à faire de la petite politique constante », a-t-il raisonné.

Justin Trudeau a aussi précisé qu’il avait demandé au président du Parti libéral du Canada, Sachit Mehra, de mettre en place un processus pour lui trouver un successeur. La constitution du parti ne précise pas le scénario dans le cas d’une course à la chefferie avec un premier ministre en poste.

« J’ai hâte d’observer le déroulement de ce processus dans les mois à venir », a soutenu Justin Trudeau qui pense que « la polarisation que l’on voit » à la Chambre des Communes devrait se calmer avec son départ.

Des élections, peu importe le nouveau chef, disent les oppositions

Malgré l’arrivée future d’un nouveau chef chez les libéraux, les trois partis d’opposition ont rappelé lundi leur intention de renverser le gouvernement, ce qui signifie que des élections au milieu du printemps 2025 semblent inévitables.

La démission de Justin Trudeau ne change rien selon Pierre Poilievre qui réclame des élections au plus vite, car « le gouvernement lui-même est hors de contrôle » accusant les libéraux de vouloir « protéger leurs pensions et leurs chèques de paie en cachant leur chef détesté sous le tapis afin de duper les Canadiens quelques mois avant des élections ».

« Tous les députés libéraux, ministres et candidats à la chefferie du parti ont aidé Justin Trudeau à briser ce pays au cours des neuf dernières années », a-t-il déploré dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux.

Idem pour le chef néo-démocrate Jagmeet Singh qui a assuré que son parti allait voter contre le gouvernement libéral lors d’un prochain vote de confiance à la Chambre des communes.

« C’est terminé, c’est clair. Quand on va avoir une motion de confiance, les néo-démocrates vont voter contre le gouvernement pour une élection, peu importe qui est le prochain chef du parti libéral. »

Le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet souhaite de son côté des élections au printemps 2025 après la course à la chefferie.

« Ce qui ne doit pas arriver est de créer des délais indus ou de fantasmer sur une élection qui serait très tardive », réclame le leader bloquiste.

Selon le site de sondage 338 Canada, le Parti libéral pourrait être relégué au troisième rang après avoir formé les trois derniers gouvernements. Les libéraux, qui possèdent actuellement 153 sièges, pourrait descendre jusqu’à 35 alors que les conservateurs sont projeter d’obtenir une forte majorité avec plus de 230 sièges.

Cinq souhaits pour le patrimoine franco-ontarien en 2025

Chaque samedi, ONFR propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.

Alors que vient de débuter l’année 2025, souhaitons-nous le meilleur. Pour cette première chronique de l’année, je vous partage cinq vœux que je nous souhaite pour une année réussie en patrimoine franco-ontarien.

Davantage de financement

L’argent, c’est le nerf de la guerre, dit l’adage bien connu. Pour que le milieu du patrimoine franco-ontarien se porte mieux en cette nouvelle année, rien de plus naturel que de lui souhaiter davantage de financement, pour qu’il puisse mieux réaliser son mandat, continuer d’organiser des activités et mieux sensibiliser la communauté.

À l’heure où les effets de l’inflation continuent de peser lourd, où le financement stagne depuis des années (lorsqu’il ne recule pas), un financement adéquat en faveur d’organismes de défense du patrimoine ou encore en faveur de sa valorisation, de sa préservation et de la restauration est essentiel pour la pérennité du patrimoine franco-ontarien.

Encore plus de désignations

Pressées par un ultimatum du gouvernement de l’Ontario qui avait indiqué qu’un moratoire serait imposé sur les désignations patrimoniales bientôt, les municipalités se sont activées l’année dernière afin de faire désigner en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario des bâtiments qui se trouvaient parfois depuis des années sur leur inventaire du patrimoine.

La maison Lacelle, mieux connue sous le nom de El Menson (du nom du restaurant), construite en 1898 dans l’actuel quartier de Vanier, à Ottawa, est un des nombreux bâtiments franco-ontariens à avoir été désignés patrimonialement en 2024 par la Ville d’Ottawa. Photo : Diego Elizondo

Le gouvernement Ford a repoussé l’échéance (qui devait initialement être le 31 décembre 2024) pour accorder un délai de deux ans supplémentaires aux municipalités pour effectuer des désignations patrimoniales. Cet élan ne doit pas s’estomper. À la Ville d’Ottawa, les désignations patrimoniales ont triplé l’an dernier par rapport à la moyenne historique et cela a inclus des bâtiments franco-ontariens. Continuons.

D’autres livres publiés

Quelques essais sur l’histoire franco-ontarienne ont été publiés au courant de la dernière année, de quoi regarnir nos bibliothèques de nouvelles études sur notre passé. On s’en souhaite d’autres cette année.

L’année dernière avait bien commencé avec un essai qui a attiré l’attention, celui d’Hugues Théorêt sur l’Ordre de Jacques-Cartier, dit « La Patente » (publié aux éditions du Septentrion). La publication des actes de colloque tenus en 2022 à l’Université d’Ottawa sur S.O.S. Montfort, Le moment Montfort dans la francophonie, est également un essai de choix à se procurer (éditions des Presses de l’Université d’Ottawa). En fin d’année, c’est un collectif d’études autour de l’histoire plus que cinquantenaire de l’hebdomadaire franco-ontarien Le Voyageur qui est arrivé en librairie (coédition Prise de parole et Société historique du Nouvel-Ontario).

Couverture du livre Le moment Montfort dans la francophonie canadienne, publié en 2024. Photo : Presses de l’Université d’Ottawa.

Même les enfants ont eu droit à un livre qui pourrait les intéresser. Les éditions David ont publié un roman jeunesse sur le vol au Château Laurier, à Ottawa, du portrait de Sir Winston Churchill (résolu l’année dernière). Un roman dans lequel le militant du patrimoine franco-ontarien Michel Prévost apparaît comme personnage!

De nouvelles reconversions de bâtiments patrimoniaux

À Ottawa, un fait marquant de la dernière année en patrimoine a été la reconversion de deux bâtiments patrimoniaux. En effet, l’ancien couvent Saint-Jean-Baptiste (dit Collège dominicain), de même que la Maison de la Providence Notre-Dame-de-la-Providence, à Orléans, ont été acquis respectivement par le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est et la Ville d’Ottawa. Le premier sert depuis la rentrée de l’automne dernier comme nouveau campus d’école secondaire à l’ouest immédiat du centre-ville d’Ottawa, tandis que le second accueillera des demandeurs d’asile célibataires d’ici le printemps prochain.

Ces deux bâtiments du patrimoine religieux avaient été mis en vente (quelque peu secrètement) par leurs communautés religieuses, qui les ont vendus au secteur public. Non seulement la reconversion de bâtiments existants plutôt que la démolition est une bonne pratique pour l’environnement et la réduction des gaz à effets de serre, il permet (du moins temporairement) de sauver un bâtiment patrimonial qui aurait pu facilement se trouver en ligne de mire du pic des démolisseurs.

L’ancien Collège dominicain a été reconverti en école secondaire catholique de langue française et a ouvert ses portes en 2024, à Ottawa. Crédit photo : Paroisse St-Jean-Baptiste d’Ottawa.

Le défi de reconversion de bâtiments du patrimoine religieux en masse ne fait que commencer et ces deux exemples heureux de la dernière année ne doivent pas être les derniers. Dans les prochains mois ou années, la reconversion de la maison-mère des Filles de la Sagesse à Vanier, du couvent Mont-Saint-Joseph dans Rockcliffe Park ou encore du couvent du Sacré-Cœur dans le vieil Ottawa-Est sont des projets en cours qui bénéficieraient de s’inspirer de l’exemple de l’ancien Collège dominicain et de la Maison Notre-Dame-de-la-Providence.

L’émergence d’une relève

Ce souhait ne se concrétisera pas en une année. Comme pour la question du financement, c’est un problème récurrent et complexe. L’absence de relève en patrimoine se fait sentir de plus en plus avec ses militants vieillissants. Je vous donne un exemple. En avril dernier, au moment où il recevait un prix pour son implication communautaire dans la francophonie, j’écrivais une chronique sur Louis Patry, vice-président fondateur de la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO). Dans sa dernière livraison, le bulletin de la SFOPHO nous apprenait que monsieur Patry, 79 ans, cessait son implication communautaire après plusieurs années de bénévolat. Monsieur Patry a beaucoup redonné à la communauté et il est parfaitement en droit de se reposer après de nombreuses années de valeureux services. Or, qui prendra le bâton du pèlerin? Quand émergera une relève? Pendant les derniers douze ans, monsieur Patry a veillé au grain et a sensibilisé élus, médias et entreprises privées pour que l’accent sur Orléans soit réaffiché sur les panneaux, à une époque où il s’effritait. Après un renversement de situation grâce à ses efforts, j’aperçois déjà que l’accent recommence tranquillement à être oublié sur les panneaux. Tel le mythe de Siphyse, il semble que ce combat en soit un perpétuel pour les Franco-Ontariens.

Le militant du patrimoine franco-ontarien d’Orléans, Louis Patry, a annoncé sa retraite à l’automne dernier. Photo : Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans.

Monsieur Patry a fait sa part, mais pour qu’une relève émerge en patrimoine comme je nous souhaite pour cette année, il faut lui donner des moyens pour réussir. On ne compte pas de programmes postsecondaires en français en Ontario, contrairement au Québec. C’est déjà un obstacle. Ensuite, l’absence d’opportunités est un frein énorme pour l’émergence d’une relève patrimoniale franco-ontarienne. Trop de bénévolat est attendu auprès des jeunes pour que ce soit pour eux une option réaliste de s’engager. Hormis quelques postes d’archivistes ici et là dans quelques universités, les options d’emplois sont quasi inexistantes.

Ceux qui s’intéressent et défendent le patrimoine franco-ontarien sont surtout d’une génération vieillissante, qui a fait carrière ailleurs qu’en patrimoine et qui incarne mal le renouveau. Mais sans de nouvelles conditions matérielles favorables pour elle, la relève tant attendue en patrimoine n’apparaîtra pas.

En résumé, mes cinq souhaits illustrent aussi bien mes espoirs que mon réalisme quant aux défis qui attendent le patrimoine franco-ontarien en 2025.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.

Vox pop : Qu’est-ce qui nous attend en 2025?

Qu’est-ce qui attend l’Ontario français en 2025? Élections charnières, anniversaires marquants, nouveaux défis? Si seulement nous avions une boule de cristal… Pour tâter le pouls, la journaliste Rachel Crustin interroge des francophones d’Ottawa sur leurs prédictions pour la nouvelle année, en saupoudrant quelques devinettes ici et là. ONFR vous souhaite une bonne et heureuse année 2025!

Les dossiers et événements à surveiller en 2025 en Ontario français

L’année 2025 s’annonce chargée politiquement, avec de possibles élections fédérales et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, mais il s’agira aussi d’une année de célébrations pour la francophonie ontarienne. ONFR vous présente des événements, dossiers et dates à retenir en 2025 en Ontario et dans la francophonie de la plus grosse province canadienne.

50 ans du drapeau franco-ontarien

C’est cette année que l’on célébrera le 50e anniversaire de la création du drapeau franco-ontarien. Il a été créé en 1975 par Gaétan Gervais, qui était professeur à l’Université de Sudbury, et Michel Dupuis, étudiant dans le même établissement. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario et les différentes ACFO locales promettent des célébrations, notamment le 25 septembre, Jour des Franco-Ontariens, pour célébrer la création de l’étendard devenu officiellement le symbole des francophones de la province en 2001. L’AFO affirme notamment avoir travaillé sur un visuel du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien, qui sera dévoilé dans les prochaines semaines.

Élections fédérales

Des élections auront lieu au niveau fédéral en 2025, mais bien malin celui qui peut prédire quand. Justin Trudeau fait face à une grogne de son caucus vis-a-vis de son leadership depuis les derniers mois. Elle s’est renforcée dans les dernières semaines avec le départ de la ministre des Finances Chrystia Freeland. Les conservateurs et le Bloc québécois demandent au premier ministre de déclencher des élections dès que possible, tandis que le NPD résiste pour le moment à retirer sa confiance au gouvernement libéral. Justin Trudeau doit déclencher des élections au plus tard le 25 octobre, selon la date fixée par Élections Canada, mais une possible motion de censure pourrait accélérer ce calendrier.

… et en Ontario?

En principe, des élections provinciales sont seulement prévues en juin 2026, mais le premier ministre ontarien a laissé la porte ouverte au cours des derniers mois. Doug Ford a refusé à de multiples reprises de s’engager à aller en élections seulement en 2026, n’écartant aucun scénario.

Les dernières élections en Ontario, en 2022, ont donné à Doug Ford une majorité de 83 sièges sur un total de 124. Photo : ONFR/Jackson Ho

Pour certains observateurs, les chèques de 200 $ que recevront les Ontariens dans les prochains mois sont une preuve de scrutin général à venir. Déjà, les libéraux et néo-démocrates ont signalé être prêts à partir en campagne électorale. Les oppositions accusent le premier ministre de vouloir devancer la date de l’élection avant la fin de l’enquête de la GRC sur le scandale de la ceinture de verdure.

Retour des étudiants à l’Université de Sudbury

C’est un dossier qui aura fait couler beaucoup d’encre dans le Nord de l’Ontario ces dernières années, avec la crise de l’Université Laurentienne. Son voisin de quelques centaines de mètres accueillera ses premiers étudiants à profiter d’une entente avec l’Université d’Ottawa à l’automne 2025. 23 programmes universitaires seront offerts aux étudiants de l’Université de Sudbury, ce qui leur permettra d’obtenir des crédits communs aux deux universités.

En mars 2024, lors de l’annonce du partenariat entre l’Université de Sudbury et l’Université d’Ottawa. Archives ONFR/Inès Rebei

Un demi-siècle d’existence pour le Festival franco-ontarien

Créé en mai 1976, le Festival franco-ontarien célébrera en 2025 sa 50e édition. Le festival de musique, qui aura lieu les 12-13 et 14 juin à Ottawa, n’a pas encore dévoilé sa programmation, mais les billets sont déjà en vente pour cette édition sous le thème « fêtés en grand ». L’an dernier, le site parc Major’s Hill avait accueilli entre autres Damien Robitaille, Mehdi Cayenne et Fouki.

Arrivée de Donald Trump et tensions tarifaires

Campagne publicitaire, entrevue avec les grands réseaux américains comme CNN et Fox News… le premier ministre Doug Ford a multiplié les manœuvres ces dernières semaines, de l’autre côté de la frontière, contre les possibles tarifs douaniers de Donald Trump, le président américain élu. Ce dernier, qui entrera en poste le 20 janvier, a promis de taxer de 25 % tous les produits canadiens entrant aux États-Unis, dès son arrivée. 

Mentions spéciales :

Doug Ford a déjà promis de riposter en coupant l’électricité envoyée aux Américains, notamment au Michigan, si ces tarifs vont de l’avant. En Ontario, le secteur hydroélectrique et manufacturier, comme l’industrie automobile, sont grandement dépendants du marché américain. Près de 500 milliards de dollars sont échangés commercialement entre l’Ontario et les États-Unis chaque année.

100e anniversaire de North Bay  : La ville du Nord de l’Ontario célébrera en 2025 son centenaire. Des célébrations sont prévues tout au long de l’année dans la ville via divers événements, pour marquer l’occasion.

Un nouveau recteur à l’Université d’Ottawa : La plus grosse université bilingue au Canada devra se trouver un nouveau recteur, après que Jacques Frémont ait annoncé son départ. Il termine son mandat en juin 2025.

Démolition de l’édifice du MIFO  : Endroit incontournable pour les arts et la culture à Orléans et à Ottawa, l’édifice de la rue Carrière sera démoli cette année. Le nouveau bâtiment, prévu pour l’automne 2027, sera construit sur le même terrain et aura une superficie quatre fois plus élevée.

Palmarès Francopresse : trois Franco-Ontariens mis à l’honneur

Ethel Côté, Claudette Gleeson et Alex Tétreault sont les Franco-Ontariens sélectionnés parmi les dix personnalités influentes de la francophonie canadienne du palmarès 2024 de Francopresse. Une reconnaissance que leur valent leurs engagements économique, artistique et politique sans relâche auprès de leur communauté.

« Nous avons eu droit encore cette année à une cuvée impressionnante de candidatures soumises par les journaux francophones du Canada. Une preuve que non seulement la francophonie est bien vivante au Canada, mais aussi que les journaux en sont des témoins privilégiés », a affirmé Julien Cayouette, rédacteur en chef de Francopresse.

Parmi les récipiendaires de cette dixième édition, à titre d’hommage posthume : l’entrepreneure engagée Ethel Côté, qui nous a quittés en octobre 2024.

Québécoise et Franco-Ontarienne, elle était présidente fondatrice de la Nouvelle Scène à Ottawa, ancienne directrice générale d’ImpactON, fondatrice de mécènESS, plateforme intégrée en développement communautaire et innovation sociale, membre du comité consultatif provincial sur les Affaires francophones et professeure associée à l’Université de l’Ontario français.

Dévouée à la francophonie et à l’économie sociale, Ethel Côté est décorée de l’Ordre du Canada, de l’Ordre de l’Ontario, de l’Ordre de la Pléiade et d’un Prix Saphir en tant que personnalité féminine de l’année 2017.

Ethel Côté au Congrès de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), en 2020. Gracieuseté

Le Nord de l’Ontario bien représenté

Originaire de Sudbury, Alex Tétreault, qui en est le poète officiel, s’est démarqué puisqu’il « personnifie une nouvelle génération d’artistes franco-ontariens avec ses projets artistiques novateurs autour des identités queer et franco-ontarienne ».

Dramaturge et acteur, il est détenteur de deux prix de Contact Ontarois, notamment avec sa  pièce Nickel City Fifs, une épopée queer sudburoise sur fond de trous, le fruit de cinq ans de travail, appuyé par le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO).

Ancien président de l’Association des étudiants francophones de l’Université laurentienne, il devient président de Fierté Sudbury, puis président de Théâtre Action. Il a également soutenu les Rendez-vous de la fierté Acadie Love comme directeur général pendant quelques mois, en 2024.

Alex Tétreault est également la personnalité de l’année dans le bilan culturel d’ONFR.

Alex Tétreault pendant les présentations éclair de Contact ontarois, en janvier 2024. Photo : Rachel Crustin / ONFR

La ville de Greenstone, dans le Nord de l’Ontario, aura beaucoup fait parler d’elle cette année et c’est Claudette Gleeson, militante dévouée de la francophonie en milieu minoritaire, qui s’est illustrée par la lutte qu’elle a menée en 2024 pour que le drapeau franco-ontarien continue de flotter devant l’hôtel de ville.

Investie dès son plus jeune âge auprès de la communauté francophone via des initiatives de bénévolat, elle est fondatrice et présidente du Franco-Festival de Thunder Bay, présidente du conseil d’administration de l’Association des francophones du Nord-Ouest (AFNOO), vice-présidente du Conseil scolaire du district catholique des Aurores boréales, présidente de l’Accueil francophone de Thunder Bay.

Elle a reçu d’ailleurs le Prix du gouverneur général en 2016.

Claudette Gleeson, présidente du Conseil de la coopération de l’Ontario, reçoit une reconnaissance du Sénat du Canada, 2018. Gracieuseté

Les Maritimes, Saskatchewan et le Yukon

En bonne place dans le palmarès Francopresse, les provinces de l’Atlantique avec le président de l’agence de développement économique Horizon TNL et du journal Le Gaboteur Cyr Couturier de Terre-Neuve-et-Labrador, également professeur-chercheur à l’Université Memorial qui contribue à la promotion de la francophonie.

Détenteur du Prix Acadie-Québec, P’tit Belliveau, de son nom Jonah Richard Guimond, est un artiste néo-écossais phare de l’Acadie, qui s’est illustré en 2024 sur les scènes du Congrès mondial acadien et du festival Francos de Montréal.

P’tit Belliveau au Congrès mondial acadien, en août 2024. Photo : Rachel Crustin / ONFR

L’ancienne présidente de la Société nationale de l’Acadie, Louise Imbeault, est une figure importante de la Figure de proue de la francophonie acadienne. Chancelière de l’Université de Moncton, elle vient d’être désignée prochaine lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick.

Originaire de Dieppe, au Nouveau-Brunswick également, Kamylle Frenette s’est classée 4e à l’épreuve de paratriathlon aux Jeux paralympiques de Paris de 2024 et en remportant une course de la Série mondiale.

L’éducatrice, documentariste et militante métisse Marjorie Beaucage du Manitoba et de la Saskatchewan, représente les enjeux des communautés métisses et autochtones par ses productions artistiques.

Anne Leis est une médecin, professeure en santé et ancienne présidente de la Société Santé en français Saskatchewan qui milite pour l’accès aux soins de santé en français, menant des recherches sur l’incidence de la COVID-19 sur les familles francophones des Prairies.

Directrice générale de l’Association franco-yukonnaise, Isabelle Salesse a joué un rôle important dans la modernisation de la Loi sur la première autorité de santé pour protéger les droits linguistiques et dans les relations avec divers groupes.

La Franco-Ontarienne Lise Bourgeois lauréate de l’Ordre de l’Ontario

OTTAWA – L’ancienne présidente-directrice générale du collège La Cité fait partie des 29 nominations à l’Ordre de l’Ontario dévoilées ce mercredi par la lieutenante-gouverneure de l’Ontario.

L’enseignante native d’Embrun détient un long parcours dans l’univers de l’éducation, débuté au Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO) puis au sein du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), dont elle est devenue directrice de l’éducation en 2003, poste qu’elle a occupé durant sept ans.

De 2010 à 2024, elle a dirigé La Cité, créant notamment un profil distinctif des diplômés pour améliorer l’employabilité et mettant au point MobiliCité, un modèle d’apprentissage par l’expérience à Toronto.

Elle a aussi rendu possibles la vision et la création d’Excentricité, un carrefour unique de 30 millions de dollars pour la technologie immersive et l’entrepreneuriat, inauguré en 2018. Elle a annoncé sa retraite en septembre 2023, effective depuis juin 2024, Lynn Casimiro lui succédant à la tête du collège.

Parmi les autres lauréats, citons la Franco-Manitobaine Danielle Lussier. Métisse de la rivière Rouge et citoyenne de la Manitoba Métis Federation, celle qui vit aujourd’hui à Kingston a été reconnue pour sa contribution transformationnelle à l’éducation juridique et postsecondaire en Ontario.

Boursière nationale de l’Université Queen’s et titulaire de la chaire inaugurale sur les connaissances et les perspectives autochtones à l’Université Queen’s, elle préside le groupe consultatif autochtone qui appuie le Barreau de l’Ontario sur les questions liées à ses membres autochtones et à l’accès à la profession.

La liste des lauréats comprend des avocats, entrepreneurs, médecins, chercheurs et politiciens parmi lesquels Zanana Akande, première femme afro-canadienne à occuper un poste de ministre provinciale, ou encore l’ancien procureur de la Couronne Todd Archibald.

Depuis sa création en 1986, plus de 900 personnes ont reçu la plus haute distinction civile de la province en reconnaissance de leurs contributions extraordinaires, dont plusieurs Franco-Ontariens : Ronald Caza, François Boileau, François Bazinet, Ethel Côté, Florence Ngenzebuhoro, Bernard Leduc

Les lauréats pour l’année 2024 seront investis par la lieutenante-gouverneure de l’Ontario et chancelière de l’Ordre de l’Ontario, Edith Dumont, lors d’une cérémonie à Toronto en 2025. « Ces récipiendaires ont marqué la vie d’innombrables personnes, ici, en Ontario et bien au-delà, a-t-elle déclaré. Leurs réalisations, dans une vaste diversité de domaines, incarnent l’excellence et nous inspirent comme citoyennes et citoyens. »

Ces lois et règlements qui entrent en vigueur au 1er janvier 2025

Garderies à 22 $, fusions dans la santé publique, sanctions en immigration frauduleuse, simplifications dans la construction de nouveaux logements, mise à jour des organismes désignés sous la Loi sur les services en français (LSF), améliorations dans les foyers de soins de longue durée et sur les chantiers de construction… Voici sept changements principaux qui s’appliquent à compter de ce mercredi en Ontario.

Des frais de garde plafonnés à 22 dollars par jour

C’est à partir de ce 1er janvier de janvier que les frais exigés des parents sont plafonnés à 22 $ par jour pour les enfants de moins de six ans inscrits dans le système pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants (SPAGJE).  Ce changement devrait se traduire par des économies de presque 300 millions de dollars en 2025 pour les familles. Cette baisse progressive doit mener d’ici mars 2026 à des frais plafonnés à 10 dollars par jour, comme le prévoit l’entente entre le gouvernement fédéral et la province.

La liste des agences désignées sous la LSF actualisée

Autre modification de règlement en vigueur dès aujourd’hui, celle liée aux changements apportés à la désignation sous la Loi sur les services en français de 73 agences publiques. Ces changements comprennent des consolidations d’agences, des programmes les transferts, les changements de nom d’organisation, ainsi que les extensions de services pour que les Ontariens comprennent mieux où les services en français sont disponibles.

Des sanctions contre les fraudes à l’immigration

L’application d’une modification à la Loi de 2015 sur l’immigration de l’Ontario permet désormais de sévir contre les représentants frauduleux de l’immigration qui exploitent les nouveaux arrivants postulant au Programme ontarien des candidats à l’immigration. Ces changements introduisent de nouvelles normes et imposent des sanctions à ceux qui enfreignent ces normes sous forme d’amendes, d’interdictions pluriannuelles ou à vie.

Cinq bureaux de santé publique en moins

À partir de ce 1er janvier, l’Ontario ne compte plus que 31 bureaux de santé publique. C’est le résultat de la fusion de neuf agences locales en quatre nouvelles « consolidées ». Dans le Nord, Porcupine et Timiskaming deviennent un seul et même bureau : Santé publique du Nord-Est. Ailleurs dans la province, le comté de Brant se rapproche de Haldimand-Norfolk. Les comtés de Hastings et de Prince Edward, Kingston, Frontenac et Lennox fusionnent avec Addington et le district de Leeds, Grenville et Lanark. Enfin, même logique entre Haliburton, Kawartha, le district de Pine Ridge et le comté de Peterborough.

Des diététistes en virtuel dans les foyers de soins de longue durée

Des consultations hybrides et virtuelles avec des diététistes professionnels sont maintenant effectives dans les foyers de soins de longue durée des foyers lorsqu’un diététiste est introuvable localement. C’est l’idée derrière la modification du le Règlement 246/22 de la Loi de 2021 sur la fixation des soins de longue durée. Ces modifications étendent également la disposition de flexibilité en matière de dotation de travailleurs sociaux (PSSP) et de personnel fournissant des services de soutien à la personne dans les établissements de soins de longue durée jusqu’au 1er janvier 2026.

Des produits menstruels obligatoires sur les chantiers

La législation oblige dorénavant le secteur de la construction à fournir des produits menstruels aux équipes de 20 travailleurs ou plus sur le terrain et aux projets de construction de trois mois ou plus. C’est le résultat de l’entrée en application d’un règlement modifié pris en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail. Objectif : encourager l’inclusion et soutenir les femmes dans les métiers spécialisés.

Logement : Durham et Waterloo exemptés d’approbation provinciale

La construction de logement devrait être plus simple et rapide à présent dans ces deux municipalités grâce aux modifications apportées à la Loi sur l’aménagement du territoire qui leur délèguent la responsabilité première de l’aménagement du territoire. Un règlement connexe les exempte en outre d’exiger une approbation du ministre sur la plupart des modifications au Plan officiel. Toujours dans le but d’accélérer la construction de logements, la province harmonise plusieurs aspects entre les codes du bâtiment et les codes nationaux de construction, et promeut l’utilisation de plus de bois pour favoriser l’accessibilité financière et soutenir l’emploi.

Le top 10 des articles d’ONFR les plus lus en 2024

Comme chaque année, on revient sur les articles qui ont le plus retenu l’attention au cours des 12 derniers mois. Nos gestionnaires de communautés les ont compilés en fonction du nombre de sessions ouvertes sur notre site web. Et voilà ce que cela donne.

1er  : Exemption pour les étudiants étrangers francophones : la décision revient aux provinces, selon Ottawa

L’article le plus consulté en 2024 nous ramène en tout début d’année. Quelques jours après avoir annoncé le plafonnement du nombre d’étudiants étrangers au Canada, le ministre de l’Immigration Marc Miller rejette sur les provinces la responsabilité de favoriser l’immigration francophone. Un article signé de notre correspondant parlementaire à Ottawa, Pascal Vachon, publié le 31 janvier.

Marc Miller, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté. Photo : ONFR/Stéphane Bédard

2e : Ottawa prêt à accueillir des immigrants francophones du Québec dans d’autres provinces

Restons sur la Colline parlementaire, mais faisons un bond en octobre, cette fois, lorsqu’à la suite de la suspension de deux programmes d’immigration temporaire par le gouvernement du Québec le fédéral avance l’idée de sélectionner les francophones qui seront refusés par le gouvernement Legault pour les rediriger vers les autres provinces. La nouvelle a vivement fait réagir au pays, en ce 31 octobre 2024.

La Colline parlementaire. Photo : ONFR/Stéphane Bédard

3e : 22 collèges et universités francophones accusent Ottawa d’avoir violé la Loi sur les langues officielles

Nous sommes le 9 avril 2024. ONFR met en lumière une plainte contre le fédéral déposée par l’ensemble des établissements postsecondaires francophones hors Québec. Ces derniers estiment que le gouvernement a violé la Loi sur les langues officielles en n’excluant pas les francophones de son plafond sur le nombre d’étudiants étrangers.

Valérie Grenier après sa chute en Italie en janvier 2024. Photo : gracieuseté Valérie Grenier

4e : Ski alpin : fin de saison pour Valérie Grenier

Le quatrième article le plus lu est le cauchemar vécu par la skieuse Valérie Grenier sur les pentes de Cortina d’Ampezzo en janvier. Victime d’une violente chute dans un super-G, l’athlète franco-ontarienne subira deux opérations et jettera l’éponge pour le restant de la saison, jusqu’à son retour il y a quelques semaines, bien décidée à briller en 2025.

L’Ontario de plus en plus attractif pour les immigrants. Photo : gouvernement de l’Ontario

5e : De plus en plus d’immigrants francophones choisissent l’Ontario au détriment du Québec

ONFR met en relief en janvier un rapport publié par Statistique Canada démontrant que le nombre de nouveaux arrivants francophones qui choisissent de s’installer hors du Québec, principalement en Ontario, connaît une progression depuis 20 ans. 11 % des immigrants dont le français est la première langue parlée se sont installés à l’extérieur de la Belle Province en 2006, contre 17,9 % aujourd’hui.

Reportage dans le temple sikh de Timmins. Photo : ONFR/Dominique Demers

6e : Quand l’Inde redessine le visage du Nord de l’Ontario

Au sixième rang des articles les plus lus cette année, le récit numérique d’Inès Rebei publié en juillet. Dans ce nouveau long format, notre reporter met en perspective un phénomène récent dans le Nord : l’afflux d’immigrants indiens qui bouleverse les équilibres linguistiques et culturels. Par le poids des mots et la force des images, son récit va nous faire découvrir ces visages qui remodèlent la région.

Photo : Canva

7e : La grève ou l’entente : l’heure du choix pour les enseignants franco-ontariens

À trois jours d’un vote de grève des 12 000 enseignants franco-ontariens, notre reporter Sandra Padovani relate en janvier ce qui pourrait être un tournant décisif pour peser sur un déblocage du renouvellement de leur convention collective. L’entente sera finalement conclue en février, au terme d’un an et demi de laborieuses négociations avec le gouvernement.

Photo : ONFR/Sandra Padovani

8e : Arrêté avec 4 kg d’héroïne, il évite un procès car ses droits linguistiques ont été violés

Cette primeur sera reprise par plusieurs médias au pays en avril. Un homme arrêté avec près de quatre kilos d’héroïne en sa possession à l’aéroport international Pearson n’aura pas eu à se rendre à son procès et à faire face à la justice, car son droit à avoir des procédures judiciaires en français a été violé. Une folle histoire judiciaire rapportée par Pascal Vachon.

L’entrepreneur Claude Villeneuve. Photo : JBV Production

9 : Décès de Claude Villeneuve à Hearst : une « perte immense pour la communauté »

En 9e position, une figure importante des affaires de Hearst disparait en avril. Ayant grandi dans une ferme laitière et s’étant lancé en affaires avec une simple tractopelle, M. Villeneuve a bâti un empire s’étendant sur plus de 75 000 kilomètres carrés. Chef de file en innovation, Villeneuve Construction était parmi les premiers à exploiter des drones pour évaluer la gestion des stocks.

L’artiste Jean Marc Dalpé. Photo : ONFR/Rachel Crustin

10e : Le salon du livre de l’Outaouais lance sa programmation

Une fois n’est pas coutume, on clôt ce top 10 chez nos voisins québécois avec un article de notre reporter culturelle Rachel Crustin qui scrute la présence franco-ontarienne au 45e Salon du livre de l’Outaouais . Une trentaine d’auteurs franco-ontariens sont au rendez-vous en février, dont Jean Marc Dalpé, invité d’honneur pour l’Ontario français et Émilie Monnet, récipiendaire du prix Jacques-Poirier-Outaouais.

Ces décès qui ont marqué l’Ontario français en 2024

Du célèbre chroniqueur Denis Gratton au chanteur acadien Cayouche, plusieurs personnages et personnalités de la francophonie ontarienne et canadienne nous ont quittés cette année. ONFR vous présente une liste de quelques-uns d’entre eux qui auront façonné le visage francophone de l’Ontario et du Canada français.

Denis Gratton

Ses chroniques ayant accompagné les matins de nombreux francophones de la région d’Ottawa, le célèbre journaliste du journal Le Droit est mort il y a quelques semaines à l’âge de 64 ans. Ce dernier, qui avait arrêté d’écrire dans Le Droit au cours des dernières années en raison de la maladie, a commencé ses chroniques pour le quotidien franco-ontarien en 1993. C’est sa couverture de la crise de l’hôpital Montfort en février 1997 qui aura placé son travail à l’avant-plan. Son travail lors de cette saga lui aura valu au Droit une mention d’honneur aux Prix Michener du Gouverneur général du Canada.

Le journaliste Denis Gratton. Photo : Simon Séguin-Bertrand/Archives Le Droit

Omer Cantin

C’est lui qui a fondé le journal Le Nord à Hearst et qui était jusqu’à son décès, le propriétaire et éditeur de la Librairie Le Nord. Omer Cantin avait également créé Les Éditions Cantinales de Hearst en 1995 et mis sur pied la Fondation Omer Cantin, consacré au patrimoine franco-ontarien. Omer Cantin est mort en mai dernier à l’âge de 73 ans, après un combat contre le cancer durant plusieurs années.

Denis St-Jules

Journaliste à Radio-Canada, sa voix aura transporté les francophones du Nord de l’Ontario chaque matin. Le Sudburois qui était aussi poète aura présenté pendant près de 30 ans des émissions comme Le Matin du nord et CBON le matin, avant de se retirer du diffuseur public en 2008. Mais il porte aussi comme faits de carrière d’être l’un des membres à l’origine de la création du Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) en 1971, puis de la Coopérative artistique du Nouvel-Ontario (CANO) l’année suivante.

Ethel Côté

Ethel Côté est connue en Ontario français pour avoir œuvré pendant plus de 30 ans dans le développement de l’économie sociale et solidaire. Présidente fondatrice de la Nouvelle Scène à Ottawa, directrice générale d’ImpactON, fondatrice de mécènESS et professeure à l’Université de l’Ontario français, elle était réputée pour être impliquée de près ou de loin dans de multiples projets et organismes aux quatre coins de la francophonie ontarienne. Ethel Côté est décédée au mois d’octobre aux suites d’un cancer à l’âge de 66 ans.

Claude Villeneuve

Bien connu dans la ville de Hearst, l’entrepreneur en construction avait fondé l’entreprise Villeneuve Construction, une firme incontournable à Hearst. En février dernier, l’Association des constructeurs de routes de l’Ontario l’a intronisé au Temple de la renommée, pour ses contributions à l’industrie. Claude Villeneuve aura au cours de sa carrière sauvé plusieurs entreprises et usines de la fermeture dans le Nord de l’Ontario.

Claude Villeneuve est décédé à l’âge de 76 ans après un combat contre le cancer. Capture d’écran JBV Production

Jean- Yves Lalonde

Il a été le maire d’Alfred et Plantagenet pendant plus de 11 ans (2003-2014) en plus d’être président des Comtés unis de Prescott et Russell ainsi que de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) en 2014. Celui qui est décédé en avril à l’âge de 76 ans a aussi été un membre fondateur de l’Association francophone pour l’éducation artistique en Ontario (AFÉAO).

Benoit Pelletier

Ancien ministre québécois, mais grandement impliqué dans la francophonie canadienne, Benoît Pelletier est décédé en avril dernier à l’âge de 64 ans. Il aurait été député en Outaouais sur la scène provinciale, mais c’est comme ministre de la Francophonie canadienne sous le gouvernement libéral qu’il a mis au monde des accords avec l’Ontario et les autres provinces en matière de francophonie. Il était jusqu’à sa mort, professeur à la faculté de Droit à l’Université d’Ottawa.

D’autres décès en 2024 :

Cayouche : Mort à l’âge de 74 ans en mai, le légendaire chansonnier acadien aura marqué plusieurs générations autant pour sa musique que pour sa personnalité folklorique.

Cayouche lors d’un spectacle à Hanmer, en 2016. Photo : Gracieuseté de La Slague

Maurice Henrie : L’écrivain et professeur était notamment un des fondateurs de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français. 

Brian Mulroney  : L’ex-premier ministre canadien sous le Parti conservateur entre 1984 et 1993 est mort à l’âge de 84 ans. 

Marc Labelle : Ancien journaliste à Radio-Canada à Sudbury et Toronto, le Franco-Ontarien de Verner meurt à l’âge de 68 ans, des suites d’un cancer.

Jean-Gabriel Castel : Ancien résistant français déménagé au Canada, ce professeur universitaire aura été le fondateur du premier cours de droit en français à Toronto.

Jean-Gabriel Castel en 2016 au Collège Glendon de l’Université York, où il était professeur. Gracieuseté

Claude Deschâtelets : Un des membres fondateurs des Compagnons des Francs Loisirs de North Bay où il était connu de la communauté francophone. Il s’est éteint à l’âge de 85 ans.

Roy McMurtry  : Cet ancien procureur général de l’Ontario est décédé en mars 2024, 40 ans après l’adoption de la Loi sur les tribunaux judiciaires, qui a fait du français une langue officielle dans la justice.

Marc-Yvain Giroux : Acteur connu de la francophonie à Welland et dans la région de Niagara notamment dans le monde scolaire, il est décédé à l’âge de 91 ans en juillet dernier.

Visibilité et financement, les enjeux de la culture en 2024

2024 a été une année difficile pour le financement des événements francophones en Ontario. Certains pôles culturels ont tout de même obtenu de bonnes nouvelles, qui promettent un bel avenir à leur communauté. Les mots diversité et inclusion étaient sur toutes les lèvres, ce qui n’a pas empêché l’éclatement d’un petit scandale. Retour sur 2024, sous le thème culture et société, en une citation, une date, un chiffre, une personnalité et un lieu.

Une citation : « On ne comprend pas pourquoi on ne peut rien recevoir alors qu’on travaille si fort. »

Christian Roméo Youdjeu est le fondateur et producteur exécutif des Kilimandjaro Music Awards, gala bilingue qui récompense la musique afro-canadienne. Dans une entrevue à ONFR, il a lancé cette phrase en expliquant avoir failli annuler son événement, faute de financement.

Pour le Torontois, l’intersectionnalité entre l’identité francophone et afrodescendante est un obstacle de plus à la visibilité. Mais son sentiment est partagé par d’autres organisateurs francophones, particulièrement dans la ville reine.

Le directeur général de Francophonie en fête, Jacques Charrette, a aussi confié à ONFR que « ce n’est pas facile de rejoindre la communauté francophone à Toronto ».

Même des événements gratuits peinent à attirer les foules, et il est de plus en plus difficile d’offrir une programmation invitante, dû aux coûts qui augmentent et aux subventions qui diminuent.

Les Rats d’Swompe, avec leur trad-rock franco-ontarien, étaient la tête d’affiche de la journée du dimanche lors de l’édition 2024 de la Franco-Fête de Toronto. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

De son côté, la Franco-Fête a adopté le thème du Cri du cœur pour tenter de réveiller les bailleurs de fonds. L’événement gratuit a perdu 73 % de son financement depuis la pandémie, selon le directeur général de Groupe Simoncic, José Bertrand. Ce dernier prévoit maintenant une édition 2025 qui reviendrait autour du 24 juin, comme à ses débuts, afin de ramener des festivités de la Saint-Jean-Baptiste à Toronto.

Dans l’Est ontarien, un autre événement de Groupe Simoncic se relève tranquillement de ses années de disette. Le Festival de la curd a adopté le Centre communautaire de Saint-Albert comme nouveau lieu de festivités. L’édition la plus complète depuis 2019 a été présentée en septembre, et certaines activités affichaient complet.

Une date : 6 août

À Ottawa, à quelques jours de son défilé annuel, l’organisme Fierté dans la capitale a émis une déclaration prônant l’inclusion et dénonçant la montée de la haine. Le texte critiquait entre autres les actions du gouvernement israélien dans la bande de Gaza et énonçait une série de mesures que l’organisme s’engageait à prendre.

Cette prise de parole voulait affirmer que tous étaient les bienvenus dans les activités de Fierté dans la capitale, mais a eu l’effet inverse pour une partie de la communauté juive, qui s’est sentie exclue. Différents organismes et politiciens, dont Mark Sutcliffe, le maire d’Ottawa, ont boycotté les activités de cette semaine de la fierté.

Le slogan « No pride in genocide » a été adopté par ceux qui défendent la déclaration de Fierté dans la capitale. Photo : Rachel Crustin/ONFR

Lors du défilé, la communauté LGBTQ+ se rangeait massivement derrière l’organisme, affichant fièrement des drapeaux, symboles et slogans propalestiniens. Questionné par ONFR, Francesco MacAllister-Caruso, qui occupe la co-présidence du conseil d’administration, a affirmé que « la Fierté, à la base, se veut un mouvement de libération et de défense des droits de la personne. Les demandes énoncées dans notre déclaration (…) n’enlèvent rien à notre solidarité envers les communautés juives ».

Un chiffre : 36 millions

Dans les bacs depuis de nombreuses années, la construction d’un nouvel édifice moderne pourra aller de l’avant pour le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO). En mai, le centre culturel de l’est d’Ottawa a reçu 36 millions de dollars de la part du gouvernement fédéral.

De nombreuses personnes se sont impliquées dans le projet d’un nouveau bâtiment pour le MIFO dans les dix dernières années. Crédit image : Rachel Crustin

À compter de mars 2025, la programmation du MIFO se déplacera dans différentes salles, dont l’auditorium de l’école secondaire catholique Béatrice-Desloges. Le bâtiment actuel sera démoli pour laisser la place à un centre quatre fois plus grand, carboneutre, inclusif, polyvalent et multigénérationnel.

Si tout va bien, la communauté francophone pourra découvrir son nouveau quartier général en 2027.

Une personnalité : Alex Tétreault

L’année de cet artiste de Sudbury a débuté en lion avec deux prix remportés à Contact ontarois (Audace Réseau Ontario et Alliance Acadie), en janvier, après une présentation éclair de 10 minutes.

Nickel City Fifs : une épopée queer sudburoise sur fond de trous, est une collaboration avec le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO). Tristan débarque au bar queer de Sudbury, le Zigs. « L’esprit protecteur du cratère de Sudbury enjôle les employés pour essayer de convaincre le jeune que c’est possible de vivre ici (en tant que personne queer) et qu’on a besoin de lui », a expliqué Alex Tétreault dans une Rencontre d’ONFR.

Alex Tétreault pendant les présentations éclair de Contact ontarois 2024. Crédit image : Rachel Crustin.

De janvier à avril, Alex Tétreault a occupé le poste de directeur général par intérim des Rendez-vous de la fierté Acadie Love. En juin, il a été nommé poète officiel du Grand Sudbury. En septembre, le texte de Nickel City Fifs a été publié aux éditions Prise de Parole.

Alex Tétreault est également le président du conseil d’administration de Théâtre Action depuis 2022. Il collabore aussi de près avec le TNO, contribuant aux deux productions maison de cette année, la production professionnelle et la production communautaire.

Un lieu : l’Armise de Timmins

À Timmins, la communauté francophone a vécu tout un choc en 2015, lors de l’incendie qui a ravagé le Centre culturel La Ronde. Après plusieurs années d’attente, le nouveau centre a rouvert ses portes au public à la fin 2023, mais un élément manquait toujours pour que les francophones de la région retrouvent leur lieu de rassemblement.

C’est en juin 2024 que la nouvelle version du bar l’Armise a commencé à accueillir les visiteurs. Une inauguration officielle a suivi lors de la Journée des Franco-Ontariens, le 25 septembre.

Le salon-bar préféré des Franco-Timminsois est de officiellement de retour après près de 9 ans d’attente. Crédit photo : Inès Rebei/ONFR

La nouvelle Armise est plus petite que la précédente, mais plus lumineuse et confortable. Elle promet de retrouver son cachet intime et rassembleur, tel que décrit par l’assistante à la préparation des évènements et des installations, Lynne Guertin, dans une entrevue avec ONFR. « C’est intime et tout le monde se connait, on est chez nous, c’est comme si on était dans notre salon tous ensemble. » 

Clins d’oeil franco-canadiens

En 2024, ONFR a visité deux autre provinces pour explorer la francophonie canadienne. En Saskatchewan, le Conseil culturel fransaskois a fêté ses 50 ans en grand. En plus d’un passage au Festival fransaskois, ONFR a profité d’une semaine à Saskatoon pour tourner Micro & boussole en Saskatchewan, une série d’entrevue et de performances mettant en vedette cinq artistes fransaskois : Shawn Jobin, Anique Granger, Alexis Normand, éemi et Mario Lepage.

Un mois plus tard, ONFR assistait au Congrès mondial acadien, en Nouvelle-Écosse. Cet événement majeur se déroule une fois aux cinq ans dans une communauté acadienne différente. Les Acadiens de partout dans le monde s’y rassemblent pour célébrer leur culture et discuter de leur avenir.

Une marée humaine vêtue de bleu, blanc et rouge s’est déversée dans les rues de Yarmouth lors du Tintamarre du Congrès mondial acadien, le 15 août 2024. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les 10 jours de festivités comptaient plus de 300 activités réparties dans les régions de Clare et d’Argyle, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Au niveau culturel, les vétérans comme la relève étaient bien présents, entre autres lors du spectacle de la Fête nationale de l’Acadie, qui a réunit entre autres Édith Butler, Zachary Richard, Salebarbes, Jourdan Thibodeau, Lisa Leblanc et P’tit Béliveau. Le spectacle était précédé du traditionnel tintamarre, où des milliers de personnes ont fait du bruit dans les rues de Yarmouth, une ville traditionnellement anglophone.

« On dit aux autres qu’on est encore là, on n’est pas juste en train de se le dire à nous », a affirmé avec fierté Martin Théberge, le président de la Société nationale de l’Acadie, au micro d’ONFR.

2024 a aussi été une année d’anniversaires : la formation Règlement 17 a fêté ses 15 ans et LGS a soufflé 25 bougies. Pour leur part, le Concours LOL – Mort de rire Desjardins et la Nuit émergente de Sudbury ont souligné une décennie d’existence.

Qu’est-ce qui a retenu l’attention au niveau des langues officielles au fédéral en 2024?

OTTAWA — On revient sur l’année 2024 au Parlement avec une personnalité, une citation, une date, un chiffre et un lieu qui ont marqué l’actualité à Ottawa et l’actualité des langues officielles au niveau fédéral.

Une citation : « Excusez-moi, mais vous êtes plein de marde »

Jamais une simple séance du Comité des langues officielles n’aura autant retenu l’attention que lorsque le député franco-ontarien, Francis Drouin, a traité un témoin de « plein de marde » et aussi « d’extrémiste ». Ces propos, qu’il a retirés quelques instants après, et dont il s’est excusé quelques jours plus tard, lui auront valu une condamnation des partis de l’opposition à Ottawa, mais aussi de l’Assemblée nationale du Québec et de François Legault.

Francis Drouin convenait qu’il aurait dû « mieux poser mes mots » et admettait s’être « laissé emporter par la passion », quand deux chercheurs ont expliqué que fréquenter une université ou un cégep anglophone au Québec augmente grandement la probabilité de mener sa vie en anglais.

Pas en reste, les partis de l’opposition auront passé près d’un mois à tenter de faire démissionner le représentant de l’Est ontarien du Comité des langues officielles, ce qu’il a fait à la rentrée parlementaire suivante. Entre-temps, son poste de président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie aura été sauvé après que le Bloc québécois ait appelé à le destituer.

Une personnalité : Marc Miller

Le ministre de l’Immigration en aura eu plein les bras cette année avec la réduction de l’immigration autant temporaire que permanente, mais ça ne l’aura pas empêché d’être actif pour l’immigration francophone. 

Tout d’abord, il a débuté 2024 en annonçant une nouvelle politique en immigration francophone pour terminer en augmentant la cible pour les prochaines années.

Entre-temps, l’imposition d’un plafond sur les étudiants étrangers lui a valu une plainte au Commissariat aux langues officielles, ce qui a entrainé, quelques mois plus tard, une exemption pour quelque 2 000 étudiants étrangers dans les établissements francophones. Marc Miller n’aura pas non plus hésité à critiquer le gouvernement Ford sur sa manière de gérer les universités et collèges et l’accueil des immigrants. 

Un lieu : Cour suprême du Canada

C’est moins les décisions rendues par les juges, mais plutôt celles prises par l’appareil administratif de la Cour suprême qui ont retenu l’attention cette année. 

Poursuivie en Cour fédérale par l’organisme Droits collectifs Québec (DCQ), qui lui reproche de ne pas vouloir traduire ses décisions unilingues antérieures à 1970, la Cour suprême a décidé de retirer de son site web toutes ses anciennes décisions qui ne sont pas en anglais et en français. 

La plus haute cour au pays a promis de traduire certains de ces jugements, principalement en français, dès 2025 dans le cadre de son 150e anniversaire, mais une telle manœuvre n’aura pas calmé l’organisme DCQ qui compte continuer sa démarche juridique.

Il faut toutefois souligner que juridiquement la Cour suprême a ordonné au printemps un nouveau procès pour un homme accusé d’agression sexuelle, dont les droits linguistiques n’avaient pas été respectés, une décision saluée comme une avancée pour l’accès à la justice en français au pays

Un chiffre : 3

C’est le nombre de ministres qui auront occupé le portfolio des Langues officielles seulement en 2024, soit un de plus que durant les neuf dernières années du gouvernement Trudeau.

Impliqué dans de multiples scandales cette année, c’est finalement un concernant son héritage autochtone qui aura eu raison de Randy Boissonnault, qui a quitté le cabinet en novembre dernier. Sa prédécesseure, la ministre acadienne Ginette Petitpas Taylor, a repris le mandat des langues officielles pour quelques semaines jusqu’au remaniement ministériel, il y a quelques jours. 

Rebrassant les cartes de son cabinet suite au départ anticipé de plusieurs ministres, Justin Trudeau a confié le rôle des langues officielles à une élue québécoise, Rachel Bendayan, qui mérite ainsi une promotion au Conseil des ministres. Sa tergiversation sur le déclin du français dans sa première prise de parole comme ministre dans ce rôle lui aura toutefois valu ses premières critiques.

Une date : 16 décembre

Ce qui devait être simplement la date de l’énoncé économique d’automne s’est vite transformé en la journée de la démission de Chrystia Freeland, jour qui pourrait peut-être marquer le début de la fin de Justin Trudeau à la tête du pays.

Car depuis cette démission, une vingtaine de députés libéraux comme le Franco-Ontarien Francis Drouin et le caucus libéral ontarien demandent à Justin Trudeau de quitter son poste. Ce dernier qui réfléchira à son avenir comme premier ministre durant le temps des fêtes, selon le Globe and Mail, a près de 20 points de retard sur Pierre Poilievre, au sommet dans les sondages. 

Les libéraux sont menacés d’être relégués au 3e ou 4e rang lors des prochaines élections avec le Parti conservateur et le Bloc Québécois qui réclament des élections au plus vite, alors que Jagmeet Singh a signalé qu’il ferait tomber le gouvernement dès que possible au retour prévu de la Chambre des communes le 27 janvier.

Les sports en 2024 : pas seulement les Jeux olympiques

L’année 2024 a été fortement marquée par les Jeux olympiques dans l’univers du sport franco-ontarien, mais les sports d’hiver ont su réserver leur lot de bonnes performances. 

Un lieu : Paris 

Difficile de commencer cette rétrospective 2024 sans évoquer les Jeux olympiques qui se sont déroulés à Paris entre le 26 juillet et le 11 août. Les Franco-Ontariens et francophones de l’Ontario étaient bien représentés avec pas moins de 12 athlètes dans 9 disciplines différentes qui ont défendu fièrement les couleurs du Canada

La joie de Jacqueline Madogo après sa qualification en demi-finale du 200 mètres fait partie des images marquantes de ces Jeux olympiques du côté franco-ontarien. Photo : Mark Blinch/COC

Si au final, une seule médaille a été remportée, les retours d’expérience ont été très positifs à l’image des témoignages post J.O qu’ont livrés la lutteuse Linda Morais et la sprinteuse Jacqueline Madogo à ONFR. 

Une personnalité : Brandie Wilkerson

Née d’une mère suisse et d’un père américain et ayant grandi à Toronto à partir de l’âge de six ans, Brandie Wilkerson a écrit le plus beau chapitre de sa carrière dans le volleyball de plage cet été à Paris. Seule médaille franco-ontarienne des Jeux, c’est d’argent qu’elle s’est parée avec sa coéquipière Melissa Humaña-Paredes au terme d’un parcours riche en rebondissements. 

En effet, après une phase de poule décevante, la paire canadienne a dû passer par les repêchages avant de trouver son rythme de croisière et d’atteindre la finale du tournoi olympique. Malheureusement, le duo brésilien composé d’Ana Patricia et Duda a eu le dernier mot en finale, mais cela n’a rien enlevé au caractère historique de la médaille remportée par les Canadiennes, la première pour un duo féminin dans cette discipline. 

Brandie Wilkerson et Melissa Humana-Paredes ont atteint leur objectif de podium à Paris. Photo : Leah Hennel/COC

Son duo avec Humaña-Paredes s’étant formé que récemment, Brandie Wilkerson qui vit avec sa partenaire du côté de Los Angeles a déjà pris rendez-vous avec les prochains JO qui se dérouleront dans la cité des anges en 2028, pour aller, cette fois-ci, chercher l’or!

Un chiffre : 2

Si l’année a été mouvementée pour les équipes masculines et féminines de soccer canadiennes, elle s’est en revanche terminée de fort belle manière pour deux athlètes franco-ontariens. 

En effet, Vanessa Gilles chez les filles et Jonathan David chez les garçons ont été élus joueuse et joueur canadiens de l’année. 

Véritable pilier de la défense canadienne, Vanessa Gilles s’est illustrée par sa régularité au centre de la défense des Rouges. Toute composition d’équipe commence avec l’Ottavienne qui évolue en France à l’Olympique lyonnais. Elle a disputé 14 rencontres en tant que titulaire. Plus qu’une simple défenseure, elle représente aussi une menace par sa qualité dans le jeu aérien sur coups de pied arrêtés comme en témoignent ses quatre buts inscrits en sélection.

Avec son club, elle a disputé 25 matchs dont la finale de la plus prestigieuse des compétitions, la Ligue des champions (défaite contre Barcelone) et a ajouté un titre de championne de France supplémentaire à son palmarès. 

Qualifiés pour la première fois de leur histoire à la Copa América, Jonathan David et ses coéquipiers auront terminé le tournoi au quatrième rang, s’inclinant contre les éventuels vainqueurs, l’Argentine en demi-finale. Crédit image : AP Photo/Richard Rodriguez.

Lui aussi dans le championnat de France masculin du côté de Lille, Jonathan David a su trouver son rôle avec la sélection, lui qui fait partie des meilleurs buteurs d’Europe en club. L’Ottavien a pris part à tous les matchs de la sélection nationale masculine soit un total de 14 au cours desquels il a inscrit cinq buts et délivré trois passes décisives. Avec Lille, il compte 46 rencontres disputées en 2024 pour un total ahurissant de 36 buts et 10 passes décisives. 

Une date : 30 novembre

Victime d’une blessure spectaculaire fin janvier, Valerie Grenier a fait son retour à la compétition après près de 10 mois de rééducation et de reconditionnement physique. La skieuse a repris la compétition lors de l’étape de Coupe du monde de slalom géant FIS de ski alpin à Killington, dans le Vermont. 

Cette image de Valérie Grenier partagée sur ses réseaux sociaux suite à sa blessure fait partie des moments forts de 2024, elle avait reçu un soutien immense sur les réseaux sociaux. Photo : Instagram de Valérie Grenier

L’Ottavienne s’était confiée à ONFR quelque temps avant ce retour pour revenir sur sa convalescence et se projeter sur l’avenir. Si l’étape de Coupe du monde qui devait avoir lieu à Mont-Tremblant a été annulée à sa grande déception, elle reste concentrée sur son objectif à long terme : de retrouver son niveau d’antan en vue des Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Milan et Cortina d’Ampezzo qui auront lieu du 6 au 22 février. 

Une citation : « Je suis une très grosse compétitrice. Je veux tout gagner »

Impossible de parler des athlètes franco-ontariens sans évoquer le nom d’Ivanie Blondin. La patineuse de vitesse sur longue piste demeure la plus grosse pourvoyeuse de médailles dans les sports d’hiver. Cette citation résume bien l’état d’esprit de la championne qui débute les (nombreuses) courses auxquelles elle participe pour les gagner. 

Ivanie Blondin en compétition à Salt Lake City où elle avait remporté deux médailles d’or. Photo : International Skating Union

Elle a commencé sa saison hivernale de fin d’année comme elle avait terminé la précédente avec de bonnes performances sur sa discipline de prédilection le départ groupé et dans les épreuves par équipe (7 médailles, dont 3 d’or). Elle a même renoué avec une médaille d’or en individuel sur le 3000 mètres – sa première en cinq ans –  lors de la première étape de Coupe du monde de la saison à Nagano au Japon. 

Les prochaines échéances à surveiller pour l’Ottavienne seront les deux prochaines étapes de Coupe du monde avec notamment une qui se déroulera à Calgary, son lieu de résidence du 24 au 26 janvier 2025.

5 temps forts en 2024 à Queen’s Park

Un cycle parlementaire dense s’est achevé sur fond d’ambiance préélectorale. Cible en immigration francophone à la baisse, projet d’infrastructure controversé ou encore première historique autochtone… Quelques points phares résumés avec une personnalité, une citation, une date, un chiffre et un lieu.

Une citation : « Plus on attend plus c’est difficile d’exercer nos droits linguistiques. On doit pouvoir savoir où sont nos droits »

A récemment déclaré, le commissaire aux services en français Carl Bouchard. Dans son rapport annuel le 5 décembre dernier, il fait la demande d’un répertoire numérique complet des services en français avec leur emplacement géographique auprès du ministère des Affaires francophones.

Il a constaté que beaucoup de francophones soit ne connaissaient pas la Loi sur les services en français (LSF) soit ne savaient pas quels services du gouvernement de l’Ontario sont couverts par la Loi ni où les trouver dans leurs communautés.

Le commissaire a aussi indiqué que les organismes désignés ne sont pas non plus informés de leurs obligations légales et a demandé au ministère de remédier à la situation.

« Les droits doivent être connus pour que les gens s’en prémunissent. Et pour connaître ces droits, il faut notamment savoir où ils s’appliquent », conclut le rapport.

Une date : 28 juin

Une victoire autochtone historique s’est jouée à Queen’s Park.

La chambre législative de l’Ontario a officiellement autorisé pour la première fois une langue autochtone à être utilisée dans l’enceinte de la chambre pendant la période des questions parlementaires.

Sol Mamakwa, le député de Kiiwetinoong, parle aux médias après avoir marqué l’histoire en s’exprimant dans sa langue native, une première pour l’Assemblée législative de l’Ontario. Photo : ONFR/Sandra Padovani

Le député néo-démocrate de Kiiwetinoong, Sol Mamakwa, s’est exprimé en Anishininiimowin, sa langue maternelle.

Ses discussions avec le leader parlementaire et ministre du Logement Paul Calandra, avaient découlé en l’annulation de la règle archaïque de 1867 interdisant l’usage des langues autochtones.

Tous les futurs membres autochtones du parlement provincial seront ainsi autorisés à parler leur langue, sous couvert d’en informer préalablement le greffier pour l’organisation de l’interprétation et de la traduction en interne.

Un chiffre : 3 %

C’est la cible d’immigration francophone fixée par l’Ontario. Un quota revu à la baisse pour 2024 qui passe de 7 à 3 %, via le Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI), a révélé le rapport sur l’immigration de la vérificatrice générale Shelley Spence.

Les chiffres de 2023 révélaient un écart significatif entre les cibles francophones à 7 % et les 1,8 % atteints.

Le ministère de l’Immigration a confirmé avoir décidé de réajuster à 3 % « pour mieux s’aligner sur les tendances actuelles suite aux difficultés rencontrées pour attirer suffisamment de candidats qualifiés l’année dernière ».

D’affirmer : « Nous nous concentrons sur la mise en œuvre des recommandations de la vérificatrice générale visant à renforcer davantage le programme, notamment grâce à une plus grande autonomie et à une augmentation des allocations de candidature ».


Un lieu : la Place de l’Ontario

Après le scandale de la Ceinture de verdure, c’est le réaménagement de la Place de l’Ontario qui a animé les débats cette année entre le gouvernement et les partis d’opposition.

La province souhaite développer les 155 acres (62,73 hectares) le long du lac Ontario, comprenant la création d’un centre thermal privé de la société autrichienne Therme Group, projet d’une valeur de 450 millions de dollars dont 350 millions pour un spa privé.

Vue aérienne de la Place de l’Ontario, sur le littoral du lac Ontario. Créé en 1971 sur trois îles artificielles, ce site est un lieu de divertissement, comprenant notamment une salle de concert, la scène Budweiser, un cinéma IMAX, la Cinésphère, le parc Trillium et le sentier William G Davis. Crédit image : Rudy Chabannes

Le projet comprend le déménagement du Centre des sciences, taxé de vétuste et fermé fin juin 2024. Les critiques environnementales et financières avaient repris de plus belle fin octobre après l’abattage massif de près de 865 arbres sur l’île Ouest de la Place Ontario. Les experts parlaient d’un non-sens environnemental et d’une dépense que les contribuables ne pourraient pas se permettre.

Le bail entre l’Ontario et le groupe privé, d’une durée de 95 ans, prendra effet en 2025. La date d’ouverture n’est pour l’heure pas connue.

Une personnalité : Roy McMurtry père de la justice bilingue

L’ancien procureur général de l’Ontario Roy McMurtry, fondateur de la justice bilingue en Ontario, est décédé le 20 mars 2024 à l’âge de 91 ans.

Une année également marquée par le 40e anniversaire de l’adoption, à son initiative, de la Loi sur les tribunaux judiciaires. Une contribution monumentale à la cause francophone qui fera du français une langue officielle dans la justice, le 1er mai 1984.

Reconnu pour sa participation à de nombreux avancements sociétaux notables, dès 1976, il entame les premières démarches pour créer un système légal bilingue en Ontario, à commencer par la traduction de lois en français et la création d’un projet-pilote de tribunal bilingue à Sudbury.

Salué par l’ensemble de la communauté comme un « allié extraordinaire » au leadership fort qui a « inspiré ceux qui recherchent une société plus juste et équitable », a déclaré le procureur général Doug Downey, le qualifiant de « géant à part entière ».

2024 dans le Nord ontarien en 5 actualités

Réussites, boycott et autres rebondissements : l’actualité n’aura pas été de tout repos dans le Nord en 2024. Voici l’essentiel de l’année avec une personnalité, une date, un chiffre, un lieu et une citation.

Une citation : « Il y a encore des cicatrices de la déclaration unilingue »

Le 30 janvier, le maire de Sault Ste. Marie lançait cette phrase en référence à une mesure controversée proclamant la municipalité comme étant unilingue anglophone. 34 ans jour pour jour après cette déclaration, le conseil municipal a adopté, à l’unanimité, une résolution afin de rendre les services en français accessibles en tout temps à l’hôtel de ville.

En avril, ONFR apprenait la préparation d’un autre geste fort de la Ville envers les francophones : l’installation de nouveaux affichages en français à l’intérieur des bâtiments de l’hôtel de ville. Ceux-ci seront aussi traduits en anishinaabemowin.

Enfin, en juin, le musée de la ville organisait une exposition temporaire sur l’histoire, la culture et la langue française du Canada et de la région en collaboration avec le Centre francophone de Sault Ste. Marie.

L’exposition sur l’histoire de la francophonie au musée de Sault Ste. Marie a pris fin avec les festivités de la Saint-Jean Baptiste. Photo : Inès Rebei/ONFR

Une date : 25 septembre

S’il y a bien un dossier qui a fait du bruit dans la francophonie du Nord cette année, c’est bien la saga autour du drapeau de Greenstone.

Le 25 septembre, alors qu’ils organisaient l’habituelle cérémonie de lever de drapeau dans le cadre du Jour des Franco-Ontariens, les employés de la Ville se sont retrouvés face à eux-mêmes.

Les francophones ont boycotté l’événement en guise de protestation contre la décision du conseil municipal, prise en février dernier, de ne plus faire flotter le drapeau franco-ontarien de manière permanente à l’hôtel de ville.

Des levers de drapeau symboliques ont néanmoins eu lieu en présence des francophones dans les écoles de la région et plus d’une centaine de drapeaux avaient été affichés partout dans la municipalité après un appel de l’Association des francophones du Nord-Ouest (AFNOO).

Beaucoup de francophones avaient manifesté leur colère envers la Ville lors de la réunion organisée en amont de la Journée des Franco-Ontariens à Greenstone en amont du 25 septembre. Capture d’écran/AFO

Un chiffre : 500 000 $

Le 29 avril dernier alors qu’ONFR rapportait que la Place des Arts (PDA) était déficitaire et sous-financée, accusant un manque à gagner de 500 000 $. Ce même jour, et alors que la PDA célébrait ses deux ans d’existence, on apprenait le départ du directeur général Jean-Gilles Pelletier. En juillet, Denis J. Bertrand sera nommé à la direction générale par intérim avec Lisa Breton.

Quelques mois plus tard, en novembre, le conseil d’administration de la Place des Arts (PDA) du Grand Sudbury adoptera une nouvelle vision d’affaires pour assurer la pérenité de l’organisme désormais géré comme une petite entreprise.

La Place des Arts espère réduire son déficit en 2025. Photo : Inès Rebei/ONFR

Un lieu : le district de Cochrane

En août, le ministère de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) dévoilait que le district de Cochrane faisait partie des dix nouvelles communautés sélectionnées dans le cadre du programme des communautés francophones accueillantes.

Contrairement aux autres communautés sélectionnées en Ontario, c’est donc un regroupement de plusieurs villes (Timmins, Hearst, Kapuskasing, Geraldton, Smooth Rock Falls, Moonbeam…) qui a retenu l’attention du ministère.

Ce programme, qui vise à appuyer l’accueil et l’établissement des nouveaux arrivants d’expression française, sera géré par des organisations francophones locales, le but étant de favoriser la création de liens et le développement d’un sentiment d’appartenance des nouveaux arrivants à leur communauté d’accueil. Pour ce faire, le district recevra entre 100 000 et 500 000 $ de financement annuel.

Kapuskasing fait partie des communautés comprises dans le corridor de la route 11. Photo : Inès Rebei/ONFR

Une personnalité : Lynne Dupuis

L’année 2024 a été celle de la consécration pour Lynne Dupuis. L’entrepreneure a remporté plusieurs distinctions dans le Nord, dont le prix Saphir dans la catégorie Entrepreneure, le 20 avril dernier.

Plus tard, en mai, son entreprise LMD Solutions, était finaliste dans la catégorie Prix de l’entrepreneur de l’année lors de la 27e soirée des Prix d’excellence en affaires 2024, un événement annuel de la Chambre de commerce du Grand Sudbury.

Lynne Dupuis œuvre depuis une vingtaine d’années dans le milieu communautaire et occupe depuis peu le poste de directrice générale par intérim du journal Le Voyageur. Elle a aussi joué un rôle clé au sein de la Société historique du Nouvel Ontario qui vient de relancer ses activités.

Lynne Dupuis fut la seule récipiendaire originaire du Nord lors de la Soirée Saphir de la Fondation franco-ontarienne. Photo : Rachel Crustin/ONFR

Athlète rime-t-il avec temps des fêtes?

Les fêtes de fin d’année sont souvent synonymes de repas interminables, d’excès de calories et de festivités jusqu’au bout de la nuit. Mais qu’en est-il pour les athlètes de haut niveau? C’est l’enquête qu’a menée ONFR auprès de quatre sportifs professionnels franco-ontariens.

Pour les athlètes de sports d’hiver, le temps des fêtes tombe en pleine période de compétition. Valérie Grenier sera en Europe avec l’équipe canadienne. « Je ne fais pas la fête, c’est sûr. Ce n’est pas vraiment, je pense, une option pour nous, explique-t-elle. Surtout dans notre cas, on a des courses vraiment juste après Noël, puis tout de suite après le jour de l’an aussi. Notre horaire est très chargé à ce moment-là. Donc, ce n’est pas vraiment une option. »

« Souvent, on fait comme un petit Secret Santa dans notre équipe puisqu’on passe Noël ensemble. On n’a pas la chance de retourner à la maison. Donc, c’est vraiment Noël en Europe, en équipe. »

Le fait de passer les fêtes en Europe apportera tout de même un petit avantage à la skieuse ottavienne. « J’ai mon copain qui est italien, confie-t-elle. Il habite en Europe. Il est coach d’une autre skieuse. Il va venir me rejoindre là où on va s’entraîner. Comme ça, on va pouvoir passer Noël ensemble. Au moins, c’est bien que je puisse être avec lui. On fera un souper d’équipe tous ensemble avec le Secret Santa. »

Valérie Grenier confie ne pas avoir un régime strict et s’autoriser à manger ce dont elle a envie. Durant la saison, elle demeure limitée par ce qui est proposé dans les hôtels où elle séjourne pendant les compétitions. Photo : Instagram de Valérie Grenier

Paul Poirier : profiter de manière responsable

Paul Poirier, du côté du patinage artistique, est dans la même situation. Deux semaines après les fêtes, il devra concourir aux Championnats canadiens avec sa partenaire Piper Gilles.

« C’est toujours un temps où il faut continuer à s’entraîner. Donc, pour nous, on ne prend pas de congé pendant les fêtes. D’habitude, c’est peut-être deux ou trois jours. »

Deux ou trois jours pendant lesquels il se permet de profiter de la famille et des bons repas des fêtes.

« Je veux toujours prendre quelques moments pour être avec ma famille. Je me permets de manger ce que je veux. Je m’entraîne assez pour que ça ne m’affecte pas trop. Et bien sûr, on n’est pas dans un sport, disons, comme la boxe, où il faut avoir un poids très strict. Pour nous, ça va. »

En revanche, hors de question pour l’athlète torontois de compromettre son sommeil.

« Je ne dirais pas que je fais trop la fête, parce que je veux avoir de l’énergie pour mes entraînements. Je ne veux pas être fatigué. Comme j’ai dit, pour moi, l’essentiel, c’est d’être avec ma famille, de bien manger, de célébrer avec eux, mais toujours de façon responsable. »

Toujours sur la glace, mais dans la course de vitesse cette fois-ci, Ivanie Blondin confie ne pas être très stricte sur son alimentation.

« J’ai saqué genre 12 biscuits au chocolat hier soir, » a-t-elle avoué avec un grand sourire au moment de l’entretien. Reconnue pour participer à beaucoup d’épreuves sur chaque compétition, la patineuse d’Ottawa peut se permettre de manger ce qu’elle veut grâce à son hyperactivité.

« Au patinage de vitesse, quand tu es une fille de longue distance, tu te permets un petit peu plus parce qu’on brûle beaucoup, beaucoup de calories. »

La période des fêtes est une occasion pour Ivanie Blondin de se retrouver en famille : avec son mari et ses trois animaux. Photo : Instagram d’Ivanie Blondin

C’est en revanche sur le repos qu’elle ne lésine pas. Même si elle confie être « un oiseau de nuit », l’Ottavienne s’impose un sommeil quotidien de 8 à 10 heures.

« Je suis quand même stricte là-dessus. Je ne sais pas si je vais me rendre à minuit le jour de l’an, on va voir, mais on compétitionne cette semaine-là. Donc, il n’y aura pas de grande fête pour nous. »

Jacqueline Madogo : une semaine de relâche

Exemptée de toute compétition hivernale puisqu’elle ne reprendra la compétition en salle qu’en 2025, Jacqueline Madogo est dans un état d’esprit différent. Si elle confie qu’en athlétisme, faire attention à son alimentation est primordial, le temps des fêtes est une occasion de se relâcher.

« Le temps des fêtes, j’aime ça. J’aime m’amuser. Mais je ne suis pas à la maison pour longtemps. Je suis habituellement de retour à Ottawa pour une semaine maximum. On s’en va toujours en camp d’entraînement avant les fêtes, on revient le 20 décembre. Ensuite, je vais à Ottawa, où je passe habituellement une semaine à la maison. Après, je retourne le 26 à Guelph, donc c’est cinq, six jours où j’en profite. »

Lorsqu’elle rentre chez ses parents, la sprinteuse ottavienne aime profiter des plats traditionnels congolais concoctés par sa famille.

« On mange de la viande, beaucoup de viande. Le pondu, c’est vraiment un plat typique. Il y a beaucoup d’huile dedans, donc je ne mange pas ça souvent, mais quand je suis à la maison, j’en mange. Il y a aussi du poulet mayo, qui est vraiment, vraiment bon. Mais il y a aussi beaucoup d’huile et de mayonnaise, c’est très gras, mais ce sont mes deux plats préférés. »

Au niveau du sommeil, l’olympienne reste dans sa routine. Ses habitudes reprennent facilement le dessus.

« J’essaie vraiment de rester debout jusqu’au Nouvel An, mais je pense que c’est parce que je suis tellement habituée à aller dormir assez tôt, je suis vraiment fatiguée arrivée à 11 heures. Je dors avant même qu’on sonne le Nouvel An. Cette année, je vais quand même essayer de rester debout jusqu’à minuit. »

Mona Fortier nommée whip en chef du gouvernement

OTTAWA – La députée d’Ottawa-Vanier Mona Fortier est de retour au sein du cabinet de Justin Trudeau, elle qui a été nommée whip en chef du gouvernement, a annoncé le premier ministre samedi.

Dans un communiqué, Justin Trudeau a annoncé la nomination de la Franco-Ontarienne.

« Mona Fortier est une dirigeante expérimentée qui comprend parfaitement les questions qui comptent le plus pour les Canadiens et les valeurs qui définissent le travail que nous accomplissons pour eux. Je sais qu’elle continuera d’être un atout essentiel dans ses nouvelles fonctions, au moment où nous travaillons ensemble à bâtir un Canada plus prospère pour tous », a indiqué le premier ministre dans un communiqué.

Mona Fortier avait été nommée en 2019 comme ministre de la Prospérité de la classe moyenne avant d’obtenir la présidence du Conseil du Trésor de 2021 à 2023. Elle avait été retranchée du cabinet à la suite d’un remaniement ministériel à l’été 2023. 

À titre de whip, elle sera chargée de veiller à ce que les élus de son parti soient présents et votent en fonction des consignes du parti. Ce rôle ne lui est pas inconnu, elle qui était la whip adjointe auprès de Ruby Sahota, qui a obtenu de nouvelles responsabilités dans le cadre du remaniement ministériel qu’a effectué Justin Trudeau vendredi.

Élue en 2017 lors d’une élection partielle, Mona Fortier était auparavant directrice principale des communications et du développement des marchés au Collège La Cité et a dirigé son propre cabinet-conseil en communications stratégiques. Elle compte se représenter lors des prochaines élections.

Le cauchemar

Chaque samedi, ONFR propose une chronique franco-ontarienne. Cette semaine, l’auteur torontois Soufiane Chakkouche narre ses défis d’immigration canadienne, un récit à suivre en plusieurs parties.

À peine cinq mois après la (re)naissance, sous l’inlassable pression de ses grands-mères, la décision fut prise de rendre visite à ces dernières au Maroc afin qu’elles puissent enfin couvrir le bébé d’amour et de baisers et, à travers lui, retrouver les souvenirs de leur propre enfance. Seulement, rien ne se passa comme prévu, loin de là!

Chère(-e)s lecteurs et lectrices, je vous avais prévenue(-e)s, la plume de la présente chronique va être trempée dans l’encrier du mal. Cependant, avant de nous y confiner, un bref rappel en morse des faits s’impose :

Le 6 juin 2019, j’atterrissais à Toronto. Le 8 octobre 2019, mon unique enfant naissait. Le 15 février 2020, me voilà avec cette petite famille et mon aérophobie à bord d’un Boeing sur l’air du retour, planant sous la bannière rouge et vert du Royaume du soleil couchant. Direction : la contrée de ma vie d’avant.

Pareil au tapis rouge d’un titanesque billard français à trois boules (pardonnez le pléonasme), les souvenirs dans ma boîte crânienne, bons comme mauvais, n’avaient aucune échappatoire à bord. Je ne croyais pas si bien rêver.

L’accueil

Comme on pouvait s’y attendre, après avoir été scanné de la tête aux pieds par l’œil suspicieux de Big Brother et de ses gadgets, l’accueil fut, euh… comment dire… joyeusement bruyant. En première ligne, la tante fofolle youyoutait à qui mieux mieux, un pur régal pour l’œil et le cœur, moins pour les tympans.  

Plus sages grâce à l’âge, les deux mamies se tenaient derrière, guettant l’accalmie des émotions. Elles ne le savent que trop bien : la chaleur est calme et l’amour s’apprécie dans le silence. C’est ainsi qu’elles s’approprièrent tous les bons moments de ce séjour, du moins avant le cauchemar!   

Désolé, mais je suis à la bourre en matière de nombre de mots. Je suis donc dans l’obligation de mettre les youyous en berne pour froisser la carte du temps.  

Cela faisait un mois que le petit passait d’une poitrine chaude à une autre, d’une grand-maman à une autre, à défaut des grands-pères partis tous deux rejoindre les aïeuls quelques années plutôt.

Un mois pile que je surfais tous les jours sur les vagues de mon enfance et quelques-unes de l’océan Atlantique, sous un soleil jalousé, en cette mi-mars, par les deux tiers du globe.

Le piège

Ce même jour, soit la veille de notre retour prévu à Toronto, dans un vieux taxi rouge conduit par un homme plus vieux que la machine, les ondes de la radio grésillèrent : « Le Royaume ferme son espace aérien jusqu’à nouvel ordre. »

Et pour cause, les premiers touristes touchés par un virus couronné nommé COVID-19 commençaient à faire leur apparition au pays. D’ailleurs, les autres pays ne tardèrent guère à imiter l’exemple marocain dans une stratégie pour le moins étrange : lutter contre un problème mondial en se barricadant chacun dans son coin, comme si la Terre possédait des angles!

Le ciel lui-même s’était délavé de ses couleurs, prenant instantanément un coup de vieux pour se couvrir de gris, tels des cheveux. Grises étaient aussi mes idées à l’annonce de cette trappe qui s’apprêtait à me bouffer tout cru, au même titre que toute l’humanité. « Tu es bloqué ici, prisonnier avec ton passé », n’eut de cesse de résonner la petite voix dans ma boîte crânienne.  

Le grand-père s’en aperçut à travers un œil rompu au rétroviseur et me demanda : « Vous projetiez de partir ailleurs, mon fils? »

« Je projetais de repartir vers le nouveau chez moi, » répondis-je, le regard hagard.  

L’homme n’eut pas le temps d’enchaîner. Priorité au kaki, il se rangea sur le côté de la route pour laisser passer un imposant convoi militaire transportant des chars blindés, le premier que je vois de ma vie dans le centre-ville de Casablanca. Je ne savais pas qu’on pouvait éliminer un virus à coup d’obus calibre 120mm!

Barbe grise attendit le passage de la tapageuse colonne puis, avant de sombrer dans un silence inquiet et inquiétant, ajouta : « Qu’Allah te vienne en aide, mon fils. Qu’Allah nous vienne tous en aide. »

Trois vols pour 4000 piégés

Panique à bord, nos billets d’avion étaient désormais caducs. Toutefois, afin de rapatrier en urgence ses ressortissants et ses résidents permanents, le gouvernement canadien affréta trois vols payants (pas un de plus) d’une capacité totale de 1300 places. Or, on était plus de 4000 pris au piège… la pagaille.  

Alors, selon le principe du premier arrivé, premier servi, les billets relatifs au premier vol partirent comme des cornes de gazelle. En moins de 15 minutes, le site web d’Air Canada affichait complet pour ce vol. Il ne me restait donc que deux chances, moi l’esclave de ma passion en toute circonstance pour les grasses matinées dans les bras de Morphée.

Au diable Morphée, pas question de commettre la même erreur cette fois. Le lendemain, j’égrenais une nuit blanche à vigiler l’ouverture des ventes pour le second vol. Bingo, à 7h43 du matin, je décrochai le Graal égoïste à coup de clics et de 1400 $ l’unité.

Le soulagement

Exténué par tant d’émotions et de fatigue, pour la première fois de ma carrière de passager, je n’eus aucun mal à m’endormir à bord du vol AC 2003, dont le numéro allait demeurer gravé à jamais dans ma mémoire. Je n’ouvris les paupières que quelques minutes avant l’atterrissage, réveillé par la voix sincèrement émue du commandant de bord : « Ce vol marque la fin de ma carrière après 40 ans de service. C’était un honneur de vous avoir ramené à la maison. »

Adieu, mon héros!

La suite allait se résumer en une fuite en avant faite de confinement et de privation des plaisirs et des droits les plus élémentaires, à l’instar de serrer une main ou une belle âme dans ses bras. Petite consolation néanmoins pour les cœurs chimériques, la COVID-19 allait réussir à faire ce qu’aucun politicien ou système n’a su faire : aligner toute l’humanité sur la corde à linge de l’égalité, telle une partition d’oiseaux fragiles sur un fil électrique. 

À bon entendeur, Salamoualikoum (que la paix soit sur vous). 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.

La nouvelle ministre des Langues officielles se rétracte après avoir refusé de dire s’il y a un déclin du français au Québec

OTTAWA — La nouvelle ministre des Langues officielles, Rachel Bendayan, nommée vendredi par Justin Trudeau, a refusé de dire si le français était en déclin au Québec… mais s’est retractée quelques heures plus tard.

Questionnée à trois reprises par les journalistes, quelques instants après sa nomination, la représentante du comté montréalais d’Outremont n’a pas répondu à la simple question : « Est-ce que le français est en déclin au Québec, oui ou non? »

« Le Québec a un rôle très important. C’est la province qui doit d’abord et avant tout être francophone pour assurer que la dualité linguistique que nous avons ici au Canada est protégée et est maintenue. Mon père est francophone, ma mère est anglophone, alors je vis cette dualité linguistique. Je sais à quel point c’est important », a-t-elle lancé lors d’une conférence de presse en direct de Rideau Hall, où avait lieu la cérémonie d’assermentation des ministres.

Relancée une seconde fois, Rachel Bendayan a à nouveau refusé de répondre à la question, affirmant que « mon rôle, c’est de s’assurer que nous maintenons le bilinguisme ».

« C’est de s’assurer que la minorité anglophone au Québec soit protégée et que la minorité francophone hors Québec soit protégée, et que le bilinguisme soit protégé partout à travers le pays et que nous maintenons la dualité linguistique que nous avons et sommes si fiers », a poursuivi la nouvelle recrue au Conseil des ministres vers 13h20.

Mais à 15 h, l’opinion de la nouvelle ministre des Langues officielles avait évolué.

« Je n’ai pas refusé de répondre, plaide-t-elle. C’est vrai que le français est en déclin au Québec. C’est aussi vrai que je suis là pour supporter les minorités linguistiques hors Québec et la minorité anglophone au Québec », a-t-elle dit avant une première réunion du nouveau cabinet au Parlement.

Ses propos en conférence de presse ont été dénoncés par le conservateur Joël Godin sur X, qui considère que reconnaitre le déclin du français dans la Belle province « est pourtant le minimum ».

« Cela démontre, encore une fois, que ce gouvernement libéral n’a aucun respect pour les langues officielles, encore moins pour le français, la langue officielle la plus vulnérable au Canada », soutient le critique des conservateurs en matière de Langues officielles.

À Québec, le ministre de la Langue française et de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, a affirmé que de nier le déclin du français « relève de l’irresponsabilité », appelant Mme Bendayan à « absolument le reconnaître, car il est de sa responsabilité d’inverser ce déclin ».

Selon le commissaire à la langue française du Québec, la part de personnes utilisant principalement le français à la maison a diminué, passant de 81 % (2016) à 79 % (2021). Les chiffres sur le français comme langue de travail, ceux soutenant connaître suffisamment le français et l’utilisation du français dans l’espace public (les commerces) ont tous diminué, selon le commissaire Benoît Dubreuil, dans un rapport publié en mai 2024.

Lors du dernier recensement, les francophones au Canada sont passés de 22,2 % en 2016 à 21,4 % en 2021. Les francophones hors Québec représentent désormais 3,3 % du poids démographique alors qu’en 2016, c’était 3,6 %. En Ontario, les Franco-Ontariens sont descendus de 3,8 % à 3,4 % entre 2016 et 2021.

Dans un communiqué, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a réagi à la nomination en indiquant « avoir hâte de pouvoir faire connaissance avec Mme Bendayan ».

« L’idéal serait que nous puissions avoir une rencontre avec la nouvelle ministre dès le mois de janvier pour échanger sur les réalités et les enjeux de nos communautés, particulièrement en ce qui a trait au financement provenant du Plan d’action pour les langues officielles, et sur comment elle entrevoit ses responsabilités et ce que seront ses priorités », déclare sa présidente Liane Roy.

La FCFA s’est aussi réjouie de la nomination de Ginette Petitpas Taylor au Conseil du Trésor, elle qui est notamment chargée d’adopter les réglementations liées à la Loi sur les langues officielles, un projet de loi qu’elle a elle-même fait adopter en 2023.

« La nomination de Ginette Petitpas Taylor au Conseil du Trésor arrive vraiment à point nommé… Dans ses nouvelles fonctions, elle pourra mener à terme l’adoption des règlements », se réjouit la présidente de l’organisme porte-parole des minorités francophones.

Remaniement ministériel : Rachel Bendayan nommée ministre des Langues officielles

OTTAWA — Pour la troisième fois cette année, le portfolio des Langues officielles change de mains au fédéral, alors que la députée montréalaise Rachel Bendayan a été nommée ministre des Langues officielles vendredi, lors d’un remaniement ministériel.

La députée d’Outremont, qui était la secrétaire parlementaire de la ministre des Finances, entre pour la première fois au cabinet, elle qui a été élue en 2019 lors d’une élection partielle. Elle sera aussi ministre associée à la Sécurité publique auprès du député d’Ottawa, David McGuinty, qui rentre aussi au cabinet avec cette nomination. Avant sa carrière politique, Rachel Bendayan a occupé divers rôles politiques à Ottawa, notamment à titre de cheffe de cabinet, en plus d’avoir été avocate et professeure universitaire.

À peine annoncée, déjà la nomination de cette dernière s’est fait attaquer par l’opposition, le député voisin de Rachel Bendayan, Alexandre Boulerice du NPD, écrivant sur X, que cette nomination « est du n’importe quoi. »

« Quand t’es rendu à nommer Rachel Bendayan aux Langues Officielles, t’as atteint le fond du baril. Quand est-ce qu’elle a montré un quelconque intérêt au fait français ou aux francophones hors Québec? », a reproché l’unique représentant québécois au NPD

Justin Trudeau, qui fait face à plusieurs appels de démission depuis le départ de Chrystia Freeland, a procédé à un important remaniement ministériel impliquant près d’une dizaine de nouveaux ministres vendredi matin.

Ginette Petitpas Taylor, qui occupait par intérim les fonctions laissées par le départ de Randy Boissonnault, dont les Langues officielles, sera la présidente du Conseil du Trésor en remplacement de Anita Anand. Cette dernière délaisse ce rôle pour conserver celui des Transports et ajoute celui du Commerce intérieur. Plusieurs autres députés d’arrière-ban obtiennent des promotions.

Notamment, le député ontarien Nate Erskine-Smith, qui avait terminé second derrière Bonnie Crombie lors de la course à la chefferie libérale provinciale l’an dernier, remplace Sean Fraser comme ministre du Logement et de l’Infrastructure.

La liste des nouveaux membres du Conseil des ministres comprend notamment Darren Fisher, (Anciens Combattants et ministre associé de la Défense du Canada), Terry Duguid (Sports et ministre responsable de Développement économique pour les Prairies) et Élisabeth Brière (Revenu National).

La liste complète des changements au cabinet. Crédit image : capture d’écran

Ces nominations surviennent suite au départ ou au départ anticipé de plusieurs membres du cabinet dans la dernière année.

Pablo Rodriguez (Transports), Seamus O’Regan (Travail) et Randy Boissonnault (Emploi et Langues officielles) ont quitté le cabinet dans les derniers mois. Filomena Tassi, Marie-Claude Bibeau, Carla Qualtrough, Sean Fraser et Dan Vandal ont déjà annoncé qu’ils ne seraient pas candidats aux prochaines élections.

Parmi les ministres importants qui conservent leur poste : Marc Miller (Immigration), Dominic Leblanc (Finances), Arif Virani (Justice), Bill Blair (Défense nationale), François-Philippe Champagne (de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie) et Karina Gould (Leader à la Chambre des communes).

Le NPD fera tomber le gouvernement, dit Singh

Dans une lettre ouverte envoyée au premier ministre vendredi matin, le chef du NPD a indiqué qu’il « votera pour faire tomber ce gouvernement et donner à la population canadienne la possibilité de voter pour un gouvernement qui travaillera pour vous ». Il rejoint ainsi le Bloc Québécois et le Parti conservateur, qui réclament un scénario similaire.

« Les libéraux ne méritent pas une autre chance », écrit Jagmeet Singh.

Cela signifie que le pays pourrait être en élections dès qu’un vote de confiance aura lieu à la Chambre des communes, qui doit en principe reprendre ses travaux le 27 janvier.

Cela fait plusieurs jours que le premier ministre Justin Trudeau n’a pas parlé publiquement, suite au départ de Mme Freeland et à la grogne grandissante dans son caucus. Près d’une vingtaine de députés demandent le départ de M. Trudeau, le député torontois Robert Oliphant étant le plus récent à faire cet appel via les réseaux sociaux.

Il rejoint notamment le député franco-ontarien Francis Drouin et l’ensemble des députés néo-brunswickois qui ne sont pas ministres. Le premier ministre est resté silencieux publiquement jusqu’à présent, annulant même l’ensemble de ses entrevues de fin d’année avec les médias, une tradition de fin d’année depuis son arrivée au pouvoir en 2015. Il ne devrait pas prendre la parole en public vendredi, selon l’horaire dévoilé par son bureau.

Que deviennent les déchets nucléaires canadiens?

Les déchets nucléaires canadiens auront bientôt un hôte permanent : la municipalité d’Ignace, en Ontario. Inès Rebei vous explique tout sur ce projet colossal de dépôt géologique profond, prévu pour 2040 et surveillé pendant 175 ans après son ouverture. Découvrez son impact sur l’avenir et pourquoi ce lieu a été choisi.

Les balados franco-canadiens : un domaine où tout reste à faire

Si l’industrie de la baladodiffusion est florissante au Québec, celle du Canada francophone en milieu minoritaire en est à ses premiers balbutiements. Quelques initiatives ont vu le jour, mais l’offre grand public n’est pas très élaborée. ONFR vous propose d’assister à la naissance de cet écosystème en explorant des balados franco-canadiens lors de vos (parfois longs) déplacements du temps des fêtes.

Pour cet article, ONFR a considéré les balados franco-ontariens et franco-canadiens déployés en 2023 et 2024.

La majorité de ce qui est produit en milieu minoritaire est associée à des événements ou des organismes précis. Certaines séries s’avèrent intéressantes, mais ne résistent pas à l’épreuve du temps.

D’autres abordent des sujets particulièrement nichés. La baladodiffusion est le véhicule tout indiqué pour plonger dans des conversations qui ne trouveraient pas leur place sur les ondes des médias traditionnels.

Le balado franco-canadien n’est pas une industrie en soi, mais le médium particulièrement accessible pourrait attirer plus d’adeptes dans les prochaines années.

Gilles Poulin-Denis (à gauche) et Louis-Philippe Roy (à droite) ont écrit avec Thérèse Champagne le balado Flashback. Ils en ont parlé à ONFR en novembre. Photo : Rachel Crustin / ONFR

2024 nous a d’ailleurs donné la première série de fiction pancanadienne diffusée sur la plateforme Ohdio. Dans Flashback, deux amies partent sur les traces d’un grand-père disparu. Elles découvriront l’histoire de l’utilisation des psychotiques dans les traitements en santé mentale au Canada. La trame narrative est fictive, mais la recherche est réelle.

Flashback met quelques épisodes à trouver son ton, mais finit par entraîner l’auditeur dans un périple à travers le pays. Les actrices principales sont Gabrielle Morin (Vancouver) et Danielle Le Saux-Farmer (Ottawa).

L’identité

Comme on a pu le voir dans d’autres domaines, au théâtre par exemple, les premiers essais traitent souvent d’identité, directement ou indirectement.

Dans le balado fransaskois DéCLIC, la musicienne et enseignante Sylvie Walker, accompagnée d’Anique Granger, décortique le concept de construction langagière, identitaire et culturelle (CLIC).

Sylvie Walker (deuxième à partir de la gauche) est une autrice-compositrice-interprète et enseignante fransaskoise. Son balado DéCLIC visite entre autres le Festival fransaskois. Aussi sur la photo : Elizabeth Tkachuk, Shawn Jobin et Gabrielle Dufresne. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Cette commande du Conseil culturel fransaskois est une bonne façon de connaître la réalité des francophones de la Saskatchewan, mais peut résonner avec tous les Franco-Canadiens.

Les entrevues culturelles

Dans les deux dernières années, le musicien Marc-Antoine Joly et l’animateur Nicholas Monette ont mené plus de 200 entrevues sur un ton particulièrement décomplexé pour leur projet De quoi tu parles de? Leurs forces étaient l’humour, leur complicité et leur culture générale franco-ontarienne. Les animateurs multipliaient les références et semblaient connaître personnellement tous les artistes et travailleurs culturels du pays.

Le projet chronophage a pris fin en novembre, faute de financement. Certains épisodes sont plus intemporels, mais plusieurs vieillissent moins bien, l’actualité de l’invité ayant évolué depuis.

Nicholas Monette (à gauche) et Marc-Antoine Joly (à droite) étaient diffusés dans plusieurs stations de radio communautaires francophones, en plus d’offrir la version balado de l’émission De quoi tu parles de? Photo : Jeff Malo / ACELF

On peut dire la même chose de séries accompagnant des événements précis. Écoutez, même de loin! (Mathieu Fortin) faisait découvrir les artistes en vitrine à Contact ontarois, mais ne sera pas de retour en 2025. Le balado franco des RVF (Vanessa Lisabelle) s’est déployé dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie. La série Nos festivals (Mario Boulianne) des balados du Droit a visité quelques événements, dont le Festival franco-ontarien. Pour les amateurs de théâtre, les séries Mani reçoit (Mani Soleymanlou) et Plus que du théâtre (Julien Morissette) proposent des entrevues en lien avec la programmation du Théâtre français du Centre national des arts.

En 2023, les Montréalais Louis-Philippe Labrèche (Le canal auditif) et Marc-André Mongrain (Sors-tu.ca) ont visité différents coins du Canada pour D’une francophonie à l’autre. Ils y rencontraient des musiciens francophones, une initiative ajoutant un trop rare pont entre le Québec et le Canada francophone minoritaire.

Les enjeux de société

Dans la série originale de TFO, Une école pour tous, s.v.p, l’ex-journaliste Sophie Désautels se promène entre le Nouveau-Brunswick et le Québec pour comprendre comment le système scolaire s’occupe des enfants vivant avec un handicap, un trouble du spectre de l’autisme ou d’autres besoins particuliers. Sophie Désautels étant elle-même mère de Mathilde, une jeune adulte vivant avec un trouble du spectre de l’autisme, la quête est personnelle, mais rejoint facilement le grand public.

Il existe également une version télédiffusée à TFO et AMI-télé. La version audio est disponible sur la plateforme Ohdio.

Sophie Désautels et sa fille Mathilde dans Imaginons une école pour tous, la version télévisuelle accompagnant le balado Une école pour tous, s.v.p. Capture d’écran TFO

Dans un autre ordre d’idées, le Centre Colibri a lancé il y a un an le balado Des mots sur des maux pour aborder les différentes formes de violence faite aux femmes, qu’elle soit conjugale, familiale ou systémique. En alternance, Nathalie Nadon, Mathilde Houtchégnon et Fayza Abdallaoui s’entretiennent avec des femmes qui ont utilisé les arts dans leurs démarches de guérison.

Le regroupement Action ontarienne contre la violence faite aux femmes a aussi sa série, Elles parlent. Karen Uwasen y reçoit différents experts dans une variété de sujets, dont la religion, les troubles alimentaires ou les tensions entre bureaucratie et féminisme, pour citer des épisodes récents.

Avec un angle plus niché, la deuxième saison du balado Franc Ouest de l’Association des Francophones des Kootenays Ouest, en Colombie-Britannique, met à l’honneur des femmes francophones adeptes de plein air. La proposition semble pointue, mais est assez bien faite pour intéresser tout un chacun. L’épisode le plus intéressant de cette saison intitulée Nature + Elles est le dernier, dans lequel 25 femmes se livrent dans une grande discussion où francophonie, parentalité, prise de risques, égalité des genres et même gestion des menstruations sont abordées intimement et sans tabous.

Les sports

Les partisans francophones des Sénateurs d’Ottawa peuvent profiter des analyses de La Brigade. Jean-Philippe Forgues, Jean-Philippe Fortin, Pascal Villeneuve et Stewart Sabourin y reçoivent des amateurs et des professionnels évoluant dans le domaine du hockey de la capitale.

Le sujet de discussion principal est bien sûr l’équipe des Sénateurs, mais une nouvelle série a été lancée dernièrement, sous le giron de La Brigade. Dans Chargée à bloc, Jean-Philippe Forgues et Beata Elliot se concentrent sur l’équipe de la Ligue professionnelle de hockey féminin, la Charge d’Ottawa.

À Toronto, les amateurs de basketball peuvent suivre l’évolution des Raptors grâce au journaliste sportif d’ONFR, Mickael Laviolle (qui tenait auparavant le balado Dinos Talk), et à son complice Patrick Bizidavyi. L’émission Franco Raptors est d’abord diffusée sur les ondes de CHOQ-FM pour ensuite être déposée sur les plateformes de baladodiffusion. Le segment Impact basket deviendra d’ailleurs une émission à part entière, mettant en lumière des francophones qui utilisent ce sport pour avoir un impact sur leur communauté.

D’autres clins d’œil

La Commission de la capitale nationale (CCN) a lancé Histoires de la capitale pour son 125e anniversaire. Le premier dirigeant de la CCN, Tobi Nussbaum, reçoit des experts en lien avec la CCN et son territoire. Par exemple, dans le premier épisode, on peut entendre Michel Prévost, président de la Société d’histoire de l’Outaouais et Heather Thompson, gestionnaire du programme du patrimoine de la CCN. Ils discutent des liens entre les deux rives et ne cachent pas les erreurs du passé, comme les expropriations dans le Vieux-Hull (Gatineau) ou sur les Plaines LeBreton (Ottawa). Certains épisodes sont en anglais et d’autres, en français.

Disponible en audio ou vidéo, le projet Helpez-moi ravit les fans de Sami Landry et Xénia Gould. Photo : Thomas Vaillancourt

Pour ceux qui souhaitent un pur divertissement, Sami Landry et Xénia Gould offrent un balado complètement décalé intitulé Helpez-moi. Même si elles sont établies à Montréal, les deux complices y vont à fond dans leur parler acadien pour prodiguer leurs meilleurs (et pires) conseils. Il faut accepter de plonger dans leur univers pour savourer cette proposition absurde.

Les listes de lecture

Pour ceux qui préféreraient les listes musicales, il est tout à fait possible de passer son temps des fêtes en découvrant des artistes de la francophonie canadienne. L’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) entretient son compte Spotify avec des listes comme Chansons festives, Nouveautés musicales APCM ou encore Rond Point – les 10 ans, pour découvrir les artistes qui sont passés par son programme de résidence.

De son côté, Réseau Ontario élabore une liste de lecture chaque année, pour mettre en lumière les artistes en vitrines à Contact ontarois.

Avec Les balados du Droit, qui proposent différentes séries et conversations sporadiques, le chroniqueur culturel Mario Boulianne partage aussi ses découvertes musicales avec Les Vendredis musique.

En résumé : un point de départ par champ d’intérêt

  • Divertissement : Helpez-moi
  • Éducation : Une école pour tous, s.v.p
  • Identité : DéCLIC
  • Culture : Les balados du Droit
  • Sports : La Brigade
  • Fiction : Flashback

Le temps des fêtes, une période éprouvante pour des étudiants internationaux de l’Ontario

Moments de retrouvailles en famille, célébrations au coin du feu ou du sapin, tables ornées de repas réconfortants de la saison… Le temps des fêtes peut avoir l’air un peu différent pour les étudiants internationaux. D’un coin à l’autre de l’Ontario, ils nous racontent à quoi ressemble cette période souvent teintée de solitude et de mal du pays.

Travailler le jour de Noël dans une petite commune de l’Ontario, c’est une réalité pour beaucoup de jeunes étudiants internationaux comme Serigne Mbacke Ngom.

Le jeune homme originaire du Sénégal en a l’habitude puisqu’il s’agit déjà de son quatrième temps des fêtes au Canada. Cette année, il y voit une opportunité de récolter plus de fonds pour l’année à venir.

« Le gouvernement a diminué le nombre d’heures de travail pour les étudiants internationaux (durant les périodes de cours), donc on profite du temps des fêtes pour travailler plus et économiser plus d’argent », explique-t-il en référence au retour d’un plafond du nombre d’heures de travail permises pour les étudiants hors du campus depuis l’automne.

L’année dernière, l’étudiant en Baccalauréat en administration des affaires avait tout de même voulu marquer le coup : « L’année passée, je suis resté à Hearst, on avait juste fait un petit dîner avec mes deux amis internationaux vu qu’ici il n’y a pas grand-chose à faire ici. »

Serigne Mbacke Ngom étudie à l’Université de Hearst. Gracieuseté de Serigne Mbacke Ngom

Même constat à Toronto pour Nathalie Kuesso Keho Nimpa qui se prépare aussi à passer son quatrième Noël en terre canadienne. Pour la jeune femme originaire du Cameroun, il n’est pas non plus possible de rentrer au pays cette année.

Une décision motivée par le fait que la période est trop petite et le retour au Canada en serait rendu plus difficile émotionnellement.

« La première année où je suis arrivée, j’avais travaillé, je ne savais même pas que c’était possible de travailler à Noël donc c’était encore plus difficile de le vivre en voyant les autres en famille », confie-t-elle avant de préciser que beaucoup d’étudiants choisissent de travailler les jours fériés car le salaire y est majoré.

Nathalie Kuesso Keho Nimpa aimerait aller dans un marché de Noël canadien pour la première fois. Gracieuseté de Nathalie Kuesso Keho Nimpa

Une intégration difficile

Celle qui étudie en quatrième année en cultures numériques à l’Université de l’Ontario français se sent pourtant très nostalgique de cette période célébrée de manière très différente en Afrique.

« Au Cameroun, c’est une fête strictement religieuse autour de concerts et d’activités de commémorations de la nativité du Christ alors qu’ici c’est plus une célébration avec un dîner de Noël en famille  », raconte-t-elle.

Ariane Goun, d’Ottawa, partage le même avis : « Quand on parle de Noël, on parle de la charité, mais ici les personnes sont beaucoup plus solitaires et repliées sur elles-mêmes alors que dans moi mon pays, en Côte d’Ivoire, ce n’est pas forcément le cas. »

Après trois temps des fêtes au Canada, l’étudiante de 27 ans juge que l’intégration y est plus difficile qu’en Afrique.

« J’ai remarqué que si tu veux vraiment discuter avec des personnes d’ici, il faut appartenir à une communauté comme faire du bénévolat ou d’autres activités de groupe. Le premier contact n’est pas facile. »

Ariane Goun est au Canada depuis 2012. Gracieuseté d’Ariane Goun

L’étudiante en deuxième année au baccalauréat en éducation a constaté la même chose à l’Université d’Ottawa : « Dans le programme d’éducation, beaucoup plus de personnes noires, donc les quelques Canadiens qu’on rencontre restent plus entre eux. L’inclusion est moins palpable. »

Comme l’année précédente, la jeune femme n’a pas de programme prévu pour le réveillon du Nouvel An, mais elle compte le passer avec sa sœur, qui habite également la capitale nationale.

« Bien que j’aie un parent ici, je sens quand même le manque de mes parents surtout avec le climat très froid qui accentue la solitude. »

Choc de cultures

L’intégration à des événements du temps des fêtes peut aussi s’avérer un peu complexe lorsqu’on ne partage pas les mêmes coutumes.

« Parfois la religion peut être un obstacle, parce que comme des fois tu peux avoir des amis de la région pour t’inviter à voir à boire, mais moi, comme je suis musulman, je préfère m’abstenir », reconnaît Serigne Mbacke Ngom.

Chafik El Aji, habitant à Sudbury, aimerait toutefois vivre ce temps des fêtes comme les locaux, « découvrir le vrai Noël, avec l’imagerie autour du Christ, les décors et tout ça, mais c’est malheureusement difficile à réaliser », se désole l’étudiant au Collège Boréal qui dit être gêné par l’aspect plutôt commercial que revêt le temps des fêtes ici.

« Chez nous, au Maroc, dès qu’on a une fête et qu’on sait qu’une personne est seule, on va l’inviter et lui faire vivre ces célébrations, mais ici, les personnes préfèrent le passer avec leur famille ou entre membres de la même communauté. »

Chafik El Aji organisait des événements avant de venir au Canada. Gracieuseté de Chafik El Aji

Le jeune homme compte y remédier lui-même en préparant une soirée très spéciale pour des amis, eux aussi loin des leurs.

Pour l’occasion, sa maman compte lui envoyer des repas depuis le Maroc et lui-même se rendra à Montréal afin de faire le plein de produits orientaux qui sont introuvables dans le Nord ontarien.

« Le but c’est de sentir l’ambiance du pays et du partage, car mes amis aussi vont ramener des plats de chez eux, et puis comme j’ai aussi dix années de disc-jockey derrière moi, je vais mixer avec de la bonne musique », anticipe l’étudiant en génie civil et minier dont ce sera le premier temps des fêtes.

Julie Roy, une vie au service de sa passion pour le cinéma canadien

Après une trentaine d’années à produire des films d’animation et des documentaires marquants à l’Office national du film du Canada (ONF), Julie Roy est aujourd’hui à la tête de Téléfilm Canada, l’organisme fédéral chargé de financer et de promouvoir le cinéma. Visionnaire et engagée, elle dédie sa carrière à faire briller le cinéma canadien, tant sur la scène nationale qu’internationale.

Nicolas St-Pierre :  « Je souhaite une suite à l’émission Dans le vestiaire »

[ENTREVUE EXPRESS]

Nicolas St-Pierre est descripteur des matchs des Sénateurs d’Ottawa au hockey et de l’Atlético Ottawa au soccer, et président d’Intersport Productions, qui gère entre autres les négociations des droits de diffusion des rencontres sportives en français. Homme aux multiples talents, il était également, jusqu’au 12 décembre dernier, et ce depuis 16 ans, l’animateur de l’émission Dans le vestiaire sur Unique FM, le seul programme traitant de l’actualité sportive en français dans la capitale nationale.

LE CONTEXTE :

Pour des raisons budgétaires, la radio ottavienne a subitement décidé de supprimer l’émission historique de sa grille de programmation, malgré son unicité et sa popularité.

L’ENJEU :

Nicolas St-Pierre livre sa réaction sur cette nouvelle inattendue, revient sur ses seize années à la tête du programme et partage son point de vue sur la situation de la couverture des sports en français en Ontario.

« Quel a été votre réaction à l’annonce soudaine de l’arrêt de votre émission sportive sur Unique FM?

Ça faisait seize ans que j’animais l’émission. Seize ans! Ça a été un choc, bien qu’on s’attende toujours à ce que ça puisse arriver. On vivait avec une épée de Damoclès en sachant qu’il y avait des réalités économiques qui étaient devenues plus compliquées. Je ne m’attendais pas à ce que ça arrive là, peut-être qu’il y ait une reconfiguration à la fin de la saison, mais à ce moment-ci… J’ai été tout simplement pris de court. Je me suis retrouvé un peu surpris et abasourdi par la décision.

Aviez-vous eu des discussions avec la direction, comme quoi l’émission pouvait ne pas être reconduite?

Le discours que j’avais, l’été passé, c’était qu’on gardait le statu quo. Puis, on nous a dit qu’on allait de l’avant, que c’était le show sur lequel on voulait capitaliser. Pour moi, c’était du tout cuit, il n’y avait pas nécessairement matière à s’inquiéter pour la suite des choses dans les mois de diffusion.
Avec l’expérience, je m’attendais à une remise en question au terme de chaque saison, chose qu’on a faite de façon récurrente, mais il n’y avait aucun signe qui me disait que le couperet allait tomber à ce moment-ci.

Vous avez été seize ans à l’antenne, ce n’est pas commun…

C’est une chose dont je peux être fier. Seize ans dans le paysage médiatique, surtout radiodiffusé, il n’y en a pas beaucoup. Juste là, d’être encore en ondes après tout ce temps, c’était plaisant de pouvoir avancer et de prolonger parce que, sans parler de record, c’est quand même un gros fait d’arme qui ramenait beaucoup de crédibilité aussi à l’émission.

Est-ce que vous avez des souvenirs qui reviennent, des moments incroyables?

Un des moments les plus incroyables, c’est quand la COVID est arrivée. On s’est retrouvé du jour au lendemain avec rien. La décision a été prise assez rapidement d’arrêter et d’attendre. Deux jours après, j’ai dit qu’on ne ferait pas ça. Je suis retourné voir le directeur général. J’ai dit qu’on allait faire un show sport pareil. Il y a beaucoup de monde qui m’a aidé là-dessus, dont Alex Saint-Jean, qui est devenu recherchiste pour nous. On a été capable, pendant tout ce temps-là, d’offrir une émission de radio sportive sans sport.

Dans cette période-là aussi, une des belles entrevues que j’ai eues, c’était avec Georges Saint-Pierre, qui avait été généreux. Ça a été une belle expérience, sérieusement, cette conversation-là. Il y en a d’autres aussi, comme M. Gary Bettman, le commissaire de la Ligue nationale de hockey, qui était venu faire un tour. Il y a tellement d’invités de qualité qu’on a eus et de grandes personnalités.

Nicolas St-Pierre continue son travail de commentateur dans la LNH et la PLC. Photo : Gracieuseté de Nicolas St-Pierre

De manière plus générale, la couverture des sports en français diminue en Ontario. On l’a vu notamment au Droit avec une réduction d’effectif et à Radio Canada à Toronto, qui n’a pas remplacé le départ de son journaliste sportif. Est-ce que cela vous inquiète?

Petite précision, Le Droit a changé son équipe, mais il y a quand même deux journalistes sportifs qui sont maintenant là, dont Zachary Mercier, qui était un de nos collaborateurs. Mais avec le départ de Marc Brassard et Sylvain Saint-Laurent, entre autres, ça a fait en sorte qu’il y a eu une reconfiguration de la façon dont ils couvrent le sport.

Pour revenir à la question initiale, c’est sûr qu’il n’y a rien de réjouissant en général dans le monde des médias en ce moment, parce qu’on est en train de vivre un grand chambardement. Malheureusement, en étant minoritaire en Ontario, on sent que la priorité n’est pas nécessairement sur la couverture francophone.

Alors oui, ça m’inquiète à un certain niveau, mais ce qui me réjouit un peu ou ce qui apaise mon niveau d’inquiétude, c’est que même en faisant face à ça, ce discours-là était quand même semblable seize ans en arrière, quand je suis arrivé.

Quels sont les motifs d’espoir de voir la situation s’améliorer?

La flamme est toujours là. Il y a toujours cette étincelle qui permet de croire que la lumière va arriver au bout du tunnel. Ça prend des purs et durs, ça prend des grands artisans, des gens qui y croient, vous et plusieurs autres d’ailleurs. Il ne faut pas baisser les bras. J’ai l’impression qu’il n’y en aura pas des centaines à vouloir reprendre derrière nous. À nous de montrer l’exemple, d’être là sur la première ligne, c’est important.

On peut s’inquiéter, mais je vois aussi beaucoup de positif. En espérant que les gens qui sont là n’abandonnent pas le bateau, parce que c’est important d’avoir de la relève, de cultiver justement cette flamme-là.

C’est à nous, les grands responsables, pour reprendre une expression bien populaire, « nos bras meurtris qui tiennent le flambeau ». On vous le tient bien haut puis on va le passer à l’autre génération.

Quelles sont les solutions face à des médias traditionnels qui délaissent le sport pour des raisons budgétaires?

L’union fait la force. Tu vas avoir plusieurs plateformes qui vont être détenues ou traitées par une entité. Tu vas avoir une concentration des postes. Ça va prendre des gens qui vont être beaucoup plus multidisciplinaires. Et même, si je reviens encore à 25, 30 ans passés, on disait la même chose.
L’important maintenant pour les nouveaux artisans, c’est d’avoir plusieurs cordes à leur arc. Ça ne sera pas l’affaire d’un journaliste écrit ou d’un journaliste à l’électronique. Les personnes qui vont s’amener devront faire tout et tout d’elles-mêmes. Malheureusement, il y aura peut-être plusieurs appelés, mais pas beaucoup d’élus pour remplir ces postes-là, mais je pense que les meilleurs vont toujours remonter à la surface.

Pour finir, quelle est la suite pour vous?

Je suis encore descripteur des Sénateurs d’Ottawa et de l’Atlético d’Ottawa. On va voir s’il y a une autre antenne qui devra accueillir l’Atlético. Je n’ai pas encore eu de discussion avec Unique FM. Mais pour l’instant, je demeure à la description des Sénateurs.

La suite pour l’émission, je ne la connais pas, mais je souhaite qu’il y en ait une, parce que c’est un service qu’on doit remplir. Avec tous les sports qu’on retrouve dans la capitale maintenant, et en Ontario, je pense qu’on en a assez pour remplir non seulement une émission, mais une station au complet. Il y a du potentiel. Ça sera de savoir comment on va la livrer et sur quelle plateforme on va se retrouver. »

La banque alimentaire, un guichet du quotidien sur la détresse ordinaire

TORONTO. Le thermomètre affiche -15 degrés Celsius ce jeudi matin dans les rues de Parkdale Village. Dans ce quartier de l’Ouest torontois, le vent perce en rafale les vêtements des résidents qui s’agglutinent en file indienne devant une bâtisse en briques aux allures d’épicerie.

Quand le rideau de fer s’entrouvre enfin sur la rue Dunn, les premiers « visiteurs » s’y engouffrent, laissant au passage un ticket numéroté soigneusement conservé, preuve qu’ils viennent pour la première et unique fois de la semaine.

Charlotte Flameng connaît la plupart des usagers qui se pressent ici. Depuis deux ans, cette bénévole et travailleuse sociale originaire de Belgique se poste à l’entrée pour orienter des bénéficiaires chaque année plus nombreux.

« Les profils sont très variés, bien plus qu’avant, constate-t-elle. On voit des gens qui travaillent, d’autres qui ne travaillent pas, des jeunes, des plus âgés… Ils ne viennent pas ici occasionnellement, mais dépendent au contraire énormément de la nourriture qu’ils reçoivent ici. »

Charlotte Flameng est une des 300 bénévoles de la Parkdale Community Food Bank. Photo : ONFR/Rudy Chabannes

À l’intérieur de la banque, chacun remplit son chariot de courses ou son sac de fortune en fonction des restrictions de quantité notifiées à la main sur des étiquettes. Ici, on se sert en fonction de la taille de la famille. Sur les étals, on trouve des produits frais comme du lait, des pommes de terre, des oignons ou encore des oranges. Des boites de conserve et des pots de toutes sortes aussi : tomates, carottes, maïs, beurre de cacahuète… Sitôt remplis de fruits et légumes, les paniers se vident rapidement.

Les prix galopent, les salaires trottinent

Devant une armoire réfrigérée, Michael Stewart ouvre et ferme la petite porte vitrée, distribuant en cadence des bouteilles de lait. « Avec le coût de la vie, du loyer, de l’épicerie, la banque alimentaire devient un instrument important pour aider les gens à se nourrir et boucler la fin du mois », se désole ce bénévole qui a appris le français à Chicoutimi au Québec, avant d’étudier en France.

« La plupart du monde ici a un travail, observe-t-il. Mais quand tu vois que le salaire moyen est en-dessous du salaire vital, c’est impossible de vivre à Toronto. »

Des bénévoles font le plein des étals avant une nouvelle vague d’usagers.

Pommes de terre, oignons, oranges sont collectés en fonction de la taille des familles selon un code de couleurs.

Jeremy Duffy, responsable des opérations, déballe des denrées.

Les denrées proviennent principalement de dons de particuliers et de grossistes.

La banque alimentaire accueille des populations très variées.

Parkdale Community Food Bank ouvre quatre jours par semaine.

Parkdale Village, un quartier populaire de l’ouest torontois.

Une grille extérieure protège la banque durant les heures de fermeture.

Plus de 2 millions de Canadiens ont eu recours à une banque alimentaire en 2023, soit une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente. Une hausse de 90 % depuis 2019 à l’échelle du pays. Sans précédent. Les 653 banques alimentaires de l’Ontario ont cumulé à elles seules plus de 736 000 visites dont le tiers concernait des enfants. En hausse de 8 % sur un an.

Ce sont les données les plus récentes exposées dans un rapport de Banques alimentaires Canada. L’organisme appelle dans ses recommandations à « réparer un filet de sécurité sociale brisé, régler la crise du logement à loyer modique, aider les travailleurs à faible revenu à joindre les deux bouts et pallier l’insécurité alimentaire et la pauvreté ».

Un bond de 7000 à 15 000 usagers en l’espace d’un an

Une autre organisation, Feed Ontario, évoque un million de visites dans les banques alimentaires entre avril 2023 et mars 2024, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’année dernière et une augmentation de 86 % depuis 2019-2020, dans une province où un Ontarien sur dix vit en dessous du seuil de pauvreté.

Plus localement, le nombre de visites a même doublé en un an à Parkdale Community Food Bank. Les bénéficiaires sont passés d’environ 7000 en octobre 2023 à près de 15 000 en octobre 2024.

Une fois payés le loyer et les services publics, il ne reste que 6,67 $ par jour dans la poche des consommateurs torontois de banque alimentaire en Ontario pour couvrir les dépenses essentielles comme la nourriture, les vêtements, les médicaments, les transports. Tel est le constat alarmant de Daily Bread, qui fédère les banques alimentaires du Grand Toronto.

Michael Stewart, un bénévole qui a appris le français à Chicoutimi au Québec et a étudié en France. Photo : ONFR/Rudy Chabannes

Pour faire face, la Parkdale Community Food Bank est passée de trois à quatre jours d’ouverture, a élargi ses horaires et s’apprête à déménager dans un lieu plus grand à 300 mètres de là, sur l’avenue Brock. « On a la chance de pouvoir compter sur plusieurs partenaires, la communtauté et des entreprises pour combler les besoins », salue Laurie Drake, présidente du conseil d’administration, qui peut compter sur la générosité des particuliers. Leurs dons représentent autour de 40 % des revenus de la banque.

« On fait beaucoup de désescalade avec des gens qui sont à bout »
— Charlotte Flameng, bénévole

Un coup d’œil dehors : la file ne désemplit pas. Les personnes dépourvues de ticket sont invitées à former une deuxième file plus loin, afin de prioriser les usagers « en règle », détenteurs du précieux ticket numéroté. La plupart sont compréhensifs et prennent leur mal en patience, d’autres tentent de forcer le passage en campant devant l’entrée. Les bénévoles redoublent alors de diplomatie pour les convaincre, les apaiser.

Charlotte Flameng enregistre un client à l’entrée de la banque alimentaire de la rue Dunn. Photo : ONFR/Rudy Chabannes

Charlotte Flameng use de tout son tact pour désamorcer des situations complexes au premier contact, à des moments où la santé mentale entre parfois en jeu. Il faut alors discuter, raisonner, rassurer, réconforter… Cela n’effraie pas cette travailleuse sociale de formation. « Parfois on appelle le 911 ou même la police, mais c’est vraiment le dernier recours », insiste-t-elle, estimant que les forces de l’ordre sont encore « mal formées » à ce type d’intervention.

« On fait beaucoup de désescalade avec des gens qui sont à bout. Leurs ennuis et traumastismes ressortent ici », confie celle qui se dit « fâchée avec l’état de la société : les prix qui augmentent plus vite que les salaires, le racisme, le manque d’accès à l’emploi et aux aides… ». En prêtant main forte comme bénévole, elle a « l’impression d’aider à quelque chose, traiter les gens au moins comme des êtres humains ».

« On leur offre de la nourriture, mais aussi un échange humain »
— Michael Stewart, bénévole

Michael Stewart n’en pense pas moins. Au-delà la nourriture, il envisage la banque alimentaire comme une bulle d’humanité et de réconfort. « Les gens que l’on croise habitent pour la plupart dans des gratte-ciel isolés. Ce lien avec les gens est très important. Un bonjour, parfois une plaisanterie, leur apporte du bonheur dans leur journée. On leur offre de la nourriture, mais aussi un échange humain. »

Tous partagent un certain dégout d’une société portée sur le gaspillage à l’heure où l’urgence sociale commande la sobriété et la solidarité. « C’est révoltant, c’est sûr. On peut le voir comme un problème sans aucun levier dessus. Ou bien on peut le constater et participer à ce genre d’initiatives et avoir un petit impact au jour le jour, semaine par semaine », conçoit Charlotte Flameng.

Face à l’explosion de la demande, la banque alimentaire explore en amont de nouvelles voies pour mettre la main sur des stocks invendus à bas coût. « On doit faire preuve de créativité en travaillant avec des grossistes, en allant chercher l’épicerie que les gens ne vont pas consommer ou en nouant des partenariats avec des corporations qui nous envoient leur inventaire en surplus, explique la présidente Laurie Drake. Ces relations nous permettent d’acheter la nourriture à faible coût, tout en diminuant le gaspillage. »

Au milieu de cette population aux langages multiples, les volontaires tentent de trouver dans leurs rangs la personne qui saura parler la langue recherchée quand l’anglais devient une barrière. Russe, espagnol, portugais… Ici, on est au contact de toutes sortes de langues, y compris le français.

« En ce moment, on voit des Ukrainiens, souvent de jeunes gens qualifiés qui travaillaient dans leur pays d’origine, relate Michael Stewart, la gorge serrée. Ils sont en quête d’emploi en Ontario, alors on essaye de leur donner des conseils pour s’en sortir. C’est déchirant », concède-t-il.

Dans quelques jours, la banque alimentaire déménagera 300 mètres plus loin, au coin de Queen Ouest et Brock. La détresse ordinaire, aussi, fera le déplacement.

Grandir dans l’étendue avec Mario Lepage

Pour ce dernier épisode de notre série Micro & boussole en Saskatchewan, Rachel Crustin quitte Saskatoon pour explorer le hameau fransaskois de Saint-Denis. C’est là que Mario Lepage, alias Ponteix, a passé son enfance. Un grand lot de chansons furent enregistrées là-bas et plusieurs collaborations artistiques y ont fleuri. Mario explore les contrastes entre Montréal et son hameau d’origine, et s’ouvre sur son enfance et ses relations familiales. Rachel voudra-t-elle tout laisser de la vie citadine pour s’établir dans l’étendue saskatchewanaise?

Gérard Parent, une personnalité « solaire » qui a laissé sa marque à Toronto

Les proches du Franco-Torontois Gérard Parent lui rendront hommage ce samedi 21 décembre à la Paroisse du Sacré-Cœur de Toronto, lors d’une visitation et d’un service funèbre. Décédé le 10 décembre dernier, l’ex-directeur général des Centres d’accueil Héritage (CAH) aura laissé sa marque dans la francophonie de la Ville Reine.

« C’est quelqu’un qui a travaillé fort, avant et après (son passage comme directeur général), pour améliorer l’accès aux services en français en Ontario », affirme à ONFR l’actuelle directrice générale des CAH, Barbara Ceccarelli.

Gérard Parent a occupé ce poste de 2003 à 2012, guidant l’organisme pendant une décennie marquée par plusieurs changements.

Celle qui le considère comme un mentor affirme qu’il avait une énergie « conviviale » et « solaire ». « Quand je pense à lui, le mot qui me vient est que c’est quelqu’un de rayonnant, avec une grande énergie et une incroyable empathie » envers les clients et le personnel.

Depuis deux ans, il habitait lui-même aux CAH, organisme qui offre des services sociaux et de santé en français aux aînés et aux personnes vulnérables. Malgré un état de santé complexe, Gérard Parent continuait de s’engager comme il le pouvait dans la vie communautaire au sein de la structure.

« Il est parti la tête haute »
— Peter Hominuk, directeur général de l’AFO

Le directeur général de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Peter Hominuk a côtoyé Gérard Parent lorsque ce dernier était coordonnateur des services en français du ministère de la Santé de l’Ontario. Il confirme que l’homme de 71 ans « a toujours travaillé de façon très active et passionnée pour s’assurer que les francophones avaient accès à des services en français. »

Gérard Parent était aussi grandement impliqué auprès du Club Richelieu de Toronto ainsi qu’au Club de l’âge d’or de la Paroisse du Sacré-Cœur.

« On peut dire qu’il est parti la tête haute. Il n’a pas lâché de travailler pour sa communauté jusqu’à la fin, ajoute Peter Hominuk. C’est une perte pour la francophonie. »

Gérard Parent sera enterré au printemps à Iroquois Falls, dans le Nord de l’Ontario.

Xavier Brassard-Bédard nommé à la tête du diffuseur public TFO

TORONTO – L’ex-directeur général de TVA Nouvelles et LCN avait quitté ses fonctions le 11 décembre dernier après 14 ans de services au sein du groupe québécois TVA. Il vient d’être nommé, ce mardi, président-directeur général de la chaine franco-ontarienne.

« Je suis fier et honoré de prendre les rênes de TFO, un média ancré dans la jeunesse et dans la production et la diffusion de contenus francophones qui sont uniques sur nos écrans », a déclaré par voie de communiqué M. Brassard-Bédard, qui prendra ses fonctions le 6 janvier prochain.

Journaliste de formation, il a étudié au Collège La Cité et à l’Université d’Ottawa, avant d’entamer sa carrière en tant que rédacteur-réviseur à Ottawa au sein du Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO), à l’époque connu sous le nom de Regroupement des organismes du patrimoine franco-ontarien (ROPFO).

M. Brassard-Bédard a ensuite travaillé à Radio-Canada durant huit ans, à Ottawa et à Toronto, où il a occupé les postes de recherchiste, réalisateur et chef de pupitre du Téléjournal Ontario.

Par la suite, il a rejoint les équipes du groupe médiatique TVA, au sein duquel il a travaillé près de 14 ans, dont quatre à titre de rédacteur en chef de la salle de nouvelles. Sous sa direction, le média québécois a opéré d’importantes compressions en 2023, mis fin aux bulletins de nouvelles locaux du week-end à Québec au printemps dernier et changé de studios.

Par voie de communiqué ce mardi, il s’est dit « déterminé à renforcer le rôle de TFO dans les années à venir, au service de notre jeunesse et des communautés francophones de l’Ontario ainsi que de celles vivant en situation minoritaire à travers le Canada. »

« L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) se réjouit de collaborer avec M. Brassard-Bédard, qui apporte avec lui près de quinze ans d’expérience en gestion dans le domaine des médias, a réagi son président Fabien Hébert. Son expertise, son leadership et sa connaissance de la réalité franco-ontarienne seront des atouts précieux pour faire rayonner davantage notre communauté. »

La ministre de l’Éducation, Jill Dunlop, a salué cette nomination et souligné le rôle de la chaine franco-ontarienne : « TFO joue un rôle essentiel en contribuant à l’éducation de langue française grâce à des récits créatifs et inspirants. J’ai hâte que nous travaillions ensemble pour favoriser la réussite de tous les élèves francophones. »

« TFO entre dans une nouvelle ère marquée par une industrie médiatique en grande transformation, a pour sa part déclaré Jean Lépine, président du Conseil d’administration de TFO. Le nouveau PDG utilisera sa vaste expérience dans les médias pour guider TFO vers de nouveaux sommets auprès d’un public en évolution. »

Xavier Brassard-Bédard succède à Michelle Séguin qui avait annoncé son départ à la retraite en avril dernier. Elle avait pris les commandes de la chaine en 2021 à la suite de la suspension de son prédécesseur par intérim Éric Minoli, englué dans des allégations de climat toxique.

Manger halal et sans gluten dans le Nord ontarien : un défi surmontable?

Se cuisiner un hamburger à Sudbury ne devrait pas être si compliqué que ça. Sauf s’il doit être halal et sans gluten! Vivre en région éloignée lorsqu’on suit une diète spécialisée vient avec son lot de défis. La journaliste Inès Rebei en sait quelque chose. Depuis qu’elle vit à Sudbury, il n’est pas toujours facile de trouver les aliments halal et sans gluten nécessaires à son alimentation. Dans sa quête pour trouver les ingrédients qu’il lui faut pour préparer un hamburger, Inès part rencontrer d’autres gens qui peinent, comme elle, à bien s’alimenter dans le Nord ontarien, et d’autres qui tentent de faire une différence.

Justin Trudeau : Drouin et d’autres députés libéraux appellent à sa démission

OTTAWA – L’élu libéral de l’Est ontarien Francis Drouin fait partie d’un groupe de députés qui demande que Justin Trudeau démissionne.

« Je pense qu’il doit partir. La démission (de Chrystia Freeland) d’aujourd’hui en est un signe », a affirmé le représentant de Glengarry–Prescott–Russell sur les ondes de CBC en matinée.

Les appels à la démission de Justin Trudeau sont repartis de plus belle lundi matin avec la démission de la ministre des Finances Chrystia Freeland qui citait des désaccords avec le chef libéral pour quitter le cabinet. Cette annonce en matinée est survenue alors que la vice-première ministre aurait dû présenter la mise à jour économique d’automne.

C’est Dominic Leblanc qui sera dorénavant le ministre des Finances après une cérémonie d’assermentation qui a eu lieu à 16 h à Rideau Hall, au même moment où l’énoncé économique était déposé à la Chambre des communes par la Leader du gouvernement en Chambre, Karina Gould.

Le premier ministre s’est adressé à son caucus, réuni en urgence lundi soir où était aussi présente Mme Freeland. La plupart des députés et ministres ont ignoré les questions des journalistes à leur sortie.

« Aujourd’hui, c’était censé être la présentation d’un plan et maintenant nous parlons d’une ministre des Finances qui a démissionné et je ne vois pas comment cela pourrait aider le premier ministre et comment cela peut nous aider à parler des Canadiens », a expliqué Francis Drouin.

Questionné sur si Justin Trudeau devrait quitter, le député de Nickel-Belt Marc Serré a répondu « non » tandis que sa collègue dans Ottawa-Vanier, Mona Fortier a répondu à la même question « qu’on allait avoir une conversation », a-t-elle dit en lien avec une réunion du caucus libéral lundi soir.

« C’est sa décision, moi je me présente (aux prochaines élections) », a lancé la députée franco-ontarienne à ONFR.

« On a du travail à faire », argumente de son côté Marc Serré.

Le député acadien René Arseneault fait aussi partie de ce groupe de députés qui ont demandé à nouveau la démission de Justin Trudeau, après plusieurs appels dans les derniers mois.

« Ce qui se passe aujourd’hui est la chronique d’une mort annoncée, c’était complètement prévisible », a-t-il dit sur les ondes de Radio-Canada Acadie.

À l’instar de Patrick Weiler, le député d’Hamilton Chad Collins est un autre élu libéral qui a partagé que le premier ministre devrait partir tout comme son collègue de la région de Montréal, Anthony Housefather.

« Nous ne sommes pas unis », a d’ailleurs affirmé après la réunion du caucus Chad Collins, alors que son collègue torontois James Maloney affirmait le contraire quelques secondes auparavant.

Tandis que le chef conservateur Pierre Poilievre en appelle à des élections dès que possible, son homologue dans l’opposition, Jagmeet Singh a refusé d’adhérer à cette proposition exigeant simplement la démission de Justin Trudeau.

Traduction : vers une « utilisation accrue » de l’intelligence artificielle au fédéral

OTTAWA — Dans sa mise à jour économique d’automne présentée lundi, le gouvernement Trudeau indique qu’il compte utiliser l’intelligence artificielle (IA) de manière « accrue » pour effectuer la traduction dans la fonction publique.

Le gouvernement fédéral entend mener une stratégie dans le but d’augmenter l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein de la fonction publique « afin d’améliorer l’efficience et la prestation des services ».

« Le travail initial sera axé sur les secteurs où l’adoption de l’IA permet le mieux d’améliorer à court terme la qualité et l’efficience des activités du gouvernement, notamment l’utilisation accrue d’outils d’IA en traduction », est-il indiqué dans le document de plus de 300 pages.

Pour ce faire, le Bureau de la traduction sera notamment appelé à décoder le contenu traduit pour « produire des traductions exactes ». 

« Le Bureau de la traduction conjugue son expertise linguistique, son savoir-faire technique et son esprit d’innovation pour mettre en place les technologies de traduction et d’interprétation les plus efficaces », précise la mise à jour économique.

Ces mesures feront partie d’une stratégie en matière d’intelligence artificielle, qui sera publiée au printemps prochain. Le fédéral soutient déjà utiliser l’intelligence artificielle pour la traduction, ce qui a « fait tomber les barrières linguistiques et rendu la rédaction et la traduction plus accessibles ».

La mise à jour économique d’automne a été assombrie lundi par la démission de Chrystia Freeland comme ministre des Finances en matinée. Dans une lettre adressée à Justin Trudeau, elle pointe du doigt un « désaccord », notamment sur la façon de dépenser du premier ministre. Elle explique que son désir de « préserver notre capacité fiscale » était incompatible avec la vision du premier ministre. 

Le déficit monte à 60 milliards de dollars

En raison de nouvelles dépenses de 21 milliards, le déficit prévu pour 2023-2024 passe de près de 40 milliards à 61,9 milliards de dollars par rapport aux prévisions du budget du printemps dernier. Les 22 milliards de dollars de nouvelles dépenses cette année sont attribuables à près de 16 milliards supplémentaires en lien avec un passif sur les réclamations autochtones ainsi qu’un rajustement pour le soutien lié à la COVID-19 de 4,7 milliards.

Aucun équilibre budgétaire n’est prévu alors que le déficit budgétaire est prévu de se chiffrer à 23 milliards de dollars dans cinq ans, en 2029-2030. 

La ministre des Finances Chrystia Freeland démissionne du cabinet

OTTAWA — La ministre des Finances Chrystia Freeland a annoncé qu’elle quittait le cabinet, la même journée où elle se devait de présenter la mise à jour économique d’automne.

Celle qui était aussi la vice-première ministre en a fait l’annonce sur le réseau social X lundi matin dans une lettre adressée au premier ministre Trudeau où elle écorche aussi ce dernier.

« Vendredi dernier, vous m’avez dit que vous ne vouliez plus que je sois votre ministre des Finances et vous m’avez proposé un autre poste au sein du Cabinet. Après y avoir réfléchi, j’ai conclu qu’à mes yeux la seule voie honnête et viable est de démissionner du Cabinet », annonce-t-elle.

Elle indique à Justin Trudeau « qu’en prenant votre décision, vous avez clairement indiqué que je ne possède plus cette confiance de façon crédible et que je ne possédais plus l’autorité qui l’accompagne ».

Elle explique son départ sur un « désaccord sur la meilleure voie à suivre pour le Canada » entre elle et le premier ministre. Depuis plus d’une semaine, des histoires dans le Globe and Mail faisait référence de tensions entre le bureau de Justin Trudeau et celui de la ministre des Finances, notamment sur les dépenses du gouvernement.

Chrystia Freeland s’était engagé à ce que le déficit ne dépasse pas les 40 milliards de dollars lors du budget du printemps de 2024, mais la semaine dernière, elle a laissé entendre qu’elle ne serait pas capable de respecter cette promesse.

Elle écrit que « le pays est confronté à un grand défi » avec Donald Trump qui menace d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur le Canada et que « nous devons prendre cette menace au sérieux ». Pour ce faire, elle estime que le gouvernement fédéral doit mieux gérer « notre capacité fiscale aujourd’hui, pour que nous puissions disposer des réserves dont nous pourrions avoir besoin lors d’une guerre tarifaire ».

« Je sais que les Canadiennes et Canadiens reconnaîtraient et respecteraient une telle approche. Ils savent quand nous travaillons pour eux et ils savent quand nous nous concentrons sur nous-mêmes. Il est inévitable que notre mandat au gouvernement prenne fin », indique-t-elle.

« Toutefois, la manière dont nous ferons face à la menace à laquelle notre pays est présentement confronté nous définira pour une génération, et peut-être pour bien plus longtemps », avertit-elle.

« C’est cette conviction qui a motivé mes efforts acharnés cet automne pour gérer nos dépenses de manière à nous donner la flexibilité dont nous aurons besoin pour relever les graves défis présentés par les États-Unis », ajoute-t-elle.

Depuis samedi, plusieurs items comme des vêtements et de la nourriture à emporter sont désormais exemptés de taxe sur les produits et services/taxe de vente harmonisée (TPS/TVH), une mesure qui coutera près de 3 milliards de dollars selon le Directeur parlementaire du budget. Autre mesure annoncée, une promesse d’envoyer un chèque de 250 $ en avril aux travailleurs canadiens gagnant moins de 150 000 $ par année.

Réagissant au départ de Mme Freeland, le chef conservateur Pierre Poilievre a appelé Jagmeet Singh à renverser le gouvernement libéral pour aller en élections dès que possible avant l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.

« M. Trudeau devrait déposer la mise à jour économique cette après-midi et permettre un vote ce soir pour permettre à la Chambre des communes de montrer oui ou non si on a la confiance ou si on va aller en élection pour reprendre le contrôle de notre pays », a réclamé le chef conservateur en conférence de presse.

Le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre. Crédit image : Stéphane Bédard

Plusieurs ministres démissionnaires

Cette dernière précise dans sa missive qu’elle restera députée dans sa circonscription de Toronto et qu’elle entend se représenter aux prochaines élections. Sa démission suit celle aussi du ministre du Logement Sean Fraser qui a annoncé lui aussi qu’il quitterait le cabinet, suite à un remaniement et qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections, citant des raisons familiales pour expliquer son départ.

Cela fait suite aux départs d’autres ministres depuis l’été de Pablo Rodriguez (Transports), Seamus O’Regan (Travail) et Randy Boissonnault (Emploi et Langues officielles). Filomena Tassi, Marie-Claude Bibeau, Carla Qualtrough et Dan Vandal ont annoncé qu’il ne seront pas candidats aux prochaines élections.

Ottawa doit présenter ce lundi en fin de journée son énoncé économique d’automne en principe, mais au moment de mettre à jour ce texte vers 11 h, l’embargo, prévu à 10 h, n’avait toujours pas été levé pour les journalistes.

Chrystia Freeland est au conseil des ministres depuis 2015, elle qui a occupé les rôles de ministre des Affaires étrangères et jusqu’à 2020. Elle est par la suite nommée ministre des Finances en août 2020. Elle a été élue pour la première fois en 2013 lors d’une élection partielle.

Tarifs américains : un front uni des premiers ministres canadiens

MISSISSAUGA – Réunis autour de Doug Ford ce lundi à Mississauga, les 12 autres premiers ministres provinciaux et territoriaux du Canada ont affiché un «  front uni » face à la menace de tarifs douaniers américains à hauteur de 25 % au Canada.

Parmi les questions et thèmes discutés, il a été question de sécurité énergétique, de soins de santé et de relations canado-américaines, relatives à l’annonce du Donald Trump d’imposer une taxation de 25 % sur tous les produits en provenance du Canada.

En conférence de presse cet après-midi, le premier ministre ontarien et président du Conseil de la fédération, Doug Ford, a ensuite annoncé que les premiers ministres du Canada feraient front uni malgré le « chaos à Ottawa », qualifiant la situation d’instable au fédéral, après la démission de la ministre de finances Chrystia Freeland.

Une volonté de prise de décisions basées sur des consensus concernant le commerce, la sécurité des frontières et de l’Arctique et les relations Canada-États-Unis.

« Jusqu’au 20 janvier quand Trump sera assermenté, nous allons rester unis et travailler ensemble. Il y aura beaucoup de forces de notre côté lorsqu’on négociera. Les seules personnes qui pâtiraient d’un manque de collaboration seraient les Canadiens et les Américains et qui serait le grand gagnant? La Chine et ses produits bon marché », a-t-il déploré.

La première ministre de l’Alberta Danielle Smith d’ajouter : « Notre énergie canadienne va rendre les prix moins couteux. Chaque province a des forces à avancer sur la table, minerais spéciaux et ressources naturelles. Voici les types d’arguments que nous allons avancer. »

« Il y a encore des problèmes à la frontière. Il faut investir de l’argent et des ressources humaines. Ça devrait être notre seule priorité »
— François Legault, premier ministre du Québec

Les premiers ministres exhortent également le gouvernement fédéral à accélérer l’atteinte de la cible fixée par l’OTAN de 2 % du PIB pour les dépenses en défense, en lien avec les infrastructures stratégiques et les implications plus larges pour le partenariat économique et de sécurité du Canada avec les États-Unis.

Les premiers ministres ont discuté de l’engagement du premier ministre fédéral quant à présenter un plan complet pour la sécurité frontalière, qui doit inclure les ressources humaines et financières supplémentaires et nécessaires.

« Notre priorité devrait être de s’assurer que nous avons réglé ce problème. Il (Donald Trump) a été clair, si vous ne traitez pas le problème des frontières, j’imposerai ce tarif de 25 %. Il y a encore des problèmes frontaliers c’est certain et il faut investir, ça devrait être notre seule priorité », a tranché François Legault, le premier ministre du Québec.

Un argument appuyé par Doug Ford qui évoque la nécessité d’appuyer la GRC pour sécuriser la frontière, ajoutant que c’est la responsabilité du gouvernement fédéral.

Les discussions entre les premiers ministres se poursuivront jusqu’au 20 janvier et le Conseil de la fédération se rendra à Washington en février « en vue de consolider encore davantage l’établissement de partenariats solides avec les États-Unis ».

L’ombre de l’arrivée au pouvoir de Trump aux États-Unis

À l’origine de cette menace, l’exigence de Trump que le Canada et le Mexique renforcent leurs frontières contre le flux migratoire illégal et le passage de drogues telles que le fentanyl.

Si de tels tarifs entraient en application, Doug Ford avait dèjà évoqué en plusieurs pistes de réplique comme couper les exportations d’électricité de l’Ontario ou encore imposer des frais douaniers sur le bourbon américain, une approche qui n’est pas partagée par d’autres provinces telles que le Québec ou l’Alberta.

Fin novembre, juste après l’annonce du président élu Donal Trump, les premiers ministres s’étaient réunis virtuellement avec le premier ministre canadien Justin Trudeau. Celui-ci avait appelé à l’unité entre les provinces et territoires pour faire front commun dans les négociations. 

« Avec l’arrivée d’une nouvelle administration aux États-Unis, cela n’a jamais été aussi important que les premiers ministres du Canada travaillent ensemble pour protéger les emplois canadiens et développer des partenariats plus solides des deux côtés de la frontière », a ainsi déclaré le premier ministre ontarien comme mot d’ordre des rencontres du Conseil de la fédération.

Un nouveau bureau du Centre francophone du Grand Toronto à Brampton

BRAMPTON – Le Centre francophone du Grand Toronto (CFGT) a officialisé ce jeudi l’ouverture d’un nouveau bureau à Brampton. Il s’agit du douzième point de service du CFGT, et du deuxième dans la région de Peel. Il vient compléter celui de Mississauga afin de répondre à la demande croissante des francophones de la ville.

Estelle Courty Duchon, présidente-directrice générale du CFGT, a coupé le ruban et inauguré cette antenne située au 60, rue Queen Est, au centre-ville de Brampton. Pour elle, cette ouverture représente un accès facilité aux services pour la communauté.

« C’est vraiment ça notre objectif, a-t-elle confié : faciliter la vie des gens pour qu’ils puissent accéder à des services près de chez eux. Dans la région de Peel, on a un bureau à Mississauga, et les gens nous disaient que ça prend une heure, deux heures parfois, juste pour faire le trajet. Ça n’a pas l’air long à vol d’oiseau, mais une fois dans sa voiture ou dans les transports en commun…

« On entendait un de nos clients tout à l’heure qui parlait de se déplacer avec trois jeunes enfants. Imaginez une ou deux heures de trajet pour, parfois, un rendez-vous qui dure une demi-heure. Ça ne fonctionne pas pour la plupart des gens. »

Le bureau du Centre francophone se trouve au sous-sol du bâtiment nommé « The Mill » dans l’unité L12. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Ce client, c’est Isidore Mbaga Manga. Arrivé du Cameroun il y a moins de deux mois, il a choisi de s’installer à Brampton avec sa femme et ses trois enfants car c’est une ville proche de l’aéroport. Venu au Canada pour travailler comme graphiste, il a bénéficié de l’aide du Centre francophone. Il illustre bien cet objectif de proximité décrit par Mme Courty Duchon.

« Le fait que le Centre francophone soit accessible à Brampton m’a permis de raccourcir mon trajet. Prendre le bus avec les enfants, c’est compliqué. J’en ai trois, donc forcément, au bout d’un moment, quand il faut changer de ligne, c’est un peu difficile. Ici, à Brampton, je prends un seul bus, je descends, et je fais le reste à pied. C’est beaucoup mieux pour nous en tant que famille, pour mieux nous organiser. Avoir accès à ce genre de services près de chez nous, c’est vraiment une bénédiction. »

Une population francophone croissante

L’ouverture de ce bureau répond à deux critères principaux : la croissance de la population francophone à Brampton, et les demandes directes des clients du CFGT, comme l’a expliqué Mme Courty Duchon.

Le CFDG a reçun un certificat de reconnaissance des mains de la représentante de la ville de Brampton. Photo : Mickael Laviolle

Lors du recensement de 2021, Brampton comptait plus de 9275 résidents francophones, tandis que la région de Peel dans son ensemble en comptait environ 14 800. Des chiffres qui, selon les estimations, seraient encore plus élevés aujourd’hui.

« On espère être capables de servir peut-être 500 à 1000 personnes par année, ici à Brampton », explique la PDG.

La demande pour des services francophones dans cette région n’est pas nouvelle. Elle était déjà inscrite dans le plan stratégique 2020-2025 de l’organisme. Cependant, le financement nécessaire pour concrétiser ce projet a été obtenu seulement en 2024, grâce à la région de Peel.

« On s’était dit que le jour où on serait capables de le faire – grâce à un financement – on le ferait, parce qu’on savait que le besoin était criant. »

Un système de rotation des services

Le centre offre quatre types de services : l’accueil des nouveaux arrivants, l’assistance en matière de logement, l’aide à l’emploi et le soutien juridique. Tous ces services sont disponibles dans ses trois bureaux, selon un système de rotation.

« L’ensemble des services sont demandés. On commence avec ce qu’on est capables d’offrir sur une base de rotation. Par exemple, on propose des services d’établissement, des services juridiques, et de l’aide pour le logement, détaille Mme Courty Duchon. Le logement, c’est une problématique majeure. Je pense que n’importe qui vivant dans la région du Grand Toronto sait de quoi je parle : c’est l’enfer!

Pour les services de santé, c’est plus complexe. Nous aimerions, un jour, ouvrir une clinique de soins primaires, mais cela nécessite des investissements particuliers. Aujourd’hui, ce n’est pas possible sans la structure appropriée. »

En plus des services d’aide reçus, Isidore Mbaga Manga a souligné le côté humain du CFGT. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Avant même l’ouverture officielle, Isidore Mbaga Manga avait déjà profité des services du nouveau bureau de Brampton.

« Le Centre francophone m’a aidé principalement pour l’emploi. Ils m’ont orienté vers plusieurs séances de recrutement avec des employeurs locaux. Quand on arrive en tant qu’immigrant, on ne pense pas forcément à réaliser son métier de rêve immédiatement. Il faut d’abord trouver un travail pour subvenir aux besoins, acheter une voiture, par exemple.

Ils m’ont aussi aidé sur le plan familial. Ma femme, qui ne parlait pas bien anglais, participe à des séances de discussion en anglais tous les samedis, ce qui l’aide beaucoup. »

Pour Estelle Courty Duchon, un aspect clé de l’expansion des services du CFGT est la collaboration avec les partenaires locaux.

« C’est important de comprendre qu’une organisation ne peut pas tout offrir. Nous proposons des services essentiels à la communauté, mais nos partenaires jouent un rôle tout aussi crucial. Notre mission, c’est de créer ces connexions pour répondre aux besoins des francophones. »

Beaucoup de musique, plusieurs activités en français pour le temps des Fêtes

Malgré tout le cliché de l’expression, le temps des Fêtes est déjà à nos portes. ONFR vous offre quelques suggestions pour profiter de la fin 2024 en culture, que ce soit avec ou sans guirlandes.

Un 10e Rond Point à Ottawa

Ce jeudi 12 décembre est l’occasion de découvrir trois nouveaux artistes franco-ontariens et neuf nouvelles chansons grâce au concert de Rond Point, le programme de résidences pour les artistes émergents de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM). Cette année, les trois auteurs-compositeurs-interprètes choisis sont Val d’Avalon, Sophie Grenier et Vincent Bishop. Ces derniers feront connaître le fruit de leur travail des derniers mois au Rainbow Bistro d’Ottawa, dès 18 h.

Leurs compositions sont issues de trois séances de résidences incluant des ateliers, des formations et des moments de collaboration. La direction musicale est assurée par la Fransaskoise d’origine Anique Granger, alors que la Franco-Manitobaine Rayannah s’est chargée de la direction artistique.

Sophie Grenier s’est fait connaître du grand public en remportant le concours télévisé La Voix en 2023 . Photo : Stéphane Bédard / ONFR

Ottawa, le 12 décembre. Gratuit. Détails sur le site de l’APCM.

Le Cowboy de Noël à Sudbury

Un classique du temps des Fêtes franco-ontarien, Chuck Labelle donnera son concert de Noël 2024 à la Place des arts du Grand Sudbury, ce lundi à 18 h. Au moment d’écrire ces lignes, quelques billets étaient toujours disponibles. Celui qu’on appelle le Cowboy du Nord de l’Ontario vient d’ailleurs de lancer un nouvel album du temps des Fêtes, intitulé Mon vœu de Noël, sur lequel on retrouve plusieurs collaborations avec Robert Paquette et François Labelle. Jean-Guy Chuck Labelle présente ce récent opus comme « le produit de 30 années de tournées ». Il contient les 10 chansons originales que l’auteur-compositeur-interprète de Mattawa a enregitrées au travers de ses cinq albums de Noël.

Le spectacle de Noël de Chuck Labelle est un classique du temps des Fêtes franco-ontarien, qu’il présente depuis 30 ans. Source : La Slague

Sudbury, le 16 décembre. Billets sur le site de la Place des arts du Grand Sudbury.

Nouvelle(s) chanson(s) de Geneviève RB

La liste de lecture des chansons de Noël franco-ontariennes s’allonge cette année avec les nouveautés de Geneviève Roberge-Bouchard. Après avoir lancé la jazzée Noël arrive la semaine dernière, elle récidive avec Meilleurs vœux. Sur un ton un peu plus mélancolique, la chanson évoque le sentiment de nouveau départ et les promesses qu’on se fait, à tord ou à raison, d’être un peu meilleurs l’an prochain.

Cette collaboration avec le pianiste Jean Fernand Girard pourrait totalement se retrouver sur la bande sonore d’une comédie musicale, une discipline chouchou de Geneviève RB, qui faisait entre autres partie de la troupe de Vaches, the Musical. Ces extraits du temps des Fêtes constituent un doux départ pour la carrière solo de celle qui s’est surtout fait connaître dans le duo Geneviève et Alain, dont la séparation a été confirmée dans les dernières semaines.

Geneviève RB lance sa carrière solo avec deux chansons de Noël. Photo : Samantha Neves

Sur toutes les plateformes de Geneviève RB.

Céleste Lévis au CNA

Une autre amoureuse de Noël dans la communauté franco-ontarienne est sans contredit Céleste Lévis. L’artiste originaire de Timmins sera en concert à la Quatrième salle du Centre national des arts (CNA) d’Ottawa le 21 décembre. Les chansons de l’album Noël tout autour (2020) et les autres extraits de Noël dévoilés en 2022 et 2023 donneront certainement le dernier coup de pouce nécessaire pour se mettre dans l’ambiance, juste à temps pour le début des vacances.

Céleste Lévis est aussi en train de devenir un classique du temps des Fêtes en Ontario francophone. Photo : Maxime Delaquis / ONFR

Ottawa, le 21 décembre. Détails sur le site du CNA.

Des francophones au Marché de Noël d’Ottawa

Le Marché de Noël d’Ottawa se poursuit à la place Aberdeen et continue de mettre de l’avant les artistes de la région, même au-delà de la nouvelle année. Plusieurs francophones y seront dans les prochains jours. C’est le cas de Kristine St-Pierre (14 décembre), du duo originaire de France et d’Haïti Klo E X Samie (26 décembre), des Gatinois de Leverage for Mountains (27 décembre), du Franco-Ontarien Vincent Bishop (27 décembre), du Samantha Christ François Quartet, qui chante en français, anglais, espagnol, portugais, créole et swahili (28 décembre) et de la jeune artiste de Smooth Rock Falls Rox Anne (2 janvier).

Vincent Bishop au Franco-Festival de Thunder Bay, en 2023. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Ottawa, jusqu’au 5 janvier. Détails sur le site du Marché de Noël d’Ottawa.

L’art contemporain sur scène à Ottawa

Dans le cadre de la programmation du Théâtre du Trillium, La Nouvelle scène Gilles Desjardins (LNSGD) d’Ottawa reçoit le spectacle Jeff Koons vendredi et samedi. Inspiré du plasticien et sculpteur néo-pop américain, la pièce traite de la création, de l’inspiration et du mode de vie de ceux qui évoluent dans le niché monde de l’art contemporain. Le texte est signé par l’écrivain allemand Rainald Goetz et mis en scène par le Français Hubert Colas, qui dirige également la compagnie productrice de la pièce, Diphtong Cie. La troupe propose « une immersion totale dans un univers où l’énergie brute de la performance rencontre la profondeur du questionnement », selon la description du spectacle. Pour un public adulte.

Jeff Koons sera présenté à La Nouvelle scène Gilles Desjardins vendredi et samedi. Source : Théâtre du Trillium

Ottawa, les 13 et 14 décembre. Détails et billets sur le site de LNSGD.

Noël de quartier à Vanier

Le Carré de la francophonie de Vanier scintillera ce samedi pour la deuxième édition de son événement CARRÉment allumé. Ateliers de danse en ligne, chocolat chaud et rassemblement communautaire sont à l’horaire. Les familles francophones du quartier Vanier ne manquent pas d’occasions de se rassembler, et en voici un autre exemple.

L’événement CARRÉment allumé en est à sa deuxième édition. Gracieuseté du Comité de la franocphonie de l’Association communautaire de Vanier.

Ottawa, le 14 décembre. Détails sur la page Facebook du Carré de la francophonie de Vanier.

Des résidents de l’Est ontarien privés de bibliothèque municipale

LA NATION – Pas de bibliothèque à Limoges, St-Albert et St-Isidore! Du moins jusqu’en mars prochain. C’est la mesure temporaire prise lundi par le Conseil de la municipalité de La Nation, confronté à des défis de gouvernance à la tête de son réseau.

Les trois succursales fermeront leurs portes du 1er janvier au 31 mars prochain. Dans un communiqué publié ce mercredi, le directeur général de la municipalité Pierre Leroux qualifie cette décision de « difficile » mais nécessaire suite à la démission de la présidente du conseil d’administration de la bibliothèque, au départ de membres et à la proche retraite de la directrice générale.

« Le conseil d’administration de la bibliothèque a confirmé qu’aucun plan de relève n’était en place, laissant la bibliothèque sans la direction nécessaire conformément à la Loi sur les bibliothèques publiques, justifie la municipalité de l’Est, qui précise que la supervision de la bibliothèque est du ressort de ce conseil d’administration. Ses opérations incluent entre autres la gestion du budget, le personnel et la planification.

Entre-temps, une campagne de recrutement sera lancée afin de pourvoir les postes vacants et des opportunités de partenariat avec d’autres bibliothèques de la région seront étudiées. Espérant rouvrir les bibliothèques « dès que possible », le maire Francis Brière rappelle que garantir une gestion saine est un préalable.

« Nous comprenons que les bibliothèques sont un service important pour nos résidents, et nous regrettons l’interruption temporaire que cette fermeture va causer. Toutefois, en tant que conseil municipal, nous avons le devoir de nous assurer que l’argent des contribuables est géré de manière responsable et que les structures de gouvernance nécessaires sont en place », affirme l’élu.

Il croit que « cette pause nous permettra de rétablir un conseil solide et de bâtir un avenir durable pour nos services de bibliothèque. »

Les frais d’adhésion engagés par les résidents de la Nation seront remboursés, assure la municipalité, et l’accès aux services de bibliothèque dans les municipalités voisines sera maintenu.

Ouvertes entre 22 et 28 heures par semaine, les succursales de bibliothèque de La Nation offraient des cartes de membre gratuites aux résidents, leur donnant accès à une large gamme de livres, de programmes et de ressources.

Leur coût est financé par les taxes municipales, avec une allocation proposée d’environ 650 000 $ pour le budget opérationnel de 2025. Le conseil a réduit ce montant jusqu’à la mise en place d’un nouveau conseil d’administration de la bibliothèque.

Valoriser la santé mentale avec éemi


Rachel Crustin se déplace vers le musée Remai Modern pour y cueillir la moitié fransaskoise du duo Beau Nectar, soit l’autrice-compositrice-interprète éemi. En route vers la Berry Barn en périphérie de Saskatoon, éemi se confie à Rachel sur l’impact que sa santé mentale a sur les paroles cyniques de son œuvre, ainsi que sur les amitiés entre femmes. Performances musicales et baies de Saskatoon sont de la partie. Rachel se sentira-t-elle inspirée?

Accompagnez Rachel Crustin dans une exploration musicale à la rencontre d’artistes francophones avec notre série « Micro & boussole en Saskatchewan ».

Le risque de non traduction de jugements fédéraux préoccupe les avocats francophones

OTTAWA – Les juristes francophones et le commissaire aux langues officielles s’inquiètent de la possibilité de voir les tribunaux fédéraux cesser la traduction de leurs jugements en raison d’un manque de financement. Le ministre de la Justice Arif Virani affirme « être à l’écoute des inquiétudes » des tribunaux fédéraux et soutient qu’il veut les appuyer.

« On ne peut pas se dire un système bilingue juridique et avoir des décisions non traduites dans les deux langues officielles », déplore la Fédération des associations de juristes d’expression française de common law (FAJEF) via son président Justin E. Kingston.

« Couper les traductions ou les rédactions simultanées des décisions n’est pas la bonne place pour couper », avance en entrevue celui qui représente près de 2 000 avocats francophones hors Québec.

Le Service administratif des tribunaux judiciaires (SATJ) a averti mardi que, sans un financement supplémentaire, les tribunaux fédéraux devront arrêter la traduction de décisions et qu’ils « ne seront pas en mesure de respecter les obligations de la Loi sur les langues officielles ».

Selon le juge en chef de la Cour fédérale, Paul Crampton, les palais de justice fédéraux auraient besoin de 85 millions de dollars sur six ans et ensuite de 15 millions annuellement pour faire face aux nouvelles exigences de la Loi sur les langues officielles. Selon le SATJ, l’actuel manque financier pourrait être autour de 35 millions de dollars alors que « les pressions sur son budget opérationnel ont atteint un point critique cette année ».

« Il est désolant de constater que les langues officielles pourraient faire l’objet d’une négociation financière », a réagi le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge dans une déclaration écrite. 

Ce dernier indique qu’il continuera de « surveiller l’évolution de cette situation de près », mais rappelle que « les communications au public affichées par les institutions fédérales sur leurs sites Web doivent être disponibles dans les deux langues officielles ».

Ottawa se dit « à l’écoute de leurs inquiétudes »

Le SATJ est la branche administrative de quatre juridictions : la Cour d’appel fédérale, la Cour fédérale, la Cour d’appel de la Cour martiale du Canada et la Cour canadienne de l’impôt qui rend des milliers de décisions annuellement en droit administratif, droit autochtone, droit de la citoyenneté, droit de l’immigration et des réfugiés, etc.

« Je viens d’avoir une réunion avec plusieurs juges concernant les cours au niveau fédéral, donc je suis à l’écoute de leurs inquiétudes et on va faire tout ce qu’il faut pour les appuyer », a commenté brièvement le ministre de la Justice fédéral, Arif Virani, mardi avant une réunion du conseil des ministres.

Le ministre de la Justice et Procureur général du Canada Arif Virani. Photo : La Presse canadienne/Justin Tang

Depuis l’été dernier, les tribunaux fédéraux doivent traduire les décisions d’importance pour le public, les décisions où les débats se sont déroulés en tout ou en partie dans les deux langues officielles. Les cours fédérales doivent aussi publier simultanément en anglais et français toutes les décisions finales ayant valeur de précédent, soit entre 1000 et 2000 par année, selon le juge en chef Crampton.

« Le budget des opérations du SATJ a été historiquement insuffisant et trop limité pour maintenir les opérations de traduction et de révision en 2024-25 et pour absorber les coûts supplémentaires liés aux nouvelles exigences de la Loi sur les langues officielles », a expliqué le SATJ dans une déclaration écrite fournie à ONFR.

La FAJEF se préoccupe qu’une telle mesure de l’appareil fédéral judiciaire pourrait avoir sur les justiciables francophones.

«  Au niveau pancanadien, l’administration juridique est principalement faite en anglais, relève son président Justin E. Kingston. Cet échange récent avec la Cour fédérale soulève encore plus de dilemmes avec l’administration bilingue de la justice », s’inquiète-t-il.

Ottawa devrait obliger le bilinguisme de 2 000 hauts fonctionnaires, réclament des élus

OTTAWA – Le gouvernement fédéral devrait obliger le bilinguisme d’un peu plus de 2 000 hauts fonctionnaires dans la fonction publique canadienne, réclame des députés des différents partis politiques à Ottawa dans un rapport.

Selon les membres du Comité des langues officielles, les fonctionnaires qui sont nommés par le gouverneur en conseil (par le cabinet) devraient posséder le plus haut niveau de compétence linguistique pour la compréhension écrite et l’aptitude orale et un niveau intermédiaire pour l’écriture. S’ils ne sont pas bilingues au moment de l’embauche, les élus du comité recommandent qu’ils le soient à l’intérieur de deux ans avec des cours payés par le gouvernement.

« Dans le Canada que l’on est, avec la modernisation de la Loi sur les langues officielles, les postes de hautes fonctions publiques devraient être assujettis à cette loi-là », soutient l’élu libéral et président du Comité des langues officielles René Arseneault.

« Il y a des postes de la haute fonction publique qui n’ont pas de désignation bilingue. Alors, avec la modernisation de la Loi sur les langues officielles, on doit remplir ce manque à gagner », estime le député acadien.

Les députés libéraux, conservateurs, bloquistes et néo-démocrates ont procédé à une étude pendant plusieurs séances portant sur « les obligations linguistiques dans le processus de dotation ou de nomination à des postes clés », avant de produire ce rapport publié mardi. Le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge soutient depuis quelques années qu’Ottawa doit obliger ses hauts fonctionnaires à parler français et anglais. C’est justement lui qui avait invité les parlementaires à se pencher sur cette étude à la suite d’une recommandation dans son rapport annuel de 2021-2022.

« Si on veut protéger le bilinguisme au Canada, il faut se donner les outils et il faut prêcher par l’exemple avec la machine gouvernementale », pense le porte-parole en Langues officielles pour les conservateurs Joël Godin.

« Idéalement, il faudrait dès le départ (exiger le bilinguisme), mais il faut respecter que l’apprentissage d’une deuxième langue, ce ne soit pas facile », concède-t-il.

2200 fonctionnaires concernés

Les nominations approuvées par le gouverneur en conseil sont principalement celles de dirigeants des instances fédérales comme ceux à la tête des commissions, agences et institutions gouvernementales. Chaque année, ce sont près de 500 à 800 nominations qui sont effectuées par le cabinet pour un total de 2 200 personnes nommées par le gouverneur en conseil.

Il y a actuellement 11 agents du Parlement, comme le commissaire aux langues officielles, qui ont l’obligation d’être bilingues dès leur entrée en poste, en vertu de la Loi sur les compétences linguistiques. Les sous-ministres, depuis la modernisation de la Loi sur les langues officielles en 2023 et les sous-ministres délégués ont aussi cette obligation de bilinguisme. Sinon, ils doivent suivre une formation linguistique.

À l’heure actuelle, les nominations effectuées par le gouverneur en conseil spécifient que l’on « tiendra compte du bilinguisme », mais ce n’est pas obligatoire. Les candidats potentiels sont seulement invités à préciser leurs compétences linguistiques où ils leur demandent « si, à leur avis, ils sont parfaitement bilingues, fonctionnels, limités ou unilingues ».

« C’est un peu ridicule (à l’heure actuelle), car on voit des nominations de fonctionnaires à des postes où ils supposent connaître le français et ils ne connaissent pas le français », déplore le député du Bloc québécois Mario Beaulieu.

L’unilinguisme de hauts fonctionnaires comme Michael Rousseau, le PDG d’Air Canada, ou encore la gouverneure générale Mary Simon ont généré un nombre record de plaintes au Commissariat aux langues officielles en 2021.

« Je suis pour l’obligation que tous les hauts fonctionnaires soient bilingues, car présentement ce n’est pas obligatoire (…). Ça passerait un message très très fort qu’au niveau de la fonction publique : on valorise le bilinguisme de haut en bas », plaidait alors Raymond Théberge en entrevue avec ONFR.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge. Archives ONFR

Les membres du comité suggèrent aussi que « le Conseil du Trésor devrait sérieusement envisager les demandes des syndicats de la fonction publique visant à augmenter la prime de bilinguisme qui n’a pas été révisée depuis 1977 ».

Ils réclament aussi de « renforcer la capacité interne de la fonction publique fédérale d’offrir la formation linguistique aux fonctionnaires fédéraux », notamment en augmentant les établissements postsecondaires qui offrent des cours de langue seconde.

Les tribunaux fédéraux pourraient cesser la traduction de leurs jugements

OTTAWA — Sans un financement supplémentaire de la part du gouvernement, les tribunaux fédéraux devront cesser leurs opérations de traduction, une décision notamment reliée aux nouvelles exigences de la Loi sur les langues officielles, prévient le Service administratif des tribunaux judiciaires.

Cela toucherait quatre tribunaux fédéraux : la Cour d’appel fédérale, la Cour fédérale, la Cour d’appel de la cour martiale du Canada et la Cour canadienne de l’impôt qui sont gérées par le Service administratif des tribunaux judiciaires (SATJ).

« Sans financement additionnel, le SATJ sera contraint de cesser ses opérations de traduction et de révision, et ne pourra pas compter sur les services du Bureau de la traduction ni sur les fournisseurs externes », explique le fournisseur, qui ajoute qu’il ne pourra du même coup « améliorer ses outils et processus de traduction, ce qui l’empêchera de réaliser des gains d’efficacité ».

Le gouvernement Trudeau a annoncé lors de son budget 2024 qu’il allongeait 9,6 millions de dollars sur trois ans « afin d’accroître la capacité des tribunaux fédéraux à fournir des décisions traduites en français et en anglais ». Or, cela représente seulement le quart du budget nécessaire, soutient le SATJ, qui indique que « les pressions sur son budget opérationnel ont atteint un point critique cette année ».

Dans une entrevue avec le média juridique Law360 en septembre dernier, le juge en chef de la Cour fédérale Paul Crampton, soutenait que les quatre juridictions auraient besoin d’un financement de 85 millions sur six ans en plus de 15 millions annuellement.

« Le budget des opérations du SATJ a été historiquement insuffisant et trop limité pour maintenir les opérations de traduction et de révision en 2024-25 et pour absorber les coûts supplémentaires liés aux nouvelles exigences de la Loi sur les langues officielles », explique-t-on dans une déclaration écrite fournie à ONFR.

Le bureau du ministre de la Justice Arif Virani souligne qu’il a eu « une réunion constructive » avec les quatre juges en chef des tribunaux fédéraux le 6 décembre dernier pour « discuter de leurs besoins ».

« Le ministre Virani connaît la situation financière du Service administratif des tribunaux judiciaires », indique la porte-parole du ministre, Chantalle Aubertin, dans une déclaration.

Depuis juin 2024, les tribunaux fédéraux doivent traduire les décisions d’importance pour le public, les décisions où les débats se sont déroulés en tout ou en partie dans les deux langues officielles. Les cours fédérales doivent aussi publier simultanément en anglais et français toutes les décisions finales ayant valeur de précédent.

La modernisation de la Loi sur les langues officielles a donc eu pour effet de retarder la traduction de toutes les autres décisions de plusieurs mois. Selon le juge en chef Crampton, entre 1000 et 2000 décisions ont une valeur de précédent.

« Sans financement additionnel, les cours fédérales ne seront pas en mesure de respecter les obligations de la Loi sur les langues officielles », avertit le SATJ qui soutient « être contraint de tirer la sonnette d’alarme pour défendre l’intégrité du système judiciaire ».

Plusieurs mois entre la délivrance d’une décision et sa traduction

Plusieurs mois peuvent s’entasser entre la délivrance d’une décision et la traduction dans les deux langues officielles de celle-ci, précise l’organisme administratif des quatre cours fédérales. L’actuel manque pourrait être autour de 35 millions de dollars, ce qui signifie « qu’il est nécessaire de prévoir une réduction significative des opérations de la Cour ».

« Ceci aura pour effet d’augmenter l’arriéré actuel de décisions en attente de traduction, ce qui entraînera des retards importants dans la publication de décisions bilingues, entravant ainsi l’accès à la justice dans les deux langues officielles pour la population Canadienne », alerte le SATJ.

Le quatuor judiciaire est appelé à rendre des milliers de décisions chaque année en droit administratif, droit autochtone, droit de la citoyenneté, droit de l’immigration et des réfugiés, des recours collectifs, la propriété intellectuelle, la sécurité nationale, etc. Avant la pandémie, les dossiers reliés à l’immigration étaient en moyenne de 6000 par année sur cinq ans, tandis qu’ils sont 24 000 en 2024, donne-t-on en exemple.

« La situation financière pour les prochains exercices financiers continuera à être difficile. Le déficit de financement a un impact sur les opérations de la Cour et il est nécessaire de prévoir une réduction significative des opérations de la Cour », annonce le SATJ.

Le bureau du ministre soutient que 3,19 millions de dollars seront alloués au SATJ pour faire face à l’augmentation des dossiers liés à l’immigration via le budget supplémentaire des dépenses qui reste à être adopté par le gouvernement Trudeau d’ici la fin de l’année.

Correction : Une précédente version de ce texte indiquait que « depuis la pandémie, les dossiers reliés à l’immigration sont passés en moyenne de 6000 par année à 24 000 en 2024 ». Il s’agit plutôt de 6000 par année en moyenne sur cinq ans avant la pandémie.

L’Ontario à l’honneur au prochain Salon du livre de l’Outaouais

GATINEAU – Le Salon du livre de l’Outaouais (SLO) a dévoilé son thème pour l’édition 2025, qui aura lieu du 20 au 23 février au Palais des Congrès de Gatineau. Tous les espoirs sont permis évoque la situation mondiale actuelle, et le pouvoir des livres pour éduquer ou réconforter. Cette 46e édition mettra aussi à l’honneur l’Ontario français, mais les détails de la programmation restent à dévoiler.

Bon an mal an, entre 20 et 30 % des visiteurs du SLO sont des Franco-Ontariens. La statistique s’explique d’abord par la proximité géographique, le Palais des Congrès se situant juste à côté du Pont du Portage, qui relie le Québec et l’Ontario.

Mais la volonté des organisateurs joue également un rôle. Un porte-parole franco-ontarien est nommé chaque année (Jean Marc Dalpé en 2024, David Ménard en 2023). Un siège d’administrateur est également réservé sur le conseil d’administration pour un représentant franco-ontarien. Le poste était vacant jusqu’à l’arrivée, en août, de Mathieu Ricard, également responsable des salons et de la communication au Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC).

Jean Marc Dalpé était l’invité d’honneur de l’Ontario français lors du SLO 2024. Le nom de celui ou celle qui lui succédera sera dévoilé au début du mois de février. Photo : Rachel Crustin / ONFR

C’est d’ailleurs en partenariat avec le REFC que le SLO promeut la littérature franco-canadienne chaque année, en dirigeant les projecteurs tour à tour sur l’Acadie, l’Ouest et l’Ontario français. C’est la province du lys et du trille qui sera à l’honneur cette année. On peut donc anticiper la présence d’un grand nombre d’auteurs franco-ontariens et la mise en valeur de leurs œuvres de différentes façons. Ce pan de la programmation ne sera dévoilé qu’en février, à quelques jours de l’événement.

On sait tout de même que l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) revient avec son activité d’accords vins-livres, comme l’an dernier. L’autrice franco-ontarienne et poète francophone officielle de la ville d’Ottawa, Véronique Sylvain, sera présente en compagnie de l’auteur français Olivier Guez.

Ce dernier, invité d’honneur du SLO grâce à une collaboration avec l’Ambassade de France au Canada, rencontrera également le public lors d’une soirée à l’Alliance française d’Ottawa. Une grande autrice québécoise, dont l’identité n’a pas encore été dévoilée, complètera le trio de cette activité de l’AAOF.

Mani Soleymanlou au prédévoilement de la saison 2024-2025 du Théâtre français du CNA. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts (CNA), Mani Soleymanlou, fera découvrir en primeur des extraits du spectacle Classique(s). Cette proposition complètement en phase avec la direction de la saison verra le jour en avril dans cette institution de la rue Elgin à Ottawa. L’activité sera suivie d’une discussion avec l’autrice Fanny Britt.

Les tournées Jeunesse Desjardins amèneront également des auteurs dans les écoles secondaires de la région, incluant le côté ottavien de la rivière des Outaouais.

Quelques détails confirmés

Avec son thème 2025, le SLO invite entre autres à découvrir « des livres qui posent un baume sur les blessures de notre monde ou qui éclairent le regard qu’on y pose », selon un communiqué de presse.

L’annonce partielle de la programmation, dévoilée aux médias ce lundi, réitère surtout l’engagement de différents partenaires du SLO. Entre autres, on retrouve encore une fois Radio-Canada comme présentateur officiel.

L’Université du Québec en Outaouais (UQO) marque aussi sa présence en présentant différentes activités, dont une table ronde sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Également dans l’esprit du thème, l’auteur, animateur et sociologue Jean-Philippe Pleau, dont le livre Rue Duplessis a fait couler beaucoup d’encre dans les derniers mois, sera présent pour parler de mobilité sociale. Une programmation hors les murs à la Galerie UQO fait aussi partie des activités annoncées.

Chaque année, le SLO et le REFC mettent en lumière la littérature francophone d’une région canadienne donnée. En 2025, ce sera au tour de l’Ontario français d’être à l’avant-plan. Photo : Rachel Crustin / ONFR

C’est également le retour du concours Lance ton balado, déployé chez les jeunes de 12 à 18 ans de la francophonie canadienne pour une troisième année. Des coins du Palais des Congrès seront aménagés pour d’autres partenaires récurrents comme Télé-Québec, Je lis autochtone ou Le Droit, par exemple.

À quelques pas du Palais des Congrès, le bar le Minotaure accueillera une performance littéraire de la Montréalaise Sarah-Louise Pelletier-Morin et de la Berlinoise Ann Gaspe, suivie d’une soirée karaoké.

Les billets pour le SLO sont actuellement en prévente. La programmation complète sera dévoilée au début du mois de février.

Patinage de vitesse : Ivanie Blondin « concentrée sur les deux prochaines étapes de Coupe du monde »

[ENTREVUE EXPRESS]

Ivanie Blondin est l’étoile franco-ontarienne du patinage de vitesse canadien. Sur le départ groupé ou au 3000 mètres, en individuel, ou par équipe, l’Ottavienne qui vit à Calgary fait partie des meilleures au monde. 

LE CONTEXTE :

La patineuse de vitesse a connu un début de saison d’abord couronné de succès aux Championnats des quatre continents, puis lors de la première étape de Coupe du monde au Japon, avec trois médailles d’or, une d’argent et deux de bronze. L’étape suivante de Coupe du monde, il y a une semaine en Chine, a en revanche vu la Franco-Ontarienne ne signer aucun podium.

L’ENJEU :

Ivanie Blondin revient en détails sur son début de saison, notamment sur sa disqualification lors du départ groupé à Pékin, avant de se projeter sur les prochaines échéances à venir : l’étape de Coupe du monde chez elle à Calgary, les Championnats du monde et, à plus long terme, les Jeux olympiques de 2026.

« Pour commencer, revenons sur la dernière étape de Coupe du monde en Chine. Fait très rare, vous n’avez fait aucun podium. Ça avait déjà été compliqué la saison dernière. Comment l’expliquez-vous? 

J’ai vraiment beaucoup de misère avec la Chine. Ce n’est pas que je n’aime pas. Je ne sais même pas comment l’expliquer. L’année passée, c’était quelque chose d’un peu différent, parce que j’étais très malade. J’avais une grosse fièvre le soir avant la compétition. J’étais comme « en mode survie » toute la fin de semaine, jusqu’au dimanche. 

Cette année, je n’étais pas trop malade. J’avais un peu le nez qui coulait, mais surtout, physiquement, j’étais ‘éclatée’.  À la fin de la compétition, le dimanche, j’avais déjà eu quelque chose comme 15 courses dans les jambes, deux semaines et demie avant. Ça fait que c’était, peut-être, un peu trop. Je pense que je n’aurais peut-être pas dû faire toutes les courses aux Quatre Continents, mais en même temps, je pense que c’était bon dans un sens, parce que ça me donnait comme un bon feeling pour rentrer dans les deux premières étapes de Coupe du monde, en sachant où j’étais physiquement et mentalement.

C’est pour ça aussi que j’ai si bien performé dans le 3000 mètres à la Coupe du monde numéro un (médaille d’or). Il y a du positif et du négatif.

Vous terminez huitième sur le 3000 mètres lors de la deuxième étape. Comment analysez-vous cette performance inhabituelle? 

J’étais dans le mix, juste à une demi-seconde du podium. Ça fait que c’est vraiment pas si grave que ça. C’était juste une erreur que j’ai faite au début de la course, où je suis partie un peu trop vite. Puis, mon dernier tour était un peu trop lent. Il aurait vraiment fallu trouver le juste milieu. Physiquement, peut-être que j’aurais dû prendre ça un peu plus relax sur le premier tour.

Puis, sur les quatre premiers tours, garder un peu d’énergie pour en avoir un peu plus à la fin. Mais c’est ça. Ça a été comme vite, vite, vite, puis après ça, vraiment lent. 

C’est comme ça qu’on apprend aussi. J’ai 34 ans, mais à chaque course, on apprend toujours quelque chose de nouveau. Puis, on s’ajuste pour les prochaines. Ce n’était pas nécessairement une mauvaise semaine. Physiquement, j’étais un peu fatiguée.

Vous avez aussi eu des mésaventures sur le départ groupé, votre point fort pourtant…

Au départ groupé, il y a vraiment eu un gros problème sur les deux derniers tours. Il y a eu de vifs débats avec les officiels, mais ils n’ont rien voulu savoir. On aurait pu avoir genre 15 qualifications dans cette course-là, mais ils ont regardé seulement à un moment.

Ce qui s’est passé, c’est que j’ai essayé de faire un dépassement. Il restait 600 mètres de course, un tour et demi. J’étais en avant d’une Italienne pour me placer directement en arrière des filles du Pays-Bas. Puis, l’Italienne m’a prise par l’épaule et elle m’a tirée en arrière. Je me suis défendue pour garder ma position. J’ai pris son bras et je l’ai tiré. 

Mais après, comme je l’avais prise par le bras, elle a pris la fille devant elle, puis elle l’a tirée aussi. Donc, la manière dont j’ai vu ça, c’est que oui, j’ai répondu, mais l’Italienne a fait un pas supplémentaire. Je n’avais rien à voir avec ça. Pour moi, l’officiel a eu une réaction un peu ridicule. Techniquement, avec ce qui s’est passé, ça aurait dû être deux disqualifications, pour le partage de responsabilité.

Comme vous l’avez dit, c’était une course très mouvementée, avec beaucoup de bousculades qui n’ont pas été sanctionnées. À quel point c’est frustrant que cela vous tombe dessus? 

Oui, ce n’était pas juste. J’ai un problème avec autre chose aussi. L’officiel qui était en charge ne voulait pas montrer la vidéo. C’est lui qui a pris la décision finale. Il ne voulait pas écouter les autres officiels, qui avaient des commentaires différents. C’est vraiment un sujet à aborder pour le futur. Il y a plusieurs autres choses qui se sont déroulées durant la course. Je criais tout du long parce que je me faisais bousculer.

C’est vraiment fou, mais c’est comme ça. J’ai plutôt vu ça comme de la malchance. Je me suis dit ‘ok, peu importe, on passe à autre chose’.

Après ces deux premières étapes de Coupe du monde très intenses physiquement, sur quoi vous concentrez-vous désormais? 

Premièrement, la récupération. Cette semaine, c’est vraiment une semaine de récup’, puis on s’en va le 19 décembre à Salt Lake, puis Park City. On retourne sur le focus de l’entraînement pour se préparer pour la deuxième partie de la saison.

Dans la deuxième partie de la saison, il y aura notamment la troisième étape de Coupe du monde à Calgary, où vous vivez désormais. Qu’est-ce que cela représente pour vous de patiner à domicile? 

C’est tout le temps excitant de compétitionner à la maison. L’année passée, quand on a eu les Championnats du monde à Calgary, c’était incroyable. La foule! Je n’ai jamais vu l’ovale à Calgary si plein. Ils ont même dit que la dernière fois qu’ils ont eu une foule comme ça, c’était lors des Jeux olympiques. C’était quelque chose d’incroyable à voir. J’espère que ce sera la même chose cette année.

Mes parents ont déjà réservé leur vol d’Ottawa. Ça fait que je suis excitée de les avoir ici, aussi.

Les Jeux olympiques sont-ils déjà dans un coin de votre tête? 

J’y pense ici et là, mais je dirais que c’est encore un peu loin. En ce moment, je suis concentrée sur les prochaines Coupes du monde, puis les Championnats du monde de cette année. 

Mais vous savez,  je commence déjà à penser à ce que je vais faire l’été prochain. Est-ce que je vais faire plus de vélo? Est-ce que je vais retourner m’entraîner sur la glace ou avec l’équipe durant l’été? Je parle à quelques nouvelles équipes de vélo en ce moment, pour l’été prochain. Ce n’est pas encore officiel, mais on va voir. J’y pense quand même un peu. »

Le journaliste franco-ontarien Denis Gratton s’est éteint

OTTAWA – Le journaliste Denis Gratton est décédé, ce samedi, des suites d’un cancer à l’âge de 64 ans. Plume de longue date du quotidien Le Droit, ce natif de Vanier, passionné des mots et passeur d’histoires franco-ontariennes, était aussi l’auteur de recueils de chroniques.

Ses écrits ont traversé les temps depuis le début des années 1990 au Droit. Chroniqueur à partir de 1993, celui qui était le neveu de la militante Gisèle Lalonde et frère du journaliste Michel Gratton a rédigé de multiples histoires dans les colonnes du journal francophone de la région d’Ottawa-Gatineau.

Certaines sous forme de séries ont tenu en haleine les lecteurs, comme Les Derniers Canadiens-français (1994), Un franco chez les anglos (1997) ou encore Au pays de Zachary (1999) née du Congrès mondial des Acadiens à Lafayette, en Louisiane. D’autres ont fait l’objet de recueils comme Droit au coeur (2002) et Aux quatre vents (2003), parus aux Éditions du Nordir.

Sa couverture de la crise de l’hôpital Montfort en février 1997 a valu au Droit une mention d’honneur aux Prix Michener du Gouverneur général du Canada. Plus récemment, en octobre 2023, sa chronique Au revoir tante Gisèle lui avait permis de décrocher le Prix d’excellence pour la chronique de l’année décerné par Réseau.Presse.

Dans sa dernière chronique, M. Gratton confiait ses incertitudes à revenir à l’écriture mais aussi sa farouche volonté de livrer bataille contre la maladie : « Ouf! Il ne sera pas facile ce combat. Mon adversaire est redoutable, impitoyable, intraitable. La lutte sera inégale. Mais je vais tout de même me battre. Un p’tit cul de Vanier ne recule devant rien. »

Un « chroniqueur légendaire », salue le maire d’Ottawa

« Denis a été un ambassadeur exceptionnel pour Le Droit, a déclaré François Carrier, directeur général du journal. Il n’y a pas de mots assez forts pour le remercier d’avoir mis tout son talent et toutes ses aptitudes à raconter le quotidien des gens de la région. On va se souvenir des liens qu’il a bâtis et qui l’unissaient aux lecteurs des deux côtés de la rivière. »

« Nous sommes immensément tristes d’avoir perdu un collègue, un ami, une grande plume, un amoureux de sa langue, un grand défenseur du fait français en Ontario, a confié Marie-Claude Lortie, rédactrice en chef du Droit. On a de la peine à croire qu’il ne sera plus là pour nous encourager, nous faire rire, nous aiguiller dans la bonne direction, nous réveiller, nous rassurer, nous émouvoir, toujours nous informer et nous faire réfléchir. »

« Il a su nous émouvoir et nous faire réfléchir », a mis en relief Dominic Giroux, président-directeur général de Montfort. En couvrant la fermeture annoncée de l’hôpital, en 1997, Denis a tout fait pour mousser la cause du mouvement SOS Montfort. Nous lui devons beaucoup. »

« Son rôle durant la crise de l’hôpital Montfort illustre parfaitement l’impact qu’un journaliste peut avoir lorsqu’il place l’humain au cœur de ses préoccupations. Par ses écrits, il a contribué à défendre des causes essentielles et à mobiliser l’opinion publique », a réagi collectivement Réseau.Presse, le réseau de journaux de langue française en situation minoritaire.

« J’ai vraiment de la difficulté à imaginer les prochaines luttes franco-ontariennes, car il y en aura, sans la plume acérée, vive, précise et dynamique du très regretté Denis Gratton », s’est ému l’ancien commissaire aux services en français François Boileau.

De nombreux élus ont aussi rendu hommage au journaliste. Le maire d’Ottawa Mark Sutcliffe a fait part de sa « grande tristesse » à l’endroit d’un « chroniqueur légendaire du journal Le Droit et voix puissante de la communauté francophone d’Ottawa ».

Le député provincial d’Orléans Stephen Blais a salué un « ardent défenseur de la francophonie », tandis que le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, a mis en exergue le talent de celui qui était passé maître dans « l’art de raconter une histoire sur un sujet sérieux en utilisant l’humour. Il avait le don de nous faire réfléchir. »

« À travers ses chroniques, il a raconté nos histoires, défendu nos valeurs et célébré notre identité. Son engagement envers sa communauté et son amour pour sa culture franco-ontarienne étaient palpables. Il était une voix pour les siens et une inspiration pour plusieurs », a déclaré quant à lui le ministre fédéral du Travail, Steven MacKinnon.

« Il a su capturer les défis, les succès et les espoirs de nos communautés francophones »
— Bobby Bourdeau, président de l’ACFO Ottawa

« C’est une grande perte pour le peuple franco-ontarien, a réagi de son côté Fabien Hébert, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Une partie de l’histoire du Journal Le Droit vient de s’éteindre. »

« Denis Gratton n’était pas seulement un journaliste, selon Bobby Bourdeau, président de l’ACFO Ottawa. Il était aussi un ardent défenseur de la francophonie ontarienne. À travers ses écrits, il a su capturer les défis, les succès et les espoirs de nos communautés francophones, en mettant en lumière des histoires souvent ignorées. »

Il est (re)venu le temps des cathédrales : réouverture de Notre-Dame de Paris

Chaque samedi, ONFR propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.

C’est ce dimanche que la cathédrale Notre-Dame de Paris, la mère de toutes les cathédrales, rouvre ses portes au public après le spectaculaire incendie de 2019 qui a failli la raser et qui a ému le monde entier. Des dizaines de chefs d’État, dont le président-élu américain Donald Trump, sont attendus pour une cérémonie ce samedi dans la capitale française. Si le président de la République est présentement ennuyé par les enjeux de politique intérieure, Emmanuel Macron peut se targuer d’avoir réussi son pari sur la colossale reconstruction patrimoniale de Notre-Dame en cinq ans, tel que promis.

L’histoire de Notre-Dame de Paris commence au XIIe siècle. C’est sous l’impulsion de l’évêque catholique de Paris Maurice de Sully que l’idée de bâtir une grande cathédrale en plein cœur de la ville voit le jour, en 1163. L’édifice sera le témoin de l’ascension de la ville de Paris au rang de métropole européenne, mais aussi un lieu de pouvoir spirituel et politique. La construction débute alors sous l’égide du roi Louis VII. La façade occidentale, qui orne encore aujourd’hui Notre-Dame, est terminée vers 1250, avec des ajouts et des modifications jusqu’en 1345.

Notre-Dame a joué un rôle central dans de nombreux événements de l’histoire de France. Le mariage d’Henri de Navarre (futur Henri IV) et de Marguerite de Valois y a lieu en 1572. La cathédrale est saccagée et pillée au moment de la Révolution française mais sera le lieu quelques années plus tard, en 1795, de la réconciliation de la monarchie avec la Révolution, lors de la messe de l’Assomption de 1795. C’est là aussi à Notre-Dame qu’a eu lieu le sacre de Napoléon Bonaparte en 1804.

Le Sacre de Napoléon, tableau de David, 1805-1808, musée du Louvre. La scène se déroule dans le chœur de la cathédrale. Photo : Wikipédia

Malgré cela, au début du XIXe siècle, la cathédrale est vandalisée, abandonnée et en état de décrépitude avancé. S’indignant, l’écrivain Victor Hugo décide d’écrire un roman sur la cathédrale pour attirer l’attention publique. Succès populaire, Notre-Dame de Paris paru en 1831 a l’effet escompté et est devenu depuis lors un classique. L’architecte Eugène Viollet-le-Duc y entreprend une vaste restauration (de 1843 à 1864) et la cathédrale est sauvée.

Un chef-d’œuvre gothique

Notre-Dame de Paris est l’exemple parfait du style d’architecture gothique, caractérisé par des arcs-boutants, des voûtes en ogive et des vitraux qui créent des effets de lumière impressionnants à l’intérieur de la cathédrale. Ces éléments, qui étaient révolutionnaires à l’époque de sa construction, permettaient de construire des murs plus fins et de placer de grandes fenêtres, notamment les fameuses rosaces.

Le plan de la cathédrale est celui d’une croix latine, avec une grande nef centrale, des collatéraux et un transept qui marque l’intersection avec le chœur. La cathédrale mesure 130 mètres de long et 48 mètres de large. Son architecture a été pensée pour élever le regard des fidèles vers le ciel, un symbole de l’élévation spirituelle. La hauteur de la nef atteint 35 mètres, et le chœur est dominé par la grande rosace, l’un des plus beaux exemples de vitrail médiéval.

Vue de la façade ouest de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans les années 1850. Photo : Bisson Frères (1852-1863). Source : Ministère de la Culture (France)

La façade occidentale de Notre-Dame est sans doute l’une de ses plus grandes merveilles architecturales. Composée de trois portails, elle est décorée de statues représentant les grands moments bibliques, depuis la naissance du Christ jusqu’à son ascension. Les tours jumelles, hautes de 69 mètres, encadrent cette façade imposante et sont surmontées de gargouilles et de statues, qui veillent sur la ville.

L’incendie de 2019 : « Notre-Drame »

Le 15 avril 2019, la France et le monde entier sont plongés dans l’émotion la plus totale lorsqu’un incendie ravage la cathédrale. Les images des flammes dévorant l’édifice, vues en direct à la télévision et sur les réseaux sociaux, font le tour du monde.

Les flammes prennent rapidement de l’ampleur, engloutissant le toit et la flèche qui culminait à 93 mètres. Héroiques, les pompiers de Paris luttent pendant plusieurs heures pour sauver l’édifice, mais la cathédrale subira des dégâts considérables : le toit entièrement détruit, le parquet de la nef endommagé, et plusieurs œuvres précieuses, dont le grand orgue, affectées.

Feu dans la charpente de Notre Dame photographié depuis le square René-Vivani, le 19 avril 2019. Photo : Wikipédia. 

L’incendie a été un choc profond, non seulement pour les Français, mais aussi pour le monde entier. En entrevue à ONFR à l’époque, le militant pour le patrimoine Michel Prévost avait déclaré : « L’incendie de Notre-Dame de Paris devrait nous réveiller et pousser les communautés (en Ontario français) à désigner leur église monument historique pour qu’elles soient reconstruites à l’identique, en cas d’incendie. On imagine trop souvent que ça n’arrive qu’aux autres. »

Le président français Emmanuel Macron avait annoncé le lendemain de l’incendie qu’un vaste chantier de restauration serait lancé avec pour objectif de reconstruire la cathédrale dans un délai de cinq ans, à l’occasion des Jeux olympiques de Paris en 2024.

La restauration patrimoniale : un défi colossal

Le chantier de restauration de Notre-Dame est un projet titanesque. Dès les premières heures après l’incendie, une mobilisation internationale s’est organisée pour recueillir des fonds. Plusieurs milliards d’euros ont été promis par des mécènes, des entreprises et des particuliers.

Au total, la restauration de Notre-Dame a rassemblé 350 000 donateurs, pour un total de 843 millions d’euros collectés (environ 1,2 milliard de dollars canadiens), provenant de plus de 150 pays.

Ce généreux financement a permis de lancer un chantier d’une envergure exceptionnelle. Après avoir un temps hésité à reconstruire Notre-Dame avec une touche d’architecture moderne, le président de la République française, Emmanuel Macron, a décidé de restaurer la cathédrale fidèlement à l’original, en respectant les techniques traditionnelles. Pour ce faire, de nombreux artisans et spécialistes du patrimoine, tels que des sculpteurs, des charpentiers, des tailleurs de pierre et des vitraillistes, ont été mobilisés.

L’Intérieur de la cathédrale restaurée, qui rouvre ce week-end, pour la première fois depuis l’incendie de 2019. Photo : Ludovic Marin, via AP

La première phase de la restauration a consisté à sécuriser l’édifice. Des travaux de consolidation ont été nécessaires pour stabiliser les structures restantes, notamment les deux tours et les murs extérieurs, fragilisés par l’incendie. En 2020, les équipes ont commencé à retirer les débris du toit et à restaurer les éléments détruits. Parallèlement, des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des objets historiques, des morceaux d’archives et des artéfacts, ajoutant à la richesse du projet et aux connaissances sur l’histoire de Notre-Dame.

Véritable symbole universel, d’histoire, d’architecture et de patrimoine, Notre-Dame de Paris est aussi un lieu de mémoire et de spiritualité. Après avoir survécu à un incendie dévastateur, le monument historique le plus visité d’Europe renaît de ses cendres. Entreprise colossale, l’aboutissement de sa restauration patrimoniale incarne l’espoir et la résilience. Plus belle que jamais, son intérieur est maintenant davantage éclairé. La popularité de ce chef-d’œuvre architectural, patrimoine mondial de l’UNESCO, n’est que renforcée. 

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et du Groupe Média TFO.

Ouverture, générosité et festivités culturelles

Alors que le mois de décembre est bien entamé, les Ontariens ne se gênent plus pour se mettre dans l’ambiance des Fêtes. De Thunder Bay à Ottawa, en passant par Lafontaine, jouez hautbois, résonnez musettes, les petits et les grands se réunissent. Dans les deux plus grandes villes de la province, on propose aussi des expériences théâtrales bien originales.

Des francophones au Marché de Noël d’Ottawa

Ce grand marché des Fêtes s’installe à la Place Aberdeen pour une troisième fin de semaine. En plus des marchands locaux, du décor féérique et des activités familiales, il s’agit d’une des belles occasions de briller pour les étoiles montantes de la région de la capitale nationale. Parmi la panoplie d’artistes qui monteront sur scène d’ici au 5 janvier, on retrouve plusieurs francophones. Ce dimanche, le public pourra découvrir Alex Goupil et Val d’Avalon, respectivement à 14 h et 16 h 30.

La Franco-Ottavienne Val d’Avalon fait partie des artistes en vedette au Marché de Noël d’Ottawa. Gracieuseté de Val d’Avalon

Ottawa, le 8 décembre. Détails sur le site du Marché de Noël d’Ottawa.

Des airs des Fêtes à Lafontaine

Le Chœur de La Clé donnera son concert de Noël à l’Église Sainte-Croix de Lafontaine, ce dimanche à 14 h. Menés par Germaine Lespérance à la direction musicale et accompagnés par Noël Macartney au piano, les choristes locaux recevront également Les petits chanteurs de l’école Sainte-Croix dans ce concert animé par Stef Paquette. Le prix du billet est situé à 15 $, mais 10 $ pour ceux qui apporteront des denrées non périssables. Les enfants entreront pour cinq dollars. Les denrées et profits iront à la banque alimentaire de la Société Saint-Vincent-de-Paul.

Le Choeur de la Baie donnera son spectacle de Noël ce dimanche. Gracieuseté de La Clé de la Baie

Tiny, le 8 décembre. Détails et billets sur le site de la Clé de la Baie.

Cispersonnages en quête d’auteurice à Ottawa

Est-ce vrai qu’on ne peut plus rien jouer? C’est la prémisse qui a guidé la compagnie Joe Jack et John dans son théâtre décomplexé, présenté au Théâtre français du Centre national des arts (CNA) jusqu’à samedi. L’histoire présente cinq acteurs neurodivergents qui se réunissent pour choisir leur prochaine pièce. Ils auraient bien voulu camper des rôles de licornes, mais est-ce même possible, alors qu’ils ne sont pas, eux-mêmes, des licornes? Mise en scène par Catherine Bourgeois, cette pièce (clin d’œil à Six personnages en quête d’auteur de Luigi Pirandello) retourne un certain discours de rectitude politique qui a mené de nombreuses réflexions dans le monde artistique des dernières années. Cette fois, on donne la parole à des gens concernés par ce débat. Il y aura des surtitres anglais et une discussion d’après spectacle lors de la représentation de vendredi. Elle sera également offerte en audiodescription pour les personnes aveugles ou malvoyantes. La représentation de samedi sera présentée dans un cadre plus décontracté et inclusif.

On se demande parfois si des acteurs neurotypiques peuvent jouer des personnages neurodivergents. Et si on inversait la question? Photo : Thibault Carron

Ottawa, jusqu’au 7 décembre. Détails et billets sur le site du CNA.

Les Zinspiré.e.s de retour à Toronto

C’est la 12e édition de cette initiative du Théâtre français de Toronto. Les zinspiré.e.s : le nombre sublime présente cinq courtes pièces écrites par des jeunes franco-ontariens, sélectionnés parmi plus de 200 participants du Sud-Ouest de la province. Ces derniers ont été guidés dans leur expérience par des professionnels du théâtre, dont le metteur en scène Vincent Leblanc-Beaudoin. Si la plupart des représentations, prévues au Berkeley Street Theatre jusqu’au 10 janvier s’adressent à un public composé de leurs pairs adolescents, deux d’entre elles sont ouvertes au grand public : Le 11 décembre à 19 h 30 et le 14 décembre à 15 h. Les parents sont invités à planifier une sortie avec leur adolescent, particulièrement pour le 14 décembre, où la pièce sera précédée d’une activité jeux de société et pizza.

Les Zinspiré.e.s proposent des créations théâtrales par et pour les jeunes. Photo : Mathieu Taillardas

Toronto, les 11 et 14 décembre. Détails et billets sur le site du Théâtre français de Toronto.

La parole aux livres à Ottawa

La Maison de la francophonie d’Ottawa tient la cinquième édition de son petit salon du livre francophone ce samedi, de 10 h à 16 h. L’entrée est gratuite pour cet événement comprenant des séances de signatures, des lectures publiques, des tables rondes et des activités familiales.

Un aperçu d’un événement précédent du Petit salon du livre francophone, La parole aux livres. Gracieuseté de la Maison de la francophonie d’Ottawa.

Ottawa, le 7 décembre. Détails sur le site de La parole aux livres.

Noël des enfants à Thunder Bay

Le Centre francophone de Thunder Bay invite les familles de la région à souligner la fin de l’année en français ce samedi, alors qu’il organise une journée d’activités de Noël pour les enfants. Ces derniers pourront confectionner leurs cartes de souhaits et décorer des gâteaux gratuitement. Il y aura également un service payant de photos avec le père Noël.

Le Centre francophone de Thunder Bay accueillera les familles ce samedi pour les préparatifs des Fêtes. Photo : Rachel Crustin

Thunder Bay, le 7 décembre à la salle Claudette Gleeson du Centre francophone de Thunder Bay.

Créer la magie de Noël à Vanier

Le muséoparc Vanier tiendra son activité classique des Fêtes ce dimanche de 10 h à 14 h. Les familles sont invitées à apporter des dons (jouets neufs non emballés, cartes-cadeaux ou argent comptant) au Centre communautaire Richelieu-Vanier et à la Cabane à sucre Vanier, où elles seront transportées dans l’atelier des lutins. Une heure du conte sera assurée par Lire et faire lire Ontario. Cette initiative, d’abord née au Québec, vise à créer des liens entre les générations alors que des bénévoles de 50 ans et plus font la lecture aux enfants, à l’école ou lors d’activités communautaires. Pour sa part, le père Noël accueillera les enfants à la cabane à sucre jusqu’à 13 h, heure à laquelle débutera un spectacle de Noël de Céleste Lévis.

Le père Noël accueillera les enfants à la Cabane à sucre Vanier jusqu’à 13 h. Gracieuseté du Muséoparc Vanier.

Ottawa, le 8 décembre. Détails sur le site du Muséoparc Vanier.

Fédéral : encore trop de fonctionnaires unilingues dans des postes bilingues

OTTAWA – Le commissaire aux langues officielles est préoccupé du peu d’améliorations réalisées par les instances fédérales quant à l’identification de postes bilingues dans la fonction publique. Cela donne encore lieu à des fonctionnaires unilingues qui occupent des postes qui devraient être réservés à des personnes bilingues, souligne Raymond Théberge.

En 2020, ce dernier avait dévoilé un rapport portant sur la façon dont sont pourvus des postes, notamment de supervision, dans la fonction publique fédérale. Il avait constaté que les exigences linguistiques fixées n’étaient pas conformes aux besoins associés au poste.

Le Commissariat aux langues officielles (CLO) s’appuyait sur le haut nombre de plaintes reçues en lien avec l’Article 91 de la Loi sur les langues officielles entre 2020 et 2022, soit 1608. Dans son rapport de suivi, effectué entre 2023 et 2024 et publié aujourd’hui, Raymond Théberge établit que des recommandations qu’ils avaient effectuées n’ont pas été appliquées, qu’elles ont été mises en place en retard ou que les changements apportés n’ont pas eu d’impact concret.

En plus du Secrétariat du Conseil du trésor comme administration centrale, il cible les dix principales instances fédérales les plus mentionnées par ses plaintes :

  • Agence des services frontaliers du Canada
  • Services publics et Approvisionnement Canada
  • Emploi et Développement social Canada
  • Santé Canada
  • Service correctionnel Canada
  • Gendarmerie royale du Canada
  • Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
  • Agriculture et Agroalimentaire Canada
  • Affaires mondiales Canada
  • Services partagés Canada

De nombreux postes qui auraient dû être impérativement bilingues sont toujours occupés par des gens qui ne sont pas bilingues ou encore qui ne maîtrisent pas adéquatement le français et l’anglais, illustre le commissaire.

« On sous-estime le niveau de langue requis pour être en mesure de fonctionner dans ce poste et ça, c’est typique. Très souvent, aussi, on ne fait pas l’analyse », souligne M. Théberge en entrevue.

Il recommandait en 2020 d’offrir de meilleurs outils, formations et politiques aux gestionnaires pour que ceux-ci puissent mieux évaluer les postes.

« Ça va prendre encore beaucoup de temps »

Aujourd’hui, il remarque que les gestionnaires chargés d’identifier et d’évaluer les postes bilingues reçoivent « des renseignements de base » et pas une formation appropriée sur l’établissement de ces postes. De plus, ceux-ci n’ont pas accès à des documents portant sur les exigences linguistiques d’un poste alors que d’autres étaient « tellement obsolètes qu’ils renvoyaient à des directives annulées du Conseil du Trésor », constate le CLO.

Ce dernier considère que cette situation est stable ou s’est détériorée depuis 2020, une problématique qu’il avait qualifiée de « systémique » à l’époque et qui continue de s’appliquer aujourd’hui, estime-t-il. Le non-respect de cette exigence de la Loi sur les langues officielles est « d’une portée considérable », s’inquiète le chien de garde des minorités linguistiques du pays.

« Il manque encore à mon avis une approche systémique pour régler un problème systémique. On fait du progrès, mais c’est aléatoire », juge celui qui est posté depuis 2018.

Il donne l’exemple que sauf dans une institution, c’est un haut responsable qui détermine les exigences linguistiques d’un poste, même si sa décision est contraire à l’avis du personnel en langues officielles.

Le commissaire Théberge avait aussi recommandé au Conseil du Trésor de remédier aux problématiques d’identification des postes d’ici novembre 2022, via un plan d’action. S’il constate aujourd’hui que des efforts ont été effectués, l’ampleur de ces progrès est « préoccupante ».

« Ça va prendre encore beaucoup de temps à mon avis pour trouver une solution », dresse-t-il comme constat.

Dès juin 2025, les gestionnaires et superviseurs des régions désignées bilingues devront parler les deux langues officielles, peu importe le profil linguistique, du poste des employés, une exigence issue de la récente modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Le commissaire Bouchard demande un répertoire complet des services en français

TORONTO – Dans son rapport annuel dévoilé ce jeudi, le commissaire aux services en français recommande la création d’un référencement numérique à grande échelle des services publics assujettis à la Loi sur les services en français (LSF) ainsi que leur emplacement géographique en Ontario. Un outil pour l’instant inexistant, qui permettrait aux francophones de facilement les localiser et d’y accéder. Une façon aussi de responsabiliser le ministère des Affaires francophones sur la suite « logique » de la désignation des organismes.

Carl Bouchard, le commissaire aux services en français évoque en conférence de presse la « méconnaissance » des services publics offerts, de même que la difficulté à les trouver de façon efficace et rapide.

« Lors de mes déplacements un peu partout en province, bien des gens m’ont dit qu’ils ne connaissaient pas l’existence de la LSF, rapporte Carl Bouchard dans son rapport. Même les personnes qui la connaissaient m’ont confié ne pas savoir quels sont les services du gouvernement de l’Ontario couverts par la Loi ni où trouver ces services dans leurs communautés ».

« Plus on attend plus c’est difficile d’exercer nos droits linguistiques. On doit pouvoir savoir où sont nos droits », alarme-t-il.

Publié ce jeudi, son rapport annuel exhorte le ministère des Affaires francophones à sourcer tous les services en français et leur localisation en Ontario au sein d’un même outil numérique facile d’accès pour les francophones.

 Les droits doivent être connus pour que les gens s’en prémunissent. Et pour connaître ces droits, il faut notamment savoir où ils s’appliquent. 
— Carl Bouchard, commissaire aux services en français

La seconde recommandation concerne un suivi, le ministère devant rendre compte des projets réalisés au cours des six prochains mois.

La résultante « logique » selon M. Bouchard de la désignation des organismes soumis à la LSF par le ministère (Règlement de l’Ontario 398/93) et la mise en place de l’offre active.

Un besoin « en l’absence de source centrale ». Celui-ci considère en effet que la page web du gouvernement « Services gouvernementaux en français », qui liste des régions désignées, ne donne pas la liste des bureaux gouvernementaux ni des services en français des organismes désignés par la LSF (hôpitaux, sociétés d’aide à l’enfance, universités, etc.).

« Les droits doivent être connus pour que les gens s’en prémunissent. Et pour connaître ces droits, il faut notamment savoir où ils s’appliquent », conclut le rapport.

« L’AFO accueille favorablement cette étape. Il s’agit d’une première étape cruciale pour l’accessibilité aux services en français », réagit Peter Hominuk, le directeur général de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, qui demande un référencement exhaustif depuis plusieurs années.  

« Une liste à jour des services assujettis à la LSF est une ressource essentielle (…) L’AFO a une bonne connaissance du réseau des organismes offrant des services en français à travers la province, et est prêt à collaborer avec le gouvernement pour mettre ces connaissances et ces contacts à leur disposition », ajoute celui-ci.

Une majorité de plaintes sur les services en personne et les organismes désignés

Une hausse de 2,3 % du nombre de cas reçus est à noter comparativement à l’an dernier, avec 395 cas entre le 1er octobre 2023 et le 30 septembre 2024.

Une large majorité des plaintes, soit 62,5 %, portaient sur les services en personne.

Parmi les institutions les plus visées, 41,3 % concernaient des organismes désignés par la LSF, dans le domaine des services à l’enfance et à la famille et services communautaires.

Parmi les cas personnels rapportés, le parent francophone d’un enfant autiste s’est plaint que le Programme ontarien des services en matière d’autisme (qui dépend du ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires) ne communique qu’en anglais avec lui, alors qu’il avait au préalable indiqué le français comme étant sa langue.

Suite à l’intervention de l’Unité des services en français, sa préférence linguistique a été enregistrée et prise en compte pour les communications et un coordinateur de soins bilingue a été affecté à la famille.

Les organismes désignés ne sont pas informés de leurs obligations légales.
— Carl Bouchard, commissaire aux services en français

L’Unité est également intervenue dans la fermeture annoncée d’une garderie francophone de Toronto Le Petit Chaperon rouge, un organisme gouvernemental désigné en vertu de la LSF, suite à de nombreuses plaintes de parents francophones.

« Les personnes qui nous ont contactés nous ont notamment parlé de l’importance de l’apprentissage du français pour les enfants de moins de cinq ans provenant de familles exogames, des besoins particuliers des enfants et l’impact personnel et sur leur communauté de la fermeture annoncée. »

Entamant des démarches auprès de l’organisme, des ministères de l’Éducation et des Affaires francophones sur la conformité de l’établissement à la LSF, le commissaire a observé de graves problèmes sur la façon dont les ministères gèrent les désignations des garderies désignées, au sein de plaintes.

Le commissaire a notamment indiqué que les organismes désignés ne sont pas informés de leurs obligations légales, notamment quant à savoir quels services doivent être offerts en français et où, ce qu’il a demandé aux ministères de rectifier.

La garderie était finalement revenue sur sa décision de fermer son site.

Quelques progrès de traduction et services en bref

  • Les kiosques à écran tactile pour acheter les billets au Musée royal de l’Ontario sont maintenant bilingues.
  • Plusieurs panneaux unilingues ont été remplacés par des panneaux bilingues, notamment le site touristique « Upper Canada Village du Haut-Canada, ainsi qu’une plaque de la Fiducie du patrimoine ontarien à l’hôtel de ville de Toronto. Cette dernière a entamé le remplacement de 900 plaques historiques unilingues semblables dans la province.
  • La Société d’exploitation de la Place de l’Ontario a rendu quatre de ses médias sociaux bilingues.
  • La page d’accueil du ministère du Procureur général pour préparer les audiences virtuelles du tribunal permet maintenant aux usagers de choisir leur langue de préférence.
  • Le Service d’éducation sur la sécurité des armes à feu de l’Ontario a fait traduire l’ensemble de son site Web en français.
  • Un centre Test au Volant d’Ottawa compte désormais trois examinateurs certifiés bilingues pour les véhicules lourds, à la suite de la plainte d’un camionneur francophone qui a demandé sans succès à plusieurs reprises qu’un examinateur certifié bilingue soit présent pour qu’il passe l’examen dont il avait besoin pour remplir une condition d’embauche.
  • La Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail a amélioré ses formations et procédures pour identifier la langue de préférence et assigner les cas des francophones à du personnel qui parle français.
  • Le ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences a élargi la liste des fournisseurs de services qui peuvent donner les formations en français exigées en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail.
  • Un ordre professionnel du domaine de l’éducation a corrigé la version française de son site Web et a mis à jour son système afin d’envoyer des courriels automatisés en anglais et en français.

20 millions pour revitaliser le centre-ville d’Ottawa…en anglais

OTTAWA – Le gouvernement ontarien a annoncé, mercredi matin, l’octroi d’une somme de 20 millions de dollars sur trois ans pour revitaliser le centre-ville d’Ottawa. Des organismes francophones de la capitale nationale regrettent que ce financement ne soit destiné qu’à des institutions unilingues anglophones.

De ce montant de 20 millions de dollars, une somme de 15 millions sera consacrée à des travaux de signalisation et d’aménagement de la rue William en artère piétonnière durant l’été, tandis qu’une autre de 1,5 million ira à Investir Ottawa.

En outre, un financement de 450 000 $ sera injecté dans la création d’un service de dynamisation du centre-ville, visant la mise en œuvre des projets de revitalisation supplémentaires et géré par la Chambre de commerce d’Ottawa.

« En effectuant le partage de l’enveloppe, le ministre a manqué une belle opportunité d’impliquer les gens d’affaires francophones », déplore la directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), Pascale de Montigny Gauthier.

Pour Pascale de Montigny Gauthier, le fait que seulement un million de dollars de ces 20 millions soit injecté dans la lutte à la criminalité au centre-ville est « contre-intuitif ». Crédit image : Lila Mouch/ONFR

Les francophones peu consultés

Même son de cloche du côté de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO). « Que ce genre de financement soit accordé à une institution 100 % anglophone et dédiée à une clientèle anglophone, c’est certain qu’à ce moment-là, nos droits ne sont pas nécessairement représentés », regrette Bobby Bourdeau, président de l’organisme.

Celui qui est également le directeur général par intérim de l’ACFO Ottawa depuis quelques jours juge que les francophones sont souvent les grands oubliés de ce genre de gros financements.

« C’est toujours plus difficile pour nous d’avoir accès à ces fonds-là, alors c’est sûr que c’est un manquement au niveau du gouvernement provincial. »

Pourtant, selon l’organisme franco-ontarien, il existe de multiples besoins pour la communauté dans tous les secteurs de la ville.

Il cite en exemple le besoin d’appuyer davantage le programme de microsubventions Ottawa bilingue, lequel octroie des fonds pour favoriser des initiatives de bilinguisme dans la ville.

Plus d’une centaine de gens d’affaires ont fait le déplacement pour le rendez-vous annuel du déjeuner du maire. Source : X de Peter Bethlenfalvy

Forte concentration francophone

Dans le communiqué accompagnant l’annonce, le gouvernement soulignait qu’Ottawa est la capitale nationale du Canada et la deuxième municipalité en importance de l’Ontario, avec une population croissante de plus d’un million d’habitants.

« On oublie qu’on y trouve la plus forte concentration de population francophone de la province. À ce titre, il aurait été souhaitable que les gens d’affaires francophones soient consultés et invités à mettre en place certaines des initiatives annoncées », estime la directrice générale du RGA.

Le RGA a lancé un appel à ses membres et l’ensemble des gens d’affaires et professionnels francophones du secteur afin de recueillir leurs attentes face aux investissements annoncés mercredi.

Ce financement, qui s’échelonnera sur trois années, a été annoncé par le ministre des Finances de l’Ontario Peter Bethlenfalvy à l’occasion du déjeuner du maire Mark Sutcliffe et s’inscrit dans le cadre de l’Accord Ontario-Ottawa de 543 millions de dollars signé en mars dernier.

Oh! Canada : du théâtre documentaire pour discuter du fait français

OTTAWA – Le projet de théâtre documentaire présenté à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins jusqu’au 7 décembre explore un sujet souvent exploité, qui mérite pourtant qu’on s’y attarde. Oh! Canada – Chapitre : L’Est du pays aborde la question du fait français, des provinces de l’Atlantique à l’Ontario en passant, bien sûr, par le Québec. Cette production du Théâtre Catapulte (en collaboration avec les Zones théâtrales du Centre national des arts) donne à la fois dans la nuance et la confrontation.

Dans cette pièce dense de plus d’une heure et 45 minutes, cinq acteurs incarnent différents archétypes de ce que peut être un francophone du Canada.

Il y a la Québécoise un peu condescendante, incarnée par Noémie F. Savoie. Il y a le francophone de l’Acadie (mais est-il Acadien lui-même, s’il ne s’appelle pas LeBlanc ou Doucet?), campé par le Néo-Brunswickois Carlo Weka.

Il y a ensuite trois francophones de l’Ontario : la militante franco-ontarienne convaincue (Danielle Le Saux-Farmer), celui qui ne voit pas le français comme un marqueur identitaire (Ziad Ek) et celle, d’origine ukrainienne, qui expliquera combien parler français est un choix (Moriana Kachmarsky).

Le public participe aux discussions, devant faire appel à ses connaissances générales, répondre à des questions sur son propre ressenti, et même élire la « pire » région de l’Est du Canada.

Un puits sans fond

Si la pièce réussit à rendre digeste le fruit de cinq ans de recherches, la première moitié fait plus penser à une conférence qu’à une œuvre théâtrale, présentant un grand nombre de statistiques. La représentation à laquelle ONFR a assisté s’est donnée devant un public adolescent, qui répondait peu aux références censées interpeler les spectateurs. Nul doute que cet aspect sera différent dès mercredi soir, devant un public adulte et probablement plus militant.

En ce sens, le personnage de Ziad Ek est venu sauver la mise en offrant une vision du fait français souvent exprimée par la plus jeune génération. C’est aussi lui qui changera l’ambiance pour livrer son plaidoyer sur un ton surprenant dont nous ne divulgâcherons pas la nature ici.

Issu d’une famille égyptienne, Ziad Ek ne se reconnaît pas dans l’appellation « franco-ontarien ». Photo : Catherine Archambault

En entrevue avec ONFR, Danielle Le Saux-Farmer, qui a aussi co-écrit la pièce (avec Noémie F. Savoie) et l’a mise en scène, convient que certains moments sont plus lourds. Après cette toute première représentation devant public, des détails seront encore changés pour s’adapter aux spectateurs. D’autant plus qu’après Ottawa, la pièce sera présentée à Montréal et à Rimouski, des publics aux sensibilités totalement différentes.

« Noémie et moi, comme co-autrices, on a eu beaucoup de questionnements (…) On sait que c’est un spectacle qui s’adresse aux Québécois, parce que ça va leur faire réaliser des choses. »

Dans cette scène, Carlo Weka tente d’obtenir des services gouvernementaux en français au Nouveau-Brunswick, se buttant à un employé unilingue anglophone, incarné par Ziad Ek. Photo : Catherine Archambault

Elle explique se demander si l’œuvre s’adresse « suffisamment à un public hors Québec », qui n’a pas besoin de se faire expliquer les bases de la francophonie minoritaire. Déjà, tout un pan de la recherche, qui touchait par exemple l’Île-du-Prince-Édouard ou la Nouvelle-Écosse, a dû être écarté, et l’aspect des cultures et langues autochtones n’est que brièvement mentionné.

« Faire de la création théâtrale, c’est faire des choix (…) On est au théâtre, pas dans un cours d’université »
— Danielle Le Saux-Farmer

Néanmoins, il est clair qu’un public militant franco-ontarien y trouvera son compte, que ce soit en poussant sa réflexion ou simplement en voyant sa réalité représentée.

Le spectacle mêle l’humour et l’émotion, les débats sont parfaitement incarnés et les conflits mettent en lumière de solides arguments de tous les côtés.

On pensera à l’explication du Québec, qui s’est dissocié des communautés francophones minoritaires dans des causes devant la Cour suprême, pour ne pas créer de précédent où les compétences des provinces seraient remises en question.

« Constater l’impasse de la solidarité, pour moi, c’est la chose qui résonnait le plus avec nos recherches », affirme Danielle Le Saux-Farmer.

Qui est francophone?

Même si la définition tend à s’ouvrir depuis la modernisation de la Loi sur les langues officielles, Statistique Canada considère pour l’instant comme francophone une personne qui déclare le français comme principale langue parlée à la maison.

Ce critère est désuet, ne tient pas compte du nombre de couples exogames et prend même racine dans une certaine xénophobie, affirme Danielle Le Saux-Farmer à ONFR. « C’est complètement faux de penser qu’un locuteur du français, qui œuvre en français dans la sphère publique, qui travaille en français, qui vit en français avec ses amis, mais qui parle mandarin, espagnol ou créole à la maison (n’est pas un francophone.) »

La pièce insiste d’ailleurs sur la richesse de l’immigration. Au 21e siècle, la survie du français au Canada ne passera (heureusement) plus par une revanche des berceaux.

Au Congrès mondial acadien en Nouvelle-Écosse, en août dernier, les Acadiens de partout dans le monde se réunissaient entre autres dans de grandes réunions de famille, pour célébrer les lignées historiques toujours debout. Photo : Rachel Crustin

Selon l’autrice et metteuse en scène, le discours qui insinue que l’immigration contribue au déclin du français « répond à d’autres critères politiques que celui de la protection de la langue. »

La pièce exprime bien que l’enjeu identitaire est vécu différemment selon notre origine. L’identité franco-ontarienne serait plus « inclusive » simplement parce que « ça prend de l’immigration francophone hors Québec pour survivre. »

Alors que les Québécois vivent encore en majorité linguistique, les Acadiens rattachent souvent leur identité à des lignées familiales historiques et au traumatisme intergénérationnel de la déportation de 1755. Dans la pièce, Carlo Weka raconte y chercher sa place, lui qui est né et a grandi dans la culture acadienne, mais avec un autre héritage génétique.

Des discussions continues

Avec plusieurs angles abordés, dont l’insécurité linguistique, les transfuges identitaires et la désolidarisation, nul doute que la discussion se poursuivra à l’école et à la maison. La discussion d’après spectacle, qui incluait l’équipe de Oh! Canada, les élèves dans la salle et leurs enseignants, apportait déjà son lot de réflexions supplémentaires, certains ayant manifestement été ébranlés dans leurs certitudes.

Au-delà de cet aspect, le sujet en lui-même continue d’évoluer. Dans la pièce, on présente plusieurs montages vidéo, des archives venant appuyer le propos, mais aussi des extraits beaucoup plus récents, comme l’annonce du premier ministre Justin Trudeau des changements de cible en immigration, le mois dernier.

La régisseuse et comédienne Moriana Kachmarsky est née à Toronto. Elle vit entre sa langue maternelle, l’ukrainien, sa langue majoritaire à la maison, l’anglais, et sa langue de travail, le français. Photo : Catherine Archambault

Depuis la régie, Moriana Kachmarsky incarne cet aspect en interrompant les présentations de ses collègues pour apporter certains correctifs.

Reste que le débat sur l’identité francophone, particulièrement émotif, garde ses grandes lignes de génération en génération. « La comparaison au Québec et le fait de se sentir invisibles à l’oeil des Québécois, c’est une blessure qui est encore vive », admet Danielle Le Saux-Farmer.

« On n’est pas dans un rapport de haine, mais on est désolidarisés »
— Danielle Le Saux-Farmer

Ce premier chapitre de Oh! Canada aborde quelques pistes de solutions : redonner du pouvoir aux municipalités, déconstruire des mythes et valoriser le bilinguisme.

« Si on lâche un peu la question identitaire, d’appartenance, et qu’on continue à comprendre que le bilinguisme français-anglais et l’acquisition du français au Canada, c’est un plus, ils (les jeunes) vont continuer à vouloir (parler français) », conclut la comédienne, elle-même issue d’une famille exogame.

Oh! Canada – Chapitre 1 : L’Est du pays est présentée jusqu’au 7 décembre à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins d’Ottawa. Une discussion avec les artistes aura lieu après la représentation du 6 décembre.

Le théâtre Catapulte ira ensuite présenter sa création à Montréal et Rimouski. D’autres villes et d’autres chapitres pourraient suivre.

Prioriser la famille avec Alexis Normand

Rachel Crustin reprend le volant pour faire connaissance avec l’autrice-compositrice-interprète et documentariste Alexis Normand. Sur les routes de Saskatoon, les deux femmes s’ouvrent sur leur identité francophone et se découvrent des liens en commun au sujet de la famille. Alexis soulève les défis imposés aux familles exogames en milieu minoritaire. Quels effets ses paroles auront-elles sur Rachel?

Immigration francophone : l’Ontario n’a pas atteint ses cibles en 2023 et a baissé ses quotas à 3 % pour 2024

TORONTO – Non seulement les cibles en immigration francophone déterminées par la province n’ont pas été atteintes en 2023, mais les quotas sont vus à la baisse pour 2024, passant de 7 à 3 %. À ce constat du rapport annuel de la vérificatrice générale de l’Ontario, s’ajoutent des recommandations au ministère de l’Immigration de mieux surveiller le rendement du Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI) par rapport aux cibles.

Publié aujourd’hui, « l’audit réalisé visait à déterminer si le ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences avait mis en place des processus et des systèmes efficaces pour que le POCI » corresponde aux besoins du marché du travail en Ontario pour l’obtention du statut de résident permanent et produise le résultat attendu.

Le gouvernement fédéral fixe des cibles en matière d’immigration et administre toutes les demandes de résidence permanente. En revanche, le POCI est le principal moyen par lequel la province donne son avis sur l’immigration économique en Ontario, lui permettant de sélectionner des candidats dont les compétences et professions répondent à ses besoins.

Or, les chiffres mis en avant pour 2023 révèlent un écart significatif entre les cibles francophones à 7 % et les 1,8 % atteints.

En parallèle, on découvre que les cibles sont revues à la baisse pour 2024, les quotas francophones passant de 7 à 3 %.

Cibles et résultats pour les objectifs stratégiques du POCI entre 2022 et 2024. Source : Audit du rendement Programme ontarien des candidats à l’immigration, Bureau de la vérificatrice générale de l’Ontario
Le programme Entrée express de l’Ontario, Travailleurs qualifiés francophones est passé de 401 candidats en 2019 à 251 en 2023. Source : Audit du rendement Programme ontarien des candidats à l’immigration, Bureau de la vérificatrice générale de l’Ontario

Parmi les objectifs définis par le Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI) du ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences, le sixième s’attache à « Soutenir l’immigration francophone en Ontario ».

La vérificatrice générale recommande au ministère qu’il « finalise et mette en œuvre un ensemble complet de mesures et de cibles de rendement clé pour le POCI, en tenant compte de toutes les fonctions du programme, avec des mesures pour tous les objectifs énoncés du programme, y compris les besoins du marché du travail pour des professions particulières en fonction des postes vacants et du soutien à l’immigration francophone ».

Il est fait mention de mieux surveiller et d’analyser annuellement les résultats des indicateurs de rendement par rapport aux cibles.

Le ministère assume ses objectifs francophones revus à la baisse

Le ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences, qui aurait accepté ces recommandations, dit avoir « élaboré un cadre IRC » avec des indicateurs harmonisés avec les objectifs stratégiques du POCI couvrant notamment « la régionalisation et les cibles en matière de francophonie ».

Source : Audit du rendement Programme ontarien des candidats à l’immigration, Bureau de la vérificatrice générale de l’Ontario

Nous avons également interrogé le ministère sur le gap de 2023 entre les objectifs à 7 % et un résultat à 1,8 % d’immigration francophone.

Celui-ci n’a pas été en mesure d’expliquer les raisons de cet écart, mais a confirmé avoir décidé de réajuster à 3 % « pour mieux s’aligner sur les tendances actuelles suite aux difficultés rencontrées pour attirer suffisamment de candidats qualifiés l’année dernière ».

D’affirmer : « Nous nous concentrons sur la mise en œuvre des recommandations de la vérificatrice générale visant à renforcer davantage le programme, notamment grâce à une plus grande autonomie et à une augmentation des allocations de candidature. »

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a réagi en appelant à une action immédiate pour atteindre la cible de 3 % en immigration francophone.

« L’immigration est un pilier essentiel pour la vitalité de nos communautés francophones, et il est impératif d’améliorer l’offre de services en français et de pourvoir les postes vacants. Nous réitérons notre engagement à collaborer avec le gouvernement pour renforcer l’immigration francophone, un levier clé pour le développement économique et culturel de l’Ontario », a déclaré le président de l’AFO Fabien Hébert.

Le définancement de CBC serait « catastrophique » pour la francophonie ontarienne

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) considère que l’impact d’un possible définancement de CBC sur Radio-Canada serait catastrophique pour la communauté franco-ontarienne.

Le Parti conservateur sous Pierre Poilievre propose de définancer entièrement le pendant anglophone de la société d’État, mais son chef assure que cela n’affectera pas le contenu francophone. L’actuelle présidente du diffuseur public, Catherine Tait, estime qu’une telle manœuvre ne permettrait pas à Radio-Canada de s’en sauver indemne, car les deux entités partagent plusieurs ressources, opérations et infrastructures comme des salles de nouvelles par exemple.

Les organisations francophones au pays considèrent aussi qu’une telle opération viendrait nuire aux communautés francophones en milieu minoritaire en raison de la proximité entre les deux entités.

« Perdre une des deux antennes serait assez catastrophique », a soutenu le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk, devant le Comité sénatorial des Transports et communications, qui procède à une étude sur la question des services locaux à CBC/Radio-Canada.

Pour l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens, une telle opération viendrait remettre en question l’existence « du petit bureau francophone » dans une région anglophone sans l’infrastructure de CBC qui l’accompagne.

« Mon inquiétude est qu’on va avoir tellement peu que ça va être impossible de remplir le mandat. Reste à voir dans une Radio-Canada qui est indépendante ou détachée de CBC, mais ce sont des questions inquiétantes, quand t’as tellement peu dans une région minoritaire, de perdre le peu que tu as », a plaidé M. Hominuk.

« C’est pour ça qu’on utilise le mot catastrophique parce qu’on a de la misère à comprendre comment notre section francophone pourrait survivre sans le reste de l’entité », a ajouté le dirigeant de l’AFO.

La promesse conservatrice de retirer le financement au secteur anglophone de la société d’État serait peut-être accueillie « indifféremment » s’il « y avait une volonté claire de financer le réseau francophone indépendamment du réseau anglophone », signale de son côté le président de l’AFO, Fabien Hébert.

« On supporterait qu’une Radio-Canada francophone indépendante soit créée, mais on a besoin de l’infrastructure nécessaire », demande-t-il.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Fabien Hébert. Crédit image : Lila Mouch

Mais la réalité plus probable, avance M. Hébert, est que l’on se retrouverait avec « des coûts exponentiels pour le maintien de Radio-Canada » et que l’on va donc « se retrouver devant une situation où on va nous dire que ça coûte trop cher pour le réseau francophone, alors on va définancer ce réseau aussi ».

À l’heure actuelle, le financement pour ICI Ontario, l’antenne de Radio-Canada dans la province, stagne ou n’augmente pas, soutient M. Hébert qui croit qu’il y a eu une réduction des effectifs en Ontario. Il cite l’exemple de Radio-Canada à London qui a cessé de produire des émissions locales il y a quelques années. Les francophones de London devaient donc se tourner vers la station de Toronto pour leur signal radiophonique avant qu’il ne soit redirigé vers la station de Windsor à la demande des gens de la communauté francophone à London. 

L’AFO donne aussi l’exemple d’Ottawa où vivent la majorité des francophones de la province, qui « ont accès à un demi-bulletin de nouvelles et même moins que ça » à la radio en raison du contenu québécois, car la station ottavienne est attachée à celle de Gatineau.

Féminicides : « On bat des records », déplore Dada Gasirabo

Dada Gasirabo est la directrice générale d’Oasis Centre des femmes qui vient en aide aux femmes francophones victimes de violence.

C’est autour de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes que sont organisés les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre (VBG) jusqu’au 10 décembre. Une campagne mondiale de sensibilisation, de revendication et d’éducation du public, au cours de laquelle Oasis Centre des femmes invite à se joindre à une série d’événements et d’ateliers.

La province a enregistré 52 féminicides cette année. Le projet de loi 173, « sur l’épidémie de violence entre partenaires intimes », visant à déclarer la violence conjugale comme étant une épidémie est au point mort. Si la sensibilisation est primordiale, selon l’organisme, les systèmes doivent prendre le problème à la racine en prévenant la violence pour l’empêcher de se perpétuer.

« Dans quel contexte ces 16 jours d’activisme ont-ils été initiés?

Cela a commencé en 1991 à la suite de deux féminicides en République dominicaine, perpétrés le 25 novembre 1960, jour choisi pour commémorer la vie des sœurs Mirabal violemment assassinées. Un groupe d’activistes s’est organisé et l’initiative a été soutenue par l’ONU Femmes.

Le mouvement a par la suite pris une dimension mondiale, ce qui est un grand soulagement, car la campagne vise la sensibilisation et l’éducation du grand public et sert de support pour multiplier les activités et les occasions d’engagement communautaire.

Pour ce faire, vous travaillez avec un groupe « d’hommes alliés ». Quel rôle jouent-ils?

Le groupe d’hommes d’alliés est une initiative que nous avons développée à Oasis. Depuis 2017, ces huit hommes très engagés s’occupent de la communication et de l’organisation autour des 16 jours d’activisme. Les activités organisées vont du forum aux panels, conférences et ateliers de formation.

À la fin de la campagne, le groupe prend toujours part à une discussion sur un sujet pertinent qu’il développe dans le cadre de l’engagement des hommes pour la lutte contre la violence faite aux femmes. Depuis l’année dernière, ils vont à la rencontre des jeunes dans les universités et collèges pour parler de la notion d’égalité entre hommes et femmes et pour les intéresser à prendre part à des discussions sur l’égalité.

Selon la directrice générale d’Oasis Centre des femmes, Dada Gasirabo, déclarer la violence entre partenaires intimes une épidémie serait une avancée importante. Photo : ONFR/Rudy Chabannes

Outre la campagne, pouvez-vous nous rappeler ce que fait au quotidien Oasis Centre des femmes pour lutter contre la violence faite aux femmes?

Notre organisme, qui fêtera ses 30 ans l’année prochaine, avait été initialement créé par la communauté pour s’attaquer au problème des agressions sexuelles, offrant un accompagnement aux femmes francophones victimes de ce fléau. Au fil des années, on a élargi le spectre. Une femme victime de violence, qu’elle soit d’ordre sexuel, physique, émotionnel, économique, peut venir chez nous.

Il existe des programmes individuels de soutien pour des femmes victimes de violence conjugale pour leur permettre de trouver un logement. Oasis a d’ailleurs été l’instigateur de la première maison d’hébergement pour femmes francophones de Toronto, dont le besoin était pressant.

Notre accompagnement dépend du besoin que les femmes nous présentent. Nous offrons par exemple un programme pour les femmes nouvellement arrivées, un concernant la sécurité économique des femmes, un autre sur l’emploi ou encore un accompagnement des entrepreneures francophones.

L’autonomie financière reste une grosse barrière pour qu’une femme se sorte de la violence. Nous visons une guérison saine et renforcée, mais parfois on sait qu’on nage à contre-courant. Il devrait y avoir une prévention primaire qui aborde la connaissance des signes avant-coureurs et facteurs de risque de la violence.

La société et les gouvernements ont leur rôle à jouer. Prendre le problème par tous les bouts est le seul moyen. L’intervention précoce permettrait de prévenir beaucoup de violence. Si les gens sont sensibilisés, la violence va diminuer. En parallèle, nous avons des programmes communautaires de prévention auprès du public, notamment avec les écoles. Si on ne travaille pas à la racine dès le plus jeune âge, la violence se propage, c’est un phénomène en chaine.

A-t-on battu de nouveaux malheureux records ces dernières années?

Il y a eu 52 féminicides en Ontario cette année, moyenne similaire à l’année précédente. On bat des records c’est certain, et c’est sans compter le nombre de meurtres de femmes et de filles qui n’ont jamais été rapportés, notamment pour les femmes autochtones, c’est démesuré. Il y a beaucoup de frustrations dans nos sociétés et elles se rabattent toujours sur les femmes. Or, quand les femmes ne vont pas bien, les enfants ne vont pas bien non plus et c’est la société entière qui souffre depuis ses fondations, perpétuant un cycle vicieux.

Lundi dernier, le NPD a de nouveau demandé au gouvernement de déclarer la violence entre partenaires intimes une épidémie. Que pensez-vous de ce projet de loi toujours au point mort?

C’est une aberration pour la province de l’Ontario. Cette revendication était partie d’une recommandation (le commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario a publié 86 lignes directrices) à la suite de deux femmes dans l’Est de l’Ontario.

Le premier ministre Doug Ford a dit que la violence n’est pas une maladie contagieuse. C’est faux, quand on voit que les enfants qui ont été exposés sont les prochains abuseurs ou les prochaines victimes. Nous ne devrions pas rester là à croiser les doigts et il faut continuer à pousser. Ce statut d’épidémie servira à débloquer les ressources pour changer la donne. »

La (re)naissance

Chaque samedi, ONFR propose une chronique franco-ontarienne. Cette semaine, l’auteur torontois Soufiane Chakkouche narre ses défis d’immigration canadienne, un récit à suivre en plusieurs parties.

Je vous le dis toute de suite dans ce chapô nain : ELLE s’est avérée finalement être IL, et moi aussi j’en étais abusé! Ô combien cela mérite d’amples explications! La voici :

Lors de ma première, j’avais écrit ceci : « À juger par les coups de pied que cette dernière donnait dans le ventre de sa mère, il était certain qu’il y avait au moins une personne à bord de ce vol qui n’avait aucune incertitude quant au bienfondé de notre présence ici. »

À cette époque, je pensais dur comme fer, avec la certitude du scientifique, que dans cet abdomen douillé donneur de vie pataugeait une petite fille, future prunelle de mes yeux, amen!

Oui! Avec la certitude du scientifique, car avant d’arriver au Canada, un médecin gynécologue à la moustache virile nous avait prédit une fille, et ce avec une apaisante probabilité de 80 %, examen radiographique à l’appui. Alors, étant moi-même ingénieur statisticien de formation (ce n’est pas une blague), je n’ai guère cherché à en savoir plus, d’autant plus que j’ai toujours voulu une fille, je lui avais même soigneusement gardé un prénom dans le secret et la pusillanimité de ma pensée.

Bébé patience

Loupé! bancale prophétie qui fit évaporer mon rêve d’être un papa poule proche et complice de sa fifille. Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque mon enfant vint au monde avec un zizi.

« Il sortira lorsqu’il en aura envie », disait la plus sage des sages-femmes avec un calme et une douceur à apaiser une montagne. Il choisit de le faire un 8 octobre durant une soirée plus clémente en température que ses congénères de la saison, soit deux semaines seulement après que j’eus renoué avec la stabilité d’un travail et la chaleur d’un toit.

Dans le fait, il était bien en retard sur la date estimée par la plus sage des sages-femmes (sans qu’elle y accorde la moindre importance), comme si, à chaque jour suffit sa peine, il ne voulait pas ajouter une autre responsabilité à la nôtre! Ou peut-être qu’il n’était tout simplement pas pressé de découvrir ce bas monde, surtout juste avant la malédiction qui s’apprêtait à s’abattre sur l’humanité tout entière! Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, cela fera l’objet de la prochaine chronique.

Notons au passage que je garde volontairement le silence sur le prénom de mon fils, non pas que j’ai une mauvaise opinion de mon lectorat ou que je ne lui fais pas confiance, loin de là, mais je crains qu’un jour, une fois adolescent, il me reproche d’avoir étalé son intimité au premier venu sachant lire! Que voulez-vous, les chiens ne font pas des chats.

Mères courage

C’est donc au nom de cette crainte atavique que j’épargne les détails plasmatiques de la délivrance à laquelle j’ai assisté en première ligne. Je ne me pensais pas être capable d’une telle « bravoure », et pourtant, à nécessité ses propres lois, sauf une, celle d’en être l’acteur et non le spectateur, celle de donner la vie en supportant l’inénarrable douleur qui en découle.

D’ailleurs, nul homme – avec moustache ou pas – ne pourrait supporter un accouchement naturel. Qu’on me tranche les phalanges, indispensables outils à mon métier (mais probablement pas pour longtemps), si ce n’est pas vrai. Alors, à la mère de mon enfant, à toutes les mamans d’ici et des mères d’au-delà des océans : Soyez bénies et baignant dans le respect de la tête aux pieds.

Une autre conviction qui bouleversa jusqu’au cours futur de ma vie, et là encore cela s’était manifesté en un souffle, en un battement de cils, surgit lorsqu’on posa le bébé sur ma peau pour la première fois, nu comme un ver dans un skin-to-skin étreignant une naissance et une renaissance, la sienne et la mienne malgré le biais de l’âge, une continuation, en somme.

Il se nourrissait olfactivement de moi et moi de lui, un unique repas originel qui allait nous rassasier tous les deux pour le restant de nos vies. Ce fut en portant une bouchée à mon cerveau de ce fondamental effluve que la lumière fut dans mon esprit : l’ordre de mes priorités venait d’être bouleversé du tout au tout. Plan de carrière, éphémère sociale ascension… foutaises, je laisse maintenant cela à Scorsese. À partir de cette nuit, mon plan de carrière sera toi et ton bonheur, mon fils.

Les youyous ne résonnèrent guère

À moi donc les couches et les nuits blanches dans la joie et la bonne humeur. Toutefois, cette dernière nous quitta lorsqu’on rentra à trois chez nous le soir même après en être sorti à deux.

En temps normal, au Royaume du soleil couchant, on eût dû être accueilli par les youyous experts d’une tante meneuse, prémices d’une longue fête des âmes et des palais. Au lieu de cela, on eut droit au silence pour réception, dans l’indifférence de meubles ternes et d’une télé éteinte, nous rappelant ainsi notre statut de réfugiés des cœurs.

Je lus dans les yeux épuisés de la maman courage toute la détresse et l’intensité du moment. Je demeurais sclérosé, ne sachant quoi faire avant que le spleen n’assombrît notre plafond d’abord, puis notre horizon.

Ce que je ne sus faire, les quatre kilogrammes de fragilité et 21 grammes d’amour (le poids d’une âme) que je tenais dans les bras le surent. Le nourrisson se réveilla, s’étira puis bailla un bon coup avant d’entamer sa première « symphonie » à domicile. Il avait déjà faim, et son appétit s’annonçait coriace. Et puis la lumière fut sur nos visages à nouveau.

Spéciales dédicaces

Enfin, je ne peux clore cette chronique sans évoquer un fait qui m’avait tellement réchauffé le cœur que mes larmes avaient gagné mes yeux en état d’évaporation, ne pouvant que les mouiller, sans en couler. Le lendemain, avec une discrétion de félin, quelques voisins dont certains nous étaient encore inconnus déposèrent devant notre porte des cadeaux et un petit mot de bienvenue au bébé. In fine, aucun être humain n’est seul, peu importe où il se trouve sur cette planète, il suffit d’y mettre le cœur, les cœurs.

Comment clore également cette chronique sans la dédicacer à Fariba, la plus sage des sages-femmes. Ce petit bout de dame aux cheveux aussi gris que les yeux sous le regard desquels le plus vigoureux des guerriers spartiates se sentirait protégé m’a appris à être père dans l’exil consenti.

Ce sont des femmes de la trempe de Fariba qui devraient gouverner ce monde pour le mener à la paix éternelle. Utopie, toujours cette satanée utopie! J’entends déjà ma mère me dire outre-mer : « Soufiane, mon fils, quand est-ce que tu grandiras? » Et moi de répondre dans le lâche mutisme de mon esprit : « Jamais, mère, jamais. »

À bon entendeur, salamoualikoum (que la paix soit sur vous).

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR et de TFO.

Ski alpin : Valérie Grenier de retour, en quête de son niveau d’antan

KILLINGTON (ÉTATS-UNIS) – Plus de neuf mois après son grave accident sur le super-G de Cortina d’Ampezzo, Valérie Grenier entrevoit enfin le bout du tunnel. Elle fera son retour sur les pistes lors de l’étape de Coupe du monde, ce samedi à Killington dans le Vermont. Une occasion de rechausser les skis et surtout de faire le point sur son niveau avant l’échéance la plus importante de son début de saison, Mont Tremblant les 7 et 8 décembre. 

À la veille de l’événement aux États-Unis, la native d’Ottawa a confirmé, sur son compte Instagram, sa participation au slalom géant qui marquera officiellement son retour à la compétition après des mois de rééducation et de remise en condition physique suite à sa terrible chute le 30 janvier dernier en Italie, qui lui avait valu une fracture de l’humérus, une déchirure du ligament croisé antérieur et déchirure partielle du ligament croisé postérieur du genou, ainsi qu’une opération à l’épaule.

« Devinez qui est de retour? Eh oui, je vais officiellement prendre le départ à Killington ce week-end et j’ai hâte! » lance Valérie Grenier sur ses réseaux Photo : capture d’écran du compte Instagram de Valérie Grenier

Interrogée par ONFR, la skieuse confie se sentir bien et être prête mentalement à reprendre la compétition. 

« Maintenant, je ne pense même plus à la blessure, ce n’est même pas dans mes pensées. J’ai l’impression que je suis normale, comme les autres filles. Je trouve ça vraiment cool. Ça va super bien. J’ai hâte de voir en vitesse comment ça va se passer. » 

Le retour à la compétition a été progressif pour Valérie Grenier qui est passée par plus de six mois de rééducation avec des hauts et des bas. Elle décrit notamment des périodes difficiles entre douleurs à l’humérus et raideurs au genou. 

« Finalement, j’ai commencé à pouvoir bouger mon genou de mieux en mieux, puis tout a commencé à s’améliorer à ce moment-là. J’ai recommencé à prendre de la force dans le gym. »

Des douleurs inattendues au tibia

La seconde étape a ensuite été de retrouver ses coéquipiers de l’équipe canadienne de ski lors de la traditionnelle préparation de la fin de l’été dans l’hémisphère sud. 

Un stage au Chili qui lui a réservé son lot de difficultés avec des douleurs au tibia qui ont fait surface. 

« Au Chili, ça a été quand même difficile à gérer, parce que mon genou allait super bien, ce n’était plus vraiment un souci. Mais ces douleurs au tibia, c’était frustrant d’avoir un problème qui n’était même pas la blessure en tant que telle », confie-t-elle.

« C’est certain que c’était relié à la blessure, quand même. Il me manquait encore un peu de préparation au niveau des impacts, c’était comme si mon tibia n’était pas encore habitué à ça. »

Le temps et le travail de renforcement musculaire ont finalement permis à la skieuse de retrouver l’intégralité de ses moyens sur la fin du séjour en Europe, où elle a accompagné ses coéquipiers pour la compétition à Sölden, en Autriche, les 26 et 27 octobre dernier. 

« Deux semaines après Sölden, ça s’est vraiment amélioré. J’avais peu de douleurs côté ski et de bonnes sensations. Je trouvais que je commençais à mieux skier, par rapport au début où c’était plus un genre de retour sur neige. Je trouve que j’ai fait de beaux progrès. Les douleurs ont bien diminué et maintenant, on est rendu aux États-Unis. »

Objectif Mont-Tremblant 

La compétition à Killington va permettre à l’Ottavienne de jauger son niveau de performance avant de retrouver son public, début décembre, à Mont-Tremblant, sa « compétition préférée ». Tout au long de sa convalescence, l’athlète a reçu un soutien immense sur les réseaux sociaux, au point même d’avoir du mal à gérer ce trop-plein d’amour. 

« Au début, tout de suite après ma blessure, ça a été même un peu trop. Je ne savais pas trop comment gérer tout ça. C’était beaucoup. Je voulais essayer de répondre à tout le monde et être vraiment gentille, mais j’ai dû tout mettre de côté, prendre une pause. Mais par la suite, tranquillement, j’ai commencé à répondre aux messages. J’ai vraiment ressenti beaucoup d’amour et de soutien. C’est certain que ça m’a aidé à me pousser à travailler fort pour revenir où  j’en suis rendue maintenant, puis encore plus loin. C’était grandement apprécié. »

Les blessures désormais derrière elle, Valérie Grenier à le regard tourné vers cette saison. Difficile de se fixer des objectifs précis en termes de compétitions qu’elle aimerait remporter, mais retrouver sa place dans le haut du classement mondial pourrait être le signe d’une année réussie. 

« Évidemment, c’est une année différente pour moi. Comme je l’ai dit, je ne sais pas à quoi m’attendre, mais je crois beaucoup en moi. Je n’ai pas envie de dire, je veux tel ou tel podium, je ne sais pas. Mais rester dans mon ranking, ce serait super positif. Je pense que ce serait vraiment une année accomplie pour moi si je faisais ça. »

À plus long terme, les Jeux olympiques d’hiver en février 2026 du côté de l’Italie sont déjà dans un coin de sa tête. 

« Je trouve que le timing est quand même bon, dans le sens où j’ai une année pour m’y remettre. Puis ensuite, on aura la saison olympique, donc évidemment, une saison très importante. J’aimerais vraiment être à mon niveau optimal juste avant les Jeux. Ce serait parfait. »

La Place des Arts de Sudbury « dorénavant gérée comme une petite entreprise »

SUDBURY – Le conseil d’administration de la Place des Arts (PDA) du Grand Sudbury a adopté une nouvelle vision d’affaires visant à assurer sa pérennité. Révision des tarifs, fermeture du service de restauration et création d’un institut figurent parmi les orientations de l’organisme pour les prochaines années.

« La PDA est dorénavant gérée comme une petite entreprise. On demeure un organisme à but non lucratif mais on initie des projets pour générer des revenus », confie Denis J. Bertrand qui assure le rôle de directeur général par intérim depuis quatre mois.

Il y a quelques mois, ONFR apprenait que la Place des Arts accusait un déficit de près de 500 000 $ et que son bistro ne générait pas de profits. L’organisme annonce, désormais, la fermeture du service de restauration du bistro.

La carte du bistro avait été revue plusieurs fois pour s’ajuster à la demande. Source : Place des Arts

Des tarifs inférieurs à ceux de la compétition

Parmi les autres nouveautés, on compte l’application de frais additionnels de 25 % ainsi qu’un tarif majoré à temps et demi pour toute demande de service reçue dans les sept jours précédant un événement.

« C’est juste un bon sens de business », affirme de son côté René Lapierre, président du conseil d’administration de la Place des Arts.

L’organisme a aussi procédé à une révision des tarifs de location de salle, comme chaque année, selon le directeur général.

« Les tarifs actuels de la PDA ne couvrent pas les dépenses réelles nécessaires pour opérer les espaces », affirme également la direction, dans une note de service interne, après avoir entrepris une étude afin de comparer les tarifs de location des installations de la PDA avec ceux en vigueur chez d’autres lieux de diffusion des arts de la scène en ville.

« Notre première analyse démontre que les tarifs de la PDA sont largement inférieurs à ceux de nos homologues régionaux, bien que nos salles bénéficient d’une meilleure infrastructure et d’équipements de haute qualité. »

Denis J. Bertrand a été impliqué dans la création de la Place des Arts. Crédit image : Inès Rebei/ONFR

Un institut de professionnalisation artistique et culturel

Pour accroître l’attraction autour de la PDA, le conseil d’administration a approuvé à l’unanimité la création d’un institut de professionnalisation artistique et culturel (IPAC). Il s’agit d’une des initiatives visant à faire de la PDA « une plaque tournante pour les arts, la culture et le patrimoine non seulement au niveau local, mais au niveau provincial et national ».

Sa mission : « soutenir le développement artistique et professionnel des artistes, des gestionnaires culturels, artistiques et patrimoniaux, des travailleuses et des travailleurs de ces secteurs par l’entremise de programmes annuels qui répondront à leurs besoins. »

Cet institut sera composé de deux volets : développement de compétence et développement artistique.

Pour le premier versant, il s’agira notamment de rendre disponibles des formations en gestion et développement de stratégie pour les professionnels de l’industrie, d’ateliers pratiques pour les métiers techniques, d’outils pour l’organisation d’évènements culturels ou encore le partage de ressources entre organismes et pairs.

La Slague offre également un programme de résidence artistique. Source : La Slague

Pour le second, on parle de mettre en place des résidences artistiques, des soutiens aux artistes et des stages de création.

« L’objectif n’est pas de retirer ni remplacer ce qui existe déjà, mais plutôt de mutualiser les ressources et de rassembler les initiatives de chacun sous une bannière commune », souligne-t-on dans un autre document obtenu par ONFR.

Des années avant de voir des retombées

Prochaine étape : mettre sur pied un comité afin de guider le développement du projet.

Bien qu’il n’y ait pas encore de date pour son lancement, l’institut devrait officiellement démarrer en 2025-2026 après une année de développement et un possible projet pilote.

« En tant que destination de choix pour les arts, la culture et le perfectionnement professionnel, l’Institut attirera des visiteurs de tout l’Ontario et d’ailleurs, ce qui contribuera à accroître la demande dans les hôtels, les restaurants et les magasins de détail de la région. »

Photo au Collège Boréal'
Le Collège Boréal ferait partie des discussions pour établir un partenariat dans le cadre de l’IPAC. Crédit image : Inès Rebei/ONFR

Ce projet s’inscrit dans le cadre du renouvellement du Plan directeur du centre-ville du Grand Sudbury et l’énoncé économique 2024.

« 2024 a été une bonne année »

Le président du conseil d’administration se veut enthousiaste concernant la situation financière actuelle de l’établissement qui a fêté ses deux ans en avril dernier et qui perdait, au même moment, son directeur général.

M. Lapierre a fait savoir que les chiffres de l’année 2024 seront présentés lors de l’assemblée générale annuelle en janvier : « On va voir ce que ça va nous apporter mais je peux dire que c’est mieux que l’an passé. »

Et d’ajouter : « Statistiquement, pour les petites entreprises, ça peut prendre jusqu’à cinq ans avant de voir du profit. »

Celui qui est aussi conseiller municipal pour la ville du Grand Sudbury souhaite lancer un message aux sceptiques : « Si vous vous vous inquiétez au sujet de la PDA, venez nous voir, venez à nos concerts, prenez un verre avec nous autres, vous allez voir que vous aurez du fun! »

« On a augmenté nos revenus grâce aux locations et on a des clients externes qui nous ont déjà indiqué une volonté d’accroître leur utilisation de nos espaces. 2024 a été une bonne année et on anticipe que 2025 sera encore meilleure », juge de son côté M. J. Bertrand qui ajoute qu’il ne serait pas là s’il ne croyait pas en l’avenir de la Place des Arts.

Ojibwé : se réapproprier la langue de ses ancêtres

Mitchell Akerman est Métis, pourtant, il n’a pas grandi en parlant la langue de son peuple : l’ojibwé. Né à Midland sur les rives de la baie Georgienne, Mitchell a connu une époque où l’identité autochtone était accompagnée d’un stigma, la langue étant rarement transmise aux jeunes générations. Maintenant adulte, il redécouvre cette partie fondamentale de son héritage et aide à son tour à la transmettre aux autres.

Films, musique, chorale… comme un air de temps des fêtes 

L’esprit des fêtes se répand progressivement et Sudbury prend les rênes, dès ce week-end, pour répandre sa magie avec un spectacle de Noël des Troubadours. Mais de nombreux autres événements non liés aux fêtes se déroulent cette semaine, avec des films au premier plan et un concert de musique classique mettant en vedette l’un des pianistes français les plus renommés, Bertrand Chamayou.

Projection du documentaire théâtrale Oh! Canada

Dans ce premier chapitre intitulé, L’Est du pays du projet documentaire pancanadien du Théâtre Catapulte, Oh! Canada, une troupe de comédiens s’attaque à la côte est du Canada en traversant le Québec et les Maritimes, là où réside une grande majorité de francophones, pour sonder l’état du fait français. Mené d’un ton humoristique et décontracté, cette pièce fait la lumière sur l’immigration, la francisation et la montée de l’anti-bilinguisme qui se propage à travers certaines régions de l’Est. À voir à la Nouvelle-Scène Gilles-Desjardins.

La pièce Oh! Canada. Photo : Christophe Pean

Ottawa, du 4 au 7 décembre. Billets et programmation sur le site de La Nouvelle Scène Gilles-Desjardins.

« Vous n’êtes pas seuls » sur grand écran à Sudbury

Une comédie romantique attend ceux qui souhaitent regarder un film français ce week-end. Au Sudbury Indie Cinema, les cinéphiles auront l’occasion de voir l’oeuvre québécoise Vous n’êtes pas seuls, réalisé par Marie-Hélène Viens et Philippe Lupien. Selon les détails du communiqué, le film porte sur l’histoire de  «  Léo, un livreur de pizza solitaire et anxieux, tombe sur John, un mystérieux chauffeur de taxi à la recherche d’âmes esseulées.  » À la suite de cette rencontre, toute une aventure attend Léo. 

Le film de Marie-Hélène Viens et de Philippe Lupien, Vous n’êtes pas seuls. Photo : Gracieuseté de SND

Sudbury, le 1er décembre. Billets et détails sur le site du Sudbury Indie Cinema.

Le pianiste Bertrand Chamayou partage la scène avec la soprano Barbara Hannigan

La soprano canadienne originaire de Waverley, Nouvelle-Écosse, Barbara Hannigan est de retour au Koerner Hall pour son deuxième récital avec le célèbre pianiste et interprète français Bertrand Chamayou. Le très large répertoire de ce dernier couvre plusieurs intégrales majeures du répertoire, comme l’œuvre complète pour piano de Ravel, les Études Transcendantes et les Années de pèlerinage de Liszt, ou encore les Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus d’Olivier Messiaen. L’audience de jeudi soir peut s’attendre à écouter les compositions d’Olivier Messiaen, Alexander Scriabin et John Zorn.

Le pianiste Bertrand Chamayou. Photo : Marco Borggreve

Toronto, 28 novembre. Billets et programmation sur le site de Koerner Hall.

L’esprit du temps des fêtes incarné par Les Troubadours

Avec les fêtes de fin d’année qui approchent, les concerts de Noël commencent à se multiplier à travers l’Ontario. Dans le Nord, la chorale Les Troubadours donne le coup d’envoi de l’esprit des fêtes à la Place des Arts du Grand Sudbury. 

Les Troubadours. Photo : Gracieuseté de La Slague.

Sudbury, le 30 novembre. Billets et programmation sur le site de La Slague. 

Spectacle annuel du Chœur de La Clé animé par Stéphane Paquette 

Sous la direction musicale de Germaine Lespérance et animée par le chanteur franco-ontarien Stéphane Paquette, le groupe de chorale Le Chœur de La Clé se rassemblera à l’Église Sainte-Croix de Lafontaine pour chanter les belles musiques de Noël. Une partie des profits de la vente des billets sera remise à la Société de Saint-Vincent de Paul ainsi que les denrées non périssables amassées lors du spectacle.

Notes de musique. Photo : Getty images.

Tiny, ON, le 8 décembre. Billets et programmation sur le site de La Clé.

 

Le Nord de l’Ontario abritera le tombeau nucléaire canadien

IGNACE – Au terme de près de 15 ans de discussion et de recherches, c’est finalement le Nord de l’Ontario que se trouvera le futur site du tombeau nucléaire canadien. La région d’Ignace et la Nation ojibwée de Wabigoon Lake ont été préférées face à South Bruce dans le Sud-Ouest ontarien.

C’est dans un communiqué paru ce jeudi que la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN) a annoncé cette nouvelle présentée comme historique. Le processus de sélection d’un site pour ce projet de 26 milliards de dollars a commencé en 2010 avec 22 emplacements potentiels et a finalement été réduit à deux finalistes en Ontario.

« Ce projet résoudra un problème environnemental et soutiendra les objectifs de lutte contre les changements climatiques du Canada. La décision d’aujourd’hui est le fruit d’un processus de sélection d’un site fondé sur le consentement et dirigé par les Canadiens et les peuples autochtones », a déclaré Laurie Swami, présidente et chef de la direction de la SGDN.

Ces communautés, situées non loin de Thunder Bay, avaient récemment approuvé l’accueil du site du dépôt géologique en profondeur du Canada pour le combustible nucléaire irradié provenant de réacteurs nucléaires au Canada.

Selon la SGDN, « ce projet apportera un large éventail d’avantages aux collectivités hôtes, à la région et au Canada dans son ensemble au cours de 175 années de sa mise en œuvre », y compris des emplois et des investissements.

Une décision bien accueillie

Les réactions n’ont pas tardé à tomber du côté d’ignace. La mairesse du canton d’Ignace, Kimberly Baigrie, s’est dit « honorée et très fière d’avoir été choisie » aux côtés de la Première Nation de Wabigoon Lake.

« Les résidents du canton d’Ignace se sont exprimés haut et fort cette année et ont fortement indiqué notre soutien global », souligne également celle qui a été officiellement élue en janvier dernier.

De son côté, le chef de la Nation ojibwée de Wabigoon Lake, Clayton Wetelainen, déclare :  « Le Chef et le conseil de la Première Nation de Wabigoon Lake considère que notre rôle en tant que hôte du site de déchets nucléaires comme une des responsabilités les plus importantes de notre temps ».

Et de continuer : « Nos membres ont clairement exprimé leur volonté que nous avons le courage et la bravoure nécessaires pour passer à la prochaine étape de ce projet ».

Le projet sera ensuite soumis à un processus réglementaire rigoureux, tel que défini par l’Agence d’évaluation d’impacts du Canada et la Commission canadienne de sûreté nucléaire.